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L'un des maîtres spirituels musulmans le mieux connu en Occident est, bien sûr, Jalaluddin Rumi (1207-1273), mystique et poète dont les disciples étaient chrétiens, juifs aussi bien que musulmans. On trouve dans le Munaqib al-Arifin * (les Actes des Adeptes) d'Aflaki l'histoire du marchand persan qui était en quête de la sagesse et devant lequel Rumi opéra une étonnante démonstration.

James W. Redhouse, Legends of the Sufis, Kingston (Surrey, Angleterre), 1965 ; réimpression de l'édition de 1881 du Munaeibal-Arifinde Aflaki (Les Actes des Adeptes).


Cet homme originaire de Tabriz vint à Konya (alors appelé Roum), en Turquie d'Asie, à la recherche d'un enseignement spirituel. Il apportait avec lui une offrande de cinquante dinars. Aflaki poursuit :


Lorsqu'ils arrivèrent au collège, Jelal (Rumi) était seul, dans la salle de conférence, plongé dans l'étude de quelques livres. Tous le saluèrent et le marchand se sentit comme subjugué à la vue du maître ; il fondit en larmes et ne put dire un mot. Jelal s'adressa alors à lui en ces termes :

" Les cinquante dinars que tu as apportés en offrande sont acceptés ... Les pertes que tu as subies, et qui te préoccupent, sont dues au fait qu'un jour, alors que tu te trouvais dans le pays des Francs occidentaux, tu t'es rendu sur la place d'une certaine ville : là, tu as vu un pauvre, un Farangi (Européen), l'un des plus grands parmi les saints chéris de Dieu, allongé dans un coin du marché. Lorsque tu es passé, tu as craché sur lui et tu as montré de la répulsion, Son coeur fut blessé par ton geste et ta conduite. De là viennent les épreuves qui t'ont affligé. Va, fais la paix avec lui, demande-lui pardon et transmets-lui notre salut. "

A ces mots, le marchand fut pétrifié. Jelal lui demanda alors :

" Veux-tu que nous te le montrions ? " Sur ces mots, il posa la main sur le mur et dit au marchand de bien regarder. Instantanément, une porte s'ouvrit dans la muraille et le marchand aperçut alors cet homme endormi sur une place du marché, en Europe. A cette vue, il baissa la tête et déchira ses vêtements, s'éloignant de la sainte présence dans un état de stupeur. Il se souvint de tous ces événements comme s'il s'était agi de faits.

Il commença aussitôt ses préparatifs et se mit en route sans tarder vers la ville en question. Quand il l'eut atteinte, il s'enquit du quartier où il désirait se rendre, et de l'homme qu'il avait offensé.

Il le trouva endormi, tel que Jelal le lui avait montré. Le marchand descendit de sa monture, et salua le derviche * Farangi prostré sur le sol, qui s'adressa immédiatement à lui en ces termes : " Que faire ? Notre Maître Jelal ne me laisse pas faire ; j'aurais tant voulu te faire voir le pouvoir de Dieu et te faire connaître qui je suis. Mais maintenant, approche ! "
* l'Européen en question se révèle être lui aussi un adepte de Jelal !

Le derviche Farangi attira le marchand sur son coeur, l'embrassa à plusieurs reprises sur les deux joues, puis il ajouta : " Regarde maintenant. Puisses-tu voir mon Seigneur et Maître, mon Guide spirituel, et être témoin d'un prodige. "

Le marchand regarda et il vit le Maître Jelal transporté par la danse et la musique sacrées il chantait cet hymne : " Son royaume est vaste et pur; chacun y trouvera sa juste place ; Que tu sois cormaline, rubis, motte de terre ou caillou sur Sa montagne Si tu crois, Il te cherche ; si tu ne crois pas, Il te purifie dans la joie. Sois à volonté ici un fidèle Abu-Bekr *, et là un Farangi "

* Abu-Bekr, compagnon du Prophète, symbolise ici celui qui observe fidèlement les pratiques de la tendance majoritaire de l'islam, la sunna. Certains ont affirmé que le "derviche franc" n'était autre que Raymond Lulle de Majorque, dont les écrits témoignent qu'il approuvait les Soufis.


Extrait de : Idries Shah, L’éléphant dans le noir, Le courrier du livre 1980,
ISBN 2-7029-0103-4


Texte lu sur le site de Jean-Claude Flornoy "Les tarots de Marseille".

Lundi 31 mars 2008
par Aflaki publié dans : l'islam communauté : Religions en toute liberté recommander

 



Les prochaines journées annuelles du protestantisme libéral organisées par l’association Evangile et Liberté auront lieu les samedi et dimanche 11 et 12 octobre, à la Grande Motte (au sud-est de Montpellier), sur le thème " Economie et bonheur "

Au programme :

samedi 11 octobre 2008

10h30-11h30 : De quoi l’homme a-t-il besoin pour être heureux ? par Olivier Abel, professeur de philosophie à la
Faculté de théologie protestante de Paris
14h10-15h : Réflexion sur la maladie, par Didier Sicard, médecin, président du Comité consultatif national d’éthique.
16h-17h : table ronde sur les problèmes de l’immigration, avec Christian Apothéloz, journaliste , Jean-Paul Nunez, responsable régional de la Cimade et Nathalie Kouakou, médecin à Montpellier.

Dimanche 12 octobre 2008

9h30-10h20 : Quelle croissance et quelle décroissance voulons-nous ? par Philippe Frémeaux, directeur de la revue " Alternatives économiques ".
11h15-12h15 : Culte présidé par Gilles Castelnau, pasteur de l’
Église Réformée de France
14h30-15h20 : Une approche protestante de l’écologie, par Stéphane Lavignotte, pasteur à la Mission populaire évangélique
16h : Envoi par James Woody, pasteur de l'Eglise Réformée de France à Marseille

Renseignements et inscriptions : Lucette ou Pierre Marion, tél. 04 66 86 27 10,
lupi.marion@orange.fr

 
Lundi 31 mars 2008
par Evangile et Liberté publié dans : agenda communauté : Religions en toute liberté recommander

 

Hammasa Kohistani

En 2005, cette jeune femme se fait remarquer en devenant, à 18 ans, la première femme musulmane à être couronnée Miss Angleterre. Elle est capable de s’exprimer dans six langues différentes dont le farsi, le russe et le français. Née en Ouzbékistan de parents afghans obligés de fuir leur pays, elle a ensuite émigré au Royaume-Uni avec sa famille.

Elle a alors été confrontée à de très fortes pressions de la part de la communauté musulmane qui ne voulait pas qu'elle participe pas au concours de Miss Angleterre; et même après avoir remporté le titre, elle a continué à recevoir des menaces de mort.

Déterminée à ne pas se laisser impressionner, Hammasa Kohistani est une militante active en faveur de la tolérance religieuse. Elle est depuis retournée sur les bancs de l’université du Uxbridge College, où elle entend achever ses études portant sur les médias, la littérature, les sciences politiques et la sociologie !

lu ce jour sur le site de Yahoo

Lundi 31 mars 2008
par Yahoo publié dans : l'islam communauté : Religions en toute liberté recommander

Que vous soyez croyant, agnostique ou athée, vous n’êtes certainement pas indifférent au rôle joué par l'homme Jésus dans la civilisation occidentale. Le retour massif du "fait religieux" dans notre vie sociale et politique montre la place qu'y tient le christianisme qui se réclame de sa personne.

Depuis une cinquantaine d'années, la recherche permet de retrouver l'homme derrière le mythe. Qui était-il ? Pourquoi a-t-il été divinisé, par qui, comment ? A-t-il voulu fonder une nouvelle religion ? Sinon, qu'apporte-t-il de nouveau ? Quelle est sa réponse aux questions de toujours : le cheminement humain, l'aventure personnelle et sociale ?



Le mouvement lorrain "Ecoute et Partage", déjà présenté sur ce site, organise du 8 au 11 novembre 2008, un stage de formation avec Michel Benoît, qui vient de publier "Jésus et ses héritiers" aux éditions Albin Michel (voir notre message du dimanche 16 mars 08 qui présente ce livre), sur le thème "Découvrir Jésus tel qu'il fut ; l'homme et son enseignement ".

Michel Benoit, docteur en pharmacie, théologien et spécialiste des origines du christianisme, propose de porter sur ces questions un regard neuf par une série d'exposés simples et progressifs, suivis d'échanges.  Ce stage est ouvert à tous car il requiert seulement une curiosité, une ouverture d’esprit, un désir d’en savoir plus. Ce n’est pas une " démarche de foi " mais la recherche du visage d’un homme.

Vous pouvez vous faire une idée de la méthode et du style en lisant son dernier ouvrage, un court essai publié en mars chez Albin Michel : Jésus et ses héritiers, 13€50

S'inscrire (ou du moins faire part de votre intention) assez vite afin de faciliter l'organisation de ce stage. Pour contact :
pascal.jacquot@free.fr

Pour plus ample information, voir le site d’Ecoute et Parole  http://www.ecoutetpartage.fr

L'Assemblée fraternelle des chrétiens unitariens (AFCU) recommande très vivement et la lecture des livres de cet auteur et ce stage de formation.

Jeudi 27 mars 2008
par Ecoute et Partage publié dans : agenda communauté : Religions en toute liberté recommander

" Et, voici, deux d’entre eux, en ce jour même [le dimanche où les femmes constatèrent le tombeau vide], partaient pour un village éloigné de soixante stades de Jérusalem, qui avait nom Emmaüs / Amaous [non localisé], et ils s’entretenaient entre eux de tout ce qui était survenu. ".

Chemin faisant, un autre voyageur se joint à eux. Le texte avance que c’est Jésus lui-même, mais il est dit que " leurs yeux étaient empêchés de le reconnaître " (Lc 24, 15-16). Restons en donc pour l’instant à un voyageur !

" Il leur dit : " Quelles sont ces paroles que vous échangez entre vous en marchant ? ". Et ils s’arrêtèrent, le visage sombre. Répondant, l’un, du nom de Cléophas, lui dit : " Toi seul séjournes à Jérusalem et ne sais pas ce qui y est arrivé ces jours-ci ! ". Et il leur dit " Quoi donc ? ".

Ils lui dirent : " Ce qui concerne Jésus le Nazaréen, qui fut un homme prophète puissant en œuvre et parole devant Dieu et tout le peuple, et comment l'ont livré nos grands prêtres et nos chefs pur être condamnés à mort et m’ont crucifié. Or nous espérions que c’était lui qui allait délivrer Israël ; mais, avec tout cela, voici le troisième jour depuis que ces choses sont arrivées. Mais aussi quelques femmes d’entre nous nous ont stupéfiés, étant arrivées à l’aurore au tombeau, et n’ayant pas trouvé son corps, elles sont venues disant avoir vu aussi une vision d’anges qui disent qu’il est vivant. Et certains de ceux qui sont avec nous sont allés au tombeau et ont trouvé les choses comme les femmes avaient dit, mais lui, ils ne l’ont pas vu ! ".

Et il leur dit: " O hommes inintelligents et lents de cœur à croire en tout ce qu’on dit les Prophètes ! Ne fallait-il pas que le Christ souffrit cela et ainsi entrât dans sa gloire ? ". Et, commençant par Moïse et par tous les Prophètes, il leur interpréta dans toutes les Ecritures ce qui le concernait. "

Arrivés à Emmaüs, les deux compagnons pressent le voyageur inconnu à rester avec eux. Ce dernier rompt le pain et les compagnons reconnaissent alors Jésus en ce geste, mais le voyageur devint invisible ... ou avait déjà repris sa route (?).

Et ils se dirent l’un à l’autre : " Notre cœur n’était-il pas tout brûlant en nous, quand il nous parlait sur le chemin, quand il nous expliquait les Ecritures ? "


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Illustration : Les pèlerins d’Emmaüs par Jean-Marie Pirot-Arcabas, vu sur le site http://www.ndweb.org/ (prier à partir d’une œuvre d’art). Arcabas est né en 1926 en Lorraine (France), voir son site http://www.arcabas.com/

Les disciples sont attablés à l’auberge d’Emmaüs avec le voyageur inconnu qui leur explique les Ecritures et en qui ils vont reconnaître Jésus.

Le texte de Luc (24, 13-35) est limpide et n’appelle pas de commentaire. Il explique fort bien comment les disciples ont pu se ressaisir à partir d’une relecture des textes messianiques qu’ils appliquèrent à Jésus. Le déclencheur en fut un fait réel : le tombeau vide ; ce qui fait que la foi chrétienne est vécue avec autant d’assurance et sous forme de témoignage. Elle n’est plus seulement une espérance messianique, mais le début d’une réalisation de celle-ci grâce à la Passion et la Résurrection de Jésus conformément aux Ecritures.

Dans le contexte culturel et religieux de l’époque, la Résurrection s’est rapidement imposée comme l’explication évidente du tombeau vide, occultant ainsi l’autre explication, celle d’un enlèvement par la famille de Jésus.

 

Jeudi 27 mars 2008
par Jean-Claude Barbier publié dans : le temps des évangiles communauté : Religions en toute liberté recommander

Lorsque quelqu’un meurt alors qu’il n’est pas suffisamment avancé en âge, l’être humain a besoin d’en savoir le pourquoi. Jésus était pressenti par ses disciples comme le messie annoncé par les Ecritures et Dieu allait l’aider le moment venu. Ors Jésus est mort et Dieu n’a pas bougé.

Mais avec le constat du tombeau vide, qui laisse suppposer une intervention divine, une résurrection de leur héros, c’est le chaos des évènements non prévus qui va s’organiser dans leurs têtes. Une relecture en est désormais possible.

Les disciples vont penser à l’élévation du Serviteur souffrant qui était annoncée dans le Livre de la consolation d’Israël (livre mis dans Isaïe) : un Juste, accusé à tort, portant le péché de ses contemporains, conduit à la mort comme un agneau que l’on mène à l’abattoir, en douceur, sans se plaindre, malgré les outrages, et que Dieu va élever au dessus de toutes les nations après sa mort expiatoire.

Lire en particulier les passages étonnants du premier chant, Is 42, 1-4, qui évoque son règne et surtout le troisième chant, Is. 50, 4-6, et le quatrième chant, Is. 52, 13-15, puis 53, 1-12) qui semblent s’appliquer mot pour mot à la Passion que Jésus vient de subir.

Voici, je soutiens mon serviteur ; mon être veut mon élu. Je lui ai donné mon souffle, il fait sortir le jugement des nations. Il ne vocifère pas, il n’élève pas, il ne fait pas entendre au dehors sa voix. Il ne brise pas une canne cassée ; il n’éteint pas une mèche qui se ternit ; pour la vérité, il fait sortir le jugement. Il ne ternit et ne casse pas avant d’avoir mis le jugement sur la terre. Les îles souhaitent sa tora. " (Is. 42, 1-4).

Adonaï IHVH m’a donné la langue des appreneurs [Bible de Jérusalem, BJ : " des disciples "], pour savoir ranimer d’une parole le fatigué. Le matin, la matin, il m’éveille, il m’éveille l’oreille, pour apprendre comme les appreneurs. Adonaï IHVH m’a ouvert l’oreille. Moi-même je ne me suis pas rebellé en arrière, je n’ai pas reculé. J’ai donné mon dos aux frappeurs, mes joues aux écorcheurs. Je n’ai pas voilé mes faces aux outrages et de la crache. " (Is. 50, 4-6)


Voici, mon serviteur sera perspicace ; il se transcende, il s’exalte, il se hausse fort. Quand plusieurs contre toi t’avaient désolé, ainsi son apparence d’homme a été détruite, sa tournure de fils d’Adâm
[BJ : Alors que des multitudes avaient été épouvantées à sa vue, tant son aspect était défiguré, - il n’avait plus d’apparence humaine]. Ainsi il fait tressaillir des nations multiples ; les rois bouclent leur bouches devant lui. Oui, ce qui ne leur avait pas été raconté, ils le voient ; ce qu’ils n’avaient pas entendu, ils le discernent " [BJ : " car ils verront un événement non raconté et observeront quelque chose d’inouï "] (Is, 52, 13-14).

Qui adhèrera à notre rumeur ? Le bras de IHVH, pour qui s’est-il découvert ? Il monte comme un surgeon en face de lui, comme une racine en terre aride. Il n’a ni forme ni splendeur. Nous le voyons, il n’a pas d’apparence pour que nous le convoitions ! Méprisé, refusé par les hommes, homme de douleurs, pénétré de maladie, comme voilant les faces loin de nous, méprisé, nous n’en tenions pas compte.

Ainsi, il portait nos maux, supportait nos douleurs, et nous le comptions pour touché, frappé par Elohîm, violenté. Lui, transpercé par nos carences déprimé par nos torts, il a sur lui la discipline de notre paix. Mais en sa blessure nous sommes guéris
 " [BJ : " Il a été transpercé à cause de nos péchés, écrasé à cause de nos crimes. Le châtiment qui nous rend la paix est sur lui et c’est grâce à ses plaies que nous sommes guéris "],

Nous tous, nous vaquions comme des ovins, chaque homme sur sa route, nous allions en face. IHVH l’a heurté de notre tort à tous. Tyrannisé, il accepté ; il n’ouvre pas la bouche, comme un agneau transporté à l’abattoir, comme une brebis muette, face à ses tondeurs, il n’ouvre pas la bouche.

Du huit clos, du jugement pris, son âge, qui le narrera ? Oui, il a été coupé de la terre des vivants ; de la carence des peuples, il est heurté pour eux [BJ : " pour nos péchés, il a été frappé à mort "]. Avec les criminels, son sépulcre a été donné ; avec le riche ses tertres pour non violence faite, pour non duperie sur sa bouche ". [BJ : " On lui a dévolu sa sépulture au milieu des impies et son tombeau avec les riches, alors qu’il n’a jamais fait de tort ni de sa bouche proféré de mensonge "].

IHVH désire l’accabler, l’endolorir ; si son être se met en coulpe, il voir semence, il prolonge les jours [BJ : " s’il offre sa vie en expiation, il verra une postérité, il prolongera ses jours "]. Le désir d’IHVH par sa main triomphe [BJ : " et ce qui plaît à Yavhé s’accomplira par lui "]. Du labeur de son être il verra et se rassasiera. Dans sa pénétration, le juste, mon serviteur, justifiera plusieurs : lui, il supportera leurs torts.

Aussi, je lui donne part parmi plusieurs ; il répartit le butin avec les puissants, pour avoir dénudé son être à mort, compté parmi ceux qui font carence. Il porte la faute de plusieurs, et pour ceux qui font carence il s’interpose.
 " (Is. 53, 1-12)


isaie-paul.jpg


Illustration
 : le mystère du salut des hommes par le sacrifice volontaire du Christ, annoncé par les prophètes de l’Ancien Testament et proclamé par les premiers apôtres. Le prophète Isaïe - figuré avec un bonnet carré, comme celui de Caïphe - tient une banderole avec les mots "Oblatus est quia ipse voluit et non aperuit os suum" (Il s’est offert parce qu’il l’a voulu et il n’a pas ouvert la bouche - Isaïe, 53, 7). L’apôtre Paul, figuré avec une auréole, porte les mots d’une phrase de son épître aux Philippiens : "Humiliavit semetipsum usque ad mortem, mortem autem crucis" (Il s’est humilié jusqu’à la mort et la mort de la croix - Ph., 2, 8).

église romane St Barthélémy (XIIème et ses fresques du XVIème siècle) à Mont, en vallée du Louron, Hautes-Pyrénées,

http://www.patrimoine-mont.net


Mercredi 26 mars 2008
par Jean-Claude Barbier publié dans : le temps des évangiles communauté : Religions en toute liberté recommander

le vendredi soir

Joseph d’Arimathie (Iosseph de Ramataïm, probablement le village Ramataïm Sôphimù à quelques km au nord-ouest de Jérusalem), utilise son rang de notable conseiller (il est sans doute membre du Sanhédrin), pour demander le corps à Ponce Pilate. Il le descend de la croix ; selon Jean aidé par Nicodème (Jn 19, 38-40).

Il faut faire vite à cause du sabbat. La mort est survenue à 15h et le soleil se couche à 19h. Marc, Matthieu et Luc disent seulement que Joseph " roula " ou " entoura " le corps dans un linceul qu’il venait d’acheter. On peut penser que les mains et les pieds furent attachées avec les bandelettes, qui sont des ligatures, et que Jean mentionne (" Ils prirent le corps de Jésus et le lièrent " ; ils au pluriel car, dans cette version johannique, Nicodème est venu à la rescousse).

Mais y a-t-il eu une toilette funéraire ? En principe, on doit laver le corps puis le oindre d’huile parfumée. Selon Jean (seul), Nicodème aurait apporté à cet effet un mélange de myrrhe et d’aloès, d’environ cent livres (Jn 19, 39) ; mais il ne parle pas précisément d’une onction du corps ; les aromates sont mis avec les linges. Y a-t-il eu une simple aspersion à défaut d’onction ?

Le détail est ici d’importance car le lavement du corps et son onction de l’huile aurait enlevé, ou du moins atténué, les marques de la Passion ... celles précisément que l’on retrouve imprégnées dans le linceul conservé à Turin !

Le corps est déposé dans une tombe taillée dans le roc (Marc 15,46), qui n’avait pas encore servi (Luc 23, 52 ; Jean 19, 41), qui est à proximité du Golgotha (Jn 19, 42), dans un jardin (Jn 19, 41). Seul Matthieu nous dit que ce tombeau appartenait à Joseph d’Arimathie (Mt 27, 60). Une grande pierre (sans doute plate) est roulée pour en fermer l’ouverture.

dans la nuit, avant le dimanche matin

La sépulture n’était que provisoire. Jésus est donc en transit de cette sépulture à une autre. Sa famille serait-elle venue récupérer le corps ? De nuit et durant le sabbat pour échapper à la vigilance non pas des Romains (car Pilate a remis le corps) mais à la populace ? Si cette hypothèse est la bonne, c’est la première fois que la famille de Jésus, hormis Marie, se manifeste. A l’appui de cette hypothèse, le tombeau de Talpiot.

L'évangile de Pierre (apocryphe du IIè siècle), versets 35-44, relate, dans un genre empreint de merveilleux, un bien curieux épisode : les gardes auraient entrevus deux hommes entrés dans le tombeau et en ressortir en encadrant un troisième et le soutenant. On ne peut mieux décrire un enlèvement du cadavre, du moins nous indiquer comment on pouvait faire à l'époque pour en kidnapper un avec le maximum de discrétion !

L’opinion publique, à Jérusalem, ne s’y trompe pas. Le bruit court en ville que les disciples ont subtilisé le corps pour faire croire à une résurrection (Mt 28, 15). Matthieu, dont nous savons que l’évangile s’adressait d’abord aux communautés judéo-chrétiennes de Syrie, est sensible à cet argument. Il y rétorque par une histoire bien compliquée de soldats qui auraient été préposés à la garde du tombeau (Mt. 27, 62-66 ; puis 28, 11-15). Aujourd'hui, en Afrique noire et sans doute ailleurs aussi, les taxis transportent à moindre frais les cadavres ainsi encadrés par deux membres de la famille afin de contourner les autorisations officielles et les charges des pompes funèbres.

Marc semble répondre aussi à la même préoccupation en nous faisant remarquer que des faibles femmes ne pouvaient, à elles seules, bouger la pierre "Et elle se disaient entre elles : "Qui nous roulera la pierre hors de la porte du tombeau ? " (Mc 16, 3).

le dimanche matin
Fra-Angelico--La-R-surrection-du-Christ-et-les-femmes-au-tombeau--1440-1441--fresque--couvent-San-Marco--Florence.jpg

Fra Angelico, La résurrection du Christ et les femmes au tombeau,
fresque 1440-1441, couvent San Marco à Florence (Italie).


Les " Onze " (les Douze moins Judas) et " tous les autres " (Lc 24, 9) sont mis au courant par les femmes. Mais, pourtant, seul Pierre se déplace. " Mais Pierre, s’étant levé, courut au tombeau et, s’étant penché, il voit les bandelettes seules et il s’en alla chez lui, étonné de ce qui était arrivé " (Lc 24, 12). Jean, il faut s’y attendre, ajoute " l’autre disciple ", témoin jusqu’au bout. Plus jeune et plus alerte, celui-ci arrive en premier et, par respect, laisse Pierre entrer le premier. Partage des rôles, à Pierre le commandement de la première communauté, à lui le rôle de témoin par excellence, " il vit et il crut " (Jn 20, 8).

Qu'y a-t-il dans le tombeau ? Le constat est fait non par les femmes (manque de curiosité  ? effroi devant la pierre ôtée ?) mais par Pierre et "l'autre disciple".  Pierre y voit les bandelettes * seules  (Luc, 24, 12), mais Jean y ajoute le suaire * "roulé à part" (des bandelettes), déposé à un autre endroit (Jn 20, 7). Plus de corps (a-t-il été déposé à Talpiot ?), plus de linceul (est-ce le Suaire de Turin ?) !
* ces bandelettes servaient de ligature et n'étaient nullement utilisées pour envelopper le corps comme pour les momies égyptiennes.
* dans une note relative à la résurrection de Lazare, André Chouraqui précise que le suaire (distincte du linceul ; soudarion en grec) est un linge mis autour du cou et servant à éponger la sueur ; ici pouvant servir de mentonnière.


La conclusion de Luc et de Jean est la même : Pierre et " l’autre disciple " pour Jean rentrent tout bonnement chez eux. Pierre est " étonné de ce qui était arrivé " (Lc 24, 12) et Jean précise, à propos de Pierre et de " l’autre disciple " : " Car ils n’avaient pas encore compris l’Ecriture, qu’il devait ressusciter des morts " (Jn 20, 9).


Qu’il y ait eu résurrection de Jésus ou pas, c’est précisément à partir de ce constat du tombeau vide, que le travail de deuil va s’organiser ...
Il va durer des pâques juives à la Pentecôte, autre fête du calendrier hébraïque.



Mercredi 26 mars 2008
par Jean-Claude Barbier publié dans : le temps des évangiles communauté : Religions en toute liberté recommander

au Golgotha

Au pied de la croix, il y aura des femmes " qui regardaient de loin " ; selon les évangélistes, deux, trois ou quatre femmes (parmi elles) sont nommées :


J-sus-parlant-aux-femmes-de-J-rusalem--chemin-de-croix-de-l--glise-de-Rennes-Le-Ch-teau--mis---l-actif-des-abb-s-Fran-ois-B-ranger-Sauni-re--1852-1917--et-Henri-Boudet--1837-1915--copie-1.jpg
Jésus parle aux femmes de Jérusalem. Eglise de Rennes-le-Château, station VIII du chemin de croix, oeuvre mise à l'actif des abbés François Béranger Saunière (1852-1917) et Henri Boudet (1837-1915).

1 - Miriâm (Maria en grec) de Magdala (citée en premier par Marc et Matthieu),
  

2 - Miriâm " mère de Jacques le petit et de Joset " (selon Marc ; " de Joseph " selon Matthieu) – cette Marie est-elle la femme de Clôpas que cite Jean (Jn 19, 25) et qui était " sœur " de Marie, la mère de Jésus ? Jacques "le petit" (par rapport à l'apôtre) serait alors Jacques, le frère de Jésus, qui, plus tard, présidera la communauté de Jérusalem.


3 - la mère des fils de Zébédée (les apôtres Jacques - le majeur - et Jean), les ben Zabdi (qui, avec Simon-Pierre et son frère André furent les premiers recrutés, Jn 4,20 ; tous étaient des pêcheurs du lac de Tibériade du village de Kephar-Nahoum). Cette femme est connue pour son dynamisme ; elle aurait demandé à Jésus que ses fils siègent avec lui dans l’Israël restauré, l’un à droite et l’autre à gauche de lui (Mt, 20, 10), comme quoi les places d'honneur ! Les évangiles ne citent pas son prénom.


4 - Miriâm, la mère de Jésus, que Jean est seul à mentionner et que Jésus, mourant, aurait confié au disciple qu’il aime (Jn 19, 26-27) *

* cette version de Jean accrédite l’idée que Jésus n’a pas de frère direct pouvant accueillir sa mère... à moins que ce disciple, dont le nom est si soigneusement tû, ne soit un jeune frère de Jésus ... ou encore un rejeton de Jésus et de Marie de Magdala (hypothèse de l'historien américain James Tabor). La tradition chrétienne localise la fin de vie de Marie, mère de Jésus, à Ephèse, auprès de l’apôtre Jean, et plus largement de l'école johannique.

5 - Shelomit / Salomé (qui est le féminin de Salomon), mentionnée par Marc seul (15, 40) qui est la sœur de Jacques le mineur (Mc 16, 1) et fille de notre seconde Miriâm.

au tombeau le vendredi soir

Jésus est mort ; nous sommes à la veille du sabbat et il faut faire vite si on veut éviter que le cadavre ne soit livré aux vautours. Le corps est descendu de la croix et mis dans une tombe qui était à proximité.

Ce
la se passe sous les yeux des femmes " qui étaient venues de Galilée " avec Jésus (Luc 23, 55) ; sont alors nommées de nouveau Marie de Magdala et " l’autre Marie " (Mt. 27, 61), à savoir la mère de Joset (= José, diminutif de Joseph) (Marc 15, 47) – notre seconde Mirîam.

au tombeau le dimanche matin

Ce sont les mêmes femmes, Marie Madeleine, " l’autre Marie " (mère de Jacques et Salomé Mc 16, 1, notre Miriâm n° 2), et Luc ajoute une nommée Jeanne (Lc 24, 10), " et les autres, avec elles ", qui, après le sabbat – notre dimanche matin - à l’aube avec un soleil qui se pointe à 5 heures (" c’étaient encore les ténèbres " précise Jean Jn 20, 1), viennent avec des aromates et parfums préparées la veille (Luc 23, 56) ou achetées le matin même (Mc 16, 1).


Pour Jean, il y a seulement Marie Madeleine (Jn 20,1), mais elle utilise le pluriel en s’adressant à Simon-Pierre et à " l’autre disciple que Jésus aimait " : " Ils ont enlevé l’Adôn (= le maître) hors du sépulcre. Nous ne savons pas où ils l’ont mis " (Jn 20, 2).

Mercredi 26 mars 2008
par Jean-Claude Barbier publié dans : le temps des évangiles communauté : Religions en toute liberté recommander
Après avoir célébré la Pâque juive, Jésus se retire avec ses disciples au mont des Oliviers, au delà du torrent du Cédron * (précise Jean 18, 1a). Mais le groupe ne monte pas jusqu’au sommet du mont ; il s’arrête au jardin du domaine de Gethsémani *, là où il avait coutume de passer la nuit (Luc 22,39 ; Jn 18,1-2).
* le Cédron (Qidrôn) est une vallée à l’est de Jérusalem, entre la ville et le Mont des Oliviers.
* Gethsémani (Gat-Shémanîm = pressoir à huile dans Matthieu 26,36 et Marc 14,32) est sans doute plus une oliveraie qu’un jardin car la tête de vallée du Cédron reste sèche en dehors des grandes pluies.

Judas, fils de Simon Iscariote a quitté le groupe sitôt après la consommation rituelle du pain. Jean l’évangéliste nous dit qu’il gérait la bourse et que les autres disciples pensèrent alors que Jésus l’avait envoyé faire des courses pour la fête (Jn 15, 27-30).

Jésus semble pressentir sa fin. Il demande à Pierre (Shim’ôn-Petros) et aux deux fils de Zébédée, Jacques et Jean, de prier avec lui (Marc 14, 33 et Matthieu 26, 37 ; Luc et Jean ne précisent pas et en restent à l’ensemble des disciples). Les disciples s’endorment ; Jésus réveille Pierre * « Simon, tu dors ? Tu n’as pas pu veiller une heure ? » (selon Marc et Matthieu).
* Pierre seul, qui est le premier recruté et le bras droit du maître.

Psautier de Copenhague 1175-1200

C’est là que Jésus est arrêté par, selon Jean, une cohorte romaine (soit 600 soldats – ce qui paraît bien excessif !), un officier (un chef « de mille »), les gardes du Temple (qui sont sous l’autorité du Grand Prêtre), le serviteur du Grand Prêtre nommé Malchus * (Jn 18, 10) et des pharisiens.
* Malchos dans la traduction d’André Chouraqui.

Luc parle simplement d’une foule (Lc 22, 47), Marc, d’une foule armée de bâtons et de glaives (Mc 14, 43) et Matthieu précise que la foule était nombreuse (Mt 26, 47). Y a-t-il eu vraiment tout ce déploiement de force, qui ne peut être que bruyant, ou bien une action commando ?

Judas les aurait guidés et donné le célèbre baiser de la trahison à son maître. Plus tard, pris de remord, il serait aller rendre l’argent qui lui avait été donné et aurait été se pendre (selon Matthieu seul 27,3-10).

Le Grand Prêtre est Caïphe, mais, selon Jean, c’est chez son prédécesseur, Anne / Hânan, son beau-père (qui avait été destitué en l’an 15 par le gouverneur romain Valerius Gratus) que Jésus est d’abord conduit. Le lieu est le même, le palais du Grand-Prêtre * où Caïphe et Hânan cohabitent. Pierre a suivi. Jean précise qu’il a pu entrer dans la cour où se tenaient les gardes grâce à « un autre disciple qui était connu du Grand Prêtre » (Jn 18, 15-16) *. Une servante le dévisage. Pierre renie être de ceux qui suivent Jésus. Il doit quitter les lieux.
* à partir du IVè siècle, la tradition chrétienne situe ce palais dans la partie sud de la ville, non loin du Cénacle.
* sans doute « l’autre disciple que Jésus aimait » Jn 13, 23 ; 20,2 .

Il reste donc seulement « l’autre disciple » qui a ses entrées au palais du Grand-Prêtre . Ce disciple est présent durant toute la Passion de Jésus et s’affirme comme témoin privilégié ; par exemple lui seul relate le coup de la lance qui perce le côté de Jésus déjà mort (Jn 19, 31-37) ; « il en sorti aussitôt du sang et de l’eau ». Les médecins constatent effectivement chez des victimes d’un traumatisme la formation d’un œdème pulmonaire et pleural. Les marques du Suaire de Turin confirment à la fois que les tibias de Jésus n’ont pas été fracturés et l'épanchement au niveau du côté droit.

« Et celui qui a vu a rendu témoignage et véridique est son témoignage, et celui là sait qu’il dit vrai, afin que vous croyiez, vous aussi » (Jn 19, 35).

En ce témoin énigmatique, la tradition chrétienne a reconnu Jean l’apôtre, le fils de Zébédée (sur le nom duquel l’évangile a été nommé). Or, il convient de distinguer – du moins pour l’analyse – l’apôtre Jean (toujours dit « fils de Zébédée » dans le texte), de l’auteur de l’évangile de Jean * (lequel a été attribué à Jean l’apôtre) et enfin de cet « autre disciple que Jésus aimait », qui se dit avoir été le témoin privilégié, jamais nommé par son prénom, et qui aurait été assurément trop âgé vers l’an 90 pour écrire le dit évangile.
* nous le désignerons quant à nous par Jean l’évangéliste

Si l’on en croit les paroles de Jésus qui aurait confié sa mère à ce disciple, celui-ci n’était sans doute plus tout à fait un jeune pour pouvoir jouer ce rôle de protecteur, et donc pouvait avoir entre 20 et 30 ans (et on doit ajouter une soixantaine d’années pour arriver à la date de publication du 4ème évangile) ; de même il devait avoir un certain âge pour pouvoir introduire un étranger (Pierre) au palais du Grand Prêtre.

A partir de ce moment, on ne sait plus ce que deviennent les disciples. Comme Pierre et « l’autre disciple », un jeune homme avait bien essayé de suivre la cohorte. Il avait été réveillé en sursaut et n’avait sur lui que son drap ; il dut s’enfuir nu lorsqu’on chercha à le saisir, laissant son drap aux mains des agresseurs. C’est Marc qui raconte l’anecdote.

Mercredi 26 mars 2008
par Jean-Claude Barbier publié dans : le temps des évangiles communauté : Religions en toute liberté recommander

l'euthanasie passive

La loi française " Leonetti ", du nom du député-maire d'Antibes, dans les Alpes maritimes, par ailleurs cardiologue, Jean Leonetti (UMP), qui avait été le rapporteur de cette proposition de loi mise au point par une mission d'information de l'Assemblée nationale d'avril 2005 (loi promulguée le 22 avril 2005), définit l'euthanasie passive : pas d'acharnement thérapeutique ; les traitements peuvent cesser et on peut administrer des calmants comme la morphine afin d'éviter les souffrances même si ces substances peuvent abréger la vie du patient. Il est remarquable que, devant la gravité de la question, cette loi fut adoptée à l'unanimité des parlementaires français.

 

l'euthanasie d'exception

Mais en face de drames humains, cette législation n'est plus suffisante. Des voix s'élèvent pour demander l'évolution de cette loi.

Nadine-Morano.jpgGaëtan Gorce (PS), député de la Nièvre, qui avait participé à l'élaboration de la loi précédente : " Il faut introduire une formule d'exception qui fasse que lorsqu'une personne n'a pas d'autre solution que celle demandée par Chantale Sébire, elle puisse saisir une haute autorité indépendante qui, au cas par cas, au vu de cette situation, puisse autoriser le médecin à administrer une injection léthale ". Le professeur Jean-Claude Ameisen, membre du comité national d'éthique, de renchérir : " Le législateur pourrait envisager une exception permettant l'accès au suicide assisté, comme ça existe dans certains pays, en dernier recours, et je dirais à titre d'exception et de constatation d'échec.". Même son de cloche avec la nouvelle secrétaire d'Etat à la Famille, Nadine Morano (voir photo), qui a déclaré jeudi "à titre personnel" qu'elle était favorable à la création d'une "commission nationale d'euthanasie à qui reviendrait le soin d'examiner les cas exceptionnels graves". Le Premier ministre, François Fillon, a demandé à Jean Leonetti de se remettre à l'ouvrage.

 

l'euthanasie active

Elle est pratiquée chez nos voisins en Belgique et en Pays-Bas et autorise l'intervention médicale pour abréger les souffrances du malade en fin de vie. En France, l'ancien Premier ministre Laurent Fabius (PS) vient de faire part des travaux d'une commission qui a été mise sur pied après la mort de Vincent Humbert *. La proposition de loi qu'il dépose vise "à autoriser, préciser et conditionner le droit de finir sa vie sans déchéance et dans le libre consentement".

* En 2003, Marie Humbert demanda l'euthanasie pour son fils Vincent, 22 ans, tétraplégique, sourd et quasi aveugle, qui réclamait la mort sur son lit d'hôpital depuis 3 ans.

Voici les grandes lignes de ce texte :

"Toute personne majeure, en phase avancée ou terminale d'une affection reconnue grave et incurable, infligeant une souffrance physique ou psychique constante, insupportable et ne pouvant être apaisée, peut demander à bénéficier, dans (d)es conditions strictes (...) d'une assistance médicalisée pour mourir dans la dignité", stipule l'article 1 du texte qui viendrait compléter l'article L-1110-9 du Code de la Santé publique.

Une fois cette demande formulée, le médecin traitant du patient doit consulter quatre praticiens (un spécialiste de la pathologie, un médecin hospitalier, un légiste et un psychologue). Ce collège doit parvenir "à la conviction qu'il n'y a aucune autre solution dans sa situation et que la demande du patient est entièrement volontaire".

La demande du patient doit être confirmée par écrit. S'il n'est pas en état de le faire, une personne majeure de son choix n'ayant "aucun intérêt matériel au décès du patient" peut la rédiger "en présence du médecin".

"Le médecin traitant respecte cette volonté. L'acte d'aide active à mourir pratiqué sous son contrôle a lieu dans un délai raisonnable au regard de l'évolution de l'état du patient", précise l'article 2.

Le texte prévoit également la création d'une Commission nationale de contrôle des pratiques relatives au droit de finir sa vie dans la dignité, au sein des ministères de la Justice et de la Santé, et précise que les médecins ne sont "pas tenus d'apporter leur concours" à cette "aide active à mourir". S'ils refusent, ils doivent "orienter immédiatement le patient vers un autre praticien".

 

Des considérations d'ordre religieux s'opposent à cette évolution de nos législations : la vie d'un être humain appartiendrait à Dieu seul. Elles sont rejointes par une absolutisation des droits humains, du respect de la vie. Mais que valent ces positions doctrinales ou idéologiques face à la souffrance humaine ?

En Italie, la justice rendit un non lieu pour le suicide assisté de Piergiorgio Welby en 2006 mais l'Eglise catholique romaine refusa des obsèques religieuses au sexagénaire paralysé. Où est l'amour du prochain ?

Pour les unitariens, le christianisme est d'abord un humanisme, résolument centré sur l'homme, conformément au message de Jésus pour qui le sabbat est fait pour l'homme et non l'inverse. Bien de nos absolus, de nos transcendances, de nos valeurs, se transforment vite en idoles, à commencer par certaines représentations de Dieu.

 

Vendredi 21 mars 2008
par Jean-Claude Barbier publié dans : l'euthanasie communauté : Religions en toute liberté recommander

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Avaaz.org est une organisation non gouvernementale indépendante, mène des campagnes mondiales pour faire en sorte que les valeurs de la population à travers le monde influent sur les décisions mondiales. (Avaaz signifie "voix" dans de nombreuses langues). Avaaz ne reçoit aucun financement d'aucun gouvernement ou entreprise. L'équipe d'Avaaz est basée à Londres, New-York, Paris, Washington, Genève, et Rio de Janeiro.

Elle appelle à la signature d’une pétition d’1 million de personnes qui sera remise aux autorités chinoises et leur faire comprendre que l’opinion mondiale ne se laissera pas faire, qu’elle boycottera et les jeux olympiques et l’achat de produits " made in China ".

http://www.avaaz.org/fr/tibet_end_the_violence/97.php/?cl_tf_sign=1  



undefinedaujourd’hui jeudi 20 mars, Rama Yade, la secrétaire d'Etat chargée des Affaires étrangères et des Droits de l'homme, n'a pas exclu, à titre personnel, un boycottage de la cérémonie d'ouverture des Jeux olympiques à Pékin si la situation se dégrade au Tibet.

"S'il y a bain de sang au Tibet [ndlr : et il y a !], je ne vois pas ce que je vais faire dans un gradin à observer une manifestation sportive et je crois que tout le monde aurait cette réaction de bon sens" (sur Canal Plus).


Autres sources d’information sur les évènements au Tibet

http://www.cyberpresse.ca/article/20080318/CPMONDE/80318018/1014/CPMONDE
http://www.liberation.fr/actualite/monde/316223.FR.php 
http://www.lexpress.fr/info/infojour/reuters.asp?id=67306&1736

Nous sommes tous derrière le peuple tibétain et son chef spirituel, le Dalai Lama

La signification du drapeau tibétain

Une montagne avec 2 lions des neiges accompagné de rayons bleus et rouges autour du soleil. La montagne blanche (mont Kailash) symbolise la terre de la nation tibétaine entourée de montagnes enneigées. Les 6 rayons de lumière représentent les 6 peuplades originelles du Tibet : Sé, Mar, Dong, Tang, Drou, Ré. L'alternance du rouge et du bleu signifie l'union du spirituel et du temporel. Le soleil levant sur le pic de la montagne exprime le rayonnement de la liberté et du bonheur. Les 2 lions des neiges symbolisent les défenseurs du Tibet. Les 3 joyaux de couleurs différentes représentent la pensée, la parole et l'action juste envers tout être vivant. Le joyau du tourbillon symbolise le respect spirituel et laïc. La bordure jaune signifie l'ouverture à toutes les directions de l'espace et du temps.


Jeudi 20 mars 2008
par chrétiens unitariens publié dans : halte aux génocides communauté : Religions en toute liberté recommander
2816848859-caricatures-de-mahomet-ben-laden-menace-l-europe-dans-un.jpgislam--La-bombe-au-turban.jpg

Oussama ben Laden vu en vidéo

AFP - Jeudi 20 mars, 00h23 WASHINGTON (AFP) - "Oussama ben Laden a averti mercredi l'Europe qu'elle devrait "rendre des comptes" pour les caricatures du prophète Mahomet publiées dans des quotidiens danois, selon un message attribué au chef du réseau Al-Qaïda par la société américaine SITE.

Le centre spécialisé dans la surveillance des sites islamistes SITE Intelligence Group avait annoncé peu avant qu'un nouveau message du chef d'Al-Qaïda allait être diffusé et qu'il serait intitulé: +La réponse sera ce que vous voyez, pas ce que vous entendez+".

Dix-sept journaux danois ont publié mi-février, au nom de la liberté d'expression et en signe de solidarité, une caricature du prophète Mahomet réalisée par un dessinateur visé par un projet d'attentat déjoué par la police.

Le dessin en question --la tête du prophète coiffée d'un turban en forme de bombe à la mèche allumée-- est l'une des 12 caricatures de Mahomet qui avaient provoqué une vague de colère et de violence dans le monde musulman en janvier et février 2006 (...)".

Connaissez vous la violence (non spirituelle !) dans les Ecritures dites saintes ? eh bien allez-y-voir ! par exemple sur le site personnel de Michel Benoît son articleSarkozy, la Bible et le Coran ".
C’est édifiant ! Heureusement qu'il y a d'autres passages plus beaux !

Que les éditeurs de nos bibles et corans veuillent bien mettre en préface un avertissement à leurs lecteurs comme quoi il ne faut surtout pas prendre à la lettre certains passages qui ne sont plus de mode aujourd’hui et manifestement en violation des droits humains les plus élémentaires.

Robert Redeker
, vous savez, ce philosophe toulousain qui avait dit, certes sans diplomatie aucune, qu’il fallait lire directement le Coran dans le texte !

Jeudi 20 mars 2008
par Jean-Claude Barbier publié dans : l'islam communauté : Religions en toute liberté recommander
Chantal-S-bire.jpgChantal Sébire, qui souffrait d'une tumeur incurable et avait sollicité le droit de recourir à l'euthanasie, est morte hier, à 52 ans. Nos pays voisins, la Suisse et la Belgique autorisent le suicide assisté, avec médecins et la famille. En France, pas encore. Une commission va être mise sur pied, dans le cadre du Premier ministère, pour faire évoluer notre législation et éviter ces cas douloureux.

La photo a été prise avant sa maladie

Elle avait eu le courage d’apparaître sur nos écrans avec la tumeur qui lui déformait le visage et exorbitait ses yeux. 

Le respect de la vie passe entre autres par le fait de ne pas exiger l’acharnement thérapeutique et, lorsque le drame arrive, de ne pas exiger non plus l’acharnement policier ou judiciaire. A une opinion publique qui veut la transparence totale (dans la vie des autres bien entendu !), il faut savoir opposer le droit à la discrétion, à l’intimité familiale, et pourquoi pas au secret. 

Evangile et Liberté avait, avec tact, traité de cette question du secret nécessaire lors de ses Journées annuelles du protestantisme libéral tenues à La Grande Motte (Hérault), les 14-15 octobre 2006 (le secret – faut-il cacher ?). Les actes de ces Journées ont été publiés un an après, en septembre 2007, avec les interventions de Laurent Gagnebin, Pierre Joxe, Étienne Leenhardt, Henri Persoz, Raphaël Picon, Didier Sicard, Édith Tartar-Goddet, en édition conjointe Évangile et Liberté et Van Dieren Éditeur (au prix de 15 euros, http://www.evangile-et-liberte.net).

Si Chantal Sébire nous a quitté dans le secret, nous pouvons dire qu’elle nous a marqué à tout jamais dans nos cœurs.

Nous présentons à sa famille nos condoléances et l’assurance que son combat est aussi le nôtre.

Les Actualités unitariennes avait déjà salué la clémence de la Cour d’assises de Dordogne qui, en mars 2007, avait jugé d’un cas d’euthanasie (message du 16 mars 2007, rubrique "l'euthanasie"). Nous rappelions à ce propos l’existence militante de l’Association pour le droit de mourir dans la dignité (ADMD, fondée en 1980, http://www.admd.net).


Jeudi 20 mars 2008
par Jean-Claude Barbier publié dans : l'euthanasie communauté : Religions en toute liberté recommander

du 11 au 14 juillet 2008, à l'initiative de la Fédération des réseaux des parvis.

undefinedPourquoi ce thème ? 

L’eau est un enjeu majeur pour le monde d’aujourd’hui. 2008 est déclarée année de l’Eau par l’Onu. En France, en 2008, les 6 comités de bassins hydrographiques mèneront auprès des habitants, une consultation nationale sur les schémas directeurs d’aménagement et de gestion des eaux (SDAGE). Et puis, du 5 au 14 juillet 08, la ville de Rouen organisera sur ses quais le rassemblement des grands voiliers de l’Armada !

La Soif, preuve de l’existence de l’Eau ! 

Nous débuterons notre réflexion  par ce questionnement  : De quoi as-tu soif ? Soif , soif de bonheur, de justice, d’amour et d’amitié… Quelles sont tes envies, tes aspirations, tes quêtes, tes désirs ? De quoi avons-nous soif ? dans nos associations et plus généralement dans notre vie sociale. Mais où trouver les sources qui désaltèrent ?

L’eau, symbole universel de vie, 

est présente dans la Bible, dans toutes les traditions culturelles et religieuses du monde.
Dans les Evangiles : L’eau changée en vin à Cana, la tempête apaisée, la Samaritaine va la chercher au puits. Jésus la donne à boire à chacun. Voir le dossier sur l’Eau du n° 31 de la Revue " Les Réseaux du Parvis ".

L’Eau, ressource naturelle de base

droit fondamental et universel dont les plus pauvres sont privés.L’Eau dans le monde et dans notre pays : les enjeux socio-économiques, environnementaux et éthiques qu’elle représente. l’Eau dont l’usage rationnel et solidaire implique des modifications de nos modes de vie.

Questions pratiques
 

Où ? Au Centre régional jeunesse et sport (CRJS) : Rue Pierre Naudin, 76 650 Petit Couronne ( près de Rouen )
Quand ? du vendredi 11 juillet au soir, (les Journées d’été débuteront officiellement le 12 juillet à 10 h 30 ) au lundi 14 juillet après déjeuner. 
Sur les quais du port de Rouen, visite libre des grands voiliers de l’Armada le vendredi 11 juillet après midi. Nous les regarderons descendre la Seine en direction de la mer le 14 juillet au matin. 
Quel coût ? La contribution financière est de 115 E. Pour les inscriptions parvenues avant la fin Avril, l’hébergement est assuré à la demande : en chambre individuelle, double, à trois lits et plus pour les familles ( les draps sont fournis ).
les repas :  depuis le dîner du vendredi 11 jusqu’au déjeuner du lundi 14 juillet.
L’accès libre et gratuit à la grande piscine L'Archipel, juste à côté du CRJS.
Les enfants et les jeunes de moins de 18 ans bénéficient d’un tarif réduit.
Des solutions peuvent être envisagées en cas de difficultés de paiement.

Sont invités les amis des Réseaux du Parvis, les lecteurs de la Revue et toutes les personnes que ces Journées d’été intéressent.

Des Journées d’été intergénérationnelles, oasis de créativité, de poésie, de rire et d’amitié, des Journées de vacances toniques pendant lesquelles nous partagerons nos interrogations, nos découvertes, nos propositions, par la parole, l’image, le texte, la promenade, la musique le geste et avec l'aide de personnes " ressources " très compétentes. 

Bulletin d’inscription à envoyer à Journées d’été, 35 rue de Velten Les Essarts 76 530 Grand Couronne.
  Contact par courriel : parvis@live.fr 

Mercredi 19 mars 2008
par Fédération des réseaux des parvis publié dans : agenda communauté : Religions en toute liberté recommander
Personne n’a jamais prétendu que les protestants étaient cathares ni les cathares des protestants ... Mais parentés et analogies spirituelles sont incontestables, en particulier leur semblable attachement à l’Ecriture, seule autorité en matière de foi, même projet de vivre comme des disciples et envoyés de Jésus, même volonté d’une Eglise plus authentiquement chrétienne ... 

Le pasteur Roger Parmentier a mis sur pied une série de conférences " à deux voix ", avec deux experts des cathares, Anne Brenon, historienne, et Michel Jas, pasteur de l’Eglise réformée de France (ERF) et président de l’association Evangile et Liberté, sur le thème " Cathares et protestants "

à Foix, le mardi 1er avril à 20h 30, à l’Eglise réformée, 6, rue de Verdun

à Toulouse, le mercredi 2 avril à 20h 30, à la salle Mistral, Ostal d’Occiditania, rue des Couteliers

à Mazamet, le mercredi 9 avril à 20h 30, à la Maison des Mémoires, Musée du catharisme

à Paris, le jeudi 16 octobre à 20h 30, au Foyer de l’âme, 7 bis, rue du pasteur Wagner, 11ème (quartier Bastille)

à Bézier, le mardi 21 octobre à 15h, au Temple, 4, rue du Général Thomières

à Montpellier, le mercredi 29 octobre à 20h 30, au Temple, rue Maguelone (près de la gare)

et plus tard dans l’Aude

entrée gratuite, participation aux frais


Minerve, cité cathareundefined


Rituels cathares et archives inquisitoriales montrent que le catharisme a voulu constituer une véritable organisation religieuse, structurée autour de hiérarchies épiscopales, selon le modèle d’Eglises des apôtres, dont elle revendiquent la directe filiation. Leur destruction par l’Inquisition a sans doute représenté pour les " hérétiques " la plus déchirante confirmation qu’ils étaient bien " l’Eglise des doux, des humbles et des persécutés ".

Je vais te dire la raison pour laquelle on nous appelle les hérétiques : c’est que ce monde nous hait. Et il n’est pas étonnant que ce monde nous haïsse (1 Jean 3.13), car il a haï avant nous Notre Seigneur, qu’il a persécuté ainsi que ses apôtres … C’est qu’il y a deux Eglises : l’une fuit et pardonne, l’autre possède et écorche " (Bon homme Pèire Autier, début 14è siècle).

La carte du surgissement de la réforme au 16ème siècle, avant les premières victoires catholiques, concerne beaucoup plus l’actuel " pays cathare " - le Biterrois, l’Aude, les Pyrénées et le Tarn – que l’implantation protestante telle que nous la connaissons aujourd’hui. Le souvenir des cathares peut être posé comme un des motifs régionaux de la Réforme.

Et voici les propos d’un huguenot du 16è également persécuté " Ô pauvre Eglise [ndlr : celle que les catholique appelaient la Religion prétendue réformée] … Vraiment cette parole t’es proprement due, en tant qu’elle contient tout ton patrimoine, à savoir cette parole par laquelle, par la foi et assurance que tu as en icelle, en pauvreté, qui te répute très riche ; en malheureuté, bienheureuse ; en solitude, bien accompagnée ; en doute, acertainée ; en périls, assurée ; en tourments, allégée ; en reproches, honorée ; en adversité, prospère ; en maladie, saine ; en mort, vivifiée " (Olivétan, cousin de Calvin).

Dans leur n° 7, les Cahiers Michel Servet ont présenté un " spécial cathares " avec des textes du pasteur Pierre-Jean Ruff et une préface du pasteur Michel Jas ; à voir dans La Besace des unitariens, rubrique "Cahiers Michel Servet".
Mardi 18 mars 2008
par information Roger Parmentier publié dans : les cathares communauté :