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En France, hormis pour les catholiques, nombre de croyants se trouvent isolés géographiquement et ne peuvent pas participer régulièrement à un culte de leur choix. Pour eux, il reste le dimanche matin à la télévision, sur France 2 avec l’émission, de grande qualité, intitulée " Les chemins de la foi ", où plusieurs religions et confessions se succèdent à partir de 8h 30 : bouddhisme, islam, judaïsme, orthodoxie, protestantisme, catholicisme.

Certains mouvements, comme la Fraternité des Veilleurs lancée le 20 avril 1923 à Paris par le pasteur protestant Wilfred Monod (le père du savant Théodore Monod), conviennent pour leurs membres dispersés d’un moment de prière à date et heure fixe – dans le cas de la Fraternité, qui est un Tiers-Ordre, ce sera matin, midi et soir, avec les Béatitudes.

Une loge, la R..L. Malhkuth de l'Ordre Maçonnique de France, vient de lancer un appel semblable à " toute la communauté maçonnique traditionnelle française, à l’occasion du solstice d’été de l’an 5008 de la V.L., pour un moment de prière, le 1er de chaque mois, entre 20 et 23 heures, en loge ou dans leur intimité selon les circonstances (…) afin de créer un égrégore d'union, de compréhension et d'amour … ". Il s’agit en l’occurrence d’une loge théiste qui a conservée la référence statutaire au GADLU.

Pour une fois que nos amis francs-maçons (même si c’est à l’initiative d’une loge particulière jusqu'à présent très peu connue, comme dans le cas présent) proposent une prière diffusée dans l’espace public, nous nous faisons une joie de la reproduire à l’usage de nos visiteurs, d’autant plus qu’elle est belle.

Grand Architecte et Père de l'Univers,

Moi, … (si la prière est dite à haute voix en loge, un temps de silence permet ici à chacun de penser à son nom), Je m'unis de coeur et d'esprit à tous les membres de notre fraternité, sans distinction ou restriction d'aucune sorte,
Et, selon la connaissance et la conscience que j'ai de Toi,
Je te rends gloire et te prie, humblement, de m'accorder la force de grandir dans Ton amour,
En pratiquant, chaque jour davantage, le bien, le beau et le juste,  Pour le bonheur de ceux qui m'entourent, de ma famille et de la France,
Et participe ainsi, en ouvrier zélé, à l'établissement du Temple de sagesse, de moralité et de paix, que notre Ordre, tel un reflet de Ton Royaume, à mission de bâtir sur cette Terre.

Pour contact : 
www.omdf.org

Ceci dit, s’il est somme toute assez facile de convier à un moment de prière grâce à l’Internet, il reste à savoir s’il y a une participation effective (ce qui n’est pas gagné d’avance !) et de proposer qu’il y ait expression des uns et des autres, à savoir un espace (un groupe sur Yahoo, une page de site, etc.) où ceux qui sont au rendez-vous et prient puissent se connaître, échanger, communiquer entre eux, constituer ainsi une véritable fraternité.

Illustration : les aigles transportaient les messages sacrés des prêtres incas, et si aujourd’hui Dame Internet transportait ainsi nos prières et nos méditations ?

Avec les photos et les vidéo, les moyens de communication vont désormais bien au-delà des seuls textes et facilitent un premier face à face tout à fait concret. En plus, au niveau d’une région ou d’un pays, les participants peuvent très bien convenir d’un rendez-vous géographique pour encore mieux se connaître.

Au sein de l’Eglise unitarienne francophone, un tel espace cultuel sera ouvert dans les prochains mois. Vous y trouverez des prières et des expressions des uns et des autres. http://eglise.unitarienne.francophone.over-blog.fr

Pour ceux qui sont intéressés, faites vous déjà connaître car il faut un noyau initial qui soit porteur d’un tel projet :
correspondance.unitarienne@wanadoo.fr

Dimanche 29 juin 2008
par Jean-Claude Barbier publié dans : louanges à Dieu communauté : Religions en toute liberté recommander

Le maître des cérémonies liturgiques du souverain pontife, Monseigneur Guido Marini, l’avait annoncé dans un interview accordé à " L'Osservatore romano", et Benoît XVI l’a fait ... benoîtement avec ses petits pas habituels en marche arrière. Contrairement au conseil de Vatican II qui avait invité les prêtres à déposer l’hostie dans la main des fidèles le souhaitant, le pape actuel préfère l’agenouillement du fidèle sur un prie-Dieu et le dépôt direct, par lui-même, de l'hostie sur la langue. Que signifie un tel geste ? Ce serait, nous dit-on, sa " préférence ".

Adieu donc au repas communautaire, et place au pasteur qui distribue leur pitance " spirituelle " à ses " brebis ", l’une après l’autre.

Il faut remonter à la fin du Moyen-Age où Thomas d’Aquin (1225-1275) insiste pour nous dire que l’hostie est Jésus lui-même, puisque le pain et le vin sont concrètement transformés en sa chair et en son sang, nonobstant les apparences ! Eh oui, seuls les malvoyants et autres miro (ou encore les hérétiques) n’arriveront pas à voir cette transformation magique de l’intérieur ... pourtant c’est simple puisque les prêtres sont ordonnés et qu’ils ont AINSI des pouvoirs " spéciaux " qui leur provient de leur évêque et au-delà de tout le corps apostolique … ni plus ni moins.

C’est la transsubstantiation, laquelle est toujours en vigueur et de rigueur. Pour celles ou ceux qui n’ont pas encore compris, je renvoie aux documents de concile de Trente qui, en 1551, prennent soin de définir (à leur façon) un tel dogme et je leur en souhaite bonne et studieuse lecture.

Or, Jésus étant Dieu, ce qui est bien connu car répété à satiété depuis le Concile de Nicée (325), au nom de la Sainte Trinité, le vrai corps et le vrai sang sont finalement AUSSI ceux de Dieu ! Eh oui, voici un Dieu bien charnel que nos antiques Grecs et Romains ne renieraient pas. Mais la logique déductive, à partir des axiomes, prime de toute évidence sur les réalités ; c’est bien connu par les mathématiciens (ceci dit, si l’on est pas content du résultat, on peut changer tout simplement les axiomes !).

Dieu merci, l’hostie est suffisamment clean et compacte pour ne pas tomber par terre (Dieu chût par terre, vous vous rendez compte !). Elle glisse comme une petite galette dans la bouche, fond immédiatement sur la langue en y adhérant parfaitement et se gobe (sans mâchouiller). Vite fait, bien fait et le tour est joué.

J’ai vu, au Bénin, des prêtres fendre la foule à grandes enjambées afin de mettre le Saint-Sacrement (qui est une grande hostie exposée à l’adoration du public) en sécurité … on ne sait jamais : des dévots trop enthousiastes voulant toucher l’objet vénéré, ou encore un illuminé, ou encore un fou ... Comme on dit, on ne prend jamais assez de précaution.

Quant au vin, c’est un peu plus délicat car les braves fidèles sont des baveux – ou du moins l’étaient-ils au XIV° siècle – çà tousse et çà crache. Bref, pour être sûr que des gouttes de vin ne tombassent point par terre, Dame Eglise, dans sa grande sagesse, décréta tout benoîtement que le vin serait réservé au seuls prêtres. En plus, comme c’est du vin doux, un peu liquoreux, cela passait sous le nez des braves fidèles et allait dans les panses bien gourmandes des prélats de l’époque (lesquels, paraît-il, aimaient à jouer aux princes en dédommagement des rigueurs "officielles" de leur fonction ; je veux parler du célibat).

Mais voilà que des frémissements réformateurs commencent à s’exprimer au sein de l’Eglise (un siècle avant les Réformes protestantes) : le comportement du clergé scandalise, les abus sont nombreux, etc. Jean Hus (1370-1415), à Prague, y ajoute la revendication de la communion sous les deux espèces. Il finira vite fait bien fait sur le bûcher par décision des évêques réunis au concile de Constance (et qui traînent en longueur pour prendre leurs décisions mais qui prirent celles-ci en toute urgence – comme, naguère, le Sanhédrin pour Jésus !). Ses partisans arboreront le calice sur leurs étendards et, dans un premier temps, résisteront victorieusement aux croisades envoyées par Rome contre eux.

image protestante du XV ème siècle représentant ensemble, d'une façon anachronique, Jean Hus (1370-1415), à droite, et Martin Luther (1483-1546) donnant la communion sous les deux espèces, l'un le pain et l'autre le vin.

C’est en souvenir de Jean Hus et du combat de ses partisans que les unitariens, aujourd’hui, allument une bougie (ou autre lumière) au creux d’un calice.

voir " le calice des unitariens " sur le site de l’AFCU,
ainsi que la rubrique " l’Eglise hussite ", Eglise catholique indépendante, fondée en 1919, qui se présente comme héritière de Jean Hus.

La préférence de Benoît XVI pour l’hostie directement dans la bouche, c’est un petit geste qui est passé comme anodin, voire inaperçu, pour beaucoup de nos contemporains, mais c’est surtout un grand pas en arrière, nous ramenant à la théologie d’un Moyen-âge finissant qui découvre la rhétorique aristotélicienne ... laquelle mène parfois à des absurdités, du moins lorsqu’elle est utilisée par des manipulateurs ou des fanatiques.

Samedi 28 juin 2008
par Jean-Claude Barbier publié dans : la Contre-Réforme communauté : Religions en toute liberté recommander

L'Eglise unitarienne francophone (EUfr), lancée ce mois ci par le réseau de la Correspondance unitarienne, sous la forme d'un site portail, concerne l'ensemble de l'aire francophone. Il s'agit donc d'une Eglise "linguistique", la première du genre à notre connaissance et nécessairement sur la Toile du fait de son échelle de grandeur.

Elle concerne en effet 3 continents (Amérique du Nord, Europe occidentale et Afrique noire), 6 Etats (Canada, France, Belgique, Suisse, Burundi, Congo Brazzaville et Congo Kinshasa), et 2 principautés (Monaco, Andorre). Elle n'est pas "virtuelle" mais concrète puisqu'elle s'appuie sur les Eglises, congrégations, associations unitariennes existantes dans cetle aire linguistique, ainsi que sur les réseaux francophones et les forums de discussion. Au total, environ 1 000 personnes.

Tout comme une véritable Eglise, elle va se doter d'un Conseil d'ici la fin de cette année. Nous lui souhaitons un plein succès.

http://eglise.unitarienne.francophone.over-blog.fr

Du fait de sa composante canadienne, cette Eglise est particulièrement sensible à l'importance de la ville de Québec au sein de la francophonie.

Mardi 24 juin 2008
par Jean-Claude Barbier publié dans : sites à découvrir communauté : Religions en toute liberté recommander

WASHINGTON, 23 juin 2008 (AFP) - Neuf Américains sur dix croient en Dieu et huit sur dix aux miracles (étude)

Neuf Américains sur dix croient en Dieu et près de huit sur dix croient aux miracles, selon une étude du Centre de recherches Pew publiée lundi.


Les Américains croient bien davantage au paradis (74%) qu'à l'enfer (59%) *

* pourcentage élevé par rapport au 25% chrétiens français qui croient à l’enfer (sondage en avril 2003)

mais une large majorité ont une vue tolérante sur les différentes voies de la rédemption. Quelque 70% des Américains affiliés à une religion considèrent que beaucoup de religions peuvent conduire à la vie éternelle.


Six Américains sur dix pensent que Dieu est une personne avec qui les individus peuvent avoir une relation personnelle tandis qu'un sur quatre, dont une grande part de juifs et d'hindous, estiment que Dieu est une force impersonnelle.


Les trois quarts des Américains affirment prier au moins une fois par semaine.


L'étude, qui s'appuie sur l'interview de 35 000 personnes, s'est également penchée sur les rapports entre politique et religions. Les mormons apparaissent comme les plus conservateurs tandis que les juifs, les hindous et les bouddhistes sont plus souvent à gauche, selon cette enquête.


Illustration : " feuille de route spirituelle " vue sur le blog de Marthe

Mardi 24 juin 2008
par AFP Washington communauté : Religions en toute liberté recommander
un dessin de Chappatte vu sur http://fr.news.yahoo.com le 22 juin 08



Dimanche 22 juin 2008
par Chappatte publié dans : halte aux génocides communauté : Religions en toute liberté recommander

Christ n’a pas de mains : il n’a que nos mains pour faire le travail d’aujourd’hui.

Christ n’a pas de pieds : il n’a que nos pieds pour conduire les hommes sur son chemin.

Christ n’a pas de lèvres : il n’a que nos lèvres pour parler de son Père aux hommes.

Christ n’a pas d’aide : il n’a que notre aide pour rassembler ses brebis.

Christ n’a pas de visage : il n’a que notre visage pour montrer sa gloire.

Nous sommes la seule Bonne Nouvelle que le public lit encore.

Nous sommes le dernier message de Dieu, écrit en actes et en paroles.

Le Royaume est en nous et autour de nous.

prière communiquée par Pierre Uhlig et Maurice Wandeweghe, membres du mouvement Quakers francophones indépendants, à la Semaine unitarienne de Nantes (1er-4 mai 2008) - voir site de l'AFCU, à la rubrique "les semaines unitariennes de Nantes".

photo : Christ à l'église de Mazilles

Samedi 21 juin 2008
par Quakers francophones indépendants publié dans : louanges à Dieu communauté : Religions en toute liberté recommander


Le mouvement béninois " Chrétiens pour changer le monde ", lancé en 1997 par Albert Gandonou, a su, par ses relations, ses cafés-théo mensuels et ses manifestations, s’ouvrir aux autres religions. Chaque année, il participe aux fêtes des religions traditionnelles (principalement les cultes du vodoun et des cultes post-coutumiers tels que celui de la Sirène = Mamy Wata). Il est donc tout à fait qualifié pour lancer une table ronde sur le sujet : " Le dialogue inter religieux : en finir avec toutes les formes d’exclusion ".

Cette manifestation réunira des représentants de l’Eglise catholique, de l’Eglise protestante méthodiste, de l’Eglise du christianisme céleste, de l’islam, du judaïsme et du vodoun. Elle aura lieu le samedi 28 juin 2008, à partir de 8 h, au Chant d’Oiseau, à Cotonou.

Cette initiative bénéficie du soutien de l’Institut universitaire du Bénin (IUB). L’information est relayée par la radio nationale (Office de la radio et télévision béninoise, ORTB), la radio catholique Immaculée Conception, la radio de l’Eglise du christianisme céleste Alléluia, par l’émission télévisée Week-end Matin (ORTB) et le journal La Nouvelle Tribune.

Pour contact : tél  00-229 / 97 47 72 90 ou 21 32 81 97,
gandonou@iubformations.org
http://www.cpcm-benin.org 

Si en Europe les relations inter religieuses se développent principalement depuis la fin de la dernière guerre mondiale, en Afrique noire ce genre de rencontre est encore suffisamment rare pour que nous en soulignons toute l’importance. Nous saluons aussi le dynamisme d’un mouvement qui, plus léger que les institutions ecclésiales, peut effectivement lancer des passerelles et promouvoir le dialogue et la transversalité entre toutes les religions. Nos meilleurs vœux pour la réussite de cette Table ronde
.

Vendredi 20 juin 2008
par informations Albert Gandonou publié dans : en Afrique communauté : Religions en toute liberté recommander

L'Association du Manifeste des libertés organise une réunion-débat  sur “La liberté de conscience et de culte en Islam : le cas baha’i en Iran et en Egypte

Elle le fait en solidarité avec les sept détenus baha’is de Téhéran. Récemment en Iran, sept responsables baha’is (deux femmes et cinq hommes) ont été arrêtés. Détenus à Téhéran, ils sont accusés d’« avoir agi contre la sécurité nationale et d’avoir noué des liens avec des étrangers ».

Au mois de janvier dernier, 54 membres de cette communauté, estimée en Iran à quelque 300 000 personnes (5 millions dans le monde), ont été condamnés à des peines de prison, trois d’entre eux à quatre ans, les autres à un an avec sursis. Les juges les accusaient de prosélytisme à Chiraz, une des villes où les membres de cette religion monothéiste fondée au XIXe siècle sont nombreux.

martyre d'un baha'i sous l'empire ottoman au XIX° siècle. Photo reproduite du site "Liberté de croyance autour de Michel Servet et Sébastien Castellion".

Prendrons la parole : Foad Saberan, psychiatre, Marc Kravetz, journaliste, et Ghaleb Bencheikh.

Vendredi 27 juin 2008, de 19h30 à 22h, Maison Madeleine-Rébérioux, 5 rue Perrée, 75003 Paris (métro Arts-et-Métiers). Pour réserver :
manifeste@manifeste.org

L'Association du Manifeste des libertés est composée de musulmans "laïcs" et de sympathisants. Elle est en relation avec l'Observatoire chrétien de la laïcité (OCL) formé par plusieurs mouvements qui sont membres de la Fédération des réseaux des parvis.

Mercredi 18 juin 2008
par l'Association du Manifeste des libertés publié dans : halte aux génocides communauté : Religions en toute liberté recommander

THERON Michel, 2008 - La Source intérieure, Villeurbanne (France), Golias, 147 p., préface d'André Gounelle

Il s'agit d'une édition nouvelle (la première publication date de 2005 et avait été faite à Paris par Le Publieur), revue et augmentée d'environ un tiers par rapport à la première.

le prix est de 16 euros à l’ordre de Golias, B.P. 3045, 69605 Villeurbanne cx).
Pour la Belgique, virement à l’ordre de Golias, compte n° 435-3400801-61 (banque KB).
Pour la Suisse, virement à l’ordre de Golias, code IBAN FR76 3005 6001 7701 7720 2864 484 – BIC : CCFRFRPP

La couverture est la reproduction d'une icône copte, représentant le Christ (à droite) et l'abbé Ménas (à gauche), qui figure au Louvre. Cette icône est commentée dans le livre même (page 94) : j'y vois la meilleure image qu'incarne Jésus à mes yeux, l'image d'un compagnon de route, qui ne nous domine pas du haut d'une haute stature mais nous tient d'une main par l'épaule, et qui joue auprès de nous le rôle d'un instituteur de la Parole (le livre dans l'autre main) " (message de l'auteur du 15 juin 08).

Dimanche 15 juin 2008
par Michel Théron publié dans : le temps des évangiles communauté : Religions en toute liberté recommander

L’été arrive ; nous vous rappelons * le séjour en famille et convivial à Rouen que la Fédération des réseaux du Parvis organise à Rouen du vendredi soir 11 (dîner inclus) au lundi midi (déjeuner inclus) 14 juillet.

* voir notre message du 19 mars dernier.

Des places sont encore disponibles ! Saisissez l’occasion pour passez un week-end à Rouen dans un lieu agréable (le Centre Jeunesse & Sports, rue Pierre Naudin à Petite Couronne), avec des échanges spirituels sur le thème de l’eau, un atelier créative en petit groupe sous animation d'un ou une spécialiste (en peinture, yoga, gestuelle, art floral, musique et chant), et, en prime, la descente majestueuse de l’armada des grands voiliers, de Rouen vers l’océan.

Voir le programme complet sur le site de la Fédération des réseaux des parvis,
http://reseaux.parvis.free.fr

Pour tout renseignement :
 annie.barbay@free.fr 

Vendredi 13 juin 2008
par Actualités unitariennes publié dans : agenda communauté : Religions en toute liberté recommander

Paul-Yves Colle (30 novembre 1913 - 5 décembre 1987)

Amis très chers,
C’est à vous seuls que j’adresse ces lignes, à vous que j’ai connus et aimés en dehors et au-delà de mes fonctions officielles.

Quoique vous ressentiez de mon départ, quoiqu’en disent les autres, vous ne pourrez nier, je pense, que j’ai cherché à vous donner le meilleur de moi-même, que je vous ai aimés de toute mon âme et, personnellement, je sais combien je vous aime encore. Voilà pourquoi je vous dois cette franche explication. (…)

une forme archaïque et désormais invivable du christianisme

Si j’ai quitté le catholicisme, ne croyez pas que ce soit un égarement momentané ou par un coup de tête, mais parce que je suis arrivé à la certitude que l’Eglise, avec la rigidité de ses dogmes et sa prétention à l’infaillibilité, est une forme archaïque et désormais invivable du christianisme. Elle représente pour moi un stade définitivement dépassé de l’évolution religieuse de l’Humanité.

Ce n’est évidemment pas en une seule fois que je suis arrivé à ces conclusions. Dieu seul sait combien j’ai pu souffrir, chercher, prier, lutter. Cela remonte à des années, presque à mon enfance. J’avais en moi le paradoxe d’être à la fois un enfant rangé, soucieux de plaire et un esprit foncièrement indépendant cherchant d’instinct à sa frayer sa propre route. Par là, j’ai toujours dérouté et déçu les gens d’ordre à qui j’avais d’abord semblé donné tant de gages.

abbaye bénédictine Saint-André de Bruges, en Belgique

faire le maximum pour Dieu

Je me fis moine parce que je voulais faire le maximum pour Dieu et que cela me semblait la seule façon d’y arriver. Mais, dès mon entrée au monastère, à l’abbaye bénédictine de Bruges, je fus classé parmi les non-conformistes et je donnai incontestablement pas mal de soucis à mes supérieurs.

Pendant mon service militaire au CIBI*, je fis la connaissance de plusieurs pasteurs protestants et nous sympathisâmes tout de suite. Avec eux, j’organisai des réunions de prière quotidiennes et je fis une propagande intense pour la Bible et l’union des Eglises. Mais, dans l’ensemble, je trouvais que beaucoup des protestants étaient très sectaires, ce qui, de leur part, me semblait encore plus inadmissible que de la nôtre.
* c'est là en Belgique que les religieux, prêtres, pasteurs et autres faisaient leur service militaire

la mauvaise qualité et presque la mauvaise foi des arguments qu’on nous représentait

Tout au long de ma théologie, la lutte intérieure continua. Combien de fois je fus choqué par la mauvaise qualité et presque la mauvaise foi des arguments qu’on nous représentait : mais il fallait les accepter sous peine d’hérésie, de péché mortel et de damnation éternelle. Cela me révolta et j’en conçus un dégoût profond pour ce genre de théologie.

Malgré tout, je résolus de ne pas bouger avant la fin de mes études. Mais quand elles furent terminées, je fus pris par l’ivresse du sacerdoce et des premières responsabilités. Le temps n’était plus aux théories ; il fallait agir et on ne pouvait pas continuellement remettre tout en question.

On me nomma professeur au collège. J’étais chargé en outre de la paroisse et du service quotidien des pauvres. Cela suffisait à m’occuper. Néanmoins le problème allait bientôt se poser à nouveau et, cette fois, dans l’ordre pratique. (à suivre)

Mardi 10 juin 2008
par Paul-Yves Colle publié dans : catholiques libres en action communauté : Religions en toute liberté recommander

je découvris la vie réelle

Vint la Guerre et, en mai 40, la débâche et l’exode. Dans le Midi, je fus amené à prendre en charge une soixantaine de jeunes Belges échappés des CRAS [lesquels se trouvaient du côté d’Agde], sans moyens d’existence.

Quelle expérience ! Comme notre façon de parler, de penser, de vivre était loin de ces gens-là ! Pourtant c’étaient eux le peuple, les hommes … C’est parmi eux qu’avait vécu Jésus, il avait été l’un d’entre eux. Cette pensée ne devait plus me quitter et j’en conçu une aversion insurmontable pour le monachisme ; tout m’y paraissait faux, depuis l’ensemble jusqu’au moindre détail. A tout prix il fallait en sortir. Cela n’alla pas tout seul mais les circonstances m’y aidèrent.

En juillet 1942, après que les Allemands eurent occupé l’abbaye, j’obtins la permission de partir pour la France et, là, je peux dire que je découvris la vie réelle. Tout fut remis en question : le monachisme, le catholicisme, le sens même de la vie. Les solutions dont je m’étais contenté jusque là me paraissaient si étriquées et artificielles !

Mes dernières positions catholiques s’écroulaient les unes après les autres

L’arrivée de mon confrère et ami, le père Désiré, devait donner encore plus d’acuité à ces problèmes. Je ne peux entrer ici dans le détail de nos échanges de vue, mais ce qui est certain c’est qu’ils furent féconds et éclairants. Lui-même était plus évolué que moi. Il avait eu avec les protestants du Borinage des contacts profonds et prolongés. D’autre part, il croyait au monachisme, mais à un monachisme complètement rénové et purement évangélique. Par dessus tout, il avait un tel sens de Dieu que, dans cette lumière, toutes les contingences dogmatiques étaient réduites à néant.

Après sa mort, survenue accidentellement en décembre 1944, je dus continuer seul ma route mais l’élan était donné et tout le travail subconscient qui s’était fait depuis des années allait maintenant porter ses fruits. Pas à pas, j’étais acculé à l’évidence. Mes dernières positions catholiques s’écroulaient les unes après les autres mais non sans luttes, ni déchirements.

Enfin, ce fut la lumière. Ma conscience ne me permettait plus de réplique : le 18 avril 1945, après avoir longuement prié, je pris la résolution de rompre avec l’Eglise.

garder le masque

J’aurais voulu passer à l’acte le plus tôt possible, être logique avec moi-même et loyal avec les autres. Mais comment faire ? J’étais tellement lié de partout, à tant de gens que j’aimais et à tant de choses. J’avais une terreur du scandale. Je demandai donc conseil à deux prêtres éminents, unanimement estimés et aimés. J’eux la stupéfaction de constater qu’ils étaient l’un et l’autre encore plus avancés que moi. Ils me dire néanmoins qu’il fallait à tout prix rester dans l’Eglise, car celle-ci n’évoluerait que sous la pression des forces intérieures. J’étais perplexe. Une telle attitude me paraissait insoutenable.

Je dois dire en passant que j’ai, depuis, rencontré plusieurs prêtres dans le même cas, et des plus intelligents. Ils restent dans l’Eglise parce qu’ils n’ont pas le courage d’en sortir ou, qu’étant trop engagés, ils ne le peuvent pas. Loin de moi de leur jeter la pierre, car je comprends maintenant la somme atroce de souffrances qu’un geste pareil représente pour quelqu’un d’engagé. Peut-être ont-ils en effet leur rôle à jouer dans le sein de l’Eglise, même si, pour employer l’expression de l’un d’entre eux et non des moindres, ils sont obligés pour cela de " garder le masque " et de s’entourer de circonspection.

Mais il en est d’autres et j’en connais qui, à la manière de Turmel*, publient sous un pseudonyme des pamphlets haineux contre l’Eglise et sa doctrine. Il y a aussi ceux qui sombrent dans le scepticisme absolu, deviennent indifférents à tout et ont accepté une fois pour toutes de vivre une vie double sur le plan intellectuel et même moral. Ceux-là comment les approuver ?


* " Prêtre, historien des dogmes ", ainsi qu'il voulut qu'on le gravât sur sa tombe. Né et mort à Rennes (1859-1943), où s'écoula toute sa vie, formé à la critique par ses propres moyens et par l'abondance de ses lectures, l'abbé Joseph Turmel perdit très tôt la foi chrétienne. Pour des raisons complexes, il crut devoir tout faire pour rester dans le clergé catholique, publiant sous son nom ou sous divers pseudonymes (au nombre de quatorze) le résultat de ses travaux. Parmi ses nombreux ouvrages : Comment j’ai donné congé aux dogmes. - Herblay : Idée libre, 1935. - 155 p. - (La Bibliothèque du libre penseur ; 22). Il fait encore les délices de la Libre pensée !


Quant à moi, j’étais désespéré. Tellement qu’en mai 1945, je partis pour l’Allemagne avec la Mission vaticane auprès des camps de concentration. Mon espoir était d’y contracter une maladie contagieuse et de n’en plus revenir. Mais cet espoir fut déçu.

A mon retour, j’exposai crûment la situation au père prieur de Saint-André, mais celui-ci, quoique fin psychologue, ne soupçonna pas la profondeur de mon évolution. Il ne réfuta aucun de mes arguments mais me conseilla simplement de temporiser et de continuer mon travail en France. Je suivis son conseil la mort dans l’âme car je n’étais nullement apaisé. Au contraire mes convictions intimes s’affirmaient de jour en jour plus nettes. (à suivre)

Mardi 10 juin 2008
par Paul-Yves Colle publié dans : catholiques libres en action communauté : Religions en toute liberté recommander

à Reilly

C’est toujours dans les mêmes sentiments qu’en octobre 1945 je commençais Reilly *  Depuis lors, ce fut un calvaire quotidien à peine éclipsé de temps à autres par les soucis matériels et moraux du collège et de la communauté naissante.

* Reilly petit village au sud-ouest de Beauvais, non loin de Gisors, au sud-est de ce bourg. Son église (la nef et le clocher) sont des XI-XIIème siècles. Les bénédictins y ouvrirent un établissement scolaire au lendemain de la Guerre mais qui ne dura pas.



Le pire était qu’il fallait à longueur de journée dire et faire des choses auxquelles je ne croyais pas ou qui pour moi avaient un sens très différent de celui qu’on leur donnait habituellement. Essayer de vous représenter concrètement ce que cela peut signifier dans le ministère des sacrements et la direction spirituelle. Certes je n’étais pas un imposteur, car c’était avec le plus grand respect et une parfaite droiture d’intention que je célébrais la messe et entendais les confessions, que j’administrais les baptêmes et bénissais des mariages. Mais quel conflit perpétuel entre l’être et le paraître !

Ceux qui venaient me trouver repartaient apaisés, mais moi, j’étais déchiré. Surtout quand certains prêtres venaient m’exposer leurs doutes contre la foi. J’avais envie de leur crier : " Mais c’est encore dix fois plus fort que vous ne le dites ". Et pourtant je réussissais à les convaincre et à les ramener à l’orthodoxie de la foi catholique.

Celui qui n’a pas passé par là ne peut se faire aucune idée du supplice de conscience que cela représente. On y use sa substance et, ce qui est pire, à force de prouver les choses auxquelles on ne croit pas, on finit par ne plus savoir soi-même ce que l’on croit et à douter de tout. Non Dieu ne pouvait vouloir cela ! Il devait exister, même pour moi, un moyen de l'adorer librement, dans la vérité. Il fallait en sortir. Mais encore une fois comment ? J’étais dans le noir le plus absolu.

C’est à ce moment qu’eut lieu la débâcle de Reilly. C’était la réponse du Seigneur. L’un après l’autre tous les liens qui me retenaient tombèrent. Les postulants de Saint-André (Jean et Patrick) revinrent définitivement guéris du monachisme. Les familles de la communauté se dispersèrent ou trouvèrent du travail. Restait le collège.

A nouveau je demandai conseil à un jésuite et à un prêtre séculier en qui j’avais confiance. Même réponse : " Nous pensons comme vous ou à peu près, mais il faut à tout prix rester dans l’Eglise ; elle en a besoin ". C’est pourquoi j’eus la faiblesse de céder aux supplications des parents d’élèves et des professeurs. Il me semblait, à tort peut-être, que je ne pouvais les laisser choir, qu’ils ne pouvaient compter que sur moi. Par amour pour eux, je consenti à transférer le collège de Reilly au collège de Normandie [à Mont-Cauvaire par Monville, au nord de Rouen].

Je resterais avec eux deux ans encore ... Si vraiment Dieu le voulait il m’en donnerait la force. Sinon il s’arrangerait bien pour m’en sortir.

Sur ces entrefaits, j’exposai ma situation au père Théodore, sous-prieur de Saint-André . Sa réponse fut nette et loyale : " Il faut sortir. Rester plus longtemps serait contraire à votre conscience. Ce serait aussi vous déformer irrémédiablement et vous conduire au scepticisme absolu. A croire qu’on peut également démontrer le vrai et le faux on finit par ne plus croire à rien du tout ". Ce n’était que trop vrai et j’en avais déjà fait l’amère expérience. Il ne me restait plus qu’à attendre l’occasion favorable pour pouvoir mettre mon dessein à exécution sans fracas et avec le moins de scandale possible.

Voici comment cette occasion me fut fournie : les prix de pension imposés par notre nouvelle installation furent tels qu’à peine une petite minorité de nos élèves purent nous suivre. J’étais donc mis dans l’impossibilité de tenir mes engagement vis-à-vis des familles. D’autre part, les professeurs étaient casés. C’est ainsi que mes derniers liens tombèrent.

en parfait accord avec ma conscience

Pardonnez-moi, amis très chers, de vous avoir si longuement entretenus de moi-même. Tout ceci je l’ai écris en toute loyauté devant Dieu qui me jugera. Mais j’ai voulu que vous, à qui l’amitié ou le sang donnent des droits sacrés, sachiez que je ne vous ai pas trahis et que c’est en pleine maturité d’esprit et en parfait accord avec ma conscience que je vous quitte.

Vous quitter ? Oui, car, même si notre amitié demeure, et croyez que de mon côté c’est le cas, nous ferons désormais partie de deux mondes totalement différents et même, à cause de votre religion, hostiles. Sans doute n’avez-vous pas les mêmes raisons que moi de quitter le catholicisme car la question se pose de façon très différente pour un prêtre et pour un laïc.

Il faut une religion et même une religion organisée et hiérarchisée. Cette religion se trouve être dans vos régions le catholicisme : il est la structure de la société, même dans un Etat laïque comme la France. Mais quand un laïc se trouve gêné par une affirmation dogmatique qui lui paraît inadmissible, il peut passer à côté et se taire sans que cela gêne personne.

Voyez du reste avec quelle avidité l’Eglise recueille les moindres approbations des savants ou des philosophes laïcs, même quand, par ailleurs, ils disent des choses diamétralement opposées à ses dogmes ou ses principes fondamentaux. Je ne citerai en exemple que Lecomte du Noüy* qu’on trouve dans les librairies catholiques et jusque dans les boutiques de couvent ! Et mon espoir est que c’est cela même qui ouvrira les yeux de la hiérarchie et qui rendra à l’Eglise catholique sa véritable mission d’assemblée universelle.

* Pierre Lecomte du Noüy (1883-1947), mathématicien, biophysicien, écrivain et philosophe français ; a vécu une partie de sa vie aux Etats-Unis et est mort à New-York. Citations lues dasn l’article que lui consacre Wikipédia :
"[L'homme] existe moins par les actes qu'il exécute pendant sa vie que par le sillage qu'il laissera derrière lui, comme une étoile filante." ; "C'est dans ce qu'il y a de divin en l'homme, et non dans ce qu'il y a d'humain dans les doctrines qu'il faut chercher l'unité des religions." (La dignité humaine, 1942, p. 153) ; "La liberté n'est pas qu'un privilège : elle est une épreuve. Nulle institution humaine n'a le droit d'en exempter un homme." (idem, p. 132) ; "Il n'existe pas d'autre voie vers la solidarité humaine que la recherche et le respect de la dignité individuelle" (L'homme et sa destinée, 1947). Mary, sa femme, écrira en 1955 sa biographie : Lecomte du Noüy. De l'agnosticisme à la foi, aux éditions La Colombe (251 p.).

Mais pour un prêtre, c’est totalement différent. Il ne peut pas ne pas répondre aux objections, aux questions, qu’on lui pose. Il sait parfaitement ce qui est de foi et, pour lui, pas de demi-mesure ; c’est tout ou rien. S’il rejette quoique ce soit, l’Eglise elle-même et sa propre conscience l’obligent à se retirer.

Je partirai donc à l'étranger

Je partirai donc à l’étranger car je hais les bagarres et les discussions stériles. Elles n’ont jamais fait de bien à personne. Ce qu’il faut c’est non pas détruire mais construire. Construire dans l’amour de Dieu et du prochain. C’est ce que je vais tâcher de faire modestement selon mes moyens. Mais avant de parler, je vais, pendant quelques années, me recueillir, prier, et travailler comme un simple honnête homme. Il faut, comme Jésus, comme saint Paul, savoir gagner sa vie et connaître les vrais problèmes qui se posent aux hommes, avant de vouloir mes aider à les résoudre.

En attendant, priez pour moi comme je le ferai pour vous. Je ne vous demande pas de ne pas me juger. Un autre vous l’a demandé avant moi. Si mon geste vous fait de la peine pardonnez-moi, mais je veux aussi que vous sachiez combien est grande la joie d’une conscience enfin libérée par la vérité.


Cette lettre a été envoyée à des amis mais elle n’a jamais été publiée. Elle est mise en ligne aujourd’hui, vingt ans après la mort de son auteur, à l’initiative de sa femme, Noëlle Colle. Ils eurent 4 enfants et vécurent heureux.

Noëlle Colle est militante d’Amnesty international et membre de l’Assemblée fraternelle des chrétiens unitariens (AFCU). Elle représente l’AFCU au sein de l’Eglise unitarienne francophone. Lors d’un séjour de 7 ans aux Etats-Unis, où ils enseignèrent, elle et son mari fréquentèrent une congrégation unitarienne à Exeter, dans l’Etat du New-Hampshire.

Mardi 10 juin 2008
par Paul-Yves Colle publié dans : catholiques libres en action communauté : Religions en toute liberté recommander

En voulant une instance qui soit représentative pour les musulmans de France, le Conseil français du culte musulman (CFCM), mis en place au début de 2003 avec l’aide des autorités françaises, a voulu organiser des élections nationales. La prochaine va avoir lieu ce dimanche 8 juin.

Mais ce genre de vote, dans ces conditions, n’introduit-il pas la division, les luttes de pouvoir, les surenchères ? Depuis sa naissance, c’est la joyeuse foire d’empoigne entre communautés de diverses tendances religieuses (des modérés aux intégristes), origines ethniques (Algériens, Marocains, Turcs, etc.), aides étrangères reçues, notables locaux, etc. Ceci bien entendu au bénéfice des activistes qui passent leur temps à faire des alliances " contre nature " pour l’emporter le jour " J ".

Nos voisins musulmans belges ne sont guère mieux lotis, avec un Exécutif des musulmans de Belgique (EMB) reconnu officiellement depuis 1994, et dont l’ex président et autres membres sont interpellés par la Justice.

Le bilan du CFCM n’est guère enthousiasmant si l’on en croit une série d’articles bien documentés qui sont parus dans le journal La Croix :

Le bilan du CFCM,
Les élections de l'islam de France sous tension,
Le Conseil régional du culte musulman de Rhône-Alpes a su trouver sa voie,
L'exécutif des musulmans de Belgique cherche une sortie à sa crise

Quels sont donc les modèles qui marchent le mieux pour regrouper les acteurs religieux et les fidèles au-delà de leurs propres communautés de base ?

Il y a d’abord le modèle pyramidal, centralisé. C’est celui de l’Eglise catholique romaine et de ses conférences nationales épiscopales (mais celle-ci mobilise peu, sinon pas du tout, les fidèles concernés), des Témoins de Jéhovah, etc.  Le même modèle est décentralisé chez les orthodoxes au niveau des patriarcats.

Le modèle synodal des protestants mobilise davantage les fidèles puisqu’il y a des enjeux en terme de résolutions et de vote. A cela s’ajoute une sagesse pratique qui veut que les décisions soient reportées s’il n’y a pas un consensus suffisant ou encore qu’elles n’entrent en application que progressivement lorsque les communautés de base se sentent prêtent à le faire. Les quakers et les baha’is sont également très soucieux de maintenir l’unité en attendant qu’un consensus se dessine.

Le modèle réseau (dont le fonctionnement est grandement facilité par l’Internet) : les membres se coordonnent sur la base du volontariat et d’une instance commune minimale. C’est ainsi que les unitariens se rencontrent au niveau national dans le cadre de " Conference ", " General Assembly " " meeting ", etc., et au niveau international avec l’International Council of Unitarians and Universalists, mais dans ce cas, les décisions sont seulement internes, concernant le fonctionnement du réseau. Aucune décision ne touche aux orientations des membres. Ceux-ci n’ont pas à s’aligner sur une politique qui aurait été décidée à un échelon supérieur. Chaque communauté unitarienne reste totalement souveraine.

C’est ce mode réseau qu’ont adopté les protestants français, avec la Fédération protestante de France, et les catholiques indépendants de la Fédération des réseaux des parvis (voir la rubrique " Parvis " du site de l’AFCU), nonobstant le terme, trompeur en l’occurrence, de fédération.

Autre question. Faut-il maintenir la cohérence d’un projet d’origine en faisant référence à une fondation ou à l’œuvre du fondateur (important entre autres chez les catholiques et les orthodoxes) ? Faut-il mettre en place un conseil d’administration qui garantisse une certaine fidélité à ces origines (cas de l’Assemblée fraternelle des chrétiens unitariens où les résultats des AG touchant aux orientations sont soumis à une telle instance) ? Faut-il définir nettement les conditions d’adhésion afin d’éviter l’entrisme ?

pilier de mémoire, First Unitarian Congregation of Ottawa. Photo Jean-Claude Barbier, mai 2008.

Les Eglises unitariennes connaissent ce dilemme depuis que ces Eglises aux Etats-Unis, à la fin du XIXème siècle décidèrent de s’ouvrir aux agnostiques, aux athées, puis à d’autres croyants. Cette version, connue sous le nom d’unitarisme-universalisme depuis la fusion en 1961 entre l’Association unitarienne américaine (AUA) et l’Eglise universaliste d’Amérique, conduit à une gestion pas toujours facile de la diversité.

Comment en effet faire cohabiter des chrétiens ou autres croyants (théistes et autres religions particulières) avec des athées qui frémissent chaque fois que d’autres s’adressent directement et explicitement à Dieu ? On voit bien qu’un tel modèle ne peut fonctionner que s’il y a grande liberté de parole, écoute réciproque, tolérance inconditionnelle et que chacun puisse exprimer son identité dans sa propre culture et langue.

Bien entendu de telles Eglises peuvent très bien devenir des auberges espagnoles où l’on discute de tout, ici et maintenant. La référence à une tradition commune, à une histoire partagée est ici fondamentale. Sans ce patrimoine, l’Eglise devient une simple association voguant d’AG en AG selon la majorité du moment, bien loin du projet de ses fondateurs ... Certains pensent d’ailleurs que l’Eglise, nonobstant le Saint-Esprit, aurait ainsi dérivée, concile après concile, bien loin des intentions du rabbi Jésus de Nazareth.

Votez oui, mais à bon escient et pour faire valoir un projet commun ...

Ces considérations valent bien entendu pour l'Eglise unitarienne francophone, une Eglise sur la toile en cours de construction à l'initiative de notre réseau de la Correspondance unitarienne : http://eglise.unitarienne.francophone.over-blog.fr

Vendredi 6 juin 2008
par Jean-Claude Barbier publié dans : vive l'inter-convictionnel ! communauté : Religions en toute liberté recommander
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