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Ralph Waldo Emerson et, avec lui, les transcendantalistes américains du milieu du XIXème siècle, inspirateurs de l'unitarisme-universalisme contemporain, faisaient appel à l'intuition, qui était pour eux un mouvement de l'âme humaine. 

Ne l'écartons pas !  car
elle est pour nous un moyen de mieux sentir les choses, un accès possible à la connaissance, le zest qui rend la démarche scientifique plus alerte et - parfois - moins au ras des pâquerettes. 

Parfois, eh oui !  la méthodologie, lorsqu'elle est sans génie, risque fort bien d'engluer l'intelligence comme nous l'avons vu à propos du traitement du tombeau de Jésus à Talpiot par l'archéologie "officielle" israélienne. Il arrive que la science passe à côté de son objet par manque d'attention (par exemple pour les faits qui lui paraissent à priori "particuliers") ... et par absence de réflexion philosophique (qui, elle, n'a de cesse de poser les questions).


En cela, pour notre débat sur l'aventure de notre monde qui nous reste bien mystérieux, du moins dans ses origines, la poésie d'Apollinaire est la bienvenue !

coucher-de-lune.JPGLune multifluente aux lèvres des déments

Les vergers et les bourgs cette nuit sont gourmands

Les astres assez bien figurent les abeilles

De ce miel lumineux qui dégoûte des treilles

Car voici que tout doux et leur tombant du ciel

Chaque rayon de lune est un rayon de miel

Or caché je conçois la très douce aventure

J'ai peur du dard de feu de cette abeille Areture

Qui posa dans mes mains des rayons décevants

Et prit son miel lunaire à la rose des vents.

 

Photo de clair de lune sur "apollinaire" d'Over-blog.

 

Lundi 30 juillet 2007
par Jean-Claude Barbier publié dans : le Dessein intelligent communauté : Religions en toute liberté recommander

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coucher de soleil en Bretagne, vu sur "larn-et-theo", plateforme d'Over-blog.



par Michel Lefeuvre

Selon le créationnisme : le monde a été fait en 6 jours, repos dominical divin exclus !

 Selon le  Dessein intelligent  (ou néo-creationnisme ! ... selon ses adversaires), Dieu intervient dans le temps, ou du moins c’est l’idée que l’on prête à ces deux grands savants américains : le biochimiste Michael Behe et le mathématicien William A. Dembski.

 M. Behe fonde sa théorie du Dessein intelligent sur ce qu’il appelle la complexité irréductible, ainsi définie : " état d’un système composé de plusieurs parties inter-agissantes bien adaptées pour contribuer ensemble à une fonction de base, où l’enlèvement d’une quelconque des parties rend le système effectivement incapable de fonctionner ". Parmi les exemples choisis par Behe, retenons l’un des plus simples, la cascade enzymatique qui règle la coagulation du sang.

 W. A. Dembski pose un peu différemment le problème ; il se demande comment la vie naissante a pu, sans guide, sélectionner ses constituants à partir d’un nombre aussi démesurément grand de possibilités ; c’est ce que Dembski appelle The design inference.

 

Mon point de vue

 Il ne faut pas faire intervenir Dieu dans le temps. D’ailleurs le temps n’existe pas pour Dieu. Le temps n’a commencé à exister qu’avec la Création du monde (le Big-Bang). Par contre je me sens tout à fait d’accord avec Roger Penrose, mathématicien et physicien britannique, sur le " principe anthropique faible " (1) qui reprend les idées de deux grands physiciens, B. Carter et R. Dicke : l’homme, ou tout être lui ressemblant doté de pensée, n’aurait pu voir le jour si, à l’origine, l’univers n’avait été réglé avec une extrême précision. L’ordre de cette précision s’inscrit de la façon suivante, en terme de probabilité : sur chaque proton et sur chaque neutron que contient l’univers il faudrait écrire un zéro suivi de 10123 zéros pour que notre univers ait une chance d’apparaître. Cette précision peut-elle être attribuée au hasard qui conduirait à l’homme grâce à la sélection naturelle ? Ne faut-il pas y voir plutôt l’intention d’une intelligence créatrice désireuse de se communiquer à des intelligences faites " à son image et à sa ressemblance " en vue de rentrer en relation avec elles.

 

(1) si l’univers est actuellement observable, c’est parce qu’il a été réglé au départ d’une façon tellement minutieuse que, si le moindre écart par rapport à ses données initiales s’était produit, aucune vie, aucune pensée, aucune conscience ne pourrait naître pour l’observer. C’est le principe anthropique. Il a été proposé par deux grands physiciens, B. Carter et R. Dicke, pour résoudre un problème qui rendait perplexes les physiciens. Il s’agissait de différentes relations numériques surprenantes entre la constante gravitationnelle, la masse du proton et l’âge de l’univers. Il est curieux en effet que certaines de ces relations ne semblent valoir que pour l’époque où l’homme apparaissait sur terre, à l’échelle de temps géologique bien entendu.

Il existe deux versions du principe anthropique : la version forte est généralement contestée par les physiciens. Pour Roger Penrose, elle tend à être encore invoquée aujourd’hui par quelques-uns parce que l’on n’a pas encore trouvé une théorie assez bonne pour expliquer les faits observés. En retour, le même Penrose pense que, sous sa forme faible, le principe anthropique reste irréprochable. Ce n’est pas grâce à une quelconque sélection naturelle que l’homme devait naître dans l’univers. Hors de toute théorie explicative, il semble irréprochable de penser que l’homme ou un quelconque être lui ressemblant devait un jour se trouver là pour observer le monde. " À mon avis, écrit-il, cet argument est techniquement correct, et le principe faible (au moins) pourrait donner une raison à la présence de la conscience sans que l’on ait à invoquer une faveur quelconque due à la sélection naturelle. " (Une nouvelle primauté du réel. Michel Lefeuvre. Revue des Sciences Religieuses de la faculté de théologie catholique de l’Université Marc Bloch à Strasbourg, avril 2007).

 

Cet article apporte des précisions au texte précédent de Jean Riedinger (" Offensive néo-créationniste en Europe ", mis en ligne sur notre site le 28 juillet 2007) et lui est complémentaire. Il montre combien la philosophie (non asservie à la religion mais pouvant y puiser) est complémentaire aux sciences, ce que nos anti-trinitaires du XVI° siècle mirent déjà en pratique avec bonheur à commencer par Michel Servet et Faust Socin. 

Lundi 30 juillet 2007
par Michel Lefeuvre publié dans : le Dessein intelligent communauté : Religions en toute liberté recommander

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qu'on se le dise, les chrétiens unitariens sont gens de la modernité !  en tout cas plus internautes que la moyenne.

Sans le faire exprès, les chrétiens unitariens qui étaient en retard de site, se trouvent désormais dans le peloton de tête grâce à leur trois blogs qui connaissent une excellente audience. Comme nous sommes altruistes, nous en parlons à nos amis militants d’autres mouvements, mais la culture Internet n’avance pas aussi vite qu’on pourrait l’imaginer. Beaucoup de gens ne sont pas encore habitués à naviguer sur la toile, et en restent aux anciens modes de communication. Pour les convaincre et pour alimenter notre rubrique " la culture Internet ", voici une bonne blague que je viens de recevoir de la part d’un ami :

 

Un couple de parisiens décide de partir en week-end à la plage et de descendre au même hôtel qu'il y a 20 ans, lors de leur lune de miel. Mais, au dernier moment, à cause d'un problème au travail, la femme ne peut pas prendre son jeudi. Il est donc décidé que le mari prendra l'avion le jeudi, et sa femme le lendemain. L'homme arrive comme prévu et, après avoir loué la chambre d'hôtel, il se rend compte que, dans la chambre, il y a un ordinateur avec connexion Internet. Il décide alors d'envoyer un courriel à sa femme.

Mais il se trompe en écrivant l'adresse. C'est ainsi qu'à Perpignan une veuve, qui vient de rentrer des funérailles de son mari mort d'une crise cardiaque, reçoit le courriel. La veuve consulte sa boîte aux lettres électroniques pour voir s'il n'y a pas de messages de la famille ou des amis. C'est ainsi qu'à la lecture du premier d'entre eux, elle s'évanouit. Son fils entre dans la chambre et trouve sa mère allongée sur le sol, sans connaissance, au pied de l'ordinateur. Sur l'écran, on peut lire le message suivant :

" A mon épouse bien-aimée, Je suis bien arrivé. Tu seras certainement surprise de recevoir de mes nouvelles maintenant et de cette manière. Ici, ils ont des ordinateurs et tu peux envoyer des messages à ceux que tu aimes. Je viens d'arriver et j'ai vérifié que tout était prêt pour ton arrivée, demain vendredi. J'ai hâte de te revoir. J'espère que ton voyage se passera aussi bien que s'est passé le mien.

P.S. : Il n'est pas nécessaire que tu apportes beaucoup de vêtements : il fait une chaleur d'enfer ici ! "

Envoyé par Piotr Ulhig (Belgique), ce 30 juillet, au réseau de la Correspondance unitarienne



Lundi 30 juillet 2007
par Piotr Ulhig publié dans : la culture Internet communauté : Religions en toute liberté recommander

Roger Sauter, théologien laïc, membre de l’Union protestante libérale (ULP) de Genève et de l’Association unitarienne francophone (AUF) dont il fut le président d’honneur à partir de 1998, est décédé le jeudi 19 juillet, à l’âge de 88 ans. 

 

Allocution de Jean-Claude Barbier, secrétaire général de l’Assemblée fraternelle des chrétiens unitariens (AFCU) aux obsèques de Roger Sauter, au crématorium du cimetière Saint-Georges, au Petit Lancy, en banlieue genevoise, le lundi 23 juillet 07.



Chers parents, Chers voisins, Chers amis de Roger
 

La famille de Roger m’a demandé de dire quelque mots au nom des unitariens puisque Roger était des nôtres depuis 1990 et qu’il fut président d’honneur, à partir de 1998, de l’Association unitarienne francophone

– c’est d’ailleurs à la suite de son adhésion à cette association, avec ses amis Heinz Buschbeck (qui habite dans la même avenue du Lignon), Louis van Gool (au Grand Lancy) et Bernard Wald (à Genève) que celle ci – qui était " française " -  devint " francophone ", ouverte aux Suisses romands et aux Belges wallons.  

Gen--ve--Michel-Servet--Roger-Sauter--octobre-2001.jpgRoger Sauter, le dimanche 21 octobre 2001, devant la stèle dédiée à Michel Servet, sur la colline de Champel (photo J.-C. Barbier).



J’ai moi-même connu Roger et ses amis lorsque je suis venu à l’assemblée générale de cette association qui se tint les samedi et dimanche 20-21 octobre 2001 à Ferney-Voltaire, juste de l’autre côté de la frontière avec la France. 


Je fus d’emblée impressionné par son calme et sa sérénité. Il avait prononcé, pour le culte de clôture, une homélie d’une grande qualité, portant sur l’essentiel, avec pertinence et sobriété, d’une voix combien douce et limpide. 


Et puis, attentif à mon souhait, il m’avait accompagné, avec Heinz, sur les lieux du martyre de Michel Servet à la colline de Champel.



Homme de sobriété, Roger désira des obsèques en toute simplicité : pas d’office religieux et crémation. Ses enfants, Monique, Nicole, Delphine et Marcel, respectèrent cette option.



En ne demandant pas un office religieux, Roger nous met finalement tous à l’aise. En effet, nos sociétés sont devenues composites, au sein d’une même famille, dans un même quartier, lors de nos assemblées paroissiales où les opinons et les croyances se diversifient de plus en plus. Désormais croyants et non croyants se mêlent et s’acceptent mutuellement dans leurs choix personnels. Dans ces conditions, il est bien difficile de faire un culte confessionnel qui puisse être partagé par tous.


D’ailleurs, que savons nous réellement de Dieu en dehors du sentiment d’une présence ? Avec le tétragramme IHVH, La tradition biblique nous lègue un nom de Dieu qu’on ne prononce pas … Pourquoi vouloir en dire plus ? Et puis, que savons nous sur l’existence d’une âme qui survivrait après notre mort ? Qu’est-ce l’au-delà ? L’éternité à laquelle nous aspirons ?


Sur ce point, Roger, lors de cette homélie dont je viens de parler et qui s’intitulait " La vie future ", nous avait confié que l’attente du Ciel ne le préoccupait nullement. Pour lui, la religion le conduisait à faire le bien sans espérer la récompense que promettait le zoroastrisme, qui le premier instaura le jugement moral des morts, le bouddhisme avec sa balance karmique et le christianisme avec l’instauration messianique du Royaume de Dieu.
  

Lecture est faite par Louis van Gool, de la fin de cette homélie dont l’épilogue est aujourd’hui :

La diversité de nos croyances portant sur la vie après la mort est donc grande ; elle va de pair avec un autre fait : nous ne savons rien de l’au-delà ! La tolérance religieuse invite à un choix libre, selon nos convictions individuelles. En ce qui me concerne, je préfère ne pas choisir et j’accepte que ma vie future soit ce que Dieu voudra. On me l’a demandé en privé et le je dis en public : ma vie future ne m’intéresse pas ; je ne m’en occupe pas. Bien des gens pratiquent le sport par amour du sport, d’autre l’art pour l’art, sans rechercher d’autre récompense que la satisfaction intérieure et présente. De même, faisons le bien par amour du bien, pour satisfaire notre conscience morale. Que notre amour pour Dieu et pour le prochain soit désintéressé. " 


La Bible nous dit que Moïse mourut dans la bouche de IHVH.


Quelle différence d’avec les religieux, les clercs de toutes les religions, qui savent tout, ont réponse à tout, sont sûrs de leurs promesses et présentent leurs rituels comme autant d’actes infaillibles !


Roger fit des études de théologie mais il resta laïc et ne s’engagea pas dans un ministère. Non lié à une fonction où l’on doit enseigner, évangéliser, convaincre – et donc être directif - , il se contentait d’exposer l’histoire humaine dans sa diversité, dans son cheminement, en laissant libre l’auditeur ou le lecteur. Il pouvait ainsi donner son point de vue personnel et prendre des engagements selon ses propres convictions.


Alors que nombre de protestants libéraux qui ont des convictions ou des sympathies unitariennes préfèrent rester au sein de leur communauté et composer avec les autres fidèles qui sont attachés aux dogmes (le Péché originel, le sacrifice rédempteur de Jésus, le Jugement dernier, la Trinité, l’Incarnation de Dieu en Jésus, la double nature de Jésus – à la fois humaine et divine -, etc.), Roger n’hésita pas à adhérer à l’unitarisme, à se dispenser d’un culte paroissial qu’il jugeait trop empêtré dans des rhétoriques religieuses sous la houlette d’un pasteur qu’il estimait par trop conservateur. 

Un homme libre, sans fard et sans convenances, mais sans nulle violence ou arrogance, au contraire toujours attentif et disponible aux autres.


Merci à Roger de nous avoir réunis ainsi autour de lui par la qualité de sa vie, par la sincérité de sa pensée, par sa gentillesse et sa disponibilité. Grâce à lui, voici que les fleurs apportées par les uns et les autres * deviennent un bouquet riche des couleurs les plus variées. De même que, tout à l’heure, nous allons repartir avec la fleur d’un autre, signifiant par là que nous avons échangé entre nous, qu’il prenne aussi une fleur avant son départ.

* voir la rubrique concernant la cérémonie des fleurs sur le site de l’AFCU.


Son fils, Marcel, déposa une fleur sur son cercueil.
 



Vous trouverez sur notre site documentaire de la Besace unitarienne, dans la rubrique au nom de Roger Sauter, sa bibliographie désormais exhaustive et sa biographie, et – dans les jours à venir – d’autres documents que sa famille nous a confiés.

Samedi 28 juillet 2007
par Jean-Claude Barbier publié dans : l'unitarisme communauté : Religions en toute liberté recommander

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les mondes derrière le ciel et la terre, vue sur le groupe Yahoo " La Cité-Jardin"

 

"Offensive néo-créationniste en Europe", par Jean Riedinger, secrétaire de l' Observatoire chrétien de la laïcité (OCL), texte du 6 juillet 2007 envoyé aux correspondants des réseaux du Parvis.


Les néo-créationnistes intensifient en Europe leur offensive pour présenter leurs thèses comme alternatives des théories scientifiques de l'évolution et comme ayant vocation à être enseignées à ce titre dans les collèges, lycées et universités européennes. Ils ont réussi récemment à faire écarter l'étude d'un rapport de l'assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe- rapport qui concluait au contraire à la nécessité de ne pas confondre les théories scientifiques de l'évolution et les hypothèses métaphysiques et religieuses sur le pourquoi de l'évolution et qui demandait que les thèses néo-créationnistes ne soient pas étudiées dans le domaine scolaire, sinon au titre de l'histoire des croyances et religions.

Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe, document n° 11297, 8 juin 2007 "Les dangers du créationnisme dans l'éducation", rapport de la Commission de la culture, de la science et de l'éducation ; rapporteur : Guy Lengagne (France, Groupe socialiste).

Qu'il soit fondamentaliste ou se pare des atours de la métaphysique rationnelle sous le nom de << Dessein Intelligent >> le néo-créationnisme n'est en aucun cas une théorie alternative à la recherche scientifique. Il ne saurait en outre lui imposer a priori aucun principe dogmatique préalable. 

La théologie la plus traditionnelle fait la distinction entre les différents plans de la recherche de la vérité

La vérité scientifique repose sur la méthode expérimentale et dégage le comment de processus naturels observables directement ou indirectement. Elle établit des lois qui sont des constantes. Elle se vérifie quels que soient les choix convictionnels des chercheurs. Elle ne saurait être invoquée pour imposer une idéologie officielle- athée ou non, hostile ou favorable à l'idée de création divine - qui relèvent des domaines libres de la philosophie et de la croyance religieuse.

La métaphysique s'efforce de répondre à la question du pourquoi et du sens de l'existence (et de l'Etre en général) à partir d'une méthode de pensée rationnelle, en toute liberté de pensée et indépendamment de toute conviction religieuse ou athée a priori. Elle est l'objet d'un libre débat entre métaphysiciens. 

La conviction religieuse, la Foi, les représentations mythiques, symboliques ou théologiques du contenu communicable des croyances relèvent de démarches spirituelles personnelles et collectives. Les libertés de conscience, de culte, d'expression que garantit la loi laïque donnent à la foi et aux croyances religieuses comme aux convictions agnostiques ou athées la liberté de se manifester aussi bien dans la sphère privée que dans le domaine social pourvu qu'elles respectent la loi démocratique.

Il est incontestable que la confrontation et le dialogue, dans le respect des démarches propres à chaque domaine de pensée ainsi défini, est l'occasion pour les uns et les autres de se purifier de se clarifier de préciser ce qui est essentiel à la démarche concernée (scientifique- philosophique ou religieuse) et ce qui relève de représentations et paradigmes obsolètes. Ainsi les lectures fondamentalistes des récits de la création de l'univers dans le livre de la Genèse relèvent d'une ignorance grave de la connaissance scientifique et des conditions historiques de la démarche religieuse. Elles sombrent d'ailleurs dans le ridicule pour des esprits que n'aveugle pas l'ignorance crasse ou le fanatisme qui rend stupide. 

L'hypothèse dite du << Dessein Intelligent >> est en apparence plus subtile. Si elle signifie que l'hypothèse métaphysique d'un sens de l'évolution suppose l'existence d'un << créateur >>, elle relève de la pensée philosophique et-ou de la croyance religieuse et à ce titre elle peut être objet d'un examen épistémologique rigoureux dans le cadre même de la philosophie ou d'une explicitation théologique pour en définir la portée spirituelle.

Mais elle sert dans les faits de cache misère au fondamentalisme : elle tente d'instrumentaliser la divinité ou la << réalité >> immanente ou transcendante créatrice comme intervenant << à dessein >> à titre de cause, dans le même domaine que la causalité naturelle observables, dans les processus naturels de transformation des choses. Le prétexte avancé par ses promoteurs est que les théories purement scientifiques de l'évolution se heurtent à des difficultés d'explication. Aucun scientifique digne de ce nom ne nie que la connaissance scientifique est progressive, ne sait pas tout, et reste ouverte à de nouvelles découvertes, voire à de nouveaux paradigmes. Est-ce une raison pour utiliser Dieu comme bouche trou de nos ignorances ?

La démarche du << Dessein intelligent >> n'est pas seulement différente de la science mais elle vise à détruire la méthode même de la recherche scientifique, en considérant comme vrai ce qui est conforme à un a priori et non ce qui est vérifiable expérimentalement.

Il y a pourtant des siècles que la théologie thomiste -entre autres- a su distinguer la chaîne des << causes secondes >> (celles précisément que les théories scientifiques découvrent) et << la cause première >> qui donne sens à tout ce qui est dans la mesure où il est (Dieu selon certains mais aussi bien d'autres formes de fondements ou absolus personnels / impersonnels et / ou cosmiques selon les cultures et les approches religieuses et métaphysiques des peuples de la terre : cf. taoïsme, bouddhisme, etc.).

La théorie évolutionniste ne saurait s'opposer à la foi en un Dieu créateur. Inversement une forme quelconque de croyance ne saurait nier a priori des découvertes scientifiques permises grâce à la rigueur de la méthode expérimentale.

 


L'Observatoire chrétien de la laïcité (OCL) est né au sein de la Fédération des réseaux du Parvis à partir de l'engagement de plusieurs mouvements de cette fédération.


Commentaire reçu le 30 juillet 07, de Michel, prêtre catholique,   : "J'apprécie la clarté de la distinction des différents plans de réflexion. Non, pas question d'un "Dieu bouche trou" de nos incapacités intellectuelles ! Merci.
http://michel64.over-blog.com




Samedi 28 juillet 2007
par Jean Riedinger publié dans : le Dessein intelligent communauté : Religions en toute liberté recommander

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Robert Moro "Silence dans l'azur", livre-objet sous forme "accordéon", imprimé sur papier japonais, http://robert.moro.free.fr


Les éditions Le Pli, dans leur collection " Clinique et création ", viennent de publier un livre de Christian Phéline : Le vide et la vie, coma et créations, 150 p. + 10 planches hors-texte des tableaux de l’auteur.

Neurochirurgien depuis les années cinquante, Christian Phéline a réalisé, de 1962 à 1991 à l’hôpital d’Orléans, une pratique d’accès au coma impliquant les familles des malades, les soignants et les personnes comateuses elle mêmes.

Depuis longtemps, il s’oppose au vide relationnel que maintient le seul réveil technique fait d’eau sucrée, d’oxygène et de soins infirmiers. Il met en œuvre un système d’accueil fondé sur la construction d’un modèle du malade à l’aide d’enquêtes à domicile, de mouvements avec la famille et de réflexion avec l’équipe soignante.

La mise en scène de l’univers familier du malade permet que se rejouent des états de conscience antérieurs, sensoriellement et affectivement, et qu’ainsi puisse émerger un sujet momentanément suspendu dans le coma.

Nœud central du livre, cette métaphore théâtrale est le ressort créatif de l’auteur qui relate d’autres expériences : celle du pilote à l’épreuve de l’air, celle du peintre et de sa toile, celle du moine zen face à la nature.

Ces réflexions d’un humanisme, qui participe d’une lecture du vide dans diverses situations, éclairent un état naissant ouvert à divers possibles et donc, à la créativité.

A commander aux Editions Le Pli, 3, rue Jeanne d’Arc, 45000 Orléans, tél. 02 38 68 12 78, fax 02 38 62 81 12, courriel : le.pli@wanadoo.fr

Christian Phéline est membre de l'Assemblée fraternelle des chrétiens unitariens (AFCU)

Vendredi 27 juillet 2007
par Editions Le Pli publié dans : vient de sortir recommander
L’émission " Présence protestante " de France 2 nous a gratifié ce dimanche d’un excellent documentaire de Virginia Crespeau sur Marie Dentière (" Marie Dentière ou la Réforme au féminin "), contemporaine de l’instauration la Réforme à Genève, ancienne augustine qui se situa dans le sillage de Jean Calvin et de Guillaume Farel. La réhabilitation de cette figure historique est due en grande partie à Isabelle Graesslé, théologienne, ancienne modératrice de la Compagnie des pasteurs et des diacres genevois et directrice du Musée international de la Réforme.

Jean Calvin, de sa belle langue française, entretenait volontiers par correspondance les dames de la noblesse de son pays d’origine qui étaient prêtes à décrocher du catholicisme, mais une fois qu’elles étaient devenues protestantes, il leur rappelait qu’elles ne devaient pas parler de religion en public, ni entre elles ! Chasse gardée des pasteurs et limite sexiste au fameux " sacerdoce universel ".

Mais voilà, une femme enfreignit ses directives : elle s’appelait Marie Dentière (ou d’Ennetières, du nom de son père qui appartenait à la petite noblesse des Flandres), née en 1495 à Tournai, décédée en 1561 à Genève.

D'abord prieure du couvent des augustines de Prés-Porchins à Tournai (où elle avait reçu son éducation), elle se réfugie à Strasbourg en 1524 après s'être convertie au luthéranisme. Elle y épouse un pasteur (lui aussi ancien augustinien) et le couple rejoint Guillaume Farel (le bras droit de J. Calvin) à l’est du lac Léman dans la région d’Aigle ; son mari exercera à Bex. Elle se retrouve à Genève à partir de 1535 suite à un second mariage, avec un nommé Antoine Froment, lui aussi dans le ministère, compagnon de Guillaume Farel. Ce second mari défraiera la chronique locale en faisant le négoce du vin et en commettant quelques écarts de conduite qui le mèneront devant la Justice.

Quant à elle, femme lettrée et de conduite modèle, elle se fera connaître par sa défense des idées de la Réforme (elle participa à la tentative de convertir les Clarisses de la ville -– avant leur exclusion), par ses propos publics et par sa plume (bien qu'une partie de ses écrits furent anonymes). 

Elle écrivit en effet une chronique sur les évènements de son temps : La guerre et deslivrance de la ville de Genève fidèlement faicte et composée par ung marchand demourant en icelle (1536) (où elle s’interroge sur le fait que les Genevoix aient chassé les sieurs Calvin et Farel, qu’elle admire – mais elle n’est pas forcément l’auteur principal de ce document qui lui fut attribué à la fin du XIXème siècle), un pamphlet Contre les Turcz, Iuifz, Infideles, faulx chrestiens, Anabaptistes et Lutheriens, et, surtout, une Epistre tresutile faicte et composée pour une femme chrestienne de Tornay …, dédiée à sa protectrice, la reine Marguerite de Navarre (rédigé à partir de 1537, elle est imprimée à Genève en 1539, mais les exemplaires en sont saisis par le Conseil de la ville qui vient d’expulser J. Calvin et G. Farel).

Marguerite-de-Navarre.JPG Marguerite de Navarre (1492-1549), protectrice de Marie Dentière.

Cette épître prônait la participation active des femmes en matière de religion : se marier et procréer, éventuellement seconder les efforts d’un mari pasteur, avoir des enfants et leur lire la Bible, mais AUSSI le droit d’en parler, notamment entre elles. Sa fille lui emboîta le pas en rédigeant une grammaire hébraïque que sa mère publia avec son épître. La haute protection royale dont elle bénéficiait fit qu'elle n’eut le droit qu’à des remontrances " sévères " (qualificatif utilisé par J. Calvin qui mentionne son intervention).

Il faut dire que Guillaume Farel avait auparavant savonné la planche puisqu’il avait écrit à J. Calvin, encore exilé à Strasbourg, en date du 6 février 1540 : "notre Froment est le premier qui, à la suite de sa femme, ait dégénéré en ivraie. […] Cette femme orgueilleuse et vindicative fut, malgré tout son esprit, une mauvais conseillère à son nouvel époux, qu'elle dominait absolument".

Marie Dentière connaissait fort bien la Bible et elle avait déjà goûté, chez les catholiques, à la prise de la parole en public. Notre Réformateur masculin, déjà en son temps en retard de bien d’autres réformes (entre autres celles que souhaitaient les anabaptistes et les anti-trinitaires), l’était assurément de la réforme féministe à venir. Le calvinisme embraya dans le machisme de son fondateur et ce n’est qu’en novembre 2003 que Marie Dentière eut son nom gravé sur le mur de la Réformation à Genève.

Bibliographie en français

1878 - Correspondance des Réformateurs dans les pays de langue française, vol. 5, éd. A.-J. Herminjard. Georg, Genève, n°.785.

1991 - BACKUS Irena. "Marie Dentière: un cas de féminisme théologique à l'époque de la Réforme". Bull. de la Soc. d'Hist. du Protest. Franç., 137, pp.177-195.

1996 - TICCONI S., Marie Dentière.

1997 – SKENAZI Cynthia (Université de Californie, Santa Barbara), "Marie Dentière et la prédication des femmes (Marie Dentière and the Preaching of the Women)",  Renaissance and Reformation (Renaiss. Reform.), vol. 21, no1, pp. 5-18 (revue publiée par Toronto Renaissance and Reformation Colloquium, Toronto, Canada).

1998 - KEMP William, DESROSIERS-BONIN Diane, "Marie d'Ennetières et la Petite grammaire hébraïque de sa fille d'après la dédicace de l'Epistre à Marguerite de Navarre (1539) ", Bibl. d'Humanisme et Renaissance, 60, 117-134.

1999 - McKINLEY Mary B. " Les fortunes précaires de Marie Dentière au XVIe et au XIXe siècles ", dans Royaume de fémynie : pouvoirs, contraintes, espaces de liberté des femmes, de la Renaissance à la Fronde, Librairie Honoré Champion, 1999.

En préparation : Oeuvres de Marie d'Ennetières, éd. Diane Desrosiers-Bonin, William Kemp, Isabelle C. Denommé, et al., Genève, Droz.

 :
Lundi 23 juillet 2007
par Jean-Claude Barbier publié dans : les protestantismes communauté : Religions en toute liberté recommander

belfast-entre-catholiques-et-protestants-bis.jpg

Belfast, la ville "coloniale" d'Olivier Cromwell à l'époque des guerres de religion


La prochaine conférence de la section Europe et Moyen-Orient (Europe and Middle East) de l’International Association for Religious Freedom (IARF) aura lieu à Belfast du 25 au 27 juillet 2008 sur le thème " Religions et croyances dans l’espace public ". Les participants seront accueillis par la Non-subscribing Presbyterians of Ireland (NSPCI).

Dans le cadre de cette manifestation, les protestants libéraux et les chrétiens unitariens sont invités par l’European Liberal Protestant Network (ELPN) à une pré-conférence qui aura lieu le 24 juillet et qui traitera de l’évangélisation dans une société moderne où le respect de la liberté de conscience est mise en avant.

Nous vous communiquerons le programme et les modalités d’inscription dès qu’ils seront connus.

Vous trouverez des messages sur l'IARF, l'ELPN et la NSPCI sur ce site, dans la rubrique "les protestantismes", et sur celui de l'AFCU, dans la rubrique "ELPN".
 

Comment aller à Belfast ?

 En passant par Eurotunnel : http://www.eurotunnel.com ; puis en prenant un ferrie entre l’Angleterre / Ecosse et Belfast (par exemple Stranraer-Belfast avec la compagnie Stenaline)

Ou bien par bateau : voir les routes maritimes à partir des divers ports européens  http://www.directferries.co.uk/routes.htm ; 
et les compagnies maritimes
http://www.directferries.co.uk/operators.htm

Ou encore par avion http://www.belfastairport.com/en/ (voir les aéroports en relation directe avec Belfast : http://www.belfastairport.com/en/content.asp?area=2&id=210), compter environ 600 euros pour un Paris-Belfast AR

Samedi 21 juillet 2007
par Jean-Claude Barbier publié dans : les protestantismes communauté : Religions en toute liberté recommander

Quand on est religieux, on sent doublement le souffre, d’une part vis-à-vis de sa hiérarchie qui n’aime pas les électrons libres, mais aussi de la part de certains laïcs qui estiment incompatible la recherche objective avec l'existence de convictions métaphysiques. Certes, la première ne doit être en aucun point dépendante de la seconde, mais celle-ci succède nécessairement à la première : au-delà des certitudes prouvées et démontrées, partagées par toute l’humanité, nous avons bien comme on dit des convictions intimes liées à notre culture d'origine, à nos expériences subjectives, à nos rencontres avec les autres, à nos propres cogitations. Et puis la spiritualité, la méditation, la philosophie prennent le relais des connaissances objectives car on empêchera jamais l’homme de penser l’au-delà du connu.

Bref, quand on est religieux, on risque fort une double discrimination.

Teilhard de Chardin fut interdit d’enseignement par son Eglise, et la Fondation qui porte son nom est en survie au Muséum national d’Histoire naturelle (MNHN).

Teilhard-de-Chardin.jpgaffiche pour le colloque "Mondialisation et Teilhard de Chardin" qui se tint le 29 octobre 2002 à Bagnols-sur-Cèze (dans le Gard), avec la participation de Jean Boissonnat.


On lit dans Le Monde du samedi 16 juin 2007, p. 8, article de Christiane Galus " Teilhard de Chardin a-t-il sa place au Muséum ? "

" La réinstallation de la Fondation Teilhard-de-Chardin dans les locaux en cours de réaménagement de la bibliothèque du MNHN a été suspendue par Bertrand-Pierre Galey, directeur général de l’établissement. M. Galey va adresser un courrier à Henry de Lumley, président de la Fondation, pour lui demander des précisions sur son activité et ses projets. " Cela permettra de voir si la Fondation a bien sa place au Muséum ", précise M. Galey ". […] La décision d’accueillir celle-ci avait été prise en 1962 par le ministre de l’éducation de l’époque et l’assemblée des professeurs, et reconduite en 1994. Elle a pour objet d’accueillir le fonds documentaire relatif aux travaux du scientifique. Géologue et paléontologue, ce jésuite a effectué de nombreuses fouilles en Chine, et réfléchi sur les liens entre ses recherches et sa foi, qu’il présenta dans Le Phénomène humain ".

Mais voilà, les élus du personnel, estiment qu’il y a entorse à la laïcité. Le Muséum perdra-t-il ainsi l’un de ses fleurons au nom de Dame laïcité ? Celle-ci étant muette par définition, on peut lui fait dire n’importe quoi ! Sur ce point, nous ne sommes guère mieux avancés qu’à l’époque antique où les devins faisaient parler les déesses …

Rappelons qu’en bonne gouvernance démocratique le rôle des institutions est fixé par Dame République et que les élus du personnel défendent, comme leur fonction l’indique, des intérêts catégoriels seulement internes - lesquels ne concernent pas la politique extérieure de l’institution. En cela, les élus du personnel n’ont pas à prendre la place des citoyens ; ils peuvent toutefois informer leurs compatriotes.

Nous remercions Marie-Claire Lefeuvre, membre de l'AFCU, de nous avoir alerté sur cette situation.

Lundi 16 juillet 2007
par Jean-Claude Barbier publié dans : les dérives sectaires communauté : Religions en toute liberté recommander

pasteur----la-chaire.jpg

Après la Pologne et la Transylvanie des XVI°-XVII° siècles, c'est en Angleterre (à partir du XVIII°) et aux Etats-Unis (à partir du XIX°s) que l'unitarisme s'est développé. Paradoxalement, alors que l'anti-trinitaire Michel Servet vécut en France, ce n'est qu'en juillet 1986 et grâce au soutien du protestant libéral qu'était Théodore Monod qu'émergea la première association unitarienne francophone, l'AUF. C'est dire que nous nous trouvons devant une littérature anglophone très importante que nous avons à lire et à traduire !

L'Assemblée fraternelle des chrétiens unitariens (AFCU) s'y emploie très activement et, sur notre site documentaire "La Besace des unitariens" (voir liens) vous pouvez trouver les sommaires et des articles de la revue britannique "The Herald" traduit par Marie-Claire Lefeuvre (à la rubrique The Herald), de même que des documents traduits par Christian Phéline (deux sermons de William Ellery Channing, le fondateur de l'unitarisme américain et deux articles dans des enyclopédies en anglais). Didier Le Roux, sur son site "Unitariens" (voir les liens de l'AFCU), a traduit des extraits d'une lettre de W.E. Channing (1815) et un sermon datant de 1826.

Toutes ces références se trouvent dans le message du 15 juillet "William Ellery Channing traduit en français (suite)".

A noter que le célèbre sermon de W.E. Channing "Le christianisme unitarien", prononcé à Baltimore en 1815, a fait l'objet d'une traduction particulièrement soignée de la part de C. Phéline. La belle langue classique de cette époque, toute en nuances et rebondissements, est en effet particulièrement difficile à traduire ... et à lire ! Bravo au traducteur.

Toutes nos félicitations à nos militants traducteurs.


Dimanche 15 juillet 2007
par Jean-Claude Barbier publié dans : vient de sortir communauté : Religions en toute liberté recommander
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Le mouvement "Actualisation de la Bible" (ACTUEL) organise une session d'études du jeudi 9 au dimanche
12 août, à Raynaude (09290 Le Mas d'Azil), chez Roger Parmentier, sur le thème "Peut-on retrouver le christianisme originale authentique ? Et si oui, comment ? Pourquoi y a-il eu déviation, dénaturation, remplacement ?".

Exposés et discussions le matin, déjeuner pris en commun (7 euros), après-midi libres, repas du soir et logement (7 euros).
 

S'inscrire auprès de R. Parmentier, pasteur ERF retraité, à l'adresse indiquée, ou par téléphone 05 61 69 97 44, courriel : rogerparmentier@wanadoo.fr

Au moment où nos connaissances sur l'histoire des débuts du christianisme s'accélèrent (les Actualités unitariennes se sont faites l'écho des recherches archéologiques récentes - voir notre rubrique "tombeau de Jésus à Talpiot ?" et du livre de James Tabor), cette session tombe à pic.

Par ailleurs, le jeudi 9 août (à 17h), au village voisin de Bordes-sur-Arize, Anne Brenon, historienne et spécialiste du monde cathare, donnera une conférence sur "Historiens d'hier et d'aujourd'hui du catharisme" dans le cadre de l'Association Napoléon Peyrat.


Gravure sur os datant du mésolithique aziléen, 11 000 à 9 000 avant Jésus-Christ (Mas d'Azil, Ariège)

 
 
Lundi 9 juillet 2007
par Jean-Claude Barbier publié dans : agenda communauté : Religions en toute liberté recommander
Les associations et réseaux unitariens sont apolitiques, mais il nous arrive ici, sans entrer dans les débats politiques proprement dit, d'évoquer des comportements qui touchent à l'éthique, à la morale civique. Et puis, nous ne pouvons manquer, sur ces questions, de faire un parallèle entre les partis politiques, les Eglises et d'autres institutions. 

Nos lecteurs l'auront compris, nous sommes (avec acharnement) pour la liberté de conscience au sein d'une société composite, pluraliste dans ses opinions et ses choix, laïque avec intelligence, prenant ses décisions démocratiquement, d'une façon légale, et où personne n'a l'arrogance de détenir à lui seul "La" vérité et de faire des procès d'intention aux autres.

C'est la fin des "pharisiens" !

Afin de regrouper nos articles qui vont en ce sens, nous avons ouvert une nouvelle rubrique : " vive l'inter-convictionnel !" (pas moins de 12 messages jusqu'à présent !). Nous vous en souhaitons une bonne lecture
Vendredi 6 juillet 2007
par Jean-Claude Barbier publié dans : vive l'inter-convictionnel ! communauté : Religions en toute liberté recommander
EcoleElitairePourTous.jpgFace à un Gouvernement français qui recrute les compétences à Droite, au Centre et à Gauche, le Parti socialiste se rétracte comme un hérisson et veut retenir ses élites à coup de menace d’excommunication. Et oui ! les Eglises n’ont pas ce monopole. Jean-Marc Ayrault, président du groupe parlementaire socialiste, traite Jack Lang (quand même ancien ministre de Lionel Jospin et camarade de parti depuis 30 ans) comme un petit garçon à qui on demande d’obéir aux ordres du parti : pas d’aventure individuelle lui dit-il, sinon c’est l’exclusion du groupe (en attendant celle du parti ?). 

un livre de Jack Lang alors qu'il était ministre de l'Education nationale.

Le PS n’a pas le monopole d’encarter solidement et dogmatiquement militants et députés. François Bayrou avait exclu Gilles de Robien de l’UDF sous prétexte qu’il participait au gouvernement d’alors, avant de " suicider " son propre groupe parlementaire entre les deux tours de la présidentielle ! Quant au Parti communiste, il a exclu de ses listes électorales son remuant Maxime Gremetz, mais qui a été cependant réélu haut la main, au nez et à la barbe de son parti !
 

Les députés, élus par le peuple rappelons-le, ne seraient-ils pas assez grands pour analyser une situation politique et voir s’ils peuvent ou non répondre à une proposition de responsabilité gouvernementale ou proche ? Est-ce le tout opposition ? camp contre camp ? avec rectification des traîtres ? L’opposition refusant systématiquement toute responsabilité et se contentant trop souvent de brailler (car braille - démagogique - il y a !) ?

Cela fait vraiment peur de s’encarter dans des partis politiques qui ne respectent pas la liberté la plus élémentaire de conscience.

A quand des partis politiques français qui cesseront de se comporter comme les Eglises d’autrefois avec des directives, des mots d’ordre, des menaces d’exclusion au nom de " la " vérité (à savoir de la pensée unique) et de la solidarité (celle des godillots) ? 

Nos Eglises, pour la plupart, ont su évoluer vers des familles spirituelles, moins dogmatiques, où l’accueil prévaut désormais sur la suspicion. Les partis politiques ne devraient-il pas être d’abord des familles où l’on respecte les engagements des uns et des autres dans le partage d’une tradition, d’une culture, de valeurs … et d’une réelle amitié ?


Faites la société inter-convictionnelle et non la guerre !

Vendredi 6 juillet 2007
par Jean-Claude Barbier publié dans : les dérives sectaires communauté : Religions en toute liberté recommander
le-Temple-de-l-Etoile-en-1874.gifC'est l'appel lancé ce dimanche 1er juillet par le pasteur Louis Pernot de la paroisse ERF de l'Etoile lors d'une prédication radio retransmise sur France-Culture à 20h 30. 

le temple de l'Etoile en 1874, vu sur le site de la paroisse.

Il y a plusieurs demeures dans le Royaume, nous dit-il, ni plus ni moins chrétiennes les unes que les autres, et les unitariens peuvent fort bien cohabiter avec les autres étant entendu que les Evangiles sont beaucoup moins rigides dans leurs expressions théologiques que le dogme, bien tardif (IV° siècle), de la Trinité.  Rien à voir d'ailleurs entre les styles !

 Du moins est-ce que nous avons cru comprendre à la lecture de cette très belle et très sensible méditation que nous avons reproduite en son intégralité, avec l'autorisation de son auteur, sur notre site documentaire La besace des unitariens  
http://labesacedesunitariens.over-blog.com


ndlr
: Le titre est de notre composition.
Jeudi 5 juillet 2007
par Jean-Claude Barbier publié dans : les protestantismes communauté : Religions en toute liberté recommander
La Correspondance unitarienne du mois de juillet est arrivée !

n° 69, juillet 2007 – " Le soufisme ou la fin d’un temps " par Hassan Aslafy. 

Informations
 : 

- le groupe de discussion " Unitariens francophones " ; 
- " Religions en liberté ", une communauté de blogs ; 
- " Itinéraires spirituels 
" dans la série des Cahiers Michel Servet

Libres propos : " Être ", Hazrat Inayat Khan (1882-1927). 

voir sur le site Profils de libertés  ou sur La Besace des unitariens (rubrique Correspondance unitarienne) la liste complète de nos bulletins depuis octobre 2002.

Plusieurs bulletins ont déjà été consacrés au soufisme : 

n° 33, juillet 2004 : " Le soufisme dans la vie quotidienne, un enseignement de Hazrat Inayat Khan (1882-1927)"

n° 47 septembre 2005 : " Le Christ d’après un mystique soufi ", Hazrat Inayat Khan (extraits), texte envoyé au réseau par Michel Guillaume

n° 67, mai 2007 : " Le soufisme et l’unitarisme, convergences et différences ", Sophie Gloor

Mercredi 4 juillet 2007
publié dans : vient de sortir communauté : Religions en toute liberté recommander
L'Association Ephata poursuit ses activités à Quimper : conférences-débats, soirées de poésie, retraites et séminaires, etc. Issue de la mouvance des Amis de Marcel Légaut, elle fait venir des intervenants de qualité, pour la plupart ayant écrit des ouvrages qui nous ont interpellés. 

Vous trouverez son programme 1997 / 1998 dans notre " Agenda à l'usage des unitariens et de leurs sympathisants " (rubrique Agenda).

Dans une circulaire, elle fait part de son projet d'une Maison de silence, ce qui nous a fait penser à la Société des Amis qui, depuis le 17ème siècle, pratique des cultes avec de longues méditations silencieuses. Comme quoi les courants spirituels se rejoignent toujours à un moment ou à un autre. 

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vue sur la plate-forme d'Over-blog

" Là où deux ou trois ..." : Nous ne pourrions conclure notre premier Programme sans vous confier notre rêve, notre désir, notre projet : celui de créer, animer, faire vivre, une " Maison du silence " , notre langue commune à tous ! Une de ces " communautés de vie " chères à Marcel Légaut. Un lieu, un espace, une Maison, où l’œcuménisme spirituel aurait sa place, où le dialogue inter-religieux serait de mise. Nous vous confions ce désir là, ce voeu : vous êtes notre oreille , notre relais. Nous restons actifs, confiants et patients, nous sommes à l’écoute de vos propositions ... " 

Et pour la bonne bouche, une citation de Philippe Mac Léod :
" Nous confondons souvent le psychique et le spirituel . La sérénité, la détente, le bien - être sont des résultats appréciables, mais l’âme reste hors d’atteinte . Le psychique ne dépassera jamais la thérapie, qui n’a qu’un but : le mieux - être . Le spirituel, lui, nous travaille dans une perspective radicalement différente : le plus - être . Par une croissance purement qualitative : il faut qu’il grandisse et que je diminue".

Merci à nos amis d'Ephata pour ce moment de spiritualité.

Association " EPHATA" 17 rue de la Prairie 29000 Quimper, tél. 02 98 55 50 29, courriel : centre.ephata@voila.fr, 

Le but de l'association est d' accompagner l’Etre humain sur le chemin de la Vie, par l’étude des sciences humaines et des traditions spirituelles .
 

Mercredi 4 juillet 2007
par Jean-Claude Barbier publié dans : agenda communauté : Religions en toute liberté recommander

vue de profil du tombeau supposé de Jésus et de sa famille, à Talpiot, par l'archéologue israëlien Shimon Gibson ; en bas, le symbole à l'entrée, placé en fronton (un chevron avec un point en son centre) - peut-être le premier symbole des judéo-chrétiens.

 

le-tombeau-familial-de-J--sus--coupe-de-profil.JPG

Mardi 3 juillet 2007
par Jean-Claude Barbier publié dans : le tombeau de Jésus communauté : Religions en toute liberté recommander
Nous sommes bien loin de l'histoire romancée du Da Vinci Code. Nous voici, avec des documents de base, en pleine archéologie, méticuleuse, mesurante, descriptive, avec dessins, plans et photos pour conserver  les moindre détails. Nous entrons dans ce tombeau qui est supposé être celui (le définitif) de Jésus et des membres de sa famille. 

La clef d'entrée (pas facile à trouver par les temps qui courent par suite de l'avalanches de textes lorsque l'on tape "Talpiot" sur un moteur de recherche !)  :
http://dsc.discovery.com/convergence/tomb/explore/media/tomb_evidence.pdf

Vous y trouverez le plan du tombeau, vues de haut et de profil, avec sa salle centrale et ses 6 niches latérales pour y loger les ossuaires, réalisé par l'archéologue israëlien Shimon Gibson lors de l'excavation du tombeau en 1980, un plan numéroté 938 ;

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le plan de la tombe dressé par Shimon Gibson en mars-avril 1980, à Talpiot, la vue d'en haut.

Les inscriptions sur  les ossuaires en hébreu, en araméen ou grec, dans un article de L. Y. Rahmani paru en 1994 dans un catalogue d'ossuaires : "A Catalogue of Jewish Ossuaires", Collections of the State of Israël

et les photos des ossuaires dans un article d'Amos Kloner "A Tomb with inscribed ossuaries in East Talpiyot, Jérusalem" paru dans 'Atiquot (Jérusalem), vol. 29 (1996), pp. 15-23.

Mardi 3 juillet 2007
par Jean-Claude Barbier publié dans : le tombeau de Jésus communauté : Religions en toute liberté recommander
Juin 2007, La Véritable Histoire de Jésus  ; une enquête scientifique et historique sur l'homme et sa lignée", par James D. Tabor, aux éditions Robert Laffont (Paris), traduit de l’anglais (États-Unis) par Bernard Cohen, 352 p., 20 euros.

Le pasteur Simon Sire a attiré notre attention sur la sortie et l'intérêt de cet ouvrage.  Nous reproduisons ici le texte de présentation de l’éditeur :

La-v--ritable-histoire-de-J--sus.JPGEt si Jésus avait surtout été un révolutionnaire politique ? Et si l’Église chrétienne avait confisqué cette figure historique afin d’élaborer une nouvelle religion sans rapport avec le projet premier du Christ ?

Jésus se voyait avant tout comme le Messie, c’est-à-dire le descendant de la maison royale de David. En retraçant l’histoire de l’homme Jésus, James Tabor, spécialiste reconnu des religions archaïques, contredit sérieusement un certain nombre de dogmes du christianisme. Il montre comment un mouvement religieux considéré comme dissident à l’époque – le christianisme – a pu s’imposer au détriment du projet initial de Jésus. Et il dessine sous nos yeux l’image d’un Christ très humain, l’aîné d’une nombreuse fratrie, à la tête d’une véritable dynastie, rejoignant Jean-Baptiste autour d’un projet messianique, enrôlant dans son mouvement ses quatre frères dont trois reprendront le flambeau après sa mort. Leur objectif principal ? Conduire le peuple juif à sa rédemption politique, sociale et spirituelle. Alors pourquoi et comment cet aspect de l’histoire a-t-il été gommé ? 

James D. Tabor retrace dans cet ouvrage son audacieuse et fascinante enquête. Best-seller aux États-Unis, ce livre, fruit de vingt-cinq ans de recherches scientifiques, transforme radicalement notre vision d’un des moments les plus cruciaux de l’Histoire.

Biographie de l'auteur :

James D. Tabor dirige le département d’études religieuses à l’université de Caroline du Nord, dans la ville de Charlotte. Il y enseigne depuis 1989 après avoir occupé différents postes dans d’autres universités, dont la prestigieuse université catholique Notre-Dame. Ce professeur haut en couleur est un personnage de roman au sens propre puisque Kathy Reichs s’est inspirée de lui pour élaborer la figure de Jake Drum, l’archéologue spécialiste des religions, conseiller de Temperance Brennan dans son dernier roman, À Tombeau ouvert, qui paraît simultanément aux Éditions Robert Laffont.

Mardi 3 juillet 2007
par éditions Robert Laffont publié dans : vient de sortir communauté : Religions en toute liberté recommander
La séparation de l’Etat et des acteurs religieux est une nécessité pour tout Etat démocratique du monde entier qui veut se défaire des emprises cléricales. En cela, la France est redevable du combat des francs-maçons et des radicaux contre l’Eglise catholique qui étouffait notre société. Depuis, on respire mieux !

Mais maintenant que cette Eglise catholique romaine ne représente plus un danger et que ses propres membres sont tout à fait acquis à la laïcité, ne serait-il pas temps de passer à une autre étape ?

Au face à face entre Etat et Eglise (qui confisquait la société civile) s’est en effet substitué un autre mode de fonctionnement de l’Etat où celui-ci rencontre les organes constitués (partis politiques, syndicats professionnels, etc.), mais aussi les Ong, les associations à commencer par celles qui sont classées d’utilité publique, etc. Dès lors, la consultation des acteurs religieux, voir même d’une Eglise particulière, entre dans ce cadre d’une concertation nécessaire d’un gouvernement qui veut exercer le pouvoir de connivence avec le peuple (et ses diverses composantes et sensibilités). 

En ce sens, Lionel Jospin avait ainsi inauguré des consultations régulières avec les grandes confessions existantes en France. Le projet de constitution européenne prévoyait aussi la même chose au niveau européen.

Mieux, à l’initiative du Réseau européen Eglises et libertés (mouvance catholique libérale dont fait partie la Fédération des réseaux du Parvis), le Conseil de l'Europe soutient une prochaine conférence à Strasbourg où des associations veulent faire entendre des voix alternatives ne passant plus par le canal obligé des hiérarchies. 

Voir notre article précédent du 16 juin 07 "Vivre ensemble en Europe au sein de sociétés convictionnelles", rubrique "Pour un catholicisme libéral".

Marianne-2007-vue-sur-le-blog-georgepau-langevin--Over-blog.JPGMarianne 2007, vue sur le blog georgepau-langevin, de la plateforme d'Over-blog.

Au-delà des corps constitués (qui ont à garder toute leur importance), c’est bien la société convictionnelle elle même, dans sa partie la plus fluide mais aussi la plus imaginative, qu’il s’agit d’écouter.

Paradoxe de notre société française : dès lors que cette idée d’une laïcité ouverte a été émise plutôt au sein de la Droite, notre Gauche s’érige en défenderesse de la laïcité (" traditionnelle "), alors même que des associations, disons plutôt de Gauche, réclament à juste titre de faire entendre leur alternativité.

Ne serait-il pas plus simple d’admettre que, dans une société civile, les décideurs de toute sorte se doivent d’établir des contacts le plus largement possible afin de tenir compte des diverses sensibilités et de prendre leur décision d’une façon la plus consensuelle possible, bien au-delà de nos divisions héritées du passé. 

Bref, une laïcité souriante, sûre d’elle-même et rassembleuse, et non point ombrageuse et suspicieuse.

Dimanche 1 juillet 2007
par Jean-Claude Barbier publié dans :