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RUFF Pierre-Jean, 2007 – Tous exorcistes ; notre pouvoir sur le Mal. Nîmes, éditions Lacour, 143 p., 15 euros (peut être commandé en ligne).


Tous-exorcistes.jpgLe Diable soutient la vasque contenant l'eau bénite, église de Rennes-le-château (Aude), photo Ghislaine Maresquier


Le Mal, le ou les démons, le diable, l’enfer et les peines éternelles, le péché originel, la culpabilité, la prière et son pouvoir, le providence, l’action de Dieu dans le monde, l’exorcisme : ce sont là autant de réalités avec lesquelles la plupart des croyants sont loin d’être au clair, surfant de l’une à l’autre sans trop savoir, et parfois sans trop y croire.


Sans vision, on ne broie que du vent ! Qui est Dieu pour nous ? Que représente concrètement son amour ? Que veut-il et que fait-il avec nous ?


Le combat avec Dieu et contre les forces du Mal exige au préalable un regard clair – une théologie – et sur Dieu et sur le Mal. Sans cela, nous restons de piètres amateurs du religieux, du moral et du social. L’exorcisme, pourvu que l’on démocratise cette notion, est l’expression de ce combat.


L’exorcisme doit donc être le fait de tous. Il n’est pas le domaine réservé de quelques uns, les prêtres diocésains catholiques affectés à cette fonction ou seulement ceux qui auraient reçu un don spécial pour cela, don reconnu par les communautés chrétiennes pentecôtistes ou charismatiques.


Etre soi-même, aimer, à la fois interpelle les autres et les aide vers un mieux être, donc exorcise.


Pierre-Jean Ruff, pasteur ERF à la retraite, est conseiller honoraire de l’Assemblée fraternelle des chrétiens unitariens (AFCU)

Vendredi 21 décembre 2007
par ¨Pierre-Jean Ruff publié dans : vient de sortir communauté : Religions en toute liberté recommander

undefinedPriorité aux plus anciens documents, ce qui est une règle d’or pour tous les historiens du monde entier fussent-ils musulmans. C’est donc la Bible par ordre chronologique. Le Coran n’en est qu’un décalque, plusieurs siècles plus tard, pour maints passages dont celui d’Abraham qui s’apprête à trucider son fils unique dont il avait pourtant tant attendu la naissance (Genèse, 22, 1-18 ; sourate XXXVII, 102-103).


Les différences fourmillent dans les détails : il y a l’inversion entre Isaac (ancêtre éponyme des Israélites) et Ismaël (celui des Arabes), le reçu du message céleste (en direct pour la Bible, " en rêve " pour le Coran : " je me suis vu en rêve t’égorger " dira le naïf Abraham à son benêt de fils), le mode de sacrifice (le brûlage sur un tas de fagots de bois selon le rituel de l’holocauste juive ; par simple égorgement, sans doute en tranchant la carotide, pour le pauvre Ismaël qui aide son père jusqu’au bout en connaissance de cause).


Mais le Coran reste tout à fait fidèle au sens global du texte d’origine : Abraham est bel et bien récompensé pour son obéissance, pour sa soumission, pour son jusqu’au-boutisme qui est un modèle de sentiment fanatique.


Plus récent que la Bible, le Coran n’en prend pas moins sa revanche par une botte secrète dont les spadassins religieux ont seuls le secret : l’original est au ciel (Platon n’aurait pas désavoué), auprès de Dieu archiviste – eh oui, il suffisait d’y penser -, si bien que la Bible n’en est qu’une bien pâle copie – en plus dévoyée par les Juifs et les chrétiens, et bing ! – ainsi que les traductions (re-bing !) puisque seule l’arabe est la langue des anges (tant pis pour nos grands orientalistes comme Jacques Berque, tout professeur honoraire qu’il fut au Collège de France). C’est imparable et l'on ne peut que rester bouche bée !


Dieu merci, les soufi ont préféré la poésie à la rhétorique, la méditation au bavardage métaphysique, la spiritualité à la religion, l’approche de Dieu qui est et non pas la répétition (obéissante et soumise) de ce qu’Il aurait dit selon certains écrits, l’amour aux malédictions, le cheminement aux grandes certitudes idéologiques, l’humilité aux discours des prêcheurs. Pour eux, les corpus religieux ne sont que des béquilles pour apprendre à marcher, mais qu’on lâche ensuite pour s’engager dans une relation plus personnelle et intime avec Dieu.


Alors que devons nous faire de nos vieux parchemins ? Les lire bien entendu, d’autant plus qu’ils recèlent d’admirables textes, mais surtout ne pas les idolâtrer car, c’est le Premier testament qui le dit, " tu n’adoreras pas des œuvres faites de main d’homme ". Qu’on se le dise : aimer et admirer n’est pas idolâtrer !

Jeudi 20 décembre 2007
par Jean-Claude Barbier publié dans : les dérives sectaires communauté : Religions en toute liberté recommander
Dès qu’on parle de sacré, de tradition, de religion, de Dieu qui a dit que, Dame Raison est priée de s’éclipser et l’esprit critique de baisser la garde, si bien que tout est permis aux envoyés de Dieu ! Dans ces conditions, la surenchère aidant (en religion comme en politique), des dévots bornés en intelligence des textes mais malins dans la manipulation des âmes connaissent le succès avec des discours aberrants, anachroniques, fanatiques (à commencer par le niveau de l’oral).


Il est également de bon ton, à l’heure de l’œcuménisme et de l’inter religieux de respecter les fêtes, les us et coutumes des autres corpus religieux. Comme par exemple en ce moment, la fête du mouton des musulmans.


Or de quoi s’agit-il précisément ?


undefinedle sacrifice d'Abraham (version chrétienne)

Muhammad a récupéré de la Bible cette histoire d’Abraham où celui-ci, ayant entendu l’injonction divine d’aller sacrifier son fils unique n’hésite pas une seconde à passer aux actes (eh oui ! ne doit-on pas offrir les prémices à Dieu). Le Coran accentue la " soumission " en faisant du fils une victime consentante.

Le père : " Mon enfant je me suis vu en rêve t’égorger. Examine quel parti prendre "

Le fils : " Père, faites ce dont vous avez reçu commandement. Vous me trouverez, si Dieu veut, patient entre tous "

Ayant ainsi tous deux manifesté leur soumission, il le jeta à terre sur la tempe " (sourate XXXVII, 102-103).


En droit moderne, cela s’appelle ni plus ni moins un appel au meurtre de la part de Dieu, un passage à l’acte pour Abraham (mais qui bénéficiera peut-être, après examen par les psychiatres, d’une non-responsabilité du fait de délire religieux), et un abus de confiance vis-à-vis d’un fils benêt qui est encore sous influence de ses parents.


En fait, l’histoire – biblique dans ses origines (Genèse, 22, 1-18) – est tout simplement un récit mythique, tiré des traditions hébraïques de la région d’Hébron, qui fonde l’interdiction pour les nomades Hébreux qui sont en cours de sédentarisation dans les villages cananéens d’imiter ces citadins qui pratiquaient les sacrifices humains. Yahvé, au dernier moment, désigne un bélier qui s’était empêtré les cornes dans un buisson … C’est un bel happy end. 


Désormais, il nous faut sacrifier nos amis les bêtes et non plus nos frères humains ! La leçon est claire et nette.


Mais nos braves dévots des religions abrahamiques lisent le récit au premier degré, comme si Dieu parlait en direct aux hommes, ou du moins à certains d’entre eux, comme si Abraham était une figure historique ayant réellement existée, comme si les genres littéraires de la Bible s’uniformisaient tous en devenant autant de " paroles de Dieu ", comme si les exégètes modernes avaient salivé en vain.


Car c’est ainsi que la grande majorité des croyants apprennent à lire leurs écritures dites sacrées et que les clergés, même lorsqu’ils ont fait des études modernes, continuent d’enseigner afin que leurs ouailles, argumentent-ils avec une bonne dose d'hypocrisie, ne perdent pas la foi. Comme quoi tous les moyens sont bons pour entretenir la crédulité (la " soumission ") des fidèles.


Comment peut-on célébrer un Dieu pervers qui ne cesse d’asticoter * ses créatures en leur envoyant des épidémies, des catastrophes climatiques, des hordes d’ennemies pour les massacrer ? Comment peut-on parler de foi à propos d’un meurtre (ou du moins, en terme juridique car l’intention y était, d’une tentative de), d’un infanticide, d’un acte de fanatisme religieux ?

* en langage religieux bcbg on dit " éprouver " " sonder les cœurs et les reins " ; le Dieu révélé par le Coran précise à propos de l’histoire précédente " Ce n’était là qu’épreuve d’élucidation ", (traduction Jacques Berque, sourate citée, verset 106). Grand merci au Dieu pédagogue des monothéismes de prendre la patience de nous rectifier ainsi !


Ne célébrons pas n’importe quoi ! que ce soit pour nos fêtes traditionnelles, religieuses ou politiques. Exigeons que ces fêtes aient du sens, fassent sens au sein de nos sociétés démocratiques où le partage entre identités et la contribution à l’universel sont encouragés.

Jeudi 20 décembre 2007
par Jean-Claude Barbier publié dans : l'islam communauté : Religions en toute liberté recommander
Charles Rittmeyer (1918-2002), pasteur de l’Eglise évangélique réformée du canton de Vaud  (EERV), exclu de sa charge pastorale de la paroisse Sainte-Croix dans le Nord Vaudois, en 1955, pour innovation religieuse, ne s’est jamais rattaché à un courant.


Découvrant (en 1943) un Jésus très différent de celui enseigné par les Eglises chrétiennes, il ne s’inscrit pas pour autant dans le courant du protestantisme libéral qui pourtant est sensible aux avancées de l’exégèse scientifique et à la figure historique de Jésus et qui est bien présent à Genève par une Union protestante libérale et à l’université de Lausanne au sein du corps professoral (il cite d’ailleurs les travaux de Frédéric Amsler sur la source Quelle). On soupçonne que le doyen de la faculté de théologie de Genève, qui le soutiendra sans faillir, appartient à cette tradition, également les 16 pasteurs et théologiens qui s’engagent dans un avis aux lecteurs en entête de son opuscule de 1958 relatif à Jésus. Mais, lui n’en dit rien explicitement, même s’il cite Alexandre Vinet.


De même, nonobstant ses citations des logions de l’évangile de Thomas, il ne parle pas du christianisme gnostique.


Son rejet des dogmes, dont il rend Paul responsable de leur élaboration, ne l’invite pas pour autant à adhérer à la théologie unitarienne. Pourtant, pour lui, Jésus n’est nullement Dieu mais simplement un maître de sagesse.


Seule son adhésion à la franc-maçonnerie transparaît dans un fils d’Ariane qui va du pharaon Akhénaton (le supposé premier monothéiste connu), à Moïse (qui en serait l’héritier spirituel), aux Hébreux (qui auraient brouillé la piste avec un Dieu tribal et non plus universel, du nom de Yahvé), aux Esséniens (qui maintiennent la continuité avec Moïse), à Jésus (qui proclame que chacun peut trouver en lui le Dieu universel).


Charles Rittmeyer se voulait d’esprit scientifique – et il l’était effectivement en sa qualité d’ingénieur géomètre. Son biographe, Robert Nicole (2002), pense que cela a contribué au heurt avec le corps pastoral du canton de Vaud qui, lui, était de formation littéraire. Mais pourquoi cette non référence aux courants théologiques, comme si la chrétienté n’avait qu’une seule voix ?


Est-ce parce qu’une majorité de protestants, chemin faisant, auraient tout simplement oublié la liberté de pensée tant proclamée au XVIème siècle, et se retrouvent dans un conformisme religieux des plus anachroniques, au sein d’Eglises de chrétienté ni plus ni moins conservatrices que celles des catholiques ou des orthodoxes, d’où n’émergent plus aucun courant de pensée … bref, une Réforme qui aurait été faite en vain. Vanité des vanités pourrait dire le Qohelet !


Alors qu’on n’avait strictement rien à lui reprocher quant à sa charge pastorale, Charles Rittmeyer fut viré pour ses seules idées (et sans doute aussi pour son enthousiasme) ! Il faudra bien qu’un jour les autorités synodales de cette Eglise s’en expliquent, rouvrent le procès, car cela fait manifestement tâche à l’heure où les mentalités ont évolué plutôt en faveur de l’exclu.


Ou bien on est pour la liberté de conscience et de pensée, la liberté de comprendre les évangiles et la Bible, ou bien on déclare que la tradition protestante n’a été qu’une étape de la pensée humaine, limitée dans le temps et l’histoire, et qu’on s’assoie maintenant dessus. 


Braves Eglises, révolutionnaires en leur temps, mais qui, en définitive, n’ont guère fait mieux que les anciennes ... sans doute, patinées qu’elles furent à leur tour par les compromis. Déjà Michel Servet en avait fait les frais, dès 1553, à une époque où l’on n’hésitait pas à mettre les hérétiques sur le bûcher avec justification théologique à l’appui (J. Calvin s’en chargera avec éloquence).


Alors, Charles Rittmeyer fut-il un loup solitaire ? Un innovateur individuel de la trempe d’un Frédéric Nietzsche (Ainsi parlait Zarathoustra, est publié en 1969 par les éditions Aubier) ... et de Jésus qu’il admirait tous les deux pour leur force de caractère et leur vision positive des capacités de l’homme (non écrasé par le péché contrairement au postulat de départ calviniste).


C’est du côté des connaissances scientifiques qu’il continue résolument ses recherches : Freud (Moïse et le monothéisme), Teilhard de Chardin (le Phénomène humain est publié en 1955), Jacques Monod (Le hasard et la nécessité, 1970 – notamment l’ éthique de la connaissance), Jean Rostand, Hubert Reeves (Patience dans l’azur, éd. Du Seuil, 1981 ; L’heure de s’enivrer, Seuil, 1992), Albert Jacquard (Voici le temps du monde fini, Seuil 1991 ; La Légende de la vie, Flammarion 1992).


Un pasteur qui tient compte des connaissances scientifiques : la prodigieuse évolution des espèces dont les humains sont le fleuron, l’homme faisant partie d’un environnement, le destin de notre humanité lié à celui du cosmos.


Evangile--Saint-Esprit.jpgLe baptême de Jésus en constitue magnifiquement le langage symbolique (le pasteur ne croyait pas aux miracles) : les cieux s’ouvrent ; la colombe venue d’en haut relie Jésus à Dieu ... Pour Charles Rittmeyer ce sont là "les perspectives infinies offertes aux investigations de l’esprit libéré des croyances superstitieuses".


Il pourra dire à la fin de sa vie " j’ai perdu la foi ", à savoir les croyances religieuses qui nous encombrent. 


Alors, dans ces conditions, perdons tous la foi !

Mardi 18 décembre 2007
par Jean-Claude Barbier publié dans : les protestantismes communauté : Religions en toute liberté recommander
Dissuadé d’une tentative de suicide existentielle par deux passants, le jeune Charles Rittmeyer se lance dans l’étude des évangiles pour connaître Jésus. Il y découvre une figure très différente de ce qu’enseignent les Eglises chrétiennes. Il y rencontre un maître de sagesse, dont l’enseignement demeure toujours actuel car il a eu la prescience d’une vérité objective et universelle.


L’un de ses disciples, Robert Nicole, dans un livre biographique qu’il vient d’écrire sur ce pasteur atypique, s’adresse aux non croyants : " Au nom de Jésus, nombre de lecteurs refermeront ce livre, tant ce nom a été galvaudé. Ils auront tort : les athées, agnostiques et assoiffés de vérité y rencontreront un Jésus humain, qui n’a rien à voir avec le personnage façonné par les Eglises, avec l’Homme-Dieu né de la vierge Marie, le Fils unique de Dieu, le Messie, le Rédempteur ou encore l’Agneau du sacrifice ".


et il poursuit en ces termes : 

" Le Jésus, que Charles Rittmeyer nous révèle, est un homme, un remarquable penseur, un précurseur étonnant, à mettre sur le rayon des Euclide, Epicure, Socrate, Spinoza et autres Descartes. Un Jésus rationnel, fin observateur des réalités terrestres, sage parmi les sages qui, bousculant les fadaises distillées par les religieux de son temps, paya probablement de sa vie sa recherche de la vérité et sa grande lucidité " (p. 5).


NICOLE Robert, 2007 (septembre) – Jésus, ce maître de sagesse méconnu. La vie et l’œuvre de Charles Rittmeyer, ingénieur géomètre et licencié en théologie. Suisse, Editions à la Carte, 101 p.

 

Charles-H.-Rittemeyer.jpg


Charles H. Rittmeyer le 27 février 1991 à la Tour de Peilz lors du tournage d'un entretien, 
Films plans fixes.



Nous sommes dans les années sombres de la Seconde guerre mondiale, lorsque le Mal semble établir son règne. Le 12 décembre 1942, Charles a 24 ans et veut se suicider par état d’âme existentiel. Les passants qui le sauvent lui parlent de Jésus. Il abandonne alors ses études d’ingénierie rurale (bien qu’il soit à la veille d’un examen prometteur pour lui) afin de découvrir la vérité sur ce Jésus en entrant à la faculté de théologie de Genève. Il bénéficie de la sympathie du doyen, le professeur Lemaître, émerveillé par un étudiant si passionné, mais se heurte vite à l’opposition de plusieurs de ses professeurs.


Il exprime ses idées mais se retrouve, à cause de cela, interné en psychiatrie à l’instigation de son grand-père maternel, pasteur à la retraite de l’Eglise libre (la partie de l’Eglise du canton de Vaud qui refusa la révolution radicale de 1847), et qui ne badinait pas avec l’orthodoxie. Il en ressort après avoir compris que pour faire connaître ses idées, il lui fallait d’abord être prudent et devenir pasteur en bonne et dûe forme. 


Il soutint une thèse au printemps 1948 " La vocation spirituelle de l’homme, d’après le physicien et biologistes français Lecompte du Noüy, et l’enseignement de Jésus ". Puis, grâce au suffrage des villageois, il trouve place pasteur à Sainte-Croix, dans le canton de Vaud, là où son père s’était installé en automne 1918 durant la sévère grippe espagnole.


Marié, apprécié dans son travail pastoral, écouté avec intérêt par la fraction progressiste de ce village industriel du Jura qui est un tantinet frondeur, Charles commet l’imprudence de réagir à des feuilles de catéchèse envoyées par son Eglise aux " écoles du dimanche ". Mal lui en pris car une partie de ses collègues se retournent contre lui ; et, au terme d’un procès devant le conseil synodal (qui monte jusqu’aux autorités de l’Etat cantonal puisque nous sommes dans le cadre d’une Eglise " officielle "), il se retrouve ni plus ni moins viré pour ses idées.


Il s’est justifié de ses idées dans deux opuscules : " La pensée évolutionniste de Jésus, ses incidences sur la vie de l’esprit et le comportement humain " (1953) ; " Exploration de la pensée de Jésus " (1958).


Charles Rittmeyer est un scientifique. Il est ingénieur géomètre diplômé de Lausanne. Il applique à l’étude des évangiles la méthode cartésienne en écartant tout ce qu’on a pu lui apprendre sur ce sujet, puis celle des psychologues qui procèdent par association d’idées : " Il groupa tous les termes se rapportant à un même sujet, par exemple l’enfant, la vigne, le royaume de Dieu, et tenta de les placer de manière à constituer un tout cohérent " (Nicole, p. 15). A partir des propos de Jésus rapportés par les évangiles – et bien avant que Frédéric Amsler ne vulgarise la source Quelle – il se lance, en 1943, peu après être rentré à la Faculté de théologie, dans la reconstitution d’un véritable puzzle.


C’est la découverte enthousiaste : " L’application de la méthode psychologique, par le jeu des associations d’idées, fut foudroyante. Les lignes directrices de la pensée de Jésus surgirent, telles des nervures autour desquelles la feuille allait se reconstituer. En quelques heures, j’avais assisté à l’effondrement intégral de la tradition chrétienne " (Charles Rittmeyer, cité p. 15).


En plus, il a appris le latin et le grec au collège secondaire (avant 16 ans) ; il s’y remet pour les besoins de ses études de théologie ; ce qui lui permet de rectifier des passages qui ne lui semblent pas avoir été bien traduits. Cela ajoute à son approche novatrice de l’enseignement de Jésus.


Le discours est didactique, emprunte volontiers la démonstration des mathématiciens, s’appuie sur les paraboles de Jésus et sur des faits qui ont, selon lui, valeur symbolique et non pas concrète. Son adhésion à la franc-maçonnerie l’encourage à un développement individuel et spirituel de la personne, vers l’Esprit. Jésus est un éveilleur de notre conscience ; il nous montre un chemin de changement, de rupture, vers la lumière de la Vérité. Nous trouvons Dieu en nous, également autour de nous, dans la Nature, dans le cosmos. Le cheminement est tout à fait gnostique et se réfère aux logions de l’évangile de Thomas.


Soutenu par sa femme, qui exerce le métier de laborantine, également financièrement par ses amis, réunis au sein du Fonds pour les Activités du pasteur Ch. Rittmeyer (FAR), il consacre son existence à faire des conférences afin de propager ses idées. Celles-ci sont disponibles en 10 DVD. Le FAR publie également une revue trimestrielle, " Evoluer " (15,00 euros l’abonnement annuel)


Pour contact : " Evoluer ", case postale CH-1401 Yverdon-les-Bains,
journal@evoluer.ch

Mardi 18 décembre 2007
par Jean-Claude Barbier publié dans : vient de sortir communauté : Religions en toute liberté recommander

Les nouveautés sur les blogs sont immédiatement consultables puisque les messages s’empilent chronologiquement, selon la date de leur publication. Il suffit ensuite de rechercher, dans la pile de documents ainsi entassés, grâce à des outils qui sont mis à notre disposition. 


Il y a d’abord les catégories (que nous avons renommées " rubriques " pour nos propres blogs), mais aussi un archivage par mois, et, le must, un calendrier où le visiteur peut dénicher les messages d’un jour précis. Pour plus de facilité, ceux qui sont inscrits à la Newsletter reçoivent chaque nouveau message dans leur boîte électronique.


Les sites, quant à eux, présentent toutes les entrées sur leur page d’accueil, comme un éventail. Mais il sont alors obligés d’attirer l’attention sur les nouveautés par une entrée qui clignote (du genre " new ") ou bien par un placard bien mis en évidence. A chaque architecture ses avantages et ses inconvénients. Nous en avons déjà parlé.


Mais là où le blog a un avantage certain sur le site, c’est que son succès est lié précisément à ces nouveautés. Il excite la curiosité, il fidélise ses visiteurs, il colle à l’actualité, il s’illustre de photos à chaque message, il adopte un ton plus personnel, moins " officiel ", moins " langue de bois ".

Dordrecht--27-octobre-07--vitrine--famille-hollandaise--PA270966.JPG
famille néerlandaise vue dans une vitrine à Dordrecht,
 
photo Jean-Claude Barbier



A l’opposé du blog, nous avons le site-vitrine qui présente une fois pour toute sa marchandise. 


Il a été fait ponctuellement par un webmestre professionnel ou un militant bénévole. 


Il est là pour signaler l’existence d’un mouvement, d’une organisation, d’une communauté, etc., mais il n’a pas prévu d’actualisation : compte-rendu des activités, nouveaux textes, agenda, etc.  Point de nouveauté et le visiteur se lasse d'aller le voir en faisant le constat que "çà n'a pas l'air d'être bien actif" - eh oui ! la Toile visualise l'activité et pas seulement l'existence nominative.


Parfois le mouvement a cessé toute activité depuis belle lurette, mais son fossile demeure et s’ouvre encore à la curiosité des internautes. La Toile commence ainsi à avoir ses antiquités ; parmi elles, de très beaux sites riches en documentation, mais parfois aussi des sites-vitrines qui font croire, encore, à l’existence des fantômes ...

Samedi 15 décembre 2007
par Jean-Claude Barbier publié dans : la culture Internet communauté : Religions en toute liberté recommander
n--o-paganisme--le-sapin-de-No--l.jpgQue vous fêtiez le solstice d’hiver, l’arbre de Noël, la crèche aux santons, l’Incarnation d’un Dieu qui sauve, une naissance miraculeuse, ou tout simplement la naissance de Jésus, les chrétiens unitariens vous souhaitent un joyeux Noël, à vous, à votre famille et aux communautés que vous fréquentez.


Pour votre Noël 2007, la Correspondance unitarienne vous a trouvé un poème qui parle d’Arthur Rimbaud et de Victor Hugo et bien entendu de " l’Enfant ". Son bulletin du mois de décembre a été mis en ligne par La Besace des unitariens.




Nous vous invitons aussi à lire nos Noël antérieurs 
sur le site " 
Profils de libertés " 


n° 62, décembre 2006
, " Unité ; selon l’apôtre Jean, Jésus a prié pour l’unité de ceux qui croient en lui " par Thierry Moralès

n° 50, décembre 2005, " Du Christ à Jésus ", par Michel Benoît

n°38, décembre 2004, " Marthe, Marie et les autres ", par Jean-Marie Mellet-Guy, aumônier national catholique des Scouts et Guides de France

n°26, décembre 2003, " Jésus, fils de Joseph et de Marie", par Ernest Winstein, président de l’Union protestante libérale (UPL) de Strasbourg

n°11, décembre 2002, " Noël : faisons la fête en lisant la Bible avec attention ! ", par Jean-Claude Barbier

Lundi 10 décembre 2007
par Jean-Claude Barbier publié dans : agenda communauté : Religions en toute liberté recommander

PERSPECTIVES POUR UN CATHOLICISME RENOUVELÉ

Inquiète du virage qui s’effectue dans l’Eglise catholique par les orientations et décisions prises par le Pape Benoît XVI en rupture avec l’esprit du Concile Vatican II, l’association Chrétiens sans Frontières 95, membre de la fédération Réseaux du Parvis, invite les chrétiens à entrer en résistance en utilisant les moyens les plus efficaces pour être entendus de l’ensemble des chrétiens et des autorités religieuses.

En dénonçant

Toutes formes d’intégrisme, de fanatisme. 
Toute atteinte à la liberté de penser, d’écrire, de prier, d’aimer. 
Toutes formes d’autoritarisme et tout abus de pouvoir de la part de ceux et celles qui exercent des responsabilités. 
Toute discrimination de caractère culturel ou sexuel. 

En proposant 

de vivre selon l’esprit du Concile Vatican II et de l’Evangile :

En accueillant 

avec intérêt, curiosité, sympathie et bienveillance la pensée et la vie des femmes et des hommes d’aujourd’hui sans jamais se départir d’un sain esprit critique à la lumière du message évangélique.

En invitant 

chacun/e à prendre ses responsabilités pour participer activement à la construction d’une civilisation de l’amour, basée sur la paix, la justice, la solidarité et la fraternité.
  


Theologie-de-la-lib--ration--hors-s--rie-du-Parvis.jpgEn soutenant 

toute initiative laïque au service de l’homme, en participant aux mouvements de libération.

En découvrant 

que le pluralisme dans la manière de vivre la relation à Dieu et aux autres peut être source d’enrichissement mutuel, ce qui suppose de renoncer à détenir une vérité 
définitive et absolue, en particulier sur tout ce qui concerne les redoutables questions du début et de la fin de vie.

En appelant 

à un fonctionnement plus démocratique et plus fraternel de l’Eglise, en accord avec la Déclaration des Droits de l’Homme, avec des espaces de débats, de prises de décisions collectives. Que les femmes y aient toute leur place : qu’elles puissent exercer toute fonction nécessaire au service des communautés chrétiennes.

En participant 

à l’existence de lieux d’Eglise où puissent se retrouver celles et ceux qui veulent travailler selon ces perspectives, célébrer autrement et se conforter dans ce combat de résistance, enraciné dans la foi en Jésus-Christ.

" L’Eglise s’invente également en marge ", " Il faut déjà rêver de ce qui pourra venir après, qui se prépare discrètement et qui nous surprendra peut-être ! " (Golias).
 

Contact : CsF95@orange.fr ou Jacqueline SEBBEN – 5, rue de Grenoble – 95100 ARGENTEUIL 


Les chrétiens sans frontières du Val d'Oise (CsF 95) sont membres de la Fédération du Parvis

Lundi 10 décembre 2007
par Chrétiens sans frontières 95 publié dans : catholiques libres en action communauté : Religions en toute liberté recommander

S'inspirant de la proposition de manifeste de Golias " Pour un Catholicisme moderne " (n° 114bis) et d'un article de la Revue Jonas " Un autre schisme " (n°133), des membres de Chrétiens sans Frontières du Val d'Oise (CsF 95) invitent à diffuser largement le texte suivant et plus particulièrement les perspectives qui en découlent. 

ANALYSE DE LA SITUATION ACTUELLE DU CATHOLICISME

Une suite de décisions et de documents romains viennent de mettre en lumière les orientations que Benoît XVI prétend mettre en oeuvre. Par leur contenu, celles-ci mettent fin aux orientations du Concile Vatican II et ouvrent une ère de restauration, au risque de provoquer un nouveau schisme ou le détournement d'un certain nombre de chrétiens de l'Eglise vers d'autres formes et lieux de spiritualité.

Aussi, dans un premier temps, il parait important de se demander " comment en est-on arrivé là ? "

Une première cause est une mutation globale de la société qui a échappé à l'attention de nos responsables religieux ou dont ils n'ont pas voulu tenir compte, car remettant en cause leur rôle et leur formation. Ainsi on a pu constater " un moindre engouement pour ce qui est collectif " et un phénomène d'individualisation. Cela a abouti à de nouvelles formes de regroupement : limité dans le temps et dans l'objectif à atteindre ou encore en réseaux.

La deuxième cause est " la pauvreté du langage chrétien actuel ". Ni la symbolique, ni l'émotion, ni l'imaginaire n'y retrouvent leur compte ! La créativité, quand elle arrive à s'exercer, est objet de suspicion voire de rejet non seulement de la part de certaines autorités religieuses mais aussi d'une partie des catholiques encore pratiquants. La liturgie est devenue souvent cérébrale, ennuyeuse, sans lien réel avec la vie des femmes et des hommes de notre temps !

La troisième cause est que, tout en se prétendant " ouverts ", des prêtres mais aussi des laïcs en responsabilité sont directifs voire autoritaires.

Des théologiens se sont autocensurés de peur d'être sanctionnés ou se sont contentés à être " la voix de son maître ". 

le-4--me---tage.jpg

militante catholique épuisée pour avoir dû monter trop d'étages ! 

De grands " rassemblements télévisuels " ont tenté de cacher la réalité : le peu de présence active
des 18-35 ans, ce qui hypothèque gravement l'avenir des communautés chrétiennes. Enfin, les évêques, sauf quelques rares personnalités, n'ont pas osé ouvrir une forme de ministère pastoral renouvelé. De ce fait, chrétiens en responsabilité et prêtres se sont épuisés à la tâche ou se sont découragés devant le peu de succès apostolique et le manque de relève.

Cette dévitalisation de forces vives a permis à une alternative de type conservateur voire intégriste d'occuper le terrain. La nostalgie d'un passé idéalisé a envahi certains esprits. " Un moralisme coincé, anachronique, inhumain et parfois hypocrite " en particulier dans le domaine de la sexualité s'est affiché. Joseph Ratzinger, par sa rigidité doctrinale et morale, a conforté cette évolution.

Or on ne peut enfermer le mystère chrétien dans des formules, des rites et des prescriptions qui ont été élaborés en fonction de la culture d’autres époques. Ils se révèlent bien souvent inadaptés pour la mission de l'Eglise : transmettre et faire vivre pour nos contemporains le message d'amour de Jésus-Christ.

Ce constat affligeant amène à formuler quelques perspectives de résistance et d'ouverture à notre monde contemporain. C'est l'objet de la deuxième partie de ce Manifeste. [à suivre]

Lundi 10 décembre 2007
par Chrétiens sans frontière 95 publié dans : catholiques libres en action communauté : Religions en toute liberté recommander

Utrecht--26-octobre-07--Domkerk-en-Pandhorf--PA260879.JPG Utrecht : Domkerk en Pandhorf (cathédrale  Saint-Patrick), photo Jean-Claude Barbier


Le vendredi 26 octobre, à Utrecht a eu lieu une réunion franco-néerlandaise en vue de relancer le réseau européen de l'ELPN. Des décisions importantes ont été prises en attendant la rencontre de Belfast en juillet 2008. Vous en trouverez le compte-rendu sur le site de l'AFCU.


Voir aussi sur le même site, la présentation générale du réseau et son agenda.


Les Eglises unitariennes de Transylvanie et de Hongrie et les associations chrétiennes unitariennes encouragent leurs membres à participer activement à ce réseau.

Samedi 8 décembre 2007
par Jean-Claude Barbier publié dans : Europe communauté : Religions en toute liberté recommander

saint-Nicolas----Li--ge--photo-Yves-Melin.jpg
photo Yves Melin, saint Nicolas à Liège, le 6 décembre 07


Saint Nicolas :
IVème siècle, évêque de Myra [ou Smyrne, actuellement Izmir] en Lycie (Turquie),
patron de la Russie et des petits enfants (selon certaines légendes, il en aurait sauvé plusieurs).
Il jouit d'un culte très populaire en Orient et en Europe,
notamment en Italie, à Bari, où l'on vénère ses reliques,
sous le nom allemand de Santa Clauss.
Il est à l'origine du Père Noël [ndlr : après un détour américain via Coca-cola].

(Le Petit Larousse Illustré 2001)

On a volé l'icône de saint Nicolas

Saint Nicolas de l'antique Myra,
des collines de Lycie, en lointaine Turquie,
qui distribua ses biens lorsqu'il devint évêque,
les enfants te cherchent et ne te trouvent plus.


Quand finit l'Avent,
le sapin quitte la noire forêt
pour trouver guirlandes dans les maisons.
Qu'attendez vous, jeunes Allemands, sinon le bon Santa Clauss !


Et vous jeunes Italiens, pèlerins de Bari,
groupés en joyeux essaims
dans l’année d’écolier pour un jour béni,
qu'êtes vous venu voir ? le tombeau d’un saint ?


En France et Navarre,
que l'on disait fille aînée de l'Eglise,
comme naguère, dans le désert, Joseph par ses frères,
saint Nicolas fut vendu aux commerçants.


Au pays des mille et une nuits, le voici maintenant
sur traîneau d'esquimaux, tout gonflé de ballons étoilés,
d'allure bonhomme, hotte à tout vent,
semant jouets en poquets dans les cheminées,


devenu par procuration, l'espace d'une nuit,
le distributeur bénévole des envies pêle-mêle,
achetés par les parents tout attendris.
Par dessus les toits, où cours-tu Père Noël ?


Qu'avez-vous fait de votre pair ? Las !
Princes de l'Eglise qui présentez bague d'or à baiser
mais non point aux pauvres ne la donnez,
qu'avez-vous fait du frère Nicolas ?

devenu évêque, Nicolas de Smyrne
vendit tous les biens dont il avait hérités de ses parents
et les distribua aux pauvres,
conformément à l'Evangile qui est Bonne nouvelle pour tous


Jean-Claude Barbier, Gradignan, le 10 décembre 2000

Vendredi 7 décembre 2007
par Jean-Claude Barbier publié dans : Europe communauté : Religions en toute liberté recommander
Les croyants sont bel et bien présents dans l'univers virtuel de la Second Life. 

Nous avions déja parlé de l'existence de la First Unitarian Universalist Church of Second Life (FUUCSF) dans un message du lundi 26 février 07. Elle a été rejointe par une église, une synagogue et une mosquée.
 

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Mieux, son succès est telle, qu'un nouveau lieu de culte, plus grand, a du être construit. Celui-ci n'est plus une "chapelle" (qui contenait 40 places), mais désormais un "sanctuaire" (nom que les unitariens-universalistes nouvelle génération donnent à leur lieu de culte de préférence à "temple" ou "église" qui appartiennent au vocabulaire chrétien), pouvant accueillir jusqu'à 60 personnes.

Deux cultes ont lieu chaque semaine, plus des séances de discussion ("salon discussion").

Un Français, Virgil Pérez, est ministre du culte de cette Eglise.

Vous trouverez une vidéo sur le site de la FUUCSF qui présente un culte. Vous y entendrez le célèbre chant "Come, Come Whoever You Are" qui reproduit le poème du soufi Roumi (en Anatolie, 1207-1273), paroles adaptées et musique de Lynn Adair Ungar (1963)

Venez, venez, qui que vous soyez,
vagabonds, dévots, amants des adieux.
Notre caravane n’est pas celle du désespoir.
Venez, venez encore une fois.



Pour contact (en anglais) : george Byrd

 

Vendredi 7 décembre 2007
par Jean-Claude Barbier publié dans : la culture Internet communauté : Religions en toute liberté recommander

Dans un milieu catholique habitué à être bien encadré par sa hiérarchie, donc bien lisse dans son expression à usage extérieure, nous avons toutefois de grandes voix contestatrices, entre autres mobilisées par des quotidiens et des revues de qualité comme Témoignage chrétien, Golias, etc., ou des mouvements internationaux comme " Nous sommes aussi l’Eglise " (NSAE), etc. 

 

la-blogmania-chez-les-pr--tres.jpg

 



Et puis, nous avons maintenant les sites et les blogs.


Les diocèses s’y mettent, certaines paroisses et mouvements aussi, mais de plus en plus de voix individuelles qui n’engagent qu’elles mêmes – et çà c’est nouveau. Des séminaristes, des prêtres en exercice ou mis hors cadres, ou tout simplement des laïcs qui parlent de leurs sentiments religieux


Vous trouverez de telles voix en consultant par exemple la communauté de blogs que nous animons depuis quelques mois et qui est intitulée " Religions en toute liberté ". 


Elles sont sincères, émouvantes ; elles nous font part d’un vécu intime ; elles témoignent d’une attention aux évènements, aux autres ; d’une exigence éthique ; d’une curiosité face à la Vie …


Et puis, c’est la grande liberté des enfants du bon Dieu avec des voix parfois / souvent bien discordantes : les dévots qui répètent les prières, les béni oui-oui et les conservateurs qui rabâchent les bonnes instructions venues d’en haut (je veux dire de leur hiérarchie), les prophètes plus ou moins allumés, les militants toujours sur le qui vive, etc. 


Les évangélistes, les charismatiques, les islamistes, les bouddhistes, les néo-païens, quelques protestants, etc., investissent eux aussi ce nouvel espace de liberté.


On trouve de tout sur ce marché du religieux ! Il a l’exotisme d’un marché aux puces.


Ce matin, j’ai été touché par ce cri du cœur d’un prêtre horrifié par les propositions des dominicains néerlandais. Il nous invite, ni plus ni moins, à " intensifier notre prière pour que le bon sens et la fidélité à la foi de l'Église puissent prévaloir sur toutes les attaques des puissances de l'enfer". Bigre ! l'heure est grave !


Sur ce, c’est moi qui ait été bien étonné à mon tour en consultant le profil de ce blogueur qui s’appelle lui même " Dominicanus " (mais sans doute, si j’ai bien compris, en désaccord avec les dominicains du moins néerlandais) : ni plus ni moins le produit d’études brillantes avec un cursus plus qu’exemplaire. A sa rubrique " A mon propos ", on peut lire en effet " prêtre belge, né à Anvers, études de traducteur (Antwerpen), philosophie (Paris), théologie (Fribourg, Suisse), ordonné prêtre à Hérémence (diocèse de Sion, Valais, Suisse), prédicateur de retraites, incardiné dans l'archidiocèse de Saint-Pierre et Fort-de-France (Martinique), prêtre en paroisse (Vert-Pré) ". Re-bigre ! et félicitations.


Moyennant quoi, "Dominicanus" nous donne à lire des documents intégraux pour notre bonne science et conscience, ce qui est toujours bon à prendre.


Ainsi va l’information sur la toile, où l’on grappille à droite et à gauche.

Dimanche 2 décembre 2007
par Jean-Claude Barbier publié dans : la culture Internet communauté : Religions en toute liberté recommander
Le protestantisme multiplie sans fin les Eglises chaque fois qu’il y a une question théologique abordée d’une façon un peu différente ou chaque fois qu’il y a un nouveau style, un peu différent des autres, ou bien tout simplement lorsqu’un nouvel entrepreneur religieux se dit charismatique (" évangélique " selon le terme en usage chez les protestants). Pour lui, les Eglises institutionnelles, toutes humaines, visibles, sont plurielles, mais l'Eglise " spirituelle" du Christ  reste indemne, toute immaculée d’unité ... même si elle est parfaitement invisible !


un-trois-m--ts--r--duction-50-.JPGcabotons, cabotons le long des rivages (et dans ce cas a-t-on besoin du Saint-Esprit ?) où bien faut-il larguer les amarres sous le souffle de Dieu (selon l'expression des unitariens) ?

 

L’Eglise catholique, quant à elle, veut maintenir l’unité (toute fictive) d'une Eglise terrestre qui se veut à l’image de l’Eglise céleste (du moins le troupeau restant car les nombreuses branches hérétiques ont été auparavant élaguées !). 


Elle a ainsi un formidable savoir faire pour gérer la diversité en son sein. Que l’on voit la pléiade de congrégations religieuses dont beaucoup empruntent le même registre mais où, cependant, nombre d’entre elles font preuve d’originalité, de créativité, de spécificité et contribuent activement aux progrès de la pensée. Certes les styles et les domaines d’activités se heurtaient parfois ; ils étaient vite régulés par l’évêque du lieu ou au niveau papal. 


Ainsi en a-t-il été récemment de l’encadrement en douceur des mouvements charismatiques, de la mise sous boisseau de la théologie de la libération en Amérique latine avec l'aide de l'Opus Déi, de la récupération fort diplomatique des traditionalistes anti-Vatican II.


Mais qu’en sera-t-il demain avec les laïcs autonomes ? Les dominicains néerlandais nous le disent : nous assistons à une forte poussée par le bas des fidèles qui, à défaut de prêtres, souhaitent des services locaux. Le monopole des prêtres est battu en brèche tout simplement parce que la crise des vocations - en Europe occidentale et au Canada, et seulement dans ces pays là – met pratiquement en déroute l’organisation cléricale des Eglises – toujours pour ces mêmes pays.


Bien sûr que le Vatican va se crisper, mais qu’y pourra-t-il ? Le sol ne va-t-il pas se dérober sous ses pieds ? Ne va-t-il pas parler de plus en plus dans le vide ? 


Le relativisme théologique tant redouté par Benoît XVI prend le contour mou des nécessités pratiques : les catholiques sont habitués à une eucharistie dominicale. Or depuis que les laïcs sont habilités à aller porter la communion aux malades et aux handicapés à leur domicile, ils savent qu’ils ne sont pas manchots et peuvent retrousser leurs manches. Si le prêtre est absent, " on " fera quand même la communion avec des hosties préalablement consacrées, et ainsi de suite.


La corde va se tendre, mais le Vatican sera bien obligé d’obtempérer tout en multipliant les discours de précautions.


A défaut de débats ouverts et de synodes attentifs aux réalités et à l’expression des fidèles, c’est par les contraintes bassement matérielles que l’Eglise catholique avancera ... tout en prétendant, bien entendu, que l’Esprit-Saint souffle en ses voiles !

Dimanche 2 décembre 2007
par Jean-Claude Barbier publié dans : catholiques libres en action communauté : Religions en toute liberté recommander
Le synode des évêques de 2005 a travaillé sur les questions soulevées par les dominicains hollandais et en a tiré des indications radicalement différentes.


Dans l’exhortation apostolique post-synodale "Sacramentum caritatis", Benoît XVI a consacré le paragraphe 75 aux "assemblées dominicales en l’absence de prêtre". Le voici :


beno_t_xvi_dit_non_et_redit_non__dessin_de_ghertman_paru_dans_le_canard_encha_n__du_21_mars_07.jpg"Redécouvrant le sens de la célébration dominicale pour la vie des chrétiens, il est naturel de se poser le problème de ces communautés chrétiennes où manque le prêtre et où il n'est donc pas possible de célébrer la Messe le Jour du Seigneur. 


Il faut dire, à ce propos, que nous nous trouvons face à des situations très différentes les unes des autres. Le Synode a tout d'abord recommandé aux fidèles de se rendre dans une des églises du diocèse où est garantie la présence du prêtre, même quand cela demande un certain sacrifice. Là où, par contre, les grandes distances rendent pratiquement impossible la participation à l'Eucharistie dominicale, il est important que les communautés chrétiennes se rassemblent également pour louer le Seigneur et pour faire mémoire du jour qui lui est consacré. 


Cela devra cependant se réaliser dans le cadre d'une instruction appropriée sur la différence entre la Messe et les assemblées dominicales en absence de prêtre. Le soin pastoral de l'Église doit s'exprimer dans ce cas en veillant à ce que la liturgie de la Parole, organisée sous la présidence d'un diacre ou d'un responsable de la communauté à qui ce ministère a été régulièrement confié par l'autorité compétente, se déroule selon un rituel spécifique, élaboré par les Conférences épiscopales et approuvé par elles à cette fin. Je rappelle que concéder la faculté de distribuer la communion dans ces liturgies revient aux Ordinaires, qui évalueront attentivement l'opportunité des choix à effectuer. En outre, on doit faire en sorte que de telles assemblées n'entraînent pas de confusion sur le rôle central du prêtre et sur l'aspect sacramentel dans la vie de l'Église. 


L'importance du rôle des laïcs, que l'on doit justement remercier de leur générosité au service des communautés chrétiennes, ne peut jamais occulter le ministère irremplaçable des prêtres pour la vie de l'Église. On veillera donc avec attention à ce que les assemblées en absence de prêtre ne donnent pas prise à des visions ecclésiologiques qui ne seraient pas fidèles à la vérité de l'Évangile et à la tradition de l'Église. Elles devraient plutôt être des occasions privilégiées de prière adressée à Dieu pour qu'il envoie de saints prêtres selon son cœur. 


À ce sujet, ce qu'écrivait le Pape Jean-Paul II dans sa Lettre aux prêtres pour le Jeudi Saint 1979, est particulièrement émouvant, rappelant les lieux où les fidèles, privés de prêtre par un régime dictatorial, se réunissaient dans une église ou dans un sanctuaire, mettaient sur l’autel une étole qu'ils conservaient encore et récitaient les prières de la liturgie eucharistique, faisant silence 'au moment qui correspondrait à la transsubstantiation', témoignant qu'ils désiraient 'ardemment entendre les paroles que seules les lèvres d'un prêtre peuvent prononcer efficacement'. 


Dans cette perspective, étant donné le bien incomparable qui découle de la célébration du Sacrifice eucharistique, je demande à tous les prêtres une disponibilité effective et concrète pour visiter le plus souvent possible les communautés qui sont confiées à leur soin pastoral, pour qu'elles ne restent pas trop longtemps sans le Sacrement de la charité".



En se mettant en dehors de toute hiérarchie, en toute indépendance et créativité, la Fédération des réseaux du Parvis (mouvance catholique libérale en France), s'est mise fort judicieusement à l'abri des coups de crosse, qu'ils soient donnés par en dessus ou par en dessous. Elle peut donc continuer à célébrer en toute liberté !
Dimanche 2 décembre 2007
par Benoît XVI (sauf la caricature) publié dans : catholiques libres en action communauté : Religions en toute liberté recommander
Par Sandro Magister, à Rome, le 3 octobre 2007 – 


Lorsqu’il a redonné pleinement droit de cité à l’ancien rite de la messe, par le motu proprio "Summorum Pontificum", Benoît XVI a dit qu’il voulait aussi réagir à l’excès de "créativité" dans le rite moderne qui "a souvent porté à des déformations de la liturgie à la limite du supportable". Au vu de ce qui se passe dans certaines parties de l’Eglise, cette créativité influe non seulement sur la liturgie mais aussi sur les fondements mêmes de la doctrine catholique.


Kerk---Ambt.jpgNimègue, en Hollande : à l’église des pères augustins, la messe du dimanche est présidée à la fois par un protestant et par un catholique. A tour de rôle, l’un s’occupe de la liturgie de la Parole et du sermon, l’autre de la liturgie eucharistique. Le catholique est presque toujours un simple laïque et souvent une femme. Pour la prière eucharistique, les textes écrits par l’ex-jésuite Huub Oosterhuis sont préférés aux textes du missel. Tous partagent le pain et le vin.

Aucun évêque n’a jamais autorisé cette forme de célébration. Mais le père Lambert van Gelder, l’un des augustins qui s’en font les promoteurs, est certain d’avoir raison: "Dans l’Eglise, différentes formes de participation sont possibles, nous sommes membres de la communauté ecclésiale à part entière. Je ne me considère pas du tout comme schismatique".


En Hollande, toujours, les dominicains sont allés encore plus loin, avec le consentement des provinciaux de l’ordre. Deux semaines avant l’entrée en vigueur du motu proprio "Summorum Pontificium", les dominicains ont distribué dans chacune des 1 300 paroisses catholiques un livret de 38 pages intitulé "Kerk en Ambt", Eglise et ministère. Ils y proposent de transformer en règle générale ce qui se pratique de manière spontanée dans différents endroits.


Les pères dominicains proposent qu’en l’absence de prêtre, une personne choisie par la communauté préside la célébration de la messe: "Peu importe que ce soit un homme ou une femme, un homosexuel ou un hétérosexuel, une personne mariée ou un célibataire". La personne choisie et la communauté sont invitées à prononcer ensemble les paroles de l’institution de l’eucharistie: "Prononcer ces paroles n’est pas une prérogative réservée au prêtre. De telles paroles constituent l’expression consciente de la foi de la communauté toute entière".


Le livret s’ouvre sur l’approbation explicite des supérieurs de la province hollandaise des dominicains. Les premières pages sont consacrées à la description de ce qui se produit le dimanche dans les églises de Hollande.


Par manque de prêtres, la messe n’est pas célébrée dans toutes les églises. De 2002 à 2004, le nombre total des messes dominicales en Hollande est passé de 2 200 à 1 900. En revanche, au cours de la même période, le nombre de "services de Parole et de communion" est passé de 550 à 630. Il s’agit de liturgies de substitution, sans prêtre et donc sans célébration sacramentelle, où la communion se fait avec des hosties consacrées précédemment.


Dans certaines églises, la distinction entre la messe et le rite de substitution est clairement perçue par les fidèles. Mais ce n’est pas le cas dans d’autres églises, où les deux sont considérés comme étant de valeur égale et totalement interchangeables. Le fait que ce soit un groupe de fidèles qui désigne l’homme ou la femme qui conduira la liturgie de substitution renforce chez les fidèles eux-mêmes l’idée que leur choix "d’en bas" est plus important que l’envoi d’un prêtre de l’extérieur et "d’en haut".


Il en va de même pour la formulation des prières et pour l’organisation du rite. On préfère donner libre cours à la créativité. Au cours de la messe, les paroles de la consécration sont souvent remplacées par "des expressions plus faciles à comprendre et plus en accord avec l’expérience moderne de la foi". Dans le rite de substitution, il est fréquent que, pour la distribution de la communion, des hosties non consacrées soient ajoutées à celles consacrées.


Dans ces comportements, les dominicains distinguent trois attentes très répandues :

- que les hommes et les femmes auxquels est confiée la présidence de la célébration eucharistique soient choisis "d’en bas";

- que, de préférence, "ce choix soit suivi par une confirmation, une bénédiction, ou une ordination de la part des autorités de l’Eglise";

- que les paroles de la consécration "soient prononcées tant par ceux qui président l’eucharistie que par la communauté dont ils font partie".


De l’avis des dominicains hollandais, ces trois attentes s’appuient largement sur le Concile Vatican II. Selon eux, le geste décisif du Concile a été de placer, dans la constitution sur l’Eglise, le chapitre sur le "peuple de Dieu" avant celui sur "l’organisation hiérarchique constituée du haut vers le bas par le pape et les évêques". Cela implique de remplacer l’Eglise "pyramide" par une Eglise "corps", avec le laïcat comme figure centrale, ce qui implique aussi une vision différente de l’eucharistie.


L’idée que la messe soit un "sacrifice" – affirment les dominicains hollandais – est également liée à un modèle "vertical", hiérarchique, où seul le prêtre peut prononcer de manière valide les paroles de la consécration. Un prêtre qui doit être un homme et célibataire, comme le prescrit "une théorie archaïque de la sexualité".


En revanche, du modèle de l’Eglise "peuple de Dieu" dérive une vision plus libre et paritaire de l’eucharistie: comme un simple "partage du pain et du vin entre frères et sœurs au milieu desquels se trouve Jésus", comme une "table ouverte également à des personnes de traditions religieuses différentes".


L’opuscule des dominicains hollandais s’achève en exhortant les paroisses à choisir "par en bas" les personnes destinées à présider l’eucharistie. Dans le cas où, pour des raisons de discipline, l’évêque ne confirmerait pas ces personnes – parce qu’elles sont mariées ou parce que ce sont des femmes – les paroisses suivraient de toute façon leur route: "Que ces personnes sachent qu’elles sont, quoi qu’il arrive, habilitées à célébrer une eucharistie réelle et authentique à chaque fois qu’elles se réunissent en prière et partagent le pain et le vin".


Les auteurs du livret sont les pères Harrie Salemans, curé à Utrecht, Jan Nieuwenhuis, ancien directeur du centre œcuménique des dominicains d’Amsterdam, André Lascaris et Ad Willems, ancien professeur de théologie à l’université de Nimègue. Un autre théologien dominicain hollandais, plus célèbre, se distingue dans leur bibliographie de référence : Edward Schillebeeckx, 93 ans. Dans les années 80, il a été soumis à examen par la congrégation pour la doctrine de la foi pour des thèses proches de celles aujourd’hui réunies dans l’opuscule.


La conférence des évêques de Hollande se garde de donner une réponse officielle. Mais elle a déjà fait savoir que la proposition des dominicains apparaît "en opposition avec la doctrine de l’Eglise catholique".

A Rome, la curie généralice des dominicains a faiblement réagi. Dans un communiqué daté du 18 septembre – non publié sur le site de l’ordre – elle a défini le livret comme une "surprise" et a pris ses distances par rapport à la "solution" proposée. Mais elle a déclaré de partager "l’inquiétude" des confrères hollandais quant à la rareté des prêtres: "Il se peut qu’ils aient l’impression que les autorités de l’Eglise n’ont pas suffisamment travaillé la question et, par conséquent, qu’ils poussent à un dialogue plus ouvert. [...] Nous pensons qu’il faut répondre à cette inquiétude par une réflexion théologique et pastorale prudente entre l’Eglise toute entière et l’ordre dominicain".


En Hollande, les dominicains ont annoncé une réimpression prochaine du livret. Les 2 500 premiers exemplaires ont été très vite épuisés.

Dimanche 2 décembre 2007
par Sandro Magister publié dans : catholiques libres en action communauté : Religions en toute liberté recommander
" Aux Pays-Bas, le nombre de célébrations eucharistiques (au week-end) est tombé entre 2002 et 2004 environ de 2200 à 1900 ; le nombre de services de la Parole et de la Communion [présidés par un laïc en l’absence de prêtre] est monté pendant la même période de 550 à 630. Dans la plupart des diocèses néerlandais, le nombre de ces services est à peu près la moitié de celui des célébrations eucharistiques. 


communion-avec-le-pain-et-le-vin--eucharistie.jpgDans le diocèse d'Utrecht (165 célébrations chaque week-end en 2004) et dans celui de Breda (70) le nombre des services est plus élevé. C'est dans le diocèse de Bois-le-Duc que le glissement des célébrations eucharistiques vers les services de la Parole et de la Communion est le plus élevé en 2004 : il y a eu chaque week-end 95 célébrations eucharistiques de moins qu'en 2003 et 50 services de plus. Le diocèse de Groningen/Leeuwarden bat tous les autres : le nombre des services de la Parole et de la Communion est égal aux Eucharisties dans cette région à celui , soit 50 chaque week-end.


On trouve dans le diocèse de Roermond non seulement le nombre le plus élevé d'Eucharisties, soit 530 chaque week-end en 2004, mais aussi de très loin le plus faible nombre de services de la Parole et de la Communion. Selon le porte parole du diocèse, Bemelmans, une partie de l'explication tient au petit nombre d'agents pastoraux actifs dans le diocèse. " Mais c'est aussi dû à notre politique de découragement. Nous qualifions ces services d' 'Eucharisties à trou' ". La situation dans le diocèse de Roermond est relativement favorable, car il dispose d'assez de prêtres pour avoir une célébration eucharistique chaque week-end dans chaque paroisse. Bemelmans : " Mais nous avons dû
, nous aussi, fermer des églises, une vingtaine ces dix dernières années. Pendant des années, nous avons poussé les paroisses à réduire le nombre de célébrations : mieux vaut une seule Messe véritable chaque week-end. Et nous importons des prêtres de l'étranger, par exemple d'Inde ou d'Argentine ". Seuls les diocèses de Haarlem et d'Utrecht ont réussi à réduire le nombre de services alternatifs en 2004 et même à augmenter légèrement le nombre d'Eucharisties. " Nous sommes fermement décidés à réduire encore le nombre de services de la Parole et de la Communion", déclare Wim Peeters, porte-parole du diocèse de Haarlem.


On pourrait difficilement trouver mieux que ces chiffres pour formuler l'écart toujours plus grand entre l'église de base et la politique de l'autorité ecclésiale. La différence est frappante entre d'un côté la vue très stricte sur l'Eglise, les célébrations liturgiques et le ministère et, de l'autre côté, les vues divergentes et les pratiques fréquentes dans le champ pastoral. Les informations régulières sur ce sujet dans les journaux, les périodiques, à la télé et dans les sondages que ce comité a réalisés antérieurement ne laissent aucune place au doute sur ce point. "



D’après une enquête faite par les dominicains néerlandais en leur pays et traduite en français par " Nous sommes aussi l’Eglise ", voir nos messages précédents.

Samedi 1 décembre 2007
par les dominicains néerlandais publié dans : catholiques libres en action communauté :