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Le livre d’Olivier Le Gendre, "Confession d'un cardinal", paru aux éditions J.- C. Lattès en octobre 2007, dans la collection " Essais et documents " (413 pages, prix public : 18,50€), sera discuté dans le cadre d’un " café-bouquin ", le mardi 20 mai de 18h 30 à 20h, dans les locaux de Temps Présent, 68 rue de Babylone 75007 Paris. Pour contact : Jean-Pierre Schmitz.

Les " cafés-bouquin " sont organisés conjointement par Droits et libertés dans les Eglises (DLE) et Femmes et hommes en Eglise (FHE)

L'auteur de l'ouvrage, un prêtre assomptionniste, sera présent.


Présentation du livre par l’éditeur : 

Au lendemain de l’élection de Benoît XVI, un cardinal de la curie contacte un journaliste français afin qu’il l’aide à rédiger ses mémoires. Très vite, l’auteur se rend compte que les intentions de son interlocuteur dépassent largement le style convenu des fausses confidences des dignitaires religieux à la retraite.

Ce haut responsable, proche de Jean-Paul II, s’interroge sur le sens de son action à la tête de l’un des ministères les plus importants du Vatican qu’il a quitté pour se consacrer aux enfants délaissés du Sud-Est asiatique. Il entremêle anecdotes significatives, révélations et considérations historiques.

Il révèle l’enjeu qui sépare deux grandes tendances de l’Église : l’une qui tente de restaurer les pratiques anciennes, tandis que l’autre prépare la relève pour le moment où l’affaiblissement de l’institution sera si criant que de nouveaux modes de fonctionnement deviendront obligatoires.


Information de Louis Piveteau :

Dans un livre antérieur, "Lettre aux successeurs de Jean-Paul 2 " (Desclée de Brouwer), l’auteur faisait le constat suivant :

l'Eglise ne peut plus se présenter en habits de puissance et de gloire

il y a des attitudes, des positions, des habitudes qui ne sont tout simplement plus possibles

que l'Eglise favorise les initiatives, les essais, les tentatives

que les chrétiens ne s'enferment pas dans leurs certitudes

que les chrétiens prennent le destin de leur Eglise dans leurs mains

En 2004, à Angers, l’association Evangile et Modernité 49 avait invité Olivier Le Gendre au cours d'une réunion publique (où virent une centaine de personnes) pour parler de son livre.


Toutes les associations citées dans ce message, ainsi que l'Assemblée fraternelle des chrétiens unitariens (AFCU),  sont membres de la Fédération des réseaux des parvis

Mardi 1 avril 2008
par DLE et FHE publié dans : agenda communauté : Religions en toute liberté recommander


article de Yazid Haddar, publié dans le quotidien algérien El Watan, le 31 mars 2008

" Pas de contrainte en religion. " Coran (Il, 256).


A-t-on le droit d’adhérer à une religion différente de nos parents ? Oui.
Peut-on imposer à une personne de se convertir à une religion ? Non.
Doit-on laisser les autres religions exercer leur culte ? Oui.

Les autres religions font-elles partie de notre patrimoine identitaire ? Oui.

Il y a tant d’autres questions que les Algériens doivent en poser, car c’est l’avenir de notre pays qui est en jeu. L’ordonnance n° 06-08 du 28 février 2006 adoptée le 20 mars 2006, qui fixe les conditions et règles d’exercice des cultes autres que musulmans, est une loi injuste et ne trouve guère sa place dans le monde civilisé.

Je me suis déjà exprimé à propos de cette loi que je trouve rétrograde et qui ne correspond pas à l’image d’un pays en pleine effervescence économique. En outre, cette loi ne respecte pas les normes d’une République moderne. J’espérais que notre Etat parvienne à protéger la liberté des consciences au lieu de les limiter à une seule conscience. N’est-ce pas là un retour à l’esprit totalitaire ? Les gouverneurs doivent intégrer dans leur pensée que nous sommes dans une République et non pas un royaume, que nous sommes des citoyens et non pas des sujets ! La citoyenneté est basée sur le respect des droits et devoirs de chacun.

Cependant, la religion se situe au niveau individuel, c’est à l’individu de choisir une liberté, une conscience qui lui correspond. Et l’Etat doit être le garant de cette diversité 2 (article 36 " La liberté de conscience et la liberté d’opinion sont inviolables "). Le mouvement national émane du modèle républicain français et est nourri par ses valeurs comme la laïcité, l’Etat de droit, la justice sociale, etc., (le fondateur du PPA, père du mouvement national, était influencé par Mustafa Kemal, fondateur de la Turquie moderne " 1923 - 1938 "). Cependant, la pratique démocratique est difficilement compatible avec la problématique de l’identité (religieuse) se définissant par les frontières qui séparent de l’autre.

La campagne politico-médiatique, en considérant toute question comme une agression et toute réponse comme une riposte, me semble exagérée et infondée. S’attaquer à une minorité qui ne représente même pas 1% de la population algérienne ne constitue qu’une provocation gratuite. Cette minorité représente-t-elle un danger pour le pays ? Porte-t-elle un message de haine et d’intolérance ?

Ce qui me gène dans cette question, c’est l’infantilisation du peuple algérien : on choisit à sa place. Depuis un siècle et demi, les Algériens étaient sous la domination coloniale française. Ils n’avaient guère songé à renoncer à leur religion (même les harkis sont restés fidèles à leur religion qui fait partie de leur identité). Cela dit, ceux qui ont opté pour d’autres formes de croyance et d’incroyance aiment leur pays comme tout le monde. Ils sont fiers d’appartenir à la nation algérienne et sont parfois plus chauvins que ceux qui se réclament les gardiens du temple " de l’identité nationale ". Cette campagne médiatique est menée à la manière d’Al-Jazeera : chaque jour, nous avons droit à un article sur la communauté chrétienne algérienne vivant en Algérie ou ailleurs. Ce n’est qu’une alimentation de l’idéologie et de la pensée répandue, adoptée par ceux qui croient aux chocs des civilisations !

Tant mieux, s’il existe dans ce pays des personnes qui pensent et croient différemment, car si tout le monde pense de la même façon, personne ne pense, comme dit le philosophe. Nous sommes très loin du cas des pays d’Orient où chaque religion est importante.

La présence chrétienne en Algérie ne date pas d’aujourd’hui, elle fait partie de l’histoire de notre nation. Des noms célèbres de l’Eglise ont marqué l’histoire de cette dernière. Doit-on nier cette partie de nous ? Doit-on l’extirper de nos manuels scolaires, de nos têtes pour satisfaire une minorité qui ne parvient pas à regarder et à assumer toutes les racines historiques de cette partie du monde. Pendant la guerre de Libération, combien de prêtres ont-ils pris position pour l’indépendance de notre pays ? A-t-on oublié le combat mené par le " Témoignage Chrétien " contre la torture en Algérie ? Chrétiens et communistes du monde ont participé de près ou de loin à l’indépendance de notre pays. On se souvient du cardinal Duval, le père Clavier, le père Scotto, des sept moines sauvagement assassinés et tant d’autres qui ont donné leur vie pour nous et notre pays. Ils aiment notre pays, ils ont épousé nos traditions, notre langue. Ils étaient là (ils sont toujours) avec nous pendant la décennie noire, en assurant les bibliothèques, des espaces de culture, alors que les autochtones quittaient le pays.

Ce ne sont pas le père Pierre Wallez, qui célèbre une messe pour une fête de Noël pour les chrétiens émigrants, ni le centre social où travaille le père Jan Heufi (qui a consacré sa vie aux sourds et muets algériens) qui vont déstabiliser le pays.

Imaginons qu’une communauté musulmane, vivant clandestinement dans un pays européen, célèbre la prière de l’Aïd et que les autorités de ce pays emprisonnent l’imam pour prosélytisme. Quelle serait la réaction des musulmans du monde ?

On parle beaucoup de la tolérance et on crie à l’injustice, lorsque les autres touchent à nos libertés, mais qu’en est-il de nous ? La liberté du culte chez nous régresse et cette intolérance pousse des Algériens à l’exil. Il serait préférable de canaliser l’énergie gaspillée pour semer la peur de l’autre, afin de construire un Etat de droit et développer la modernisation de notre société. Comme l’a écrit Lahouari Addi, " le plus urgent n’est pas de définir aujourd’hui les fondements culturels de la nation ; il est plutôt de la doter d’institutions représentatives des individus et des groupes sociaux qui la constituent sociologiquement et qui eux-mêmes construiront à travers le temps les fondements culturels. La culture n’est pas seulement une mémoire collective, elle est surtout une pratique vivante en perpétuel devenir ".

Dans le préambule de la Constitution algérienne, on trouve que la Constitution est au-dessus de tout, elle est la loi fondamentale qui garantit les droits et libertés individuels et collectifs, protège la règle du libre choix du peuple et confère la légitimité à l’exercice des pouvoirs.


Mardi 1 avril 2008
par Yazid Haddar publié dans : l'islam communauté : Religions en toute liberté recommander

     Nous sommes des femmes et des hommes porteurs des valeurs de la laïcité et du partage dans un monde commun.

Liés par nos histoires singulières, et de différentes manières, à l’islam, ayant pris la mesure des graves crises qui le traversent, nous avons décidé de nous mobiliser pour créer les conditions politiques et intellectuelles d’une culture de la liberté. Espace d’une civilisation hétérogène, irréductible au seul fait religieux et aux seuls musulmans, l’islam est aujourd’hui, et pour quelque temps encore, un lieu qui cristallise dans le monde globalisé nombre de ses périls : fascisme identitaire et emprise totalitaire, guerres civiles et coloniales, despotismes et dictatures, inégalité et injustice, haine de soi et haine de l’autre, au milieu de violences politiques, religieuses et économiques extrêmes.

À ces forces de destruction, dont ce lieu est à la fois la source et la cible, nous voulons nous opposer par une action publique, ouverte à toute personne, sans distinction de naissance ou d’appartenance, qui souscrit aux engagements que nous considérons comme nécessaires, afin d’ouvrir un nouvel horizon à l’espoir.

     Si le principe général de ces engagements est que la démocratie est l’institution du politique, nous savons que sa réalisation ne peut se décréter, ni être imposée par des expéditions militaires, mais résulte d’une action transformatrice critique et inventive. Elle doit toucher les structures internes de l’islam et modifier les rapports à ses bords géopolitiques. D’une manière non exhaustive, nous soutenons que cette action doit viser, en priorité, à libérer la pensée et la politique de la théologie, libération dont l’État laïque est l’expression institutionnelle ; à affirmer l’égalité de droit et de fait des femmes et des hommes, qui, dans la situation actuelle de l’Islam, constitue le passage obligé pour tout processus laïque et démocratique ; à lutter contre toutes les formes de racisme et d’antisémitisme ; à combattre les discriminations qui affectent les minorités identifiées par leur culture, leur religion, ou leur orientation sexuelle.

     Dans ce contexte, les migrants et leurs enfants représentent un enjeu de premier plan, en tant qu’ils forment l’élément par lequel s’imbriquent les civilisations et s’incarne la chance d’un avenir démocratique partagé. Se porter à la hauteur de cette responsabilité implique une mobilisation plus résolue contre les processus de relégation, de discrimination et de fragilisation politique dont ils sont l’objet. L’absence d’analyse critique de l’histoire coloniale pèse encore sur leur devenir.

     Notre but est de favoriser l’expression des forces de résistance, pour combattre partout l’islamisme totalitaire et les États despotiques qui, conjointement, oppriment les femmes et les hommes dans le monde musulman. Convaincre les gouvernements démocratiques de renoncer à la stratégie du double langage et de la démocratie ajournée en est le corollaire. Leur engagement réel pour la paix dans les zones de conflit et de violence politique est la condition de leur crédibilité. Notre action, à vocation transnationale, vise à développer et à soutenir les expériences de la liberté dans tous les domaines de la pensée, des arts et des savoirs.

     Paris, le 17 décembre 2004.

Toute personne qui souhaite adhérer à l’Association du Manifeste des libertés devra souscrire à ce texte, qui en est l’acte de fondation (par l’assemblée générale constitutive du 17 décembre 2004). Cet acte vient dans le prolongement du débat qui a eu lieu depuis la publication du Manifeste des libertés, le 16 février 2004, en tant qu’expression d’une volonté de résistance contre l’entreprise mortifère prétendant, " au nom de l’islam ", imposer un ordre totalitaire. Plus de 1700 personnes ont signé le Manifeste des libertés.


Pour information et contact : Association du Manifeste des libertés (AML),
manifeste@manifeste.org

Mardi 1 avril 2008
par le Manifeste des libertés publié dans : l'islam communauté : Religions en toute liberté recommander

Communiqué du Manifeste des libertés : " Notre solidarité avec les chrétiens d’Algérie ", Paris, le 27 mars 2008.

Des médias dignes de foi font état d’un climat de harcèlement et de pressions sur les Eglises chrétiennes, tant catholiques que protestantes, à travers tout le territoire.

La loi du 28 février 2006, régissant les " conditions et règles d’exercice des cultes autres que musulmans ", a pour objectif premier d’assurer " la tolérance et le respect entre les différentes religions ". Les restrictions qui l’accompagnent ne visent que " les activités illégales des évangéliques néo-conservateurs développant un prosélytisme agressif ". Aujourd’hui, ces restrictions sont étendues aux membres des autres Eglises, dont le comportement ne peut être assimilé à du " prosélytisme ".

Outre les difficultés de tous ordres auxquelles sont confrontées les communautés évangéliques récemment constituées, on rapporte :

* l’expulsion, en 2005, d’une vingtaine d’étudiants africains qui avaient participé à une rencontre biblique à Tizi-Ouzou ;

* la radiation de l’Education nationale pour " prosélytisme " d’un directeur d’école et d’un instituteur, citoyens algériens de confession chrétienne, en décembre 2007 ;

* les tracasseries administratives pour les visas d’entrée des responsables de congrégations religieuses engagées dans le pays, ou pour leurs remplacements ;

* la condamnation, le 30 janvier 2008, par le tribunal de Maghnia, du Père Pierre Wallez, du diocèse d’Oran, à un an de prison avec sursis pour avoir prié, un mois plus tôt, le lendemain de Noël, avec un petit groupe de migrants clandestins subsahariens " hors d’un lieu de culte " ;

* la condamnation, par ce même tribunal, à deux ans de prison ferme, d’un médecin algérien accompagnant le Père Wallez : il est accusé d’avoir exercé la médecine hors du centre public de soins dont il a la charge, en faisant usage du matériel du centre ;

* l’expulsion – suspendue, depuis – du pasteur Hugh Johnson, ancien président de l’Eglise protestante d’Algérie, où il réside depuis quarante-cinq ans, et de quatre volontaires brésiliens de la communauté Salam.

Ces mesures qui nous préoccupent au plus haut point sont la marque d’une idéologie rétrograde et obscurantiste, empêchant l’exercice des libertés individuelles de conscience, de culte et d’expression, que garantit la Constitution.

Peut-on oublier qu’à la tête de l’Eglise d’Algérie, monseigneur Duval fut l’une des premières personnalités à condamner publiquement la torture pratiquée par l’armée française, et que de nombreux réseaux chrétiens ont soutenu activement la lutte du peuple algérien pour son indépendance ? Faut-il rappeler le prix que l’Eglise a encore payé durant les années 1990 pour ses relations d’amitié et de partage, avec l’assassinat de dix-neuf de ses membres, dont monseigneur Claverie, évêque d’Oran, et les sept moines de Tibéhirine. Comment ignorer qu’aujourd’hui encore, loin de tout prosélytisme, elle reste " Eglise de la rencontre ".

L’Algérie doit redevenir un pays d’accueil et de fraternité pour tous ceux qui y vivent, et ne pas céder au climat d’islamisme rampant dont de tels agissements sont les symptômes.

Nous assurons les chrétiens d’Algérie de notre sympathie et de notre solidarité, et demandons aux autorités de mettre fin à la campagne de harcèlement à leur égard.


Pour information et contact : Association du Manifeste des libertés (AML),
manifeste@manifeste.org

Ce texte nous a été transmis par Jean Riedinger, responsable de l’Observatoire chrétien de la laïcité (OCL), instance à laquelle adhèrent plusieurs mouvements de la Fédération des réseaux des parvis
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Mardi 1 avril 2008
par le Manifeste des libertés publié dans : l'islam communauté : Religions en toute liberté recommander
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