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Peut-on rester silencieux devant l'épuration ethnico-religieuse engagée contre eux par les islamistes ?

Marc Stenger, évêque de Troyes et président de Pax-Christi France *

Ghaleb Bencheikh, président de la Conférence mondiale des religions pour la paix, section française

Jean-Claude Petit, vice-président de la Fédération française de la presse catholique et président du réseau chrétien de la Méditerranée

Laurent Larcher, journaliste à " La Croix " et membre de la délégation de Pax Christi en Irak.

© Le Monde du mardi 25 mars 2008
 

Pax-Christi est le Mouvement catholique international pour la paix né en France en 1945 présent dans plus de 60 pays. Organisation non-gouvernementale auprès de l'UNESCO, l'ONU, la Commission des Droits de l'Homme à Genève et le Conseil de l'Europe, Pax-Christi joue un rôle moteur dans la recherche de solutions aux conflits. En 1983, il a reçu le prix " Education à la Paix " décerné par l'UNESCO.



Mais que se passe-t-il ? Que nous arrive-t-il ? Pourquoi sommes-nous si sourds, si aveugles, si indifférents au sort des chrétiens irakiens ? Notre société si prompte à commémorer les crimes d'hier n'a-t-elle rien à dire pour les crimes du jour ? Ou bien notre silence serait-il le reflet de notre perplexité pour cet Orient compliqué où il n'y aurait que des Arabes et des Persans qui s'entre-tuent depuis la nuit des temps ?


Serait-ce la spécificité des victimes - des chrétiens - qui explique notre désintérêt ? Défendre un chrétien, cela sent sa croisade ou sa guerre des civilisations. D'autant qu'en Irak, tout le monde souffre : chiites, sunnites, Kurdes, Turkmènes ... Dans cette mosaïque de désolation, les chrétiens sont moins de 3 % ! Rien ou presque au regard des grands enjeux géopolitiques ?

Soyons sérieux. Si notre ferveur pour la commémoration ne nous oblige pas devant le présent, elle n'est que comédie. Si nous baissons les bras devant la complexité du Moyen-Orient, alors nous nous condamnons à vivre dans un monde sans horizon, borné par notre courte vue. Ou peut-être pensons-nous que les Etats-Unis, qui se sont lancés dans cette guerre (presque) seuls et contre tous, doivent assumer les conséquences de leur choix déraisonnable : à eux de trouver les solutions pour que tous les Irakiens puissent vivre enfin en paix et en sécurité. La France n'a rien à voir avec le bourbier irakien. Et puis nous avons tant à faire : chez nous d'abord, en Afrique ensuite ...

Mais voilà ! Les chrétiens irakiens frappent à notre porte, nous appellent à l'aide, sollicitent notre attention, notre bienveillance, notre amitié, notre soutien, notre solidarité. Et ils le font, ces ignorants, ces innocents... auprès de nous, chrétiens de France, et au-delà peuple de France, et au-delà encore peuples d'Europe. Allez en Irak, rendez-vous au Kurdistan, arrêtez-vous chez les réfugiés irakiens au Liban, en Jordanie, en Syrie, en Turquie, écoutez-les ! Vous verrez : nous y sommes attendus, reçus, acclamés. La délégation conduite par Pax-Christi en février en a fait l'expérience : des villages entiers se retrouvaient sur la place, dans leurs églises.

Ils applaudissaient cette première délégation de chrétiens étrangers venus leur rendre visite depuis mars 2003. Partout, le même accueil, la même joie et le même cri. " On nous intimide, on nous menace, on nous rançonne, on nous enlève, on nous tue parce que nous sommes chrétiens ", " Vous êtes des cafards, des traîtres, des impies ! ", " Convertissez- vous ou partez ! ", " Le Coran ou la mort ! ", tous les témoignages convergent. Des fondamentalistes musulmans, pour des raisons qui mêlent une perception dévoyée de la religion et de la politique et le crime organisé, sont responsables d'une épuration ethnico-religieuse. Le gouvernement irakien, les forces alliées se révèlent impuissantes face à cette tragédie humaine.

Pourtant, l'affaire est grave : la moitié des chrétiens, estimés à 700 000 avant la guerre, ont quitté leur domicile, 187 000 se sont réfugiés dans les pays voisins. Ceux qui restent risquent tous les jours leur vie. Personne n'est épargné : enfants, femmes, vieillards, laïcs et religieux. On ne compte plus les églises touchées par des attentats à la voiture piégée. La faculté de théologie, de philosophie et le séminaire de Bagdad ont été déplacés à Erbil, au Kurdistan. Le séminaire de Mossoul est fermé. Plus de 20 000 familles déplacées ont trouvé refuge au Kurdistan.

Cette explosion de haine est une tragédie pour le christianisme oriental présent sur ces terres depuis le Ier siècle de notre ère, dépositaire d'une richesse inouïe sur le plan spirituel, liturgique, intellectuel, gardien de traditions multiséculaires. C'est la trace du christianisme des premiers temps qui disparaît entre le Tigre et l'Euphrate. C'est aussi une perte effarante pour le christianisme occidental. Les mafias politico-islamistes sont en train d'arracher le poumon gauche de l'Eglise universelle. Sans l'Orient, le christianisme est amputé de sa plus profonde et plus durable source évangélique et biblique.

Mais ce n'est pas tout. Le sort des chrétiens orientaux concerne aussi le monde musulman. La perte de cette minorité serait une catastrophe pour l'islam. Elle le condamnerait à un entre-soi suicidaire. Si par malheur le projet des fondamentalistes aboutissait, quel témoignage de tolérance, de fraternité, de paix serait encore donné ?

En 1860, Abd El-Kader s'était levé à Damas contre les extrémistes qui voulaient en finir avec les chrétiens. Qui, dans le monde musulman, se lèvera pour renouveler ce beau geste ? L'islam, religion de la paix et de la tolérance, peut-il accepter que l'on tue des hommes, des chrétiens en son nom ? Fort heureusement, un message, comme celui du prince de Jordanie Hassan Bin Talal, longtemps président de la Conférence mondiale des religions pour la paix, invitant les musulmans du monde entier à dire leur amitié aux chrétiens d'Irak et leur soutien à l'archevêque enlevé et depuis assassiné à Mossoul, nous laisse remplis d'espoir.

Enfin, ce n'est pas le moins important, ce drame a aussi une répercussion universelle. La fin des chrétiens d'Irak, et demain peut-être de ceux du Liban, de Palestine, de Syrie ou d'Egypte, signifierait que le dialogue des cultures n'est plus possible, que les communautarismes ethniques et religieux l'emportent sur l'universalisme, que le vivre-ensemble mondial dans la diversité de nos civilisations que, croyants et incroyants, nous essayons de construire, n'est qu'un leurre. Chrétiens, juifs, musulmans, hommes de bonne volonté, nous n'avons pas le droit de nous taire.

Ce texte a été transmis aux Actualités unitariennes par Philippe de Briey

Ghaleb Bencheikh, présentateur de l'émission islam du dimanche matin à France 2 :  " La fin des chrétiens d'Irak, et demain peut-être de ceux du Liban, de Palestine, de Syrie ou d'Egypte, signifierait que le dialogue des cultures n'est plus possible, que les communautarismes ethniques et religieux l'emportent sur l'universalisme, que le vivre-ensemble mondial dans la diversité de nos civilisations que, croyants et incroyants, nous essayons de construire, n'est qu'un leurre. Chrétiens, juifs, musulmans, hommes de bonne volonté, nous n'avons pas le droit de nous taire".


Jeudi 3 avril 2008
par Pax-Christi publié dans : l'islam communauté : Religions en toute liberté recommander

 

 PARIS (AFP), 3 avril 2008 -

Les faux souvenirs induits, la vente multi-niveaux, certaines techniques de coaching en entreprise et le datura font partie de la moisson de la Miviludes (Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires) dans son rapport 2007 publié jeudi.

Il s'agit du 5ème rapport annuel de la Miviludes, au coeur d'une polémique le mois dernier, après les propos de la directrice de cabinet de Nicolas Sarkozy, Emmanuelle Mignon, estimant qu'outre ce travail annuel, "la Miviludes ne fait rien".

Le rapport fait également le point sur les techniques de lobbying des sectes auprès des organismes internationaux, à partir de l'exemple de l'OSCE (Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe), et sur le phénomène du satanisme qui concernerait de près ou de loin environ 25 000 personnes en France, dont 80% de moins de 21 ans.

Il pointe aussi le néo-chamanisme et l'usage d'une substance, le datura, plante courante aux fleurs très parfumées et réputée toxique, qui tend à remplacer l'iboga, inscrit au tableau des stupéfiants.

"Les sectes évoluent mais elles sont toujours là", estime Jean-Michel Roulet, président de la Miviludes qui souligne qu'à partir de 2000 elles se sont "engouffrées" dans le domaine de l'accomplissement de soi, les unes dans l'humanitaire, les autres dans les techniques de "recherche de son moi profond".

Le travail sur la mémoire est une des bases de la psychanalyse, en revanche "le +faux souvenir induit+ résulte de techniques d'autosuggestion ou d'une influence indue qu'exercent certains thérapeutes". Ceux-ci "manipulent" le patient en l'amenant à se rappeler des abus -souvent à caractère sexuel- subis dans la petite enfance qui constituent le "syndrome du faux souvenir induit", dévastateur pour le patient lui-même et pour sa famille.

Le phénomène est apparu aux Etats-Unis dans la seconde moitié du XXème siècle et "se développe de manière inquiétante en France".

C'est aussi au nom de la "sujétion de l'individu" que la Miviludes s'est intéressée à la vente multi-niveaux, qui consiste à vendre des produits ou services, le plus souvent liés au bien-être, et à convaincre les acheteurs de devenir vendeurs à leur tour. Ils n'ont pas de contrat de travail, sont rémunérés au pourcentage, et les plus convaincus finissent par quitter leur travail et ne plus fréquenter que les membres du réseau.

Autre risque d'embrigadement avec l'application au coaching en entreprise de la théorie des "constellations systémiques", inventée par l'américaine Virginia Safir à partir de l'observation des tribus en pays zoulou : le groupe - en l'occurrence l'entreprise - fonctionne comme un corps biologique où chacun a un rôle précis. Une des dérives est de considérer que chacun fait partie du groupe et que c'est au groupe de tout décider pour lui.

Le rapport 2007 consacre un chapitre à la "stratégie d'influence de la mouvance sectaire à l'international", notamment auprès de l'OSCE (Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe) et particulièrement d'un de ses organismes, le BIDDH (Bureau des institutions démocratiques et des droits de l'homme). Plusieurs mouvements - la Miviludes cite la Scientologie, les raéliens et les témoins de Jéhovah - viennent y dénoncer la lutte contre les dérives sectaires au nom des atteintes à la liberté religieuse. Toutes les interventions étant publiées, elles ont de ce fait une diffusion et une respectabilité assurées.

Une autre technique est de mettre en cause les acteurs de la lutte contre les dérives sectaires, en visant les personnes elles-mêmes ou en mettant en cause le bien-fondé des subventions dont elles bénéficient.

Ce rapport a été remis mercredi au Premier ministre, dont dépend la Miviludes.

Jeudi 3 avril 2008
par AFP publié dans : les dérives sectaires communauté : Religions en toute liberté recommander

dans le cadre de son cycle consacré à Jérusalem, la Cité de la Musique présente : "La Passion selon les Eglises orientales" : Soeur Marie Keyrouz en concert, jeudi 10 avril à 20 h à la Cité de la Musique, Paris.

Originaire du Liban, l’un des grands carrefours de rencontres de l’Orient et de l’Occident, Sœur Marie Keyrouz, incarne parfaitement la synthèse de la spiritualité méditerranéenne.

Accompagnée de son Ensemble de la Paix, composé de musiciens et de chanteurs chrétiens et musulmans, elle a publié au cours de ces dernières années nombre d’albums, salués par la critique unanime et devenus pour beaucoup des classiques. Le répertoire de Soeur Marie Keyrouz et l’Ensemble de la Paix est composé de messages de paix, d’élévation, de passion, d’offrande et de remerciement à Dieu.

Lamentations baroques, avec
Salomé Haller soprano - Adolphe Attia voix - Ensemble Pulcinella - Ophélie Gaillard violoncelle, direction.

Jérusalem, ville sainte détruite en 587, a été l’objet de célèbres déplorations (les Lamentations de Jérémie), avant d’être chantée sur le même texte (les " leçons de ténèbres ") par d’innombrables musiciens baroques à l’occasion de la semaine sainte. Le parallèle était en effet délibéré entre la passion d’un Christ sacrifié et la chute de la ville sainte.

Tarif 29 € en 1er catégorie, 24 € en 2e catégorie,

 

Réservations : tél. 01 44 84 44 84 
www.cite-musique.fr

Cité de la musique - 221 avenue Jean Jaurès 75019 Paris,  M° Porte de Pantin (ligne 5)

Jeudi 3 avril 2008
par Oeuvre d'Orient publié dans : l'islam communauté : Religions en toute liberté recommander

Fondée en 1856 par des laïcs, professeurs à la Sorbonne, l’Oeuvre d’Orient est une association catholique de bienfaisance régie par la loi de 1901 et placée sous la protection de l’archevêque de Paris. Les dons donnent droit à une réduction fiscale. L’aide va à des établissements scolaires, de soins et à des bourses d’études aux futurs prêtres et religieux, ainsi qu’aux centres de formation des catéchistes.

Son appel : " Les chrétiens de France au service des chrétiens d’Orient ".

L’association intervient en Ukraine, en Arménie, au Liban, en Israël et dans les pays musulmans du Moyen-Orient, jusqu’en Inde et en Ethiopie.

Dans plusieurs pays musulmans du Moyen-Orient, des églises sont attaquées, des prêtres et des évêques pris en otage et tués, des chrétiens menacés physiquement et écartés des responsabilités publiques ; les discriminations communautaires sont flagrantes et  la liberté religieuse remise quotidiennement en cause.

Œuvre d’Orient publie un bulletin trimestriel qui est une source d’information régulière sur la situation des chrétiens et des Eglises d’Orient ainsi que sur l’évolution des projets entrepris. Des spécialistes des religions et de l’Orient, journalistes ou hommes et femmes de terrain vous livrent leurs réflexions, analyses et témoignages. Et nous vous rendons compte de nos activités.

Au sommaire du n° 750, de janvier-février-mars 2008 :

I - Edito - Un nouveau départ par Mgr Brizard

II - Les Eglises syriaques - 6ème partie, par Harald Suermann

III - Les Arméniens d’Ispahan : un aperçu historique et ethnographique -4ème partie par Anne-Sophie Vivier-Muresan

IV - La laïcité est-elle possible en Egypte ? par Mgr Michel Chafik Youssef

V - Informations

VI - Vie des Eglises d’Orient

Ukraine : nouvel exarchat gréco-catholique à Lutsk

Les sœurs de St Joseph de Lyon : 100 ans de préence en Egypte

Mgr Sabbah : la paix est possible

VII - Témoignages oecuméniques 

VIII- Courrier : Egypte, Erythrée, Irak, Liban

IX - A lire

L'abonnement annuel est de 5 € incluant les frais d’envoi ; il comprend 4 numéros du bulletin par an et 4 lettres d’information. Il peut se faire en ligne ou par courrier à l’Oeuvre d’Orient - 20 rue du Regard 75278 Paris cedex 06

Abonnez-vous, faites un don, aidez les chrétiens d’Orient
avec l'Oeuvre d'Orient,
http://www.œuvre-orient.fr 

Jeudi 3 avril 2008
par Oeuvre d'Orient publié dans : l'islam communauté : Religions en toute liberté recommander
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