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13 août 2007 1 13 /08 /août /2007 17:13

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Georges Lecocq (1890 – 1984) est né le 7 novembre 1890 à Torigni-sur-Vire, chef-lieu de canton du bocage normand. Son père était chef de la police municipale. Sa famille était catholique. 

C'est lors de son service militaire à Cherbourg qu'il se convertit au protestantisme. Il n'avait pas fait d'études avancées et disposait seulement d'un brevet élémentaire, mais, à cette époque, c'était suffisant pour savoir bien écrire - et c'était son cas. Il écrivait d’ailleurs mieux qu'il ne parlait ; il sera cependant bon prêcheur et il avait le sens des relations. Dès qu'il arrivait quelque part, il rendait visite à de multiples personnes des lieux. 

Il fut d'abord employé dans une quincaillerie. Après sa conversion et souhaitant devenir pasteur, il suivit une formation au sein de l’Ecole de la cause de l’Evangile laquelle avait été mise en place par l’Union des Eglises réformées.

 

G. Lecocq exerça une fonction pastorale durant 15 ans à Alençon, " Grâce à son acharnement, à son attachante personnalité, son enthousiasme communicatif, il réunit les fonds nécessaires à la construction de plusieurs lieux de culte, telles les chapelles de Granville, de Bagnoles-de-l'Orne " (Marcel Schnepp). Selon Philippe Vassaux, l'un des plus beaux édifices qu'il construisit est sûrement ce temple de Bagnole. Il laissa le souvenir d’un grand bâtisseur !

 

Peu avant 1950, il fut nommé, à Nancy, aumônier militaire de la 6ème région. Il restera 58 ans dans cette fonction. Il fit la guerre d'Algérie. Lors d'un office à Nancy, en 1962, il proclama qu'un soldat du contingent, l’aspirant Brun, chef de sa section était mort en héros car il avait sauvé au risque de sa propre vie un camarade touché d'une balle. Mais, dans les milieux protestants en particulier, l'opinion à Nancy était franchement opposée à cette guerre d'Algérie. A cette époque des pasteurs protestants étaient même inscrits au Parti communiste. A Nancy, l’un de ses collègues, le jeune pasteur Mathiot (fils du pasteur Charles Mathiot de l'Eglise évangélique luthérienne de Vésoul),  écopa même 9 mois de prison pour avoir aidé les militants FLN à venir en France. On lui reprocha vivement son discours patriotique. Ses opinions en faveur de l'Algérie française étaient par ailleurs connues. Son supérieur s'entremit et lui proposa une affectation à Bordeaux, mais G. Lecocq estima qu'il devait rester à Nancy pour continuer son œuvre et refusa. Il fut alors relevé de sa fonction d'aumônier. L’intéressé s'entêta et préféra sortir de l'ERF et fonder sa propre Eglise locale indépendante !

 

Les première réunions se firent au centre Charles Wagner (du nom du pasteur protestant libéral, décédé en 1918, qui fonda en 1907 le " Foyer de l’âme " à la Bastille, à Paris), puis G. Lecocq, avec l’aide de plusieurs familles, construisit une chapelle qu’il inaugura à la fin de 1963 *. Il retrouvait là sa vocation de bâtisseur. P. Vassaux assista à la dédicace du nouveau lieu de culte, non pas tant pour ses convictions personnelles mais parce que G. Lecocq était pour lui " l’oncle Georges " - en fait non apparenté, mais c’était un grand ami de son père.

  * chapelle lefebvriste du Sacré-Coeur, rue du maréchal Oudinot

Le nouveau lieu de culte était bien placé, puisque sur les boulevards extérieurs. Une quarantaine de fidèles l’avaient suivi, pour la plupart venant des milieux plutôt conservateurs.

 Puis, G. Lecocq disposant d’une maison importante en centre-ville, il préféra vendre le lieu de culte (vers 1980 aux intégristes catholiques de Mgr. Lefevre) et continuer le culte à domicile. Puis il partit à la retraite, en 1984, chez les diaconesses protestantes de Strasbourg. Il passa ainsi ses trois dernières années de sa vie chez elles. Les familles qui l’avaient suivi réintégrèrent l'ERF.

 

Ph. Vassaux se souvint qu'il lui rendit visite lorsque " son oncle " avait 94 ans. Il avait encore bon pied bon œil. Il était venu le chercher à la gare avec sa voiture - mais la conduite laissait à désirer ! Ph.Vassaux dit avoir eu très peur. Les gens connaissaient la façon de conduire du père Lecocq et s'en amusaient.

 

Avant de mourir, le 6 août 1987, il fit une donation d’une part à ces diaconesses, d’autre part à l'Union protestante libérale (UPL) de Strasbourg, partie qui fut remis ensuite à l'Eglise Saint-Guillaume. Celle-ci fit construire un foyer "Georges Lecocq". L’UPL a, par ailleurs, subventionné la construction grâce au fond provenant de la vente de l'ancienne maison et siège de l'UPL de la rue de l'Epine.

Un culte fut célébré à St. Guillaume, mais l'enterrement eut lieu à Nancy, où Georges Lecocq avait conservé de nombreux amis.

 

Le foyer paroissial de Saint-Guillaume " Georges Lecocq ", situé dans la cour de l'église Saint-Guillaume, rue Ernest Munch à Strasbourg, accueille les nombreuses conférences de l'Union protestante libérale (UPL).  


Sources
  :  Marcel Schnepp (ancien président de l'UPL, article du 6 septembre 2005, sur le site de l’Union protestante libérale), Ernest Winstein (président de l’ULP, même article), Philippe Vassaux (entretiens téléphoniques des 24 avril 2003 et 13 juillet 2004).

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Published by Jean-Claude Barbier - dans les protestantismes
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