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19 janvier 2008 6 19 /01 /janvier /2008 09:31
Les Occidentaux - et les Français en particuliers - se vantent (abondamment) de leur démocratie. Ils donnent des leçons tout azimut comme naguère nos braves révolutionnaires de l’An I qui voulurent faire du bien aux peuples voisins en les envahissant ! Il s’ensuit une certaine absence d’esprit critique vis-à-vis de nos propres institutions … que ne sauraient faire oublier les flots de polémiques dont nous sommes chaque jour plus qu’abreuvés.

Parmi les partis politiques les plus donneurs (aux autres) de leçon de morale, de valeurs, de rigueur, de bonne gouvernance, de laïcité et de démocratie, le Parti socialiste vient d’accorder la liberté de vote aux députés qui sont inscrits à ses groupes parlementaire et sénatorial. Merci pour eux !


Ce parti revient de loin car, dans le sillage de la pensée unique marxiste, l’adhésion à la ligne majoritaire est un dogme, même si cette ligne s’avère purement conjoncturelle ou méandreuse. De même, toute collaboration d’un de ses membres avec d’autres acteurs ou instances politiques est considérée comme un délit de haute trahison avec excommunication à la clef (les apostats des temps modernes !). Je précise que, dans le paysage politique français, ce parti n’est pas plus sectaire que bien d’autres ! Il dispose d’ailleurs de ressources humaines de grande qualité.


Or, soudainement, ce parti accorde la liberté de vote à ses députés à propos de la signature du Traité européen. Par ailleurs, pour les communales, il a décidé de pratiquer, dès le premier tour,  une très large ouverture sur ses listes à des membres qui ne sont pas encartés chez lui ni sympathisants, alors que la même pratique est toujours considérée comme un crime de lèse-démocratie lorsqu'elle est d’initiative gouvernementale (lutte de classe oblige).


On aurait souhaité que ces bienheureuses décisions soient liées à des principes et non à des conjonctures difficiles pour lui (une cacophonie en son sein sur un sujet d’importance : la relance de nos institutions européennes).


Le MODEM, quant à lui, pourtant porteur d’une belle aventure politique à l’heure des dernières élections présidentielles, voit ses députés se défiler les uns après les autres, votant pour ainsi dire avec leurs pieds et retrouvant donc leur pleine liberté !


Que je sache, nos députés sont élus par le peuple
 et n’ont de compte à rendre qu’à lui seul.


Lorsqu’ils se réfèrent à leurs " électeurs ", pensent ils seulement à ceux qui ont voté pour eux ou bien à tous les habitants sans exception de leur circonscription ?


Les partis politiques ne sont là que pour aider et non pour s’ériger au-dessus d’eux. Je ne comprend pas les députés qui, bien qu’élus, se transforment allègrement en godillots, en bénis oui-oui, en perroquets, en polémiquards, chargés de répondre au quart de tour à tous les faits et gestes des " adversaires ", des " ennemis ", des " traites ", de les pourfendre illico presto, sans pitié. 

Les solidarités (légitimes) au sein des formations politiques ne doivent pas aller à l’encontre de la liberté de conscience ni transformer nos députés en partisans sectaires à la solde de leur parti (mon parti a toujours raison, les autres ne peuvent qu’être dans l’erreur, ce ne sont d’ailleurs qu’affreux jojo menteurs, qu’hypocrites qui cachent leur jeu, qu’ennemis dangereux, etc.).


A quand aurons nous des familles politiques, inspiratrices pour leurs adhérents, respectueuses de leurs choix, lieux de formation, d’information et d’échange, et non des machines de guerre électorale ?


J’observe une bien plus grande retenue de la part des acteurs religieux de toute religion, 
du moins pour ceux que nous avons en France. 


Alors que le phénomène sectaire a été relativement contenu dans le paysage religieux français, nombre de nos partis politiques se permettent encore des comportements qui relèvent de la dynamique partisane la plus brutale : tous les arguments (tous les coups) sont bons, même s’ils sont contradictoires entre eux, pour rafler la mise électorale. On s’attaque aux personnes mêmes, à leur vie privée, à leur psychologie (après avoir dit bien entendu que c’est un pur débat d’idées !). On aboie au loup à tout propos sans chercher à comprendre les propos des autres. 


Démocratie ou démagogie ?


Rien n’est plus vain (au sens où l’entend le Quohelet) que des personnes ou des instances qui disent détenir la vérité et que " les autres " sont dans l’erreur la plus absolue. Or, le bon usage de la raison et l’action altruiste traversent nos partis politiques comme nos communautés religieuses. Elles ne sont le monopole d’aucun.
 

La liberté de penser et de conscience
et de choisir en conséquence 
est très chère au cœur des unitariens

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Published by Jean-Claude Barbier - dans les dérives sectaires
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