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28 février 2008 4 28 /02 /février /2008 17:47

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Depuis de nombreuses années, les écologistes et les alternatifs ne cessent de tirer la sonnette d’alarme. Nous consommons manifestement de trop et, sans doute tout excités comme des poux par la publicité, nous voulons toujours ce qu’il y a de plus beau, de meilleur, de nouveau. Nous avons décollé, bien au-dessus des produits de base et de première nécessité. Certains se lovent dans le confort et le luxe, et s'exhibent au regard des nécessiteux - à commencer par la pub et la presse people qui donnent le ton de la demesure.


Les enquêtes montrent que la baguette classique est délaissée au profit des pains mignons (eh oui !) mais le même consommateur se plaint la bouche pleine que c’est devenu plus cher. Les produits de base sont considérés comme de qualité insuffisante et délaissés au profit de produits plus sophistiqués, du moins mieux présentés.


On demande toujours plus à l’agroalimentaire en terme de précaution (emballage, date de validité garantie, durée de conservation, traçabilité, prêt à cuire, etc.) ; on souhaite des légumes et des poissons de contre saison, des produits exotiques. 


Il demande toujours plus de revenus tout en consommant toujours plus.  C'est une véritable course en avant. Mais que vaut l’augmentation des salaires s'il y a inflation, si la spéculation immobilière va bon train et s’il faut aller travailler de plus en plus loin, si les grosses envies augmentent, si les extras se multiplient, si on ne refuse rien à ses chers gamins, surtout pas les jouets et les marques célèbres  ?


Il faudra bien que le consommateur européen envisage, pour le maintien de son niveau de vie, une limitation drastique de ses désirs et de son confort et un changement d'habitudes, de mode de vie.


Le consommateur en arrive à être non seulement gavé (çà c’est pour les plus aisés qui peuvent se le permettre, mais aussi pour beaucoup d’autres qui préfèrent s’endetter afin d’avoir tout immédiatement), mais surtout bourré de contradictions. 


On voudrait que les prix n’augmentent pas mais quid alors du niveau de vie des producteurs ? qui sont aussi des consommateurs ... On voudrait des produits du monde entier mais quid de nos agriculteurs, pêcheurs, entrepreneurs ?

 

C’est là qu’il y a une véritable implosion d’un système basé sur toujours plus de consommation individuelle, et qui est vite rattrapé par la concurrence internationale.


Et si on retournait à nos marchés locaux, à une économie territorialisée où l’on a pas tout mais dont les produits sont ceux d’un terroir non surchauffé, au rythme des saisons, où les produits sont sains, sans cellophane. Un commerce équitable non seulement pour les produits du Tiers-monde, mais aussi pour nos paysans qui sont entrain de disparaître à vue d'oeil.


Et puis si l’on veut qu’il y ait augmentation de la consommation pour stimuler la production, alors aidons les plus pauvres (de notre pays et du monde entier) à accéder eux aussi à un minimum de consommation moderne.


Bien des évidences économiques sont entrain de sombrer comme le Titanic : l’augmentation de la consommation comme stimulant à la croissance, la régulation des prix par la simple concurrence, l’économie mondiale au profit de tous, l’Etat providence qui doit tout faire, etc.


Tout système a ses avantages, mais aussi ses limites, ses perversités, ses emballements, ses dysfonctionnements, ses manipulateurs, ses agents véreux, ses voyous, ses victimes, en économie comme ailleurs. A nous de les contrôler.
 


Il est par exemple surprenant que la publicité soit entrée tout doucettement dans nos moeurs, que plus personne ne la critique, alors qu'elle a des effets pervers manifestes : elle s'ajoute au coût des produits (eh oui !), pousse à la consommation ostentatoire et superflue, crée des envies et des manques psychologiques, joue en faveur des plus grosses entreprises, des grandes marques, coupe notre attention sur le petit écran, nous infantilise avec ses gamineries et ses exhibitions sexuelles, nous gave de répétition et d'omniprésence, et qui plus est ne fournit aucune information objective. Plus nocive, je meurs !


Certes les unitariens n’ont pas de compétence spéciale en matière économique, mais ils savent qu’il faut se méfier des vérités absolues et des évidences admises qui ressemblent fort aux dogmes et aux enfermements idéologiques d’autrefois.




Le consommateur moderne n’est guère économe. Les choses (un peu) usagés ne se réparent plus, mais elles se jettent et se remplacent à un rythme qui aurait donné le vertige à nos parents. L’eau du robinet coule à flot à chaque lavement des mains. L’électricité fait désormais partie du décor permanent.

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Published by Jean-Claude Barbier - dans Europe
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