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5 mars 2008 3 05 /03 /mars /2008 09:43
La division des chrétiens est largement surfaite. Notre message précédent montre bien que les théologiens catholiques et protestants se sont, depuis plusieurs années déjà, mis d’accord en constatant que les différences existantes n’empêchent nullement l’inter communion et la reconnaissance mutuelle des baptêmes. Il en va de même avec les orthodoxes.


Les négociations théologiques ont déjà été faites, le dégel est réalisé, les exégètes et traducteurs de bible travaillent ensemble, les fidèles aspirent au dépassement des querelles anciennes (auxquelles ils n’y comprennent d’ailleurs rien), les autorités religieuses se rencontrent et se congratulent. Il ne s’agit donc plus d’un face à face qui s’éterniserait en pourparlers, en commissions, en compromis.


Alors de quoi s’agit-il ? que reste-t-il comme obstacle à franchir ?


Eh bien tout simplement l’entêtement d’une partie dominante de l’Eglise catholique romaine qui, nonobstant ses théologiens, crosse les prêtres qui osent co-célébrer des eucharisties / cènes avec des pasteurs (ce qui est parfaitement admis en privé avec accord de l’évêque local, mais condamné en public ! Ô hypocrisie du Droit Canon !), redit (bêtement) que les autres – à savoir les " séparées " - ne sont pas des Eglises mais seulement des communautés (car il y en n’a une seule Eglise ! la ECR * bien entendu) à qui il manque un je ne sais pas quoi d’excellence (ce serait le monopole de l’ERC !), maintient la fiction thomiste d’une transformation réelle / magique des espèces, etc.
 
* ECR Eglise catholique romaine, dite Eglise tout court par certains historiens ou journalistes qui oublient allègrement les autres Eglises. Rappelons qu'il existe des Eglises catholiques qui ne se réfèrent plus à Rome.


On est en plein délire … catholique qui n’engage, précisons le, qu’une partie de la hiérarchie bcbg. Il s’agit d’un combat d’arrière garde, tout à fait caractéristique des rigidités institutionnelles, des géants au pied d’argile qui ne savent pas s’adapter et se condamnent ainsi d’eux-mêmes, de l’existence d’élites réactionnaires dont les victoires ne peuvent être que temporaires et occasionnelles, à la Pyrrhus.

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Les Réformes du XVI° siècle européen ont constitué, pour le christianisme dans son ensemble (et pas seulement pour les protestants), un progrès remarquable par un retour direct aux Ecritures et leur meilleure connaissance, par des traductions de la Bible basées sur l’hébreux et le grec, par une réflexion sur le rôle de l’Eglise, celui des ministres, sur la signification spirituelle de la Cène, par l’accent mis sur la responsabilité pleine et entière des communautés de base, chacune participant à l’Eglise universelle, etc. Ces progrès furent partagés par les " humanistes " de ce siècle qu’ils soient restés catholiques (comme Erasme) ou qu’ils aient choisi l’une des voies protestantes.


Aujourd’hui, un grand nombre de catholiques, clercs et laïcs, rejoignent tout à fait cette avancée du christianisme : réforme ecclésiale du diocèse de Poitiers par Mgr Albert Rouet, réflexion des dominicains néerlandais sur le ministère et la présidence des assemblées eucharistiques, célébrations libres effectuées en France par la Fédération des réseaux des Parvis, etc.


Nous avons salué ici cette mobilisation de catholiques (à l’encontre d’une partie de leur hiérarchie), voir notre rubrique " catholiques libres en action ". Les chrétiens unitariens ont lancé un appel au travail en commun avec ceux-ci (au-delà d’une simple bonne cohabitation), bien que notre tradition soit d’origine " protestante " (voir notre article à la Une " Faut-il frayer avec les catholiques ? ", Correspondance unitarienne, n° 57, juillet 2006).


Jusqu’à quand certains cadres réac de l’ECR, dans la cour vaticane de Benoît XVI et avec celui-ci, continueront-ils à mener la danse envers et contre leur propre peuple ? 


A la grande honte des catholiques qui souhaiteraient assurément plus d’intelligence de la part des voix " officielles " qui les représentent, qui sont gênés lors des rencontres dites " œcuméniques ", à qui on fait croire qu’il y a encore des difficultés, des obstacles et que le Saint-Esprit a encore besoin de souffler très très fort ...

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Published by Jean-Claude Barbier - dans l'oecuménisme
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