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25 mars 2009 3 25 /03 /mars /2009 18:30

Si le pape a tenu des propos tout à fait contestables tant dans leurs formes (abruptes et sans explication), que dans leur contexte (des paroles brutales avant de prendre contact avec les réalités africaines), et dans leur fond (le préservatif est nécessaire), il n'en reste pas moins que la distribution des préservatifs - s'il faut bien la faire - ne va pas sans une éducation sexuelle ... et morale. Des évêques le rappellent et disent que l'efficacité de ce moyen passe par là.

Mgr Maurice E. Piat, Evêque de Port-Louis, tient à souligner que le pape a tout à fait raison lorsqu'il dit que le problème du sida ne peut être réglé simplement en distribuant des préservatifs. 
Mgr Piat avait développé la raison pourquoi il en est ainsi dans son message de Noël 2005 où il avait dit notamment ceci : 

Des recherches ont été faites en Afrique du Sud par des organismes surpris de voir la maladie se répandre très vite malgré les tonnes de préservatifs déversés dans les lycées, les collèges, les universités, etc. Ces recherches ont révélé ceci : quand des gens bien intentionnés viennent dans des collèges faire des campagnes d’information et de prévention par rapport au SIDA et qu’ils proposent le préservatif comme seul moyen de prévention, ce qui se passe en fait c’est que des jeunes qui jusque là s’abstenaient de relations sexuelles par peur du SIDA, comprennent alors qu’ils peuvent avoir des relations sexuelles autant qu’ils en veulent, en toute sécurité, pourvu qu’ils se servent du préservatif. Alors ils commencent à avoir une vie sexuelle active et souvent dispersée en se protégeant avec le préservatif.

Après un temps, soit eux, soit leurs partenaires commencent à en avoir assez du préservatif « gêneur », ou bien ils négligent d’en avoir toujours sous la main, et de plus en plus ils prennent des risques en ayant des relations sexuelles non protégées. Et c’est souvent ainsi qu’ils attrapent le virus et deviennent des agents propagateurs de la maladie. Ce qui est grave ce n’est pas de se servir d’un préservatif si on ne peut s’empêcher d’avoir des relations sexuelles à risque et qu’on veut se protéger ou protéger sa partenaire. Mais ce qui est vraiment grave, c’est de laisser entendre aux jeunes qu’ils peuvent avoir la vie sexuelle la plus désordonnée qui soit avant le mariage et qu’ils seront toujours en sécurité pourvu seulement qu’ils se servent d’un préservatif
.  

Le Pape a fait appel à un certain sens de la dignité humaine dans la manière de vivre la sexualité. De fait, dans un pays comme l’Ouganda, c’est grâce à une campagne d’éducation en vue d’une abstinence avant le mariage et la fidélité dans le mariage que le taux de propagation de l’épidémie a sensiblement baissé ces dernières années. 

Ceci dit, il n'y a pas de contradiction entre ce qui a été dit plus haut et le devoir de quelqu'un qui serait infecté par le sida de protéger la vie de son conjoint en utilisant le préservatif pour ne pas l'infecter.
Pour prévenir l’expansion du sida d’une manière durable, il faut croire en la capacité des jeunes de vivre une sexualité épanouie et responsable dans les paramètres de la fidélité et de l’abstinence dont le slogan est « True love can wait » (le vrai amour sait attendre). Le changement de comportement auquel sont conviés les jeunes est un processus à promouvoir et par les adultes et par les jeunes eux-mêmes. Des campagnes de distribution tout azimut de préservatifs laissent entendre que l’épidémie peut être jugulée par des moyens purement mécaniques. Or, pour être durable, ce combat doit aussi faire appel à des ressources humaines plus profondes et plus solides sur le long terme. 

Evêché de Port-Louis

document transmis au réseau de la Correspondance unitarienne par Philippe de Briey (Belgique)

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Published by Mgr Maurice E. Piat - dans paroles d'évêque
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