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13 mai 2009 3 13 /05 /mai /2009 12:56

Il faut bien entendu tout faire pour que chacun puisse avoir un accès le plus aisé possible à la culture. Nous sommes ici les héritiers de l’Ecole publique mise en place par la IIIème République. Nous en sommes fiers. Jaurès, nous le revendiquons nous aussi. Mais, que je sache, les bibliothèques d’Ecole, les médiathèques et les musées achètent jusqu’à présent (tout en acceptant les dons) leurs livres, leurs disques et leurs tableaux et sculptures car il en va du respect du travail des artistes.

Il est de bon ton aujourd’hui de s’égosiller avec les Droits de l’Homme tout azimuts sans s’apercevoir des contradictions qui existent. En cela, certains partis politiques de France, de Navarre ou d’autres pays sont franchement démagogiques. Ils ne cessent de jouter dans l’enceinte de parlements nationaux ou européen ou internationaux au lieu de réfléchir tous ensemble et sereinement à la complexité des problèmes à résoudre.

Il s’agit, me semble-t-il de mettre en place des politiques cohérentes qui répondent au bien commun et non à des intérêts partisans. Les différences légitimes au sein des sociétés composites ne peuvent qu'être valorisées et enrichies par la synthèse qui en ressort, du moins chaque fois que celle-ci est possible.

L’Internet, comme tout espace publique, doit faire l’objet d’une surveillance responsable et civique des Pouvoirs publics (c'est leur rôle !) : non au porno, non à l’antisémitisme et au racisme en général, non aux campagnes de haine, non à la désinformation systématique des propos et de la pensée des autres, non au piratage des œuvres d’autrui.

Ici, je suis personnellement éditeur de plusieurs sites (les Actualités unitariennes et La Besace des unitariens) et publications (la Correspondance unitarienne, les Cahiers Michel Servet) et webmestre d’autres sites (le site de l’Assemblée fraternelle des chrétiens unitariens, AFCU, et celui de l’Eglise unitarienne francophone, EUfr). J’ai le droit, me semble-t-il, à la maîtrise de ce que j’écris en tant qu’auteur. C’est là un droit fondamental et inaliénable de propriété intellectuelle.

Libre à moi de décider que mes textes pourront être copiés ou non (c’est une décision technique qui est offerte par Internet), pourront faire l’objet de commentaires (cas pour le site de l’Eglise unitarienne francophone) ou non. Pour la reproduction des textes, illustrations et vidéo, il est d'ailleurs de bon ton entre éditeurs de donner ses sources, d’indiquer les reproductions, de se renvoyer la balle comme on dit. C’est ainsi que la culture circule dans le respect de tous.

C’est aux musiciens et aux chanteurs de décider du circuit économique qui leur permet de mettre leurs œuvres à la portée de tous. Certains pourront se montrer très ouverts, d’autres élitistes ; c’est leur choix.

Le piratage, comme son nom l’indique, est un vol. On peut tourner autour du pot au nom des grands principes, cela reste un vol, avec des complices bien entendu et puis des laxistes qui semblent se multiplier par les temps qui courent. Dieu qui, paraît-il nous envoya les 10 commandements, doit bien rigoler en haut de son Ciel en voyant comment nous nous ingénions à contourner la morale, à commencer par d’éminents hommes et femmes politiques censés pourtant faire avancer notre sociabilité, notre civilité et nos citoyennetés !

Les Internautes auraient-ils tous les droits, y compris celui de piller ? Certains proposent qu’on adresse la facture aux opérateurs (à Over-blog dans notre cas ?) ; ce serait plus facile, moins compliqué disent-ils, et puis cela plairait aux jeunes *. Ben voyons ! aux opérateurs de payer nos frasques ou ceux de nos chers petits qu’on ne doit priver de rien (j’ai entendu cela ce midi sur la chaîne de télévision " Public Sénat ").
* à la veille d'élections européennes et d'autres dans l'avenir, c'est important d'y penser !

Ainsi vont nos débats publics, à coup d’argumentaires ... et non de réflexions concrètes.

réaction critique d'un ami, le 23 mai 09

"Cher Jean-Claude. Bien que je sois moi-même " victime " du piratage et soucieux comme auteur et journaliste de la protection des droits d'auteur, je pense que ton analyse est trop rapide et trop moralisante. Je pense que ton erreur est de focaliser sur le mot " piratage " qui est employé ici dans un sens provocateur et festif, mais qui derrière les mots traduit la recherche d'une évolution du droit d'auteur, évolution rendue nécessaire et inéluctable par les nouvelles technologies.

Je n'ai pas de réponse toute faite sur le sujet. Je sais que les auteurs sont partagés et notamment les auteurs et compositeurs de chants et de musiques, qui se sont souvent sentis bernés par le système traditionnel des droits d'auteur qui les prive d'une grande partie de ce qui devrait leur revenir aux profits de sociétés chargées de percevoir ces droits dont elles ne redistribuent qu'une faible partie, auteurs et compositeurs qui voient avec Internet la disparition du monopole de ces sociétés.

Une partie de la problèmatique actuelle vient de l'attachement excessif de notre société à la notion de propriété privée. Ce qui est important, c'est de trouver un mode de rémunération des auteurs vivants et je suis tout à fait pour que leurs oeuvres tombent dans le domaine public beaucoup plus tôt que cela n'est prévu aujourd'hui.

Quand Sandrine Bélier, tête de liste Europe Ecologie dans l'Est explique pourquoi elle signe le Pacte pour les libertés numériques  (
lien), je ne sais pas si elle a raison, mais je pense qu'il y a de bonnes raisons de se méfier du projet de loi gouvernemental, et que  contrairement à ce que tu dis il y a dans les débats publics des propositions concrètes et morales, même si tu penses qu'elles sont erronées ...

Il me semble en revanche que la décision prise par le Parlement européen va dans le bon sens (
lien). Et pour le point de vue des journalistes, tu peux aller voir le site des journalistes de Toulouse et Midi-Pyrénées (lien).

Cordialement. Régis Pluchet"

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Published by Jean-Claude Barbier - dans la culture Internet
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