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5 juin 2009 5 05 /06 /juin /2009 09:42

Ce jeudi soir 4 juin, sur le plateau d’"A vous de juger", dans la toute dernière ligne droite de la campagne européenne, Arlette Chabot a eu fort à faire pour maîtriser le débat entre huit ténors politiques invités sur France 2 : des injures entre certains se traitant de "menteur", de "minable" de "non présidentiable", etc. Même la journaliste fut envoyée au diable par un protagoniste !

En quoi notre démocratie est-elle malade ? nonobstant ceux qui, avec lyrisme (durant cette émission du moins), on dit vouloir l’exporter aux quatre coins du monde connu ... tout en en donnant (le temps de cette émission du moins) un spectacle bien lamentable !

Il y a d’abord une question de définitions à rappeler : comme par exemple la différence entre le libéralisme économique "sauvage" et le libéralisme économique régulé par l’Etat et les instances internationales, entre les conversations menées avec la Turquie pour un partenariat privilégié et celles concernant son adhésion à l’Europe communautaire, sur ce qu’on appelle un sondage d’opinion (qui n’est point le résultat électoral bien entendu !), etc. Sans le rappel de ces définitions, les discutants ne parlent pas de la même chose.

Dans le même sens, le rappel, par un historien ou un journaliste, des évènements passés, de la chronologie d’une question en cours, des réactions et des interprétations auxquelles ils ont donné lieu, de la présentation des statistiques, de leurs sources et de leur fiabilité, des sondages d’opinion, etc., ceci afin d’éviter les négationnismes de plus en plus fréquents de nos jours, chacun se réinventant une histoire qui l’arrange en traitant allègrement l’autre de menteur, de manipulateur, d’hypocrite, etc.


Il faut savoir surtout que notre "démocratie" a mis en place une foire d’empoigne à tous les niveaux en valorisant la compétitivité agressive, l’interpellation impertinente au nom du franc parler, le bagout pour monopoliser la parole au détriment des autres, les argumentaires à la place de la réflexion, l’accusation des autres et les procès d’intention comme attaque ou contre attaque, etc. Naguère c’étaient les Eglises et autres communautés religieuses qui s’arrogeaient ainsi l’exclusivité de la Vérité et du quoi faire et les leçons à donner aux autres ! Depuis, les partis politiques ont largement pris le relais.


Chaque débat entre hommes politiques ou encore entre journalistes "militants" / partisants tourne désormais au marché aux braillards. L’un n’a pas encore fini de s’exprimer que des rafales de mitraillette arrivent déjà ! Les partisans (naguère les dévôts des Eglises) applaudissent à tout rompre et comptent les coups ! Le système est idéologiquement tribaliste.


Il y a de toute évidence une question d’éthique. Ne faudrait-il pas rappeler aux uns et aux autres que tout dialogue repose sur l'honnêteté, la réflexion sincère, l'écoute de l'autre et non sa caricature, l'humilité aussi vis-à-vis des problèmes à résoudre et les grands enjeux.


Et puis ne faudrait-il pas aussi que les organisateurs se montrent plus fermes dans le respect des règles du jeux : certes la spontanéité a ses charmes mais l’indiscipline tourne vite à la confusion. Un bon exemple sur la façon de procéder : le Parti socialiste avait parfaitement réussi ses primaires aux dernières élections présidentielles en dépit des forts antagonismes qui existaient alors entre ses candidats ; ceux-ci s’étaient exprimés à tour de rôle.

Certes l’agressivité lors des débats à la télévision amuse la galerie, fait bondir les audiences, mais ne donne guère un bon exemple. Ceci dit, c'est intéressant, je l'avoue, de voir les hommes et les femmes politiques en pleine spontanéité (comme s’ils se déshabillaient devant nous*) même si cela parfois/souvent laisse pantois ! Au moins, nous voilà prévenus qu’ils sont bien humains …

* allusion à la série télévisée "Streap tease, déshabillez-vous".


Serais-je nostalgique d’une culture ancienne de la proximité où l'on apprenait à se respecter soi-même pour respect à autrui (et bien entendu pour soigner sa bonne réputation !). Aujourd’hui, on apprend plutôt à se lâcher ! Cela peut avoir des avantages ... et des désavantages.

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Published by Jean-Claude Barbier - dans vive l'inter-convictionnel !
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