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12 juin 2013 3 12 /06 /juin /2013 00:38

Communiqué de presse de Véronique De Keyser, vice-présidente du Groupe Socialistes & Démocrates au Parlement européen (le vote est prévu ce mercredi 12 juin).

La santé et l’éducation assujetties à des choix religieux : il faut dire NON au rapport Andrikiené, s’insurge Véronique De Keyser Le Parlement européen va voter cette semaine à Strasbourg le rapport Andrikiené.  C’est-à- dire, des Lignes de conduite afin de promouvoir et de protéger la liberté de religion et de conviction dans le monde. Qui pourrait être contre l’idée de protéger la liberté de religion et de conviction ? 

Le problème, c’est ce que Madame Andrikiené, une eurodéputée lituanienne du Parti populaire européen, a fait de la proposition initiale de la Commission.  Elle l’a transformée en un véritable brûlot religieux.  Si on la suit dans son rapport, rien ne permettra plus de s’opposer au créationnisme dans les écoles, rien n’obligera les élèves à suivre des cours de biologie, de gymnastique ou de natation, rien ne permettra d’empêcher des pratiques médicales religieuses dangereuses ou rétrogrades. Pour ce qui est de l’éducation « le droit des parents d’éduquer leurs enfants conformément à leur convictions qu’elles soient religieuses ou pas, inclut le droit de dénier toute interférence indue dans cette éducation, qu’elle provienne d’acteurs étatiques ou non étatiques, si elle est opposée à leurs convictions, qu’elle soient religieuses ou pas ». 

Je n’ose imaginer les dérapages possibles, religieux ou sectaires (car ce sont les pays qui définissent ce qu’ils considèrent comme religions ou associations philosophiques, pas l’EU) dans ces domaines. En fait ce rapport est aussi une contestation de l’idée d’enseignement officiel : le choix des parents de ce qui peut et doit être enseigné à leur enfant est, pour Madame Andrikiené, la référence ultime : quel recul dans la conception même de l’éducation ! 

Ne parlons pas ici de la santé et du droit des femmes : si ce rapport passe, les femmes risquent se heurter à l’objection de conscience de leurs soignants, sans garantie de leurs droits. L’objection de conscience est promue comme «  exercice légitime de la liberté de la liberté de pensée, de conscience et de religion dans les matières moralement sensibles »,  (avortement,  procréation assistée, euthanasie etc ).   En l’état, ce rapport est inacceptable.  Il a été rejeté par les Socialistes et Démocrates en Commission des Affaires Étrangères, et le sera encore en plénière s’il ne subit pas un lifting complet, c’est-à-dire si des pans entiers ne sont pas élagués par des votes de rejet.


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Communiqué de l'Observatoire Chrétien de la Laïcité (OCL).


Informé du rapport Andrikiéne , proposé au Parlement Européen, « pour promouvoir la liberté de religion et de conviction dans le monde », l'Observatoire Chrétien de la Laïcité (France) souligne le grave danger que ce rapport fait courir à la liberté de conscience qui consiste dans le droit des citoyens des pays démocratiques  de choisir librement leurs  convictions, c'est à dire  d'avoir une religion, de n'en pas avoir et  d'en changer librement. Contrairement à la notion de liberté religieuse qui consisterait selon ce rapport à défendre « le droit des parents d'éduquer leurs enfants conformément à leurs convictions qu'elles  soient religieuses ou pas » ce qui supposerait «  le droit de  dénier toute interférence  dans cette éducation qu'elle provienne d 'acteur étatiques, si elle est opposée à leur conviction qu'elles  soient religieuses ou pas » la liberté de conscience suppose la neutralité de l'Etat et d'un système scolaire, fondé sur l'éducation au savoir théorique et pratique, sur des méthodes communes  de transmission et d'élaboration des connaissances,  sur une pensée rationnelle commune et l'acquisition d'un esprit critique positif,  et permettant l'apprentissage vécu de la citoyenneté démocratique et  du "vivre ensemble dans le respect des différences ". Il serait désastreux pour tout système éducatif dans une société sécularisée de femmes et d'hommes libres d'y introduire l'obligation à enseigner des convictions particulières, à la limite sectaires ou délirantes ...
L'école n'est pas le prolongement de l'éducation parentale mais elle doit ouvrir l'enfant sur la vie sociale globale et sur la diversité légitime qu'inclut la liberté de conscience, et non imposer des points de vue particuliers  que ce soient  des croyances particulières voire  des idéologies (religieuses ou non) d'un Etat, en ce dernier cas non démocratique.
Le système éducatif ouvert à tous les enfants est de la responsabilité des Etat dans une  société sécularisée dans lesquelles l'Etat n'a pas à reconnaître, mais seulement à connaître, les diverses convictions et groupes de conviction des citoyens et s'adresse à  des enfants de toutes convictions. Ce qui implique une neutralité du système éducatif dans le domaine des croyances et la définition des moyens d'une éducation humaine à une morale citoyenne fondée sur les valeurs communes qui permettent de fonder une démocratie.

Jean Riedinger secrétaire l'O.C.L.

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Published by Véronique de Keyser et OCL - dans les dérives sectaires
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