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7 juin 2010 1 07 /06 /juin /2010 14:57

suite de l'article précédent


L’un des enjeux modernes de nos communautés religieuses réside dans la gestion de nos diversités internes. Il faut de la part des animateurs beaucoup d’attention aux uns et aux autres, ce que recommandait déjà Ignace d’Antioche au jeune évêque qu’était Polycarpe de Smyrne dans les années 110, mais aussi une bonne organisation démocratique : des responsables élus qui jouissent de la confiance effective de l’Assemblée et qui se situent au-dessus des courants et des sous-groupes s’il y en a, en tout cas qui soient ouverts à la liberté d’expression et aux diverses sensibilités.

Une démocratie « compréhensive » qui doit aller jusqu’à prévoir des espaces libres pour que des voix minoritaires, voire particulières puissent se faire entendre : des articles d’auteurs et pas seulement les communiqués « officiels » d’un bureau, d’un évêché, d’une Eglise institutionnelle, des sites indépendants et pas seulement des sites officiels (en cela les blogs sont une nouveauté tout à fait opportune), des forums (les groupes Yahoo ont été par exemple mis à profit par les groupes unitariens en émergence), des rubriques réservées aux prophètes (tient, "on" les a oublié ceux là ! dans la plupart de nos communautés chrétiennes alors qu’ils étaient bien présents au Ier siècle), voire même pour des coups de gueule et de saintes colères, etc. (c’est ce que les Actualités unitariennes ont fait avec la rubrique « à contre courant, la voix des prophètes »)

 

Que les « gendarmes », qui ont toujours peur des débordements, se rassurent : il existe des modérateurs pour les forums et les éditeurs de site indépendant engagent aussi leur responsabilité et respectabilité ! Et puis les auteurs, étant responsables de leurs propres textes, ont tout intérêt à en soigner la rédaction dès lors que c’est publié !

Contrairement au modèle épiscopal qui se met en place au IIème siècle et qui, au nom de l’unité de la communauté, veut tout contrôler, les responsables doivent tolérer, accepter, permettre des voix divergentes, encourager même la formation d’autres groupes, associations ou mouvements si les contradictions ne permettent plus un travail en commun dans de bonnes conditions. Chaque famille de pensée, chaque courant doit pouvoir s’exprimer et approfondir sa réflexion.

 

C’est d’ailleurs par cette dynamique que les convergences peuvent s’opérer à terme. Théodore Monod disait que nous empruntons des chemins différents mais que c’était pour atteindre un même sommet de montagne. Le Mahamat Gandhi invitait chacun à l’excellence de sa voie. Là aussi, n’ayons pas peur des frictions de départ, des dissidences et autres étincelles : les séparations visent une meilleur identité et cohérence, mais toutes sont appelées à la transcendance.

Les relations peuvent être maintenues sur la base du respect réciproque et du désir d’échanger. C’est là un apport du congrégationalisme où chaque communauté se gère souverainement (comme celles du christianisme du 1er siècle), apportant aussi une décrispation en permettant à chaque contestataire, dissident, schismatique ou hérétique … ou tout simplement entrepreneur religieux, d’organiser son propre groupe.

Des instances de coordination nationale ou internationale, fonctionnant comme des réseaux peuvent ensuite proposer des espaces de rencontre en laissant les groupes libres d’y adhérer ou non.

 

Les mouvances unitariennes fonctionnent ainsi : sur près d’un million de fidèles et sympathisants et la présence des unitariens dans tous les continents (lien), les groupes qui se tiennent à l’écart des autres sont rarissimes. Chaque pays a une instance nationale qui n’est pas du tout une fédération qui parlerait au nom de tous, mais qui est minimaliste et fonctionne comme un réseau sans vouloir se suppléer à ses membres ; c’est, pour la France, le Conseil des unitariens et universalistes français (le CUUC, mis en place en mars 2008) (lien ), et au niveau mondial l’International Council of Unitarians and Universalists (ICUU), lequel réseau s’avère parfaitement capable de mobiliser en toute fraternité les Eglises historiques restées à 100% chrétiennes et qui se disent protestantes, les chrétiens unitariens des autres pays, les universalistes qui sont des chrétiens considérant que le Dieu Amour sauve toute personne inconditionnellement et enfin des unitariens-universalistes dont la majorité sont d’autres croyants provenant d’autres religions (soufis, bouddhistes, baha’is, etc.), des agnostiques et des athées spirituels (voir notre éloge  de l’unitarisme universalisme sur le site de notre Eglise francophone).

à suivre ...

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Published by Jean-Claude Barbier - dans épîtres d'aujourd'hui
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