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7 juin 2010 1 07 /06 /juin /2010 14:35

Une communauté ou famille religieuse (groupe, association locale, mouvement, Eglise locale, réseau, fédération, etc.) a parfaitement le droit de se réunir sur la base d’une théologie, d’un credo, d’un manifeste, d’une tradition, etc., même si elle émarge à un champs religieux plus vaste.

 

Au sein de la mouvance unitarienne contemporaine par exemple les diverses composantes maintiennent leur propre identité : les Eglises historiques (en Transylvanie et Hongrie) qui se disent protestantes, les chrétiens unitariens qui se situent en continuité et qui ont rédigé un manifeste en août 2007 (lien ), les universalistes qui sont héritiers de la théologie du salut universel (lien ), les unitariens-universalistes qui se réfèrent à la charte signée à Boston en 1961, etc.

 

Conformément à ses valeurs, à sa tradition, elle est habilitée à faire entendre sa voix dans l’espace publique, en qualité de mouvement, de famille spirituelle, de mouvance * organisée et disposant d’instance commune, etc.
* sur la notion de mouvance religieuse, voir notre article  dans la rubrique « le vocabulaire religieux » du site des chrétiens unitariens

 

Elle doit toutefois le faire conformément à sa nature : elle n’est pas un parti politique ! Elle n’est qu’une voix parmi d’autres au sein de la société civile, et doit donc respecter les autres et éviter les tentations intégristes et d’hégémonie. Etre non violente, etc.

Enfin et surtout respecter les sensibilités de ses membres. Trop de positions hâtives mènent à des scissions après le forcing de meneurs militants ou des décisions sans concertation suffisante. Il vaut mieux des articles d’auteurs plutôt que des décisions d’appareil ; une liberté d’organisation locale plutôt que des règles uniformes, des synodes qui invitent à faire ceci ou cela plutôt que des décisions à appliquer du jour au lendemain. Au lieu de vouloir prendre des positions à l’instigation des militants à juste titre engagés, les assemblées se doivent plutôt de soutenir les engagements individuels ou de groupes, lesquels – en cas de conflit – peuvent opérer dans les camps opposés : à chacun alors de vivre cela en faisant œuvre de paix !


Les Actualités unitariennes par exemple n’hésitent pas à prendre position sur des questions de société ; elles ont entre autres mené campagne contre le port du voile intégral. Mais elles l’ont fait avec des articles d’auteur, et puis aussi parce qu’il s’agit d’un site non institutionnel, n’engageant donc pas « officiellement » toute la mouvance unitarienne française / francophone. Par ailleurs, l’existence d’un réseau (celui de la Correspondance unitarienne, fondé à Bordeaux en octobre 2002) et d’un forum (le groupe Yahoo Unitariens francophones, fondé en avril 2005 et qui a quelques 110 membres à ce jour) (lien) permet aux responsables et animateurs d’être attentifs aux avis, aux réactions des uns et des autres, de donc de tenir compte des sensibilités diverses, de mieux naviguer, d’éviter les excès, de ne pas faire du forcing par conviction personnelle, à tenir compte des avis opposés.


Au lieu de vouloir prendre des positions communes, une communauté religieuse a tout intérêt à soutenir les engagements individuels de ses membres, à les valoriser, à les faire connaître, même s’ils sont non seulement divers mais contradictoires – car la vérité n’est jamais d’un seul camp et les questions à résoudre sont plus complexes que les seuls faits qui ont motivé l’engagement initial des militants. Une réflexion élargie doit être organisée avec des débats contradictoires et des synthèses lorsque celles-ci sont possibles. A défaut de consensus, le compromis n’est nullement honteux lorsqu’il permet d’arriver à une étape en gardant la cohésion de la communauté et en attente d’autres progrès ultérieurs.

Loin des fanatismes, loin des forcing militants, mais aussi loin des ronronnements paroissiaux, les communautés religieuses peuvent être des milieux d’apprentissage du vivre ensemble, de la démocratie. C’était là une idée
forte du théologien unitarien américain James Luther Adams (lien) face à la montée du nazisme en Europe dans les années 1930.

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Published by Jean-Claude Barbier - dans épîtres d'aujourd'hui
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