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3 octobre 2011 1 03 /10 /octobre /2011 02:35

Un-chemin-de-memoire-sur-les-pas-des-Huguenots.jpg« Sur les pas des Huguenots » ( lien) est un projet de coopération mené dans le cadre du programme européen « LEADER » par cinq Groupements de communes allemands et deux Groupes d’Action Locale français, le GAL des Calades et des senteurs et le GAL Pays Diois. Il consiste en la création d’un sentier international de grande randonnée suivant le tracé historique de l’exil des Huguenots dauphinois vers la Suisse et l’Allemagne après la révocation de l’édit de Nantes, le 18 octobre 1685. Le sentier part du Poët-Laval dans la Drôme pour atteindre Genève puis Francfort-sur-le-Main et se termine à Bad Karlshafen au nord de la Hesse en Allemagne. Il est long de 1400 km, ce qui en fait l’un des plus longs chemins de randonnée européens. Il est connu aussi sous l’appellation populaire et humoristique de « Chemin de Saint-Jacques de Compostelle des parpaillots » !


Entre le 20 et le 23 octobre 2011, dans la Drôme, des « Voix d’exils » résonneront dans les vallées de Vèbre, du Roubion et du Jabron. Trois vallées, qui après la révocation de l’Édit de Nantes, ont vu partir bon nombre de leurs habitants. Elles qui se situent au départ du sentier « Sur les pas des Huguenots ». Ces vallées sont accessibles par autocars à partir des gares SNCF de Montélimar ou Crest. Les offices de Tourisme de Saoû-Soyans-Francillon (tél. : 04 75 76 01 72), de Bourdeaux (tél : 04 75 53 35 90) et de Dieulefit (tél : 04 75 46 42 49) peuvent aider à trouver un hébergement. L’Agence Tzig’âne de Bourdeaux met à la disposition des pèlerins des ânes et des calèches entre Le Poët-Laval (Drôme) et Valleiry (Haute-Savoie). Voir le programme sur le site sus mentionné « Sur les pas des huguenots » ( lien)

sur-les-pas-des-huguenots.pngLe terme huguenot est l'ancienne appellation donnée par leurs ennemis aux protestants français pendant les guerres de religion. À partir du XVIIe siècle, les huguenots seront appelés religionnaires, car les actes royaux employaient le terme de « Religion prétendue réformée » pour désigner le protestantisme. Environ 200 000 ou plus d'entre eux (le chiffre de 300 000 est également avancé) ont dû quitter le territoire après les dragonnades à partir de 1680 et la révocation de l’édit de Nantes le 18 octobre 1685 par Louis XIV. Cet édit de Nantes interdit sévèrement toute émigration des huguenots et punit toute aide à l'émigration, obligeant à une extrême discrétion et à la francisation des noms. Les biens des huguenots étant récupérés dans l'illégalité, cette discrétion concerne aussi bien les bourreaux que les victimes. Les nombreux entrepreneurs huguenots qui ont dû prendre la fuite ont perdu leurs biens mais emporté le plus précieux, leur savoir-faire, car la plupart d'entre eux étaient à l'origine des artisans, qui ont ensuite pris des risques pour se reconstituer un patrimoine.

 

Fuite des élites, mais aussi les paysans sont nombreux à fuir dans les régions des Alpes, des Charentes et du Midi, car leur abjuration est jugée suspecte et n'empêche pas les persécutions. Colbert critique cette mesure et Dans son Mémoire pour le rappel des Huguenots, édité en 1689, l'ingénieur Vauban détaille l'ensemble des dégâts qu'a causé sur l'économie française le départ des artisans, marins et soldats protestants. Les Huguenots qui choisissent l’exil se retrouvent aux Pays-Bas, en Angleterre et en Allemagne, mais aussi en Afrique du Sud et dans le Nouveau monde.


Huguenot.sentier.jpg
Sur ce chemin mémorial des Huguenots, s’est greffé la terrible marche de l’hiver 1687 ramenant les "Vaudois" à Genève. En 1686, sous la pression du roi de France Louis XIV, le duc de Savoie persécuta les vaudois des vallées alpines, qui se réfugièrent d'abord à Genève, comme des milliers de huguenots. Après la « Glorieuse Révolution » anglaise de 1688, menée par une armée anglo-hollandaise composée à 20% de huguenots, qui mit fin au règne du catholique Jacques II, les rapports de force militaire changent en Europe. Le duc de Savoie Victor Amédée II accorda alors au Vaudois un édit de tolérance et ceux-ci furent autorisés en 1689 à faire leur "glorieuse rentrée" jusqu'à leurs vallées par un périple de 200 kilomètres, plein sud, le long des crêtes montagneuses. En 2010, les partenaires italiens du Piémont intègreront officiellement le projet avec les tracés de l’Exil et de la “Glorieuse Rentrée”, tracés qui traversent, de Turin à Genève, la Savoie française.


A noter que des dragonnades féroces avait déjà eu lieu à l’encontre des Vaudois du Piémont, une génération auparavant lors des "Pâques vaudoises" de 1655, ce qui obligea plus de 300 femmes vaudoises à venir se réfugier de l'autre côté de la frontière, dans le Queyras français, à Molines.


AnnaCharboniereTortured.jpg
Gravure illustrant le massacre des vaudois qui eut lieu en 1655 dans le Piémont, lors des dragonnades appelées les Pâques vaudoises. Une jeune femme est ici empalée ; elle s’appelait Anna et était la fille de Giovanni Charboniere della Torre.

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Published by Actualités unitariennes - dans les protestantismes
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