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8 novembre 2011 2 08 /11 /novembre /2011 11:02

suite de l'article précédent

 

Toutefois, la pérennisation de ces activités est loin d’être évidente. En dépit des efforts des fondateurs, les effectifs restent limités, les responsables trouvent difficilement la relève et doivent rester à leur poste ; pire, la relève générationnelle ne se concrétise pas. Même la « paroisse libre de Bruxelles » (4), qui est pourtant un bon modèle de paroisse autogérée et indépendante de la hiérarchie, ne se duplicate pas.
(4) voir notre dossier sur cette paroisse dans nos Actualités unitariennes à la rubrique « communautés religieuses en débat » ( lien)


gerard_warengheim_communautes.jpgTout se passe comme si les demandeurs voulaient avoir accès à des groupes libres, mais paradoxalement être rassurés par une légitimité cléricale. Les groupes de célébration libre qui se réunissent avec un vieux prêtre contemporain des années Vatican II (dont certains étaient très libéraux) marchent souvent mieux que ceux qui se retrouvent sans prêtre. Même un ancien prêtre mis sur la touche suite à un concubinage ou à un mariage reste rassurant. Gérard Warenghem, qui vante les mérites des communautés locales, évoque les groupes catholiques qu’il a animés au Gabon, mais il s’agissait de jécistes ou de jécistes devenus adultes, s’appuyant sur un mouvement soutenu et encouragé par la hiérarchie, lui même étant religieux (spiritain) et aumônier. Il propose, pour remplacer les prêtres, des « chargé(e)s de communion » élus par les groupes mais reconnus ensuite par l’évêque du lieu ; lire son livre : « La joie de vivre en  communauté en Afrique ou en Europe », publié aux éditions L’Harmattan en 2003, 202 p., collection "Chrétiens autrement", avec une préface de Mgr Jacques Gaillot, et visiter le blog qui le relaie (lien).


Par le prêtre ou le pasteur ou le rabbin ou l’imam, c’est le sentiment d’un accès plus aisé au sacré, un leadership mieux accepté, la garantie d’un bon niveau de connaissance des Ecritures et de la religion, l’accès gratuit à des locaux pour les réunions ; bref, une aventure dans les marges, mais sans aller jusqu’à une dissidence ouverte. Alors que la Fédération des réseaux du parvis s’est courageusement ouverte à des groupes hors Eglise (y compris d’autres chrétiens, protestants et unitariens), la Conférence catholique des baptisés de France (CCBF) reste frileusement dans le pré-carré ( lien).

 
Tout se passe comme si la contestation restait ponctuelle, par exemple à la suite de la révocation en 1995 de Mgr Jacques Gaillot de son siège épiscopal d’Evreux, mais que le soufflé retombait par la suite. En fait, progressivement, de guerre lasse, les gens quittent les paroisses, ne pratiquent plus leur culte, râlent dans leur coin. Gérard Bessière parle des derniers des Mohicans (lien). Il ne reste plus alors que des paroissiens conservateurs ou peu enclin aux réformes, ou encore non disposés à se lancer dans une contestation sans résultat à moyen terme. Certains bénéficient de l’accueil au sein de l’Eglise réformée de France (ERF) laquelle accepte le baptême des autres Eglises, les divorcés, les remariés, et qui, au sein des couples religieusement mixte, ne fait pas de différence entre les conjoints.


On ne mobilise pas les gens sans espérance, sans une lutte pouvant déboucher à court ou moyen terme. Or, l’Eglise catholique a des évêques fonctionnarisés qui sont nommés et non pas élus, qui sont mutés par décision d’en haut, des conférences épiscopales noyautées par les conservateurs, des synodes diocésains qui n’ont pas le droit de traiter de questions réservées au seul pape, etc. En conséquence, les militants patinent ; ils n’ont aucun levier de décision à leur portée. Parfois, la mutation d’un prêtre entraîne la grève de culte de la part des paroissiens (affaire Léon Laclau dans les Pyrénées Atlantique, voir notre dossier dans la rubrique « vies de prêtres » dans les Actualités unitariennes, lien), mais cela ne dure guère.

 

L’effet d’entraînement à partir d’un noyau de militants ne se concrétise pas, même si les opinions publiques (catholiques et non catholiques) sont largement acquises à la nécessité de réformes dans le sillage de Vatican II. Pire, les critiques adressées au pape actuel ont un effet de resserrement des rangs catholiques autour de leur Eglise qu’ils ressentent comme attaquée de toute part et une papolâtrie de défense se développe chez les jeunes catholiques comme en témoigne les Journées mondiales des jeunes (JMJ) (lien).

 

à suivre ...

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Published by Jean-Claude Barbier - dans communautés religieuses en débat
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