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8 novembre 2011 2 08 /11 /novembre /2011 10:32

suite des articles précédents

 

Alors, qu’est-ce qui marche par les temps qui courent ?


A l’autre extrême de l’éventail des croyances, nous pouvons constater la forte mobilisation des catholiques traditionalistes et/ou intégristes qui font église pleine lors des messes et dont les jeunes entrent au séminaire. Les jeunes prêtres en soutane et à col romain ont refait leur apparition, faisant fuir encore plus les catholiques réformateurs, mais, sans doute, rassurant certains. Il en va de même de tous les mouvements dirigistes et dogmatiques comme les témoins de Jéhovah et, chez les musulmans, les salafistes et les tabligh’is. Tous ces mouvements encadrent, font croire à leurs adhérents qu’eux seuls sont dans la vérité, affirment leur visibilité, refusent tout œcuménisme et l’interreligieux qui à leurs yeux ne peuvent être que se compromettre avec des adversaires, etc.


On peut penser aussi à la vogue des mouvements de Réveil, pentecôtistes-évangéliques et charismatiques catholiques qui clament leur foi à tout propos d’une façon joyeuse et juvénile. Indéniablement, le fait de croire que l’on détient la Vérité avec un grand « V » procure à ces chercheurs de Dieu une grande jubilation. L’affirmation des dogmes rassurent et fait croire qu’on est du bon côté. Toutefois, à la différence des précédents, ces mouvements jouent sur l’émotion, invitent à la fête, et ne cherchent pas à asséner aux autres de longs argumentaires. D’ailleurs, hormis certains points de dogmes, ils laissent une assez large liberté d’interprétation (voir notre dossier « le christianisme évangélique » dans les Etudes unitariennes,  lien). Avec les premiers, ils partagent une même sotériologie : les autres ne peuvent être sauvés ou dans la bonne voie qu’en se ralliant à eux, en se convertissant.


A l’opposé de ces attitudes plus ou moins sectaires, on peut constater par contre une certaine curiosité qui pousse d’autres croyants vers la découverte et la fréquentation d’autrui. Il en va ainsi lors de la célébration de la Semaine de l’unité chaque mois de janvier, avec la formation de groupes œcuméniques qui, eux, peuvent durer au delà de cette Semaine (par exemple à Bordeaux). Même curiosité vis-à-vis d’autres religions avec  les Amitiés judéo-chrétiennes, et l’engouement en faveur du bouddhisme et d’autres sagesses asiatiques. Egalement, lié à l’essor de l’islam en nos pays et réagissant à un climat islamophobe, des mouvements islamo-chrétiens, dont certains s’appuient sur des pèlerinages se référant à saint François d’Assise, à Abd-el Kader (à Ambroise où ce dernier a vécu prisonnier), et à Louis Massignon (en Bretagne, au Vieux Marché). Dans le même état d’esprit, à la suite de la votation suisse contre les minarets, les unitariens français ont lancé les « Amitiés islamo-unitariennes » ( lien).

 

D’une façon plus large, des groupes inter-religieux se sont constitués, parfois relayés par des municipalités qui prennent en compte leur population devenue cosmopolite et qui veulent promouvoir une cohabitation pacifique et, plus encore, des échanges enrichissants dans un cadre inter-convictionnel, par exemple en Belgique, à Montauban en France, etc. Le prochain Parlement des religions du Monde, se tiendra à Bruxelles en 2014. Voir dans nos Actualités unitariennes, les rubriques « interfaith » (donc entre croyants,  lien) et « Vive l’inter-convictionnel » (élargi aux non croyants,  lien).

En cela, la rencontre d’Assise ce jeudi 27 octobre 2011, orchestrée par le pape Benoît XVI, a été un moment très fort. Reprenant l’initiative de son prédécesseur Jean-Paul II en 1986, il a invité toutes les grandes religions et sagesses du monde entier, avec ouverture, cette fois ci, aux agnostiques humanistes (représentés par une femme, Julia Kristeva, non croyante déclarée, qui a appelé à un « humanisme féministe ») et aux religions coutumière (en la personne du Nigérian Wande Abimbola, représentant des Yorubas) ( lien).

 

assise_2011_avec_benoit_XVI.jpg

 

Mieux, dans son discours, il a insisté sur la nécessaire « purification » pour que les religions retrouvent leurs fondamentaux et évitent les dérives perverses qui mènent au fanatisme et au terrorisme : il nous faut « purifier continuellement la religion des chrétiens à partir de son centre intérieur, afin que, malgré la faiblesse de l’homme, elle soit vraiment un instrument de paix dans le monde ». Exhortation qui implique donc un regard critique par les fidèles eux mêmes sur leur propre religion, ce que les unitariens ne peuvent qu’applaudir puisque c’est cette Réformation constante qui s’est exprimée dans leur tradition, faisant tomber les dogmes les uns après les autres, à commencer par celui de la Trinité.

 

assise_trocadero_1.jpg

 

En écho, le relais en France d’une rencontre inter religieuse sur le parvis du Trocadero, le même jour, a été également un franc succès. Organisée à l'appel du cardinal André Vingt-Trois et de la Communauté de Sant’Egidio, elle s'est déroulé en présence (entre autres) du pasteur Claude Baty (protestants), du rabbin Gilles Bernheim (israélites), de Mgr Nestor Sirotenko (orthodoxes), d'Anouar Kbibech (musulmans) et du révérend Olivier Wang-Genh (bouddhistes) ( lien).

à suivre ...

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Published by Jean-Claude Barbier - dans communautés religieuses en débat
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