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8 novembre 2011 2 08 /11 /novembre /2011 09:59

suite des articles précédents

 

Nombre de chrétiens, mais aussi des croyants d’autres religions et des personnes en quête spirituelle, ne se retrouvent plus dans les cultes de leur paroisse ou autres communautés locales pour diverses raisons : des credo inadaptés, des prières antiques certes vénérables mais d’un autre âge et lues d’emblée sans introduction historique pour les expliquer, une représentation archaïque et anthropologiste de Dieu qui ne fait plus forcément l’unanimité, une monopolisation de la liturgie par les seuls clercs (prêtres ou pasteurs) sans une participation suffisante des fidèles présents, des sermons culpabilisants, moralisants, parfois trop répétitifs ou encore trop intellectuels, parfois l’impression d’un endoctrinement, d’un même son de cloche, d’un manque d’ouverture, etc.


A l’heure actuelle, pour une partie de la population, l’ouverture à autrui est de mise, au-delà des clivages confessionnels ou religieux. Dès lors, il vaut mieux des groupes locaux composites ouverts à toutes les religions, confessions ou spiritualités, plutôt que de vouloir à tout prix établir des cellules de base d’un seul mouvement. Ces groupes peuvent se lancer dans des études bibliques ou d’autres textes « sacrés » qui tiennent compte des progrès de l’exégèse moderne, organiser des rencontres spirituelles et pratiquer des célébrations libres sans dogmatisme.


La différence d’avec les rencontres inter religieuses ou inter convictionnelles, c’est que les participants se prononcent ici en leur nom personnel et ne sont pas chargés ni de représenter leur confession ou religion, ni d’argumenter en sa faveur. D’emblée le respect des uns et des autres et la liberté d’expression suffisent pour éviter toute joute académique.


C’est en ce sens que les unitariens français proposent des groupes locaux. Les configurations peuvent bien entendu être multiples.


Lorsque le groupe réunit des monothéistes se référant aux corpus biblique ou dérivés – les « gens du Livre » selon l’expression coranique : juifs, chrétiens, musulmans, auxquels il convient d’ajouter baha’is et sikhs -  il peut commencer la célébration par des louanges à Dieu.


Autre cas de figure : choisir la personne et l’enseignement de Jésus pour être un élément fédérateur afin d’assurer au groupe une certaine cohésion et éviter les « auberges espagnoles » où la trop grande diversité nuit aux échanges – mais dans ce cas, il s’agit du Jésus historique, non « associé » à Dieu comme les unitariens le perçoivent ; d’un Jésus que les connaissances historiques nous permettent actuellement de mieux connaître et comprendre. Voir la page Facebook qui propose une telle configuration « Les amis de Jésus / Iéshoua / Isa » ( lien)
 
Comme leur nom l’indique, les célébrations libres sont organisées à la convenance de chaque groupe. A titre d'information, L’Eglise unitarienne francophone, qui pour ses cultes mensuels a adopté ce style, propose le déroulement suivant (lien) :
EUfr 1b1 – allumons notre calice (lien) et que sa lumière brille
2 – louons Dieu et accueillons la vie qu’il nous a donnée, louons le mystère de la Vie ; dans la joie et à l’unisson, faisons action de grâce pour ce que nous avons reçu d’une façon ou d’une autre
3 – partageons avec nos Frères et Sœurs ce qui est important à nos yeux, à nos cœurs, ce qui est essentiel à notre intelligence des choses et à notre conscience, que ce soit un texte ou autre chose, et trouvons les mots ou les gestes pour le dire.
4 – partageons aussi nos souffrances et nos peines, nos deuils et nos chagrins
5 – partageons nos gestes de fraternité et nos rites de communion qui ont valeur universelle
6 – partageons aussi nos autres gestes de solidarité et de fraternité
7 – encourageons nous mutuellement pour aller vers les autres, « prochains » ou « lointains »

 

Bien entendu, le premier point, qui vaut pour les rencontres entre unitariens et sympathisants, ne convient plus lorsqu’il s’agit d’un groupe composite, même si ce dernier a été lancé par des unitariens. Par contre cet allumage du calice peut être reporté au 5ème point, lors du partage rituel. Il en est de même pour les chrétiens qui, à ce moment, peuvent présenter le pain et le vin * au nom de Jésus.
* prévoir du jus de raisin car, dans un groupe composite, certaines personnes s’abstiennent de toute boisson fermentée.

 

Par contre, le groupe peut adopter la cérémonie des fleurs qui est de tradition unitarienne, mais qui, par son langage universel - celui des fleurs ! -, est aisément adoptée par d’autres. Elle commence alors dès le début, lors de l’arrivée des uns et des autres puisque chacun est invité à amener une fleur de son choix qu’il dépose dans un vase afin de constituer, avec celles des autres, le bouquet de l’assemblée. A la fin de la séance, chacun repart avec la fleur d’un autre afin de montrer qu’il y a eu échange, voire osmose entre les uns et les autres. Voir la description de cette cérémonie, initiée dans les années 1920, par le révérend unitarien tchèque Norbert Capek, dans la rubrique la concernant sur le site de l’Assemblée fraternelle des chrétiens unitariens (lien).

Rappelons que ces célébrations libres reposent sur une attention et une écoute altruiste des autres, sur l’encouragement aux diverses façons de s’exprimer, sur l’appel aux talents qui existent (lectures, chants, musique, danse, etc.). La priorité va aux échanges et non aux exposés (ou sermons ou homélies), ni aux discussions ; ceux-ci pouvant se faire à un autre moment, par exemple dans le cadre d’un cercle d’études.


La disposition a aussi son importance. Les participants se réunissent en cercle, éventuellement autour d’une table où sont disposés les objets cultuels utilisés, dans une relation de face à face ; et non pas en rangs comme dans une église ou un temple afin de voir une cérémonie et d’écouter un orateur.


Il y a culte si l’assemblée s’adresse à Dieu ou à une transcendance ; mais il y a simple rencontre spirituelle s’il y a seulement lectures de textes, méditations, silences, échanges sur le ressenti d’un texte ou d’un évènement ; il y a cercle d’études s’il y a travail à partir de documents, exposés et discussions. Ces formes sont à distinguer mais elles sont bien entendu complémentaires et un groupe peut décider de les étaler sur une journée ou encore à des moments différents de la semaine ou du mois.

 

Contact pour informations complémentaires sur ces célébrations libres (lien)

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Published by Jean-Claude Barbier - dans communautés religieuses en débat
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