Partager l'article ! L’Eglise unitarienne du pays kisii au Kenya s’étend en pays kuria en Tanzanie: Transformant son Eglise adventiste en Eglise unitarienne en 2 ...
Actualités Unitariennes
Le réseau francophone de la Correspondance unitarienne
vous fait part des évènements concernant la mouvance unitarienne contemporaine.
Issus du courant anti-trinitaire des Réformes protestantes du XVIe siècle, les unitariens sont près d'un million de personnes réparties dans une cinquantaine de pays. Présent en Roumanie et en Hongrie avec une Eglise historique datant de 1568, l'unitarisme s'est surtout développé au sein du protestantisme anglophone. Une première association fut fondée en France en juillet 1986 autour de Théodore Monod. Vous trouverez sur le site de l'AFCU des liens avec les unitariens du monde entier.
Si vous avez des informations touchant de près ou de loin à l'unitarisme, n'hésitez pas à nous les faire
parvenir. En plus, notre agenda "à l'usage des unitariens et sympathisants" mentionnera très volontiers les dates et lieu de vos activités.
contact : correspondance.unitarienne@wanadoo.fr
Transformant son Eglise adventiste en Eglise unitarienne en 2001, après un séjour aux Etats-Unis, Patrick Magara Onchomba est l’introducteur de l’unitarisme en pays kisii au Kenya. Son Eglise, dénommée depuis l’Unitarian Universalist Church of Kenya (UUCK), de confession chrétienne, s’est considérablement développée géographiquement. Son siège est localisée à Etondo (au sud de la ville Kisii) dans la partie méridionale du pays de même nom ; mais, au sein d’un habitat dispersé, elle a su multiplier les petites congrégations jusqu’à une centaine ; puis, en juillet et août 2008, ses responsables ont entrepris des prospections dans les ethnies voisines : dans la vallée du Rift, à Halleluyah près d’Eldoret (dans une zone inter-ethnique) et, plus au nord, à Kodia en pays Soumourou (des éleveurs Nilo-hamitiques), enfin à Kericho en pays des Kipsgis (apparentés aux Massaïs) et chez les Massaï proprement dit. Les Actualités unitariennes en avaient rendu compte dans un article du jeudi 14 août 2008 « l’Eglise unitarienne-universaliste du Kenya devient pluri-ethnique » (lien).
Une nouvelle expansion vient d’être franchie par cette Eglise dynamique, cette fois-ci en direction du sud, avec la nomination
de deux évêques, l’une (car c’est une femme) à Transmara (bishop Judith Cherono Ngeno), et le second (bishop Joël), de l’autre côté de la
frontière, à Kigonga du district de Tarime en pays kuria. Ils ont été nommés par le fondateur de l’UUCK (Mgr Patrick Magara Onchomba), qui s’était lui-même
déclaré évêque. Il s’agit donc d’une importante décentralisation de cette Eglise de façon à mieux assister des congrégations locales très dispersées.
Comme les Kisii, les Kuria sont des populations bantous et donc linguistiquement proches (la langue des Kisii est le
gusii et celle des Kuria, le kuria) ; ils se ressemblent également physiquement. Ils vivent en plus dans un même paysage de collines verdoyantes de la rive est
du lac Victoria, permettant à la fois des activités agricoles et pastorales * avec un habitat de fermes. Au-delà des particularismes ethniques, il y a donc une très bonne continuité.
* les Kuria du Kenya sont plus agriculteurs et ceux de Tanzanie penchent davantage vers le pastoralisme ; dans le district de Serengeti, les activités sont nettement pastorales.
Les Kuria (ou Abakuria) sont de part et d’autres de la frontière. Au Kénya, où ils sont environ 174 000 avec
Migori (province de Nyanza, au sud du pays kisii) comme principal centre ; et environ 435 000 en Tanzanie dans la région de Tarime et de Serengeti (qui sont des districts de la
région Mara) ; soit un ensemble de 609 000 habitants au recensement de 2006.
Les Kuria sont réputés des anthropologues pour la beauté de leur musique, l’initiation de leurs adolescents avec circoncision
des garçons et mutilations génitales des filles, et aussi par un type de mariage entre deux femmes (permettant aux femmes stériles d’avoir quand même une descendance grâce aux rejetons de leur
conjointe !). Ils se répartissent en quinze sous-groupes ou clans avec des variations dialectales, mais qui ne gênent nullement l’intercompréhension. Le Swahili sert de langue
utilitaire.
Sur les Kuria :
Paul Asaka Abuso, A traditional history of the Abakuria : ca. A.D.
1400-1914, Kenya Literature Bureau, Nairobi, 1980, 194 p.
Tanzanie - Chants des Wagogo et des Kuria, Maison des Cultures du Monde,
Auvidis, 1992 (lien) - Chants, vièles et sanzas des Wagogo avec le soliste Hukwe Ubi Zawose « chanteur habité, maître incontesté de la sanza… un flot d'émotions sans cesse renouvelées » (Le Monde
de la Musique). En fin de disque, quatre chants Kuria accompagnés à la lyre (lien). En vente
sur Amazone.fr
Voir notre carte ethnique du Kenya (lien).
Pour plus ample information sur cette Eglise, voir nos articles sur l'unitarisme au Kenya dans la rubrique « en Afrique » (lien).