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4 septembre 2010 6 04 /09 /septembre /2010 18:19

thilo_sarrazin.jpgL’économiste allemand Thilo Sarrazin, membre du directoire de la Bundesbank avec un contrat courant jusqu’en 2014, membre du parti figure du Parti social-démocrate (SPD), ancien sénateur des finances du Land de Berlin et responsable des finances de cette ville de 2002 à 2009, vient de se lâcher : il ne veut pas que ses enfants vivent dans une Allemagne musulmane !

 

Tiens, la récente prédiction du président libyen Anouar Khadafi - comme quoi l’Europe sera bientôt musulmane - s’accomplirait-elle ?

 

Les démographes ne sont pas sans constater la forte immigration turque d'origine anatolienne (plateaux de l'intérieur, peu développés) pour les besoins du capitalisme allemand ainsi que la très forte natalité de cette population. Les sociologues notent leur ultra conservatisme quant aux moeurs familiaux et sexuels (mariage précoce des jeunes filles, crime d’honneur pour les jeunes filles qui "déshonorent" leur famille, machisme, islam rigoriste, etc.).

 

Pensant que ces populations immigrées musulmanes n’arriveront pas à s’intégrer (contrairement à d’autres étrangers qui, eux, y arrivent sans trop de difficultés), notre économiste prend peur et en fait part dans un livre « L'Allemagne court à sa perte », sorti le 30 août et devenu rapidement un betseller. Il s'y épanche notamment sur les immigrés musulmans qui, selon lui, coûtent plus cher en prestations sociales qu'ils n'ont rapporté à l'Allemagne, et sur la baisse du niveau de l’éducation ce qui entraîne une société « de plus en plus bête » - fichtre !


Il le fait avec des analyses sans nuance ni alternative, et en plus avec des propos racistes : par exemple il y aurait selon lui des gènes juifs, basques, etc. On aura vite compris que notre économiste n’est guère expert  en dehors de son domaine. Il va se faire exclure de son parti politique, dont la présidente, la chancelière allemande Merkel, est furieuse, et de sa banque (à l’unanimité de ses collègues du directoire !).

 

Mais voilà que l’opinion publique se reconnaît dans ce qu’il dit ! Il passe dans les émissions de télévision et une majorité de sondés l’approuvent ! Après une discussion sur plateau télé, très suivie lundi soir, 70 % des spectateurs se disaient plutôt d'accord avec ses thèses. Sur le site du quotidien Financial Times Deutschland (ftd), parmi plus de 17 000 votants (en date du 31.8.2010, 19h15), 54% pensent que l'analyse de Sarrazin est « bonne et correcte », et 30% estiment du moins qu'elle « fait réfléchir ». Des pourcentages pas forcément représentatifs, mais indiquant une tendance lourde dans la société allemande. Une tendance qui fait dire à Hilal Sezgin, auteur germano-turque, que les thèses de Sarrazin n'ajoutent qu'un peu de mousse raciste à la vague d'islamophobie qui traverse l'Allemagne depuis un certain temps.


Après l’assassinat par un musulman d’un cinéaste néerlandais, la votation suisse contre les minarets, la diffusion du voile intégral en France, on constate un net décalage entre les élites politiques, associatives, et religieuses qui en appellent – non sans raison vertueuse - aux bonnes relations inter religieuses et inter ethniques, et l’opinion publique, plus proche des faits divers et qui réagit à vif sans toujours prendre le recul nécessaire. A terme, cela peut conduire à la faillite de toute une génération de militants qui ont baigné dans la générosité chrétienne et / ou socialiste et qui voient leurs efforts vains. Face aux faits que vivent les gens ou dont ils sont informés par les médias, que valent les discours moralisants et volontaristes  ?


Les gens ne font pas de détail et parlent souvent très franchement de leurs sympathies ou de leurs rejets. On le constate sur Internet dans les commentaires aux articles de journaux, dans les forums, au sein de la blogosphère, etc. Le parler cru et impertinent est applaudi sur les ondes et à la télévision. Sondages d’opinion et autres enquêtes bousculent de plus en plus souvent le politiquement et religieusement correct. Une dureté des relations sociales est entrain de s’instaurer. On ose désormais dire tout haut des choses qu’on pensait naguère tout bas. Les élites politiques, elles-mêmes, s’empoignent et s’étripent, donnant l’exemple. Dès lors, les élections peuvent réserver d’énormes surprises.

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Published by Jean-Claude Barbier - dans l'islam en Europe
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