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12 juillet 2012 4 12 /07 /juillet /2012 07:58

La Fédération des réseaux du Parvis prévoit, pour sa prochaine rencontre, une question de prospective : après la défense des acquis de Vatican II (contre la Restauration entreprise par les papes Jean-Paul II et Benoît XVI, et contre la réintroduction de traditionalistes de la mouvance de Mgr Lefebvre), la Fédération entend s’interroger sur l’après concile dans une perspective plus lointaine (ce n’est plus « après » mais c’est désormais « au-delà ») lors de sa prochaine rencontre qui aura lieu à Saint-Chamond, à Notre-Dame de l’Hermitage, près de Saint-Etienne (un lieu tenu par des Frères maristes dans une dimension internationale,  lien) du vendredi 30 novembre au dimanche 2 décembre : « Au-delà de Vatican II… Vivre les défis du monde d’aujourd’hui ».

 

notre_dame_de_l_hermitage_saint_chamond.jpg

 

Au sein d’un programme composite qui fait part de plusieurs activités en cours (place des femmes au sein de l’Eglise, participation au projet « Council 50 » avec mobilisation internationale à Rome, etc.), nous avons retenu la phrase suivante : « Nous sommes appelés à construire un autre monde qui s’appuie sur la résistance créatrice, l’expérimentation anticipatrice avec une vision transformatrice. Soyons des bâtisseurs en recherchant la germination créatrice même au coeur des épreuves. « Soyons le changement que nous proposons » nous dit Gandhi. » (lien)
 


Mais quelle expérimentation anticipatrice ? Qu’est-ce qui existe déjà et que l’on pourrait promouvoir pour demain ? Le catholicisme humaniste, libéral, contestataire et progressiste, qui se retrouve au sein de cette fédération, est-il porteur d’une alternative ? Nous avions déjà posé la question ici même, dans cette rubrique consacrée aux « communautés religieuses en débats », avec un article du 19 janvier 2010 « Pourquoi pas un catholicisme alternatif ? » (lien).


La déchristianisation en Europe occidentale n’épargne pas cette mouvance : communautés de base * et associations sont vieillissantes, ne se renouvellement pas, n’arrivent plus à avoir les ressources humaines dont elles auraient besoin, disparaissent. La revue des Parvis, pourtant de qualité, n’a pas une diffusion suffisante. Une association des « Amis du Parvis », lancée en 2010, ne recrute guère. Cette mouvance est manifestement en perte de vitesse si on la compare aux mouvements charismatiques et aux milieux  traditionalistes, également à la Jeunesse mondiale catholique (JMC) qui mobilise les jeunes sous la bannière du pape. Pourtant, c’est bien cette mouvance qui s’interroge sur l’avenir du christianisme à la fois par rapport à la fidélité au message évangélique (et à sa redécouverte) et à une religion que l’on veut plus lisible à nos contemporains et aux futures générations.
* l’un de nos Cahiers Michel Servet retrace l’épopée de ces communautés de base en Italie : « n° 4, Chrétiens de base en Italie, à Venise en 1550 et à Montesilvano (Pescara) en 2003, février 2005, 20 p. + 4 de couverture (lien).


Paradoxalement, c’est bien dans la trame paroissiale que de nouvelles formes sont apparues. Notre rubrique « communautés religieuses en débat » (lien) essaie de les recenser. Des paroisses catholiques innovantes existent. Elles sont rares, mènent profil bas afin de ne pas irriter les autorités épiscopales, se font discrètes mais n’en mènent pas moins des activités liturgiques donnant aux laïcs une plus grande liberté de parole, parfois avec une participation ecclésiale au sein de conseils paroissiaux, renouvelant le langage dogmatique vers plus de clarté, retrouvant la limpidité des textes évangéliques. Elles sont ouvertes à des catégories sociales qui peuvent se sentir mal à l’aise ailleurs (par exemple des cultes à Saint-Merry à Paris avec la participation de l’association David et Jonathan qui réunit des homosexuels chrétiens). Elles gèrent aussi des activités sociales (par exemple l’insertion réussie de 50 sans papier à la paroisse du Saint curé d’Ars à Bruxelles) (lien).

 

On peut supposer que dans les orientations actuelles de l’Eglise catholique romaine elles ne sont que tolérées, mais tant qu’elles s’insèrent dans la trame paroissiale et ne désirent nullement devenir des entités indépendantes, ni même frondeuses, elles constituent des bulles d’oxygène à la fois pour les fidèles qui souhaitent une Eglise plus progressiste et aussi pour le système qui doit se ménager quelques soupapes pour éviter une révolte ou une désertion plus ouverte. Et puis, on ne sait jamais, dans des structures centralisées, le vent peut tourner selon la personne qui occupe la tête de la hiérarchie ! Ainsi en fut-il avec l’ouverture de Vatican II à la seule initiative du bon pape Jean XXIII.


A Paris, citons la paroisse Saint-Merry ; également la paroisse Saint-Bernard de Montparnasse que Paul Abela, membre actif des réseaux catholiques progressistes (il fut très actif au sein de la Fédération des réseaux du Parvis), fréquentait (et avec lui Claire Lavant, lien) http://eglise.unitarienne.francophone.over-blog.fr/article-priere-a-nos-defunts-80746505.html A Bruxelles, la paroisse du Saint-Curé d’Ars (depuis les années 1962), la Paroisse libre de Bruxelles qui est due aux efforts du père Pierre de Locht et de Suzanne dans les années 1973-1976 (lien) ; le mouvement de la Libre pensée chrétienne (LPC) lancée à la Pentecôte 1991 par le père André Verheyen avec un groupe de ses ex paroissienset qui, depuis le décès du fondateur, continue à se réunir et diffuse une revue numérique de qualité ( lien). Signalons aussi les paroisses du diocèse de Poitiers qui, à l’initiative de Mgr Albert Rouet, se sont dotées d’un conseil paroissial élu.


Mais dans tous ces cas, les innovations se sont faites à l’initiative ou se sont appuyées sur des prêtres en fin de carrière n’ayant – comme on dit – plus rien à perdre, ou encore à la retraite donc moins contraints par une fonction cléricale puisque agissant d’une façon bénévole, ou encore mariés et mis sur la touche. Le cocktail de réussite reste donc assurément clérical, mais il s’agit dorénavant d’une osmose communautaire où les prêtres sont serviteurs et non plus gestionnaires, ni directeurs d’entreprise, encore moins fonctionnaires d’une hiérarchie. Cette nouvelle culture ecclésiale existe au sein de la Fédération des réseaux du Parvis et c’est là assurément l’un de ses points forts. Cela se rapproche de la relation entre pasteur et conseil presbytéral au sein du protestantisme réformée et les catholiques traditionalistes ne sont pas sans dénoncer d'ailleurs cette protestantisation.


D’autres innovations sont-elles possibles ? Par exemple en mettant davantage en œuvre les ressources modernes de l’Internet *. La rencontre de Saint-Chamond nous le dira peut-être …


* Avec une Eglise « on line » ( lien) (1) et un forum sur Yahoo ( lien) (2) et sur Facebook (lien) (3), les unitariens francophones (France et pays voisins) ont acquis en ce domaine une certaine expérience. A l’exemple de cette Eglise unitarienne, pourquoi pas une paroisse catholique libre « on line » ?

 

(1) fondée en juin 2008 par un laïc, dotée d’un conseil en novembre 2008 et d’une chaire pastorale en janvier 2009, organisant des cultes mensuels depuis juin 2009, ayant, à ce jour, 44 abonnés recevant automatiquement tous les articles publiés sur son site, ayant reçu 67 visiteurs ayant signalé qu’ils aimaient sa page Facebook, recevant chaque jour sur son site une moyenne de 64 visiteurs (statistique juin 2012).
(2) fondé en avril 2005, 121 membres inscrits à ce jour, 71 messages échangés en juin 2012.
(3) fondé en février 2012, 58 membres inscrits à ce jour

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Published by Jean-Claude Barbier - dans communautés religieuses en débat
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