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12 octobre 2011 3 12 /10 /octobre /2011 00:34

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En Ouganda


Une communauté unitarienne a commencé à se former en Ouganda en 2004, sous l’impulsion de Mark Yusuf Kiyimba (jeune adulte auto proclamé « révérend » dans le vocabulaire honorifique ecclésial des anglophones) et avec des étudiants de l’université de Makarere de Kampala (la capitale de l’Ouganda). Peuplée principalement de chrétiens, elle a affiché d’emblée son ouverture aux musulmans et aux libres penseurs (Free thinkers). Elle a aussi courageusement milité pour les droits des homosexuels. Les Actualités unitariennes s’en sont fait l’écho dans un message du 27 août 2007 (rubrique « en Afrique »), intitulé " Chrétiens, musulmans et libres penseurs ensemble au sein d’une association unitarienne-universaliste en Ouganda " ( lien). Lorsque les ministres du culte américaines, les révérendes Jill McAllister de la congrégation unitarienne-universaliste de Kalamazoo (Church of San Jose People’s Church) dans le Michigan, et Rosemary Bray McNatt de la Fourth Universalist Society in the City, à New-York, de retour du séminaire de formation qui avaient été organisé en février 2008 par l’International Council of Unitarians and Universalists (ICUU) à Nairobi, sont passées à Kampala, le culte a réuni quelques 75 personnes ( lien). En plus, l’Association unitarienne universaliste gère un ophelinat de 400 enfants dans le district de Masaka, au sud-ouest de la capitale.


Mais ces débuts prometteurs ont malheureusement été emportés par la vague d’homophobie acharnée qui s’est abattue sur le pays en 2010 et qui a été jusqu’à mettre en émoi les Etats-Unis au nom des droits de l’homme les plus élémentaires (voir notre article du 1er décembre 2010,  lien). Depuis, nous n’avons plus eu de nouvelles de cette jeune communauté.


Au Kenya


Jusqu’à présent, plusieurs communautés se dénomment « unitariennes-universalistes ». L’une, la plus importante, l’Unitarian Universalist Church of Kenya (UUCK) implantée en pays kisii et débordant depuis sur des ethnies voisines, a été lancée en 2001 par un ancien pasteur adventiste, Patrick Magara qui, à la suite d’une visite aux Etats-Unis, a adopté cette dénomination (voir notre abondante documentation sur cette Eglise rurale, dans notre rubrique « Unitarisme en Afrique, Kenya », lien). D'autres communautés existent dans le Kisii Nord et à Nairobi.

 

Les visiteurs américains qui les ont visitées ont insisté sur leurs œuvres sociales (orphelinats dans le contexte d’un pays gravement atteint par le Sida, écoles, centres de santé, etc.), mais – curieusement - ne disent rien sur leurs orientations théologiques et le contenu des cultes ; faut dire que l’unitarisme-universalisme américain fait preuve d’un grand pragmatisme dans le style anglo-saxon. Or ces Eglises étant intéressées par une aide extérieure pour leurs œuvres sociales et par les relations que procurent le réseau mondial des unitariens qu’est l’International Council of Unitarians and Universalist (ICUU), on peut s’interroger sur la sincérité de la dénomination en attente d’un constat plus précis à ce sujet : degré d’ouverture religieuse et théologie affirmée, mais aussi composition réelle des assemblées ; place de la Bible et contenu des sermons ; en dehors de l’allumage du calice, propre aux unitariens (lien), les rituels pratiqués restent -ils chrétiens ? Y a-t-il invocation de Dieu lors des cultes ? Quelle est la place de Jésus ? etc.


Pour l’instant, toutes les autres Eglises unitariennes d’Afrique noire anglophone (donc en plus des pays francophones déjà cité) sont chrétiennes, soit deux Eglises au Nigeria, à Lagos. Il existe aussi une Eglise unitarienne en Afrique du Sud (Unitarian Church of South Africa), mais par son histoire et sa composition (fidèles Blancs), elle est à rattacher à l’histoire unitarienne anglo-saxonne.


Du rationalisme à l’unitarisme-universalisme


Depuis 2007, de jeunes Kenyans publient une revue de bonne tenue qui porte en sous-titre : « A Journey Magazine into Science, Reason & Rationality » ; elle paraît deux fois par an, en janvier et en septembre (elle est donc bisannuelle) ; son n° de janvier 2011 indique le volume 5, soit la 5ème année de son existence. Elle émane d’une association au Kenya : la Jahwar Amber Center. Celle-ci est en contact avec une nébuleuse de mouvements idéologiques très minoritaires, souvent des cellules locales de mouvements internationaux, de sensibilité rationaliste, et qui semblent se réunir afin de mieux exister en regroupant leurs voix : Humanist and Ethical Union of Kenya, Secular Students Alliance, Kenya Association of Humanists in Aid of Women Atheist, Artist for Recognition and Acceptance, Gay and Lesbian Coalition of Kenya, Skepchick (un mouvement féministe activiste, lien).

jesus_mo_masthead2.pngjesus_and_mo.png

dialogue au bar entre marginaux : un chrétien hippie et un notable musulman qui boit ! Vu sur le site de Skepchick.

 

kenya_balozi_journal_2011.JPGLa revue s’intéresse à la découverte de la Nature et, dans son n° de janvier 2011, propose un camp de jeunes. Elle se fait aussi l’écho, dans le même n°, des rapports de la Kenya Human Rights Commission.

 

illustration : la couverture du numéro de Balozi en septembre 2010 (vol. 4, n° 2) intitulé "Sex, Atheism and Hunger" (hunger = la faim, mais aussi le désir ardent)


Afin de financer l’organisation de festivals proposant des conférences débats et des manifestations artistiques, le Centre a mis sur pied une fondation pouvant collecter des fonds : la Jahwar Amber Fellowship Fund (JAFF). Or celle-ci, lors de sa manifestation de 2011, s’est montrée intéressée par l’unitarisme-universalisme comme étant un cadre pouvant unir idéologiquement à la fois des croyants et des non croyants. Souvent, le rationalisme et l’humanisme en Afrique noire ne va pas jusqu’à la rupture avec la croyance en Dieu et la négation de toute transcendance ; si bien qu’il y a cohabitation au sein de ces nouvelles mouvances de radicaux en rupture avec toute référence religieuse et d’autres qui maintiennent une spiritualité. L’UUIsme apparaît donc comme un cadre souple où chacun peut se sentir à l’aise. La revue lui consacre son n° de janvier 2011 et, au début du mois de septembre, une association unitarienne-universaliste s’est fait connaître sur la page facebook de l’International Council of Unitarians and Universalists (ICUU) : la Jahwar Amber Unitarian Universalist Fellowship Center  (JAUUFC)

à suivre

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Published by Jean-Claude Barbier - dans U au Kenya
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