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1 juin 2010 2 01 /06 /juin /2010 17:10

Le pasteur Claude Baty, président de la Fédération protestante de France (FPF), lors de la visite du président Nicolas Sarkozy à la Faculté de théologie protestante de Paris et de l'inauguration du Fonds Paul Ricoeur (jeudi 27 mai 2010), a annoncé un prochain colloque, en novembre prochain, sur le néo-protestantisme – annonce sans doute inédite car les sites de la FPF et de l’hebdomadaire Réforme n’en disent mot !

claude_baty.jpg"Je viens d'employer le terme de néo-protestantisme. Il a toute sa signification aujourd'hui, puisque le protestantisme est clairement une famille recomposée, au point que la Fédération protestante de France organise un colloque sur le sujet en novembre. Le néo-protestantisme marqué par la mondialisation des idées et la communication sans frontière, profite largement de l'arrivée de nouveaux venus qui trouvent refuge dans la patrie de ceux qui leur ont annoncé l'Évangile. Le protestantisme se sent la responsabilité d'accueillir ces nouveaux membres, frères et sœurs dans la foi et en humanité. Aujourd'hui, le protestantisme français ne peut plus se définir seulement par son histoire mais, et certainement essentiellement, par sa foi, une foi qui se dit dans des cultures nouvelles. Au cœur des convictions du protestantisme, il y a la certitude que l'Évangile de Jésus-Christ est une belle espérance pour tous et que cette bonne nouvelle nous engage dans la cité au service de tous. Au-delà de leurs coreligionnaires, les protestants français sont préoccupés par la situation de tant de femmes, d'enfants et d'hommes qui ne trouvent nulle part où vivre, nul endroit pour être accueillis.".

A la suite du sociologue Ernst Troeltsch (1865-1923), tous les historiens ont, jusqu’à présent, utilisé le terme de néo-protestantisme pour souligner combien le protestantisme dans sa version libérale avait évolué, changé, s’était profondément modifié, voir avait carrément muté par rapport au calvinisme d’autrefois. D’une façon générale, il est rare de trouver encore des protestants qui se revendiquent théologiquement de Calvin ! Paraît-il quelques groupes attardés aux Etats Unis qui viennent en pèlerinage dévot au Musée de la Réforme à Genève.


L’ambiance dans les paroisses ERF entre autres est au rappel que nous sommes pêcheurs mais c’est pour ajouter aussitôt que la Grâce de Dieu est offerte à tous ! (c’est un alignement sur la théologie méthodiste) et on ne parle plus de l’enfer sinon pour signifier le refus jusqu’au boutisme de l'amour de Dieu (le théologie universaliste écarte toute punition car tout le monde est sauvé, y compris les méchants !). Les sermons catholiques, eux aussi, n’évoquent plus l’enfer ! Sinon dans les milieux traditionalistes. Le bons sens populaire a réussi à tordre le coup aux théologies restrictives du salut : pour les peuples chrétiens, Dieu est amour, basta !


Ce constat d’un protestantisme émancipé, humaniste, spirituel au meilleur sens du terme, héritier du Siècle des lumières et de l’exégèse historico critique de l’Ecole allemande des années 1830, puis ardent promoteur de l’Ecole publique au XIXème siècle et d’une laïcité radicale, est fait par tous les historiens.


En 1996, Pierre Gisel rappelle les analyses du sociologue allemand « Ernst Troeltsch : aboutissement ou dépassement du néo-protestantisme ? » dans la revue Laval théologique et philosophique, vol. 52, n° 3, p. 719-733.


En 1998, la Revue de théologie et de philosophie du 2ème trimestre (n° 2, vol. 130) porte sur les « Figures du néo-protestantisme : pourquoi relire le néo-protestantisme ? », avec la vision d'un âge éthique non ecclésial du christianisme de Richard Rothe (1799-1867), la théologie critique au service de l'émancipation bourgeoise : David Friedrich Strauss (1808 - 1874), Ernst Troeltsch (1865-1923), et quelques autres théologiens, tels Harnack et Ritschl. Toujours dans ce numéro, L. Kaennel, professeur à la faculté de théologie et l’université de Lausanne) présente une liste d'ouvrages et d'articles francophones sur le néo-protestantisme. La même année, l’historienne Elisabeth Labrousse dans la revue Théolib, n° 3, 3ème trimestre) (lien ).


En 2007, la Revue Réformée (n° 241, janvier) publie un dossier « Réforme et néo-protestantisme » : Incertitudes modernes et foi chrétienne. G. C. Berkouwer (1903-1996) - L'autorité des Saintes Ecritures - Réforme ou révolution ? - Incertitude moderne et foi chrétienne - La conception moderne du monde et les commandements de Dieu - Christ et son Eglise (lien ).

Mais Claude Baty parle-t-il de cela ? Que signifie l’abandon de toute référence historique à la fois des origines (si chères aux « orthodoxes ») mais aussi des progrès réalisés depuis que le néerlandais Jacob/Jacobus Herman/Arminius (vers 1560-1609) s’éleva contre la prédestination calviniste et la sous valorisation de la liberté et de la raison humaine ? La foi en Jésus-Christ, certes ! mais elle est l’affaire de tous les chrétiens et non des seuls protestants. Peut-on parler d’une confession chrétienne parmi d’autres, en l’occurrence la protestante, en faisant l’impasse sur l’histoire ? Bizarre !

 

à suivre ...

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Published by Jean-Claude Barbier - dans les protestantismes
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