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28 mai 2011 6 28 /05 /mai /2011 04:49

jose_comblin.jpgExtrait de l’exposé « Église : crise et espérance » fait par José Comblin, théologien âgé alors de 87 ans et résidant au Paraíba (Brésil), dans le cadre du congrès de théologie organisé à l’occasion du 30  anniversaire de l’assassinat de Monseigneur Romero *. C’était le 18 mars 2010 à l’Université centroaméricaine José Simeón Cañas (UCA), dans la capitale de la République d’El Salvador, San Salvador. 

* voir notre article du 29 avril 2011 « Le Pape blanc (Jean-Paul II) et le Saint rouge (Mgr Oscar Romero) » ( lien).


L’enregistrement audio de cet exposé a été transcrit par Enrique A. Orellana F. et diffusé d’abord dans les « Cuadernos Opción por los pobres », du mouvement chilien Théologies de la libération. Le texte a été mis en ligne le 7 octobre 2010 par la revue Dial - Diffusion de l’information sur l’Amérique latine. Fondée en 1971 par une équipe réunie autour de Charles Antoine, cette revue met à la disposition d’un public francophone des articles sur l’Amérique latine écrits par des Latino-Américains. Elle paraît en ligne depuis novembre 2006 ( lien)
  
Biographie :

 

Joseph Comblin, plus connu sous le nom de Padre José Comblin est né en 1923 à Bruxelles et est mort le 27 mars 2011 à Simões Filho, dans la région de Bahia au Brésil). Ordonné prêtre en 1947, il est diplômé en théologie à l'Université catholique de Louvain et est envoyé comme missionnaire au Brésil en 1958. Il commence à enseigner la chimie et la physique, puis il devient assistant à la JOC. De 1962 à 1965, il est au Chili, puis il retourne ensuite au Brésil, à l’Institut de théologie de Recife, à l'invitation de Dom Helder Camara. Missionnaire naturalisé brésilien, il fut l’une des grandes figures du christianisme d’Amérique latine (voir sa biographie dans l’encyclopédie Wikipedia,  lien).

Ses derniers livres traduits en français  :
 

« Vatican en panne d'Evangile : l'Eglise des pauvres, est-ce pour demain ? », traduit du portugais par Hervé Camier, éd. L'Harmattan , Paris, collection "Questions contemporaines", paru en février 2004.
« Où en est la théologie de la libération ? L’Eglise catholique et les mirages du néolibéralisme », aux éditions l’Harmattan, en juin 2003.

 

Un nouveau franciscanisme latino-américain


" En Amérique latine quelque chose est apparu : nous avons connu un nouveau franciscanisme, c’est-à-dire une nouvelle étape, mais radicale, de vie évangélique. Quand situer sa naissance ? J’ai parlé des évêques qui y ont participé, qui ont animé Medellín et de l’option pour les pauvres : ce sont les Saints Pères de l’Amérique latine. S’il faut dater l’origine du nouvel évangélisme de l’Église latino-américaine, je dirais – n’oubliez pas – le 16 novembre 1965. Ce jour là, dans une catacombe de Rome, 40 évêques, en majorité latino-américains, sous l’impulsion de Helder Camara, se sont réunis et ont signé ce qui s’est appelé le « Pacte des catacombes ». Ils s’y engageaient à vivre dans la pauvreté qu’il s’agisse de nourriture, de transport, de logement. Ils s’engagent ; ils ne disent pas ce qu’il faut faire, ils s’engagent et effectivement par la suite, ils l’ont fait, une fois de retour dans leurs diocèses. Et aussi : à donner la priorité à ce qui concerne les pauvres dans toutes leurs activités, ce qui revenait à laisser beaucoup de choses de côté pour se consacrer en priorité aux pauvres, soit tout un ensemble d’éléments qui vont dans ce sens. Voici ceux qui furent les animateurs de la Conférence de Medellín. Là est née la nouvelle étape.


Ils bénéficièrent d’un contexte favorable : à cette époque l’Esprit Saint avait inspiré nombre de personnalités évangéliques. Les communautés ecclésiales de base avaient déjà fait leur apparition. Il y avait déjà des religieuses intégrées aux communautés populaires. Mais peu nombreuses et qui donc se sentaient marginalisées au milieu des autres. Medellín leur a donné une sorte de légitimité et en même temps un plus grand dynamisme et les communautés se sont multipliées. Est-ce que cela a atteint toute l’Église latino-américaine ? Non, bien évidemment. Il s’agit toujours d’une minorité. Un jour, je me souviens, on a demandé au cardinal Paolo Arns – un saint, nous avons eu d’excellentes relations d’amitié –, un journaliste lui avait demandé : « Vous, monsieur le cardinal, ici à São Paulo vous avez bien de la chance, toute l’Église est devenue l’Église des pauvres, les religieuses sont toutes au service des pauvres : quelle merveille ! ». Et là Dom Paolo a répondu : « Eh oui, ici à São Paulo 20% des religieuses sont allées dans les communautés de pauvres ; 80% sont restées chez les riches ». C’était beaucoup. Aujourd’hui il n’y en a pas 20%.


Ce fut une époque de création, une de ces époques comme il s’en produit parfois dans l’histoire marquée par une empathie très grande avec l’Esprit. Il nous revient de vivre cet héritage : c’est un héritage qu’il faut maintenir, conserver précieusement car rien de semblable ne va ressurgir. Parfois on m’interroge : « Pourquoi les évêques ne sont-ils pas comme à cette époque ? ». Parce que cette époque est exceptionnelle ; dans l’histoire de l’Église, c’est une exception : de temps en temps il arrive que l’Esprit Saint envoie des exceptions."

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