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27 août 2011 6 27 /08 /août /2011 09:01

Maintenant que les moyens d’expression sont multiples et en plein développement, les anti-ceci ou cela, ou encore les anti-tout, se multiplient, se font missionnaires et envahissent le devant de la scène médiatique, toujours à la recherche de nouvelles polémiques. Dans nos sociétés contemporaines fortement segmentés, ils sont rois de la parole.


De la rhétorique, ils n’ont retenu que l’anti-thèse, caricaturant à outrance la thèse afin d’en triompher aisément, et … oubliant la synthèse.
Les anti sont des rationalistes ; ils étayent leurs opinions de longs argumentaires et de références. Ils ont toujours raison et savent convaincre. Ce sont des militants.
Ils sont courageux. Lorsqu’ils prennent une tête de turc, il ne lâchent pas prise, jusqu’au lynchage médiatique. Avec eux, c’est un engagement à la vie à la mort, comme s’ils luttaient contre Satan en personne.
Ce sont des généralistes ; le particulier n’existe pas : une seule loi pour tous les citoyens quels qu’ils soient, d’où qu’ils viennent. Ils sont, disent-ils, au niveau des règlements et non des personnes. Qu’on se le dise, ils sont objectifs et non partisans (même s’ils sont encartés jusqu’au cou et sont les perroquets de leur parti).
Ils n’ont rien à envier aux policiers et aux juges. Rien n’échappe à leur vigilance. Ils scrutent les gestes et les paroles des autres, comme des inquisiteurs qui instruisent un procès uniquement à charge.
Ils sont sportifs, sautant sur les occasions, réagissant immédiatement à l’actualité ; pas même le temps d’aller vérifier sur le terrain.
Nonobstant, ce sont aussi de gros sensibles, capables de piquer de saintes colères (eux qui sont au-dessus de tout soupçon), de s’indigner jusqu’à s’étrangler de beaux sentiments, la main sur le cœur (alors que les autres sont des salauds), parfois / souvent d’entrer en transe au seul nom de leurs ennemis.
Ils sont réactifs, ayant besoin que les autres fassent ou disent quelque chose pour que cela libère le fonctionnement de leur cerveau ; leur expression vient toujours après, jamais avant ! Sans programme, ils ont besoin de ceux des autres pour en parler.
Ce faisant, ils n’ont aucune proposition à nous faire, mais passent leur temps à dénigrer celles des autres. Même l’opposition constructive, ils n’y arrivent pas ! Ils parlent (ou rêvent) sans cesse d’alternative, mais n’avancent pas dans les réalisations, même pas une quelconque pierre d’attente prophétique. Ils disent ce qu’il faut faire ou faudrait faire, mais ne font pas eux-mêmes. Ils attendent que les responsables le fassent, se plient finalement à leurs injonctions, à leurs motions comminatoires.
Ils sont ainsi dépendants des pouvoirs établis et des hiérarchies, pour que, eux, puissent manifester et faire pression. Car ils se veulent avant tout revendicatifs, contestataires, bref, anti !
Ne sont-ils pas comme le berger et frondeur David contre le puissant Goliath ? Les iconoclastes d’aujourd’hui, destructeurs d’idoles et d’images, toujours prêts à abattre les statues comme un bûcheron laborieux abat ses arbres avec la cognée ? Ils pourfendent l’adversaire idéologique comme naguère saint Michel terrassait le Démon.
grincheux.jpggrincheux_nains.jpgCertes, ils le font par dévouement altruiste, pour délivrer les braves gens de leur ignorance, de leurs aveuglément, de leurs entraves, des griffes des puissants. Ce sont des apôtres de la liberté, les détenteurs des révolutions déjà faites dont ils rappellent sans cesse, non point les vicissitudes et les meurtres, mais les grandes déclarations de principes.
Car, eux sont bien entendu dans le vrai et les autres dans le faux ; eux sont dans l’honnêteté et les autres dans les magouilles ; eux sont propres et les autres ont les mains sales. Au nom de la vérité dont ils sont les gardiens du Temple, ils diabolisent les autres.
 

Les plus dangereux sont des autoritaires qui veulent tout régenter, tout décider. Ce sont nos pharisiens d’aujourd’hui. Au secours Jésus *. Mais il y a aussi les pauvres grincheux que nous sommes, atteints de sinistrose comme d'autres d'arthrose, les grognons qui râlent sans cesse. Au secours Blanche Neige !
 

blanche_neige_et_les_sept_nains_t.gifgrincheuxnain-150x150.gif

Dans le conte d'origine, les sept nains n'ont pas de noms, c'est Disney qui a nommé les nains : Simplet, Grincheux, Joyeux, etc.

 

* Jésus selon Luc (7, 31-35) et Matthieu (11, 16-19) : « A qui donc comparerai-je les hommes de cette génération et à qui sont-ils semblables ? Ils sont semblables à des enfants qui (sont) assis sur une place publique et s’interpellent les uns les autres, disant : ’Nous vous avons joué de la flûte, et vous n’avez pas dansé ; nous nous sommes lamentés, et vous n’avez pas pleuré.’
Car est venu Jean le Baptiste, ne mangeant pas de pain ni ne buvant de vin, et vous dites : ‘il a un démon.’ Est venu le Fils de l’homme [expression par laquelle Jésus se désigne souvent], mangeant et buvant, et vous dites : ‘Voici un homme glouton et ivrogne, ami des publicains et des pêcheurs.’ Et la sagesse a été justifiée par tous ses enfants. » (Luc).

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Published by Jean-Claude Barbier - dans vive l'inter-convictionnel !
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