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9 mai 2010 7 09 /05 /mai /2010 07:54

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Quelles sont les craintes pour ces croyants qui seraient frileux ? Pour les progressistes, il s’agit de fantasmes, de craintes sans fondement, crées et attisés par les médias, par certains mouvements politiques, etc. Une telle hypothèse de l’artificialité des mouvements réactionnaires n’est pas suffisante. Il n’y a pas seulement crainte, mais vécu de situations que certains croyants estiment être de graves dérives. Ils s’appuient eu aussi sur des faits bien réels. Il convient donc de prendre ce vécu au sérieux et ne pas le rejeter d’un revers de main … même si on fait le choix personnel d’aller plutôt de l’avant !

1 - La sécularisation du religieux où les spécificités sont diluées dans un consensus humaniste général. Les valeurs de l’évangile sont désormais partagées par bien d’autres gens que les seuls chrétiens (Frédéric Lenoir nous dit que ces valeurs sont à la base de la conscience européenne), mais alors, puisque son enseignement moral est admis, a-t-on encore besoin du rôle spécifique du Christ : rédempteur, ressuscité d’entre les morts, nous ouvrant la porte du Ciel, etc. Le Jésus historique, laïcisé, reçu et aimé par tous, prend désormais le pas sur le Christ, personnage métaphysique devenu incompréhensible pour la plupart de nos contemporains.

 

Besoin de Christ en tant que Superman pour nous sauver selon la bonne vieille formule dogmatique ; le héros de Dieu, son Elu, son bras droit, porteur de la Parole divine voire même Dieu lui-même incarné. C’est là une figure très forte (la haute christologie disent les théologiens) dont sont nostalgiques bon nombre de chrétiens pour qui c’est la spécificité irréductible de leur christianisme. Sinon le christianisme n’est plus qu’une religion parmi bien d’autres, avec son prophète, ses textes sacrés, son clergé, ses rituels, etc. Certains chrétiens (et pas seulement catholiques) vivent leur minorité sociologique comme une citadelle désormais assiégée.

2 - La libéralisation des mœurs où l’on admet que l’individu s’exprime par des discours personnels, par des accoutrements vestimentaires qui le singularisent, par le vécu d’une sexualité selon sa propre nature, etc., l’exhibition de ces choix personnels par les médias et une économie marchande qui pousse aux nouvelles modes et aux nouveautés de toute sorte, le rejet individualiste par certains qui narguent les morales sociales (on applaudit à la provocation, à l’impertinence, au subjectivisme le plus égocentrique et le plus suffisant), etc. Cela se traduit souvent par des excès, des dérapages, qui font la Une des médias.

 

Pas surprenant dès lors qu’une partie de l’opinion soit outrée par tout cela et rapplique vite fait bien fait dans les mouvances qui accusent l’abandon des valeurs ; les excès des uns alimentant la peur des autres. La liberté n’est plus pour eux une valeur, mais un danger de cacophonie. Même l’Ecole n’arrive plus à imposer une discipline ! Une partie de l'opinion en plus choquée par certains intellectuels "bobo" qui expliquent tout, justifient tout, absout tout, se voulant avant-gardistes afin d'être les premiers dans l'évolution des moeurs.

 

Pour les uns, utopie d’une nouvelle conscience civique enfin basée sur le respect des personnes, pour d’autres désastre sociétal car « on » a ouvert toutes grandes et sans précaution les vannes.

3 - L’hétérogénéisation de la société du fait de l’importance des flux migratoires, des mariages « mixtes » et des métissages, de l’introduction de références étrangères, d’une mondialisation avec l’Internet et les réseaux marchands, religieux, culturels, etc ... Elle fait craindre l’abandon des patrimoines locaux ou bien leur folklorisation.

 

Pour certains, la société n’est plus qu’une somme d’individus venus de diverses origines et vivant temporairement ou à plus long terme sur une même territoire. La citoyenneté est simplement la bonne gestion de ce territoire pour le bien être de ses habitants. Les questions d’identités ne sont plus pertinentes car chaque individu à la sienne. Maintes grandes villes, des régions fortement urbanisées ou qui ont connu d’important mélanges (ou juxtaposition) de populations, se retrouvent effectivement sans identité dominante. La fierté patriotique de sa ville, de sa région, de son pays, de ses appartenances n’est plus vécue par nombre de nos contemporains.

 

Enrichissement culturel pour les uns, appauvrissement sinon dénudement pour les autres.

à suivre ...

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Published by Jean-Claude Barbier - dans communautés religieuses en débat
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