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9 mai 2010 7 09 /05 /mai /2010 07:37

... suite et fin

 

Nos sociétés sont-elles entrain de se casser en deux, avec des dialogues de sourd ? Contrairement à ceux qui espéraient une atténuation des clivages entre conservateurs et progressistes avec la formation d’un centre plus consensuel, voilà que surgissent les extrêmes des deux bords.

 

En fait, une société n’est pas déterminée par un seul facteur qui serait dominant, mais elle est travaillée, tiraillée, par des influences diverses, souvent contradictoires. Elle navigue bien souvent à vue, ballottée par des évènements souvent extérieurs ou imprévus dont elle n’est pas forcement responsable. Il en résulte des avis les plus divers, des choix de société entre souhaits et contraintes, ce dont reflètent sondages d’opinion et résultats électoraux qui donnent le tournis par leur fluidité croissante.

On ne peut donc plus raisonner comme si les communautés civiques, religieuses et autres étaient homogènes, comme si les collectivités territoriales étaient le monopole des autochtones, etc. On doit gérer à la fois le maintien des identités, et à la fois leur diversification et parfois/souvent leurs antagonismes ; à la fois l’histoire et à la fois l’avenir ; on doit conjuguer tout à la fois les continuités et les nouveautés. Tout l’art de la démocratie n’est-il pas un apprentissage du vivre ensemble avec ses identités et ses valeurs ?

Un art bien loin de la démocratie bête et méchante, plus que sommaire, frustre, brutale, seulement électorale et donc ouverte aux démagogies, qui consiste à dégager une majorité qui ensuite imposera sa loi sur la minorité – quitte pour celle-ci à attendre sa revanche – ce qu’on appelle en langage politiquement correct, l’alternative !

 

Or la démocratie est D’ABORD le respect des autres, la prise en compte des minorités, le soucis que chacun trouve sa place avec ce qu’il est et son propre patrimoine au sein de la société (cela s’appelle l’hospitalité, la charité, la compassion dans le champs des valeurs anciennes). C’est à partir de ce respect mutuel que les échanges peuvent se faire, des osmoses se produire, des négociations aboutir en synthèse, des consensus se faire au bénéfice de tous.

A son niveau et dans sa spécificité, à sa toute petite échelle, l’Eglise unitarienne francophone, à l’exemple de toutes les assemblées unitariennes du monde entier, se tient éloignée des professions de foi communautaires, préférant que chacun s’exprime selon ses propres convictions intimes, puis elle organise des échanges, des partages, des mises en commun.C'est ainsi qu'elle organise ses cultes mensuels (lien)

 

Au sein de nos communautés, est-ce que toute personne a la possibilité de s’exprimer, de faire connaître son point de vue, de faire part des projets qui lui tiennent à cœur ? Est-elle écoutée avec attention, prise en considération, non rejetée avec ce qu’elle dit ? Les responsables et les équipes qui ont été élus ou désignés selon une tradition sont ils respectés dans leur travail et non pas contestés systématiquement comme c’est devenu la mode pour certains, un peu trop facilement, avec la vague libertaire ? La démocratie ne doit pas être une comptabilité de voix pour ou contre (même s’il faut le faire pour prendre des décisions), mais d’abord une gestion dynamique de groupes.

Une toute autre vision que celle des communautés religieuse qui mobilisent leur fidèles avec des slogans, des certitudes, des sermons enflammés … En cela, elle contribue à cet art de la démocratie dont nous avons tant besoin.


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Published by Jean-Claude Barbier - dans communautés religieuses en débat
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