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10 avril 2011 7 10 /04 /avril /2011 19:18

Georges Lemaître (1917-1965), professeur de physique à l’Université catholique de Louvain de 1927 à 1933, abbé de son état, a été reconnu mondialement pour ses travaux scientifiques, maths et physique. Il a publié en 1946, « L’hypothèse de l’atome primitif », à l’époque où l’univers était livré au jeu du hasard et qu’on se refusait à en chercher l’origine comme s’il flottait dans l’espace et le temps de toute éternité !


Une série d’articles parue dans la revue Ciel & Espace évoque son œuvre. L’épisode IV, signé Jean-François Robredo, du n° 488, janvier 2011, pp. 66-69, est intitulé « L’abbé Lemaître, l’homme qui a inventé le big bang ».


georges_lemaitre.jpgL’abbé Lemaître eut le soucis méthodologique de séparer clairement physique et métaphysique, science et religion. C’est avec ce principe qu’il participe au début des années 1930 dans ce qui s’est appelé « le débat cosmologique ». L’univers dans son ensemble est alors devenu « un objet de science » ; mais il ne peut y avoir de cosmologie sans cosmogonie, c’est-à-dire d’interrogation sur la singularité initiale. Raconter le « récit » de l’histoire de l’univers, son « évolution » depuis son « origine ».


Or, selon Einstein, dans son article de 1917, la « constante » cosmologique rend l’univers théoriquement « éternel ». A l’opposé, Laplace avait parlé d’une « chiquenaude » et Jeans du « doigt de Dieu » pour évoquer l’intervention créationniste de Dieu dans l’espace-temps. Les chercheurs chrétiens citent alors le Livre d’Isaïe où Dieu est caché, même au début de son œuvre. Après, ce qui est une naissance, l’univers peut continuer à exister de manière autonome et l’abbé Lemaître distingue entre ce qui est du domaine de l’être réel (Dieu) et ce qui est de domaine de l’existence évolutive (physique). Alors que le philosophe Pascal connaissait « l’effroi devant l’univers », le vertige entre l’infiniment petit et l’infiniment grand, le physicien, lui, s’engage résolument dans la découverte. Autre époque !


Mais cette vision évolutive, avec un commencement, un univers en pleine expansion, ne fut pas du goût de l’astronome anglais Fred Hoyle, principal promoteur de la théorie de l’univers stationnaire. Dans une émission radiophonique de 1948, il utilise le terme de "big-bang" en dérision d’une origine explosive de l’univers. Dans une conférence de 1960, il va jusqu’à traiter l’abbé de « big-bang man ». Il meurt en 2001, plus que jamais opposé à cette théorie.


Le pape Pie XII, en 1951, évoquera la « fiat lux de la Bible » (que la Lumière soit et la Lumière fut …de la Genèse) pour saluer les travaux d’abbé sur l’atome primitif, mais il sera alors tout de suite accusé de concordisme (vouloir établir une relation entre les littératures sacrées et les connaissances scientifiques) comme si on n’avait plus le droit d’établir des parallèles entre des champs différents ! L’abbé, quant à lui, plus prudemment, parlait des « deux chemins de la vérité ».


Aujourd’hui, la théorie du Big-bang est très largement admise … comme quoi on peut être à la fois religieux et excellent physicien. Le physicien belge André Berger a depuis pris la succession de l’abbé et se retrouve directeur d’une unité de recherche et d’enseignement qui porte le nom de ce dernier : l’Institut d’astronomie et de géo-physique Georges Lemaître à l’Université catholique de Louvain.


Pour en savoir plus sur ce physicien devenu prêtre en 1923 puis chanoine honoraire en 1935 , consulter l’article à son nom sur le site de Wikipedia (lien)

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Published by Jean-Claude Barbier - dans le Dessein intelligent
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