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Actualités Unitariennes
Le réseau francophone de la Correspondance unitarienne
vous fait part des évènements concernant la mouvance unitarienne contemporaine.
Issus du courant anti-trinitaire des Réformes protestantes du XVIe siècle, les unitariens sont près d'un million de personnes réparties dans une cinquantaine de pays. Présent en Roumanie et en Hongrie avec une Eglise historique datant de 1568, l'unitarisme s'est surtout développé au sein du protestantisme anglophone. Une première association fut fondée en France en juillet 1986 autour de Théodore Monod. Vous trouverez sur le site de l'AFCU des liens avec les unitariens du monde entier.
Si vous avez des informations touchant de près ou de loin à l'unitarisme, n'hésitez pas à nous les faire
parvenir. En plus, notre agenda "à l'usage des unitariens et sympathisants" mentionnera très volontiers les dates et lieu de vos activités.
contact : correspondance.unitarienne@wanadoo.fr
En France, la liberté de penser a été réglée depuis belle lurette. Il reste la
liberté d’expression et surtout d'être entendu. Il y a bien entendu la liberté d’être audible car l’accès aux grands médias n’est pas aisé. C’est un problème en partie technique, mais l’Internet
permet, sinon de résoudre, d’ouvrir toujours de nouvelles possibilités. Mais je veux parler des comportements totalitaires des gens qui veulent imposer leurs analyses, leur
vision des choses, leur programme (surtout en temps électoral !), leur Vérité et ceci pour qui tous les moyens sont bons ! Dommage de le constater, mais ils envahissent de leur intolérance les
forums ... et ferment la gueule aux autres vite fait bien fait !
Une liberté de penser sans liberté d’expression reste un voeux bien pieux ; c’est pour cela que les Actualités unitariennes lancent ce manifeste dans la tradition qui est la sienne.
Lorsque qu’une personne s’exprime ; donne son point de vue, fait part de son analyse d’une question, elle a le droit à
l’écoute, à l’attention des autres citoyens. Ceux-ci peuvent bien entendu être d’accord ou pas avec les propos tenus et proposer autre chose, etc. C’est ce que l’on appelle le débat démocratique.
Ors, ce débat est actuellement – du moins en France – complètement vicié par une culture populaire qui semble s’être instaurée et dont il faudrait analyser les origines, mais qui semble marquée
par quelques caractéristiques suivantes :
1 – lorsque quelqu’un émet une idée, on attaque la personne pour la discréditer :
qu’importe si son idée est intéressante ou non ! Certes la source est toujours pertinente à connaître, ne serait-ce que pour comprendre les stratégies, mais une idée lancée vaut ce qu’elle
est ! Ce sont les trompettes de Jéricho ! De la part des opposants, cela s’accompagne, non point d’arguments, mais d’un cortège d’injures pas possible et Dame Justice ne bronche pas ! Où est donc
le respect des personnes ainsi injuriées ?
2 – on constate le succès des humoristes qui font la pluie et le beau temps dans les
médias. Ors, en prenant connaissance de leurs prestations en principe artistiques, on constate que la plupart s’expriment tout simplement comme Monsieur Jourdain faisait de la prose, en simples
partisans politiques, disant crûment leurs propres opinions politiques. Est cela faire de l’humour ? Tout brave militant doué de raillerie est alors un humoriste ! L’humour artistique fait rire
tout le monde, y compris le raillé, sinon c’est autre chose. Pour l'audimat, les médias embauchent des pseudo-humoristes. Où est l’Autorité dite audio-visuelle ? C’est de la démagogie la plus
prostituée.
3 – Lorsque quelqu’un émet une idée, on lui dit – doctement – que ce n’est pas le
moment, qu’il y a d’autres choses plus importantes, qu’il fait diversion, qu’il cherche à occulter les choses « essentielles » qui sont importantes pour le « peuple » – , bref, on le renvoie vite
fait bien fait aux calendes grecques. Evacué !
4 – Evacués aussi les problèmes ! Réformer, transformer, changer d’orientation, ce
n’est pas l’affaire de slogans, mais de mise en œuvre de volontés politiques à long terme. Alors cessons de jouer aux magiciens adolescents et attelons nous aux tâches qui concernent les futures
générations. Pensons à nos enfants et non à nos enjeux immédiats de pouvoir. Travaillons sans bavarder aux problèmes de nos sociétés qui ne sont pas évidents à régler du fait de leur complexité !
Ne croyons plus aux miracles .. et aux propos populistes !
5 – Certains s’indignent au nom disent-ils de valeurs, mais en ont-ils le monopole ? Le
niveau politique met en œuvre les moyens d’arriver à tel ou tel progrès. A chaque acteur de présenter ses intentions, ses objectifs, son programme. Ensuite, il y a débat et éventuellement vote.
Faire un procès d’intention à priori et s’accaparer le monopole des valeurs humaines – ou évangéliques pour les appels aux chrétiens – apparaît tout à fait sectaire.
Ces méthodes argumentaires qui tordent le cou à la démocratie sont bien établies dans certains milieux, sont
systématiquement utilisées, vont de soi, sont des évidences et semblent parfaitement admis par une bonne partie de l’opinion publique qui adore les polémiques, les zizanies, les médiatisations,
les mises à mort, etc. Certains acteurs de l’opinion surfent dessus sans aucun scrupule et sans état d’âme en se disant – bien entendu – défenseurs de la démocratie !
Dans l’héritage unitarien qui est le nôtre, nous réaffirmons la liberté d’expression, le devoir de la part des citoyens d’une
communauté religieuse ou d’un Etat de s’écouter mutuellement, de tenir compte de la pluralité d’opinions qui découle forcément de leur liberté de pensée, de s’abstenir de toute violence verbale,
de respecter les autres dans leur identité, leurs propres valeurs, leur expression. Non ! tous les moyens ne sont pas bons moralement et civiquement. Respectons les autres et respectons
nous.