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28 mai 2010 5 28 /05 /mai /2010 18:35

thora.jpgDans la tradition hébraïque, puis juive, puis chrétienne des deux premiers siècles, les prophètes ont joué un grand rôle en face des institutions et de la communauté ... puis la chrétienté les a fait disparaître ; gênants qu'ils étaient ! C'est ce rôle qu'il convient de remettre en exercice. Il ne s'agit pas d'houspiller les responsables institutionnelles à tout propos, ni de vouloir jouer les grands à leur place, mais de rappeler des choses essentielles. A propos du rôle historique de Giorgio Biandrata et de Ferenc David, au XVIème siècle, à l'aube de l'Eglise unitarienne de Transylvanie, nous avons été amené à faire la distinction de ces rôles au sein des communautés chrétiennes : "Le prophète et l'évêque : entre vérité et institution" (communication de Jean-Claude Barbier au colloque international de Georges Biandrata, Saluzzo, 21-22 mai 2010 (lien ). Vive donc les prophètes : nous avons besoin de leur vigilance et de leurs appels.

 

Dans cette perspective nous avons l'honneur de publier, avec son accord et en inédit, une lettre que Roger Parmentier vient d'adresser au nouveau responsable de l'Eglise réformée de France, Laurent Schumberger. Elle est respectueuse ; elle apporte au destinataire sa collaboration fraternelle ; elle est un bon exemple du positionnement du prophète au sein de sa communauté. Accueillons la parole des prophètes.

 

Roger Parmentier, pasteur de l’Eglise Réformée (retraité), animateur Biblique (en activité)  - Association A.C.T.U.E.L. (actualisations Et transpositions culturelles de la Bible) - au pasteur Laurent Schlumberger, président du Conseil National de l’Eglise réformée de France  et au Conseil national, Raynaude (Ariège), le 24 mai 2010,

Cher Laurent, cher Président,
Chers frères,


Peu suspect, j’imagine, d’être un inconditionnel des autorités, ecclésiales et autres, je me sens d’autant plus poussé à vous adresser tous mes encouragements pour la charge, spirituellement difficile et lourde, à laquelle vous avez été appelé et que vous avez acceptée, ce dont je vous félicite. Je vous assure de ma solidarité fraternelle et critique.

Quand, semble-t-il, le navire prend l’eau, quand notre Eglise a perdu la moitié de ses membres et un nombre analogue de pasteurs (à peine compensée par l’appel heureux et réussi des ministères féminins), et quand ceux qui demeurent dans notre Eglise sont très majoritairement comme on dit, des « sexas », « septuas » ; « octos » (c’est un « nona » qui vous écrit) les perspectives sont inquiétantes. Il y faut bien du courage spirituel je suis convaincu que vous l’avez et qu’il vous sera renouvelé.

Ne conviendrait-il pas que nos Synodes et nos Conseils s’efforcent de mettre en lumière les causes de ce désamour ? N’est-ce pas avant tout parce que nous n’avons pas su accueillir la parole des prophètes qui nous avait été donnée ?


Celle des pacifistes, comme Henri Roser et Théodore Monod, des anti-colonialistes, comme Etienne Mathiot et des frères du christianisme social, des anti-capitalistes comme Francis Bose, Xavier-Michel Jaffard et autres militants de la Mission Populaire (d’autrefois) et des « Chrétiens pour le socialisme » ou « marxistes », comme Georges Casalis et les siens ; les partisans d’un christianisme religieux dans la ligne de Bonhoeffer, comme André Dumas et Jean Baubérot ; et bien d’autres courants, bien d’autres aspirations données à des membres de nos Eglises, mais étouffées, non prises en compte, rejetées… n’ayant pas fait l’objet d’une proposition d’étude par les Synodes et les Conseils.


Et que dire du refus d’entendre les messages de la révolution culturelle de mai 68, dont bien des fidèles et des pasteurs ont été les porteurs des surdités et des éliminations ? Et en particulier de l’incompréhension de la « révolution sexuelle » qui a pris son essor à ce moment-là, incompréhension qui a chassé plusieurs générations qui font cruellement défaut aujourd’hui à nos Eglises ...

La seconde préoccupation, proche de la première, c’est qu’il me semble que nous n’avons plus d’Evangile crédible sauf pour les crédules, les ignorants volontaires, les traditionnalistes, les naïfs de bonne volonté. A qui peut-on faire croire aujourd’hui les articles du Symbole des Apôtres ? Comment présenter ce véritable Evangile, celui de Jésus, dans des cultures et des sociétés en voie de sécularisation radicale ? Nous avons hérité du barthisme de l’époque héroïque, celle du combat spirituel et physique contre le nazisme, un « fondamentalisme rampant » ou triomphant, aujourd’hui envahissant et totalement inadapté.

Frères, cherchez et proclamez avec hardiesse le véritable Evangile, celui de Jésus, pas celui de pseudos disciples. Et qu’il fasse de nous tous des Samaritains venant au secours de toutes les détresses de nos sociétés malades. Et aussi des guetteurs prophétiques, dont parle Ezéchiel, sachant voir toutes les nouvelles menaces et sonner l’alarme pour leur faire face. « Yes we can » comme dit notre frère Obama. Avec la lumière et le courage qui donne l’Esprit de Jésus.

En toute bonne fraternité, Roger Parmentier, pasteur retraité (parait-il).

 

Le journal La Croix a consacré un article  de présentation au nouveau chef de file de l'Eglise réformée de France.

 

A défaut de communautés unitariennes locales, plusieurs unitariens trouvent accueil auprès de paroisses de l'ERF, d'autant plus que cette Eglise accepte plusieurs théologies, dont l'unitarienne même si elle ne l'a met pas en avant. Grande et belle Eglise chrétienne, l'ERF, a su développer en son sein une approche libérale des religions. Nous présentons nous aussi nos voeux de succès au pasteur Laurent Schlumberger pour sa nouvelle fonction.

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