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24 mars 2012 6 24 /03 /mars /2012 07:46

Depuis janvier 2012, le Mouvement national de libération de l'Azawad (MNLA) - l'Azawad est le pays des Touareg - mène l'offensive contre les garnisons militaires du nord du Mali, lesquelles tombent les unes après les autres, la dernière en date étant Anéfis sur la route nationale de Gao à Kidal. A Bamako, l'armée malienne est en pleine confusion : coup d'Etat de la part de soldats ... mais qui ne sont pas suivis par leur hiérarchie ! Ces soldats reprochent à leur Gouvernement leur sous-équipement en armes et un manque de soutien.


Le MNLA a mis à profit le retour au pays des Touaregs qui soutenaient Khadafi en Lybie ; ceux-ci sont revenus avec armes et devises. Par ailleurs, l'Azawad comprend la région de Kidal qui est considérée comme étant une base sûre pour l'AQMI dont on connaît l'affiliation déclarée à Al-Qaïda : un véritable "sanctuaire", par ailleurs proche des frontières !

 

mali_rebellion_touareg.jpg

attention, le drapeau présent sur la carte est celui de la Guinée ; il faut inverser les couleurs pour celui du Mali.


Plus au sud de cette zone, rappelons aussi que les Etats du Nord du Nigeria appliquent officiellement la charia depuis la fin du XIXème siècle et que la secte Boko Haram, également pro-Al Qaïda, y mène des activités terroristes contre les communautés chrétiennes et les forces de police (attaque de commissariats, etc.).

 

Une nouvelle géographie politique est-elle entrain de se dessiner dans toutes ces régions au bénéfice évident de l'islamisme ?

 

Situation au 31 mars 2012 - Des tirs d'armes lourdes ont éclaté au cours de la matinée à Gao, où des rebelles touareg ont pu pénétrer (dans 3 quartiers sur 8) malgré l'intervention d'hélicoptères de l'armée. À environ 1 000 km au nord-est de la capitale Bamako, Gao est la principale ville du nord du pays et abrite l'état-major de l'armée pour toute la région septentrionale. 

Ces combats interviennent au lendemain de la prise de la localité de Kidal, plus au nord-est vers la frontière algérienne, par le groupe armé islamiste Ansar Dine, appuyé par le Mouvement national pour la libération de l'Azawad (MNLA), grand groupe rebelle touareg, et des éléments d'al-Qaida au Maghreb islamique (Aqmi).

L'essentiel du nord-est du pays est désormais aux mains des rebelles et seules les garnisons de Gao et Tombouctou restent sous contrôle gouvernemental. Le nord du Mali subit depuis la mi-janvier une vaste offensive de ces rebelles touareg et de groupes islamistes. La junte au pouvoir depuis le coup d'État militaire qui a renversé, le 22 mars, le président Amadou Toumani Touré (dit ATT) a précisément invoqué l'échec du régime contre la rébellion pour justifier son putsch. Lu dans Le Point.fr (lien)

 

Propos de Mgr Jean Zerbo, archevêque de Bamako

« L'intégrisme, nous l'avions pris pour un petit serpent, il s'est révélé être un boa » ! 

Mgr Jean Zerbo a participé aux discussions avec la junte militaire et les partis politiques maliens, la semaine dernière à Ouagadougou, (Burkina Faso), afin de trouver une solution à la crise que traverse le Mali (La Croix du 17 avril 2012).

 

Déjà 200 000 réfugiés et une famine prévisible

Voir l'article dans La Croix du 17 avril 2012 " Les Maliens redoutent l’insécurité et la famine au Nord " (lien).

 

Ajout du 27 juin 2012 - Les mouvements islamistes pro-djihadistes ont pris le pouvoir à Tombouctou et tout récemment à Gao, chassant les Touaregs qui envisageaient un Etat pour eux selon des normes modernes recevables (lien). L'objectif est désormais à un vaste empire islamiste conquérant au coeur de l'Afrique.

 

Ajout du 13 juillet 2012 - Les Touaregs sont divisés entre islam acceptant la laïcité (le MNLA), interne au Mali, et un islam djihadiste (celui de Ansar Dine) rêvant sans nul doute d'un empire s'étendant sur plusieurs pays. Voir l'article paru hier dans La Croix "Pourquoi les Touaregs ont perdu le Nord-Mali" (lien). On peut penser que l'éventuelle reconquête du Nord-Mali se fera avec l'aide et au bénéfice de MNLA ; la partie n'est donc pas totalement jouée.

 

Ajout du 18 janvier 2013 - Les mouvements politiques Touareg au Mali se sont largement discrédités, soit le MNLA qui, bien que laïc, s'est allié avec les plus féroces des islamistes - puis a dévoilé sa faiblesse sur le terrain en étant rapidement éliminé par eux ! -  ou bien ceux d'Ansar Dine qui se sont montrés incapables de mener des négociations avec les autorités algériennes, lesquelles s'étaient entremises en préconisant le dialogue, et qui ont finalement dévoilé leur appétit en fonçant sur Bamako. Cela hypothèque très gravement le projet d'un Azawad dotée d'une autonome régionale. Quelque soit l'évolution politique de cette région, elle devra passer par une formation des élites touarègues.

 

On constate d'une manière générale que le passage de chefs de guerre à chef d'Etat n'est pas du tout évident ; les mutations politiques dépendent beaucoup de l'intelligence des élites qui arrivent au pouvoir ; certaines élites restent tribales et visent seulement l'accès au pouvoir et non l'organisation d'un territoire en vue de son développement. Dans l'histoire française, cette mutation fut manifeste avec le baptême de Clovis (vers 498).

 

Ajout du 6 février 2013 - Suite à l'intervention de l'armée française, le Mouvement national de libération de l'Azawad (MNLA) et une importante dissidence d'Ansar ed-Dine, le Mouvement islamique de l’Azawad (MIA), se sont désolidarisés avec les islamistes et se sont dit prêts à un arrêt des hostilités et à collaborer. C’est une figure touareg, Algabas ag Intalla, qui a pris la tête du MIA après avoir été, mi-décembre, l’envoyé spécial d’Ansar ed-Dine à Ouagadougou, au Burkina Faso, pour négocier avec la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest une sortie de crise. Ce qui reste d'Ansar ed-Dine est dirigé par le rebelle touareg Iyad Ag Ghaly (originaire de Kidal et déjà en rébellion dans les années 1990), lequel avait finalement décidé, après avoir été tout prêt de se désolidariser des autres groupes armés sous la pression de l’Algérie, fin décembre, de reprendre les hostilités. Le MNLA, de son côté, a fait prisonnier deux responsables d'Ansar ed-Dine, dont le n°3 de ce mouvement. Cette situation relance l'intérêt pour une solution négociée et la réintégration de ces élites touarègues au sein de l'Etat malien.

Ce qui reste d'Ansar ed-Dine continue le combat aux côtés d'Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi), dont l'un des leaders est l'Algérien Abou Zeïd, et le Mouvement pour l'unicité et le jihad en Afrique de l'Ouest (Mujao). Ces combattants sont principalement réfugiés dans le massif montagneux des Ifoghas.

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Published by Jean-Claude Barbier - dans en Afrique noire
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