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28 août 2010 6 28 /08 /août /2010 06:50

suite de l'article précédent


Un texte de base, fondateur, a été publié en février 1976  :

 

En voici sa présentation par Louis Fève (du Réseau Résistances) et Jean Debelle (des Communautés de base) : « Pierre de Locht à la Paroisse Libre », publié dans Bulletin PAVÉS n°11 (juin, 2007), lien http://www.paves-reseau.be/revue.php?id=432 


Pour cette communauté d’Église que forme la Paroisse Libre, Jésus-Christ est la référence vivante et décisive, face à laquelle chacun d’entre nous désire se situer. La fidélité à Jésus-Christ implique que notre communauté accueille les interrogations et les doutes de ses membres, pourvu qu’ils adhèrent au projet communautaire de la Paroisse Libre. Cette fidélité nous appelle à poursuivre ensemble la recherche. Nous nous engageons donc dans l’espérance sur le chemin de la libération où le Christ nous a précédés, et nous voulons ainsi répondre aux appels des hommes et des femmes d’aujourd’hui.


La célébration de cette vie en référence à Jésus-Christ, particulièrement dans l’Eucharistie, est un élément constitutif de cette communauté en tant que communauté d’Église. Les formes de cette célébration y font l’objet d’une recherche constante d’adaptation aux exigences de sa propre vie, compte tenu de la diversité d’âge de ses membres.


Ce projet communautaire postule que les membres qui se réunissent en sous-groupes au sein de la Paroisse Libre participent activement à la poursuite de ses objectifs communs. »

* Les sous-groupes en question, étaient à l’origine au nombre de trois ou quatre, dont les ateliers « évangile » et « désert ».

 

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" Nous pensons que la Paroisse libre constituait pour Pierre le modèle de cellule d’Église dont il rêvait ".  Voici le texte de base de 1976.

 

1 - Une communauté de partage et de célébration à taille humaine ; le mot "paroisse" la situe d’emblée parmi les communautés et assemblées du diocèse. Nous faisons d’ailleurs partie de l’ensemble des communautés de base de Wallonie – Bruxelles et participons à ses rassemblements. Pierre tenait à notre appartenance à l’Église et s’est réjoui de ce que, il y a quelques années, listant les groupes catholiques, le vicariat ait accolé à Paroisse Libre les termes de "paroisse autogérée". Le mot "libre" signale aussitôt notre affirmation d’autonomie, dans la gestion et la conduite de nos débats et de nos liturgies. Nous pensons à Jean Delumeau qui rêve d’un « tissu urbain (et rural) ... parsemé de locaux modestes destinés à l’écoute, au partage, à la solidarité et à la prière des croyants. »

2 - Le groupe pratique une liberté d’appartenance et de fréquentation considérable. Cela se réalise, au point qu’il est parfois difficile de dire qui, finalement, est "membre". La question se pose chaque fois que l’on met à jour la liste des membres, avec leur adresse. Certains d’entre nous participent en même temps à la vie d’une autre communauté de base, ou d’une paroisse. La liberté de la communauté nous a semblé impliquer une égale liberté de chacun à l’égard du groupe. Les abonnés à notre bulletin et les participants aux célébrations de Noël, de la Semaine Sainte et de Pâques sont plus nombreux que ceux des assemblées dominicales.

3 - Chacune et chacun, rigoureusement égaux en dignité, sont appelés à participer de la même façon au sacerdoce du Christ dans le partage eucharistique. Cela ne s’est réalisé que progressivement. Pierre souhaitait cette évolution sans la forcer. Peut être est-ce en lui d’abord qu’elle est née. Il a osé la soutenir et s’y engager personnellement. Il s’y tenait fermement et savait la légitimer. Quels que soient donc le sexe, le statut de clerc ou de laïc, tous se retrouvent sur le même pied au sein de la portion du peuple de Dieu que nous figurons. La célébration est un acte de la Communauté. Nous estimons célébrer ainsi pleinement, avec ou sans prêtre présent à l’assemblée.

4 - Une structure organisationnelle minimale s’est mise en place, au service de la Communauté, qui est détentrice de tous les pouvoirs, puisque la démocratie est vitale dans notre fonctionnement. Chaque année, un ou deux des trois membres du groupe de coordination sont remplacés, par mode électoral. Ce groupe, chargé de veiller à la mise en œuvre des décisions et au suivi de la réflexion, est mixte. Il est guidé par le contenu de textes où sont consignées les grandes orientations de la Paroisse Libre, ainsi que l’esprit et les éléments essentiels des célébrations eucharistiques. Pierre a souvent souligné la nécessité et l’importance de ces textes d’orientation.
5 - Il est clair que nos objectifs et notre fonctionnement supposent un accord fondamental en ce qui concerne nos conceptions de l’humanité, du christianisme et de l’Église. Confiance est faite aux humains ; c’est à eux de choisir en âme et conscience ce qu’ils jugent bon ou souhaitable. Si le "peuple de Dieu", tel que l’a défini le dernier Concile, reconnaît le rôle d’une hiérarchie, celle-ci est à son service, et non l’inverse. En définitive, elle ne peut imposer aucune appréciation et aucune pratique sans son aval, en ce sens qu’une croyance ou un usage n’ont de valeur irrévocable que reçus et adoptés par lui.
6 - Nos options concernent aussi la communauté ecclésiale dans son ensemble. Pour nous, l’Église n’est intégrale que dans l’union des Églises chrétiennes, en dialogue avec les autres religions et avec les agnostiques et les athées. L’Église catholique se doit de respecter la souveraineté des États, et les choix des citoyens qui ne partagent pas ses propres convictions.
7 - Le Jésus des évangiles qui nous mobilise nous apparaît davantage libérateur que rédempteur - ou mieux, rédempteur en ce qu’il est libérateur - ; d’où, notre peu d’insistance sur le péché à se faire pardonner - comme le voudrait, par exemple, le texte du Confiteor. Nous mettons plus volontiers en relief  l’attitude du Père de l’enfant prodigue et l’accueil positif de Jésus à l’égard des pécheurs. L’évangile est une bonne nouvelle. La parole et les actes de l’Église doivent devenir l’annonce d’une nouvelle positive pour l’humanité actuelle, plutôt que la dénonciation de ses errements possibles.
8 - Corollairement, nous cherchons à rencontrer un Jésus pleinement homme autant que Dieu. Dieu, nul ne l’a vu, et, malgré toutes les approches identificatrices, il reste mystérieux. C’est d’ailleurs ainsi qu’il s’est présenté à Moïse. Par contre la parole de Jésus : « Qui m’a vu, a vu le Père » nous offre la meilleure façon d’entrer dans ce mystère de Dieu, sur le chemin de l’Alliance, et de rencontrer sa volonté.
9 - Nos partages et nos célébrations sont centrés sur l’Écriture, fondement de l’Église, et sur le "faire mémoire" de la dernière Cène. Le détail du rituel est chaque fois élaboré par celles et ceux qui animent la célébration, sans se laisser enchaîner par les prescriptions de la liturgie officielle. Par contre, nous en célébrons les éléments essentiels, tels que, bien entendu, la mention des paroles de l’Institution, et le partage du pain et du vin. Nos mises au point concernant la liturgie ont contribué à mettre en valeur l’accueil, la préface, les intentions, le Notre Père, la bénédiction finale et l’envoi. Il est admis aussi que la célébration de la Parole : lecture de textes, commentaires et partage en groupes, prennent le temps et le soin qui leur permettent de se déployer, avant de faire place aux rites eucharistiques.

à suivre ...

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Published by Louis Fève et Jean Debelle - dans communautés religieuses en débat
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