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vive l'inter-convictionnel !

Café-philo, café-théo, café-poésie, café-livre, café-bible ... multiplions les occasions d'échanger nos idées, de discuter, d'argumenter, de dialoguer, d'écouter les autres et de prendre graine. Organisons des débats pour mieux apprendre ce qu'est la démocratie ... et fuyons d'autant les réunions de propagande monocolore qu'elles soient politiques ou religieuses !

ici un "café-bible" à l'initiative de l'Eglise protestante d'Evreux. Vu sur le blog d'Eric George.

Les groupes de discussion sur la Toile vont aussi dans le même sens. Ils vont bon train. Lorsqu'ils sont bien modérés, ce sont des lieux de convivialité et d'apprentissage au dialogue. 

Les unitariens francophones en gèrent un depuis avril 2005 et qui a maintenant près de 100 membres : ce sont chaque mois plus de 200 messages d'information et de discussion qui y sont mis en débat (en interne au groupe). Je vous en donne l'adresse ; venez nous-y rejoindre.

Samedi 19 septembre 2009 6 19 /09 /2009 08:15
- Par Actualités unitariennes - Publié dans : vive l'inter-convictionnel ! - Communauté : Religions en toute liberté - Recommander

Charte publiée le jeudi 14 mai 2009 par le philosophe et écrivain français Abdenhour Bidar sur son site personnel.

Nous nous donnons le nom d’Héritiers de l’islam, et nous parlons de l’islam des Héritiers. Par cette appellation, nous entendons la communauté ouverte de tous ceux qui veulent s’unir parce qu’ils considèrent comme leur responsabilité de trouver, pour la culture islamique, des formes adaptées au temps présent et tournées vers l’avenir.

Nous, Héritiers de l’Islam, avons reçu notre culture en héritage comme une terre où toutes les constructions anciennes s’effondrent, et sur laquelle il faut reconstruire quelque chose d’entièrement nouveau.
Nous, Héritiers de l’islam, ne voulont pas vivre plus longtemps dans des ruines, ni rester prisonniers des décombres du passé.

Nous  souhaitons nous rassembler, penser et agir selon quatre principes :

1 - Un principe de liberté : nous revendiquons le droit, qui doit être en même temps un véritable devoir, pour chaque personne de culture islamique de trouver et de vivre librement son rapport à cette culture. Nous voulons que cette liberté personnelle n’ait plus peur de s’affirmer – qu’elle soit reconnue à chacun comme son droit légitime, spirituel et moral le plus inaliénable. Nous considérons comme illégitime toute prétention de quiconque, institution ou individu, Etat ou parenté, société ou dignitaire religieux, à imposer une vision de l’islam, ou bien à imposer quoi que ce soit au nom de l’islam, ou bien encore à s’ériger en autorité islamique.

Chaque femme et chaque homme de culture islamique doit être laissé entièrement libre et responsable de la construction de son identité.
La communauté islamique (Oumma) doit devenir une communauté sans jugement ni contrainte, ouverte à l’expression de sa propre diversité.

2
- Un principe de rupture : nous rejetons tout ce qui dans l’islam historique relève de sa dégénérescence – que ce soit la contrainte en matière de religion ou de coutumes, le taqlid* ou la perte de l’esprit critique. Nous condamnons tout ce qui soi-disant au nom de l’islam s’oppose au respect de la dignité humaine, à l’égalité des sexes, à la tolérance, à l’expression de la diversité des points de vue et des sources de la connaissance, à la liberté personnelle de conscience, de réflexion et d’action. Nous dénonçons comme contraires à l’esprit de notre culture tout discours de haine, ainsi que toute violence, physique ou morale, exercée soi-disant au nom de la défense de l’islam.

* taqlid : soumission aux habitudes, coutumes, obéissance passive à la tradition

La culture islamique doit faire son auto-critique jusqu’à ce qu’elle devienne synonyme de paix, de réflexion, de liberté et d’ouverture à l’autre.

3
- Un principe de créativité : nous affirmons la nécessité et l’urgence pour la culture islamique de sortir de la répétition et de l’immobilisme, pour retrouver son dynamisme passé. Pour remobiliser la créativité de chacun. Pour se réinventer et se diversifier selon des formes propres au temps présent. Pour se nourrir d’une relation de fécondation mutuelle avec toutes les autres cultures. Pour se réinventer comme religion, par l’ijtihad* accordé comme droit à chaque croyant, mais aussi par la production de pensées philosophiques, d’oeuvres littéraires et artistiques, et plus généralement à travers des projets, des rêves, des ambitions multiples.

*ijtihad : effort d’interprétation personnelle, usage de son propre jugement dans la conduite de sa vie spirituelle


La culture islamique doit redevenir une matrice majeure du génie créateur de l’homme.
 

4 - Un principe d’humanité : nous estimons que le temps où chaque civilisation pouvait vivre de façon
séparée et auto-suffisante est terminé. Et par conséquent que notre tâche essentielle est de faire contribuer la culture islamique à la constitution d’un humanisme universel, capable de mobiliser et de rassembler tous les peuples de la terre dans un projet de civilisation unique, tawhid* de demain : unifier les forces spirituelles et matérielles de la civilisation dans le but éthique d’aider chaque être humain à accomplir ses possibilités les plus hautes.

*tawhid : unicité de Dieu, au sens originel, et au sens large principe d’unité ou d’unification.


Le monde musulman doit entrer dans un projet de civilisation global au service de la réalisation de soi de l’être humain – selon le principe que “l’homme véritable est encore à venir”.

 
Nous nous engageons à penser et vivre selon ces quatre principes, ainsi qu’à oeuvrer pour leur développement.

Nous le faisons par responsabilité, pour faire entendre un islam actuel et dynamique, capable d’auto-critique et de renouvellement.

Nous affirmons notre indépendance totale vis-à-vis de toute organisation déjà existante.

Nous invitons tous ceux qui souhaitent solliciter notre réflexion à nous consulter par le biais de ce blog.

Si vous vous reconnaissez dans ces principes et cette démarche, rejoignez-nous, aidez-nous à manifester notre existence, votre existence ! Associez-vous à cette responsabilité partagée de construire une Renaissance de la culture islamique en ajoutant votre nom et les raisons de votre adhésion à notre Liste des membres des Héritiers de l’islam 

Abdennour Bidar, philosophe, rédacteur de cette Charte des Héritiers, contact

Salam, paix à tous, qui que vous soyez. J’ai écrit cette Charte parce que depuis des années je travaille à proposer une autre vision de l’islam. Et toujours certains me répètent : « Vous êtes le seul à penser comme ça, vous rêvez, l’islam ne changera pas, il restera un bloc figé de traditions ». Or peu à peu, je me suis rendu compte que nous étions en fait très nombreux à nous retrouver sur des idées de liberté, de tolérance, de changement. Très nombreux, mais très isolés. Très nombreux, mais silencieux. C’est pour donner une voix et un espace commun de reconnaissance à cette liberté que j’ai rédigé cette Charte, comme un appel au rassemblement de toutes les bonnes volontés, de toutes les énergies, de toutes les intelligences au service d’une Renaissance de la culture islamique. 

Les ouvrages d'Abdennour Bidar sont présentés dans la "Bibliothèque de l'EUfr", sur
le site de l'Eglise unitarienne francophone (EUfr).

Vendredi 28 août 2009 5 28 /08 /2009 10:30
- Par Abdennour Bidar - Publié dans : vive l'inter-convictionnel ! - Communauté : Religions en toute liberté - Recommander
Tous les trois ans (2003, 2006, puis maintenant en juillet 2009), le Kazakhstan organise en sa capitale des rencontres inter-religieuses internationales dans le cadre d'un édifice spécialement construit à cet usage.



Les dimensions de la Pyramide s’inscrivent dans un cube de 62 mètres de côté. L'acier, la pierre et le verre sont les trois matériaux qui " marquent " cette architecture. Ils ont été utilisés respectivement pour les éléments tubulaires qui composent les profils, pour le revêtement extérieur et pour la pointe. Le choix de plusieurs couleurs et la présence des décorations réalisées par l'artiste Brian Clarke ajoute ici une touche de vivacité et de dynamisme à cette structure imposante. Sa construction a été confiée à deux sociétés turques.

La base est constituée d'un podium, lui aussi carré, de 96 mètres de côté, qui a une double fonction : augmenter la hauteur de la pyramide et contenir un auditorium pouvant accueillir 1 500 personnes. Son plafond est toutefois circulaire et reprend ainsi la forme de la salle de concert à l'étage supérieur, au centre de laquelle une ouverture permet à la lumière naturelle de pénétrer.

Forme sobre et géométrique, clin d'oeil aux monuments antiques, cet édifice se veut volontairement neutre et universel afin de mieux accueillir les cultures religieuses du monde entier.

Mis à part cette salle, la Pyramide de la Paix abrite également un centre culturel sur toutes les ethnies qui vivent au Kazakhstan, un musée, l'Université de la civilisation, une bibliothèque et un centre de recherche sur les religions du monde entier.

 

Architecte audacieux, Norman Foster est bien connu du public français puisqu’il a dessiné le viaduc de Millau, 1993 – 2005. Voir son site.

Mardi 7 juillet 2009 2 07 /07 /2009 09:24
- Par Actualités unitariennes - Publié dans : vive l'inter-convictionnel ! - Communauté : Religions en toute liberté - Recommander

Astana est, depuis 1998, la nouvelle capitale d’un Kazakhstan qui a accédé à l’Indépendance en 1991. Cette ville fut fondée à l’époque soviétique dans le cadre d’une politique d’extension des surfaces cultivées dans les vastes steppes de l’Asie centrale. Car le Kazakhstan est effectivement un bien vaste pays (15 millions d’habitants pour une superficie correspondant à cinq fois la France), qui, avec le Kirghizstan, l'Ouzbékistan, le Tadjikistan et le Turkménistan constitue l'ensemble géopolitique fréquemment appelé "Asie centrale et Kazakhstan", à la jonction entre Europe et Asie, sur l’ancienne route de la soie et ses villes caravansérail.


Y cohabitent des populations les plus diverses. Il faut dire que cet immense pays de steppes, situé à la jonction de l’Europe et de l’Asie, rassemble 130 groupes ethniques (53% Kazakhs, 30% Russes, avec plusieurs autres groupes représentés : des voisins Ukrainiens, Kirghizs, Ouzbeks, Tadjiks, Tchétchennes, d’autres Européens Allemands, Polonais, Bielorusses, etc., mais aussi des Coréens) et de 45 confessions (47 % de musulmans sunnites, 42 % d’orthodoxes russes, 3 % de catholiques *, 1 % de juifs, etc.). Ici, on compte fièrement 2 229 mosquées, 258 églises orthodoxes, 93 églises catholiques, six synagogues et plus de 500 lieux de culte protestants.
* surtout des Polonais et des Allemands ; le pape Jean-Paul II a effectué une visite à Astana du 22 au 27 septembre 2001.

visite des lieux historiques de la route de la soie avec le train spécial " Régistan " (Astana-Achkhabad) à travers Kazakhstan, Ouzbékistan et Turkménistan

Le président de ce pays, Noursoultan Nazarbaev – dont son biographe Jonathan Aitken * avance qu’il est personnellement "déiste sceptique" – a érigé, au centre d’une ville ambitieuse et futuriste qui ne cesse de s’étendre, en 2006, une Pyramide de la Paix dessinée par l’architecte anglais Normand Forster. Il y convie régulièrement des responsables religieux internationaux pour envisager un monde de tolérance, de respect mutuel et de coopération pour la paix et le développement – exactement les mêmes propos que tenait Jean-Paul II. En plus des religions déjà citées, le bouddhisme, l’hindouisme ou encore le shintoïsme et le zoroastrisme. De l’ethnie kazakhe, le président s’est détaché de l’islam. " Les religions l’intéressent et il en a une bonne connaissance, mais il n’est membre d’aucune, estime J. Aitken. Ce qu’il veut, c’est fonder le Kazakhstan sur les principes de liberté et de tolérance religieuses, et le protéger de tout extrémisme. "
* Nazarbaev and the making of Kazakhstan, Éd. Continuum, à paraître à Londres le mois prochain

Déjà en 2003 et 2006, une centaine de représentants religieux de haut niveau - responsables des religions mondiales et traditionnelles - avaient débattus des valeurs universelles et de l’implication des croyants dans l’amélioration du monde. Un troisième congrès de ce genre vient d’avoir lieu.

Voir l'article de Claire Lesegretain "A Astana, le dialogue interreligieux conditionne la paix" dans le journal La Croix du 6 juillet 09.

Clin d’œil au Tour de France qui vient de s’élancer de Monaco ce samedi 4 juillet : l’équipe cycliste Astana est une équipe sous licence kazakhstanaise créée en 2007. Le sponsor est un conglomérat d'entreprises réunies autour du nom de la capitale de leur pays. Elle a eu comme leader le Kazakh Alexandre Vinokourov, puis pour 2009, l’Américain Lance Armstrong et l’Espagnol Alberto Contador.

Mardi 7 juillet 2009 2 07 /07 /2009 09:14
- Par Actualités unitariennes - Publié dans : vive l'inter-convictionnel ! - Communauté : Religions en toute liberté - Recommander

Ce jeudi soir 4 juin, sur le plateau d’"A vous de juger", dans la toute dernière ligne droite de la campagne européenne, Arlette Chabot a eu fort à faire pour maîtriser le débat entre huit ténors politiques invités sur France 2 : des injures entre certains se traitant de "menteur", de "minable" de "non présidentiable", etc. Même la journaliste fut envoyée au diable par un protagoniste !

En quoi notre démocratie est-elle malade ? nonobstant ceux qui, avec lyrisme (durant cette émission du moins), on dit vouloir l’exporter aux quatre coins du monde connu ... tout en en donnant (le temps de cette émission du moins) un spectacle bien lamentable !

Il y a d’abord une question de définitions à rappeler : comme par exemple la différence entre le libéralisme économique "sauvage" et le libéralisme économique régulé par l’Etat et les instances internationales, entre les conversations menées avec la Turquie pour un partenariat privilégié et celles concernant son adhésion à l’Europe communautaire, sur ce qu’on appelle un sondage d’opinion (qui n’est point le résultat électoral bien entendu !), etc. Sans le rappel de ces définitions, les discutants ne parlent pas de la même chose.

Dans le même sens, le rappel, par un historien ou un journaliste, des évènements passés, de la chronologie d’une question en cours, des réactions et des interprétations auxquelles ils ont donné lieu, de la présentation des statistiques, de leurs sources et de leur fiabilité, des sondages d’opinion, etc., ceci afin d’éviter les négationnismes de plus en plus fréquents de nos jours, chacun se réinventant une histoire qui l’arrange en traitant allègrement l’autre de menteur, de manipulateur, d’hypocrite, etc.


Il faut savoir surtout que notre "démocratie" a mis en place une foire d’empoigne à tous les niveaux en valorisant la compétitivité agressive, l’interpellation impertinente au nom du franc parler, le bagout pour monopoliser la parole au détriment des autres, les argumentaires à la place de la réflexion, l’accusation des autres et les procès d’intention comme attaque ou contre attaque, etc. Naguère c’étaient les Eglises et autres communautés religieuses qui s’arrogeaient ainsi l’exclusivité de la Vérité et du quoi faire et les leçons à donner aux autres ! Depuis, les partis politiques ont largement pris le relais.


Chaque débat entre hommes politiques ou encore entre journalistes "militants" / partisants tourne désormais au marché aux braillards. L’un n’a pas encore fini de s’exprimer que des rafales de mitraillette arrivent déjà ! Les partisans (naguère les dévôts des Eglises) applaudissent à tout rompre et comptent les coups ! Le système est idéologiquement tribaliste.


Il y a de toute évidence une question d’éthique. Ne faudrait-il pas rappeler aux uns et aux autres que tout dialogue repose sur l'honnêteté, la réflexion sincère, l'écoute de l'autre et non sa caricature, l'humilité aussi vis-à-vis des problèmes à résoudre et les grands enjeux.


Et puis ne faudrait-il pas aussi que les organisateurs se montrent plus fermes dans le respect des règles du jeux : certes la spontanéité a ses charmes mais l’indiscipline tourne vite à la confusion. Un bon exemple sur la façon de procéder : le Parti socialiste avait parfaitement réussi ses primaires aux dernières élections présidentielles en dépit des forts antagonismes qui existaient alors entre ses candidats ; ceux-ci s’étaient exprimés à tour de rôle.

Certes l’agressivité lors des débats à la télévision amuse la galerie, fait bondir les audiences, mais ne donne guère un bon exemple. Ceci dit, c'est intéressant, je l'avoue, de voir les hommes et les femmes politiques en pleine spontanéité (comme s’ils se déshabillaient devant nous*) même si cela parfois/souvent laisse pantois ! Au moins, nous voilà prévenus qu’ils sont bien humains …

* allusion à la série télévisée "Streap tease, déshabillez-vous".


Serais-je nostalgique d’une culture ancienne de la proximité où l'on apprenait à se respecter soi-même pour respect à autrui (et bien entendu pour soigner sa bonne réputation !). Aujourd’hui, on apprend plutôt à se lâcher ! Cela peut avoir des avantages ... et des désavantages.

Vendredi 5 juin 2009 5 05 /06 /2009 09:42
- Par Jean-Claude Barbier - Publié dans : vive l'inter-convictionnel ! - Communauté : Religions en toute liberté - Recommander

A chaque élection, c’est l’effervescence – ou plutôt le " grenouillage " – au sein des partis politiques : décisions par le haut (pudiquement appelés " arbitrages ") et bouderies, voire rébellions en bas. Le système veut que les élus, même s’ils ont été méritants, ne soient pas assurés de se voir à nouveau présentés par leur parti. " On " peut leur préférer un autre genre (pour respecter le quota des sexes à 50%) ou encore les écarter au profit d’un parachuté ou leur préférer un autre candidat local plus en cours auprès des instances dirigeantes (eh oui ! les bandes, çà existent dès lors qu’il y a centralisation d’un pouvoir)*. Adieu carrière, mais aussi tout le travail de relations et de dossiers que le brave élu a pu faire durant son mandat.

* Voir par exemple sur le site du journal Libération la critique actuelle du PS par des élus qui se trouvent écartés par la nouvelle direction de leur parti : "Au PS, on touche le fond sur les européennes", rubrique " Politiques ", le 6 mars 2009. Lien


Qu’un élu soit changé après débat de sa section politique local, c’est là le jeu d’une démocratie ; mais il s’agit de tout autre chose : un diktat venu des sphères dirigeantes des partis. A ce jeu, nos députés – pourtant bel et bien élus par le peuple (et, rappelons le, pas par les seuls militants de leur parti) – ne sont plus que des fonctionnaires de leur parti, éjectables à moindre échéance électorale, non par résultat du scrutin, mais, à priori, selon les stratégies de leur hiérarchie politique. Le système est si bien établi et admis que les candidats qui se présentent comme " indépendants " sont taxés de tricheurs car cachant leur véritable identité et se refusant de jouer le jeu démocratique !

Quid, me direz-vous, du renouvellement des élites, de la fin des cumuls de multiples fonctions, de l'hégémonie de baronnies locales ? Certes ces questions interpellent, mais l’éthique démocratique veut qu’elles soient traitées avec des méthodes transparentes et en respectant les personnes. Elles peuvent parfaitement l’être lors de débats locaux et non par des oukases jacobins.

La démocratie au sein d’un parti politique n’est pas seulement une affaire de programme, ni même de personnalité du chef (ou de la cheftaine), mais bel et bien des processus décisionnels mis en œuvre en leurs seins. De vertueux démocrates clament leur foi à toute occasion, mais pratiquent ni plus ni moins le jeu des factions, les noyautages, le clientélisme ; bref, c'est le grand écart !




Martine Aubry et Ségolène Royal dessinées par Gérard Eleouët, toutes pimpantes lors du congrès de Reims où chacune, haute en couleurs, défendait, avec le talent qu'on leur connaît, ses convictions ; puis, après, au lendemain des prestations publiques, Martine Aubry seule à la tête de l'appareil, en institutrice d'école primaire, couleur sépia qui convient aux choses du passé, disciplinant sa classe d'élèves ... L'envers du décor ! La vie interne des partis politiques serait-elle donc si tristounette ?
Les caricatures de G. Eleouët peuvent être vues sur son blog personnel "Staricature", ou encore sur celui des "
Grandes gueules". 

Il en va aussi des évêques dans les Eglises catholiques (la romaine et les parallèles), bien qu’ils continuent à être présentés comme de braves pasteurs qui, comme Jésus, consacrent leur vie à leurs brebis. Ceci dit, il suffit d’une décision venue d’en haut pour que l’évêque se retrouve dans un autre diocèse, voire un diocèse qui n’existe plus – virtuel – comme celui de Partenia en antique Tunisie pour Mgr Jacques Gaillot en 1995, et qu’il doive en conséquence (en berger d’un jour, en mouton obéissant) abandonner ses fidèles brebis !

En économie, les entreprises familiales cèdent le pas devant les sociétés anonymes et le pouvoir passe aux mains de PDG nommés par quelques gros actionnaires et bombardés à l'occasion " capitaines d’entreprise " avec juteuses prébendes.

Dans la vie associative, l’entrisme d’activistes extrémistes parfaitement rôdés à cet exercice mène parfois / souvent à des mainmises sur des associations de la société civile qui sont alors politisées, " récupérées " d’une façon unilatérale.

Allons nous donc, dans tous les secteurs, vers une société où le local perd son autonomie, vers une société de "fonctionnaires" ?

Au rythme où va cette captation des énergies entrepreneuriales et des initiatives locales, il ne restera bientôt plus que certaines communautés religieuses, telles les Eglises locales du protestantisme gérées par des conseils presbytéraux jaloux de leurs prérogatives. Les unitariens se rattachent à cette tradition d’autant plus que la plupart d’entre eux sont héritiers, sur le plan ecclésial, du congrégationalisme : la communauté qui a fondé une Eglise locale en reste propriétaire, même si les générations suivantes modifient les orientations initiales (comme dans le cas des congrégations unitariennes-universalistes).

Ors, les projets pensés, mûris, concrétisés par un individu ou un groupe ont une cohérence, une volonté, une ténacité envers et contre tout. Ils sont effectivement têtus, savent survivre ou se reconvertir, ne ménagent pas leur peine ni leur temps, savent se réjouir lorsque les fruits arrivent. Ils sont du côté des paysans et des artisans et non des multinationales irresponsables vis-à-vis de ceux qui sont attachés à un terroir, à une patrie, à une tradition.

Respectons le travail d’autrui, encourageons nos entrepreneurs locaux dans toutes les sphères de notre vie sociale, soyons attentifs à ceux à qui nous avons délégué des responsabilités (et pas seulement pour les critiquer à tout bout de champ !), valorisons nos propres ressources en tout domaine. Ainsi y aura-t-il davantage de continuité dans les efforts, et moins de bougeotte selon l’orientation des vents, de la mode à penser, des arrivistes de tout bord qui arrivent effectivement au pouvoir ... et servent d’abord leur propre coterie.

Dimanche 8 mars 2009 7 08 /03 /2009 19:55
- Par Jean-Claude Barbier - Publié dans : vive l'inter-convictionnel ! - Communauté : Religions en toute liberté - Recommander

Combien je comprends ceux qui sont chatouilleux dès lors qu'on touche à leur Eglise ou à celle de leur pote. Une Eglise c'est en effet comme une famille, une communauté du coeur, un héritage partagé, une maison commune. On en est fier. On la fréquente par plaisir. Pour rencontrer d’autres visages amis. On s’y endimanche ! Ca relève des tripes. C'est comme çà. Elle n'a pas à se justifier. On ne crache pas dessus, ni dedans. Un point c’est tout.

Une Eglise c'est un ensemble de solidarités, de fraternités, d'élans communs, de valeurs qui nous soudent, qui forment pour nous un faisceau de lignes essentielles. Ce sont des fêtes et des joies ensemble jubilées, des peines ensemble compaties. Nous sommes là bien loin des dogmes et des croyances, mais une Eglise c'est d’abord çà !

Pour ceux qui aiment les croyances et les idées, il y a les associations et les partis politiques pour en discuter tout son soul. Une Eglise, c'est du côté du coeur.

chorale de femmes à l'Eglise arménienne catholique d'Iran


Pourquoi j'aime l'Eglise de mon choix ? Je le dis dans un poème - car les poèmes expriment mieux ce que l'on a en soi d’intime - sur le site de l'Eglise unitarienne francophone (EUfr) de ce matin : " qu’à donc ton Eglise plus qu’une autre ? ".

Oui, je me sens bien dans mon Eglise. Elle me sied. Et qu'il en soit pour chacun ainsi, dans son Eglise, selon son propre vouloir. Amen.

Jeudi 12 février 2009 4 12 /02 /2009 14:39
- Par Jean-Claude Barbier - Publié dans : vive l'inter-convictionnel ! - Communauté : Religions en toute liberté - Recommander



Une certaine laïcité ne voudrait pas que les Français aient des identités autres que celle de citoyen français. Sans doute un reste du jacobinisme, ou de nationalisme, ou encore du marxisme léninisme bon teint. Or nous avons bel et bien des identités de peuples (je pense aux Corses, aux Basques et aux Bretons), d’ethnies (pour les étrangers naturalisés et les immigrés), de langues, de religions, de cultures locales avec la gastronomie et autres coutumes.

Celles-ci ne sont pas à confondre avec le communautarisme qui, lui, consiste à appliquer à une communauté des règles à part : comme par exemple des heures de piscine municipale, des carrés dans les cimetières (hormis le cas patrimonial des cimetières historiques), des cantines à part, des médecins féminins pour les femmes, etc.  Le secteur privé peut par contre offrir les services particuliers que certaines communautés souhaitent pour elles (avec contrat avec l'Etat dans le cas de l'enseignement).

En démocratie, les relations publiques entre l’Etat et des représentants de communautés ou mouvements identitaires sont tout à fait normales : ceux-ci ont tout à fait le droit de s’exprimer … ce qui ne signifie nullement que l’Etat va leur emboîter le pas. Nous ne sommes plus au temps des concordats !

C’est Lionel Jospin qui avait inauguré des relations régulières avec les représentants des grandes religions en France.

Dommage que les unitariens soient trop minoritaires pour être invités à l’Elysée !

Lundi 15 septembre 2008 1 15 /09 /2008 12:16
- Par Jean-Claude Barbier - Publié dans : vive l'inter-convictionnel ! - Communauté : Religions en toute liberté - Recommander

Avec l’organisation de primaires en vue des présidentielles de 2007, où 3 candidats se retrouvèrent alignés devant la caméra de télévision, sa récente université d’été à La Rochelle et son prochain congrès de Reims, le Parti socialiste a joué la transparence et n’a pas caché ses différences internes.

Quoi de plus normal, au sein d’une famille politique de tradition démocratique de débattre des personnes qui vont assumer des responsabilités de premier plan : un candidat aux élections présidentielles, un secrétaire général, etc.

Mais voilà, l’opinion française est traversé par des courants manifestement contradictoires. En héritage d’un pays qui a proclamé " un seul pays, un seul roi, une seule foi " ; puis des jacobins de la Révolution française qui - au nom du Peuple bien sûr ! - imposèrent leurs idées ; puis des marxistes dont chaque parti ou groupuscule s’érige en détenteur de la plus fine des analyses et de la marche à suivre ; certains Français veulent des partis " en ordre de marche " (pour gagner les élections !). Ils se lamentent sur les dissensions et parlent immédiatement de désunion. Certains voudraient qu’on débatte des idées seules comme si c’était possible de les séparer des hommes et des femmes qui les incarnent ...

Naguère, paraît-il, les évêques étaient élus par leurs ouailles. Depuis longtemps, l’Eglise catholique romaine y a mis bon ordre en nommant d’en haut les dignes prélats ... qui, nonobstant, sont toujours dits " pasteurs de leur troupeau ", mais qui ne sont plus que de braves fonctionnaires chargés de répercuté la ligne vaticane, ou du moins de ne pas la contredire et de savoir courber l’échine.

Que voulons-nous ? Des partis, des Eglises, des associations qui débattent de leur avenir et choisissent leurs responsables en conséquence ? ou bien des nominations en catimini, selon des négociations en interne, voire des pressions occultes ?

La tradition unitarienne est décentralisée, à savoir que chaque communauté s’organise à sa façon et se relie aux autres en toute liberté. Nous savons par expérience que le choix de nos responsables (président et autres membres des conseils et bureaux, ministres du culte, etc.) est une affaire importante pour toute la communauté concernée. A elle de prendre le temps et les moyens pour trouver le consensus en son sein et aller de l’avant. Présentement, aux Etats-Unis, deux candidats se sont déclarés au sein de l'importante Unitarian Universalist American (UUA) of congregations pour la succession du président actuel, le révérend William G. Sinkford.  Ils se font connaître et mènent campagne, parlant d'eux-mêmes sans critiquer l'autre.

Et puis, cessons de nous gausser de ce qui se passe chez les voisins car Jésus a parler de la poutre que certains, toujours prêts à dénigrer les autres, avaient dans l’oeil. Dans une démocratie, au-delà des concurrences et des compétitions, tout le monde n'a-t-il pas intérêt à ce que les processus de sélection des élites des diverses organisations et instances aboutissent à des choix de personnes de qualité. Alors que la monarchie est condamnée à accepter des héritiers de naissance qui ne sont pas toujours à la hauteur des tâches qu’on attend d’eux, la République en appelle, quant elle, à ses meilleurs enfants. C’est là sa fierté.

Mardi 2 septembre 2008 2 02 /09 /2008 09:10
- Par Jean-Claude Barbier - Publié dans : vive l'inter-convictionnel ! - Communauté : Religions en toute liberté - Recommander

En voulant une instance qui soit représentative pour les musulmans de France, le Conseil français du culte musulman (CFCM), mis en place au début de 2003 avec l’aide des autorités françaises, a voulu organiser des élections nationales. La prochaine va avoir lieu ce dimanche 8 juin.

Mais ce genre de vote, dans ces conditions, n’introduit-il pas la division, les luttes de pouvoir, les surenchères ? Depuis sa naissance, c’est la joyeuse foire d’empoigne entre communautés de diverses tendances religieuses (des modérés aux intégristes), origines ethniques (Algériens, Marocains, Turcs, etc.), aides étrangères reçues, notables locaux, etc. Ceci bien entendu au bénéfice des activistes qui passent leur temps à faire des alliances " contre nature " pour l’emporter le jour " J ".

Nos voisins musulmans belges ne sont guère mieux lotis, avec un Exécutif des musulmans de Belgique (EMB) reconnu officiellement depuis 1994, et dont l’ex président et autres membres sont interpellés par la Justice.

Le bilan du CFCM n’est guère enthousiasmant si l’on en croit une série d’articles bien documentés qui sont parus dans le journal La Croix :

Le bilan du CFCM,
Les élections de l'islam de France sous tension,
Le Conseil régional du culte musulman de Rhône-Alpes a su trouver sa voie,
L'exécutif des musulmans de Belgique cherche une sortie à sa crise

Quels sont donc les modèles qui marchent le mieux pour regrouper les acteurs religieux et les fidèles au-delà de leurs propres communautés de base ?

Il y a d’abord le modèle pyramidal, centralisé. C’est celui de l’Eglise catholique romaine et de ses conférences nationales épiscopales (mais celle-ci mobilise peu, sinon pas du tout, les fidèles concernés), des Témoins de Jéhovah, etc.  Le même modèle est décentralisé chez les orthodoxes au niveau des patriarcats.

Le modèle synodal des protestants mobilise davantage les fidèles puisqu’il y a des enjeux en terme de résolutions et de vote. A cela s’ajoute une sagesse pratique qui veut que les décisions soient reportées s’il n’y a pas un consensus suffisant ou encore qu’elles n’entrent en application que progressivement lorsque les communautés de base se sentent prêtent à le faire. Les quakers et les baha’is sont également très soucieux de maintenir l’unité en attendant qu’un consensus se dessine.

Le modèle réseau (dont le fonctionnement est grandement facilité par l’Internet) : les membres se coordonnent sur la base du volontariat et d’une instance commune minimale. C’est ainsi que les unitariens se rencontrent au niveau national dans le cadre de " Conference ", " General Assembly " " meeting ", etc., et au niveau international avec l’International Council of Unitarians and Universalists, mais dans ce cas, les décisions sont seulement internes, concernant le fonctionnement du réseau. Aucune décision ne touche aux orientations des membres. Ceux-ci n’ont pas à s’aligner sur une politique qui aurait été décidée à un échelon supérieur. Chaque communauté unitarienne reste totalement souveraine.

C’est ce mode réseau qu’ont adopté les protestants français, avec la Fédération protestante de France, et les catholiques indépendants de la Fédération des réseaux des parvis (voir la rubrique " Parvis " du site de l’AFCU), nonobstant le terme, trompeur en l’occurrence, de fédération.

Autre question. Faut-il maintenir la cohérence d’un projet d’origine en faisant référence à une fondation ou à l’œuvre du fondateur (important entre autres chez les catholiques et les orthodoxes) ? Faut-il mettre en place un conseil d’administration qui garantisse une certaine fidélité à ces origines (cas de l’Assemblée fraternelle des chrétiens unitariens où les résultats des AG touchant aux orientations sont soumis à une telle instance) ? Faut-il définir nettement les conditions d’adhésion afin d’éviter l’entrisme ?

pilier de mémoire, First Unitarian Congregation of Ottawa. Photo Jean-Claude Barbier, mai 2008.

Les Eglises unitariennes connaissent ce dilemme depuis que ces Eglises aux Etats-Unis, à la fin du XIXème siècle décidèrent de s’ouvrir aux agnostiques, aux athées, puis à d’autres croyants. Cette version, connue sous le nom d’unitarisme-universalisme depuis la fusion en 1961 entre l’Association unitarienne américaine (AUA) et l’Eglise universaliste d’Amérique, conduit à une gestion pas toujours facile de la diversité.

Comment en effet faire cohabiter des chrétiens ou autres croyants (théistes et autres religions particulières) avec des athées qui frémissent chaque fois que d’autres s’adressent directement et explicitement à Dieu ? On voit bien qu’un tel modèle ne peut fonctionner que s’il y a grande liberté de parole, écoute réciproque, tolérance inconditionnelle et que chacun puisse exprimer son identité dans sa propre culture et langue.

Bien entendu de telles Eglises peuvent très bien devenir des auberges espagnoles où l’on discute de tout, ici et maintenant. La référence à une tradition commune, à une histoire partagée est ici fondamentale. Sans ce patrimoine, l’Eglise devient une simple association voguant d’AG en AG selon la majorité du moment, bien loin du projet de ses fondateurs ... Certains pensent d’ailleurs que l’Eglise, nonobstant le Saint-Esprit, aurait ainsi dérivée, concile après concile, bien loin des intentions du rabbi Jésus de Nazareth.

Votez oui, mais à bon escient et pour faire valoir un projet commun ...

Ces considérations valent bien entendu pour l'Eglise unitarienne francophone, une Eglise sur la toile en cours de construction à l'initiative de notre réseau de la Correspondance unitarienne : http://eglise.unitarienne.francophone.over-blog.fr

Vendredi 6 juin 2008 5 06 /06 /2008 17:51
- Par Jean-Claude Barbier - Publié dans : vive l'inter-convictionnel ! - Communauté : Religions en toute liberté - Recommander
Un colloque international, interculturel et interconvictionnel sur le thème " Cohésion Sociale dans une Europe multiculturelle : Rôle et impact des religions et des courants de pensée " - dit Colloque 3 i - s’est tenu les 3 et 4 octobre derniers à Strasbourg, sous les auspices du Conseil de l’Europe. 

Nous en avions parlé dans un message du samedi 16 juin 2007, intitulé " vivre ensemble en Europe au sein de sociétés convictionnelles " (dans notre rubrique " vive l’interconvictionnalité " ). 

http://actua.unitariennes.over-blog.com/article-10903605.html

" La cohésion sociale est la capacité d’une société à assurer le bien-être de tous ses membres, à minimiser les disparités et à éviter la polarisation. Une société cohésive est une communauté solidaire composée d’individus libres poursuivant des buts communs par des voies démocratiques ". (le Comité des ministres du Conseil de l’Europe le 31 mars 2004)

Interconvictionnel est un vocable créé par le G3I pour signifier que sont concerné-e-s dans ce colloque non seulement des croyant-e-s des diverses religions, mais aussi des personnes humanistes, agnostiques ou athées ayant d’autres convictions que des convictions religieuses. 

Nous sommes heureux de vous annoncer aujourd’hui 
la publication électronique des actes de ce colloque. 
A demander à François Becker
f.becker@noos.fr 
ou au contact de ce site :
correspondance.unitarienne@wanadoo.fr


La version papier comprendra la postface de Jean-Marc Ferry


Ci-dessous, une présentation de ce colloque par F. Becker *, parue dans la Lettre n° 1 de la Fédération des réseaux des Parvis.

* François Becker, vice président de Droits et libertés dans les Eglises (DLE), représente la Fédération réseaux des Parvis au Réseau Européen Eglises et Libertés dont il est le secrétaire général et le représentant auprès du Conseil de l’Europe. Il remercie Jean Riedinger et Didier Vanhoutte pour leur relecture attentive du manuscrit et leurs commentaires.


Europe--drapeaux-des-pays-de-l-Europe.jpg Pourquoi le message d’amour et de fraternité que professent toutes les religions, conduit-il certains croyants et certaines institutions de ces religions à se comporter contrairement à ce message ? Pourquoi ce message ne conduit-il pas toujours les croyants et leurs institutions à développer la cohésion sociale, comme le montre malheureusement la réalité actuelle? Pourquoi des hommes et des femmes se laissent abuser par ceux et celles qui instrumentalisent la religion ? Devant l’extension de l’Europe, l’accroissement de sa diversité culturelle et religieuse, la diminution du nombre de croyants, comment contribuer à la construction d’une Europe cohésive dans le respect de la démocratie et des droits humains ? Quelles valeurs partager, quelles attitudes adopter?


Telles sont quelques unes des questions auxquelles a cherché à répondre ce colloque que le G3I *, groupe de travail interculturel, international et interconvictionnel, et la Conférence des OINGdu Conseil de l’Europe ont organisé pour remédier au fait que les instances européennes ne consultent en général que les hiérarchies religieuses, ce qui les conduit à négliger les différences parfois importantes de pensée, de culture et d’appréhension des réalités sociales qui existent entre les hiérarchies et la base, et à négliger l’apport des courants de pensée qui ne s’appuient pas sur des convictions religieuses.

* Le G3I, rassemble des associations de culture humaniste rassemblées au sein de la Fédération Humaniste Européenne, une association de culture musulmane, le Manifeste des Libertés, une association de culture juive, le Cercle Gaston Crémieux, la ligue internationale de l’Enseignement, de l’éducation et de la culture et des associations de conviction chrétiennes, rassemblées au sein de Parvis et du Réseau Européen Eglises et Libertés.


Ce colloque a rassemblé à Strasbourg entre 150 et 200 personnes, d’abord à l’Université Marc Bloch le 3 octobre 2007 en soirée où ils ont été accueillis par le Pr. B. Michon, président de cette université, ensuite au Conseil de l’Europe le 4 octobre toute la journée où ils ont été accueilli par Madame Farrell, chef de la division de la Cohésion Sociale au Conseil de l’Europe et par Madame Oeschger, présidente de la Conférence des OING *.

* La Conférence des ONG du Conseil de l’Europe regroupe environ 400 associations dotées su statut participatif accordé par le Conseil de l’Europe.


Il est impossible de rendre compte en quelques mots de la richesse de ce colloque très dense, dont les actes sont en cours de publication. En mettant en avant des citoyens et citoyennes d’Europe, athées, agnostiques ou croyant-e-s et non les institutions, et en permettant un dialogue entre des personnes de convictions différentes, plutôt qu’entre communautés, ce colloque a permis de faire émerger des expériences de cohésion sociale et de montrer, exemples et témoignages à l’appui, que des associations, des Organisations Non Gouvernementales, marquées par la diversité de leurs membres, peuvent apporter une réflexion et une contribution originale qu’il est indispensable de prendre en compte dans la mise en place d’une société cohésive.


Dès le départ, le colloque a noté que la pluralité grandissante de l’Europe, qu’elle soit culturelle, religieuse ou convictionnelle et son contexte démocratique impliquent que, si les religions et les courants de pensée peuvent et doivent s’exprimer, aucun d’eux ne peut prétendre s’imposer aux autres, ni ne doit accaparer et contrôler les rouages de l’Etat, et inversement. " La loi protège la foi aussi longtemps que la foi ne veut pas faire la loi ".


L’histoire a montré, en effet, que si le lien entre religion (ou courant de pensée) et état a été créateur de cohésion pour les pratiquants de la religion d’état ou du courant de pensée étatique, ce lien a conduit à l’exclusion des autres, ce qui le disqualifie pour établir la cohésion d’une société multiculturelle et multiconvictionnelle.


Le colloque a insisté sur le fait que cette cohésion ne peut s’établir que dans le cadre de ce que le Conseil de l’Europe appelle la " laïcité européenne ", à savoir : séparation du profane et du sacré, séparation du spirituel et du séculier, liberté de conscience, de pensée et de religion, mêmes droits et mêmes devoirs pour les citoyens et citoyennes, quelque soit leur religion ou leur affiliation philosophique, ainsi que l’autonomie relative entre les Etats et les communautés religieuses dans leurs relations mutuelles. Le Conseil de l’Europe ajoute que les 
valeurs fondamentales sur lesquelles l’Europe est fondée : droits de l’Homme, démocratie et état de droit, ne sont pas négociables dans les rapports avec les religions et les courants de pensée.


Comme l’a souligné Philippe Lazar dans la conclusion du colloque, une des clés de la cohésion sociale est la dissociation de deux espaces. L’espace concret des personnes, chacune aussi importante et aussi digne de respect que l’autre, chacune unique par son histoire, et l’espace abstrait des références et des représentations, qu’il s’agisse des cultures, des religions, des Etats, des symboles. L’espace des personnes est privé, il est inviolable. L’autre espace, l’espace social, appartient à tous et toutes ; aucune personne, aucune religion ou courant de pensée, aucune culture ne peuvent se l’approprier ni le réduire à sa propre vision sans risquer le communautarisme, l’exclusion ou le totalitarisme. Ainsi, il n’y pas d’opposition entre individu et société.


C’est ainsi que pourront être évitées les perversions des rapports de chaque personne avec ce que B. Quelquejeu a appelé l’ "Ultime " : perversion de sa quête identitaire (toutes les idéologies et les attitudes fondées sur la négation de la différence : racismes, antisémitismes, 
exaltation de la race, génocides, nationalismes agressifs, impérialismes exacerbés, communautarismes extrêmes) et celles de sa quête de sens (pathologie de la certitude : fanatismes dogmatiques, sectarismes orgueilleux, messianismes délirants et toutes les espèces de revendication du monopole d’accès à la vérité), perversions qui conduisent à la violence (répression des déviants ou des hérétiques sous toutes ses formes, Inquisition allant jusqu’aux exécutions capitales, goulags, autodafés, ordalies, fatwas appelant à l’assassinat, etc. ) comme des témoignages poignants l’ont montré. 


Cela ne veut pas dire qu’une société cohésive composée de personnes libres, de culture différentes, pouvant avoir des intérêts ou des conceptions divergents n’est pas une société sans tension ni conflits : c’est une société dans la quelle ces tensions et ces conflits sont gérés de façon démocratique et non violente dans le respect des personnes, de leur dignité et dans le respect de valeurs fondamentales acceptées par tous, d’où l’impérieuse nécessité de les enseigner et de les transmettre. Le colloque en a montré de nombreux exemples.

Mardi 26 février 2008 2 26 /02 /2008 14:52
- Par François Becker - Publié dans : vive l'inter-convictionnel ! - Communauté : Religions en toute liberté - Recommander
Profils-de-libert-s--fresque-de-la-com-die-humaine.jpg

Construite sur les sables apportés du Delta
Alexandrie l’urba, voulue par un Grand.
Son phare, son port, sa bibliothèque.
La sagesse hellène pour l’Orient, La philosophie pour tous,
l’encyclopédie des savoirs accumulés ici, jour après jour,
L’universel proclamé jusqu’aux finistères, jusqu’aux chutes du Nil.


Une autre culture, une autre époque : un site sur la toile du XXIème siècle.
Une voix de liberté derrière les collines.
La gazette unitarienne invite à la gourmandise des idées,
pour une société inter convictionnelle du partage pluraliste,
carrefour pour croyants et non croyants, pour chrétiens et athées,
pour l’interrogation et le doute, pour les convictions et les interpellations,
pour une harmonique de paix et de justice


Le pasteur protestant est devenu tisserand.
L’anarchiste aux coups de gueule se fait aubergiste.
Le Franc-maçon, si fier de sa loge fraternelle, héberge des religions.
L’ami solitaire et rude, qui se tient résolument à l’écart des contorsions humaines,
établit des passerelles, multiplie les affinités.
L’époux et le père de famille si attentif aux siens,
toujours combattant de la pensée humaine dans ce qu'elle a de meilleur.


Chaque jour un nouvel article.
Le webmestre tisse sa toile toute voile dehors.
Elle s’étend, prend l’allure d’une maison d’édition,
Devient une famille de pensée entre auteurs 
qui ne se connaissent que par leur nom,
entre tant de visiteurs venus du monde entier,
qui, sans doute, n’auront jamais l’occasion de se serrer les mains
comme naguère, le firent entre eux, les Gueux de Bruxelles.


Un site sur la toile comme un point d’orgue
du savoir et de la réflexion,
de la raison critique et de l’exigence,
de l’ouverture et de la tolérance.


Aujourd’hui une référence pour les internautes,
demain, sans nul doute, un lieu de visite pour tous ses amis.
Dans ce temple de la pensée,
ils s’attarderont, de page en page, lue et relue, toujours avides de lire,
nostalgiques d’une aventure numérique
qu’ils ont vécue comme une épopée des temps modernes,
où l’on a appris à être curieux d’un simple clic.

Jean-Claude Barbier



J'ai adressé ce poème à Pierre Bailleux le 5 octobre en l'intitulant "Merci à Pierre Bailleux". C'était bien entendu un hommage, mais Pierre aurait refusé ce terme. C'était couru d'avance. 

Ses forces avaient commencé à décliner. Il luttait physiquement. Voyant moins bien et gêné d'une main, il cessa la mise en ligne de nouveaux articles sur son site.

Celui-ci n'est plus actualisé, mais reste ouvert, à la disposition de tous. 

http://prolib.net

Ce "merci à Pierre Bailleux" est le dernier texte qu'il mit en ligne. Il le plaça en première page des bulletins de la Correspondance unitarienne, bulletins mensuels qu'il accueillait sur son site depuis le lancement de cette série en octobre 2002.

http://prolib.net/unit/cu000merci.htm

5 ans après le début de cette collaboration, qui fut un compagnonnage d'une complicité et d'une amitié si fraternelle, La Besace des unitariens (lancée en février 2007) pouvait prendre enfin le relais, à partir du n° 72 d'octobre 2007.

Pierre, entouré de sa famille, s'est éteint dans la sérénité et dans la dignité, ce mardi 29 janvier.
Je lui avais téléphoné la veille. Il avait été sobre comme à son habitude.


Pierre Bailleux, pasteur protestant de l'Eglise protestante unie de Belgique (EPUB), desservait l'Eglise réformée de l'Alliance à Braine-l'Alleud, en banlieue Sud-Est de Bruxelles, dans le Brabant Wallon. 

Unitarien déclaré, ami de Théodore Monod, ayant participé à des activités de l'Association unitarienne francophone (AUF) dans les années 90, il était conseiller honoraire de l'Assemblée fraternelle des chrétiens unitariens (AFCU) depuis 2005.

Vendredi 1 février 2008 5 01 /02 /2008 08:12
- Par Jean-Claude Barbier - Publié dans : vive l'inter-convictionnel ! - Communauté : Religions en toute liberté - Recommander

Buvard-Jules-Ferry.jpg

 

BUVARD A CONSERVER

Pour tous les petits Enfants de France

CHER PETIT ENFANT, NOUS TE DEMANDONS DE LIRE ATTENTIVEMENT CES QUELQUES LIGNES ...

Tu aimes ta famille,
Tu aimes ton pays,
TU DOIS AIMER TOUS LES HOMMES SANS EXCVEPTION,
Et tu dois aimer la Liberté par dessus tout. Car il n'y a rien de plus noble et de plus beau que la Liberté.
Il ne faut haïr personne.
Tu dois toujours respecter la liberté d'autrui.
Afin que ta propre liberté soit également respectée.

IL N'Y A PAS DE PLUS GRANDE VERTU QUE LA TOLERANCE.

Ne laisse jamais la haine pénétrer dans ton coeur. Il faut aimer tous les hommes. Ce n'est pas leur faute s'ils sont nés dans un autre pays, s'ils ont une autre religion que toi, ou s'ils en ont aucune. Toutes les idées, toutes les croyances, doivent être libres.
Est-ce de leur faute s'ils sont catholiques, protestants, juifs, ou libres penseurs. Tu peux discuter leurs idées, tu as même le droit de combattre leurs opinions, mais tu ne dois pas les haïr, encore moins les persécuter ...

CHER PETIT ENFANT ! 
IL FAUT T'INSTRUIRE !

sous le portrait de Jules Ferry Un des principaux fondateurs de l'Ecole laïque : JULES FERRY

André Lorulot, Imprimeur-Editeur, Herblay (S. - et - O.)

 

le verso de ce buvard est consacré à Michel Servet et à Jules Jaurès, tous deux réunis comme victimes du fanatisme, sous le titre "La Laïcité, c'est la tolérance, c'est la Fraternité !"
A voir dans La Besace des unitariens (rubrique "sur Michel Servet")


Nous remercions Fabien Girard de nous avoir transmis ce document.

Lundi 14 janvier 2008 1 14 /01 /2008 09:20
- Publié dans : vive l'inter-convictionnel ! - Communauté : Religions en toute liberté - Recommander
Le Café du Courant d’Air de Marseille (45, rue Coutellerie, 13002 Marseille), animé par Pierre Castaner, est un bon exemple de ces cafés où l’on peut manger et boire, mais aussi discuter, échanger d’une façon conviviale, faire des rencontres philosophiques et spirituelles, s’enrichir l’esprit autant que la panse. 


le-caf---Courant-d-Air----Marseille.jpg
http://www.courantdair.net



Le programme de la semaine est toujours alléchant et des plus variés : jeux, poésie, chanson, écriture, discussion sur un livre, philosophie, religion, etc. Le consulter sur le site du Café


Un peu à l’écart, discret, une alcôve de silence avec quelques bougies pour ceux qui veulent méditer ou prier.


Devenus minoritaires au sein de notre société occidentale, les chrétiens n’en restent pas moins " le sel de la terre " ainsi que leur Evangile les y invite. Aux sermons du haut des chaires ont succédé, dans un contexte de décléricalisation, les partages fraternels entre hommes de bonne volonté. En quelque sorte, une descente (mais non pas aux enfers !) des églises aux cafés. 


Les chrétiens se montrent donc actifs parmi les discutants de notre société et la caractéristique principale de leurs " cafés " c’est qu’on y discute avec attention à l’autre, avec écoute, avec compréhension d’autrui, et non pour polémiquer à partir de camps retranchés. La joie du partage. Qu’on se le dise !

Jeudi 10 janvier 2008 4 10 /01 /2008 10:12
- Par Jean-Claude Barbier - Publié dans : vive l'inter-convictionnel ! - Communauté : Religions en toute liberté - Recommander
Pour le blogueur que nous sommes, en conséquence (bien) modeste éditeur, comment rendre compte en toute objectivité d’un important discours comme celui du président Nicolas Sarkozy prononcé sous les lustres du palais du Latran, le jeudi 20 décembre 2007, après sa visite au pape Benoît XVI ?


Il y a d’abord les contre voix des opposants français qui dénigrent par principe tout ce que fait leur président, étant entendu que nous sommes dans un système de rivalité qu’ils font perdurer entre deux élections afin de maintenir leur partisans sous pression, de conserver leur base militante, de mobiliser leurs troupes, ou encore de faire connaître leur existence institutionnelle à tout prix même lorsqu’ils n’ont rien à dire de spécial.


Que le président français soit de Droite ou de Gauche, l’autre partie qui n’a pas voté pour lui ne le reconnaît pas comme président de tous les Français. Il reste à leurs yeux le chef d'une "majorité" politique, sinon le chef d'un parti. On voit bien là une différence fondamentale d’avec la royauté qui, elle, dispose d’une légitimité historique et qui a une base populaire (du moins tant que le peuple y consent).


En conséquence, un président en France est sans cesse contraint de s’appuyer sur son propre parti politique, sur ses alliances politiques, sur son électorat … tout en parlant au nom de l’intérêt commun et de tous les Français. Exercice parfois bien difficile mais à laquelle on reconnaît un " homme d’Etat ".


Des voix individuelles s’ajoutent aux voix institutionnelles que sont celles des partis politiques, des syndicats, des mouvements, etc. ; des articles d’auteurs s’ajoutent aux entretiens de responsables, aux déclarations, aux manifestes, aux pétitions. Ils sont tous les bienvenus au sein d’une société qui se veut démocratique et où les courants d’opinion sont invités à s’exprimer.


Faut-il faire un décompte des voix pour et des voix contre ? Des éditeurs mettent ainsi face à face des articles d’auteurs pour ou contre. C’est assurément plus élégant, pour un éditeur, que de prendre partie, d’être partisan, lorsque l’événement génère des sentiments contrastés.


On peut faire appel aussi à des experts, à des scientifiques, à des " observateurs " qui nous font part de leur analyse la plus objective possible, qui savent dresser un tableau d’ensemble avec tous ses contrastes, qui lui donnent une profondeur historique.


Enfin, afin de respecter les nuances du discours, de ne pas dénaturer les propos de l’orateur par des citations tronquées, de ne pas le caricaturer, il vaut mieux parfois renvoyer à la publication intégrale.


Ayant déjà écrit un livre sur ce sujet, ayant été chargé des cultes en sa qualité de ministre de l’Intérieur, ayant été un acteur de tout premier rang dans la mise en œuvre du Culte national des musulmans de France, Nicolas Sarkozy a un vécu personnel et direct des faits religieux de notre pays. Sa pensée est innovante, aborde franchement des sujets réputés particulièrement sensibles, délicats, où la langue de bois est bien souvent d’usage. 


On peut aimer ou ne pas aimer le style, saluons cependant son courage d’oser parler de ces questions. On peut être d’accord ou pas d’accord avec sa politique et ses projets, mais constatons qu’il en parle ouvertement et qu’il en a une vision personnelle, faite de convictions et qui touchent aux valeurs qui fondent notre société.


Qu’on ait voter ou non pour lui, là n’est plus la question. Qu’on votera pour lui ou non la prochaine fois, là n’est pas encore la question. Nous ne sommes pas en campagne électorale, ni pré- ni post, mais tout simplement devant des enjeux que nous avons à traiter ici et maintenant.


Dans le contexte (très) polémique qui est le nôtre, en France et en Navarre, où l’on adore le jeu des quilles dès qu’un homme politique, quel qu’il soit, monte au créneau, nous conseillons très vivement à nos lecteurs de consulter le texte intégral et de se faire une idée par eux-mêmes. C'est notre choix "éditorial". 


Ceci ne dispense pas bien entendu de se tenir au courants des polémiques, des opinions des autres, des débats de l’actualité, etc.


La liberté de pensée commence en effet par se faire une idée personnelle, par juger par soi-même afin de ne pas se laisser emporter par les flots, que ce soit ceux d’une " majorité " électorale ou parlementaire, d’une opinion majoritaire du moment, d’un courant d’opinion particulièrement bavard où qui a la main mise sur une partie des médias, ou encore de la furie d’une opposition qui se fait parfois/souvent haineuse ou au contraire de l’apologie des courtisans. La tradition unitarienne nous invite à cette liberté.


Vous pouvez consulter ce texte sur Internet.

http://www.droitdesreligions.net:80/actualite/nouvelleactu/decembre_2007/025.htm

http://www.voltairenet.org/article153862.html


Nicolas-Sarkozy-au-Latran.jpg
Beaucoup de Français ignoraient que le président de leur République avait hérité des prérogatives de l’Ancien régime. Eh oui ! notre chef d’Etat est chanoine de la cathédrale Saint-Jean du Latran, lieu de culte de l’évêque de Rome, en reconnaissance pour Charlemagne qui protégea le " Saint Siège ".

Saint Martin de Tours, Clovis et son baptême, Charlemagne succédant aux empereurs romains, la chrétienté dessinant l’Europe, etc., font bel et bien partie de notre passé, même s’il y a eu ultérieurement d’autres traditions non moins importantes qui se sont ajoutées ou inscrites en contrepoints.

Ceci dit, notre président-chanoine a fait bien entendu la joie des caricaturistes !

Dimanche 6 janvier 2008 7 06 /01 /2008 04:14
- Par Jean-Claude Barbier - Publié dans : vive l'inter-convictionnel ! - Communauté : Religions en toute liberté - Recommander
S--gol--ne-Royale-le-23-mars-2007.jpg  Ségolène Royal lors d'un metting électoral, le 23 mars 07, après qu'elle ait organisé des rencontres participatives.



MELLE - Ségolène Royal a livré samedi sa définition de ce que doit être le Parti socialiste du XXIe siècle, prônant la tenue de "vrais débats" en lieu et place d'une "prolifération" de motions donnant souvent lieu à des règlements de comptes "brutaux". "Il faut un parti réuni, amical et discipliné", a-t-elle dit.

 

"Le Parti socialiste du XXIe siècle doit être à la fois un lieu de connaissance, de délibération, d'élaboration en même temps qu'un outil de combat collectif", a estimé la candidate du PS à la dernière présidentielle lors de son discours de rentrée politique à Melle (Deux-Sèvres), en appelant à un fonctionnement de la formation en "osmose avec les citoyens" et à une accélération de la "mutation".

"Nos congrès doivent obéir à cette nouvelle logique. Plutôt que d'être le champ clos d'affrontements parfois obscurs, les positions des uns et des autres doivent avoir été validées par des débats qui donneront la légitimité aux nuances de convictions et de prises de position. Il faut que notre fonctionnement favorise les vrais débats et plus la prolifération des motions qui donnent souvent lieu à des règlements de comptes inutilement brutaux, suivis de synthèses parfaitement illisibles".

"Qu'est-ce qui ne peut plus durer au Parti socialiste?", a-t-elle ajouté lors de son intervention. "Les champs clos d'affrontements obscurs, des règlements de comptes inutilement brutaux, une violence verbale incompatible avec l'idéal socialiste, parfois de la désinvolture alors que le vote des militants devrait être respecté par tous" et "des luttes de places et de courants qui étouffent le débat d'idées et qui assèchent les sections", a-t-elle dit.

Associated Press (AP), samedi 25 août 07

Cette invitation, valable bien au-delà des seuls partis politiques (mais ceux-ci en ont "sacrément" besoin !), a déjà fait réagir une grande gueule du PS (que je ne citerais pas car nous ne sommes pas là pour faire de la politique) : un discours " irréel " et qui ne fait pas référence aux questions sociales ! 

Associated Press (AP), samedi 25 août 07
 

Et v’lan ! Certains persistent et signent pour la bagarre permanente entre clans ... !

 

Michel Rocard a, lui aussi, de son côté, attiré l’attention sur la nécessaire réflexion politique à l’écart des votes internes à tout bout de champ et pas toujours opportuns.

" Interrogé sur son adhésion au "Gracques" [groupe de hauts fonctionnaires de sensibilité de gauche qui avait appelé à une alliance électorale entre le PS et l’UDF] qu'il qualifie de "lieu de réflexion et de pensée", devant lequel il prendra la parole dimanche, Michel Rocard souligne que, "dans la déshérence de la gauche française, il faut des lieux où on pense et cela ne peut pas être dans les partis". "Je me suis aperçu de manière indiscutable qu'on ne peut pas réfléchir dans des conditions soumises à des votes". 

Associated Press (AP), samedi 25 août 07

Samedi 25 août 2007 6 25 /08 /2007 18:15
- Par d'après l'Associated Press - Publié dans : vive l'inter-convictionnel ! - Communauté : Religions en toute liberté - Recommander
Les associations et réseaux unitariens sont apolitiques, mais il nous arrive ici, sans entrer dans les débats politiques proprement dit, d'évoquer des comportements qui touchent à l'éthique, à la morale civique. Et puis, nous ne pouvons manquer, sur ces questions, de faire un parallèle entre les partis politiques, les Eglises et d'autres institutions. 

Nos lecteurs l'auront compris, nous sommes (avec acharnement) pour la liberté de conscience au sein d'une société composite, pluraliste dans ses opinions et ses choix, laïque avec intelligence, prenant ses décisions démocratiquement, d'une façon légale, et où personne n'a l'arrogance de détenir à lui seul "La" vérité et de faire des procès d'intention aux autres.

C'est la fin des "pharisiens" !

Afin de regrouper nos articles qui vont en ce sens, nous avons ouvert une nouvelle rubrique : " vive l'inter-convictionnel !" (pas moins de 12 messages jusqu'à présent !). Nous vous en souhaitons une bonne lecture
Vendredi 6 juillet 2007 5 06 /07 /2007 10:06
- Par Jean-Claude Barbier - Publié dans : vive l'inter-convictionnel ! - Communauté : Religions en toute liberté - Recommander
La séparation de l’Etat et des acteurs religieux est une nécessité pour tout Etat démocratique du monde entier qui veut se défaire des emprises cléricales. En cela, la France est redevable du combat des francs-maçons et des radicaux contre l’Eglise catholique qui étouffait notre société. Depuis, on respire mieux !

Mais maintenant que cette Eglise catholique romaine ne représente plus un danger et que ses propres membres sont tout à fait acquis à la laïcité, ne serait-il pas temps de passer à une autre étape ?

Au face à face entre Etat et Eglise (qui confisquait la société civile) s’est en effet substitué un autre mode de fonctionnement de l’Etat où celui-ci rencontre les organes constitués (partis politiques, syndicats professionnels, etc.), mais aussi les Ong, les associations à commencer par celles qui sont classées d’utilité publique, etc. Dès lors, la consultation des acteurs religieux, voir même d’une Eglise particulière, entre dans ce cadre d’une concertation nécessaire d’un gouvernement qui veut exercer le pouvoir de connivence avec le peuple (et ses diverses composantes et sensibilités). 

En ce sens, Lionel Jospin avait ainsi inauguré des consultations régulières avec les grandes confessions existantes en France. Le projet de constitution européenne prévoyait aussi la même chose au niveau européen.

Mieux, à l’initiative du Réseau européen Eglises et libertés (mouvance catholique libérale dont fait partie la Fédération des réseaux du Parvis), le Conseil de l'Europe soutient une prochaine conférence à Strasbourg où des associations veulent faire entendre des voix alternatives ne passant plus par le canal obligé des hiérarchies. 

Voir notre article précédent du 16 juin 07 "Vivre ensemble en Europe au sein de sociétés convictionnelles", rubrique "Pour un catholicisme libéral".

Marianne-2007-vue-sur-le-blog-georgepau-langevin--Over-blog.JPG Marianne 2007, vue sur le blog georgepau-langevin, de la plateforme d'Over-blog.

Au-delà des corps constitués (qui ont à garder toute leur importance), c’est bien la société convictionnelle elle même, dans sa partie la plus fluide mais aussi la plus imaginative, qu’il s’agit d’écouter.

Paradoxe de notre société française : dès lors que cette idée d’une laïcité ouverte a été émise plutôt au sein de la Droite, notre Gauche s’érige en défenderesse de la laïcité (" traditionnelle "), alors même que des associations, disons plutôt de Gauche, réclament à juste titre de faire entendre leur alternativité.

Ne serait-il pas plus simple d’admettre que, dans une société civile, les décideurs de toute sorte se doivent d’établir des contacts le plus largement possible afin de tenir compte des diverses sensibilités et de prendre leur décision d’une façon la plus consensuelle possible, bien au-delà de nos divisions héritées du passé. 

Bref, une laïcité souriante, sûre d’elle-même et rassembleuse, et non point ombrageuse et suspicieuse.

Dimanche 1 juillet 2007 7 01 /07 /2007 09:40
- Par Jean-Claude Barbier - Publié dans : vive l'inter-convictionnel ! - Communauté : Religions en toute liberté - Recommander
Colloque international interculturel interconvictionnel. En Europe, riches de nos convictions et de nos cultures différentes, comment vivre ensemble libres, solidaires et responsables ? 


titre
 :
Cohésion sociale dans une Europe multiculturelle, rôle et impact des courants de pensée et des religions

Vous serez notamment invités à débattre des questions suivantes : Comment briser les barrières sociales, convictionnelles et culturelles ? Comment contribuer à la construction d’une Europe cohésive dans le respect de la démocratie et des droits humains ? Quelles valeurs partager, quelles attitudes adopter ?


lieu
:
organisé à Strasbourg avec le soutien du Conseil de l’Europe, par le groupe " G 3 i ", groupe international, interculturel et interconvictionnel.

mercredi 3 octobre 2007 à 20h30 à l’université Marc Bloch, place de l’université, salle Pasteur

jeudi 4 octobre 2007 à 9h au Conseil de l’Europe


inscription
obligatoire et gratuite pour accéder au Conseil de l’Europe, en indiquant nom, adresse postale, courriel et organisme (facultatif) à
droits.libertés.eglises@erenis.fr, ou par courrier à DLE 95 avenue du Maine 75014 Paris ; au plus tard le 15 septembre


organisateurs
: le G3i, regroupe des membres du
 

Gaston-Cr--mieux.jpg
Cercle Gaston Crémieux (association de culture juive),
http://www.cercle-gaston-cremieux.org/


F--d--ration-humaniste-europ--enne.jpg
Fédération humaniste européenne
http://www.humanism.be/fr


Ligue-internationale-de-l-Enseignement-et-de-la-Culture.gif
Ligue internationale de l’enseignement et de la culture
http://www.laligue.org/


Manifeste-des-libert--s.gif
Manifeste des libertés (association de culture musulmane),  "De même que l'Europe n'est pas la seule affaire des Européens, l'Islam n'est pas la chose exclusive des musulmans". Le manifeste date du 17 décembre 04 (AG constitutive tenue à Paris), http://www.manifeste.org/



logo2re.jpg

Réseau européen Eglises et Libertés (associations de convictions chrétiennes),
http://www.european-catholic-people.eu/


Les Actualités unitariennes ont présenté le Réseau européen Eglises et Libertés dans un message du 18 février 07, rubrique "Europe"

Samedi 16 juin 2007 6 16 /06 /2007 18:39
- Par information du Réseau européen Eglises et Libertés - Publié dans : vive l'inter-convictionnel ! - Communauté : Religions en toute liberté - Recommander

Je n'ai pas encore compris comment, en France, une victime de l'Inquisition, une martyr chrétienne et une héroïne de notre histoire nationale, se trouve lâchée par une partie de l'opinion française et livrée, une seconde fois, non pas cette fois-ci aux Anglais, mais à un parti d'Extrême droite qui se retrouve le seul, à sa manière, à fêter son nom le 1er mai. Ce n'est guère glorieux pour une opinion qui brade ainsi sa mémoire et son patrimoine. Aurions-nous en France, comme un problème avec notre passé ? Naguère, la Gauche citait volontiers Péguy …

Fort heureusement, les artistes l’aiment. Les cinéastes du moins ont été à la hauteur (voir la filmographie sur le site du Musée de Jeanne d’Arc à Rouen )

 Egalement ce chanteur canadien, Léonard Cohen : Traduction française de Joan of Arc (1971) , texte envoyé au groupe de discussion "Unitariens francophones" par Nicolas Semaille le 2 septembre 2006.

  

La seule effigie de Jeanne d'Arc exécutée de son vivant, par le greffier Clément de Fauquembergue. Registre du Parlement de Paris. Arch. Nat. X 1 A 1481 (reproduit sur le site du Musée de Jeanne d'Arc à Rouen)

" Mardi Xeme jour de May, fu rapporté et dit à Paris ... que dimanche dernier passé les gens du dauphin en grant nombre après plusieurs assaulz estoient entrez dedans la bastide que tenoient Guillaume Glasdal et autres capitaines et gens d'armes anglois... devant la ville d'Orleans....."


"Ô Jeanne, sans sépulcre et sans portrait, Toi qui savais que le tombeau des Héros est le Coeur des Vivants"
André Malraux

 

"Unitariens francophones" est un groupe de discussion sur Yahoo où vous pouvez discuter en toute convivialité et échanger des informations. Parmi moult sujets abordés, nous avions ainsi parlé de Jeanne d'Arc en ce début du mois de septembre 2006. N'hésitez-pas à vous y inscrire.

Jeanne, les flammes l'ont suivie / quand elle chevauchait dans la nuit, / pas de lune pour l'éclairer, / ni personne pour la guider.

Je suis si lasse de la guerre, / j'ai tant envie des travaux de naguère, / d'une longue robe de mariée / pour habiller mon appétit grossier.

Ah, quel plaisir de te l'entendre dire, / je te guettais avec tant d'ardeur, / tu sais bien que je désire, / Jeanne, ta solitude, ta froideur.

Et qui es tu demanda t'elle / à cette voix dans la fumée,

Je suis le feu, voyons, ma belle, / et ton orgueil de glace me fait rêver.

Alors, feu, tiédis ton corps, / je te donne le mien, sois fort. /

Sur ces mots, Jeanne s'est lancée / pour l'épouser à jamais. / Le coeur de braise avait gardé / ta place, Jeanne, de mariée,/ et la noce fut couronnée / de la robe tout noire et brûlée. / Le coeur de braise avait gardé / ta place, Jeanne, de mariée, / elle a compris, c'était son lot, / que pour qu'il brille, elle devait être fagot.

J'ai vu ses cris, vu sa douleur, / j'ai vu la gloire dans ses pleurs. / Je ne sais comment peuvent s'allier / tant de lumière, tant de cruauté.

 

 

Mardi 1 mai 2007 2 01 /05 /2007 05:02
- Par Jean-Claude Barbier - Publié dans : vive l'inter-convictionnel ! - Communauté : Religions en toute liberté - Recommander
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