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vies de prêtre

« LES ENFANTS DU SILENCE »  Une nouvelle association ! Son objet : la défense des droits des enfants de prêtres  et celle du droit  des prêtres à se marier. PLEIN JOUR [ndlr - association qui regroupe les femmes mariées à des prêtres ou vivant en concubinage avec] accueille cette nouvelle venue et lui offre son soutien.
 
le-Petit-Nicolas-au-mariage-de-Martine.jpeg LES ENFANTS DE PRETRES PRENNENT LA PAROLE.  On parle souvent des prêtres déchirés entre leur vocation et le besoin de fonder une famille. On parle aussi des compagnes de prêtres condamnées au silence par des prélats qui les ignorent ou les culpabilisent. On commence à parler des enfants de prêtres, autres oubliés de l’histoire, qui pourront désormais être représentés en France par cette association.
Sa fondatrice Anne-Marie, est fille d’un prêtre et d’une religieuse qui ont repris leur liberté pour vivre leur amour et fonder une famille. Mais compte tenu des préjugés de la société, cette situation insolite leur a été une épreuve très dure.


L’amour qui unit le prêtre et sa compagne est condamné par la hiérarchie de l’Eglise ; la sanction est immédiate : le prêtre doit quitter femme et enfant et les réduire au désespoir, ou quitter son sacerdoce et plonger dans le désarroi. Voilà ce qui résulte de  la politique de l’Eglise.


Anne-Marie a perdu ses parents trop tôt pour faire avec eux un travail d’analyse et de cicatrisation. Pendant des années elle a enquêté et réfléchi sur leur histoire. Son récit va paraitre en 2013. Le prolongement naturel de ce travail se réalise aujourd’hui dans la création d’une association visant à rassembler les enfants de prêtres et leurs familles et sympathisants.


Certains, encore aujourd’hui, cachent leur situation et n’osent pas parler de leur vie. Cette association veut leur offrir un cadre de rencontre et d’échanges en toute confidentialité et au besoin des conseils juridiques. Pouvoir parler de son vécu, partager avec d’autres peut favoriser la cicatrisation.
Enfin, participer à la vie de l’association peut contribuer à faire évoluer la position de l’Eglise catholique romaine, la seule à imposer le célibat aux prêtres. L’opinion publique est déjà largement favorable à ce changement. La liberté de choix permettra d’éviter bien des souffrances. C’est alors que les prêtres pourront s’épanouir dans leur ministère et leurs enfants vivre leur condition en toute sérénité.
Anne-Marie appelle tous les enfants de prêtres et leurs parents à la rejoindre dans cette association pour faire route ensemble vers plus de justice et plus d’amour.


«  Nous n’avons commis aucune faute, et pourtant, nous et nos familles sommes marginalisés, alors que nous sommes victimes d’une injustice imposée par le Vatican. Adhérer à l’association « Les Enfants du Silence », c’est faire un petit pas vers le changement. Participer à  l’action de l’association c’est en faire un autre. Et à force de petits pas……. Espérons ce changement ! Mais en attendant, soyons conscients de nos droits, et pour les faire valoir, redressons la tête » Anne-Marie JARZAC  - Résidence du Parc (Sapins B) – 38430 MOIRANS, courriel (lien).

Lundi 7 janvier 2013 1 07 /01 /Jan /2013 01:57
- Par Jean Combe - Publié dans : vies de prêtre - Communauté : Religions en toute liberté

Appel de prêtres et de diacres en Autriche, juin 2011 (vu sur le site de la Fédération des réseaux du Parvis, lien).

Appel à la désobéissance

 

eglise_en_gr_ve__mouvement_le_cursillo_.jpg Le refus romain d’une réforme de l’Eglise nécessaire depuis bien longtemps et l’inaction des évêques non seulement nous autorisent, mais nous obligent à suivre notre conscience et à agir de notre propre initiative :

Nous prêtres voulons porter à votre connaissance nos intentions futures :

1) Nous allons à l’avenir lors de chaque célébration intercéder en vue d’une réforme de l’Eglise. Nous prenons au sérieux la parole biblique : Demandez et vous recevrez. Ce qui compte devant Dieu, c’est la liberté de parole.

2) Par principe, nous n’allons pas refuser l’accès à l’eucharistie aux croyants de bonne volonté. Ceci s’applique en particulier aux divorcés-remariés, aux membres d’autres Eglises chrétiennes et à l’occasion à ceux qui ont quitté l’Eglise.

3) Nous allons éviter autant que possible lors des dimanches et jours fériés de faire plusieurs célébrations ou de faire intervenir des prêtres qui sont de passage ou qui sont étrangers à la localité. Il est préférable d’élaborer soi même une célébration de la parole plutôt que d’avoir une liturgie présidée par des acteurs en tournée.

4) Nous allons à l’avenir considérer qu’une liturgie de la parole avec distribution de la communion est une célébration eucharistique en l’absence de prêtres et la nommer ainsi. Nous remplirons ainsi nos obligations dominicales en cette période de pénurie de prêtres.

5) Nous n’allons pas non plus respecter l’interdiction d’homélie à des laïcs compétents et formés ou à des professeures de religion. Il est nécessaire en ces temps difficiles d’annoncer la parole de Dieu.

6) Nous allons aussi œuvrer pour que chaque paroisse ait son propre chef, que ce soit un homme ou une femme, marié ou non, que ce soit sa fonction principale ou non. Il ne s’agit pas de faire des regroupements de paroisses mais de définir une nouvelle image du prêtre.

7) En conséquence nous allons donc utiliser toutes les occasions pour nous exprimer en faveur de l’accession à la prêtrise des femmes ou des personnes mariées. Et nous les accueillerons en tant que collègues prêtres.

 

De plus nous nous sentons solidaires de tout collègue qui a dû interrompre ses fonctions parce qu’il s’est marié, mais aussi avec celui qui continue d’exercer en tant que prêtre bien qu’il entretienne une relation. Par leur décision, les uns et les autres suivent leur conscience, comme nous d’ailleurs aussi avec notre protestation. Nous les considérons de la même manière que le pape et les évêques, comme nos frères. Quels sont ceux qui seront nos prochains, nous ne le savons pas. Un seul est notre maître et nous tous devrions, en tant que chrétiens et chrétiennes, être des frères et sœurs. C’est la raison pour laquelle nous nous mobilisons, nous intervenons et nous prions. Amen.

 

ndlr : Selon le quotidien La Croix du 12 juillet, il y a déjà plus de 300 signataires dont une cinquantaine de diacres. Est-ce une révolution en marche ? Un printemps pour cette Eglise ?

 

ajout du 11 novembre 2011 - finalement il y a eu 370 signataires en Autriche (et, en plus, une douzaine de prêtres en Normandie, en France). Les évêques autriciens ont eu le mérite de ne pas prendre de sanction et d'accepter de discuter du manifeste lors de leur prochaine session d'automne. Wait and see !

Jeudi 21 juillet 2011 4 21 /07 /Juil /2011 03:09
- Par prêtres et diacres autrichiens - Publié dans : vies de prêtre - Communauté : Religions en toute liberté

le témoignage de Régis Pluchet (Le Mans)

 

On parles des prêtres mariés, mais il y a aussi des prêtres qui vivent en couple sans être mariés, et qui ont parfois des enfants ! Cela peut être une vie de scandale, mais aussi une vie amoureuse lestée du poids de la culpabilité et de la clandestinité et si certains quittent l'Eglise pour sortir de cette situation, pour d'autres cela peut aboutir à une rupture, qui laisse souvent des femmes dans une situation extrêmement difficile.


Je descends moi-même d'un prêtre. Cela remonte loin, c'est une histoire belge, mais c'est une histoire vraie. En 1782, Ferdinand Arnold qui vient d'être ordonné à l'âge de 24 ans est prêtre à Liège, il sera curé à Huy quelques années plus tard. Sa mère lui sert de gouvernante, mais après la mort de cette dernière, c'est Anne-Josèphe Cornet, une jeune paysanne de 16 ans, qui la remplace dans cette fonction. Des enfants ne vont pas tarder à naître de cette rencontre, dont les premiers semblent avoir été élevés par les grands-parents maternels.

 

Une situation assez courante à l'époque. A l'automne 1792, la France occupe la Belgique qui sera bientôt intégrée à notre pays (jusqu'en 1815). Ferdinand qui est désormais un prêtre assermenté peut vivre sa liaison au grand jour avec Anne-Josèphe. En 1801 Bonaparte signe le Concordat avec le Vatican qui permet entre autres la réintégration dans l'Eglise catholique des prêtres assermentés ou la réduction à l'état laïque de ceux qui se sont mariés, ce qui sera aussi le cas de Ferdinand Arnold, qui se marie en 1802 et devient juge, passant d'une robe à l'autre. Ils vécurent heureux et eurent neuf enfants. Leur fille Julie, née en 1804, était la grand-mère de mon arrière-grand-mère venue épouser un Français.

 

eglise-dans-tous-ses-etats bis C'est ainsi que se termine mon histoire belge. Mais des histoires comme cela, il y en a eu plein qui ne se sont pas toujours déroulées comme des contes de fées. L'une de mes amies, septuagénaire, est la fille d'un prêtre qui a été éloigné par sa hiérarchie peu avant la naissance. La mère s'est mariée quelques temps après et l'histoire a été cachée, ce n'est qu'à la cinquantaine que mon amie a su (ce dont elle se doutait) qu'elle n'était pas la fille (biologique) de celui qui l'avait élevé, portant sur elle jusque là le poids d'un secret qu'elle ressentait sans pouvoir le percer. Elle a pu retrouver les traces de son père prêtre, pour découvrir qui il était quelques années après la mort de ce dernier.

 

Compagnes et enfants de prêtres vivent souvent une grande souffrance. L'association Plein Jour (lien) qui regroupe des compagnes de prêtres a pu faire entendre publiquement leurs témoignages.


Mais les témoignages des enfants de prêtres sont plus rares : l'Express leur a consacré une enquête poignante et édifiante il y a quelques années. On peut y lire, notamment, le témoignage de Luc, ce fils d'un prêtre, religieux dominicain, assez connu dans les milieux de la recherche spirituelle et dont les convictions et l'engagement personnel auprès des plus démunis ne sont ici pas mis en cause (lien). Mais les procédures intentées par des enfants de prêtres à l'encontre de l'Eglise se multiplient et feront sans doute la une des journaux d'ici quelques temps.


ajout du 8 juillet :


L'histoire de mon "quinquaïeul" (cinq générations en partant de ma grand-mère) prêtre est un peu une anecdote amusante : car à cette génération, j'ai environ une soixantaine de quinquaïeuls ... Mais cela n'a sans doute pas été facile pour lui : j'ai lu par exemple l'émouvante lettre de repentance qu'il a dû écrire pour être réduit à l'état laïque. C'est une histoire qui est restée longtemps cachée et n'a été découverte qu'il y a une vingtaine d'années par de (très) lointains cousins belges qui en sont aussi les descendants. Cela me semble une excellente illustration de l'ancienneté du problème dans l'Eglise catholique.


Signalons par exemple l'histoire de Robert d'Arbrissel (vers 1047-117), fondateur de l'ordre de Fontevraud, un ordre hors du commun qui comptait des couvents d'hommes et de femmes, mais dont l'ensemble commandé par des femmes, cas unique où les hommes sont soumis aux femmes dans l'histoire monastique (chrétienne). Robert d'Arbrissel était fils et petit-fils de prêtre et avait sans doute eu une compagne avant de devenir ermite, à une époque où le mariage des prêtres n'était pas interdit mais commençait à être très mal vu et sa vocation pourrait s'expliquer en partie par un sentiment de culpabilité à ce sujet.

Mercredi 7 juillet 2010 3 07 /07 /Juil /2010 21:23
- Par Régis Pluchet - Publié dans : vies de prêtre - Communauté : Religions en toute liberté

Rien qu’en France, quelques 10 000 prêtres auraient raccroché la soutane depuis Vatican II (1965), soit environ 250 par an. La moitié pour aller vivre au grand jour une liaison amoureuse jusque-là clandestine. La majorité pour se marier.


L’Eglise catholique n’est guère prolixe sur le sujet, préférant fermer les yeux aussi longtemps que cette "double vie" ne s’étale pas au grand jour, ou ne fait pas scandale.


En Afrique noire et  dans d'autres pays une situation de fait s'est instaurée avec la complicité des populations locales, lesquelles acceptent que les prêtres et parfois les évêques aient des concubines, dès lors que cela se fait honnêtement : monogamie avec une seule femme, entretien de celle-ci et des enfants, ne pas prendre la femme d'autrui, discrétion sociale, etc. Mais le Vatican entend rappeler à l'ordre et exiger la règle !


Un vrai gâchis de ressource humaine car il s'agit d'une élite de qualité, d'intelligence et de coeur.


Et puis une question de dignité humaine : comment peut-on aujourd'hui imposer le célibat à des personnes qui se sentent la vocation de prêtre ? Quel chantage odieux : si tu veux être prêtre, alors il faut être célibataire !


Pour des témoignages, voir le site de Plein Jour, une association de soutien aux compagnes de prêtres en lutte pour l'abolition de la règle du célibat ecclésiastique dans l'Eglise catholique romaine. L'association publie un bulletin trimestriel ; le dernier en est le 9ème numéro. Plein Jour a pris le relais de Claire Voie en 1998 (le redémarrage s'est fait en septembre 2008 à l'initiative de Dominique Venturini, laquelle a publié des livres sur son expérience de femme mariée à un prêtre).

Dimanche 2 mai 2010 7 02 /05 /Mai /2010 18:17
- Par Actualités unitariennes - Publié dans : vies de prêtre - Communauté : Religions en toute liberté

Le frère Jean Cardonnel est décédé le samedi 4 juillet, à l'âge de 88 ans. Une célébration festive réunira ses amis le jeudi 9 juillet à 10 heures en l’église Sainte Bernadette à Montpellier. Toutes celles et tous ceux qui peuvent nous rejoindre sont cordialement invités (message de ses amis de Montpellier, diffusé par le réseau des correspondants de la Fédération des réseaux des parvis).

cardonnel_e-negre-de-dieu.jpg Voir une présentation biographique sur le Journal
La Croix du 5 juillet 09 :

"Militant soixante-huitard à la Mutualité, féministe convaincu, le défenseur des prêtres-ouvriers, porte-parole des pauvres au Brésil et pourfendeur de la torture en Algérie [...].
Pendant 44 ans, de 1958 à 2002, Jean Cardonnel, électron libre de son ordre, avait fait du couvent des Dominicains de Montpellier son quartier général, militant contre les "hypocrisies" de l'Eglise et prônant sa "dé-romanisation" au profit d'une "évangélisation de Dieu".

En 2002, Jean Cardonnel était parti se reposer à la Réunion, une habitude prise dans cette île où il avait fait scandale en célébrant une messe dans l'ancien cimetière des esclaves. A son retour, le couvent avait vidé sa chambre en l'envoyant demander asile chez les religieuses de l'Ange gardien à Quillan (Aude), où sont accueillis des enfants maltraités.
Le prêtre estimait alors avoir payé le prix de sa "libre parole" tandis que le couvent niait l'avoir mis à la porte, évoquant un départ volontaire.

Il a publié de nombreux essais, comme par exemple "Le Nègre de Dieu" en 2000 aux éditions Domens.

Trois ans plus tard, Jean Cardonnel avait stigmatisé une "homosexualisation croissante" de l'Eglise en lui reprochant d'avoir fait de la femme "l'incarnation du démon", dans un livre brûlot intitulé "Verbe incarné contre sexe tout puissant". Le couvent de Montpellier avait déploré "délire" et "mensonges".

Les chrétiens unitariens saluent la parole libre de celui qui fut appelé "le frère rouge" et renié par son Ordre. Pourtant, frère prêcheur il l'était partout où il animait des soirées, comme par exemple en novembre 2004 lors du rassemblement annuel de la Fédération des réseaux des parvis à Aix-en-Provence où il avait été invité. 

Mardi 7 juillet 2009 2 07 /07 /Juil /2009 16:34
- Par Actualités unitariennes - Publié dans : vies de prêtre - Communauté : Religions en toute liberté

Paul-Yves Colle (30 novembre 1913 - 5 décembre 1987)

Amis très chers,
C’est à vous seuls que j’adresse ces lignes, à vous que j’ai connus et aimés en dehors et au-delà de mes fonctions officielles.

Quoique vous ressentiez de mon départ, quoiqu’en disent les autres, vous ne pourrez nier, je pense, que j’ai cherché à vous donner le meilleur de moi-même, que je vous ai aimés de toute mon âme et, personnellement, je sais combien je vous aime encore. Voilà pourquoi je vous dois cette franche explication. (…)

une forme archaïque et désormais invivable du christianisme

Si j’ai quitté le catholicisme, ne croyez pas que ce soit un égarement momentané ou par un coup de tête, mais parce que je suis arrivé à la certitude que l’Eglise, avec la rigidité de ses dogmes et sa prétention à l’infaillibilité, est une forme archaïque et désormais invivable du christianisme. Elle représente pour moi un stade définitivement dépassé de l’évolution religieuse de l’Humanité.

Ce n’est évidemment pas en une seule fois que je suis arrivé à ces conclusions. Dieu seul sait combien j’ai pu souffrir, chercher, prier, lutter. Cela remonte à des années, presque à mon enfance. J’avais en moi le paradoxe d’être à la fois un enfant rangé, soucieux de plaire et un esprit foncièrement indépendant cherchant d’instinct à sa frayer sa propre route. Par là, j’ai toujours dérouté et déçu les gens d’ordre à qui j’avais d’abord semblé donné tant de gages.

abbaye bénédictine Saint-André de Bruges, en Belgique


faire le maximum pour Dieu

Je me fis moine parce que je voulais faire le maximum pour Dieu et que cela me semblait la seule façon d’y arriver. Mais, dès mon entrée au monastère, à l’abbaye bénédictine de Bruges, je fus classé parmi les non-conformistes et je donnai incontestablement pas mal de soucis à mes supérieurs.

Pendant mon service militaire au CIBI*, je fis la connaissance de plusieurs pasteurs protestants et nous sympathisâmes tout de suite. Avec eux, j’organisai des réunions de prière quotidiennes et je fis une propagande intense pour la Bible et l’union des Eglises. Mais, dans l’ensemble, je trouvais que beaucoup des protestants étaient très sectaires, ce qui, de leur part, me semblait encore plus inadmissible que de la nôtre.
* c'est là en Belgique que les religieux, prêtres, pasteurs et autres faisaient leur service militaire

la mauvaise qualité et presque la mauvaise foi des arguments qu’on nous représentait

Tout au long de ma théologie, la lutte intérieure continua. Combien de fois je fus choqué par la mauvaise qualité et presque la mauvaise foi des arguments qu’on nous représentait : mais il fallait les accepter sous peine d’hérésie, de péché mortel et de damnation éternelle. Cela me révolta et j’en conçus un dégoût profond pour ce genre de théologie.

Malgré tout, je résolus de ne pas bouger avant la fin de mes études. Mais quand elles furent terminées, je fus pris par l’ivresse du sacerdoce et des premières responsabilités. Le temps n’était plus aux théories ; il fallait agir et on ne pouvait pas continuellement remettre tout en question.

On me nomma professeur au collège. J’étais chargé en outre de la paroisse et du service quotidien des pauvres. Cela suffisait à m’occuper. Néanmoins le problème allait bientôt se poser à nouveau et, cette fois, dans l’ordre pratique. (à suivre)

Mardi 10 juin 2008 2 10 /06 /Juin /2008 10:11
- Par Paul-Yves Colle - Publié dans : vies de prêtre - Communauté : Religions en toute liberté

je découvris la vie réelle

Vint la Guerre et, en mai 40, la débâche et l’exode. Dans le Midi, je fus amené à prendre en charge une soixantaine de jeunes Belges échappés des CRAS [lesquels se trouvaient du côté d’Agde], sans moyens d’existence.

Quelle expérience ! Comme notre façon de parler, de penser, de vivre était loin de ces gens-là ! Pourtant c’étaient eux le peuple, les hommes … C’est parmi eux qu’avait vécu Jésus, il avait été l’un d’entre eux. Cette pensée ne devait plus me quitter et j’en conçu une aversion insurmontable pour le monachisme ; tout m’y paraissait faux, depuis l’ensemble jusqu’au moindre détail. A tout prix il fallait en sortir. Cela n’alla pas tout seul mais les circonstances m’y aidèrent.

En juillet 1942, après que les Allemands eurent occupé l’abbaye, j’obtins la permission de partir pour la France et, là, je peux dire que je découvris la vie réelle. Tout fut remis en question : le monachisme, le catholicisme, le sens même de la vie. Les solutions dont je m’étais contenté jusque là me paraissaient si étriquées et artificielles !

Mes dernières positions catholiques s’écroulaient les unes après les autres

L’arrivée de mon confrère et ami, le père Désiré, devait donner encore plus d’acuité à ces problèmes. Je ne peux entrer ici dans le détail de nos échanges de vue, mais ce qui est certain c’est qu’ils furent féconds et éclairants. Lui-même était plus évolué que moi. Il avait eu avec les protestants du Borinage des contacts profonds et prolongés. D’autre part, il croyait au monachisme, mais à un monachisme complètement rénové et purement évangélique. Par dessus tout, il avait un tel sens de Dieu que, dans cette lumière, toutes les contingences dogmatiques étaient réduites à néant.

Après sa mort, survenue accidentellement en décembre 1944, je dus continuer seul ma route mais l’élan était donné et tout le travail subconscient qui s’était fait depuis des années allait maintenant porter ses fruits. Pas à pas, j’étais acculé à l’évidence. Mes dernières positions catholiques s’écroulaient les unes après les autres mais non sans luttes, ni déchirements.

Enfin, ce fut la lumière. Ma conscience ne me permettait plus de réplique : le 18 avril 1945, après avoir longuement prié, je pris la résolution de rompre avec l’Eglise.

garder le masque

J’aurais voulu passer à l’acte le plus tôt possible, être logique avec moi-même et loyal avec les autres. Mais comment faire ? J’étais tellement lié de partout, à tant de gens que j’aimais et à tant de choses. J’avais une terreur du scandale. Je demandai donc conseil à deux prêtres éminents, unanimement estimés et aimés. J’eux la stupéfaction de constater qu’ils étaient l’un et l’autre encore plus avancés que moi. Ils me dire néanmoins qu’il fallait à tout prix rester dans l’Eglise, car celle-ci n’évoluerait que sous la pression des forces intérieures. J’étais perplexe. Une telle attitude me paraissait insoutenable.

Je dois dire en passant que j’ai, depuis, rencontré plusieurs prêtres dans le même cas, et des plus intelligents. Ils restent dans l’Eglise parce qu’ils n’ont pas le courage d’en sortir ou, qu’étant trop engagés, ils ne le peuvent pas. Loin de moi de leur jeter la pierre, car je comprends maintenant la somme atroce de souffrances qu’un geste pareil représente pour quelqu’un d’engagé. Peut-être ont-ils en effet leur rôle à jouer dans le sein de l’Eglise, même si, pour employer l’expression de l’un d’entre eux et non des moindres, ils sont obligés pour cela de " garder le masque " et de s’entourer de circonspection.

Mais il en est d’autres et j’en connais qui, à la manière de Turmel*, publient sous un pseudonyme des pamphlets haineux contre l’Eglise et sa doctrine. Il y a aussi ceux qui sombrent dans le scepticisme absolu, deviennent indifférents à tout et ont accepté une fois pour toutes de vivre une vie double sur le plan intellectuel et même moral. Ceux-là comment les approuver ?

turmel.jpg * " Prêtre, historien des dogmes ", ainsi qu'il voulut qu'on le gravât sur sa tombe. Né et mort à Rennes (1859-1943), où s'écoula toute sa vie, formé à la critique par ses propres moyens et par l'abondance de ses lectures, l'abbé Joseph Turmel perdit très tôt la foi chrétienne. Pour des raisons complexes, il crut devoir tout faire pour rester dans le clergé catholique, publiant sous son nom ou sous divers pseudonymes (au nombre de quatorze) le résultat de ses travaux. Parmi ses nombreux ouvrages : Comment j’ai donné congé aux dogmes. - Herblay : Idée libre, 1935. - 155 p. - (La Bibliothèque du libre penseur ; 22). Il fait encore les délices de la Libre pensée !

Quant à moi, j’étais désespéré. Tellement qu’en mai 1945, je partis pour l’Allemagne avec la Mission vaticane auprès des camps de concentration. Mon espoir était d’y contracter une maladie contagieuse et de n’en plus revenir. Mais cet espoir fut déçu.

A mon retour, j’exposai crûment la situation au père prieur de Saint-André, mais celui-ci, quoique fin psychologue, ne soupçonna pas la profondeur de mon évolution. Il ne réfuta aucun de mes arguments mais me conseilla simplement de temporiser et de continuer mon travail en France. Je suivis son conseil la mort dans l’âme car je n’étais nullement apaisé. Au contraire mes convictions intimes s’affirmaient de jour en jour plus nettes. (à suivre)

Mardi 10 juin 2008 2 10 /06 /Juin /2008 09:53
- Par Paul-Yves Colle - Publié dans : vies de prêtre - Communauté : Religions en toute liberté

à Reilly

C’est toujours dans les mêmes sentiments qu’en octobre 1945 je commençais Reilly *  Depuis lors, ce fut un calvaire quotidien à peine éclipsé de temps à autres par les soucis matériels et moraux du collège et de la communauté naissante.

* Reilly petit village au sud-ouest de Beauvais, non loin de Gisors, au sud-est de ce bourg. Son église (la nef et le clocher) sont des XI-XIIème siècles. Les bénédictins y ouvrirent un établissement scolaire au lendemain de la Guerre mais qui ne dura pas.


Le pire était qu’il fallait à longueur de journée dire et faire des choses auxquelles je ne croyais pas ou qui pour moi avaient un sens très différent de celui qu’on leur donnait habituellement. Essayer de vous représenter concrètement ce que cela peut signifier dans le ministère des sacrements et la direction spirituelle. Certes je n’étais pas un imposteur, car c’était avec le plus grand respect et une parfaite droiture d’intention que je célébrais la messe et entendais les confessions, que j’administrais les baptêmes et bénissais des mariages. Mais quel conflit perpétuel entre l’être et le paraître !

Ceux qui venaient me trouver repartaient apaisés, mais moi, j’étais déchiré. Surtout quand certains prêtres venaient m’exposer leurs doutes contre la foi. J’avais envie de leur crier : " Mais c’est encore dix fois plus fort que vous ne le dites ". Et pourtant je réussissais à les convaincre et à les ramener à l’orthodoxie de la foi catholique.

Celui qui n’a pas passé par là ne peut se faire aucune idée du supplice de conscience que cela représente. On y use sa substance et, ce qui est pire, à force de prouver les choses auxquelles on ne croit pas, on finit par ne plus savoir soi-même ce que l’on croit et à douter de tout. Non Dieu ne pouvait vouloir cela ! Il devait exister, même pour moi, un moyen de l'adorer librement, dans la vérité. Il fallait en sortir. Mais encore une fois comment ? J’étais dans le noir le plus absolu.

C’est à ce moment qu’eut lieu la débâcle de Reilly. C’était la réponse du Seigneur. L’un après l’autre tous les liens qui me retenaient tombèrent. Les postulants de Saint-André (Jean et Patrick) revinrent définitivement guéris du monachisme. Les familles de la communauté se dispersèrent ou trouvèrent du travail. Restait le collège.

A nouveau je demandai conseil à un jésuite et à un prêtre séculier en qui j’avais confiance. Même réponse : " Nous pensons comme vous ou à peu près, mais il faut à tout prix rester dans l’Eglise ; elle en a besoin ". C’est pourquoi j’eus la faiblesse de céder aux supplications des parents d’élèves et des professeurs. Il me semblait, à tort peut-être, que je ne pouvais les laisser choir, qu’ils ne pouvaient compter que sur moi. Par amour pour eux, je consenti à transférer le collège de Reilly au collège de Normandie [à Mont-Cauvaire par Monville, au nord de Rouen].

Je resterais avec eux deux ans encore ... Si vraiment Dieu le voulait il m’en donnerait la force. Sinon il s’arrangerait bien pour m’en sortir.

Sur ces entrefaits, j’exposai ma situation au père Théodore, sous-prieur de Saint-André . Sa réponse fut nette et loyale : " Il faut sortir. Rester plus longtemps serait contraire à votre conscience. Ce serait aussi vous déformer irrémédiablement et vous conduire au scepticisme absolu. A croire qu’on peut également démontrer le vrai et le faux on finit par ne plus croire à rien du tout ". Ce n’était que trop vrai et j’en avais déjà fait l’amère expérience. Il ne me restait plus qu’à attendre l’occasion favorable pour pouvoir mettre mon dessein à exécution sans fracas et avec le moins de scandale possible.

Voici comment cette occasion me fut fournie : les prix de pension imposés par notre nouvelle installation furent tels qu’à peine une petite minorité de nos élèves purent nous suivre. J’étais donc mis dans l’impossibilité de tenir mes engagement vis-à-vis des familles. D’autre part, les professeurs étaient casés. C’est ainsi que mes derniers liens tombèrent.

en parfait accord avec ma conscience

Pardonnez-moi, amis très chers, de vous avoir si longuement entretenus de moi-même. Tout ceci je l’ai écris en toute loyauté devant Dieu qui me jugera. Mais j’ai voulu que vous, à qui l’amitié ou le sang donnent des droits sacrés, sachiez que je ne vous ai pas trahis et que c’est en pleine maturité d’esprit et en parfait accord avec ma conscience que je vous quitte.

Vous quitter ? Oui, car, même si notre amitié demeure, et croyez que de mon côté c’est le cas, nous ferons désormais partie de deux mondes totalement différents et même, à cause de votre religion, hostiles. Sans doute n’avez-vous pas les mêmes raisons que moi de quitter le catholicisme car la question se pose de façon très différente pour un prêtre et pour un laïc.

Il faut une religion et même une religion organisée et hiérarchisée. Cette religion se trouve être dans vos régions le catholicisme : il est la structure de la société, même dans un Etat laïque comme la France. Mais quand un laïc se trouve gêné par une affirmation dogmatique qui lui paraît inadmissible, il peut passer à côté et se taire sans que cela gêne personne.

Voyez du reste avec quelle avidité l’Eglise recueille les moindres approbations des savants ou des philosophes laïcs, même quand, par ailleurs, ils disent des choses diamétralement opposées à ses dogmes ou ses principes fondamentaux. Je ne citerai en exemple que Lecomte du Noüy* qu’on trouve dans les librairies catholiques et jusque dans les boutiques de couvent ! Et mon espoir est que c’est cela même qui ouvrira les yeux de la hiérarchie et qui rendra à l’Eglise catholique sa véritable mission d’assemblée universelle.

* Pierre Lecomte du Noüy (1883-1947), mathématicien, biophysicien, écrivain et philosophe français ; a vécu une partie de sa vie aux Etats-Unis et est mort à New-York. Citations lues dasn l’article que lui consacre Wikipédia :
"[L'homme] existe moins par les actes qu'il exécute pendant sa vie que par le sillage qu'il laissera derrière lui, comme une étoile filante." ; "C'est dans ce qu'il y a de divin en l'homme, et non dans ce qu'il y a d'humain dans les doctrines qu'il faut chercher l'unité des religions." (La dignité humaine, 1942, p. 153) ; "La liberté n'est pas qu'un privilège : elle est une épreuve. Nulle institution humaine n'a le droit d'en exempter un homme." (idem, p. 132) ; "Il n'existe pas d'autre voie vers la solidarité humaine que la recherche et le respect de la dignité individuelle" (L'homme et sa destinée, 1947). Mary, sa femme, écrira en 1955 sa biographie : Lecomte du Noüy. De l'agnosticisme à la foi, aux éditions La Colombe (251 p.).

Mais pour un prêtre, c’est totalement différent. Il ne peut pas ne pas répondre aux objections, aux questions, qu’on lui pose. Il sait parfaitement ce qui est de foi et, pour lui, pas de demi-mesure ; c’est tout ou rien. S’il rejette quoique ce soit, l’Eglise elle-même et sa propre conscience l’obligent à se retirer.


Je partirai donc à l'étranger

Je partirai donc à l’étranger car je hais les bagarres et les discussions stériles. Elles n’ont jamais fait de bien à personne. Ce qu’il faut c’est non pas détruire mais construire. Construire dans l’amour de Dieu et du prochain. C’est ce que je vais tâcher de faire modestement selon mes moyens. Mais avant de parler, je vais, pendant quelques années, me recueillir, prier, et travailler comme un simple honnête homme. Il faut, comme Jésus, comme saint Paul, savoir gagner sa vie et connaître les vrais problèmes qui se posent aux hommes, avant de vouloir mes aider à les résoudre.

En attendant, priez pour moi comme je le ferai pour vous. Je ne vous demande pas de ne pas me juger. Un autre vous l’a demandé avant moi. Si mon geste vous fait de la peine pardonnez-moi, mais je veux aussi que vous sachiez combien est grande la joie d’une conscience enfin libérée par la vérité.

 

© Noëlle Colle, 2008


Cette lettre a été envoyée à des amis mais elle n’a jamais été publiée. Elle est mise en ligne aujourd’hui, vingt ans après la mort de son auteur, à l’initiative de sa femme, Noëlle Colle. Ils eurent 4 enfants et vécurent heureux.
 


Noëlle Colle est militante d’Amnesty international et membre de l’Assemblée fraternelle des chrétiens unitariens (AFCU). Elle représente l’AFCU au sein de l’Eglise unitarienne francophone. Lors d’un séjour de 7 ans aux Etats-Unis, où ils enseignèrent, elle et son mari visitèrent une congrégation unitarienne à Exeter, dans l’Etat du New-Hampshire.

Mardi 10 juin 2008 2 10 /06 /Juin /2008 09:07
- Par Paul-Yves Colle - Publié dans : vies de prêtre - Communauté : Religions en toute liberté

Jean Risse a publié un livre intitulé " Les pauvres au secours de Dieu ; prêtre ouvrier dans un monde du travail en crise ", aux éditions L’Harmattan (Paris, juin 2006, 216 pages, 19,5 euros).

L’auteur est né en 1936 à Luttange, en Moselle, dans une famille ouvrière. La vie de famille sera difficile, mais toujours très digne. Après un passage de deux ans dans une mine de fer et un engagement de trois ans dans la Marine nationale, il entre au séminaire en 1956 et est ordonné prêtre en 1964. Il travaille en 68 dans une entreprise du Bâtiment puis dans une usine sidérurgique de Lorraine (Sollac). Il adhère à la CFDT en 1970. En 1986, il perd son emploi comme des milliers d’autres sidérurgistes. Depuis, il participe au développement du syndicalisme de retraités dans la CFDT et a été désigné, par la préfecture, comme conseiller de salarié en cas de licenciement.

Ce n’est pas un livre de plus sur l’Homme, un homme tellement abstrait qu’il n’existe pas. Ce livre ne relate que les combats d’hommes et de femmes libres, responsables d’eux-mêmes, des autres …. Des hommes et femmes qui ont faim et soif de justice. Combats qui rassemblent chrétiens, autres croyants, incroyants, athées : tout en se battant ensemble contre toutes les formes de violences, ils se partagent leurs questions, leurs convictions, leurs doutes. Le chrétien que je suis, et je ne suis pas le seul, prétend que ces affamés de justice révèlent quelque chose du vrai visage de Dieu, un Dieu qui ne les " roule pas dans la farine ", mais un Dieu qui alimente leur soif de liberté. Ce sont ces hommes, ces femmes qui ont écrit ce livre ".

Jean Risse avait auparavant publié "Leur silence est parole" aux éditions de l'Atelier, en 1991.

-glise-Sainte-Th-r-se---Metz.jpg Sainte-Thérèse est une église d’un quartier de Metz, elle se trouve entre le quartier de la gare, celui du Sablon et de Montigny les Metz. Ce quartier a été reconstruit dans les années 1920-1930, quand Metz est redevenue française. Pour desservir ce nouveau quartier, l’église a été construite de 1930 à 1954 grâce à de multiples dons de particuliers. Elle n’est propriété ni de la Ville, ni de l’Evêché, ni de l’Etat, mais des paroissiens par l’intermédiaire du Conseil de fabrique.

Jean Risse présentera son livre le samedi 29 mars, à 14h, à Metz, à la salle au sous-sol de l’église Sainte-Thérèse (à côté de l’Hôpital Bon Secours), lors d’une rencontre organisée par les " Croyants en liberté, pour une Eglise du dialogue ". 

Pour contact : Georges Heichelbech

Croyants en liberté, pour une Eglise du dialogue " 
est membre de la Fédération des réseaux des Parvis.

Mardi 18 mars 2008 2 18 /03 /Mars /2008 07:30
- Par d'après Georges Heichelbech - Publié dans : vies de prêtre
L-on-Laclau-livre.jpg Léon Laclau, dont l’affaire a défrayé la chronique, parle du magnifique couple amoureux qu’il forme avec la douce et ferme Marga, sa compagne venue de la nordique Hollande. Il faut croire que les tempéraments gascon et hollandais s’accordent bien car le couple résista à un déplacement du père Léon à Nantes, les supérieurs de sa congrégation religieuse voulant lui faire lâcher prise. Mais c’est l’inverse qui se produisit ! Bref, c’est l’histoire de Tristan et d’Yseut la Blonde qui s’installèrent ni plus ni moins au presbytère en toute innocence de cœur.

Pour l’amour d’une femme, privé … d’Eglise ", aux éditions Michel Lafon
, janvier 2008, 205 p.

Le Père Léon n’est nullement contestataire de son Eglise mais il s’étonne quand même de l’hypocrisie et des méthodes de ses hiérarques. Il nous dit simplement dans ce beau livre que l’Amour est plus fort que la Mort. Le Cantique des cantiques nous l’avait déjà dit !

l'Epouse : Sous le pommier, je t'ai éveillé ; là, ta mère te conçut, là te conçut ta procréatrice. - Mets-moi comme un sceau sur ton coeur, comme un sceau sur ton bras. (Ct. 8, 5-6)

la Sagesse : Oui, l'amour est inexorable comme la mort, l'ardeur [la jalousie], dure comme le Shéol. Ses fulgurations [ses traits] sont fulgurations de feu, flammes de Yah [Yahvé] ! Les eaux multiples ne pourront éteindre l'amour, les fleuves ne le submergeront pas. (Ct. 8, 6-7, traduction André Chouraqui, et, entre crochets, celle de la Bible de Jérusalem)

L’Eglise catholique s’est retrouvée face à une levée d'opinion publique quasi unanime derrière Léon et sa compagne : les paroissiens d’Asson et du canton, les journalistes, sans compter les blogueurs, etc..  Les devenus héros furent invités aux meilleurs émissions de la télévision française : chez Ruquier, chez Mireille Dumas (" Vie privée, vie publique "), etc. 

Justement, en regardant cette dernière émission, je pensais aux ours qui se font coincer le museau par trop de gourmandise en allant chercher le miel dans les fentes des arbres. L’Eglise catholique ne se coince-t-elle pas aussi le museau en voulant regarder sous les couettes de ses prêtres ? 

Le presbytère d’Asson était propret, coquet et avenant, avec des fleurs et une énergique maîtresse de maison, comme un bel intérieur de peinture hollandaise. Tout le monde était content sauf quelques rabat-joie. Que demande de plus Dame catholique  ? Que çà sente le renfermé ?

En puis, un happy end pour notre sympathique prêtre : il est maintenant archiviste départemental pour le compte du Conseil général des Pyrénées-Atlantiques et n’a plus sa hiérarchie inquisitatrice sur le dos. Longue vie aux amoureux. Nous sommes de tout cœur avec eux. 

Que Jésus panse leurs plaies comme il l’a fait à tant de gens sur les chemins de Galilée ; des plaies invisibles qui prennent du temps à cicatriser, mais soudainement (miraculeusement) guéries lorsque l’on pense à celui qui était toujours du côté des souffrants de son temps et qui savait si bien en parler ... avec Béatitudes *.

* voir le texte des Béatitudes (avec plusieurs traductions) dans La Besace des unitariens

Oui, avec Léon Laclau, ce sont des cohortes de prêtres brimés, humiliés, laissés pour compte, brisés spirituellement et physiquement, muselés, qui vont pouvoir relever la tête, retrouver la fierté qu’il nous faut à tous pour pouvoir marcher, comprendre que c’est Jésus qu’il faut suivre et non pas forcément les hiérarques qui prétendent le représenter et qui ne sont, pour certains, que des sépulcres blanchis selon la forte expression que Jésus adressait aux rigoristes de son temps.

Samedi 15 mars 2008 6 15 /03 /Mars /2008 18:23
- Par Jean-Claude Barbier - Publié dans : vies de prêtre - Communauté : Religions en toute liberté

"Le métier de prêtre" par Céline Béraud, Paris, éditions de l’Atelier, septembre 2006, 160 p., prix 17,90 euros

http://www.editionsatelier.com/ 

le-m-tier-de-pr-tre--C-line-B-raud.jpg Docteur en sociologie, Céline Béraud enseigne à l’Institut européen en sciences des religions (EPHE). Elle est également membre du Centre d’études interdisciplinaires des faits religieux (EHESS) où elle consacre ses recherches au catholicisme contemporain.

Ce livre a fait l'objet d'une recension par Didier Vanhoutte dans la revue Parvis n° 34 (juin 2007)


Il fera l’objet d’une discussion dans le cadre d’un " café-bouquin " organisé par les associations Femmes et hommes en Eglise  (FHE) et Droits et libertés dans les Eglises  (DLE), le mardi 18 mars, de 18 h 30 à 20 h, dans les locaux de Temps Présent, 68 rue de Babylone 75007 Paris (métro Saint- François Xavier)

Pour contact et informations complémentaires
 : Jean-Pierre Schmitz, coordinateur du groupe " Genre en christianisme ",
jpschmitz@orange.fr, tél. 01 47 89 09 58

Jeudi 21 février 2008 4 21 /02 /Fév /2008 11:06
- Par FHE et DLE - Publié dans : vies de prêtre - Communauté : Religions en toute liberté
Pour la première fois, la mise à l’écart d’un prêtre catholique par sa hiérarchie ne s’est pas passée en catimini. Il y a eu courage public de la victime, mobilisation des paroissiens et les médias sont venus à la rescousse. 

Cela suffira-t-il pour que la hiérarchie soit dorénavant plus prudente ? N’y a-t-il pas en effet pénurie de prêtres pour qu’on évite de renvoyer ceux qui restent ?

Mais la hiérarchie catholique, parfois très pragmatique lorsqu’il le faut, est en phase de rectification d’un christianisme qui se serait dilué dans l’humanisme. Son pape invite au dogmatisme, au rigorisme, à la piété d’un autre âge. Or, le dogmatisme transforme en absolu des choses parfois bien humaines et la piété consiste trop souvent à s’en remettre tout " benoîtement ", à coup de prières et autres exercices spirituels, à la volonté de Dieu (Dieu fera qu’on sorte de la crise des vocations !).

A l’horizon, des légions (romaines) de séminaristes sortis tout droit de l’Institut Bon Pasteur de statut pontifical et installé dans les murs de l'archi-diocèse de Bordeaux au nez et à la barbe de Mgr Ricard, pourtant président de la Conférence française des évêques. Ils remplaceront progressivement ces générations de prêtres fort sympathiques qui ont vécu dans l’espérance, puis dans l’enthousiasme de Vatican II. Car les intégristes catholiques, eux, ont de l’argent, des vocations et des fidèles mobilisés qui en veulent

Dès le début, les Actualités unitariennes ont apporté l’amitié des chrétiens unitariens à Léon et à Marga. Plusieurs messages ont déjà été, ici, écrits et nous avons décidé de les regrouper en une seule rubrique " affaire Léon Laclau ". 

Par là nous prenons date car il y a bel et bien " affaire " qui, nous en sommes persuadés, marquera l’histoire de l’Eglise catholique française en tant que mouvement de résistance. Il y aura un avant et un après. La hiérarchie catholique sait dorénavant que sa maltraitance des prêtres ne passera plus inaperçu et que chaque cas donnera lieu à une forte réaction de l’opinion publique.
  

Sans hiérarchie sur leur dos et sans dogme auxquels soumettre leur liberté de pensée, menant leurs activités à leur guise dans le cadre associatif, ne recevant aucun ordre de la part de clercs, louant Dieu au sein d’assemblées qui se relient sur la base du volontariat, les chrétiens unitariens sont les plus heureux des hommes !

Samedi 4 août 2007 6 04 /08 /Août /2007 18:47
- Par Jean-Claude Barbier - Publié dans : vies de prêtre - Communauté : Religions en toute liberté

 Vic en Bigorre, ce 1er août 2007 

Chers Amis.

Les semaines ont passé … Les évènements du Piémont pyrénéen vous semblent certainement déjà bien loin. Je me rapproche de vous par cette circulaire, ne pouvant pas évidemment répondre individuellement à chacun.

A la date du 23 avril 2007, j’ai dessiné sur mon agenda une croix. Certes, c’est la croix de la mort, mais c’est aussi, et je veux bien le croire, la croix de l’espérance, celle qui annonce le matin de Pâques, la victoire de l’amour.

Bien sûr, c’est d’abord la croix de la mort

Combien de temps me faudra-t-il pour que le souvenir de tous ces enfants, jeunes ou adultes, que j’ai accompagnés pendant les 28 ans de mon ministère ne vienne plus " retourner le couteau dans la plaie ? Deux semaines durant, au plus fort de la médiatisation, la cour du presbytère n’a pas désempli : porteurs d’amitié, de soutien, de cris de révolte et d’incompréhension, souvent de pleurs, parfois même de prières, les habitants des villages que je desservais sont venus en masse. En voyant les gens signer la pétition de soutien, l’un d’eux a osé dire avec beaucoup d’émotion : " on dirait qu’il y a un deuil au presbytère ".

Les médias ont vite compris qu’ils voulaient, par cette présence spontanée et massive, apporter leur soutien au Père Léon, mais aussi interroger l’Eglise sur son organisation et son fonctionnement. Répondre aux médias fut pour moi un parcours éprouvant mais réconfortant car ils n’ont sali en rien notre histoire, certes interdite selon la loi de l’Eglise, mais simple et vraie.

Quelques 500 lettres, 400 messages téléphoniques, une centaine de courriels, 3 500 signatures, les différentes manifestations de soutien (salle de sports, parvis de l’église, marche à la rencontre de l’évêque) : autant de gouttes d’eau qui ont alimenté la cause d’une Eglise que l’on souhaite passionnée par l’Evangile, pleine d’humanité et surtout refusant l’hypocrisie. J’ai une reconnaissance particulière pour mon comité de soutien : une dizaine de chrétiens, blessés dans leur appartenance à une Eglise qu’ils aiment mais qui les déçoit énormément. Ils nous ont permis de nous exprimer, de nous rassembler et d’interpeller l’Eglise dans le respect des personnes et dans la dignité.

Quant aux membres de l’institution Eglise, ils ont joué à la " grande muette " même si quelques confrères prêtres, rencontrés dans mes différents lieux de mission (diocèse de Tarbes, de Bordeaux et de Bayonne), m’ont témoigné leur amitié mais aussi leurs inquiétudes par rapport à une Eglise qui verrouille la fenêtre de la modernité et qui cautionne l’hypocrisie.

Mais c’est aussi la croix de l’espérance

Maintenant … une nouvelle page commence. Elle sera faite tout d’abord de la recherche d’un travail, d’engagements dans la vie associative et, un peu plus tard, je l’espère, d’une vie en Eglise, avec d’autres chrétiens. Cette page, nous l’écrirons ensemble, Marga et moi. Et si parfois le ciel s’obscurcit sur notre chemin de vie, nous penserons à ce que vous avez été pour nous, depuis ce mois d’avril 2007. Après avoir fait, pendant tout le mois de juin un bilan de compétences, je me prépare à une Validation des acquis de l’expérience dans le domaine social. Marga est infirmière dans un service d’Alzheimer. Elle s’y plaît beaucoup. Pour répondre çà une forte demande, je suis en train de rédiger un livre.

Vous pourrez lire, au verso [voir notre message précédent], le mot que l’ai prononcé lors de la soirée de soutien, à la salle de sports d’Asson, où 1 500 amis s’étaient réunis. Vous comprendre mieux notre histoire. Dans la magazine " Marie France " (15 juillet-15 août), vous pourrez lire aussi le témoignage de Marga.

Merci encore à vous tous pour votre amitié et votre soutien. Léon Laclau.


Voir aussi le blog de Michel (" La Vie est là, à nous de la faire Vivre "), lui aussi prêtre marié mis hors cadre, et qui a publié
plusieurs messages sur cette même " affaire ".

Samedi 4 août 2007 6 04 /08 /Août /2007 18:44
- Par Léon Laclau - Publié dans : vies de prêtre - Communauté : Religions en toute liberté
Allocution du Père Léon Laclau lors de la soirée de soutien organisée à son égard le vendredi 27 avril 2007 à la Salle des sports, à Asson, devant 1 500 personnes. 



Merci. Grand merci à vous tous, à tous ceux qui nous ont témoigné leur amitié, leur affection, leur soutien dans ce déchirement que nous vivons et que nous vous faisons vivre.

Comme ce torrent de l’Ouzom qui traverse les villages du Piémont, votre soutien, rugissant de colère et d’incompréhension, mais toujours plein de respect et de dignité, a traversé notre grand Sud-Ouest pour remonter vers les chaumières et les évêchés de l’hexagone.

Merci. Je suis sûr maintenant, mais je le savais déjà, que les années passées près de vous, comme compagnon de route dans vos moments de joie ou de souffrance, avaient créé entre vous et moi un lien très fort : spirituel pour certain, simplement humain pour d’autres. Merci encore.Dommage. Oui, dommage, parce que ce soir j’ai un profond sentiment d’un grand gâchis :

  • le désarroi de tous ces enfants qui ne comprennent pas et qui pleurent le départ de celui qui, comme ils l’ont dit, " leur ont ouvert la porte de Jésus ".
  • le silence de tous ces jeunes qui ne trouvent pas de mots pour exprimer leur amitié à cet " homme de Dieu " qui leur montrait un visage sympathique de l’Eglise.
  • la révolte des adultes qui ne comprennent pas que les autorités de l’Eglise préfèrent s’en tenir à la stricte observance d’une loi plutôt que de juger l’arbre aux fruits qu’il porte.

Oui, c’est vrai. Je suis sorti de la route que j’avais choisie en m’engageant dans la vie religieuse et le sacerdoce. J’espère simplement, qu’un jour, cette route deviendra plus large et que des hommes et des femmes mariées, pourront aussi être ordonnés pour un service d’Eglise.

C’était voici plus de 20 ans, quand mon chemin a croisé celui de Marga, mère de Sébastien, de Charlotte et de Thomas. Elle venait de perdre tragiquement Pierre, son mari. Nous nous sommes apportés mutuellement affection, tendresse et force. Ensemble, nous avons porté les interrogations que cet " amour interdit " suscitait en nous et autour de nous. Toujours et malgré tout, je me suis senti digne de servir le Christ et son Evangile d’amour. Loin de m’écarter de mon travail de prêtre, Marga m’a soutenu et encouragé par son enthousiasme, par sa vision du monde et de l’Eglise et par sa foi.

Dommage
pour tant de souffrances occasionnées par cette sanction. Dommage pour la déception qui blesse le cœur de tant de croyants : l’Eglise saigne " comma l’a dit Marga lors d’un reportage.

Je demande pardon à tous ceux et celles qui n’étaient pas d’accord avec cette relation amoureuse et que j’ai fait souffrir. A ceux qui m’ont fait du mal, je leur pardonne.

Demain. Demain, il faudra bien rebondir : tourner une page de 28 ans de vie religieuse et de sacerdoce ; chercheur du travail ; trouver un nouveau pied à terre ; et surtout continuer à aimer la vie. L’amour de Marga et de ses enfants, cet amour qui m’a tant aidé jusqu’à présent, continuera, j’en suis sûr, à me donner force et enthousiasme.

Je prie le Seigneur pour qu’il me garde dans sa foi.

Notre chemin de vie doit à présent négocier un virage délicat. Nous aurons encore besoin de votre amitié, de vos prières. Merci.

Samedi 4 août 2007 6 04 /08 /Août /2007 18:40
- Par Léon Laclau - Publié dans : vies de prêtre - Communauté : Religions en toute liberté
Asson-sur-le-chemin-de-Saint-Jacques-de-Compostelle.jpg  Lu sur le site officiel de la ville d'Asson, en Béarn : "Aujourd’hui encore, le chemin secondaire du Piémont draîne de nombreux pèlerins qui font une halte à Asson après un passage obligé par Lourdes et Bétharram. Au terme de 23 kms et 6 heures de marche, ils peuvent prendre du repos dans un gîte paroissial aménagé à cet effet (contacter le père Léon Laclau au 05.59.71.04.83). Au petit matin ils reprendront leur pérégrination vers Bruges et Arudy en suivant un itinéraire balisé."

Le gîte paroissial a changé de gérant depuis que le père Léon Laclau a été viré par son évêque et son supérieur de congrégation comme un malpropre (concubinage notoire). Voir nos articles précédents : "Lettre à un prêtre séparé de sa compagne par mesure disciplinaire", le 24 avril 07, "Le Père Laclau fait de la résistance avec ses paroissiens !", le 30 avril, dans la rubrique "pour un catholicisme libéral")

Son évêque, Mgr Molères, dont le siège est à Bayonne, a eu le culôt d'accuser son ex prêtre d'avoir ameuté les médias, comme si ceux-ci - blogs y compris - n'étaient pas assez conscients pour voir d'eux-mêmes comment l'Eglise catholique romaine maltraite ses serviteurs !

Peut-être est-ce cela et bien d'autres choses encore qui ont fait déborder le verre. Le père Léon Laclau, homme doux et discret devant l'Eternel et ses compatriotes, a pris la plume ce 4 juin pour dire à son ex-évêque ses quatre vérités : lâcheté, attitude démissionnaire, mépris, hypocrisie ... ouf ! et sans doute n'a-t-il pas tout dit !

Vous pouvez lire la lettre intégrale sur le site de Michel (lui aussi un prêtre marié, mais qui a démissionné avant que d'être viré) : "
Affaire Leon Laclau : la lâcheté incommensurable de Mgr. Molères", article du 14 juin. Je précise que Michel est lui aussi un homme doux et discret et nullement un excité. C'est aussi un poète spirituel et son site s'intitule "Vivre, faire Vivre !".

Eh oui, Messeigneurs, les temps vont être de plus en plus durs pour vous ! D'autant plus que les bloggeurs que nous sommes sont à l'affût des potins de votre Eglise. Vous les avez bel et bien à vos trousses ... 

Michel et son blog font partie avec nous et d'autres de la "communauté de blogs" (sur la plate-forme d'Over-blog) intitulée "Religions en toute liberté" (voir dans notre colonne de gauche). 
Dimanche 17 juin 2007 7 17 /06 /Juin /2007 07:05
- Par Jean-Claude Barbier - Publié dans : vies de prêtre - Communauté : Religions en toute liberté

Un texte intitulé "Des prêtres non célibataires" a été joint à l'entretien d'Yves Grelet par Dominique Delaroa. Vous le trouverez sur le site de Radio France Inter avec la référence donnée dans l'article précédent. 

NDLR nous avons pris la liberté d'intituler le message présent en pointant du doigt la lâcheté des hiérarques (sinon leur hypocrisie pour ceux qui sont eux-mêmes concubins ou ont eu des liaisons passagères).


Un prêtre des Pyrénées-Atlantiques [Léon Laclau] vient d'être "déchargé de ses fonctions" par l'évêque de Bayonne. Motif : il vivait depuis 20 ans en concubinage avec une femme, déjà mère de 3 enfants. Au même moment, on apprend que l'abbé Pierre avait écrit au pape Benoît XVI pour recommander l'accès à la prêtrise d'hommes mariés. La question du mariage des prêtres est récurrente. Mais l'Eglise reste intransigeante. Certains prélats s'en vont, d'autres passent outre... 

L'abbé Pierre avait donc écrit au pape Benoît XVI pour recommander l'accès à la prêtrise d'"hommes mariés, fervents et capables", selon le Monde des religions qui publie ce document. L'abbé Pierre, décédé le 22 janvier, avait écrit cette lettre le 1er novembre 2005 et demandé qu'elle ne soit rendue publique qu'après sa mort, indique le rédacteur en chef du magazine, Frédéric Lenoir, à qui l'abbé avait confié ce document. Cette lettre était adressée au pape et aux participants au synode d'octobre 2005 (pour lequel l'ordination d'hommes mariés n'était pas à l'ordre du jour). 

L'abbé y dit avoir interrogé "des groupes de fidèles, des prêtres, des évêques, deux cardinaux à Rome" au sujet du manque de prêtres. "Tous ont eu la même pensée: ordonner prêtres des hommes mariés, fervents et capables", déclarait-il. Il concède toutefois "qu'apparaîtront des problèmes" mais qu'"aucun n'est insoluble". Il suggère ainsi d'"assurer à ce flot d'arrivants la science de la foi" et d'"être certain d'assurer aux familles des prêtres le nécessaire pour vivre". "Frères, n'ayons pas peur! Ouvrons la porte de nos églises ! Ouvrons la porte du sacerdoce à ces milliers d'hommes, de foi fervente, prêts à entrer dans cette vocation", ajoute l'abbé Pierre qui se dit "convaincu que l'ordination d'hommes mariés ne taira en rien les vocations au célibat consacré". 

Selon Frédéric Lenoir, l'abbé Pierre n'a jamais eu de réponse du Vatican à cette lettre. Il avait déjà défendu le même point de vue dans son livre d'entretiens "Mon Dieu pourquoi ?", suggérant aussi d'ordonner des femmes prêtres.

A lire également, l'ouvrage d'un prêtre, Philippe Brand, qui a recueilli les témoignages d'une vingtaine d'autres prêtres dans ce cas. Ca s'appelle "Des prêtres épousent leur humanité" et ça vient de paraître aux éditions de l'Harmattan. NDLR livre qui est présenté dans un message précédent.

La Conférence des évêques de France (CEF) ne commente pas ce message de l'abbé Pierre et rappelle la position du pape Benoît XVI, qui, le 13 mars, a réaffirmé le "caractère obligatoire" du célibat des prêtres. La CEF ne commente pas non plus le sort du père Léon Laclau, curé d'Asson (Pyrénées-Atlantiques), "déchargé de ses fonctions" pour cause de concubinage notoire et très soutenu par ses paroissiens. Cette affaire a été "gérée par le diocèse" qui a eu tous les éléments pour prendre cette décision, a simplement répondu le service de communication. 

Actuellement, il n'y a plus que 9 000 paroisses en France pour 36 000 communes. En 1970, il y avait 37 555 prêtres diocésains (exerçant dans une paroisse). En 2005, ils étaient 15 957, la plupart âgés de plus de 60 ans (chiffres CEF).

NDLR les chrétiens unitariens ne sont guère étonnés de voir une Eglise chasser ses prêtres pour des motifs historiquement bien futiles, car c'est précisément ce qui se produisit au XVIème siècle lorsque des prêtres, des moines et des laïcs se mirent à lire la Bible et demandèrent quelques rectifications dans l'enseignement religieux. Rome n'entendit point leur appel et se raidit. Pire, elle les envoya au diable (en les excommuniant) et sur le bûcher lorsqu'elle put mettre la main dessus !


Lundi 21 mai 2007 1 21 /05 /Mai /2007 10:27
- Par document transmis par Yves Grelet - Publié dans : vies de prêtre - Communauté : Religions en toute liberté

  Yves Grelet est un prêtre marié, qui n'exerce plus. Il fait partie du Réseau des Parvis, un ensemble d'associations qui milite entre autres, pour la fin du célibat des prêtres, ou pour une plus grande tolérance.

 Il a été interrogé par Dominique Delaroa, le dimanche 6 mai, à 7h 10, sur France Inter, dans le cadre de l'émission radio "Théo" (cliquer sur theo-lachroniquedesreligions).

YG
- Un prêtre qui commence à exercer son sacerdoce est tenu de tout faire pour respecter l’engagement qu’il a pris, c’est-à-dire d’être au service de l’Evangile. 

 Pour la question du célibat, il y a des étapes dans l’engagement. A un moment, on lui dit : maintenant il faut que tu nous dises que tu renonces au mariage. Alors, on est pris dans toute une dynamique. On a envie de donner sa vie " aussi magnifiquement que possible " et on se dit : mais oui, Dieu mérite bien ça et au fond il m’aidera..

On est à un âge, 25 ans où on n’est plus des gamins, mais on n’a pas une grande connaissance de la vie. On a été élevé en général dans des lieux qui sont plus masculins que féminins ; en tout cas on fait une promesse ou un engagement définitif que l’Eglise décide de verrouiller. C’est-à-dire : c’est terminé, et après donc, tu serais un infidèle, tu serais un exclus et on t’enlèverait tes responsabilités si tu quittais cette situation de célibataire.

 DD - C’est ce qui arrivé au Père Laclau.

YG - Tout à fait. Je ne le connais pas personnellement, mais j’en connais beaucoup d’autres qui ont dit : un jour j’ai découvert que nos itinéraires pouvaient se compléter sans que cela remette en cause notre volonté de vivre l’Evangile et de le partager et d’en faire découvrir la beauté et l’utilité pour la vie.

Mais alors, quand on entre sur ce terrain-là, on devient un futur infidèle, un futur exclus, un futur proscrit, comme si la découverte de l’amour et cette expérience de l’amour devenaient incompatibles avec l’engagement pour l’Evangile et le service de l’Eglise.

 DD - Est-ce que l’Eglise a des arguments théologiques pour défendre le célibat ?

YG - Non, parce qu’il n’est pas dit, dans l’Evangile ni dans la réflexion théologique, que le célibat serait lié au sacerdoce.

C’est en 1139 que le 2è concile du Latran que l’Eglise va définir la nécessité du célibat pour les prêtres, à la différence de tout ce qui se passait auparavant : jusqu’alors les uns étaient célibataires et d’autres se mariaient, avaient des enfants évidemment…

 DD - Il y a eu des prêtres-mariés avant et des papes …

YG - Oui, des papes et des évêques. Ce n’était pas une interdiction..

 DD - Alors aujourd’hui il y a donc des gens comme vous qui pensent que l’Eglise doit évoluer sur cette question du célibat.

YG - Tout à fait ! Beaucoup de gens ne s’en scandalisent pas du tout.

Je crois pouvoir dire par exemple que les 50 associations qui composent les réseaux des Parvis sont unanimes pour dire : Mais qu’est-ce que c’est que cette histoire ? Combien de temps ça va durer ces oukases qu’ils ont pris pour ne pas reconnaître que la femme et l’homme ont une dignité égale ? Pourquoi les célibataires seulement auraient-ils le droit de légiférer ? Au nom de quelle autorité sinon celle qu’ils se sont attribuée eux-mêmes … ?

Et donc là il y a une certaine démocratisation souhaitable. Une réflexion pluraliste est nécessaire.

Nous sommes nombreux, à Parvis, à dire que c’est l’Evangile qu’il est important de vivre, et non des règles anciennes qu’il faut reproduire. Nous demandons que place soit donnée à la réflexion et à l’expression de nos contemporains pour ce qui touche leur monde à eux.

 DD - Mais l’Eglise ne va pas du tout dans ce sens-là : on l’a vu avec Jean-Paul II, et Benoît XVI remet ça ...

YG
- Tout à fait : plus on monte dans la hiérarchie, plus on se croit autorisé à dire des choses définitives et à ne pas écouter du tout les autres.

En tout cas, cela aboutit à des événements qui vont se durcir. On peut même craindre, peut-être, un schisme, un de ces jours. En effet, si devait se durcit la position de la hiérarchie qui dit que les principes anciens doivent perdurer éternellement, alors beaucoup de gens qui essaient de vivre l’Evangile diraient : on va essayer, autrement, d’être fidèles à l’Evangile et à l’Esprit de Dieu qui n’est enfermé dans aucun tuyau même du Vatican.

 DD - Alors, est-ce que le fait d’avoir une compagne nuit au sacerdoce ?

YG - Je ne le pense vraiment pas. Au contraire… J’ai des témoignages et j’ai mon expérience aussi : loin d’éloigner de l’Evangile, à condition que ce soient une foi sincère et un amour vrai, eh bien, au contraire, en couple se crée mutuellement cette complémentarité dans les regards, les expériences de vie, dans les analyses de la société, et même dans la lecture de la Bible et de l’Evangile. C’est très enrichissant.

Et puis, à l’évidence, pourquoi dans le dialogue, faudrait-il que ce soient les célibataires qui légifèrent sur le mariage, la sexualité ou autre ? Au moins qu’on ait la pudeur de reconnaître qu’on n’est pas dans ce cas-là le mieux placé, et que l’humilité ne serait pas mauvaise en l’occurrence.  

Lundi 21 mai 2007 1 21 /05 /Mai /2007 10:07
- Par Yves Grelet - Publié dans : vies de prêtre - Communauté : Religions en toute liberté

Fondé à Paris en 1972 et composé de couples très divers dans leur cheminement, le groupe Prêtres- mariés France Nord permet un échange de réflexions, des liens amicaux et éventuellement un soutien. Il ne cherche pas à jouer les anciens combattants. Il s'intéresse à l'évolution des mentalités notamment en matière de genre, d'engagement chrétien et humaniste dans la société et/ou dans l'Eglise. Il s'enrichit de la démarche d'ouverture des diverses associations adhérentes aux Réseaux des Parvis.

 Contact : Yves Grelet, y.grelet@free.fr 

Ce groupe publie un bulletin " Chemins nouveaux ", dont voici le sommaire du dernier numéro (n° 29, mai 2007) :

Jacques Dupont - Editorial : De la chrétienté… à la laïcité ; Bernadette Tauvron - Sexualité, célibat et mariage des prêtres ; Marcel Nicolas et Louis Defief - Des prêtres-mariés interpellent l’Eglise (Arras) ; Christine Pasquet-Grelet - Divorce et réunification ; Marie-Josèphe Corbineau – Réflexion ; Isabelle Nicou - Histoire d’un secret ; Yves Grelet - Laïcité et baptême - Liberté et fidélité ; Alain et Blandine de la Ménardière - Quel Dieu annoncer aujourd’hui ; Philippe Duchesne - Merci aux handicapés mentaux ; Jean et M-Madeleine Harel - Etre parents ; Pierre Thion - Service de l’église ou de l’évangile ? ; Alex Bricet - Nous sommes des privilégiés ; Henri Denis – Communiqué ; Bernard Corbineau - La vérité nous rend libres ; Gérard Guittet - Soutien à Henri Denis ; Bernard Corbineau, Jean Harel - Pour une retraite convenable (APRC).

Les lecteurs de ce bulletin sont conviés à une rencontre annuelle de " Chemins nouveaux ", le 7 octobre 2007

Le Groupe Prêtres-mariés France Nord est membre de la Fédération des Réseaux des Parvis, de même qu’une autre association Prêtres en foyer 13 (PEF), fondée en 1970 à Marseille et dont voici le contact : michele.claude13@free.fr

Les chrétiens unitariens (AFCU) font partie de cette fédération.

Dimanche 20 mai 2007 7 20 /05 /Mai /2007 03:22
- Par Jean-Claude Barbier - Publié dans : vies de prêtre - Communauté : Religions en toute liberté

Philippe Brand, 2007 - Des prêtres épousent leur humanité, 26 témoignages (1954 – 2005). Paris : éditions L’Harmattan, 564 p., vendu au prix unitaire de 28 €+ 4.05 € de frais de port, + 0,80€ de frais de port par ouvrage supplémentaire, http://www.editions-harmattan.fr

Présentation du livre par l'éditeur :

Vingt-six prêtres qui ont quitté le clergé, dont vingt-quatre mariés, racontent leur trajectoire, de la " vocation " au ministère, de la rupture au " retour dans l’atmosphère " de la société des hommes : travail, vie de couple, vie sociale. Ils expriment sans " langue de buis " leurs liens actuels ou leur absence de liens avec l’Eglise, la foi en la Bonne nouvelle qui demeure ou non en eux, l’équilibre de leur personnalité entre la laïcité et leur spiritualité.

Ces histoires de vies tracent des cheminements exceptionnels d’hommes ordinaires. Ils sont passés par le point zéro, la nécessité de réinventer leur existence ; ils ont épousé leur humanité personnelle, endormie jusque là, en choisissant la condition humaine commune, et l’humanité globale en assumant des responsabilités dans la cité.

Philippe BRAND a recueilli leurs témoignages ; il explique ce séisme par la rencontre de deux plaques tectoniques, celle du Concile de Trente (XVI° siècle), sur lequel l’Eglise catholique vit encore dans les années 1950, et celle de la philosophie des Lumières. A partir de la Libération, le renouveau d’humanité et de vie sociale, la modernisation technique et l’émancipation des esprits libèrent les énergies dans un dynamisme collectif inattendu.

Aujourd’hui, dans un monde à la recherche de sens et de valeurs, la reconquête de la liberté de conscience, et la résistance individuelle et collective à l’endoctrinement restent d’une actualité brûlante.

pr--tres-mari--s.GIF Au sommaire :

LA QUETE DU GRAAL. Des hommes devenus prêtres. Le projet de vie. Formation en serre chaude ou de plein vent ?

LA PASSION DU MINISTERE, LE REJET DE SON CADRE : Au service de la communauté chrétienne et humaine. La rupture du cordon.

LA CONDITION HUMAINE COMMUNE : Des prêtres (re)devenus hommes. Gagner sa vie comme tout le monde. Solidaires des travailleurs. Une compagne semblable à lui. Des citoyens actifs.

AUJOURD’HUI, LAÏCS ET CHRETIENS A LA FOIS : Maintien ou rupture des liens avec l’Eglise. La foi qui subsiste. Une référence commune avec l’humanité.

CONCLUSION : Résister.

Philippe Brand est né en 1941 ; il a été ordonné prêtre en 1966, a exercé son ministère à Annemasse (1966-1967) et à Thonon de 1967 à 1972. Il se marie en 1972 et aura deux enfants ; il a terminé sa vie professionnelle comme Inspecteur du travail.

Il est l’auteur de deux recueils de poèmes : " La tempête et l’arc-en-ciel " (sous le nom d’auteur de François René Véga), et : "  Lignes brisées, fil d’Ariane ", Editions Le Carré, Thonon-les-bains.

Samedi 19 mai 2007 6 19 /05 /Mai /2007 20:39
- Par les éditions L'Harmattan - Publié dans : vies de prêtre - Communauté : Religions en toute liberté

Suite de notre premier message du 25 avril 07 " Lettre à un prêtre éloigné de sa compagne par mesure disciplinaire ".

La hiérarchie catholique ne semble pas avoir (encore) pris la mesure de l’évolution des mentalités. Le village d’Asson (au Béarn) refuse en masse que son prêtre soit changé d’affectation : ce dimanche, pas moins de 400 catholiques stationnés en dehors de l’église faisaient la " grève de la messe ", pour 10 fidèles seulement qui y ont assisté. Il faut préciser que la messe était célébrée par le supérieur de l’ordre religieux qui venait de décider d’envoyer le père Léon Laclau ni plus ni moins en Côte d’Ivoire (comme si les Ivoiriens avaient encore besoin de missionnaires !).

Marga, la compagne du prêtre est infirmière dans une résidence de personnes âgées à Pontac. Lui et elle, préfèrent vivre ensemble. Léon compensera comme il le pourra les 400 euros que lui versait le diocèse auxquels s’ajoutaient 15 euros par messe célébrée.

Les catholiques commencent à se fâcher, une " sainte colère " qui est signe des temps. Le maire a fait connaître son incompréhension, les journalistes sont présents à l’événement ... et, nonobstant la jeunesse de nos Actualités unitariennes, notre " Lettre " a été signalée en page 2 du moteur de recherche de Google.

Lors de la campagne présidentielle française, la désertification de nos milieux ruraux a souvent été évoquée. L’Eglise catholique, par sa politique de regroupement des paroisses, par les lieux de culte qui lui ont été confiés en usufruit par Dame République depuis les années 1900 et qu’elle maintient fermés hormis quelques rares messes, par son refus du sacerdoce universel (seul un prêtre peut célébrer une messe, alors que chez les protestants les prédicateurs laïcs peuvent présider un culte), par son élitisme (exacerbé sur les critères " sexuels ") dans le recrutement de son clergé, etc., contribue manifestement à ce déclin de nos campagnes. Ce faisant, elle scie la branche sur laquelle elle est assise.

Comme quoi, l’institution est parfois bien loin d’être la somme des intelligences de ses membres !

Pour une meilleure gestion de nos lieux de culte, voir les articles à la Une dans les bulletins de la Correspondance unitarienne sur le site "Profils de libertés"  http://prolib.net/unit/correspondance.unitarienne.htm

"Urgent ! des communautés de base, bon dieu ! pour ne pas laisser tomber nos lieux de culte", article à la Une, n° 21, juillet 2003 ; et "Les unitariens-universalistes américains partagent leurs lieux de culte", article à la Une, n° 40, février 2005

Lundi 30 avril 2007 1 30 /04 /Avr /2007 07:25
- Par Jean-Claude Barbier - Publié dans : vies de prêtre - Communauté : Religions en toute liberté
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