Léon
Laclau, dont l’affaire a défrayé la chronique, parle du magnifique couple amoureux qu’il forme avec la douce et ferme Marga, sa compagne venue de la nordique Hollande. Il faut croire que les
tempéraments gascon et hollandais s’accordent bien car le couple résista à un déplacement du père Léon à Nantes, les supérieurs de sa congrégation religieuse voulant lui faire lâcher prise. Mais
c’est l’inverse qui se produisit ! Bref, c’est l’histoire de Tristan et d’Yseut la Blonde qui s’installèrent ni plus ni moins au presbytère en toute innocence de cœur." Pour l’amour d’une femme, privé … d’Eglise ", aux éditions Michel Lafon, janvier 2008, 205 p.
Le Père Léon n’est nullement contestataire de son Eglise mais il s’étonne quand même de l’hypocrisie et des méthodes de ses hiérarques. Il nous dit simplement dans ce beau livre que l’Amour est plus fort que la Mort. Le Cantique des cantiques nous l’avait déjà dit !
l'Epouse : Sous le pommier, je t'ai éveillé ; là, ta mère te conçut, là te conçut ta procréatrice. - Mets-moi comme un sceau sur ton coeur, comme un sceau sur ton bras. (Ct. 8, 5-6)
la Sagesse : Oui, l'amour est inexorable comme la mort, l'ardeur [la jalousie], dure comme le Shéol. Ses fulgurations [ses traits] sont fulgurations de feu, flammes de Yah [Yahvé] ! Les eaux multiples ne pourront éteindre l'amour, les fleuves ne le submergeront pas. (Ct. 8, 6-7, traduction André Chouraqui, et, entre crochets, celle de la Bible de Jérusalem)
L’Eglise catholique s’est retrouvée face à une levée d'opinion publique quasi unanime derrière Léon et sa compagne : les paroissiens d’Asson et du canton, les journalistes, sans compter les blogueurs, etc.. Les devenus héros furent invités aux meilleurs émissions de la télévision française : chez Ruquier, chez Mireille Dumas (" Vie privée, vie publique "), etc.
Justement, en regardant cette dernière émission, je pensais aux ours qui se font coincer le museau par trop de gourmandise en allant chercher le miel dans les fentes des arbres. L’Eglise catholique ne se coince-t-elle pas aussi le museau en voulant regarder sous les couettes de ses prêtres ?
Le presbytère d’Asson était propret, coquet et avenant, avec des fleurs et une énergique maîtresse de maison, comme un bel intérieur de peinture hollandaise. Tout le monde était content sauf quelques rabat-joie. Que demande de plus Dame catholique ? Que çà sente le renfermé ?
En puis, un happy end pour notre sympathique prêtre : il est maintenant archiviste départemental pour le compte du Conseil général des Pyrénées-Atlantiques et n’a plus sa hiérarchie inquisitatrice sur le dos. Longue vie aux amoureux. Nous sommes de tout cœur avec eux.
Que Jésus panse leurs plaies comme il l’a fait à tant de gens sur les chemins de Galilée ; des plaies invisibles qui prennent du temps à cicatriser, mais soudainement (miraculeusement) guéries lorsque l’on pense à celui qui était toujours du côté des souffrants de son temps et qui savait si bien en parler ... avec Béatitudes *.
* voir le texte des Béatitudes (avec plusieurs traductions) dans La Besace des unitariens
Oui, avec Léon Laclau, ce sont des cohortes de prêtres brimés, humiliés, laissés pour compte, brisés spirituellement et physiquement, muselés, qui vont pouvoir relever la tête, retrouver la
fierté qu’il nous faut à tous pour pouvoir marcher, comprendre que c’est Jésus qu’il faut suivre et non pas forcément les hiérarques qui prétendent le représenter et qui ne sont, pour certains,
que des sépulcres blanchis selon la forte expression que Jésus adressait aux rigoristes de son temps.


Lu sur le site officiel de la ville d'Asson, en Béarn : "Aujourd’hui encore, le chemin secondaire du Piémont draîne de nombreux pèlerins qui font une halte à Asson après un passage obligé
par Lourdes et Bétharram. Au terme de 23 kms et 6 heures de marche, ils peuvent prendre du repos dans un gîte paroissial aménagé à cet effet (contacter le père Léon Laclau au
05.59.71.04.83). Au petit matin ils reprendront leur pérégrination vers Bruges et Arudy en suivant un itinéraire balisé."
La hiérarchie catholique ne semble pas avoir (encore) pris la mesure de
l’évolution des mentalités. Le village d’Asson (au Béarn) refuse en masse que son prêtre soit changé d’affectation : ce dimanche, pas moins de 400 catholiques stationnés en dehors
de l’église faisaient la " grève de la messe ", pour 10 fidèles seulement qui y ont assisté. Il faut préciser que la messe était célébrée par le supérieur de l’ordre religieux qui
venait de décider d’envoyer le père Léon Laclau ni plus ni moins en Côte d’Ivoire (comme si les Ivoiriens avaient encore besoin de missionnaires !).