Journée internationale d’études Mémoire du catharisme " Le catharisme
européen : un mouvement structuré ? ", le 24 mai 2008, au Palais des Congrès, à Mazamet (Tarn , France), organisée par l’Association de valorisation du patrimoine
mazamétain (AVPM) avec le soutien de de la Maison des Mémoires de Mazamet.
matinée à partir de 9 h 30 :
* Anne Brenon, archiviste paléographe : Problématique générale : l’exemple de la Rhénanie.
* Annie Cazenave, ingénieur au CNRS : L’Eglise cathare du Toulousain, un maillage transpyrénéen.
* Daniela Müller, professeur d’histoire de l’Eglise à la Faculté de théologie d’Utrecht (Pays-Bas) : Les cathares en pays
néerlandais.
12 h 30 : Buffet froid, reprise des travaux à 14 h 30 :
* David Zbiral, docteur en histoire, Université de Brno (Rép. Tchèque) : Revenir sur les sources : le lien présumé entre catharisme et
bogomilisme.
* Ylva Hagman, docteur en histoire des religions : Interrogatio Ioannis, le Secret
apporté de Bulgarie par l'évêque Nazaire et la question des filiations entre les Eglises cathares internationales.
* Jean Duvernoy, historien : Retour à St Félix.
17 h 30 : Questions et clôture.
19 h : Repas médiéval.
21 h : Spectacle " Cathare ! ": Revivez l'épopée cathare à travers Raluca, soeur de l'évêque de Constantinople Nicétas, qui arrive en terre occitane pour élever l'enfant qu'elle attend…. ( à
l’Espace Apollo)
Informations et réservations, inscriptions avant le 21 mai :
Maison des Mémoires de Mazamet, rue des Casernes, 81200 Mazamet,
tél. 05 63 61 56 56, contact@maison-memoires.com
En Europe de l’Est, développement des Bogomiles dans la région de Constantinople et en Bosnie.
En 1022, premier bûcher en France pour hérésie avec 12 chanoines d’Orléans. En 1135-1143 des évêques sont
soupçonnés d’hérésie en Rhénanie, à Liège et à Cologne. Les années suivantes, en 1163-1167 des évêques sont qualifiés " d’archi
cathares " à Bonn et à Mayence. Au même moment, en 1165, un " évêque de bons hommes ", Sicard Cellerier, est connu en pays
albigeois. Le mouvement se développe suffisamment en pays occitan pour qu’en 1167-1170 se tienne une assemblée à Saint-Felix de Laurageais autour de trois évêques ;
Sicard Cellerier pour l’Albigeois, Robert d’Epernon venu du Nord de la France et Marc qui vient de Lombardie. Trois nouveaux évêques y seront élus et ordonnés : Géraut
Mercier dans le Carcassès, Bernard Raimond dans le Toulousain et Raimond de Caxals dans l’Agenais au val d’Arans.
Au début du siècle suivant (début XIII), alors que les cathares font face en France à la croisade contre eux (déclenchée en 1209), le catharisme se développe en Italie autour de 6 Eglises
épiscopales attestées à Concorezzo (Milan), Desenzano (lac de Garde), Florence, Bagnolo (Mantoue), Vicence
(Padoue) et au val de Spolète.
Enfin, vers 1225, une nouvelle Eglise se formera en pays de Razès, non loin de la frontière avec l’Aragon, avec Benoît de Terme.
Le n° 7 (février 2007) de nos Cahiers Michel Servet a été consacré aux cathares, avec des textes de Pierre-Jean Ruff et
une préface de Michel Jas (ce n° a été mis en ligne dans La Besace des unitariens, rubrique "CMS").
La chaire placée
à gauche du grand portail est le plus vieil élément de la Collégiale, tout ayant été détruit à la fin du seizième siècle lors des Guerres de Religion. Elle a été construite par un sculpteur
bourguignon Pierre Noirot, mort en 1630 à Montréal. Le panneau central en bois sculpté représente le Christ Roi, et, de part et d'autre, les évangélistes : Mathieu, Marc, Luc et Jean. La cuve est
supportée par un aigle doré aux ailes déployées et six corps de serpents à la tête d'hydre.

critique
du catharisme - Anne Brenon, archiviste paléographe
" L’étude de l’hérésie cathare est particulièrement ardue car les sources relatives au Moyen Age sont parcellaires et souvent
opaques. Une grande partie des registres de l’Inquisition ont disparu. Pour les registres conservés, en l’état ou recopiés, il est paradoxal de constater que le catharisme est aujourd’hui connu
grâce à ces sources qui ont voulu le faire disparaître. Michel Jas est un érudit qui cherche une éventuelle présence cathare, là où on ne s’y attend pas, avec des discutions qui entraînent
parfois dans un enchaînement de faits et nous amènent sur des terrains vierges et inconnus où de nouvelles questions se posent sans cesse : est-il raisonnable de continuer à penser que
Montpellier fut un pur foyer de l’orthodoxie, quand on sait qu’il y eut un tribunal inquisitorial trois ans avant celui de Carcassonne ? Ceci laisse supposer qu’il y avait au moins un
soupçon sur la présence d’hérétiques à Montpellier, ou tout au moins dans sa région. Quelles sont les limites géographiques du catharisme dans le Bas-Languedoc et quelle est sa zone réelle
d’influence ? Michel Jas pense que l’incertitude est au cœur de l’étude historique en général et médiévale en particulier, et que le chercheur doit cheminer dans les probabilités du
vraisemblable. " Extrait de la préface de Valdo Pellegrin
Le Languedoc connaît au Moyen Age une prodigieuse effervescence religieuse. Le catharisme s'y enracine, et des
mouvements évangéliques - vaudois, béguins - s'y montrent actifs et entreprenants. La mémoire musulmane est présente dans l'imaginaire. Le judaïsme est d'une grande vitalité et la culture
"folklorique " reste vivace. Une liturgie particulière et des pratiques de dévotion originales, notamment autour des relations avec l'au-delà, s'imposent. Un dense réseau monastique s'établit. En
Languedoc s'exerce aussi la réplique de l'Église officielle à l'hérésie par saint Dominique et les Prêcheurs, la croisade et l'inquisition. Présenter et analyser les croyances et les pratiques
religieuses du Midi médiéval dans leur diversité dans leurs enjeux doctrinaux, politiques et sociaux, telle est l'ambition de l’ouvrage, sous la direction de Jacques Berlioz, dû à une équipe
internationale d'historiens et d'historiennes.