Calendrier

Décembre 2009
L M M J V S D
  1 2 3 4 5 6
7 8 9 10 11 12 13
14 15 16 17 18 19 20
21 22 23 24 25 26 27
28 29 30 31      
<< < > >>

à vos ami(e)s

Rechercher

la Contre-Réforme

Des escouades de nouveaux prêtres catholiques sortent des séminaires tenus par des mouvances réactionnaires de l'Opus Déï, les Légions du Christ, l’institut Bon Pasteur, et d'ici quelques temps la Fraternité Pie X, etc. Ils sont jeunes, ne doutent pas de leur célibat, se consacrent à 100% au fonctionnement de l'Eglise, renvoient les laïcs à leurs engagements temporels, sont directement prosélytes, etc.
Le heurt est assuré entre cette élite, efficace et qui vise la restauration, et les laïcs que les Eglises diocésaines forment pour de nombreuses tâches ecclésiales : accueil des personnes dans les presbytères, gestion financière et administrative des paroisses, services funéraires, animation liturgique, visite des gens malades ou en difficulté, etc. Voir un exemple concret, particulièrement éloquent, sur le blog de Michel 64 (membre de la communauté de blogs "Religions en toute liberté" que nous animons).


Ce sera l'Eglise post-Vatican II, non seulement rectifiée par Jean-Paul II puis Benoît XVI, mais restaurée. Ceci ne sont pas nos oignons puisque s'agissant d'une autre Eglise que la nôtre. Nous n’en sommes pas moins attristés et nous en aurons très probablement des répercussions, à savoir l'accueil au sein de nos mouvances libérales (catholiques, protestantes et unitariennes) de diacres et autres assistants pastoraux qui auront été mis à l'écart, par rabaissement et subordination extrême. Que nous sachions les accueillir le moment venu avec la tolérance qui doit être la nôtre.

Après la génération des mouvements d’Action catholique qui a pourvu en catholiques les partis politiques et les syndicats de Gauche ; après la génération Jacques Gaillot, dont l’exclusion en 1995 de l’évêché d’Evreux suscita la formation de la Fédération des réseaux des Parvis (aujourd’hui avec 50 mouvements), il faut s’attendre à cette nouvelle vague de laïcs toute acquise à la promotion du laïcat dans les activités paroissiales mais que leur Eglise n’aura pas su retenir.

analyse parue dans le bulletin de la Correspondance unitarienne n° 91, mai 90, à la rubrique "Information"
Vendredi 24 avril 2009 5 24 /04 /2009 12:35
- Par Jean-Claude Barbier - Publié dans : la Contre-Réforme - Communauté : Religions en toute liberté - Recommander

Après la série déjà impressionnante des propos réactionnaires du pape depuis son élection, l’ambiance est celle des fins de règne. Des hommes politiques s’insurgent contre des prises de position qui sapent les efforts des politiques de santé. Les sondages d’opinion posent ouvertement la question du maintien de Benoît XVI à la tête de son Eglise, lien. Des manifestations publiques, avec pancartes et banderoles, mobilisent des foules. Des choses impensables il y a seulement quelques mois.

A Buenos Aires, ils étaient 1 100 ce lundi 30 mars, pour une séance publique de débaptisation. Cette apostasie collective marquait la fin de la campagne "Pas en mon nom" (" No en mi nombre "), lancée à l'initiative de plusieurs associations LGBT.

Celles-ci ont été rejointes par des athées qui n’approuvent pas la confusion entre l’Etat et l’Eglise. Il faut dire qu'en Argentine les symboles religieux sont présents dans les écoles, les hôpitaux et les administrations publiques ; de plus, l'Eglise catholique y reçoit des subventions en fonction du nombre de baptisés.

Photo de Mathilde Guillaume pour le journal Têtu.

En France, il y a eu campagne de débaptisation lorsque le pape est venu aux célébrations du baptême de Clovis à Reims – mais cela concernait des anti-cléricaux. Il y a maintenant, fait nouveau, des catholiques qui décrochent (voir un témoignage dans notre dernier bulletin de la Correspondance unitarienne).

Pour se faire débaptiser, la procédure est simple. Il faut adresser une lettre à l’évêque de son lieu de baptême en indiquant le jour et la paroisse.

Ceci dit, les unitariens respectent et acceptent le baptême des autres communautés chrétiennes. Ceux qui nous rejoignent gardent leur baptême, même si ce fut un baptême d’enfant – en cela les unitariens se sont démarqués des anabaptistes qui, eux, rebaptisaient systématiquement leurs ouailles. Sur le plan théologique, les anabaptistes avaient raison : le pédobaptême n'a aucun fondement puisqu'il s'agit d'un rite de conversion et donc nécessairement lié à un engagement pleinement lucide et responsable. 

Samedi 4 avril 2009 6 04 /04 /2009 05:21
- Par Actualités unitariennes - Publié dans : la Contre-Réforme - Communauté : Religions en toute liberté - Recommander

Les hommes politiques le savent très bien, bien qu’ils disent le contraire lorsque les sondages leur sont défavorables, l’opinion publique, incessamment relayée par les médias, mais aussi par la blogosphère et les multiples moyens modernes de communication, est reine. On évoque parfois des lynchages médiatiques ... comme naguère les hommes pieux lapidaient ceux qui étaient accusés de péché.

Or, jusqu’à présent, cette opinion publique s'était plutôt montrée bonne enfant vis-à-vis des instances religieuses. En septembre 2008, 86% des catholiques pratiquants réguliers avaient encore une bonne opinion de leur pape, 65% pour l’ensemble des catholiques, et 53% pour tous les Français – somme toute très bons scores quand on pense à la réputation déjà bien établie de rigueur doctrinale et d’ultra conservatisme qu'avait le cardinal Ratzinger, vite confirmée par ses premières maladresses en tant que pape (le discours de Ratisbonne, le voyage au Brésil où il a heurté la sensibilité des Amérindiens en louant l’évangélisation musclée du continent par les Espagnole et les Portugais, etc.). On aurait pu déjà s'attendre à des résultats médiocres. La désillusion, déjà bien présente chez les militants, tardait à venir dans l'opinion.

Cette fois-ci, après son discours contre les préservatifs dans l’avion en allant au Cameroun (ce mardi 17 mars) , c’est la chute vertigineuse (non pas de l’avion, mais des scores) : respectivement 52% (86 six mois plus tôt), 29% (contre 65) et 23% (contre 53), d'après un sondage CSA pour Le Parisien/Aujourd'hui publié ce samedi 21 mars, réalisé par téléphone les 18 et 19 mars auprès d'un échantillon de 1 012 personnes représentatif de la population française.

Désormais, les sondages - qui fourrent leur nez partout - posent carrément la question du maintien de l’actuel pape au Vatican ! S'ils sont 54% à vouloir qu'il reste au Vatican, les catholiques de France sont 83% à estimer que l'Eglise doit modifier son discours et ses positions sur l'avortement pour tenir compte des changements intervenus dans la société. Ils veulent également que l'Eglise change son discours et ses positions sur la contraception (85%), le remariage des divorcés (77%), l'homosexualité (69%). Ce sondage du CSA sera publié dimanche ; il a été effectuée du 19 au 20 mars (soit après les propos du pape) auprès d'un échantillon de 620 catholiques représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus.

Après les propos en Angola contre l’avortement thérapeutique, qui également touchent à l'humanitaire, on peut s’attendre à une autre dégringolade.

Il faut dire que ces propos extrémistes du pape ont, pour la première fois, soulevé une vague de protestations de la part d’hommes politiques, de ministres et de présidents.
Rébellion de l’opinion publique, des sociétés civiles, des catholiques, voir même de plusieurs évêques qui commencent à dire tout haut ce que d’autres pensent tout bas !

Nous sommes assurément à un tournant de l’histoire religieuse de nos pays tant Occidentaux que du Sud (à commencer par le Brésil).

Dimanche 22 mars 2009 7 22 /03 /2009 04:56
- Par Jean-Claude Barbier - Publié dans : la Contre-Réforme - Communauté : Religions en toute liberté - Recommander

Folie
le billet de Michel Théron dans Golias

"Le fou est celui qui a tout perdu, sauf la raison".
Cet aphorisme paradoxal de Chesterton signifie que le fou raisonne très bien : la seule différence est qu’il le fait en partant de bases fausses. Il se vérifie bien souvent, par exemple dans le fait-divers que nous venons d’apprendre.


C’est l’excommunication, au Brésil, d’une mère de famille dont la fille de neuf ans a dû avorter après avoir été violée par son beau-père. La décision de l’évêque de Recife a été approuvée par le Vatican.
Ce comportement scandaleux est d’une grande logique, dès lors qu’on sacralise la vie de façon inconditionnelle. Évidemment on n’a nul égard pour celle qui la porte en elle, pas plus que pour ce que sera la vie de l’enfant à naître. À l’immaturité évidente de la mère ici s’ajoute le traumatisme de ce crime qu’est le viol. Mais de tout cela on ne se soucie pas, puisqu’on a été cohérent avec le principe qu’on a posé au départ.

La logique et la rationalité même sont bien différentes de l’intelligence. Ainsi la fille de Philippe II roi d’Espagne avait fait le vœu de ne pas changer de chemise avant que la ville d’Ostende fût prise. Elle tint parole, et ainsi fut totalement logique et rationnelle dans l’accomplissement de son vœu – mais aussi bien sûr tout à fait stupide de l’avoir fait.

La folie est dans la psychorigidité qui, une fois le principe posé, nous le fait considérer comme intangible, et ordonner notre conduite de façon qu’elle en dérive automatiquement et mécaniquement. S
acraliser inconditionnellement la vie est une absurdité. Rien de plus vivant par exemple qu’une tumeur. Pourtant en proliférant elle peut détruire la vie, par l’incapacité même où elle est de mourir : les cellules ne peuvent plus opérer leur suicide normalement programmé, leur apoptose.

ndlr (Actualités unitariennes) : La position du pape, ici mise sur le dos du capitalisme par le  dessinateur espagnol Matiz - sans doute par simple alignement sur la pensée dominante dans certains milieux - ne relève-t-elle pas plutôt d'un mode de pensée fréquent que ce soit dans les milieux ultra conservateurs ou ultra progressistes, laquelle génère les fanatismes, les exclusions, et finalement nombre de conflits ?

Les Eglises devraient se souvenir que dans sa réalité vécue la vie est constamment changeante, et exige que nous accommodions notre regard à des contextes toujours différents. Aucun principe posé a priori ne tient devant cela. Lao-Tseu dit fort bien, au début du Tao Te King : " La voie vraiment voie n’est pas une voie constante. Les termes vraiment termes ne sont pas des termes constants. "

Michel Théron

© Golias Hebdo, n°  72 - Semaine du 19 au 25 mars 2009 - lien
reproduit ici avec l'autorisation de l'auteur et de la revue 

Vendredi 20 mars 2009 5 20 /03 /2009 13:34
- Par Michel Théron - Publié dans : la Contre-Réforme - Communauté : Religions en toute liberté - Recommander
"Le schisme de la hiérarchie catholique" par Ivone Gebara, théologienne brésilienne, paru dans la revue Adital, traduit en français par Claude Lacaille.

 

Les derniers évènements concernant l’interruption de grossesse d’une fillette de neuf ans au Pernambuco (Nord-Est du Brésil) a mis en évidence un fait qui était déjà présent depuis longtemps dans l’Église catholique romaine. Les évêques ont perdu le sens du gouvernement par rapport aux défis de l’histoire et de la foi de la communauté et ils s’estiment plus fidèles à l’Évangile de Jésus que la communauté elle-même. Pour maintenir une compréhension centralisatrice et anachronique de leur fonction et de la théologie correspondante, ils se sont éloignés de nombreuses souffrances et douleurs concrètes des personnes surtout des femmes. Ils ont fini par être les défenseurs de principes abstraits, d’incertaines hypothèses et ont même prétendu être les défenseurs de Dieu. Cet évènement de distanciation est ce que j’appelle schisme. Les évêques, autant au niveau national qu’international (et ici j’inclus aussi le pape, comme évêque de Rome) sont devenus schismatiques par rapport aux communautés chrétiennes catholiques, c’est-à-dire qu’ils ont rompu avec une grande partie de celles-ci en diverses occasions. L’incident relatif à la prohibition de l’interruption de grossesse de la fillette dont Mgr José Cardoso Sobrinho, archevêque d’Olinda et Recife s’est fait un protagoniste en est un exemple irréfutable. Sans doute y a-t-il de nombreuses personnes et groupes qui pensent comme lui et renforcent son schisme. Cela fait partie du pluralisme dans lequel nous vivons toujours.

 

La hiérarchie de l’Église, servante de la communauté des fidèles, ne peut sur certaines questions s’éloigner du sens commun et pluriel de la vie de foi. Elle ne peut également dans des affaires de for intérieur et même de groupe se substituer à la conscience, aux décisions et au devoir des personnes. Elle peut émettre une opinion, mais non pas l’imposer comme une vérité de foi. Elle peut s’exprimer, mais non pas forcer les personnes à assumer ses positions. En ce sens, elle ne peut instaurer une guerre sainte au nom de Dieu pour sauvegarder des choses qu’elle juge être volonté et prérogative divine. La tradition théologique dans la ligne prophétique et sapientielle n’a jamais permis qu’un fidèle, même évêque, ne parle au nom de Dieu. Et cela parce que le dieu dont nous parlons en notre nom est à notre image et ressemblance.  Le Mystère Sacré qui traverse tout ce qui existe est inaccessible à nos jugements et à nos interprétations. Le Mystère qui habite en tout n’a justement pas besoin de représentants dogmatiques pour défendre ses droits. Notre parole n’est rien de plus qu’un balbutiement d’approximations et d’idées changeantes et fragiles, même concernant l’ineffable Mystère. C’est dans cette perspective également qu’on ne peut non plus obliger l’Église hiérarchique à devenir, par exemple, la promotrice de la légalisation de l’avortement, mais que simplement elle n’empêche pas une société pluraliste de s’organiser en accord avec les nécessités de ses citoyennes et citoyens et que ceux-ci aient le droit de décider de leurs choix.

 

Les communautés chrétiennes ainsi que les personnes sont plurielles. Dans un monde d’une telle diversité et complexité comme le nôtre nous ne pouvons pas admettre que seulement l’opinion d’un groupe d’évêques, hommes célibataires et avec une formation limitée au registre religieux, soit l’expression de la fidélité à la tradition du mouvement de Jésus. La communauté chrétienne est davantage que l’Église hiérarchique. Et la communauté chrétienne existe dans la réalité de multiples communautés chrétiennes, et celles-ci sont également constituées de nombreuses personnes, chacune ayant son histoire, ses choix et ses décisions propres devant la vie.

 

Je suis impressionnée par l’anachronisme des postures philosophiques et éthiques épiscopales, en commençant par les évêques brésiliens et jusque dans les instances romaines comme on peut le lire dans l’entrevue donnée par le cardinal Giovanni Batista Re, président de la Congrégation pour les évêques, à la revue italienne Stampa, laquelle concorde avec la position des évêques brésiliens.  Les temps ont changé. Il est urgent que la théologie des évêques sorte d’une conception hiérarchique et dualiste du christianisme et perçoive que c’est dans la vulnérabilité face aux douleurs humaines que nous pourrons être plus près des actions de justice et d’amour. Bien sûr nous pourrons toujours nous tromper même quand nous pensons avoir raison. C’est le lot de la fragile condition humaine.

 

Je crois que nos entrailles ressentent en premier lieu les douleurs immédiates, les injustices contre les corps visibles et c’est face à celles-ci qu’il nous incombe d’intervenir tout d’abord. La consternation et la commotion provoquée par la souffrance de la fillette de neuf ans ont été grandes. Et cela parce que c’est à cette vie présente et actuelle, à cette vie de fillette devenue femme violée et violentée parmi nous que nous devons en premier lieu respect et assistance. Ainsi comme membre de la communauté chrétienne, je salue l’attitude du Dr. Rivaldo Mendes de Albuquerque et l’équipe de CISAM de Recife ainsi que la mère de la fillette et toutes les organisations et personnes qui lui sont venues en aide en ce moment de souffrance qui certainement laissera des marques indélébiles dans sa vie.

 

Certains lecteurs diront que ma position n’est pas la position officielle de l’Église catholique romaine. Mais d’ailleurs, que signifie aujourd’hui la parole officielle? Qu’est donc l’Église officielle? L’institution qui se présente comme la représentante de son dieu et ose condamner la vie menacée d’une fillette? L’institution qui se considère sans doute comme la meilleure observante de l’Évangile de Jésus?

 

Je n’identifie pas l’Église à l’Église hiérarchique. La hiérarchie n’est qu’une infime partie de l’Église. L’Église est la communauté de femmes et d’hommes disséminée de par le monde et attentive aux personnes tombées sur les routes de la vie, aux porteurs de souffrances concrètes, aux cris des peuples et des personnes en recherche de justice et de soulagement de leurs douleurs aujourd’hui. L’Église est l’humanité qui s’entraide à supporter ses douleurs, à soulager ses souffrances et à célébrer ses espérances.

 

Continuer à excommunier, à inclure et à exclure, semble de plus en plus favoriser la croissance de relations autoritaires, irrespectueuses de la dignité humaine, surtout quand cela surgit d’institutions qui prétendent enseigner l’amour du prochain comme loi suprême. De qui Mgr José Cardoso et certains évêques se sont-ils faits les prochains dans ce cas-ci? Des fœtus innocents, diront-ils, ceux précisément qui ont besoin d’être protégés contre l’ « holocauste silencieux » commis par des femmes et leurs alliés. En réalité, ils se sont faits prochains du principe qu’ils défendent et se sont distanciés de la fillette agressée et violentée tant de fois. Ils ont condamné qui a recueilli cette fillette tombée sur la route de la vie et ont sauvegardé leurs lois et la volonté de leur dieu. Ils croient que l’interruption de grossesse de la fillette serait une atteinte à la seigneurie de Dieu. Mais les guerres, la violence sociale croissante, la destruction de l’environnement ne seraient-elles pas également des atteintes qui mériteraient davantage dénonciation et condamnation?

 

Pardonnez-moi si, sans vouloir juger les personnes, mais devant l’inconsistance de certains arguments et l’insensibilité aux problèmes vécus par la fillette de neuf ans, je suis prise aux entrailles d’une espèce de colère solidaire.

 

En fait, un schisme historique est en train de se construire et de croître dans différents pays. La distance entre les fidèles et une certaine hiérarchie catholique est marquante. L’incident relatif à l’interruption de grossesse de la fillette de Pernambuco n’est qu’une action d’autoritarisme entre tant d’autres et de méconnaissance de la complexité de l’histoire actuelle que la hiérarchie a commis.

 

Dans la mesure où ceux qui se croient responsables de l’Église prennent leurs distances de l’âme du peuple, de ses souffrances réelles, ils établiront un nouveau schisme qui accentuera encore plus l’abîme entre les institutions de la religion et les vies simples du quotidien avec leur complexité, leurs défis, douleurs et petites joies. Les conséquences d’un schisme sont imprévisibles. Il suffirait d’apprendre les leçons de l’histoire du passé.

 

Je termine ce court texte en rappelant ce qui est écrit dans l’Évangile de Jésus de différentes manières. Nous sommes ici-bas pour vivre la miséricorde entre nous. Et tous, nous avons besoin de cette miséricorde, unique sentiment qui nous permet de ne pas ignorer la douleur des autres et nous aide à porter les lourds fardeaux des uns et des autres.

 

Texte envoyé à la Correspondance unitarienne par Philippe de Briey, le 15 mars 09

 

Dimanche 15 mars 2009 7 15 /03 /2009 19:36
- Par Yvone Gebara - Publié dans : la Contre-Réforme - Communauté : Religions en toute liberté - Recommander

Les mouvements ultra conservateurs ont le vent en poupe au sein de l’Eglise catholique, comme l’Opus Dei et la Légion du Christ * : ils remplissent les églises et les séminaires, rouvrent même des petits séminaires, commencent à pourvoire les paroisses qui manquent de prêtres (d’autant plus qu’ils proposent des jeunes prêtres au célibat garanti), sont soutenus par de riches bienfaiteurs, ont des militants animés d’une foi sans doute, lesquels se consacrent entièrement à leur mouvement sans se disperser dans des engagements humanitaires et qui ne mettent les pieds dans le monde séculier (œuvres charitables, milieux politiques, etc.) que pour y faire du prosélytisme ou de l’entrisme.

* voir le dossier du journal La Croix sur ce mouvement aux méthodes sectaires " les légionnaires du Christ, soldats de l’évangélisation " 

En face, une mouvance libérale acculée à la défensive des acquis de Vatican II, très présente dans le Monde au nom de l’altruisme évangélique mais peu implantée dans les paroisses, ne bénéficiant guère du soutien de la hiérarchie ou s’en dispensant carrément, progressiste et perçue comme de Gauche (et donc liée à cette partie de l’opinion publique), sans grands moyens et sans mécènes, très présente dans les réseaux informels et groupes locaux, mais moins d’une façon institutionnelle *, très dispersée et ne disposant pas des capacités logistiques pour organiser de grands rassemblements ...

* toutefois, présence d’un groupe inter-convictionnel animé par le Réseau européen Eglises et libertés (RE) de la mouvance catholique libérale au niveau du Conseil de l’Europe à Strasbourg.

Présentation de ce réseau sur le site de l’AFCU, à la rubrique " Parvis " ; message du mercredi 16 janvier 2008, et
sur le site de nos Actualités unitariennes, à la rubrique " vive l’inter convictionnel ", notre message du mardi 26 février 08 " Un livre pour mieux cohabiter en Europe "

En partie héritière des mouvements d’Action catholique, cette mouvance est coordonnée en France par les Parvis (la Fédération des réseaux des Parvis, soit une cinquantaine de mouvements), en Belgique francophone par les Pavés (Pour un autre visage de l’Eglise et de la société, soit une douzaine de mouvements). Dans tous les pays européens le mouvement Nous sommes aussi l’Eglise est présent et actif *. Il est difficile d’évaluer une telle mouvance ; en France, elle serait de plus de 10 000 (militants, sympathisants, abonnés aux journaux).
* http://www.nsae.fr/ , avec en slogan " non pas une autre Eglise, mais une Eglise autre "

Manifestement, pour Rome, la balance penche du côté des conservateurs ! On comprend mieux dès lors pourquoi l’Eglise catholique cherche à récupérer son aile ultra-conservatrice, assurément bon élève de l’institution et de ses dogmes, alors que l’aile libérale est beaucoup moins pratiquante, volontiers frondeuse et pratique la liberté de penser et donc le relativisme ! Sans vergogne – c’est à dire sans attendre que les schismatiques veuillent bien accepter enfin le Concile Vatican II, même si c’est comme on dit du bout des lèvres – Rome veut réintégrer les lefebvristes (soit une mouvance de 150 000 âmes) et aurait déjà tout préparé (information du journal Golias *) pour que, à Pâques prochain, les Eglises anglicanes conservatrices et schismatiques regroupées au sein de la Traditional Anglican Communion, soit 16 Eglises sœurs réparties Eglises-sœurs au Canada, Etats-Unis, Afrique, Australie et en Europe (environ 500 000 âmes) entrent en communion avec elle.
" La miséricorde du pape est sans limites ! Après les lefebvristes, les intégristes anglicans rejoindront l’Eglise catholique à Pâques … ", lien 

Au sommet d'une coupole d'église, l'Eglise (romaine bien entendu !) règne sur le monde avec dans sa main droite le glaive (sans doute piqué à l'archange Michel !) et dans sa gauche la balance de la Justice (sans doute piquée aux Romains !). Photo de John Linwood vue sur Flickr.


Au niveau international, pour toutes les questions concernant l’évolution des mœurs et les droits de l’homme, Rome a des alliés sûrs contre le "relativisme" avec l’islam et les orthodoxes. Tant pis pour les protestants plus évolués sur ces questions là ...
 

Mercredi 11 février 2009 3 11 /02 /2009 10:21
- Par Jean-Claude Barbier - Publié dans : la Contre-Réforme - Communauté : Religions en toute liberté - Recommander

Nonobstant les dames catéchistes, qui ont fait ce qu’elles pouvaient pour expliquer aux enfants les mystères des dogmes catholiques, les femmes compétentes en culture biblique qui ont animées des cercles bibliques, enfin les diaconesses que les diocèses sont en train de former, sans oublier bien entendu les ordres religieux féminins qui sont loin d’avoir démérités, on ne comprend pas les propos misogynes de Mgr. André Vingt-Trois, archevêque de Paris et président de la conférence des évêques de France : " Ce qui est plus difficile c’est d’avoir des femmes formées ; le tout ce n’est pas d’avoir une jupe, c’est d’avoir quelque chose dans la tête " lors de l’émission " Face aux chrétiens " (R.C.F. 6 novembre 2008). Y aurait-il pénurie dans les diverses vocations féminines au service de son Eglise ?

Lorsque les femmes ne portaient pas de jupe :

Eve – C’est l’automne ou on nous expulse de l’Eden ?

Adam  – C’est les deux ma chère !

dessin d’Agnès Lenoire vu dans " Les doutes à gogo " sur la plate-forme d’Over-blog 

 

Les participants à l’assemblée générale de la Fédération des réseaux des Parvis, réunis ce week-end (samedi 29 et dimanche 30 novembre) à Saint-Jacut-de-la-Mer, près de Saint-Malo, lui ont adressé une Lettre ouverte.

 

C’est avec stupéfaction et indignation que nous avons entendu ces propos vulgaires […]. Même sous couvert d’humour, tout mépris à l’encontre des femmes met en péril l’équilibre d’une société tout entière. C’est là un procédé de disqualification et de discrimination qui accentue la violence dont notre société a du mal à guérir, malgré les lois qui garantissent l’égalité des femmes et des hommes.

 

Un haut responsable d’Eglise n’est pas autorisé à se mettre en dehors des lois de la République. De plus, quel contre témoignage au sein même de l’Eglise ! Une telle attitude est en contradiction avec celle de Jésus dans les évangiles, lui qui ouvre aux femmes des portes et leur rend possible non seulement l’exercice du service (qu’elles accomplissent déjà) mais aussi celui du pouvoir de décision (1)".

(1) ndlr : sur ce dernier point, on ne voit pas trop bien le passage des évangiles qui est concerné.

 

Eh oui, Mgr André Vingt-Trois, il y a des sujets sensibles comme on dit à propos desquels il vaut mieux tourner 7 fois la langue dans sa bouche avant de parler, surtout quand on préside une conférence nationale à la remorque du Vatican et qui ne brille déjà guère par sa façon de traiter les problèmes de l’Eglise et de société.


Ceci dit, l'auteur des propos, face à la polémique, a tenu à préciser sa pensée : c'est la formation qui prime et non le sexe. Voici la lettre que son secrétaire particulier a fait parvenir à la Fédération des réseaux des Parvis :

Archevêché de Paris, Paris le 4 décembre 2008

Monsieur,

Le Cardinal Vingt-Trois a bien reçu ce jour votre courrier. Il est vraiment désolé que I'expression qu'il a employée dans l'émission " Face aux chrétiens " il y a maintenant près d'un mois (sortie de son contexte dans I'article souvent cité du journal La Croix) ait pu vous choquer, comme un certain nombre d'auditeurs et d'auditrices.

Vous le savez si vous avez entendu l'émission, la pointe de son propos n'était pas de réveiller I'animosité mais d'exprimer par une formule simple, que la condition pour recevoir une mission d'annonce de la Parole de Dieu n'est pas le sexe mais la formation, c'est-à-dire la capacité à annoncer cette Parole.

Mgr Vingt-Trois est, comme vous tous, trop connaisseur de I'importance de la place des femmes dans la Révélation, dans le plan du Salut et dans la mission de I'Eglise aujourd'hui pour vouloir décourager qui que ce soit.

Cette mésaventure nous est, vous en conviendrez, l'occasion d'exercer notre sens de I'unité et de l'Église, qui nous invite à poursuivre ensemble sans nous décourager l'aventure de la foi !

Recevez, Monsieur, mes salutations dévouées dans le Seigneur.

P. Stéphan Duteurtre, secrétaire particulier

 

Mardi 2 décembre 2008 2 02 /12 /2008 11:04
- Par Actualités unitariennes - Publié dans : la Contre-Réforme - Communauté : Religions en toute liberté - Recommander

Texte au verso du calendrier hebdomadaire – semaine du 10 au 17 août 2008 – distribué lors des messes du secteur pastoral de Montoire (Loir-er-Cher), secteur confié à la communauté Saint-Martin. Envoyé pour information (et alerte !) au réseau des correspondants des Parvis par Bernard Maréchal. Eh oui, la contre-réforme (contre Vatican II) est bel et bien en marche. Certains milieux catholiques (fort heureusement minoritaires ) restaurent à tour de bras !


 
A l’occasion du jubilé de saint Laurent le 10 août prochain,
Mgr de Germiny a accordé une indulgence plénière. De quoi il s'agit?


Les indulgences sont à la convergence de deux dimensions de notre vie chrétienne : la dimension de communion et de la dimension pénitentielle.
Commençons par examiner la dimension pénitentielle. Le péché a deux facettes:
1) par essence, le péché est le mépris de l’amitié avec Dieu
2) ses conséquences sont les destructions qu’il opère en nous-mêmes et dans la communauté humaine.

A cela, deux remèdes :
1) contre le péché : le Pardon.
2) contre ses conséquences destructrices : la Réparation.
En effet, de même que le pardon accordé à l’enfant qui a cassé un vase ne répare pas le vase, de même le Pardon de Dieu n’empêche pas les conséquences destructrices du péché qui a été commis. Il faut réparer. Le purgatoire tient là sa raison d’être.

Considérons maintenant cela à la lumière de la Communion des Saints : Il y a une solidarité mystérieuse mais bien réelle entre nous qui se manifeste en négatif dans le drame du péché originel qui est la "propagation" à tous du péché d’Adam. Mais, surtout, elle est en positif au coeur du mystère du Salut où le Christ souffrit "pour nous". Dans le Christ et par le Christ, chacun se trouve unie par un lien merveilleux avec la vie de tous ses frères. Dans l’unité surnaturelle du Corps mystique du Christ, les biens, même surnaturels, peuvent se partager.

A retenir: l’indulgence est incompréhensible sans un regard de foi et une compréhension de l’Église comme communion.

Or, le Christ et les Saints ont accumulé des trésors de mérites bien largement supérieurs à nos besoins en la matière. En vertu du "pouvoir des clefs" de St Pierre, l’Église a le pouvoir de remettre les peines temporelles de ce qui nous reste à réparer en puisant dans le trésor des mérites du Christ et des Saints. C’est donc par l’Église que le fidèle reçoit cette remise de peines.

Le don de l’indulgence est " l’ouverture des écluses de la miséricorde ".

L’Église "ouvre ainsi les écluses de la miséricordes " à de nombreuses occasions et notamment lors de la célébration de jubilés ; mais aussi, par exemple, à la récitation commune du rosaire, à chaque première communion, à chaque première messe d’un prêtre ; également entre le 1° et le 8 novembre qui correspond à la neuvaine aux défunts, lors de la visite des lieux sacrés telles les églises cathédrales en la fête de Sts Pierre et Paul, en la fête de St Louis pour Blois, etc.
On peut alors obtenir une indulgence plénière qui s’applique à la totalité de nos dettes ou de celles d’un défunt poux lequel nous la demandons.
Voici les conditions pour l’obtenir :

- la confession,
- les bonnes dispositions : être déterminé à rester détaché du péché même véniel,
- la communion eucharistique
- la prière aux intentions du Souverain Pontife
- certains actes tels la visite d’une basilique majeure ou d’une église jubilaire. Pour notre jubilé de saint-Laurent, il s’agira de faire un acte concret de charité pour Dieu ou son prochain (par exemple, réciter le chapelet ou visiter une personne seule). Ainsi même les malades, ceux qui ne pourront pas se rendre à l’église Saint-Laurent pour la messe du 10 août, pourront bénéficier de l’indulgence.
- accomplir l’oeuvre prescrite dans le temps prescrit (la confession dans le délai de 8 jours avant à 8 jours après l’indulgence; la communion eucharistique et l’acte de charité le jour même ou, en cas d’impossibilité, dans les jours proches ; la prière aux intentions du Saint-Père le jour même...)

A la suite de saint
Laurent, marquons cette journée du 10 août d’un bel acte de charité
Que le plus grand nombre puisse bénéficier de cette miséricorde de Dieu

 
ndlr : A noter toutefois que cette indulgence plénière n'est pas liée à un don d'argent ; ce que Martin Luther dénonça précisément avec véhémence au début du XVI° siècle en la qualifiant de simonie. On en reste aujourd'hui strictement à des pratiques de piété "traditionnelle" ...


La communauté Saint-Martin est une association de droit pontifical, fondée en 1976 par Mgr Jean-François Guérin. Elle rassemble des prêtres séculiers et des diacres désireux de vivre en commun le ministère pastoral dans les diocèses. Elle est donc en premier lieu destinée à la formation sacerdotale, au sein de l’École supérieure de théologie située à Candé (Loir-et-Cher). Elle constitue ainsi un corps mobile de prêtres et de diacres mis au service des évêques du monde entier ... et qui, lui, ne semble pas atteint par la crise des vocations !  http://www.communautesaintmartin.org

Dimanche 28 septembre 2008 7 28 /09 /2008 05:37
- Par Actualités unitariennes - Publié dans : la Contre-Réforme - Communauté : Religions en toute liberté - Recommander

Le maître des cérémonies liturgiques du souverain pontife, Monseigneur Guido Marini, l’avait annoncé dans un interview accordé à " L'Osservatore romano", et Benoît XVI l’a fait ... benoîtement avec ses petits pas habituels en marche arrière. Contrairement au conseil de Vatican II qui avait invité les prêtres à déposer l’hostie dans la main des fidèles le souhaitant, le pape actuel préfère l’agenouillement du fidèle sur un prie-Dieu et le dépôt direct, par lui-même, de l'hostie sur la langue. Que signifie un tel geste ? Ce serait, nous dit-on, sa " préférence ".

Adieu donc au repas communautaire, et place au pasteur qui distribue leur pitance " spirituelle " à ses " brebis ", l’une après l’autre.

Il faut remonter à la fin du Moyen-Age où Thomas d’Aquin (1225-1275) insiste pour nous dire que l’hostie est Jésus lui-même, puisque le pain et le vin sont concrètement transformés en sa chair et en son sang, nonobstant les apparences ! Eh oui, seuls les malvoyants et autres miro (ou encore les hérétiques) n’arriveront pas à voir cette transformation magique de l’intérieur ... pourtant c’est simple puisque les prêtres sont ordonnés et qu’ils ont AINSI des pouvoirs " spéciaux " qui leur provient de leur évêque et au-delà de tout le corps apostolique … ni plus ni moins.

C’est la transsubstantiation, laquelle est toujours en vigueur et de rigueur. Pour celles ou ceux qui n’ont pas encore compris, je renvoie aux documents de concile de Trente qui, en 1551, prennent soin de définir (à leur façon) un tel dogme et je leur en souhaite bonne et studieuse lecture.

Or, Jésus étant Dieu, ce qui est bien connu car répété à satiété depuis le Concile de Nicée (325), au nom de la Sainte Trinité, le vrai corps et le vrai sang sont finalement AUSSI ceux de Dieu ! Eh oui, voici un Dieu bien charnel que nos antiques Grecs et Romains ne renieraient pas. Mais la logique déductive, à partir des axiomes, prime de toute évidence sur les réalités ; c’est bien connu par les mathématiciens (ceci dit, si l’on est pas content du résultat, on peut changer tout simplement les axiomes !).

Dieu merci, l’hostie est suffisamment clean et compacte pour ne pas tomber par terre (Dieu chût par terre, vous vous rendez compte !). Elle glisse comme une petite galette dans la bouche, fond immédiatement sur la langue en y adhérant parfaitement et se gobe (sans mâchouiller). Vite fait, bien fait et le tour est joué.

J’ai vu, au Bénin, des prêtres fendre la foule à grandes enjambées afin de mettre le Saint-Sacrement (qui est une grande hostie exposée à l’adoration du public) en sécurité … on ne sait jamais : des dévots trop enthousiastes voulant toucher l’objet vénéré, ou encore un illuminé, ou encore un fou ... Comme on dit, on ne prend jamais assez de précaution.

Quant au vin, c’est un peu plus délicat car les braves fidèles sont des baveux – ou du moins l’étaient-ils au XIV° siècle – çà tousse et çà crache. Bref, pour être sûr que des gouttes de vin ne tombassent point par terre, Dame Eglise, dans sa grande sagesse, décréta tout benoîtement que le vin serait réservé au seuls prêtres. En plus, comme c’est du vin doux, un peu liquoreux, cela passait sous le nez des braves fidèles et allait dans les panses bien gourmandes des prélats de l’époque (lesquels, paraît-il, aimaient à jouer aux princes en dédommagement des rigueurs "officielles" de leur fonction ; je veux parler du célibat).

Mais voilà que des frémissements réformateurs commencent à s’exprimer au sein de l’Eglise (un siècle avant les Réformes protestantes) : le comportement du clergé scandalise, les abus sont nombreux, etc. Jean Hus (1370-1415), à Prague, y ajoute la revendication de la communion sous les deux espèces. Il finira vite fait bien fait sur le bûcher par décision des évêques réunis au concile de Constance (et qui traînent en longueur pour prendre leurs décisions mais qui prirent celles-ci en toute urgence – comme, naguère, le Sanhédrin pour Jésus !). Ses partisans arboreront le calice sur leurs étendards et, dans un premier temps, résisteront victorieusement aux croisades envoyées par Rome contre eux.

image protestante du XV ème siècle représentant ensemble, d'une façon anachronique, Jean Hus (1370-1415), à droite, et Martin Luther (1483-1546) donnant la communion sous les deux espèces, l'un le pain et l'autre le vin.

C’est en souvenir de Jean Hus et du combat de ses partisans que les unitariens, aujourd’hui, allument une bougie (ou autre lumière) au creux d’un calice.

voir " le calice des unitariens " sur le site de l’AFCU,
ainsi que la rubrique " l’Eglise hussite ", Eglise catholique indépendante, fondée en 1919, qui se présente comme héritière de Jean Hus.

La préférence de Benoît XVI pour l’hostie directement dans la bouche, c’est un petit geste qui est passé comme anodin, voire inaperçu, pour beaucoup de nos contemporains, mais c’est surtout un grand pas en arrière, nous ramenant à la théologie d’un Moyen-âge finissant qui découvre la rhétorique aristotélicienne ... laquelle mène parfois à des absurdités, du moins lorsqu’elle est utilisée par des manipulateurs ou des fanatiques.

Samedi 28 juin 2008 6 28 /06 /2008 12:46
- Par Jean-Claude Barbier - Publié dans : la Contre-Réforme - Communauté : Religions en toute liberté - Recommander
Le groupe Actualité religieuse de l'association Esperance 54 (laquelle est membre de la Fédération des réseau des parvis) a envoyé ce dimanche 17 février, au chef du bulletin diocésain avec copie à Mgr Louis Papin, évêque de Nancy et de Toul, ce texte relatif aux indulgences ... qui sont toujours et encore conseillées par les autorités catholiques.


indulgences.jpg moine sur âne battant campagne pour soutirer des indulgences.
 

Nous sommes un petit groupe de chrétiens de vigilance critique dans l’Eglise catholique.

En général EGLISE 54 [ndrl : le bulletin diocésain] publie des articles intéressants concernant des manifestations vécues dans l’esprit de Vatican II..

Même si aujourd’hui l’accent est mis sur le caractère spirituel de cette démarche, elle occulte le fait que dans l’Eglise catholique le pardon vient du sacrement de réconciliation qui, ici, se trouve inséré dans un ensemble de pratiques dont l’énumération scrupuleuse a un caractère superstitieux : que se passe-t-il si le pratiquant manque  une étape ?

Il aurait été important de rappeler que c’est le détournement d’une pratique médiévale à des fins purement financières (pour la construction de la basilique saint Pierre de Rome) qui a suscité l’indignation de Luther et la rupture dramatique dans l’Eglise.

indulgences--bis.jpg  
légat du pape dressant estrade dans les villes.

Nous nous souvenons que le 31 octobre 1999 l’Eglise catholique et la Fédération luthérienne mondiale ont signé un accord sur la doctrine de la justification :; la pratique des indulgences , avec sa logique comptable des peines et remises, semble contredire cet accord que accordait une part plus grande à la justification par la foi.


C’est pourquoi nous craignons que cette insistance sur les indulgences (JMJ de Cologne, rassemblement de Valence en 2006…) ne procède d’une vision pontificale éloignée de l’esprit œcuménique et encore renouvelée dans le document du 10 juillet 2007 affirmant que les Eglises issues de la Réforme ne peuvent prétendre au sens propre au statut d’Eglise..

 Dans l’Evangile, Jésus répète que ce ne sont pas les manifestations ostensibles de piété qui plaisent à Dieu, mais le comportement fraternel à l’égard des blessés de la vie, les malades, et ceux que nous appelons aujourd’hui les sans papiers, les sans domicile, les sans travail. Dans ce domaine, catholiques et protestants se retrouvent dans des démarches fraternelles sans évaluer leurs " mérites ".

 Nous ne contestons pas que certains puissent trouver un appui spirituel dans ces pratiques que Vatican II avait fait passer au second plan, mais nous avons la conviction que la vraie Tradition est la référence à l’Evangile et le souci de transmettre son message aux hommes de notre temps..

En attendant une réponse de votre part, nous vous prions de croire à nos sentiments fraternels.

C’est pourquoi nous avons été choqués de lire dans le numéro 120 (page 8) sous la plume du curé de Notre-Dame de Lourdes, la " recette " pour obtenir une indulgence plénière, et un encadré qui en expliquait le rôle..


Jésus, chassant les commerçants du Temple, 
et le Vicaire du Christ sur terre comptant ses sous !

MoneychangerIndulgence.jpg

Lundi 18 février 2008 1 18 /02 /2008 11:11
- Par Espérance 54 - Publié dans : la Contre-Réforme - Communauté : Religions en toute liberté - Recommander
Esprit-Saint.gif par Jean-Claude Barbier (chrétien unitarien), le 20 avril 2005.

mise en ligne sur le site " Profils de libertés ", et publiée par Parvis (bulletin de la Fédération des réseaux du parvis), n° 26, juin 2005, p. 31.

Sans vouloir jouer au prophète, mais en faisant tout simplement preuve de lucidité lors de nos choix humains, je reproduis ici un texte ancien qui est plus que jamais d'actualité. 

A l'époque, la franchise des propos vis-à-vis d'une élection placée sous la bienveillance du Saint-Esprit avait pu en effrayer certains.

Chères Amies, Chers Amis.
 

Vous le savez bien, le choix de Joseph Ratzinger, par un collège de cardinaux truffé d’ultra conservateurs par Jean-Paul II, ne s’est pas fait entre une mouvance plutôt conservatrice et une autre plutôt libérale - comme on dirait en politique française entre Droite et Gauche, ou en politique britannique entre Conservateurs et Travaillistes. Non ! il ne s’agit pas d’une simple alternance, mais de l’arrivée au pouvoir (ou de la prise de pouvoir par noyautage) d’une extrême droite. L’Opus Dei, dont on connaît l’entrisme dans les hautes sphères et la porte d’entrée royale que lui offrit le précédent pape, est arrivée à ses fins.
  

Il s’agit d’une victoire à la Pyrrhus car la situation de l’Eglise catholique ne lui permet pas une telle politique. En Europe occidentale et en Amérique du Nord la déchristianisation va s’en trouvée accélérée. En Amérique latine, la condamnation sans nuance de la théologie de la libération et la nomination d’évêques réactionnaires, a creusé un écart entre la hiérarchie et nombre de prêtres et de fidèles. En Afrique noire, la condamnation (criminelle) de l’usage des préservatifs a, elle aussi, plongé nombre de catholiques dans le désarroi. Si Jean-Paul II, du fait de sa résistance historique au communisme, et de sa politique de réconciliation avec les juifs et les musulmans, de son âge et de sa souffrance - c’était comme un grand-père à qui on pardonnait volontiers certains propos -, était auréolé et hors d’atteinte, il n’en est pas de même de Joseph Ratzinger qui arrive avec la réputation de champion d’un camp politico-religieux et dont les prises de position sont bien connues.
 

L’avantage du choix de nos éminents cardinaux, c’est qu’il crée une situation désormais claire et nette : un pape réactionnaire, une hiérarchie complètement domestiquée qui s’empresse de dire (hypocritement) sa joie, l’illusion de penser que le catholicisme peut surfer sur les mouvements charismatiques et la piété populaire qui remplissent la place Saint-Pierre à Rome, etc. Au tour des catholiques de base de faire leur choix, à commencer par cette question : à qui donner nos deniers du culte ?
 

Nous vous suggérons non seulement une grève des deniers du culte, mais de les donner désormais aux mouvements qui oeuvrent à la re-fondation d’un christianisme plus conforme aux évangiles et à la personne de Jésus. Nous nous tournons tout naturellement vers les grandes fédérations qui regroupent les " catholiques réformateurs ", en France avec le Parvis, en Belgique francophone avec les Pavés, en Europe avec le réseau Nous sommes l’Eglise et le réseau européen " Eglise de liberté ", etc. A elles d’organiser la collecte des fonds dont nous avons besoin pour nos multiples activités : bulletins, revues, célébrations de partage du pain et du vin entre chrétiens libres, conférences, universités d’été, publications de livres, aide à nos prêtres et théologiens en difficultés, etc. Oui, nous avons besoin de moyens financiers et logistiques. Il ne s’agit pas de dissidence, ni de fonder une autre Eglise, mais de nous donner les moyens - non seulement de survivre avec notre foi - mais pour redonner espoir à un grand nombre de nos frères.
 

Le souffle de Dieu nous l’a souvent appris : un événement est toujours positif si les hommes savent le mettre à profit. Merci à Joseph Ratzinger de nous avoir ôté nos dernières hésitations, nos ultimes " benoîteries ". Le temps est désormais à l’action par le bas et non plus aux vaines attentes d’un destin qui nous viendrait d’en haut, comme par exemple d’un " nouveau pape ". Enfin, nous voilà totalement libres, adultes : à nous de savoir nous organiser en conséquence. Et d’abord, mettons à profit nos messageries électroniques et nos sites pour diffuser nos analyses et nos décisions !
 

Avec l’espoir de reconstruire un christianisme plus fraternel.
 

Jeudi 9 août 2007 4 09 /08 /2007 10:29
- Par Jean-Claude Barbier - Publié dans : la Contre-Réforme - Communauté : Religions en toute liberté - Recommander

Radio-Maryja.jpg

L’Eglise catholique n’étant pas la leur, les chrétiens unitariens ont à se montrer discrets par rapport aux affaires intérieures de cette Eglise tant que cela ne touche pas aux droits de l’Homme comme dans " l’affaire Léon Laclau " (voir notre rubrique qui y est consacrée). 


C’est pour cela que nous nous sommes abstenus de toute réflexion quant aux relations entre Rome et la mouvance catholique intégriste.
  
 

Et puis, il faut bien l’avouer, nous arrivons à une saturation vis-à-vis de Benoît XVI. Les instances protestantes ne commentent plus ses inepties ; un ami catholique réformateur m’a avoué sa nausée et un autre lance ni plus ni moins un appel à rejoindre les Eglises plus ouvertes à la modernité ou carrément à la dissidence (voir le libre propos que Régis Pluchet vient de tenir dans le n° 70, août 2007 de la Correspondance unitarienne). 


Je ne sais pas si le journal La Croix est également saisi du même vertige car il s’est fait plus que discret sur l’événement ! Fort heureusement pour ce quotidien, l’hommage justifié à Jean-Marie Lustiger rempli sa rubrique " religion ".
  

Le bimensuel Golias, qui se présente comme " l’empêcheur de croire en rond ", dans son n° 114 bis des mois de juillet-août 2007, titre sur sa page de couverture et sur fond de soutanes " Motu proprio, l’OPA des tradis ", et lance un " Manifeste pour un catholicisme moderne " (8 euros le numéro, 38 euros pour un abonnement annuel qui donne droit, en plus, à La Lettre de Golias).  http://www.golias.fr   



Sans vouloir mettre notre nez dans les affaires de l’Eglise catholique, nous ne pouvons que partager l’indignation des démocrates de tous les pays suite à la rencontre, ce dimanche, de Benoît XVI avec le père Tadeusz Rydzyk, prêtre polonais habitué à des déclarations antisémites sur la radio Maryja qu’il dirige. Par rapport à cette radio, célèbre pour ses prises de position nationalistes et racistes, l’Extrême droite en France fait figure d’enfant de chœur !
   

Pour en savoir plus sur les modalités de cette rencontre et l’influence religieuse et politique de cette puissante radio en Pologne, voir sur le site de Yahoo la dépêche de l’AFP du mardi 7 août : " Benoît XVI a reçu le chef de la radio antisémite polonaise Radio Maryja ".   



Dans ce cas, ce ne sont plus les jésuites qui orchestrent la Contre-Réforme, comme ils le firent au XVIème siècle, aux dépends entres autres des Eglises unitariennes en Pologne (qu’ils firent supprimer) et en Transylvanie, mais les rédemptoristes – sans oublier bien entendu la main plus qu’occulte de l’Opus Dei (voir le livre de Golias sur cette question " Opus Dei. Enquête au cœur d’un pouvoir occulte ", au prix de 15 euros).

Jeudi 9 août 2007 4 09 /08 /2007 06:59
- Par Jean-Claude Barbier - Publié dans : la Contre-Réforme - Communauté : Religions en toute liberté - Recommander

Guy Aurenche , avocat, est président d'honneur de la Fédération internationale de l'action des chrétiens pour l'abolition de la torture.  Il donne son "point de vue" dans le journal Le Monde du 22 juin sur "La croisade contre Amnesty International".

Amnesty-violences4.gif

campagne d'Amnesty International contre les violences faites aux femmes.



"Quelle mouche a piqué le conseil pontifical Justice et Paix, qui invitait récemment les catholiques du monde entier à ne plus financer Amnesty International ?

Le motif avancé pour justifier une telle croisade, aux conséquences dramatiques, est celui du soutien qu'Amnesty International apporterait à l'avortement. Une telle position ne facilite pas la réflexion sur la difficile question de l'interruption volontaire de grossesse.

Avant de répondre à cette question, c'est aux victimes que je pense. Les voici doublement atteintes. D'abord par la répression, la torture, ou les injustices qu'elles subissent. Ensuite par l'absence de soutien financier à une organisation non gouvernementale dont le mérite est par ailleurs reconnu par la Commission romaine.

Chacun a le droit, Rome en premier, d'être contre l'avortement. Mais il est pernicieux de ne pas faire la distinction entre le souhait de voir l'avortement ne plus être pénalisé, et la promotion active de l'avortement. Amnesty International n'a jamais adopté une telle démarche. Placée au coeur des violences extrêmes, y compris des agressions sexuelles, l'organisation se doit de réfléchir à l'hypothèse d'une intervention pour interrompre une grossesse née dans une situation de totale violence et d'absence de liberté. Faut-il pénaliser la victime des conséquences d'une agression subie et d'une humiliation définitive ?ATTITUDE RIGIDE

Justice et Paix, par cette position inacceptable, empêche de mettre l'accent sur une dérive (en tout cas à mes yeux) qui consiste à transformer une législation initiale d'aide aux femmes jetées dans la détresse en un droit impératif à l'avortement pour pallier les désordres sexuels ! Justice et Paix, qui a pour mission d'inviter les catholiques à réfléchir sainement, eût été mieux avisée de poser le problème sans condamner.

Hélas, il est impossible de ne pas voir dans cette attitude rigide au regard de l'annonce d'un Evangile d'amour le sectarisme de certains mouvements "pro-life" (anti-avortement) qui ne reculent devant aucun moyen pour imposer leur vérité dogmatique. Il est regrettable que l'organe romain chargé de la défense de la justice, de la paix et des droits humains n'ait pas su résister à un tel esprit de croisade !

Enfin, et comme catholique engagé, avec des millions d'autres, dans la promotion de la dignité humaine, je suis scandalisé de voir l'annonce de la Bonne Nouvelle de l'amour de Dieu être défigurée et devenir inaudible pour nos sociétés. Au coeur des débats bioéthiques, notre monde a besoin de l'éclairage évangélique. Celui-ci est invitation à protéger la vie donnée et reçue, au coeur des difficultés de l'aventure humaine.

L'Evangile suppose une démarche attentive et amoureuse d'accompagnement au coeur des drames humains. Une Bonne Nouvelle ne peut pas être exprimée en termes de condamnation, ni boycott. La croisade serait-elle de retour ?"  Guy Aurenche

voir notre message précédent où vous retrouverez le même son de cloche : "un face à face : Mgr. Renato Martino et Amnesty International"

 

Vendredi 22 juin 2007 5 22 /06 /2007 01:04
- Par Guy Aurenche - Publié dans : la Contre-Réforme - Communauté : Religions en toute liberté - Recommander
En clamant que seul Dieu est absolu, le Premier Testament n’avait pas tout à fait tort. En effet, on se trouve aujourd’hui devant un foisonnement de principes éthiques érigés en autant d’absolus. Ils sont indiscutables car, s’ils ne se font plus toujours au nom de Dieu, ils se font de plus en plus au nom de l’Homme avec un grand H. 

Il ne faut plus faire la guerre nous dit-on (déjà les anabaptistes du XVI° s. – du moins une partie d’entre eux), fut-elle préventive ou de libération, certes oui – mais que fait-on si son pays est envahi par un ennemi et comment empêcher les génocides des populations perpétrés par leur propre régime ? L’autodéfense n’est pas permise dans un Etat moderne, certes oui – mais que fait-on si l’on reçoit la visite à domicile de brigands ? Le droit sans restriction à la libre circulation internationale des personnes, certes oui – mais comment accueillir avec des logements, du travail, de l’éducation, etc., qui sont également autant de droits dit modernes ? La Liberté religieuse, certes oui – mais doit-on laisser le champ libre aux sectes manipulatrices et à celles qui conduisent tout droit au terrorisme ? Le respect des religions, certes oui – mais faut-il s’abstenir pour autant de tout esprit critique ? 

On assiste rapidement à un heurt entre ces absolus car, bien évidemment, aucun d'eux n'épuise à lui seul la complexité des faits auquels nous sommes sans cesse confrontés. 

Amnesty-International-La-violence-faite-aux-femmes.jpg L’Eglise catholique romaine - encore une fois ! - vient de déclencher la bagarre à propos de la position d’Amnesty International sur la question de l’avortement des femmes victimes de viol (eh oui ! cette organisation est pourtant bien placée pour connaître ces drames) ou encore pour des raisons de santé.
 

Le cardinal Renato Martino, président du Conseil pontifical Justice et paix, demande ni plus ni moins aux catholiques de ne plus financer les activités de la dite organisation en raison de sa prise de position favorable à l'avortement. Il l’a fait dans un entretien accordé à un site catholique américain, le National Catholic Register, ce mardi 12 juin, relayé le jour suivant par un communiqué du Vatican. 

On se retrouve ainsi coincés entre des pro-life qui militent pour la condamnation sans appel de l’avortement et les pro-choix qui défendent l’idée que la femme est seule maîtresse de son corps et n'a de compte à rendre à personne.

Or Amnesty International ne se situait pas du tout au niveau de ces principes généraux, tous nobles et qui s’appuient sur des argumentaires irréfutables, mais au niveau des terribles réalités de terrain.

Voir la réponse d’ Amnesty International sur son site.

Laissons les intégristes s’affronter entre eux au nom de leurs absolus " indiscutables " et agissons sur le terrain où vivent nos prochains. Jésus, que je sache, avait opté pour cette attitude à la rencontre des humbles et des souffrants. 

Et, surtout ne créons pas de nouveaux dogmes ; il y a en a déjà assez comme cela  !

Il faut bien entendu savoir regarder plus loin que le bout de son nez, mais n'est-ce pas dans l'action, en définitive, que les décisions se prennent ? Les dogmes, les principes généraux, la morale et ses vertues sont parfois bien loin sur le terrain. Il ne s'agit pas non plus d'ériger l'empirisme en principe, mais c'est dans l'action qu'on mesure la valeur des principes, leur importance et leurs limites, et comment les vivre avec intelligence et efficacité. 

Je n'engage que moi en disant cela en toute humilité.

Et, puisque l’Eglise en question joue au lobby en donnant ordre à ses ouailles de ne plus cotiser à l’Ong incriminée (comme si ceux-ci n’étaient pas capables à eux seuls d’estimer les enjeux), l’arme financière peut lui être aisément retournée : et si les catholiques commençaient à donner la dîme, non plus à une hiérarchie passablement déconnectée des réalités, mais aux associations confessionnelles et/ou humanitaires de leur choix ?
Mardi 19 juin 2007 2 19 /06 /2007 06:40
- Par Jean-Claude Barbier - Publié dans : la Contre-Réforme - Communauté : Religions en toute liberté - Recommander

Dans votre Lettre aux catholiques de France (1996), publiée pour " Proposer la foi dans la société actuelle ", vous aviez voulu lancer un débat. Plusieurs affaires récentes, dont celle du Téléthon 2006 et les atteintes à la réforme liturgique, relancent l’urgence de ce débat, car il y va de la crédibilité des instances institutionnelles et de l'avenir, voire de la survie, du catholicisme français.

Un constat : le décalage entre la base et le sommet va croissant


Dans les villes et les campagnes, des catholiques, femmes et hommes, agissent et mènent une réflexion sur ce qui est réalisé et sur ce qui est déclaré impossible à faire par des laïques dans leurs communautés ecclésiales. Ils sont présents sur de nombreux fronts. Ils participent aux actions liées à l’évolution de nos sociétés. On connaît assez leurs difficultés actuelles, elles s’affichent par les médias : les SDF, les sans-papiers, les chômeurs, les familles brisées, les inégalités croissantes, la violence jusque dans les écoles et les familles, etc. Ces situations renvoient à celles que le Christ et les apôtres ont prises en considération. Aujourd’hui, elles suscitent des élans de générosité et de solidarité, venant de tous les bords. Des catholiques y participent, éclairés par l’évangile. Connaissent-ils les déclarations épiscopales ? En ont-ils seulement besoin pour agir ?


Pendant que nos sociétés, en recherche de spiritualité, demandent du sens et du bonheur, l’institution catholique, trop éprouvée, s’occupe d'abord d’elle-même, tentant de colmater ses brèches avec des moyens dépassés. Elle fait songer aux reproches du prophète: " Ils m’abandonnent, moi, la source d’eau vive, pour se creuser des citernes fissurées qui ne retiennent pas l’eau " (Jérémie 2,13).


La période des élections montre combien les Français sont sondés, interrogés et sollicités. Ils participent au vaste débat. Rien de tel dans l’Église catholique, malgré les nombreuses demandes exprimées par les synodes diocésains depuis une trentaine d’années. Les grandes décisions sont toujours prises à Rome et dans les relais nationaux, qu’il s’agisse des nominations d’évêques, des traductions liturgiques à modifier, des "chapelles traditionnalistes" à tolérer, des adaptations indispensables refusées, etc. Les effets ne tardent pas à se faire sentir, les enquêtes les manifestent (sondage CSA/Monde des Religions, janvier 2007) : c’est l'érosion continue et la faillite du système.


Évêques catholiques de France, nous reconnaissons
toute la difficulté de votre tâche et les efforts de beaucoup d’entre vous. Nous voyons que vous êtes tiraillés entre les réalités du terrain et les instructions romaines. Certains parmi vous réagissent clairement et fermement, comme l’a montré, entre autres, l’affaire du missel de saint Pie V en octobre 2006 ; nous saluons leur discernement et leur résistance.


Nous, catholiques de France, nous estimons que vous n’avez pas à porter seuls la charge des décisions pastorales. Considérez les fidèles, non comme une masse d’exécutants, mais comme des membres à part entière du peuple de Dieu, partageant avec vous les responsabilités.

Nous, nous voulons vous voir libres d'agir pour le bien des membres du peuple de Dieu sans vous laisser paralyser par le système institutionnel et par des directives qui ne tiennent pas compte de leurs besoins vitaux.

Plusieurs actions s’imposent et elles sont urgentes.


1. Donner forme et vigueur aux communautés locales et en susciter de nouvelles. Elles sont un héritage de la pastorale des premiers chrétiens. Le Concile a rappelé cette tâche première : la formation d’une authentique communauté chrétienne (Vatican II, Prêtres 6). Pourtant, la Lettre aux catholiques de France est totalement muette sur ce sujet essentiel. Il n’est donc pas étonnant que, sauf de rares exceptions, vous ne nous souteniez pas dans la pastorale des communautés ; vous nous découragez plutôt, en cassant ce qui existe. Au lieu d’organiser les ministères au service des communautés, vous imposez des restructurations autour des quelques prêtres qui restent.


2. Élaguer l’Église catholique de France de sa bureaucratie centralisatrice mise en place en des temps où l’Église avait une vision pastorale différente, dans un contexte social autre. Quel est l’apport effectif des innombrables et longs documents concernant la vie chrétienne des fidèles et des communautés ? S’il est minime, mieux vaut choisir d’autres méthodes.

3. Débusquer toutes les manifestations de cléricalisme qui subsistent


4. Oser la même obstination que la veuve de l’évangile (Lc 18,1-8) pour obtenir un retour à la tradition apostolique quant à l’accès aux ministères  (1 Tm 3,2), sans discrimination selon l’état de vie ou le sexe des personnes appelées : les ministères sont pour la communauté, celle-ci est première. Nous affirmons que c’est possible aujourd’hui, comme il devint possible au concile Vatican II (1962-1965) de célébrer la liturgie en langue vivante, comme la demande en était déjà exprimée quatre siècles plus tôt au concile de Trente (1545-1563) ! malgré les réformes du Concile et rechercher les moyens d’en guérir les auteurs et leurs victimes. 


Pour mettre en place les innovations qu’appellent les "signes des temps", l'Eglise a besoin d'évêques qui ne soient pas comme pris en otages et qui ne se laissent pas paralyser par le désastre de notre Église et par des règlements venus d'en-haut. Ce fonctionnement actuel de l’Institution est suicidaire !

Voilà ce que nous avons tenu à vous dire en cette fête de Pentecôte et sans plus attendre, comme nous en avons le devoir et le droit (Code de droit canonique, c. 212.3).

Pentecôte 2007 

Cette lettre s'appuie sur une réflexion menée au cours d'un séminaire, dont les Actes ont été publiés avec la présentation de communautés vivantes de différents pays (Europe, Etats-unis): Faire Église autrement. Un monde autre, des communautés autres , Revue Les réseaux des Parvis, Hors-série n° 13 (juillet 2005). V. aussi Nouveaux visages d’Église, Cahiers de l’Atelier n° 506 (2006). Elle a été rédigée par un groupe de travail des associations Droits et libertés dans les Eglises et Femmes et Hommes en Eglise.
  Contact :  Association Droits et libertés dans les Eglises, 68 rue de Babylone, F-75007 PARIS, droits.libertes.eglises@erenis.fr

Lundi 11 juin 2007 1 11 /06 /2007 15:47
- Par communiqué par Hubert Tournès - Publié dans : la Contre-Réforme - Communauté : Religions en toute liberté - Recommander

Claude Lacaille, p.m.é. Trois-Rivières – Canada, à son frère Benoît
texte communiqué par Christiane Épinat au bulletin des Amis de Marcel Légaut "Quelques nouvelles" qui vient de le publier dans son n° 201, juin 2007

Je t'adresse cette lettre parce que j'ai besoin de communiquer avec le pasteur de l'Église catholique et qu'il n'existe aucun canal de communication pour te rejoindre. Je m'adresse à toi comme à un frère dans la foi et dans le sacerdoce, puisque nous avons reçu en commun la mission d'annoncer l'Évangile de Jésus à toutes les nations. 

Je suis prêtre missionnaire québécois depuis 45 ans; je me suis engagé avec enthousiasme au service du Seigneur à l'ouverture du Concile ocuménique de Vatican II. J'ai été amené à un travail de proximité dans des milieux particulièrement pauvres: dans le quartier Bolosse à Port-au-Prince sous François Duvalier, puis parmi les Quichuas en Équateur et enfin dans un quartier ouvrier de Santiago au Chili durant la dictature de Pinochet. 

À la lecture de l'Évangile de Jésus durant mes études secondaires, et j'ai été impressionné par la foule des pauvres et des éclopés de la vie dont s'entourait Jésus, alors que les nombreux prêtres qui nous accompagnaient dans ce collège catholique ne nous parlaient que de morale sexuelle. J'avais 15 ans.

La théologie de la libération, un mélange erroné de foi et politique?

Dans l'avion qui t'amenait au Brésil, tu as une fois de plus condamné la théologie de la libération comme un faux millénarisme et un mélange erroné entre Église et politique. J'ai été profondément choqué et blessé par tes paroles. J'avais déjà lu et relu les deux instructions que l'ex-cardinal Ratzinger avait publiées sur le sujet. On y décrit un épouvantail qui ne représente en rien mon vécu et mes convictions. Je n'ai pas eu besoin de lire Karl Marx pour découvrir l'option pour les pauvres. La Théologie de la libération, ce n'est pas une doctrine, une théorie; c'est une manière de vivre l'Évangile dans la proximité et la solidarité avec les personnes exclues, appauvries.

Il est indécent de condamner ainsi publiquement des croyants qui ont consacré leur vie - et nous sommes des dizaines de milliers de laïcs, de religieuses, religieux, prêtres venus de partout à avoir suivi le même chemin. Être disciple de Jésus, c'est l'imiter, le suivre, agir comme il a agi. Je ne comprends pas cet acharnement et ce harcèlement à notre égard. 

Juste avant ton voyage au Brésil, tu as réduit au silence et congédié de l'enseignement catholique le père Jon Sobrino, théologien engagé et dévoué, compagnon des Jésuites martyrs du Salvador et de Monseigneur Romero. Cet homme de 70 ans a servi avec courage et humilité l'Église d'Amérique latine par son enseignement. Est-ce une hérésie de présenter Jésus comme un homme et d'en tirer les conséquences?

J'ai vécu la dictature de Pinochet au Chili dans une Église vaillamment guidée par un pasteur exceptionnel, le Cardinal Raúl Silva Henriquez. Sous sa gouverne, nous avons accompagné un peuple épouvanté, terrorisé par des militaires fascistes catholiques qui prétendaient défendre la civilisation chrétienne occidentale en torturant, en séquestrant, en faisant disparaître et en assassinant. J'ai vécu ces années dans un quartier populaire particulièrement touché par la répression, la Bandera. Oui, j'ai caché des gens, oui j'en ai aidé à fuir le pays, oui j'ai aidé les gens à sauver leur peau, oui j'ai participé à des grèves de la faim. J'ai aussi consacré ces années à lire la bible avec les gens des quartiers populaires : des centaines de personnes ont découvert la Parole de Dieu et cela leur a permis de faire face à l'oppression avec foi et courage, convaincu que Dieu les accompagnait. J'ai organisé des soupes populaires et des ateliers artisanaux pour permettre à des ex-prisonniers politiques de retrouver leur place dans la société. J'ai recueilli les corps assassinés à la morgue et je leur ai donné une sépulture digne d'êtres humains. J'ai promu et défendu les droits de la personne au risque de mon intégrité physique et de ma vie. 

Oui, la plupart des victimes de la dictature étaient des marxistes et nous nous sommes faits proches parce qu'ils et elles étaient nos semblables. Et nous avons chanté et espéré ensemble la fin de cette ignominie. Nous avons rêvé ensemble de liberté. Qu'aurais-tu fait à ma place? Pour lequel de ces péchés veux-tu me condamner, mon frère Benoît? Qu'est-ce qui t'indispose tellement dans cette pratique. Est-ce si loin de ce que Jésus aurait fait dans les mêmes circonstances. Comment penses-tu que je me sente lorsque j'entends tes condamnations répétées ? J'arrive comme toi à la fin de mon service ministériel et je m'attendrais à être traité avec plus de respect et d'affection de la part d'un pasteur. Mais tu me dis : " Tu n'as rien compris à l'Évangile. Tout cela c'est du marxisme! Tu es un naïf. " N'y a-t-il pas là beaucoup d'arrogance?

Je rentre du Chili où j'ai revu mes amis du quartier après 25 ans ; ils étaient 70 à m'accueillir en janvier. Ils m'ont accueilli fraternellement en me disant : " Tu as vécu avec nous, comme nous, tu nous as accompagné durant les pire années de notre histoire. Tu as été solidaire et tu nous as aimé. C'est pourquoi nous t'aimons tant ! Et ces mêmes travailleurs et travailleuse me disaient : nous avons été abandonnés par notre Église. Les prêtres sont retournés dans leurs temples; ils ne partagent plus avec nous, ne vivent plus parmi nous. Au Brésil, c'est la même réalité : durant 25 ans, on a remplacé un épiscopat engagé auprès des paysans sans terres, des pauvres dans les favelas des grandes villes par des évêques conservateurs qui ont combattu et rejeté les milliers de communautés de base, où la foi se vivait au ras de la vie concrète. Tout cela a provoqué un vide immense que les Églises évangéliques et pentecôtistes ont comblé : elles sont restées au milieu du peuple et c'est par centaine de milliers que les catholiques passent à ces communautés.

Cher Benoît, je te supplie de changer ton regard. Tu n'as pas l'exclusivité du Souffle divin; toute la communauté ecclésiale est animée par l'Esprit de Jésus. Je t'en prie, remise tes condamnations; tu seras jugé bientôt par le Seul autorisé à nous classer à droite ou à gauche, et tu sais autant que moi que c'est sur l'amour que notre jugement aura lieu. Fraternellement. 

QQNS-format.JPG  une humble église des campagnes méridionales de la France a été choisie comme emblème du bulletin "Quelques nouvelles", bulletin mensuel qui relie les Amis de Marcel Légaut. Pour le recevoir (gratuitement par messagerie), s'adresser à Antoine et Louise Girin : a.girin@free.fr

Pour plus d'information sur Marcel Légaut : http://legaut.chez.alice.fr

Mercredi 23 mai 2007 3 23 /05 /2007 08:15
- Par Claude Lacaille (Québec) - Publié dans : la Contre-Réforme - Communauté : Religions en toute liberté - Recommander

Le malaise est grandissant au sein de l’Eglise catholique romaine. Des prêtres, des sœurs, des laïcs, très attachés à leur Eglise, à leur culture catholique, au sens du sacré qui s’y est développé, sont désemparés par l’immobilisme voulu par Rome alors que le concile Vatican II avait soulevé tant d’espoirs. Ils ont mal à leur Eglise comme les communistes eurent mal à leur parti lorsqu’ils comprirent la collusion de celui-ci avec le stalinisme. Cette fidélité se respecte car elle est profonde et touche aux entrailles. Devant cette souffrance, il est vain d’inviter au changement de bergerie (car, enfin, s’il y a un seul berger, Jésus, il existe depuis belle lurette plusieurs bergeries !).

Le mal est profond, car il semble lié au degré de centralisation, de type monarchique, qui est celui de l’Eglise catholique romaine. Par exemple, ce " mal à son Eglise " n’est pas du tout vécu de la même façon chez les protestants, alors qu'ils connaissent pourtant eux aussi une certaine tension interne entre conservateurs et progressistes. Ils ont des synodes régionaux et nationaux pour en débattre et les " paroisses " sont autant d’églises locales où les laïcs dirigent un conseil presbytéral. Ce faisant, ils n’ont pas besoin d’attendre un concile ou une autorisation venue d'en-haut pour progresser, certes lentement afin de ménager le consensus au sein de leur Eglise, mais d’une façon continue – c’est la " Réformation " pour reprendre un terme qui leur est cher.

U---Canada--Ottawa--groupe-en-fran--ais.jpeg  une bougie au creux d'une paume ouverte comme représentation du calice des unitariens, image choisie par le Groupe francophone de la communauté unitarienne-universaliste d'Ottawa (Canada). Chaque communauté ou groupe se choisit ainsi un logo pour s'identifier.

 

 

Dans l’affaire, ce sont les unitariens qui sont les plus heureux : pas de hiérarchie sur le dos, pas de dogme à respecter, la liberté de penser vivement encouragée, l’indépendance de leur communauté nettement affirmée, se rattachant aux autres sur la base du seul volontariat, la possibilité de créer une nouvelle communauté sans que les autres ne crient à la dissidence, etc.

Alors que l’Eglise catholique romaine déclare des bienheureux et des bienheureuses (en grand nombre par les temps qui courent) – mais seulement après leur mort - , c’est de leur vivant que les unitariens veulent avoir la joie de louer Dieu au sein de communautés fraternelles !

Les unitariens aiment leurs Eglises historiques (en Roumanie, en Hongrie, en Grande-Bretagne, aux Etats-Unis). Ils en sont fiers, très fiers.

Ils n’en reçoivent aucune directive, aucun ordre, aucun commandement ; et, réciproquement, ils n’exercent aucune pression sur elles pour que celles-ci prennent position pour ceci ou pour cela. Comme la famille, la communauté religieuse est un lieu d’épanouissement où chacun respire en toute liberté, se sente aimé et aidé dans son propre itinéraire intellectuel et spirituel. On n’a pas à lui rabattre les oreilles avec des discours théologiques plus ou moins sinueux, des sermons à n’en plus finir, des cours de morale sexuelle, ou encore lui dire ce qu’il faut voter ou ne pas voter …

Les prises de position doivent être proclamées en d’autres lieux, au sein d’associations militantes (unitariennes et autres), de partis politiques, de groupes de pression, etc. L’engagement est non seulement important, mais nécessaire ; toutefois, contrairement au tout politique qui est à la mode, ne confondons pas les espaces ...

Lundi 14 mai 2007 1 14 /05 /2007 08:29
- Par Jean-Claude Barbier - Publié dans : la Contre-Réforme - Communauté : Religions en toute liberté - Recommander

dessin de Ghertman publié dans Le Canard enchaîné du 21 mars 2007 : il faut désormais y ajouter le "non" aux francs-maçons !

 

Le Vatican, prenant la relève de Nikita Khrouchtchev célèbre pour son " niet " au pire temps de la Guerre froide, vient de dire " non " aux francs-maçons qui ne lui demandaient pourtant rien !

Lu dans Le Figaro du 5 mars 2007 :

L'appartenance à la franc-maçonnerie et à l'Eglise catholique est incompatible ; a rappelé, vendredi à Rome, un responsable du Vatican, Mgr Gianfranco Girotti, régent du Tribunal de la pénitencerie apostolique. Au cours d'une table ronde sur cette question, le prélat a souligné que " l'Eglise catholique a toujours critiqué la conception mystique propre à la franc-maçonnerie, la déclarant incompatible avec sa propre doctrine ". Il a dénoncé le " naturalisme rationaliste qui inspire ses projets et ses activités contre l'Eglise " et a mis en garde contre le " climat de secret qui la caractérise ". Ceux qui y appartiennent, a-t-il dit, " prennent le risque de devenir instrument de stratégie qu'ils ignorent ". Mgr Girotti a rappelé, avec la Congrégation pour la doctrine de la foi, que l?adhésion à une loge maçonnique " demeure interdite par l?Eglise ". Ceux qui contreviennent sont en état " de péché grave " et " ne peuvent pas " avoir accès à l'eucharistie " [fichtre !].

 

Le Vatican date manifestement d'une guerre ! Le 29 octobre 1974, chez un ami catholique, le Grand-maître du Grand Orient rencontrait, en toute discrétion, un évêque français, depuis devenu archevêque, afin d'établir (enfin) des relations positives.

Depuis 1987, un catholique de Toulouse, Paul Pistre *, envoie (par voie postale) au sein d'un réseau qui compte maintenant environ 150 personnes, une " Lettre aux catholiques amis des francs-maçons ", soit à ce jour 68 numéros à un rythme trimestriel et avec chaque fois au moins une dizaine de pages fort bien documentées.

* Paul Pistre, 7, rue du docteur Bernardbeig, 31100 Toulouse, tél. 05 61 40 40 96.

 

Ce réseau vient de fêter ses 20 ans par un colloque qui s'est déroulé à l'Institut catholique de Toulouse, les 2-3 mars, avec la participation du jésuite Ferrer Benimeli, professeur d'université à Sazagosse et reconnu unanimement comme l'un des meilleurs connaisseurs de la franc-maçonnerie (conférence publique sur, précisément, " Le Vatican et la franc-maçonnerie "), et du dominicain Jérôme Rousse-Lacordaire, auteur de " Rome et les francs-maçons, B.A. BA de l'antimaçonnisme " et " Jésus dans la tradition maçonnique " (avec la préface de Mgr. Doré. Manifestement, le Vatican est en retard, aussi, par rapport à ses propres administrés !

 

Les associations unitariennes, s'honorent quant à elles, d'avoir en leur rang, à titre personnel, un certain nombre de francs-maçons. Ils y apportent leur sens de l'ouverture théologique, du dialogue, des études. Ils y sont les bienvenus. La Correspondance unitarienne (voir nos liens), à la Une de son n° 15, du mois de février 2003, avait publié une " Lettre aux maçons amis des unitariens ".

Mercredi 28 mars 2007 3 28 /03 /2007 18:20
- Par Jean-Claude Barbier - Publié dans : la Contre-Réforme - Recommander
Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés