Quantcast

Calendrier

Mai 2013
L M M J V S D
    1 2 3 4 5
6 7 8 9 10 11 12
13 14 15 16 17 18 19
20 21 22 23 24 25 26
27 28 29 30 31    
<< < > >>

à vos ami(e)s

Rechercher

la Contre-Réforme

Le révérend Roy Bourgeois (né en 1938, en Louisiane) est un religieux américain membre depuis plus de 45 ans de la Maryknoll society of apostolic life (congrégation catholique américaine de pères et frères des missions étrangères), à Colombus dans l’Etat Georgia (GA) aux Etats-Unis.


Critique virulent de la politique de son pays en Amérique latine, il s’est rendu célèbre en fondant en 1990 le SOA Watch Movement, un mouvement qui conteste les méthodes employés par l’US Army School of Americas (SOA) pour entraîner des militaires sud-américains pour des interventions de répression en Amérique latine, avec au programme l’emploi de la torture stratégique. Les protestations pacifiques du père Bourgeois et de son groupe lui ont valu d’être emprisonné à quelques reprises. En 1997, il reçoit la distinction deTeacher of Peace Award de la part de Pax-Christi aux Etats-Unis (mouvement catholique international agréé par la hiérarchie), et en 2005 le prix Thomas Merton (lequel fut un religieux trappiste américain, écrivain et activiste social, né en 1915 et décédé en 1968) ; ce dernier prix est attribué depuis 1972 par leThomas Merton Center for Peace and Social Justice de Pittsburgh (dans l’Etat de Pennsylvanie). Le 22 novembre 2009, lui et son organisation sont nominés (c'est-à-dire proposés par une instance agréée) en vue de recevoir le prix Nobel de la Paix de 2010 par une instance de la mouvance quaker basée à Philadelphie, l'American Friends Service Committee.


Autre activité militante de sa part, cette fois-ci au sein de l’Eglise catholique où il mène campagne pour l’accès des femmes à l’ordination. Le débat est ancien (par exemple avec le théologien Karl Rahner dans les années 1970), mais il fut totalement bloqué par Paul VI qui refusa que Vatican II s’en saisisse : c’est l’un des sujets réservés au seul pape, tout simplement par dictat !


Ceci lui valut en conséquence un premier avertissement canonique en mars 2011 lui donnant 15 jours pour se rétracter, mais il en appelle à sa conscience et au sentiment de justice comme quoi on doit traiter à égalité les hommes et les femmes : « Ce que vous exigez de moi, je ne peux le faire sans trahir ma conscience. Vous me demandez en somme de mentir, en disant que je ne crois pas que Dieu appelle, également, hommes et femmes à la prêtrise. Cela, je ne peux pas le faire, c’est pourquoi je ne me rétracterai pas. Comme l’abolition de l’esclavage, les droits civiques et le vote des femmes, l’ordination des femmes est inéluctable, car c’est une question de justice. Là où il y a injustice, le silence est complice » (lien). Pour lui le sexisme est un véritable péché au même titre que le racisme !

 

roy_bourgeois.jpg

 

Puis, passant aux actes, il assiste en juillet 2011 à l’ordination d’une femme prêtre américaine organisée par la Roman Catholic Womenpriests *, et y prononce l’homélie. La postulante est Janice Sevre-Duszynska et l’événement a lieu à l’Eglise unitarienne-universaliste de Lexington dans le Kentucky (lien), 157 prêtres américains le soutiennent alors publiquement (lien). L'ordination a été faite par une femme évêque de l'institution organisatrice.
* A cette date là, le groupe affirmait avoir déjà ordonné 120 prêtres et cinq évêques femmes dans le monde entier. Ces femmes sont automatiquement excommuniées par le Vatican (mesure plus dure que pour les prêtres pédophiles qui, eux, le sont rarement).


L’épilogue était tout attendu : il vient d’être non seulement réduit à l’état laïc mais aussi excommunié ! L'article de La Croix.com du 20 novembre 2012 vient de l'annoncer au public français.


Rappelons que, en Australie en mai 2011, Mgr William Morris, évêque de Toowoomba, pour avoir seulement écrit, dans une lettre pastorale à usage de son diocèse, que, face à une pénurie sévère de prêtre, il fallait désormais envisager l’ordination des femmes et des hommes mariés, fut contraint à la démission (voir notre dossier avec 5 articles " Soutien à Mgr William Morris ", dans la rubrique « La Contre-Réforme », lien). Pas touche aux domaines réservés ! Les synodes diocésains en ont reçu explicitement consigne et n’abordent pas les sujets qui fâchent … le pape.

Mercredi 21 novembre 2012 3 21 /11 /Nov /2012 07:19
- Par Jean-Claude Barbier - Publié dans : la Contre-Réforme - Communauté : Religions en toute liberté

CHRETIENS ET LIBRES EN MORBIHAN (CELEM) : "DONNONS LA PAROLE AU SILENCE"

 

le cri evard munch Beaucoup de femmes et d’hommes trouvent que l’Eglise revient en arrière, mais ils n’osent pas ou ne peuvent pas s’exprimer. Ils disent : "A quoi bon ? " Nombreux sont les déçus qui s’en vont. Nous voulons donner voix à leur silence.


Cette année, on va commémorer le concile Vatican II : sera­ ce pour !’enfermer dans le passé ou pour ranimer son élan ? Il invitait le peuple de Dieu à devenir vivant et responsable. Nous souhaitons que beaucoup de chrétiens puissent s’exprimer librement et être entendus.


Que de questions majeures restées sans réponse : celle de la communion eucharistique des divorcés remariés, celle de l’ordination à la prêtrise d’hommes mariés, celle des paroisses de plus en plus nombreuses sans prêtre, celle du décalage croissant entre la vie actuelle et un langage qui ne parle plus à nos contemporains.

 

Le cri, peinture d'Edvard Munch


Nous constatons que des prêtres et des laïcs prennent leur liberté par rapport aux prescriptions romaines.

Nous souhaitons que des évêques aient le courage de transmettre des vœux de chrétiens sans les filtrer. Nous attendons aussi d’eux qu’ils réagissent lorsque des intégristes déclarent vouloir revenir dans l’Eglise pour détruire le concile de l’intérieur.


Nous avons été très sensibles aux initiatives des théologiens allemands, de prêtres et laïcs en Autriche, à Rouen, à Strasbourg, à Vannes. Avec eux, nous voulons prolonger le grand acte du concile et être ainsi témoins actifs de l’Evangile, espérance pour notre humanité.


A nous aussi de nous regrouper et d’agir.

 

Appel lancé par le CELEM* le 5 décembre 2011 et signé par Michel BLOCH-LEMOINE, Michel PlNCHON, Jean RIGAL, Gabriel MARC, Simone MARC, Thérèse BLOCH-LEMOINE, Michel DREAN, Thérèse JOUBIOUX. Gérard BESSlERE, Jean-Pierre SCHMITZ, Hyacinthe VULLlEZ, Geneviève de GEVIGNEY, Michel et  Geneviève MANCIAUX, Maurice LEROUX, Yves DREAN, Pierre et  Evelyne BACHELARD, Christiane BASCOU.

* Le CELEM est membre du de la Fédération des réseaux des Parvis

 

 

Les nombreuses réponses reçues (plus de 2000) ont été attentivement dépouillées et un compte rendu en a été fait par le CELEM. La brochure est disponible au prix de : TTC 4€ + frais de port. Possibilité d’envoi en nombre avec réduction : contacter Michel Bloch-Lemoine 14 rue d’Armorique. 56190 MUZILLAC ( courriel).


Cette brochure est recommandée entre autres par Jonas :

 

"A L’ÉCOUTE DE LA PAROLE : L’APPEL" (JONAS, le 13 avril 2012) : Vous n’avez pas trouvé de noms sur la couverture de cette brochure. Pourquoi ? Parce qu’elle a 2000 auteurs. Femmes et hommes, laïcs et prêtres y expriment, crient, parfois - leurs souffrances, leurs attentes, leurs requêtes. Pour que l’Eglise ne revienne pas en arrière, pour qu’elle s’ouvre à l’avenir ... En écoutant leurs voix - en écho à la fermentation qui se poursuit en Allemagne, en Autriche, en Belgique - on entend toutes celles et tous ceux qui n’ont pas la possibilité d’exprimer leurs malaises et leurs souhaits. A toutes et à tous, cette brochure donne la parole.


... et par le père jésuite Paul Tihon dans une lettre à Eglise-Wallonie intitulé "Appel à la réforme" (en date du 21 mai 2012) - Chers amis d'Eglise-Wallonie, Il n'y a pas qu'en Autriche, en Allemagne, en Flandre, que des catholiques font entendre leur voix pour réclamer une réforme dans notre Eglise. L'amitié de Gérard Bessière m'a valu d'être en contact avec un groupe qui a rassemblé lui aussi de multiples signatures.
Beaucoup d'entre elles étaient accompagnées de commentaires. Il en est sorti une brochure que je trouve très bien faite. Elle fait écho à de nombreuses "aspirations et requêtes". Elle énumère cinq grands points sensibles (divorcés remariés, prêtrise d'hommes mariés, prêtrise pour les femmes, collégialité, réforme du "système"). Elle ouvre trois avenues : "Promouvoir des communautés", "Qu'allons-nous faire dans la mutation du monde ?", "L'Evangile sauvera l'Eglise ?". Cela vaut la peine d'aller y faire un tour.

Mardi 22 mai 2012 2 22 /05 /Mai /2012 15:10
- Par CELEM - Publié dans : la Contre-Réforme - Communauté : Religions en toute liberté

Les groupes Jonas Alsace, réunis à Sélestat le 16 octobre 2011, communiquent ce texte intitulé " JUSQU’À DÉSOBÉIR ?"


Éclairés les uns par les autres et par la lecture de l’Évangile, nous obéissons à notre conscience :
Nous sommes heureux quand des frères et sœurs divorcés remariés ou chrétiens d’autres confessions partagent avec nous le repas eucharistique.
Nous sommes heureux quand des laïcs formés, hommes et femmes, s’adressent à l’assemblée au cours de la liturgie pour nous aider à mieux comprendre et à mieux vivre la Parole.
Nous sommes heureux quand des communautés savent vivre et célébrer en l’absence d’un prêtre et maintenir la présence de l’Évangile sur leurs lieux de vie.
Nous serons heureux quand notre Église confiera les communautés locales à celles et ceux qui y seront appelés, selon leurs compétences et quel que soit leur état de vie.
Nous remercions et nous soutenons tous les prêtres et diacres qui, à la suite de l’appel des théologiens allemands, des prêtres autrichiens, irlandais et du diocèse de Rouen, choisissent et choisiront de « désobéir » pour mieux manifester la tendresse de Dieu.
Nous savons que, à l’instar de 71% des Autrichiens, les chrétiens que nous rencontrons soutiennent le mouvement qui est en train de naître.

 

jonas_alsace.jpg

 

Les groupes Jonas sont composites, avec des prêtres en exercice, des prêtres mariés, des laïcs, etc. Pour plus d’informations sur ces groupes ( lien). Ils invitent à une réunion à Strasbourg, le samedi  5 novembre 2011, à 10 heures, au Foyer de l'Etudiant Catholique (FEC), 17, place Saint-Etienne, Strasbourg " Pour partager fraternellement nos préoccupations sur la mission de notre Eglise. Pour témoigner de notre espérance en son renouveau. Afin que la Parole de Dieu soit entendue comme révélation de sa tendresse pour les hommes et qu'elle soit source d'engagements pour un monde plus juste."

Mercredi 26 octobre 2011 3 26 /10 /Oct /2011 11:11
- Par Jonas Alsace - Publié dans : la Contre-Réforme - Communauté : Religions en toute liberté

Gérard Bessière, 18 octobre 2011, La Grave 46140 Luzech


dernier-des-mohicans.jpg Les derniers des Mohicans vont-ils mourir en silence ? *

* ndlr : nous avions nous mêmes utilisé cette expression à propos d'un article paru dans un journal belge : "Les derniers catholiques de Belgique", le 21 février 2010 (lien).

 

Le climat de restauration  s’appesantit  dans l’Eglise. Le « peuple de Dieu » a beau poser des questions dans les synodes : Rome ne veut pas les entendre et les nonces font savoir aux évêques  qu’ils ne doivent pas les transmettre. Pareille censure fait penser aux pratiques des régimes totalitaires. La suprématie pontificale contrôle la vie des Eglises, elle nomme souvent des évêques à sa botte, elle fait fi de la collégialité épiscopale et de la sensibilité des fidèles.


Des milliers de chrétiens  « s’en vont sur la pointe des pieds » sans être écoutés pendant qu’on recherche longuement un accord avec les intégristes. Le souci prévalent de continuité avec le passé commande. N’assistons-nous pas à l’enterrement discret du concile Vatican II ?


Quatre cents théologiens universitaires en Allemagne, des centaines de prêtres et de diacres en Autriche, ont élevé la voix. En France, si l’on excepte un petit groupe de prêtres à Rouen, et le communiqué – non signé (*) – de l’équipe nationale du groupe « Jonas » (lien),  le silence est compact. En conversation privée, beaucoup de personnes, y compris des responsables d’Eglise, disent leur inquiétude, leur déception. Mais les mêmes ne s’expriment jamais publiquement.  Rome peut penser que ses orientations sont acceptées. L’absence de protestation cautionne, négativement, le pouvoir et les décisions de la monarchie romaine.

* ndlr : ce communiqué résulte d'une rencontre des groupes Jonas Alsace et engage collectivement tous les membres de ces groupes. Il n'a donc pas à être signé individuellement.


Pourquoi le silence de tant de prêtres qui ont joué leur vie sur le renouveau du Concile ? Ils ont pris de l’âge, leur capacité de résistance s’est usée devant l’inertie et la suffisance de l’appareil, une lassitude croissante pèse sur eux. « A quoi bon ? » Un sentiment d’impuissance les paralyse. Ils continuent à vivre proches de leurs concitoyens et de témoigner de l’évangile « à la base », comme l’on dit, sans plus vouloir influer aux échelons supérieurs. Enfin ils vieillissent. On leur fait sentir parfois qu’ils ne portent pas l’avenir.


Dans cette foule silencieuse de laïcs et de prêtres, que font les théologiens, les hommes de la pensée, ceux qui doivent aider les responsables hiérarchiques  par leurs études et leur réflexion ? En France, à l’exception de Joseph Moingt et de Jean Rigal (*), ils se taisent, eux aussi. Alors qu’ils devraient exprimer et analyser le « sensus fidei », ce que dit l’Esprit dans le peuple, ils demeurent muets. Est-ce le souci de préserver leur chaire, de ne pas compromettre  leur accès à des échelons supérieurs ? On est étonné de constater qu’ils ne forment pas une instance collective de réflexion et d’expression publique. Eux aussi, sans doute, si on les interrogeait, se réfugieraient derrière l’«A quoi bon ? ». Ils attendent que le vent tourne. Ils disent parfois à tel ami qui parle haut : « Toi, tu peux le dire, moi, je ne peux pas ».

* ndlr : voir ci-dessous la remarque de M.T. sur le site de la Conférence catholique des baptisés de France qui atténue quelque peu la sévérité des propos de l'auteur.


Hélas, on recueille parfois pareille réflexion  sur la bouche de laïcs qui ont des rôles dans l’Eglise où ils sont parfois  permanents, employés et salariés. On parle « mission », « évangélisation », « peuple de Dieu », sans trop savoir ce que ces mots incantatoires engagent dans la pratique. On demeure soumis, souvent dans une étonnante  papolâtrie, qui s’est établie jusque dans les esprits. On accepte, comme si elle était de droit divin, la centralisation romaine qui s’est accrue progressivement au cours des siècles. Comme on est loin des commencements, comme on est loin de la démarche libre de Jésus !
Concluons sereinement. L’Evangile est un volcan. On ne l’éteindra pas. Il rentrera à nouveau en éruption féconde. A l’intérieur des Eglises et en dehors d’elles.


Habités par cette conviction paisible, les derniers des Mohicans vont-ils mourir en silence ?

 

Ce texte a été déjà reproduit sur plusieurs sites et dans plusieurs bulletins de la mouvance catholique réformatrice, par exemple dans le bulletin des Amis de Marcel Légaut « Quelques nouvelles », n° 249, novembre 2011, p. 6. Mis en commentaire sur le site de la Conférence catholique des baptisés de France (CCBF) le 20 octobre 11, ce texte à été suivi d'un autre commentaire de M.F. « D’accord avec cette analyse, avec une réserve sur le travail des théologiens et des hommes de la pensée. Il me semble que beaucoup s’expriment, articles, livres, conférences, blogs, mais que la manière qu’à la hiérarchie de contrôler, d’isoler ou de déplacer les gêneurs est peut être surtout efficace ? ».

Mercredi 26 octobre 2011 3 26 /10 /Oct /2011 10:16
- Par Gérard Bessière - Publié dans : la Contre-Réforme - Communauté : Religions en toute liberté

Lors de leur visite ad limina à Rome, du 10 au 22 octobre dernier, les évêques australiens ont été reçus par les cardinaux Marc Ouellet, préfet de la Congrégation pour les évêques, et William J. Levada, préfet de la Congrégation pour la doctrine de la Foi. D’après leur déclaration à l’issue de cette visite, les braves évêques disent avoir compris la position de Rome vis-à-vis de leur collègue, lequel aurait ni plus ni moins mis en cause la soi disant communion au sein de l’Eglise – tout cela pour avoir simplement évoqué l’éventualité d’un élargissement des critères pour les vocations sacerdotales ! Bref, ces évêques, que le pape Benoît XVI a culpabilisés en leur rappelant les cas de pédophilie de leur pays à rembourser aux familles victimes, mènent profil plus que bas. Çà rampe devant le « Saint Père » !


Dans sa réponse, ce 24 octobre, Mgr William Morris réfute les accusations portées contre lui et évoque cette peur des évêques devenus de simples pions aux mains du Vatican : « Cela a été mon expérience et l’expérience d’autres que Rome contrôle les évêques par la peur et si vous posez des questions ou parlez ouvertement de sujets que Rome déclare clos ou ne souhaite pas qu’ils soient discutés, vous êtes censurés très rapidement, on vous dit que votre leadership ne va pas, que vous n’êtes pas fidèles au magistère, que vous avez brisé la communion et que vous êtes menacés d’être démis ».


Sur place, au sein du diocèse de Toowoomba, Mgr William M Morris a désormais le titre d’évêque émérite et il a accès au site puisque sa réponse y a été publiée ( lien). Le site Kipa-Apic s’est fait l’écho de cette lettre dans un article en français du 24 octobre ( lien)

 

toowoomba_site.jpg

bandeau d'entête du site du diocèse catholique de Toowoomba

 

Vue la façon dont l’Eglise catholique traite ses évêques, de plus en plus de prêtres pressentis pour un poste épiscopal préfèrent se défiler. L’évêque pasteur de son peuple est une rhétorique des plus hypocrites puisque les évêques quittent "leur" troupeau sur un simple ordre d’en haut, … et que le troupeau n’a même pas le droit de bêler !

 

Quant aux Conférences nationales épiscopales, elles semblent se contenter de leur actuel statut. La communion entre évêques, fondatrice de l'Eglise, est devenue simple allégeance individuelle au pape, si bien que les dites conférences nationales ne sont guère des lieux de fraternité et de communion ! L'Australie en apporte la preuve. Le "fauteur de trouble" est condamné par le pape et par ses propres pairs.

 

Pour les articles antérieurs sur cette affaire Mgr William Morris, voir notre rubrique "La Contre-Réforme" (lien)

Mercredi 26 octobre 2011 3 26 /10 /Oct /2011 06:22
- Par Jean-Claude Barbier - Publié dans : la Contre-Réforme - Communauté : Religions en toute liberté

"Deux poids deux mesures : l'avortement pardonné à Madrid", par Ivone Gebara écrivain, philosophe et théologienne, article paru dans Adital du 22 août 2011, et traduit en français


C'est avec beaucoup d'angoisse que beaucoup de femmes catholiques liront l'information publiée dans différents journaux cette fin de semaine, information selon laquelle l'archidiocèse de Madrid avec l'approbation papale a donné le pouvoir de pardonner avec indulgence plénière aux femmes qui, à l'occasion de la visite du pape, confesseront avoir avorté. L'impression que nous avons éprouvée est que le pape, le Vatican et certains évêques s'amusent à des jeux de mauvais goût avec les femmes. Nous ne savons pas dans quel monde ces hommes vivent, qui ils pensent être et qui ils pensent que nous sommes !

 

benoit_xxvi_jmc_madrid_2011.JPG

 

Premièrement, ils accordent le pardon à qui peut voyager pour assister à la Messe du pape et passer par le « confessionodrome » ou par l'ensemble des deux cents confessionnaux blancs installés sur la grande place publique de Madrid appelée « Parc de la retraite ». Le pardon de ce « péché » a un lieu, un jour et une heure fixés. Il en coûte seulement un voyage à Madrid pour se trouver face au pape ! Qui reculerait devant cet effort pour un si grand privilège ? Il suffit d'avoir l'argent pour le voyage et pour payer le séjour dans un hôtel de Madrid et le pardon sera obtenu. C'est pourquoi nous demandons : quelles alliances la pratique du pardon dans l'Eglise a-t-elle avec le capitalisme actuel ? Comment peut-on vivre un tel réductionnisme théologique et existentiel ? Qui retire un bénéfice de ce comportement ?


Deuxièmement, il est étrange d'affirmer que le pardon de ce « crime abominable » comme ils l'appellent est accordé seulement à l'occasion de la visite du pape afin qu'en cette même occasion, les fidèles pécheresses obtiennent « les fruits de la grâce divine » en confessant leur péché. Comment peut-on comprendre qu'une faute est pardonnée seulement quand l'autorité suprême est présente ? N'est-on pas en train de renforcer l' antique et décadent modèle impérial de la papauté ? Quant l'imperator est présent, tout est possible y compris l'expression de la contradiction à l'intérieur de son propre système pénal.


Je ne veux pas rappeler dans une réflexion brève comme celle-ci les arguments que beaucoup d'entre nous, femmes sensibles à nos propres douleurs avons répétés au long de beaucoup d'années. Mais cet événement papal madrilène montre malheureusement une fois de plus un aspect encore bien vivant au Vatican, à savoir l'aspect des querelles médiévales dans lesquelles des questions absolument sans intérêt pour la vie humaine étaient discutées. Plus encore, il fait la preuve de sa méconnaissance des souffrances des femmes, de sa méconnaissance des drames que les situations de violence provoquent dans nos corps et nos coeurs. En concédant le pardon au « crime » d'avortement comme ils l'appellent toujours, ils montrent, à leur manière élitiste, le visage ambigu d'une institution religieuse capable de céder à l'appareil triomphaliste quand sa crédibilité est en jeu.  Ils peuvent bénir des troupes qui vont tuer des innocents, envoyer des prêtres comme aumôniers militaires dans des guerres toujours sales, faire des déclarations publiques en faveur de l'institution en condamnant les femmes pauvres et opprimées, ouvrir des exceptions à la règle de leurs comportements pour attirer des jeunes (qui sont) étrangers aux grands problèmes de monde dans le troupeau du pape La liste des us et coutumes « transgresseurs » de leurs propres lois est énorme...


Pourquoi réduire la vie chrétienne au pain et au cirque ?  Pourquoi donner un spectacle de magnanimité au milieu de la corruption des coutumes ? Pourquoi créer l'illusion du pardon alors que le quotidien des femmes est plein de persécutions et  d'interdictions de leurs choix et capacités ?


Nous sommes invité/e/s à réfléchir à l'aspect néfaste de la position du pape et des évêques qui le soutiennent. Le pape n'a pas accordé pardon et indulgence totale et entière « urbi et orbi » c'à-d. À toutes les femmes qui on avorté mais seulement à celles qui se sont confessées à ce moment précis et à l'occasion de la visite du pape en Espagne. N'est-ce pas une fois de plus utiliser les consciences, en particulier celles des femmes à des fins d'expansionnisme de leur modèle pervers de bonté ? N'est-ce pas une fois de plus ouvrir des concessions en obéissant à une logique autoritaire qui veut restaurer les antiques privilèges de l'Eglise dans quelques pays européens ? N'est-ce pas une façon d'acheter les femmes en les humiliant devant la soi-disant magnanimité des hiérarques ?


Les autorités constituées dans l'Eglise catholique et dans d'autres Eglises sont-elles encore chrétiennes ? Suivent-elles encore les valeurs éthiques humanistes qui exigent le respect de toutes les vies et spécialement de la vie des femmes ?


Je crois qu'une fois de plus, nous sommes convoqué/e/s à exprimer publiquement notre sentiment de rejet devant l'utilisation de la vie de tant de femmes comme prétexte de la magnanimité du coeur du paps. Nous sommes convoqué/e/s à être le corps visible de nos croyances et de nos choix.


En faisant cela, nous ne sommes meilleurs que personne. Nous sommes tous/tes pécheurs et pécheresses capables de nous frapper mutuellement, capables d'hypocrisie et de mensonge, de cruauté et de cruauté raffinée. Mais nous sommes aussi capables de partager notre pain, d'accueillir celle qui est abandonnée, de vêtir celui qui est nu, de visiter le prisonnier,  de traiter Hérode de renard. Nous sommes ce mélange, expression de notre moi, de nos dieux, des épines dans notre chair qui nous invitent et nous convoquent à vivre au-delà des façades derrière lesquelles nous aimons nous cacher.

 

Ndlr - Nous remercions Philippe de Briey (Belgique) de nous avoir transmis la traduction en français de cet article

Mercredi 24 août 2011 3 24 /08 /Août /2011 01:58
- Par Yvone Gebara - Publié dans : la Contre-Réforme

Un bel exemple de l'obscurantisme catholique ! Nous le reproduisons pour que nos lecteurs comprennent les pesanteurs sociologiques et théologiques qui affectent encore de nombreux pays. Certains espèrent que le prochain pape sera Africain ; eh bien, souhaitons qu'il ne soit pas choisi parmi les signataires de ce document !


Pour nous, un tel document n'appelle aucun commentaire tellement il est anachronique par rapport à Vatican II et à l'évolution actuelle d'une bonne partie de l'opinion catholique. Mais un chrétien béninois, Albert Gandonou, fondateur du mouvement Chrétiens pour changer le monde, a pris le temps de répondre à l'inculture religieuse et à la paranoïa de ces braves évêques qui en sont encore à condamner tout ce qui n'est pas catholique ! (lien). Que de bêtises dites dans un texte qui a l'ambition d'être un argumentaire ...


Message de la Conférence des évêques du Togo sur la Franc-maçonnerie et les autres sectes, factions séditieuses, assemblées, réunions agrégations conventicules para-maçonniques, Lomé, le 25 mars 2011

 

togo_conference_eveques.jpeg Fils et filles très chers, et vous tous, Hommes et femmes de bonne volonté,


Introduction
1- Saisis à plusieurs reprises et de plus en plus fréquemment par des chrétiens en quête de vérité, et interpellés, au surplus, par des prêtres, « coopérateurs de l’Ordre épiscopal dans l’accomplissement de la mission apostolique à eux et à nous confiés par le Christ » (1) , Nous, vos Evêques, réunis en Session Ordinaire, venons vous assurer que nous avons cueilli votre quête, brulante, angoissée. Par notre voix, c’est la voix du Christ Jésus lui-même, Tête de son Eglise qui est son Corps, qui vous rejoint assurément en toute confiance.

L’Evêque, telle une sentinelle toujours en éveil, a reçu charge et mission d’enseigner et de rappeler à tous, l’Evangile de la vie. « Maître de perfection » (2), il est appelé à indiquer, partout et en tout temps, le chemin de vérité et de la vie.
Saint Paul, vous le savez, recommande à son disciple Timothée de garder le dépôt de la foi avec l’aide de l’Esprit Saint, l’Esprit souverain qu’il a reçu par l’imposition des mains (cf. 2 Tm 1, 14 et rites de l’ordination épiscopale). Ce dépôt est confié par le Christ Seigneur à son Eglise, fondée sur la foi de l’apôtre Pierre qui a la mission d’affermir ses frères (Mt. 16/15-20 et Jn. 21/15-20 ; Luc 22/31-32). C’est donc de l’Eglise que nous recevons ce que nous devons croire et professer de la foi et de la vie en Jésus-Christ. L’Eglise nous le transmet infailliblement, avec la garantie explicite de Jésus qui a prié pour Pierre (Luc 22/31-32). 

(1) Presbyterorum Ordinis (Ministère et Vie des prêtres), n° 2

(2) Christus Dominus (Charge pastorale des évêques), n° 15
2- Et maintenant, il faut camper, situer notre propos : de quoi s’agit-il ?
Aux sources du Ministère Episcopal : à l’appel du Christ Jésus
- Tout pouvoir m’a été donné au ciel et sur terre (Mt 28/18-20),
- Allez donc, de toutes les nations, faites des disciples,
- Les baptisant au nom du Père, du Fils, et du Saint Esprit,
- Leur apprenant à garder ce que je vous ai prescrit,
- Et moi, je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin des siècles
3- Le théâtre du drame de la vie humaine et chrétienne, c’est :

- Le Monde
- Il y a deux mondes :
a) celui que Dieu aime
b) celui que Dieu n’aime pas.
- A celui qu’Il aime, Jésus déclare de sa propre bouche : « Dieu a tant aimé le monde qu’Il lui a donné son Unique Fils pour que tout homme qui croit en Lui ne périsse pas mais ait la vie éternelle. » (Jn 3, 16-17).
- De celui qu’Il n’aime pas, Jésus avertit : «  Vous êtes dans le monde, mais vous n’êtes pas du monde » (Jn 15, 15 ; 15, 19 ; 17, 11. 14-16 ; 1 Jn 5, 19).
- Les Apôtres ont bien compris la leçon qui l’ont répercutée constamment sur l’entendement des fidèles (1 Jn 2, 16 ; Gal. 6, 14).
- C’est Jésus Lui-même qui tirait la conclusion : « Vous ne pouvez pas servir deux maîtres … » (Mt 6, 24 ; Luc 16, 13), mais Il prie pour les siens qui sont dans le monde. Il les appelle ses amis … Car le serviteur ignore ce que fait son maître. «  Je vous appelle mes amis parce que tout ce que j’ai appris de mon Père, je vous l’ai fait connaître » (Jn 15, 15).
4- L’initiation chrétienne
L’homme baptisé est initié à la vie comme l’on vit dans le Christ : « la vie, pour moi, c’est le Christ » (Phil 2, 20). Ainsi, pour Ignace d’Antioche, être chrétien, c’est devenir christophore – c’est-à-dire porteur du Christ -, ce qui ne peut que vouloir dire suivre le Christ par amour avec une disponibilité inconditionnée jusque dans la souffrance et dans la mort.
5- Le foisonnement des religions, des courants d’idées, des systèmes de pensées
En effet, voici plusieurs années, des groupes ésotériques et autres fraternités ont envahi notre monde, distillant des doctrines pour le moins pernicieuses, face auxquelles le chrétien doit s’interroger et se situer, en cohérence avec sa foi. Parmi ces associations, certaines sont venus de l’Orient
- l’Hindouisme, le Bouddhisme, l’Eckankar et autres « religions » du même bord
- alors que d’autres sont venues de l’Occident : la Franc-maçonnerie et la Rose Croix, entre autres. Bien des sectes dont on peut se demander ce qu’elles gardent de Chrétien, comme les Témoins de Jéhovah et d’autres, sont un équivalent des formes de l’ancien gnosticisme : celui qui correspond à certaines tendances de l’esprit humain déchu vers un ésotérisme plus ou moins puéril et prétentieux (occultisme, Théosophie et toutes sortes d’orientalisme de pacotille), la prétention à une connaissance supérieure réservée à quelques initiés.
Vous êtes donc confrontés dans ce monde où vous êtes et vers lequel vous êtes envoyés par le Christ pour être comme Lui-même « la lumière du monde et le sel de la terre » (Mt 13/16) ; vous êtes confrontés à des sollicitations pressantes et acharnées de la part de nombreuses confréries de courants d’idées et de systèmes de pensées divers qui vous proposent des mirages de réussite terrestre, quitte à vous en dégager dans la cérémonie de désengagement à laquelle on procède autour des dépouilles mortelles de la « sœur » ou du « frère » décédé. Vous devez savoir que, pour la plupart, ces sociétés initiatiques qui prétendent apporter le salut terrestre à leurs membres rejoignent étrangement la pratique des couvents fétiches de nos religions traditionnelles : elles n’offrent que des biens de la terre, des biens caducs et périssables ; les biens éternels de l’au-delà leur échappent.
6- Rappel de l’enseignement de l’Eglise
Selon des sources mal informées, la position de l’Eglise face à la franc-maçonnerie aurait changé après le Concile Vatican II. En réalité, depuis le 28 avril 1738, date à laquelle le Pape Clément XII a condamné la franc-maçonnerie, la position de l’Eglise n’a pas varié. En effet, « opératives et catholiques à l’époque médiévale, les loges sont devenues spéculatives au cours du XIIIème siècle. Fortement imprégnées par la pensée des lumières, elles se distancient de l’Eglise et se soucient très peu des condamnations papales, surtout en France. C’est au cours du XIXème siècle que le conflit entre l’Eglise et la franc-maçonnerie entre dans sa phase aiguë. L’influence de la théophilantropie issue du culte de l’Etre Suprême créé par Robespierre finit par déboucher sur des essais de culte maçonnique dont l’objectif est le remplacement des religions par un culte universel nouveau dans une perspective déiste. De décennie en décennie, les manifestations d’anticléricalisme se multiplient et, progressivement, la maçonnerie déiste français cède place au courant rationaliste laïc. Au début de la seconde moitié du XIXème siècle, en France et en Belgique, des maçons fondent la ligue de l’enseignement qui va devenir le fer de lance de la laïcité. Un peu partout émerge l’idée d’une société nouvelle ‘‘débarrassée des croyances religieuses’’ » (NEFONTAINE Luc, Eglise et Franc-maçonnerie, Edition du Chalet, Paris, 1990, pp. 113-114).
Ainsi, d’une part, le Code de Droit Canonique de 1983 ne cite plus nommément ni la franc-maçonnerie ni aucune autre association du genre. Cependant, il condamne les associations dont les doctrines sont contraires ou incompatibles avec la foi chrétienne. (CC 1371, 1374).
D’autre part, le Saint-Siège a été « en correspondance, dans les années 1970-1980, avec quelques Conférences Episcopales particulièrement intéressées par ce problème en raison du dialogue que certaines personnalités catholiques avaient entrepris avec des représentants de quelques Loges qui se déclaraient non hostiles et/ou même favorables à l’Eglise » (Documentation catholique du 5 mai 1985, p. 482) .
Ces deux démarches ont pu être interprétées comme une reconnaissance tacite ou implicite de la franc-maçonnerie par l’Eglise.
7-    Face à une telle situation, l’Eglise a tenu à préciser ce qui suit :
7.1. L’absence de mention expresse de la franc-maçonnerie dans le Code de 1983 découle simplement des critères adoptés dans la rédaction du Code ; cela ne saurait constituer une acceptation de la franc-maçonnerie.
7.2. Le dialogue ouvert entre certaines Conférences Episcopales et la franc-maçonnerie dans les années 1970-1980, a permis à l’Eglise de préciser sa position par rapport à cette association. Il ne saurait être considéré comme expression d’un changement d’appréciation ou de décision.
8- A la suite de ce qui précède, la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, alors présidée par le Cardinal Joseph Ratzinger – actuel Pape Benoit XVI – a tenu à affirmer ce qui suit :
8.1. « Le jugement négatif de l’Eglise sur les associations maçonniques demeure donc inchangé ; parce que leurs principes ont toujours été considérés comme inconciliables avec la doctrine de l’Eglise, et l’inscription à ces associations reste interdite par l’Eglise. Les fidèles qui appartiennent aux associations maçonniques sont en état de péché grave et ne peuvent accéder à la Sainte Communion » (3)
8.2. La question est d’une gravité telle que le Saint-Siège n’a pas cru bon de laisser à chaque  « autorité ecclésiale locale la compétence pour se prononcer sur la nature des associations maçonniques par un jugement qui impliquerait une dérogation à ce qui a été affirmé ci-dessus » (3)
8.3. Raison de cette incompatibilité
Il n’est pas de notre intention de présenter ici une liste exhaustive des raisons pour lesquelles la Mère Eglise déclare la Franc-maçonnerie incompatible avec la foi catholique. Qu’il nous suffise donc de relever quelques-uns des arguments évoqués par l’épiscopat allemand, à la suite de son dialogue avec des Loges maçonniques, entre les années 1970 et 1980.
A- La vision du monde des francs-maçons s’appuie sur un relativisme et un subjectivisme qui ne peuvent s’harmoniser avec la foi en la parole révélée de Dieu et avec la doctrine authentiquement exposée de l’Eglise catholique.
B- Le concept de la vérité chez les francs-maçons pose problème. Ils nient la possibilité d’une connaissance objective de la vérité et rejettent toute idée de dogme, n’hésitant pas à affirmer que « toutes les institutions qui reposent sur un fondement dogmatique, et dont l’Eglise catholique peut être  considérée comme la plus représentative, exercent une contrainte de foi » (4)
C- Le concept maçonnique de Dieu, « le grand architecte de l’univers », cache un déisme flou et dangereux. En effet, pour les francs-maçons, « le grand architecte de l’univers » n’est pas un Dieu personnel et ne rend pas compte d’un Dieu Père et Seigneur.
D- La conception maçonnique de la révélation ne concorde par avec l’enseignement reçu du Seigneur sur une autorévélation de Dieu. De même, en reliant le christianisme à la religion astrale primitive des Babyloniens et des Sumériens, les francs-maçons s’opposent à la foi de la Révélation.
E- Une étude des trois rituels des Degrés d’apprenti, de compagnon et de maître permet de découvrir que ces actions rituelles présentent un caractère similaire à celui des sacrements, au point d’induire le candidat dans des confusions assez graves.
F- Les francs-maçons sont liés par l’engagement d’une adhésion à la vie et à la mort ; ceci introduit, vu de l’extérieur, à une fraternité solide. Mais cet engagement engendre plus souvent une complicité et entraîne des menaces pour l’initié qui, pour une raison ou pour une autre, voudrait quitter l’association.
D’autres raisons existent, mais celles-ci suffisent largement pour affirmer que la Franc-maçonnerie et la foi chrétienne sont incompatibles.

(3) Les rapports entre la franc-maçonnerie  et l'Eglise catholique de Rome, Déclaration de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, Rome, le 26 novembre 1983.

(4) LENNHOOPOSNER, Internationales Freimauer Lexikon, Vienne, 1975, p. 34, cité par la "Déclaration de l'épiscopat allemand", Op. Cit., p. 446


Conséquences de cette affirmation
9- A la suite de ce rappel, il faut préciser que le présent message veut faire parvenir à la connaissance du plus grand nombre la position de l’Eglise ; il ne cherche pas à entrer dans une quelconque polémique. Ce faisant, les Evêques du Togo veulent éclairer les fidèles et placer tout homme, tout chrétien face à sa conscience dans le domaine si important du salut.
C’est ce à quoi déjà Saint Irénée de Lyon s’était appliqué avec succès à la fin du IIème siècle dans son livre « Contre les Hérésies – Dénonciation et Réfutation de la Prétendue Gnose au nom Menteur ».
Nous invitons chaque fidèle à réviser sa fidélité à l’Eglise et à ses enseignements qui sont, eux aussi, paroles de vie, puisque donnés en communion avec le Successeur de Saint Pierre.
10- Ainsi donc, aucun fidèle du Christ ne devrait s’entêter et appartenir à ces associations maçonniques, en justifiant par des arguments fallacieux et inadéquats, son choix qui, rappelons-le, le détache de la Sainte Communion. Les prétendues appartenances de membres du clergé (5)  à ces associations ne sont pas des raisons justes et suffisantes pour se séparer du Dieu Saint de Jésus-Christ. Même s’il s’en trouvait quelque dignitaire extravagant de l’Eglise, il encourrait les sanctions prévues.

(5) Nous savons, du reste, qu'une technique utilisée par les membres des associations maçonniques pour recruter des chrétiens consiste à leur faire croire que des prêtres et même des évêques font partie de leur rangs. Nous affirmons, d'une part, qu'un prêtre ou même un évêque ne saurait supplanter l'enseignement de l'Eglise, et que, d'autre part, les membres de ces associations cherchent toujours à piéger les membres du clergé, afin de faire croire à leurs membres que ceux-ci ont adhéré à leur groupe. Ils n'hésitent pas à se mettre aux côtés de clercs, à prendre des photos avec eux, pour donner l'impression que ceux-ci sont des leurs. Prudence donc, et vigilance aussi !

11- De la même manière, toute personne qui, malgré les injonctions de l’Eglise, se maintient dans ces associations, devra assumer toutes les conséquences de son choix. Elle n’aura pas droit de condamner les décisions conséquentes de l’Eglise et de ses responsables à divers niveaux.
12- C’est dire que des mesures pourront être appliquées en ce qui concerne la sépulture chrétienne des personnes qui ont adhéré à ces associations et qui ne les ont pas quittées. Il ne s’agira pas de punir  mais d’aider les uns et les autres à prendre la voie juste, bien qu’étroite, celle qui vient de Dieu et qui conduit à Lui.
Au demeurant, conformément aux Canons 1347, 1364 et 1374, nous rappelons que celui qui appartient ou milite dans les associations ésotériques telles que la franc-maçonnerie, Eckankar ou la Rose Croix, s’expose aux sanctions suivantes :
1- Il n’est pas autorisé à recevoir la Sainte Communion ou les autres sacrements.
2- Il lui est interdit de parrainer un baptême ou une confirmation.
3- Il n’est plus admis comme membre des structures paroissiales ou diocésaines
4- Il lui sera refusé des funérailles ecclésiastiques, à moins qu’il ait montré des signes de repentance ou de pénitence avant la mort (canon 1184, §1)
5- Là où les funérailles ecclésiastiques sont acceptées par l’Evêque, aucun service maçonnique ne sera admis ni à la maison mortuaire, ni à l’Eglise, ni au cimetière juste avant ou après les rites ecclésiaux dans l’intention d’éviter des scandales publics (cf. canons 1184, §1, n°3 et canon 1374).
6- De plus, en vertu du canon 455, §4, les membres des Associations maçonniques ne sont nullement autorisés à être témoins de mariage ni à être membres d’aucune associations de fidèles.
Nous en appelons aussi au sens pastoral des prêtres, et plus particulièrement aux curés de faire preuve du discernement requis pour chaque cas, afin d’exercer la pastorale, l’art des arts (ars artium), en ayant toujours à l’esprit et au cœur la loi suprême de l’Eglise, à savoir le salut des âmes (Canon 1752). Mais qu’ils sachent faire preuve de rigueur dans l’annonce de la vérité dans la fidélité à l’Eglise, Corps du Christ.


CONCLUSION
togo_conference_eveque_signatures.jpeg 13-Le présent message, nous y insistons, n’a pas été écrit à la légère. C’est en connaissance de cause, c’est-à-dire après étude longue  et approfondie (Doctrines, rituels officiels et pratiques des différentes associations) que l’Eglise, Mater et Magistra – Mère et Educatrice – a confirmé sa position habituelle, historique à leur égard malgré ses efforts d’aggiornamento dans le sens du Concile Vatican II ; le constat est douloureux : la franc-maçonnerie n’a pas varié dans son essence. Aussi le fait d’y adhérer, cela est certain, met-il en cause les fondements de l’existence chrétienne de sorte que l’appartenance à l’Eglise catholique et l’appartenance à la franc-maçonnerie s’exclut mutuellement.
14-Peut-être convient-il de préciser que notre message ne porte pas sur des personnes, mais sur les associations dont il est question ici. Une personne naturellement bonne peut, par erreur, par fausse ou mauvaise information, avoir adhéré à ces associations. Mais l’ignorance tue ; ces appels veulent apporter le savoir et offrir la route de la vie.
Nous n’oublions pas non plus le sage et judicieux avertissement de saint Thomas d’Aquin. Jésus dit : « Je suis le chemin, la vérité et la vie » (Jn 14,6).
Le chemin est aussi important que la vérité qui est la lumière, et que la vie à laquelle il aboutit …
- Le chemin indique la direction et le parcours
- La vérité est la lumière de la route
- La vie en est la finalité
Il faut savoir choisir le vrai, le bon chemin, sinon on s’égare. Ce qui veut dire : sur le bon chemin, même en boitant, on arrive au but. Par contre, sur le chemin erroné, plus on court, plus on s’éloigne du but. Le choix du chemin est absolument capital : ne nous trompons jamais de route.
Nous en appelons à la conscience des uns et des autres, et rappelons à tous que nous avons été rachetés à grand prix (cf. Cor. 6, 20 ; 7, 23). Ne nous laissons pas entraîner par ceux qui, Saint Paul et tous les Apôtres le dénoncent à l’envi, professent des doctrines fausses et pernicieuses.
Prière finale
15- Daigne la Bienheureuse Vierge Marie, Mère du Bon Conseil et Epouse du saint Esprit, nous obtenir de nous laisser sauver par Celui, Jésus, qui seul apporte le bonheur, et la paix, et la Vie.

Mercredi 20 juillet 2011 3 20 /07 /Juil /2011 19:35
- Par Conférence des évêques du Togo - Publié dans : la Contre-Réforme - Communauté : Religions en toute liberté

Monseigneur et Cher Frère en Christ.

 

Beaucoup de chrétiens français sont très vivement émus de la mesure prise à votre encontre par le pape Benoît XVI. Cela leur rappelle tout à fait et cruellement le licenciement de Mgr Jacques Gaillot de son évêché d’Evreux, en Normandie, dans Nord-Ouest de la France, en janvier 1995.

 

Ces chrétiens français, catholiques, mais aussi protestants, unitariens, etc., s’étonnent qu’une Eglise soit dirigée d’une façon aussi autoritaire et tyrannique par un pape qui ne respecte ni l’esprit du concile Vatican II, ni l’institution épiscopale. Cette dernière date du début du IIème siècle de l’ère chrétienne et définissait l’évêque comme pasteur de son peuple et élu par lui pour un ministère de rassemblement.


En France, le site des Actualités unitariennes et le groupe « Chrétiens alternatifs » ont lancé sur Facebook un « événement » afin de vous soutenir. De nombreuses réactions se sont déjà exprimées. Vous pouvez suivre cette campagne de mobilisation sur le site des Actualités unitariennes, à la rubrique « la Contre-Réforme », où sont déjà parus plusieurs articles ( lien).


 Chrétiens de diverses confessions nous vous apportons notre amitié et notre fraternité ; nous sommes aussi de tout cœur avec tous vos fidèles qui vous ont accompagné dans votre activité pastorale et qui vous ont aimé.

 
Jean-Claude Barbier, chrétien unitarien, Bordeaux

 

Cette lettre a été traduite en anglais et envoyée à l'intéressé

toowoomba_map_small_paint.jpgcarte du diocèse catholique de Toowoomba (Australie)

Dimanche 15 mai 2011 7 15 /05 /Mai /2011 17:15
- Par Actualités unitariennes - Publié dans : la Contre-Réforme - Communauté : Religions en toute liberté

Jean Kinzler sur le "Forum catholique", en date du 14 mai 2011, commente la Lettre des évêques australiens sur le cas de Mgr William Morris (lien).

 

perepiscopus1.gif perepiscopus2.gif Dans une lettre adressée à Mgr Brian Finnigan, nommé administrateur du diocèse Toowoomba en remplacement de Mgr William Morris, révoqué par le pape, les évêques australiens lui expriment leur soutien, et disent qu’ils ont passé beaucoup de temps à discuter du cas de Mgr Morris, une affaire qu’ils estiment « difficile et pénible ».

 

Ils réaffirment leur solidarité avec les décisions du pape, et expliquent qu’ils continueront à discuter de cet événement lorsqu’ils seront en visite ad limina au Vatican, à la fin de l’année.


Des problèmes de discipline et de doctrine :

Dans cette lettre, les évêques australiens apprécient « que les qualités personnelles de Mgr Morris » n’aient jamais été mises en question. Et soulignent « qu’ils n’ont aucun doute sur la contribution qu’il a apporté à la vie de l’Église à Toowoomba ».


La décision du pape, poursuivent-ils, « n’est pas un déni des dons personnels et pastoraux de Mgr Morris », qui « a été jugé pour des problèmes de discipline et de doctrine » pour lesquels les évêques regrettent qu’il n’ait pas pu y avoir de solution. « Nous espérons que Mgr Morris puisse continuer à servir l’Église d’autres manières dans les années qui viennent » concluent-ils.


Par ailleurs, un document envoyé par le vicaire judiciaire et le vicaire général du diocèse à tous les responsables de paroisses et de secteurs du diocèse prend la défense de l’ancien évêque.

Ce document montre que le conflit tire son origine de la mise en place, par Mgr Morris, d’un guide pour l’utilisation des absolutions collectives, ce qui lui fut reproché par Rome qui réprouvait cette pratique (Lettre apostolique Misericordia dei 2002). Ce texte affirme aussi que le style de l’évêque, ouvert et détendu, fut en général bien accueilli dans le diocèse, à l’exception « d’une petite mais bruyante minorité ». Enfin, selon des documents qui ont été rendus public en Australie, la révocation de l’évêque fait suite à plus de dix années de conflits et de tensions entre le prélat et le Saint-Siège. La lettre pastorale publiée par Mgr Morris en 2006, qui envisageait, à titre de discussion, l’ordination d’hommes mariés, et de femmes, pour pallier à la pénurie de vocation, a aussi été très mal perçue.

 

u_-_etats-unis__vitrail_de_l__-ehnberg_memorial_window-3cad.gif ndlr - comme pour tous les évêques catholiques et toutes les conférences épiscopales nationales, la liberté d'expression et de critique est bien limitée dans un système hiérarchique, hyper-centralisé et autoritaire. Comme quoi, les évêques australiens ont fait le maximum de ce qu'ils pouvaient faire ! Merci à eux de nous avoir confié que la personne de Mgr William Morris est intègre et qu'il ne s'agit pas de pédophilie ou autre affaire personnelle.  Ceci en attendant que des mouvements de laïcs prennent la relève et remettent en question ce système papal qui bloque toute ouverture depuis le concile de Vatican II et qui ne respecte pas du tout l'institution épiscopale (laquelle date du début du IIème siècle et qui prévoit l'élection de l'évêque par les fidèles, lien).

Dimanche 15 mai 2011 7 15 /05 /Mai /2011 07:42
- Par traduction de Jean Kinzler - Publié dans : la Contre-Réforme - Communauté : Religions en toute liberté

mgr_william_morris_portrait.jpg Le lundi 2 mai 2011, au lendemain de la béatification de Jean-Paul II, Benoît XVI dessaisit l’évêque australien Mgr William Morris de son diocèse de Toomooba, dans la province du Queensland en Australie. Romandie News en rend compte immédiatement : « Australie: retraite forcée pour un évêque en désaccord avec le pape » (lien). L’Express.fr reproduit lui aussi l’information donnée par l’AFP.

Le 3 mai, le Journal La Croix le signale dans son édition en ligne et l’information est reprise par les Actualités unitariennes qui font immédiatement le parallèle avec l’affaire Mgr Jacques Gaillot : « Jacques Gaillot (1995, France), Mgr William Morris (Australie, 2011) » (lien). Dans la grande presse, Libération  signale « Un évêque avant gardiste viré par le pape » (lien). Le forum « La Cité catholique », qui invite à discuter des questions ecclésiales entre chrétiens, s’empare aussi du sujet « Mgr William Morris, évêque de Toowoomba, sanctionné » (le modérateur donne des informations et des références sur Internet en toute objectivité, mais les commentaires des premiers participants appuient la décision romaine en rappelant que Jean-Paul II a écarté résolument l’ordination de femmes !) (lien).

Le 4 mai, l’hebdomadaire Golias publie « Scandale en Australie : un évêque « théologiquement incorrect » pour le Vatican destitué par le pape après délation de prélats et groupes néo-conservateurs » (lien)

le lundi 9 mai, les Actualités unitariennes et le groupe « Chrétiens alternatifs » (sur Facebook) lancent une campagne de soutien en faveur de Mgr William Morris : « L’affaire Mgr William Morris sur Facebook » (lien) et les premières réactions individuelles reçues sont publiées sur le site des Actualités unitariennes dès le 10 mai (lien).


Le 10 mai, Anne Soupa, cofondatrice de la Conférence catholique des baptisés de France (CCBF), publie un article sur le site de la CCBF « Mgr William Morris : la mitre et le godillot ». A signaler aussi l’article d’un nommé Marc sur son site « Hotel synodal » : « Tais toi et marche » - l’auteur y fait le lien avec l’infaillibilité pontificale, une arme boomerang dit-il en citant le théologien Bernard Séboué (lien)


Le 11 mai, Témoignage chrétien publie un article de son journaliste Philippe Clanché : « Mgr Morris, un Gaillot australien ? » (lien)

Le 13 mai, L’association Femmes et hommes, égalité, droits et libertés dans les Eglises et la Société (FHEDLES) * publie un communiqué de presse dénonçant la mesure prise par "B16" (lien).

* association née en février 2011 de la fusion de l’association mixte Femmes et hommes en Eglise (FHE, fondée en 1969) et de l’association Droits et libertés dans les Eglises (DLE, 1987). 

 

Le 19 mai, l'association internationale catholique IMWAC a envoyé un message de solidarité, ici traduit en français par Hubert Tournès :" Bien cher évêque Bill Morris, Le Mouvement International Nous sommes Eglise tient à vous exprimer sa pleine solidarité au sujet de la récente position prise par le Vatican, qui vous a ordonné de démissionner. Nous sommes au courant des faits ayant marqué dans la durée votre relation avec le Vatican et nous savons que ceci n'est que le dernier épisode de la longue histoire d'une relation tendue. Nous croyons que ces actions du Vatican ne sont pas en harmonie avec l'Evangile et avec la vie normale du peuple de Dieu. Nous allons informer nos réseaux de la situation de votre diocèse et nous espérons que vous puissiez continuer à prêcher la Bonne Nouvelle. Nous sommes à vos côtés, dans la paix de Dieu."

 

Le 21 mai, l'association Parthenia 2000 (de la mouvance de Jacques Gaillot) a lui aussi envoyé un message de solidarité dont voici la version française (lien) :

" Evêque Toowoomba dans le Queensland-Est en Australie, vous venez d’être démis de votre charge par le Vatican. Ceci nous rappelle ce qui est arrivé à Jacques Gaillot, en janvier 1995.

Dans un premier temps, nous avions exprimé notre colère : comment le Vatican peut-il traiter ainsi un évêque? Jacques Gaillot, un évêque qui n’a pas peur d’aborder les sujets de notre temps et qui manifeste sa fraternité avec les plus pauvres. Mais en le destituant de sa charge d’évêque d’Evreux, le Vatican le nommait évêque de Partenia, ressuscitant ainsi un diocèse disparu dans les sables. Une riche idée ! Aujourd’hui, nous sommes très nombreux dans ce « diocèse », et nous nous réjouissons : voilà un évêque, un diocèse et de nombreux diocésains à travers le monde qui se sentent plus proches de l’Evangile.

Certes, vous n’avez pas eu droit à une telle nomination ! Pas de diocèse de Partenia pour vous. Mais les pauvres, les exclus, ils sont là. Libéré des contraintes liées à l’administration d’un diocèse, vous allez avoir toute liberté pour être avec ceux qui se battent pour vivre debout. « Je suis venu pour que les hommes aient la vie, et qu’ils l’aient en abondance » Jean 10,10.

Ensemble, et de par notre baptême, nous savons que nous pouvons dès aujourd’hui, vivre en ressuscités. Et nous avons reçu une mission : « être le sel de la terre ». Au fond, la salière importe peu. Ce qui compte, ce n’est donc pas tant notre Eglise (notre salière), ce qui compte, ce sont les exclus qui se font des amis grâce à nous. Comme le disait l’un d’entre eux : « Nous sommes sans papiers, mais pas sans amis ». Nous vous souhaitons beaucoup d’amis ! " (Pour le conseil d’administration de l’association Partenia 2000,le président Gérard Warenghem).

 

Samedi 14 mai 2011 6 14 /05 /Mai /2011 03:38
- Par Actualités unitariennes - Publié dans : la Contre-Réforme - Communauté : Religions en toute liberté

Dans le cadre du soutien à Mgr William Morris, lancé comme "évènement" sur Facebook par les Actualités unitariennes et la page "Chrétiens alternatifs" ( lien), voici les premières réactions que nous avons reçues :

toowoomba_eveche.jpg

blason du diocèse catholique de Toowoomba (Australie)

dont l'évêque, Mgr William Morris vient d'être "viré" par le pape Benoît XVI


Régis Pluchet, Le Mans, journaliste (sur les questions de santé) à la retraite, militant écologique, protestant de l’Eglise réformée de France (ERF), membre de l’Assemblée fraternelle des chrétiens unitariens (AFCU), message du 3 mai sur la page Facebook de Jean-Claude Barbier. - Ce n'est pas vraiment étonnant, même si c'est tellement anti-chrétien. Mais une chose m'étonne : comment l'évêque William Morris, tout comme Jacques Gaillot auparavant, peut-il accepter son éviction sans tenter de résister et de se maintenir à la tête de son diocèse malgré l'inique sentence papale !


Christian Coppola, Région de Bruxelles, juriste spécialisé sur les questions européennes, chrétien de formation catholique, sur la page Facebook de Jean-Claude Barbier, le 3 mai - J'ai parfois l'impression que certaines communautés [catholiques] qui en ont marre du Vatican, sont fatiguées. Et quand on pense que Ratzinger lui-même a des problèmes avec ses traditionalistes, théologiens et membres de la curie, qui le trouvent trop tiède et se déclarent déçus, on mesure le désastre ! (puis le 10 mai) - Quand on entend le Vatican dire que mettre en cause l'autorité du pape est une atteinte à la foi chrétienne ... Que peut-on ajouter ? C'est délirant. (le 10 mai sur la page "Chrétiens alternatifs"). Mon total soutien.


André Eusope et André Gato, chrétiens progressistes et humanistes, approuvent une critique sur le Vatican, le 8 mai sur la page Facebook de Jean-Claude Barbier, et le 10 mai, notre campagne de soutien à Mgr William Morris.


Theadora Davitt-Cornyn, Oxnard, Californie, unitarienne-universaliste américaine, diplômée en théologie, de culture latine, approuve le soutien apporté à Mgr William Morris, le 8 mai sur la page Facebook de Jean-Claude Barbier


Roger Gau, Blagnac, près de Toulouse, ingénieur d’aviation à la retraite, chrétien unitarien, membre de l’Assemblée fraternelle des chrétiens unitariens (AFCU), message du 9 mai sur la page Facebook de Jean-Claude Barbier - Décision inacceptable que nous devons tous condamner avec force.


Annie Tricaud, Caulnes dans le département des Côtes d’Armor (Bretagne), secrétaire juridique à la retraite, conseillère en une marque de produits de beauté, catholique, message du 9 mai sur la page Facebook de Jean-Claude Barbier - Il serait temps en effet d'ouvrir le débat sur le mariage des prêtres : certain des apôtres étaient mariés ...c'est les représentants de l'Eglise qui ont voulu des prêtres non mariés de peur qu'ils ne puissent être efficaces ! Si le célibat des prêtres tombait dans le néant, nos églises, chaque petite église aurait son prêtre, et les pratiquants reviendraient ! Le Seigneur n'a jamais dit qu'ils devaient être célibataires...en ce qui concerne les femmes...pourquoi pas ! mais avançons pas à pas et ne bousculons pas trop vite notre papa et nos évêques ...
Je trouve dommage d'avoir limogé un évêque ouvert pour un rassemblement dans le Christ, par une solution qui me parait à moi (en toute humilité) louable et génératrice de nouveaux prêtres !


Georges d’Humières, Narbonne (Languedoc), protestant de l’Eglise réformée de France (ERF), militant de la langue occitane, message du 9 mai sur la page Facebook de Jean-Claude Barbier - Après Parthenia [ndlr : affaire Mgr Gaillot, 1995, où l’évêque se vit offrir un évêché en Tunisie qui n’existe plus depuis la Conquête arabe], il va falloir encore trouver un évêché placard ! C'est nul !


François Poutot, Charmes (département des Vosges), membre de Jonas Vosges, par messagerie le 10 mai, suite à l’information donnée au sein du réseau des correspondants du Parvis - Il n'y a pas de raison que Gaillot soit le seul à avoir été sanctionné. Quand on est borné .... Hélas ! Mais c'est bien triste et, quoi qu'il en soit, l'AMOUR doit être le seul lien qui puisse nous transcender. Le reste n'est que broutille ! Mais on peut tout de même protester devant les diktats du Vatican et celui-là n'est pas fait pour m'en rapprocher.


Nicole Palfroy, Française vivant dans le Bugey (département de l'Ain), professeur de lettres à la retraite, fait partie de l'association Chrétiens de l'Ain en recherche (CAR) rattachée au réseau des Parvis, par messagerie le 10 mai, suite à l’information donnée au sein du réseau des correspondants du Parvis -

 Chrétienne, en opposition avec l'Eglise catholique dont elle est originaire, à cause de son intransigeance, son autoritarisme, ses fastes, son rejet de la théologie de la Libération en Amérique du Sud, etc , en un mot son comportement dans tout ce qui est contraire à l'enseignement de Jésus, mais aussi à son attitude dans la vie que les apôtres ont relatée de Lui.
Je tiens à apporter mon soutien aux chrétiens d'Australie et du monde entier face à la douleur qu'ils ressentent devant la destitution inique de Mgr W. Morris. Cette affaire ressemble à celle de Mgr Gaillot en France ; ce dernier a poursuivi sa mission sans contrainte, il est maintenant un évêque du monde entier. Je souhaite que Mgr Morris puisse continuer lui aussi à faire entendre la voix de l'Evangile, la Bonne Nouvelle que nous a apportée Jésus, notre modèle et notre Maître. Lui n'a jamais condamné personne. Il nous a apporté la liberté et non l'autoritarisme d'un pouvoir arbitraire qu'Il n'a jamais prêché. Ce sont de grands chrétiens comme Mgr Morris, Mgr Gaillot et bien d'autres, qui ont compris le message de Jésus et permettront qu'il soit toujours vivant et écouté. L'Eglise catholique est une véritable dictature des âmes et des consciences ; les dictatures ne survivront pas.


Jean Riedinger, Lorraine (France), animateur de Espérance 54 (association membre de la Fédération des réseaux du Parvis), catholique, message du 10 mai à Jean-Claude Barbier - Je pense de toutes façons qu'il faut trouver d 'autres voies pour faire connaître notre réaction à l'égard de cet événement, par Internet notamment. Ne serait ce que sur des blogs ou des sites déjà connus de diverses associations, des journaux nationaux ou locaux, ou en faisant connaître notre réaction à des institutionnels (sites ecclésiaux par exemple, voire évêques, radios chrétiennes, etc) Et pourquoi pas protestation au Vatican lui même.

 

Maurice Cabana-Proulx, Gatineau, Québec, professeur d'histoire, unitarien-universaliste, message du 10 mai sur la page facebook de Jean-Claude Barbier - Le meilleur appui que l'on peut offrir à Mgr Morris c'est de lui rappeler que le catholicisme n'est pas une sentence à vie, que la porte de sortie est là, ouverte, disponible à tous ceux qui en ont marre de cette gérontocratie phallocrate qui refuse avec véhémence de quitter l'époque médiévale.

 

"Arianiste Chrétien", Neuchâtel (Suisse), pasteur indépendant, chrétien arianiste,

et Patrick-Edouard Bernardeau, Limoges, praticien en psychogérontologie clinique et pathologique, protestant libéral de l'Eglise réformée de France, approuvent les critiques émises contre le Vatican sur la page Facebook de Jean-Claude Barbier.

à suivre ...

Mardi 10 mai 2011 2 10 /05 /Mai /2011 14:09
- Par Actualités unitariennes - Publié dans : la Contre-Réforme - Communauté : Religions en toute liberté

 L’hebdomadaire La Croix ( lien) * nous informe ce jour que les réactions commencent à être vives en Australie au lendemain de l’éviction de Mgr. William Morris qui, aux yeux du Vatican, a eu le tort de s’interroger sur un élargissement possible du recrutement des prêtres aux hommes mariés, aux prêtres ayant quitté le ministère, aux pasteurs anglicans, et aux femmes mariées. Mal lui en a pris !

 

* l'article, dont l'accès est payant, peut être lu en entier sur Google en cache ( lien)

 

mgr_wiliam_morris2.jpg

 

Malheureusement, l’Australie étant géographiquement aux antipodes de la France métropolitaine, les chrétiens unitariens ont été pratiquement les seuls, jusqu’à présent, parmi les mouvances associatives militantes, à s’en émouvoir ( lien). Signalons aussi un excellent article paru le 4 mai dans l’hebdomadaire Golias « Scandale en Australie : un évêque « théologiquement incorrect » pour le Vatican destitué par le pape après délation de prélats et groupes néo-conservateurs » (lien).

Afin de renforcer la mobilisation des chrétiens francophones sur cette affaire, qui rappelle celle de Mgr Jacques Gaillot, les Actualités unitariennes, en collaboration avec la page Facebook « Chrétiens alternatifs » (lien) a décidé d’ouvrir ses colonnes pour faire part des réactions individuelles ou associatives des uns et des autres. Un « événement » a en conséquence été créé sur la page Facebook en question, à la date du 31 mai qui sera le terme de cette mobilisation (lien).

Les participants y seront comptabilisés. Par ailleurs, tous ceux qui veulent s’exprimer pourront le faire selon les moyens suivants :
- soit en envoyant directement un message à la Correspondance unitarienne (contact),
- soit en écrivant un commentaire en bas de cet article (cliquer sur "commentaire")
- soit en allant sur la page Facebook des « chrétiens alternatifs » (lien) ou directement celle de l'évènement en question (lien).
Vous pouvez mentionner votre nom et prénom (ou à défaut un pseudonyme), votre ville ou région, votre appartenance religieuse, éventuellement votre activité professionnelle. Votre message sera reproduit à la suite de cet article. L’échéance sera celle de l’événement qui a été fixé au 31 mai. Les résultats de cette mobilisation seront transmis à l’évêché de Toowoomba dans le Queensland-Est en Australie.

 

Chers lecteurs, à vos plumes ! Ne laissons pas passer cet évènement sans réagir …

Lundi 9 mai 2011 1 09 /05 /Mai /2011 18:36
- Par Actualités unitariennes - Publié dans : la Contre-Réforme - Communauté : Religions en toute liberté

mgr_william_morris.jpg Pour avoir, dans un bulletin pastoral publié à l’Avent 2006, émis des propositions concernant le recrutement de prêtres, Mgr William Morris, évêque Toowoomba  dans le Queensland-Est en Australie, s’est fait virer comme un malpropre par son supérieur hiérarchique, le pape Benoît XVI.

 

Il n’a même pas pu dire ouf puisqu’il n’a pas eu connaissance du rapport de la visite apostolique effectuée dans son diocèse par l’archevêque de Denver (Etats-Unis) à la demande de Rome, et qu’il n’a pas été appelé au Vatican pour s’expliquer.


Quelle faute gravissime aurait-il donc commise ? Eh bien tout simplement d’avoir estimé, dans son bulletin pastoral, que, compte tenu de la baisse du nombre de prêtres, l’Église devait ordonner des hommes et des femmes mariés, discuter de la réintégration des prêtres ayant quitté le sacerdoce, ou encore admettre les ordinations conférées par les anglicans et les protestants.


Or, les synodes diocésains et les évêques ne doivent pas causer sur les sujets sensibles qui, eux, sont domaines réservés du Vatican ! Motus bouche cousue. Alors de quoi cause-t-on au sein des Conférences épiscopales nationales ? Mystère …


Par une procédure semblable, prévue par le Droit canon, Mgr Jacques Gaillot avait été démis de sa charge d’évêque d’Evreux en janvier 1995 par Jean-Paul II (lequel vient d'être déclaré Bienheureux ce 1er mai 2011). Les évêques catholiques sont des préfets révocables …


Bien entendu, c’est à l’encontre de l’institution épiscopale qui, elle, s’est affirmée au tout début du IIème siècle avec une toute autre éthique ; voir notre dossier dans les Etudes unitariennes « le christianisme épiscopal » (lien)

Source d’information : Urbi&Orbi, tout nouveau bulletin d’information publié par le quotidien La Croix (lien)

Mardi 3 mai 2011 2 03 /05 /Mai /2011 03:09
- Par Jean-Claude Barbier - Publié dans : la Contre-Réforme - Communauté : Religions en toute liberté
EXIT GODFRIED

Il fallait s’y attendre. L’archevêque de Malines-Bruxelles, primat de Belgique, cardinal de surcroît, n’a pas échappé à la vindicte des frères Ratzinger, car ils sont deux, et le moins connu, petit monseigneur bavarois, n’est pas le moins vindicatif, tant s’en faut. Ils ne lui avaient pas pardonné les réserves qu’il s’était permis de formuler tout au long du dernier conclave et la déception qu’il n’était pas parvenu à dissimuler, à la fin de celui-ci, dans une conférence de presse, qui fut sans doute, quoi qu’il en dise, un des meilleurs moments de vérité de sa carrière. Un des derniers cardinaux qu’on appelait « libéraux », pour leur reconnaître une certaine personnalité et signifier qu’ils n’étaient pas toujours rigoureusement bien alignés, comme tous les autres, dans la ligne pontificale, le petit doigt sur la couture de la soutane, a donc été éliminé. Ce fut également le cas,  récemment, de Martini l’archevêque de Milan, bien connu pour ses positions progressistes en matière de morale et de théologie. Lui aussi a été fermement invité à prendre sa retraite à soixante-quinze ans, sans atermoiement ni tergiversation.

Cela veut simplement dire que le progressisme n’a plus aucun avenir dans l’Eglise catholique. On s’en doutait d’ailleurs, depuis que, sans relâche, et avec l’obstination qu’on lui connaissait, Jean-Paul II avait cadenassé toutes les nominations importantes, dans la hiérarchie de cette Eglise, du côté le plus traditionnel et le plus conservateur. Il n’y a pas de miracle, à Rome encore moins qu’ailleurs, et l’Opus Dei a jusqu’ici bien placé ses pions, dans les évêchés comme sur les autels. Benoît XVI n’avait plus qu’à poursuivre. Il le fait consciencieusement aujourd’hui en nommant archevêque de Malines-Bruxelles notre ineffable André-Mutien Léonard. Celui-ci, rappelez-vous, avait débuté ses exactions à Namur en fermant le séminaire qui avait le grand défaut d’être quelque peu ouvert et en recherche. Faisons-lui confiance, il ne tardera pas à découvrir, à un plus haut niveau, quelque chose à détruire, pour affirmer son autorité et la rectitude absolue de son jugement.

Cela pourrait bien être l’UCL, l’université catholique de Louvain la Neuve, qui a le grand tort de ne toujours pas condamner en bloc et en détail, comme il le souhaitait, la pilule, l’avortement, le contrôle des naissances, le préservatif, la conception médicalement assistée, le clonage des cellules, l’utilisation des embryons, l’euthanasie, etc, et dans laquelle, il n’y a pas si longtemps, il n’avait pas hésité à envoyer une taupe en observation, tout en négligeant de la payer, bien sûr. Seuls, les fidèles des deux provinces de Namur et du Luxembourg pourront se réjouir d’enfin connaître un bon débarras. C’était leur évêque.

Il n’y a plus de progressisme possible dans les rangs de l’Eglise universelle. Ce n’est pas en effet l’exaspération de quelques dominicains hollandais qui imaginaient des eucharisties sans prêtre, ni la grève de la faim d’un évêque brésilien qui se solidarisait avec les Indiens sans terre, qui va créer un nouveau courant progressiste. Ils seront désormais de plus en plus isolés, déconsidérés, et probablement écrasés avant d’avoir pu susciter un courant d’opinion. L’expérience acquise par Jozef Ratzinger au sein du saint Office, avant qu’ils ne changent de nom l’un et l’autre, ne laisse aucun doute à ce sujet. Le sort qui a été réservé aux « théologiens de la libération » ne donne plus aucune chance aux intellectuels soucieux de recherche et de formulations nouvelles. La façon dont ont été traités Helder Camara, porte-parole du tiers-monde, Pedro Arrupe, général des Jésuites, et les frères Cardenal, ministres au Nicaragua, garantit à tous ceux qui s’engageront désormais socialement et politiquement dans la vérité auprès des opprimés, un traitement qui aura pour effet de les réduire au silence ou à la démission.

Chez nous aussi, les espaces de liberté se font rares. Les voix discordantes se taisent. Les espoirs sont déçus. Et, pour beaucoup, qui avaient vécu le concile Vatican II d’abord, mai soixante-huit ensuite, c’est le temps du blues. Bien sûr, Louis Evely, Pierre de Locht, Jean Cardonnel et Edward Schillebeeckx  sont morts, Jacques Gaillot a été démis de ses fonctions comme Hans Kung, et Jean Kamp réduit à la plus grande discrétion. Ignace Berten fait, paraît-il, l’objet de menaces, et Gabriel Ringlet se tait bien souvent dans son prieuré campagnard. Les théologiens semblent s’être enterrés, dix mètres sous terre, dans leurs abris anti-dogmatiques, tellement ils considèrent que leur vie est risquée. Les prêtres ouvriers, pratiquement tous à la retraite maintenant, font de plus en plus figure d’anciens combattants. Et ce n’est pas Léon de Pas, comte romain, dernier héritier d’un zouave, tout aussi courageux et téméraire que son ancêtre, mort héroïquement à Rome pour les Etats pontificaux, qui, en reniant son baptême, va créer une révolution.

Et pourtant, la pratique religieuse s’amenuise lentement mais constamment en Belgique. On est obligé d’envisager l’abandon, la démolition, parfois la vente des églises et des presbytères. Le nombre des prêtres en fonction a fondu, parfois réduit à un quart de ce qu’il avait pu être. Les congrégations religieuses ont fusionné, maintenant elles disparaissent. Les couvents sont progressivement transformés en maisons de repos. Godfried Danneels a tout à fait raison de parler du « petit reste », mais ce n’est guère une vision d’espoir. Les seuls îlots de dynamisme et de vie active, parfois désordonnée il est vrai, semblent être les communautés charismatiques et traditionalistes. Mais cela a souvent l’allure d’une propriété privée. De toute évidence, ce n’est pas fait pour tout le monde ! Les évêques embauchent sans relâche des prêtres étrangers pour essayer de boucher les trous dans un tissu ecclésial usé et rapiécé. Pour eux, il n’y a pas de sans-papiers, pas d’immigrés sans droit d’asile. Si ceux-ci sont ordonnés prêtres, et au besoin on accélère le processus pour qu’ils le soient,  ils ne seront pas reconduits à la frontière !

Pourquoi se faire encore des illusions ? L’Eglise catholique est malade, gravement, elle va mourir. On la croyait éternelle ? Ce n’est pas vrai. Elle est humaine, spatio-temporelle comme les êtres humains. Ernest Renan avait raison de dire : le Christ avait promis le Royaume et c’est l’Eglise qui est arrivée. C’est pourquoi il est de plus en plus nécessaire et urgent de faire des distinctions importantes. Christianisme et Eglise catholique ce n’est pas la même chose. Quand on aura retiré des évangiles tout ce qui y a été rajouté durant les trois premiers siècles, on s’apercevra que Jésus n’a jamais voulu créer une organisation religieuse, sacrée et hiérarchisée, copiée sur celle du temple juif, mais qu’il a plutôt voulu une conversion du cœur et de l’esprit des hommes et des femmes en vue de transformer le monde.

Ce qui est en cause dans cette dégradation continue de l’Eglise, ce n’est pas la réforme liturgique avec le français plutôt que le latin, ou l’inverse, ce n’est pas l’autel dos ou face au peuple, ce n’est pas non plus le célibat ou le mariage des prêtres, ni même l’ordination des femmes, ni la révision ou la libéralisation éventuelle de toute la morale sexuelle. Ce qui est en cause est bien plus grave, on peut dire que c’est le Credo. Il n’y a plus guère une ligne de celui-ci qui se tienne réellement telle quelle face à la compréhension raisonnée et critique d’un homme du vingt et unième siècle qui, s’il accepte toujours de croire en quelque chose ou en quelqu’un, est cependant devenu allergique aux mystères de la foi. Rares sont ceux qui s’en rendent compte et sont prêts à l’admettre. Il n’y a guère eu de réaction dans notre Eglise, quand, il y a quelques années, les Abbés de Maredsous et d’Orval ont quitté leurs prestigieuses abbayes et se sont mariés, ni quand l’Abbé de Chimay s’est déclaré homosexuel, et du même coup s’est fait exclure. C’étaient pourtant des signes qui ne trompent pas.

Bien qu’il ait mis près de trois siècles pour être élaboré, le symbole de Nicée a accumulé des affirmations qui n’ont plus leur justification dans l’esprit de nos contemporains. Le Dieu unique continue à affronter la Trinité avec sa complication et son imbroglio de natures et de personnes, et cet affrontement est particulièrement sensible aujourd’hui aux islamistes. Quant à la toute-puissance de Dieu, elle rend tout à fait injustes les tsunamis, les tremblements de terre, et même les guerres, car elle exclut le hasard et ce n’est pas en invoquant la liberté des hommes qu’on peut les justifier. C’est pourquoi il ne manque pas de curés actuellement qui préfèrent parler d’un Dieu très aimant plutôt que tout puissant, d’une faute habituelle ou occasionnelle plutôt qu’originelle. La création telle que définie traditionnellement s’accommode mal de l’évolution pourtant maintenant scientifiquement établie. Et ainsi de suite…

Quand on sait l’histoire et les péripéties humaines des huit premiers grands conciles œcuméniques de l’Eglise catholique qui, jusqu’au neuvième siècle, ont d’ailleurs tous eu lieu, non à Rome mais en Turquie, siège de l’empire byzantin, on a des raisons de se demander si cette Eglise catholique est réellement chrétienne, c’est-à-dire du Christ, et si tous ces dogmes accumulés au cours des siècles n’ont pas eu des motivations bien plus politiques, partisanes ou économiques qu’évangéliques.

Il y a donc du travail pour quelques générations de théologiens, car le ménage à faire est immense et radical. Mais ne nous faisons pas d’illusions, c’est un travail impossible pour eux, car révision et réforme exigent des acteurs entièrement libres, et depuis toujours il est interdit dans l’Eglise de toucher aux dogmes, ne fût-ce que pour les habiller autrement. C’est le caractère dogmatique de l’Eglise qui, profondément, empêche son évolution et son adaptation au monde moderne. Ce sont finalement ses dogmes qui tueront cette religion, par étouffement.

Il est grand temps que tous ceux qui un jour ont été touchés par les valeurs de l’Evangile prennent conscience du tournant qui est à effectuer. Pour ne pas perdre ce précieux héritage il faudra d’une façon ou d’une autre le libérer des structures qui l’entourent et le faire vivre au-dehors. On avait oublié que l’Evangile est un message de grand air, à vivre hors les murs. Exit Godfried, on regrettera sincèrement sa simplicité, sa bonhomie, sa recherche permanente du consensus, imprégnée de bonté, mais pas sa soumission souvent aveugle au système clérical. Exit Godfried, mais qu’ils sortent donc aussi de leurs églises, les chrétiens ! Tout est encore à faire ...

Jacques MEURICE, prêtre.

reproduction de son texte publié le matin même (avec quelques coupures) par le quotidien La Libre Belgique (Bruxelles) et transmis à la Correspondance unitarienne par Philippe de Briey.

Jacques Meurice est l'auteur de :
- Adieu l’Eglise, chemin d’un prêtre-ouvrier, L’Harmattan, Paris, 2004, 159 p., présenté par Jean-Claude Barbier dans la Correspondance unitarienne, n° 54, avril 2006 (lien)
- Jésus sans mythe et sans miracle. L’évangile des zélotes, Golias, Villeurbanne, 2009, présenté dans les Actualités unitariennes le samedi 27 juin 2009 (lien), puis le vendredi 13 novembre 2009 (lien)

Mardi 19 janvier 2010 2 19 /01 /Jan /2010 13:11
- Par Jacques Maurice - Publié dans : la Contre-Réforme - Communauté : Religions en toute liberté

Des escouades de nouveaux prêtres catholiques sortent des séminaires tenus par des mouvances réactionnaires de l'Opus Déï, les Légions du Christ, l’institut Bon Pasteur, et d'ici quelques temps la Fraternité Pie X, etc. Ils sont jeunes, ne doutent pas de leur célibat, se consacrent à 100% au fonctionnement de l'Eglise, renvoient les laïcs à leurs engagements temporels, sont directement prosélytes, etc.
Le heurt est assuré entre cette élite, efficace et qui vise la restauration, et les laïcs que les Eglises diocésaines forment pour de nombreuses tâches ecclésiales : accueil des personnes dans les presbytères, gestion financière et administrative des paroisses, services funéraires, animation liturgique, visite des gens malades ou en difficulté, etc. Voir un exemple concret, particulièrement éloquent, sur le blog de Michel 64 (membre de la communauté de blogs "Religions en toute liberté" que nous animons).


Ce sera l'Eglise post-Vatican II, non seulement rectifiée par Jean-Paul II puis Benoît XVI, mais restaurée. Ceci ne sont pas nos oignons puisque s'agissant d'une autre Eglise que la nôtre. Nous n’en sommes pas moins attristés et nous en aurons très probablement des répercussions, à savoir l'accueil au sein de nos mouvances libérales (catholiques, protestantes et unitariennes) de diacres et autres assistants pastoraux qui auront été mis à l'écart, par rabaissement et subordination extrême. Que nous sachions les accueillir le moment venu avec la tolérance qui doit être la nôtre.

Après la génération des mouvements d’Action catholique qui a pourvu en catholiques les partis politiques et les syndicats de Gauche ; après la génération Jacques Gaillot, dont l’exclusion en 1995 de l’évêché d’Evreux suscita la formation de la Fédération des réseaux des Parvis (aujourd’hui avec 50 mouvements), il faut s’attendre à cette nouvelle vague de laïcs toute acquise à la promotion du laïcat dans les activités paroissiales mais que leur Eglise n’aura pas su retenir.

analyse parue dans le bulletin de la Correspondance unitarienne n° 91, mai 90, à la rubrique "Information"

Vendredi 24 avril 2009 5 24 /04 /Avr /2009 12:35
- Par Jean-Claude Barbier - Publié dans : la Contre-Réforme - Communauté : Religions en toute liberté

Après la série déjà impressionnante des propos réactionnaires du pape depuis son élection, l’ambiance est celle des fins de règne. Des hommes politiques s’insurgent contre des prises de position qui sapent les efforts des politiques de santé. Les sondages d’opinion posent ouvertement la question du maintien de Benoît XVI à la tête de son Eglise, lien. Des manifestations publiques, avec pancartes et banderoles, mobilisent des foules. Des choses impensables il y a seulement quelques mois.

A Buenos Aires, ils étaient 1 100 ce lundi 30 mars, pour une séance publique de débaptisation. Cette apostasie collective marquait la fin de la campagne "Pas en mon nom" (" No en mi nombre "), lancée à l'initiative de plusieurs associations LGBT.

Celles-ci ont été rejointes par des athées qui n’approuvent pas la confusion entre l’Etat et l’Eglise. Il faut dire qu'en Argentine les symboles religieux sont présents dans les écoles, les hôpitaux et les administrations publiques ; de plus, l'Eglise catholique y reçoit des subventions en fonction du nombre de baptisés.

Photo de Mathilde Guillaume pour le journal Têtu.

En France, il y a eu campagne de débaptisation lorsque le pape est venu aux célébrations du baptême de Clovis à Reims – mais cela concernait des anti-cléricaux. Il y a maintenant, fait nouveau, des catholiques qui décrochent (voir un témoignage dans notre dernier bulletin de la Correspondance unitarienne).

Pour se faire débaptiser, la procédure est simple. Il faut adresser une lettre à l’évêque de son lieu de baptême en indiquant le jour et la paroisse.

Ceci dit, les unitariens respectent et acceptent le baptême des autres communautés chrétiennes. Ceux qui nous rejoignent gardent leur baptême, même si ce fut un baptême d’enfant – en cela les unitariens se sont démarqués des anabaptistes qui, eux, rebaptisaient systématiquement leurs ouailles. Sur le plan théologique, les anabaptistes avaient raison : le pédobaptême n'a aucun fondement puisqu'il s'agit d'un rite de conversion et donc nécessairement lié à un engagement pleinement lucide et responsable. 

Samedi 4 avril 2009 6 04 /04 /Avr /2009 05:21
- Par Actualités unitariennes - Publié dans : la Contre-Réforme - Communauté : Religions en toute liberté

Les hommes politiques le savent très bien, bien qu’ils disent le contraire lorsque les sondages leur sont défavorables, l’opinion publique, incessamment relayée par les médias, mais aussi par la blogosphère et les multiples moyens modernes de communication, est reine. On évoque parfois des lynchages médiatiques ... comme naguère les hommes pieux lapidaient ceux qui étaient accusés de péché.

Or, jusqu’à présent, cette opinion publique s'était plutôt montrée bonne enfant vis-à-vis des instances religieuses. En septembre 2008, 86% des catholiques pratiquants réguliers avaient encore une bonne opinion de leur pape, 65% pour l’ensemble des catholiques, et 53% pour tous les Français – somme toute très bons scores quand on pense à la réputation déjà bien établie de rigueur doctrinale et d’ultra conservatisme qu'avait le cardinal Ratzinger, vite confirmée par ses premières maladresses en tant que pape (le discours de Ratisbonne, le voyage au Brésil où il a heurté la sensibilité des Amérindiens en louant l’évangélisation musclée du continent par les Espagnole et les Portugais, etc.). On aurait pu déjà s'attendre à des résultats médiocres. La désillusion, déjà bien présente chez les militants, tardait à venir dans l'opinion.

Cette fois-ci, après son discours contre les préservatifs dans l’avion en allant au Cameroun (ce mardi 17 mars) , c’est la chute vertigineuse (non pas de l’avion, mais des scores) : respectivement 52% (86 six mois plus tôt), 29% (contre 65) et 23% (contre 53), d'après un sondage CSA pour Le Parisien/Aujourd'hui publié ce samedi 21 mars, réalisé par téléphone les 18 et 19 mars auprès d'un échantillon de 1 012 personnes représentatif de la population française.

Désormais, les sondages - qui fourrent leur nez partout - posent carrément la question du maintien de l’actuel pape au Vatican ! S'ils sont 54% à vouloir qu'il reste au Vatican, les catholiques de France sont 83% à estimer que l'Eglise doit modifier son discours et ses positions sur l'avortement pour tenir compte des changements intervenus dans la société. Ils veulent également que l'Eglise change son discours et ses positions sur la contraception (85%), le remariage des divorcés (77%), l'homosexualité (69%). Ce sondage du CSA sera publié dimanche ; il a été effectuée du 19 au 20 mars (soit après les propos du pape) auprès d'un échantillon de 620 catholiques représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus.

Après les propos en Angola contre l’avortement thérapeutique, qui également touchent à l'humanitaire, on peut s’attendre à une autre dégringolade.

Il faut dire que ces propos extrémistes du pape ont, pour la première fois, soulevé une vague de protestations de la part d’hommes politiques, de ministres et de présidents.
Rébellion de l’opinion publique, des sociétés civiles, des catholiques, voir même de plusieurs évêques qui commencent à dire tout haut ce que d’autres pensent tout bas !

Nous sommes assurément à un tournant de l’histoire religieuse de nos pays tant Occidentaux que du Sud (à commencer par le Brésil).

Dimanche 22 mars 2009 7 22 /03 /Mars /2009 04:56
- Par Jean-Claude Barbier - Publié dans : la Contre-Réforme - Communauté : Religions en toute liberté

Folie
le billet de Michel Théron dans Golias

"Le fou est celui qui a tout perdu, sauf la raison".
Cet aphorisme paradoxal de Chesterton signifie que le fou raisonne très bien : la seule différence est qu’il le fait en partant de bases fausses. Il se vérifie bien souvent, par exemple dans le fait-divers que nous venons d’apprendre.


C’est l’excommunication, au Brésil, d’une mère de famille dont la fille de neuf ans a dû avorter après avoir été violée par son beau-père. La décision de l’évêque de Recife a été approuvée par le Vatican.
Ce comportement scandaleux est d’une grande logique, dès lors qu’on sacralise la vie de façon inconditionnelle. Évidemment on n’a nul égard pour celle qui la porte en elle, pas plus que pour ce que sera la vie de l’enfant à naître. À l’immaturité évidente de la mère ici s’ajoute le traumatisme de ce crime qu’est le viol. Mais de tout cela on ne se soucie pas, puisqu’on a été cohérent avec le principe qu’on a posé au départ.

La logique et la rationalité même sont bien différentes de l’intelligence. Ainsi la fille de Philippe II roi d’Espagne avait fait le vœu de ne pas changer de chemise avant que la ville d’Ostende fût prise. Elle tint parole, et ainsi fut totalement logique et rationnelle dans l’accomplissement de son vœu – mais aussi bien sûr tout à fait stupide de l’avoir fait.

La folie est dans la psychorigidité qui, une fois le principe posé, nous le fait considérer comme intangible, et ordonner notre conduite de façon qu’elle en dérive automatiquement et mécaniquement. S
acraliser inconditionnellement la vie est une absurdité. Rien de plus vivant par exemple qu’une tumeur. Pourtant en proliférant elle peut détruire la vie, par l’incapacité même où elle est de mourir : les cellules ne peuvent plus opérer leur suicide normalement programmé, leur apoptose.

ndlr (Actualités unitariennes) : La position du pape, ici mise sur le dos du capitalisme par le  dessinateur espagnol Matiz - sans doute par simple alignement sur la pensée dominante dans certains milieux - ne relève-t-elle pas plutôt d'un mode de pensée fréquent que ce soit dans les milieux ultra conservateurs ou ultra progressistes, laquelle génère les fanatismes, les exclusions, et finalement nombre de conflits ?

Les Eglises devraient se souvenir que dans sa réalité vécue la vie est constamment changeante, et exige que nous accommodions notre regard à des contextes toujours différents. Aucun principe posé a priori ne tient devant cela. Lao-Tseu dit fort bien, au début du Tao Te King : " La voie vraiment voie n’est pas une voie constante. Les termes vraiment termes ne sont pas des termes constants. "

Michel Théron

© Golias Hebdo, n°  72 - Semaine du 19 au 25 mars 2009 - lien
reproduit ici avec l'autorisation de l'auteur et de la revue 

Vendredi 20 mars 2009 5 20 /03 /Mars /2009 13:34
- Par Michel Théron - Publié dans : la Contre-Réforme - Communauté : Religions en toute liberté
"Le schisme de la hiérarchie catholique" par Ivone Gebara, théologienne brésilienne, paru dans la revue Adital, traduit en français par Claude Lacaille.

 

Les derniers évènements concernant l’interruption de grossesse d’une fillette de neuf ans au Pernambuco (Nord-Est du Brésil) a mis en évidence un fait qui était déjà présent depuis longtemps dans l’Église catholique romaine. Les évêques ont perdu le sens du gouvernement par rapport aux défis de l’histoire et de la foi de la communauté et ils s’estiment plus fidèles à l’Évangile de Jésus que la communauté elle-même. Pour maintenir une compréhension centralisatrice et anachronique de leur fonction et de la théologie correspondante, ils se sont éloignés de nombreuses souffrances et douleurs concrètes des personnes surtout des femmes. Ils ont fini par être les défenseurs de principes abstraits, d’incertaines hypothèses et ont même prétendu être les défenseurs de Dieu. Cet évènement de distanciation est ce que j’appelle schisme. Les évêques, autant au niveau national qu’international (et ici j’inclus aussi le pape, comme évêque de Rome) sont devenus schismatiques par rapport aux communautés chrétiennes catholiques, c’est-à-dire qu’ils ont rompu avec une grande partie de celles-ci en diverses occasions. L’incident relatif à la prohibition de l’interruption de grossesse de la fillette dont Mgr José Cardoso Sobrinho, archevêque d’Olinda et Recife s’est fait un protagoniste en est un exemple irréfutable. Sans doute y a-t-il de nombreuses personnes et groupes qui pensent comme lui et renforcent son schisme. Cela fait partie du pluralisme dans lequel nous vivons toujours.

 

La hiérarchie de l’Église, servante de la communauté des fidèles, ne peut sur certaines questions s’éloigner du sens commun et pluriel de la vie de foi. Elle ne peut également dans des affaires de for intérieur et même de groupe se substituer à la conscience, aux décisions et au devoir des personnes. Elle peut émettre une opinion, mais non pas l’imposer comme une vérité de foi. Elle peut s’exprimer, mais non pas forcer les personnes à assumer ses positions. En ce sens, elle ne peut instaurer une guerre sainte au nom de Dieu pour sauvegarder des choses qu’elle juge être volonté et prérogative divine. La tradition théologique dans la ligne prophétique et sapientielle n’a jamais permis qu’un fidèle, même évêque, ne parle au nom de Dieu. Et cela parce que le dieu dont nous parlons en notre nom est à notre image et ressemblance.  Le Mystère Sacré qui traverse tout ce qui existe est inaccessible à nos jugements et à nos interprétations. Le Mystère qui habite en tout n’a justement pas besoin de représentants dogmatiques pour défendre ses droits. Notre parole n’est rien de plus qu’un balbutiement d’approximations et d’idées changeantes et fragiles, même concernant l’ineffable Mystère. C’est dans cette perspective également qu’on ne peut non plus obliger l’Église hiérarchique à devenir, par exemple, la promotrice de la légalisation de l’avortement, mais que simplement elle n’empêche pas une société pluraliste de s’organiser en accord avec les nécessités de ses citoyennes et citoyens et que ceux-ci aient le droit de décider de leurs choix.

 

Les communautés chrétiennes ainsi que les personnes sont plurielles. Dans un monde d’une telle diversité et complexité comme le nôtre nous ne pouvons pas admettre que seulement l’opinion d’un groupe d’évêques, hommes célibataires et avec une formation limitée au registre religieux, soit l’expression de la fidélité à la tradition du mouvement de Jésus. La communauté chrétienne est davantage que l’Église hiérarchique. Et la communauté chrétienne existe dans la réalité de multiples communautés chrétiennes, et celles-ci sont également constituées de nombreuses personnes, chacune ayant son histoire, ses choix et ses décisions propres devant la vie.

 

Je suis impressionnée par l’anachronisme des postures philosophiques et éthiques épiscopales, en commençant par les évêques brésiliens et jusque dans les instances romaines comme on peut le lire dans l’entrevue donnée par le cardinal Giovanni Batista Re, président de la Congrégation pour les évêques, à la revue italienne Stampa, laquelle concorde avec la position des évêques brésiliens.  Les temps ont changé. Il est urgent que la théologie des évêques sorte d’une conception hiérarchique et dualiste du christianisme et perçoive que c’est dans la vulnérabilité face aux douleurs humaines que nous pourrons être plus près des actions de justice et d’amour. Bien sûr nous pourrons toujours nous tromper même quand nous pensons avoir raison. C’est le lot de la fragile condition humaine.

 

Je crois que nos entrailles ressentent en premier lieu les douleurs immédiates, les injustices contre les corps visibles et c’est face à celles-ci qu’il nous incombe d’intervenir tout d’abord. La consternation et la commotion provoquée par la souffrance de la fillette de neuf ans ont été grandes. Et cela parce que c’est à cette vie présente et actuelle, à cette vie de fillette devenue femme violée et violentée parmi nous que nous devons en premier lieu respect et assistance. Ainsi comme membre de la communauté chrétienne, je salue l’attitude du Dr. Rivaldo Mendes de Albuquerque et l’équipe de CISAM de Recife ainsi que la mère de la fillette et toutes les organisations et personnes qui lui sont venues en aide en ce moment de souffrance qui certainement laissera des marques indélébiles dans sa vie.

 

Certains lecteurs diront que ma position n’est pas la position officielle de l’Église catholique romaine. Mais d’ailleurs, que signifie aujourd’hui la parole officielle? Qu’est donc l’Église officielle? L’institution qui se présente comme la représentante de son dieu et ose condamner la vie menacée d’une fillette? L’institution qui se considère sans doute comme la meilleure observante de l’Évangile de Jésus?

 

Je n’identifie pas l’Église à l’Église hiérarchique. La hiérarchie n’est qu’une infime partie de l’Église. L’Église est la communauté de femmes et d’hommes disséminée de par le monde et attentive aux personnes tombées sur les routes de la vie, aux porteurs de souffrances concrètes, aux cris des peuples et des personnes en recherche de justice et de soulagement de leurs douleurs aujourd’hui. L’Église est l’humanité qui s’entraide à supporter ses douleurs, à soulager ses souffrances et à célébrer ses espérances.

 

Continuer à excommunier, à inclure et à exclure, semble de plus en plus favoriser la croissance de relations autoritaires, irrespectueuses de la dignité humaine, surtout quand cela surgit d’institutions qui prétendent enseigner l’amour du prochain comme loi suprême. De qui Mgr José Cardoso et certains évêques se sont-ils faits les prochains dans ce cas-ci? Des fœtus innocents, diront-ils, ceux précisément qui ont besoin d’être protégés contre l’ « holocauste silencieux » commis par des femmes et leurs alliés. En réalité, ils se sont faits prochains du principe qu’ils défendent et se sont distanciés de la fillette agressée et violentée tant de fois. Ils ont condamné qui a recueilli cette fillette tombée sur la route de la vie et ont sauvegardé leurs lois et la volonté de leur dieu. Ils croient que l’interruption de grossesse de la fillette serait une atteinte à la seigneurie de Dieu. Mais les guerres, la violence sociale croissante, la destruction de l’environnement ne seraient-elles pas également des atteintes qui mériteraient davantage dénonciation et condamnation?

 

Pardonnez-moi si, sans vouloir juger les personnes, mais devant l’inconsistance de certains arguments et l’insensibilité aux problèmes vécus par la fillette de neuf ans, je suis prise aux entrailles d’une espèce de colère solidaire.

 

En fait, un schisme historique est en train de se construire et de croître dans différents pays. La distance entre les fidèles et une certaine hiérarchie catholique est marquante. L’incident relatif à l’interruption de grossesse de la fillette de Pernambuco n’est qu’une action d’autoritarisme entre tant d’autres et de méconnaissance de la complexité de l’histoire actuelle que la hiérarchie a commis.

 

Dans la mesure où ceux qui se croient responsables de l’Église prennent leurs distances de l’âme du peuple, de ses souffrances réelles, ils établiront un nouveau schisme qui accentuera encore plus l’abîme entre les institutions de la religion et les vies simples du quotidien avec leur complexité, leurs défis, douleurs et petites joies. Les conséquences d’un schisme sont imprévisibles. Il suffirait d’apprendre les leçons de l’histoire du passé.

 

Je termine ce court texte en rappelant ce qui est écrit dans l’Évangile de Jésus de différentes manières. Nous sommes ici-bas pour vivre la miséricorde entre nous. Et tous, nous avons besoin de cette miséricorde, unique sentiment qui nous permet de ne pas ignorer la douleur des autres et nous aide à porter les lourds fardeaux des uns et des autres.

 

Texte envoyé à la Correspondance unitarienne par Philippe de Briey, le 15 mars 09

 

Dimanche 15 mars 2009 7 15 /03 /Mars /2009 19:36
- Par Yvone Gebara - Publié dans : la Contre-Réforme - Communauté : Religions en toute liberté

Les mouvements ultra conservateurs ont le vent en poupe au sein de l’Eglise catholique, comme l’Opus Dei et la Légion du Christ * : ils remplissent les églises et les séminaires, rouvrent même des petits séminaires, commencent à pourvoire les paroisses qui manquent de prêtres (d’autant plus qu’ils proposent des jeunes prêtres au célibat garanti), sont soutenus par de riches bienfaiteurs, ont des militants animés d’une foi sans doute, lesquels se consacrent entièrement à leur mouvement sans se disperser dans des engagements humanitaires et qui ne mettent les pieds dans le monde séculier (œuvres charitables, milieux politiques, etc.) que pour y faire du prosélytisme ou de l’entrisme.

* voir le dossier du journal La Croix sur ce mouvement aux méthodes sectaires " les légionnaires du Christ, soldats de l’évangélisation " 

En face, une mouvance libérale acculée à la défensive des acquis de Vatican II, très présente dans le Monde au nom de l’altruisme évangélique mais peu implantée dans les paroisses, ne bénéficiant guère du soutien de la hiérarchie ou s’en dispensant carrément, progressiste et perçue comme de Gauche (et donc liée à cette partie de l’opinion publique), sans grands moyens et sans mécènes, très présente dans les réseaux informels et groupes locaux, mais moins d’une façon institutionnelle *, très dispersée et ne disposant pas des capacités logistiques pour organiser de grands rassemblements ...

* toutefois, présence d’un groupe inter-convictionnel animé par le Réseau européen Eglises et libertés (RE) de la mouvance catholique libérale au niveau du Conseil de l’Europe à Strasbourg.

Présentation de ce réseau sur le site de l’AFCU, à la rubrique " Parvis " ; message du mercredi 16 janvier 2008, et
sur le site de nos Actualités unitariennes, à la rubrique " vive l’inter convictionnel ", notre message du mardi 26 février 08 " Un livre pour mieux cohabiter en Europe "

En partie héritière des mouvements d’Action catholique, cette mouvance est coordonnée en France par les Parvis (la Fédération des réseaux des Parvis, soit une cinquantaine de mouvements), en Belgique francophone par les Pavés (Pour un autre visage de l’Eglise et de la société, soit une douzaine de mouvements). Dans tous les pays européens le mouvement Nous sommes aussi l’Eglise est présent et actif *. Il est difficile d’évaluer une telle mouvance ; en France, elle serait de plus de 10 000 (militants, sympathisants, abonnés aux journaux).
* http://www.nsae.fr/ , avec en slogan " non pas une autre Eglise, mais une Eglise autre "

Manifestement, pour Rome, la balance penche du côté des conservateurs ! On comprend mieux dès lors pourquoi l’Eglise catholique cherche à récupérer son aile ultra-conservatrice, assurément bon élève de l’institution et de ses dogmes, alors que l’aile libérale est beaucoup moins pratiquante, volontiers frondeuse et pratique la liberté de penser et donc le relativisme ! Sans vergogne – c’est à dire sans attendre que les schismatiques veuillent bien accepter enfin le Concile Vatican II, même si c’est comme on dit du bout des lèvres – Rome veut réintégrer les lefebvristes (soit une mouvance de 150 000 âmes) et aurait déjà tout préparé (information du journal Golias *) pour que, à Pâques prochain, les Eglises anglicanes conservatrices et schismatiques regroupées au sein de la Traditional Anglican Communion, soit 16 Eglises sœurs réparties Eglises-sœurs au Canada, Etats-Unis, Afrique, Australie et en Europe (environ 500 000 âmes) entrent en communion avec elle.
" La miséricorde du pape est sans limites ! Après les lefebvristes, les intégristes anglicans rejoindront l’Eglise catholique à Pâques … ", lien 

Au sommet d'une coupole d'église, l'Eglise (romaine bien entendu !) règne sur le monde avec dans sa main droite le glaive (sans doute piqué à l'archange Michel !) et dans sa gauche la balance de la Justice (sans doute piquée aux Romains !). Photo de John Linwood vue sur Flickr.


Au niveau international, pour toutes les questions concernant l’évolution des mœurs et les droits de l’homme, Rome a des alliés sûrs contre le "relativisme" avec l’islam et les orthodoxes. Tant pis pour les protestants plus évolués sur ces questions là ...
 

Mercredi 11 février 2009 3 11 /02 /Fév /2009 10:21
- Par Jean-Claude Barbier - Publié dans : la Contre-Réforme - Communauté : Religions en toute liberté
Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés