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le temps des évangiles

Né à Nazareth, en Galilée, vers l’an 7 avant Jésus-Christ.

Fils de Joseph (de la descendance de David) et de Miriam (Maria en romain, de la descendance d’Aaron par une femme).

d'après le "Suaire de Turin" et les techniques photographiques de la NASA.

Groupe sanguin AB (celui-ci est le plus rare avec une fréquence de 3 à 5% en Europe, 10 à 12 % en Chine et au Japon et pouvant atteindre jusque 15 % au Moyen-orient dont le peuplement est fort hétérogène).

Taille, plus de 1,70 m. 
Cheveux longs et barbe

Portait une robe (comme celle de Trèves ? dont la largeur sous les bras est de 1,09 m)
et une tunique (celle d’Argenteuil ? 90 cm sous les bras) d’un seul tenant, qui sera tirée au sort par les soldats romains lors de son supplice.

Il rejoint en automne 26 * le mouvement de Jean (son cousin maternel ?) qui, depuis le printemps ou le début de l’été de l’an 26, baptise sur les rives du Jourdain. Jean est prêtre de la tribu des Lévi, un descendant d’Aaron, le frère de Moïse.
* L’année automne 26 – automne 27 est une année sabbatique durant laquelle les paysans doivent laisser la terre se reposer ; ils sont donc plus disponibles pour circuler en dehors de leurs villages.


Début de l’an 28, il se replie en Galilée, sur les rives du lac de Tibériade après l’arrestation de Jean-le-baptiste par Hérode Antipas (le prisonnier sera décapité un an après, au début de l’an 29). Il prêche la repentance de nos péchés, la justice vis-à-vis des opprimés, l’arrivée imminente du Royaume de Dieu et le Jugement dernier.

De décembre 29 (ou avant), jusqu’au printemps de l’an 30, Jésus est probablement réfugié à l’est du Jourdain.


Mi mars de l’an 30, arrivée de Jésus à Jérusalem en vue de la Pâque fixée le vendredi 5 avril, le 15 nisan. Veut-il mettre à profit la longue fête (le jour de la Pâque suivi d'un sabbat) pour mobiliser la foule ?


Il est arrêté et condamné à mort sous Ponce Pilate (procurateur de la Judée de 26 à 36), sous le règne d’Hérode Antipas (fils d’Hérode le Grand, roi en Galilée et sur la Pérée de - 4 à 39) ; Anne, le gendre de Caïphe, étant Grand prêtre à Jérusalem.


Il est couronné d’épines par dérision pour ses supposées prétentions royales par la Légion romaine et f
lagellé * avec le fouet utilisé par les Romains (le flagellum) dont les lanières sont terminées par des os de moutons. Il porte sur son dos la traverse de son supplice (le patibulum) (voir aussi les traces correspondantes sur la tunique d’Argenteuil). Puis crucifié à la méthode domaine. Le supplicié, allongé par terre, est cloué au patibulum à chaque poignet (ce qui fait replier le pouce), puis la pièce de bois est montée sur le pieu (le stauros). Ensuite un clou transperce les os des talons – les deux talons étant superposés – les pieds légèrement fléchis pour que le supplicié appuie sur ses pieds et tire sur ses bras afin de pouvoir respirer (l’agonie pouvait durer 2 à 3 jours). Sur ordre de Ponce Pilate, le motif de la condamnation est mentionné sur un écriteau, rédigé en latin, en grec et en hébreux "Voici Jésus, le roi des Juifs").
* Jésus reçut le deuxième des châtiments corporels en usage chez les Romains, à savoir la flagellatio, qui prenait place entre la simple fustigatio et, le plus cruel, la verberatio.


Mort en l’an 30, à la veille de la Pâque juive, ayant une trentaine d’années, après avoir été exhibé au sommet du Golgotha de 9h à 15 heures.


La cause de la mort est mis au compte de l’asphyxie du supplicié, mais en juin 2005, le docteur israélien Benjamin Brenner, chercheur à l’hôpital Rambam d’Haïfa pense que, dans le cas de Jésus, ce fut peut-être une embolie pulmonaire liée au stress de la Passion et le fait que Jésus fut privé d'eau et nourriture pendant les 12 heures qui ont précédé sa mort. De là le sang mélangé à de l’eau qui sort de la plèvre perforée par le coup de lance.


Percé au flanc droit par un coup de lance lorsqu’il était déjà mort ; 
n’ayant pas eu les os du tibia brisé (pour accélérer la mort juste avant le début du sabbat) puisque déjà mort. Transporté avec un suaire sur la tête en comprimant le nez par où avaient lieu des écoulements de sang (d'après les analyses du suaire d’Oviedo).  Déposé provisoirement dans une tombe, dans des jardins aux abords immédiats du lieu de supplice. Mis dans un linceul de lin, tissé à la mode locale et où l’on a retrouvé entre autres des pollens de Palestine.  Enterré définitivement dans un autre lieu ; à Talpiot (entre Jérusalem et Béthanie où Jésus avait des amis) ?

Jésus aura une succession dynastique en accord entre sa famille et les apôtres et autres disciples.


Son frère, Jacques, lui succède à la tête de la communauté judéo-chrétienne de Jérusalem. Jacques est mis à mort * en 62 à l’initiative du Grand-prêtre Anne II (le fils de Anne qui instruisit le procès de Jésus). Anne II mit à profit l’absence de procurateur à Jérusalem entre la mort de Festus et l’arrivée d’Albinus ; pour cela, il sera destitué par Hérode Agrippa II qui était à Césarée.
* Il fut précipité du haut de l’enceinte sud-est du Temple, puis lapidé et achevé à coup de bâton, d’autres disciples sont condamnés à mort avec lui.

Simon prend la succession. Est-ce le Simon qui est mentionné dans la liste des frères de Jésus, sans doute comme étant le cadet car il vient en dernier après Jacques, Joset/Joseph, et Jude ... et devant les soeurs de Jésus ? 
Il est dit "fils de Clophas" par Eusèbe, lequel précise que Clophas est frère de Joseph. Clophas est connu dans l'évangile de Jean comme époux d'une nommée "Marie". Le Simon qui prenda la succession pourrait être alors un cousin de Jésus. L'historien James Tabor va plus loin en pensant que Clophas aurait pu épouser Marie selon la coutume du lévirat, et Simon être finalement demi-frère de Jésus (et pas seulement son cousin).
Quoiqu'il en soit, il est à la tête de la communauté de 62 à 106  - date à laquelle il est crucifié, ayant plus de cent ans selon Epiphane, sur ordre de l’empereur Trajan parce qu’il était un descendant du roi David.

Jude lui succède. Le Jude, frère de Jésus mentionné dans les évangiles, est sans doute mort depuis, mais les Constitutions apostoliques, rédigées à la fin du IVème siècle, avancent que ce Jude était également un frère de Jésus ! Retenons l'hypothèse d'un lien de parenté.

Suite à la Seconde guerre Juive, l’empereur Hadrien exclut tous les Juifs de Jérusalem en 135. On retrouvera trace de la communauté " nazoréenne " à Pella en actuelle Jordanie (où ils seront considérés comme une secte par les Pères de l’Eglise car trop judaïsant aux yeux de ces derniers bien qu’acceptant les textes canoniques). Egalement en Syrie chrétienne, la secte des Eboniens qui eux n’acceptent que l’évangile de Matthieu et sont très anti-pauliniens.


Les judéo-chrétiens de Jérusalem étant appelés les " nazoréens " (sans doute pour désigner les adeptes de celui qui était originaire de Nazareth), Jésus sera dit aussi Jésus-le-Nazoréen. 
Il est de nos jours connu sous le nom de Jésus-Christ (Jésus l’Oint, le Christ, le Sauveur que les juifs messianiques attendaient).


Sources :


James Tabor, 2006, La véritable histoire de Jésus ; un enquête scientifique et historique sur l’homme et sa lignée, Paris : Robert Laffont, 345 p., traduit en français par Bernard Cohen.


Divers sites consultés sur le linceul de Turin, le suaire d’Oviedo et le codex hongrois De Pray.

Voir sur ce site les rubriques "le temps des évangiles" et "le tombeau de Jésus".

Vendredi 19 juin 2009
- Par Jean-Claude Barbier - Recommander

prédication de Didier Travier
au culte du dimanche 24 mai 2009 au temple de l’Eglise réformée du Mans,
d’après lectures de 1 Samuel 21, 2-16 (1-7), 1 Jean 4, 11-16, Jean 17, 11-19
publié dans la Correspondance unitarienne, n° 92, juin 2009

 

Le texte qui est proposé aujourd’hui à notre méditation est un fragment de ce qu’il est convenu d’appeler la " prière sacerdotale ". Jésus n’a probablement jamais prononcé en ces termes cette prière. Pas plus que par exemple Périclès n’a prononcé littéralement les deux célèbres discours aux Athéniens rapportés par l’historien grec Thucydide. C’est un procédé courant dans la littérature antique que de placer dans la bouche d’un personnage historique des paroles qui expriment la compréhension profonde qu’un auteur a de son enseignement ou de son action. Et c’est ce que fait Jean ici.

Et ce qui est tout à fait significatif, c’est que l’évangéliste situe cette prière au moment où Jésus va mourir. Cette prière prend ainsi la valeur d’un testament. C’est donc le testament de Jésus que l’évangéliste nous fait entendre.

Ce testament se compose de trois parties. D’abord Jésus dresse en quelque sorte le bilan de son œuvre. C’est le passage qui précède celui que nous avons lu. Dans le texte du jour, Jésus prie pour ses disciples qu’il désigne, en s’adressant au Père, comme " ceux que tu m’as donnés ". Cette partie concerne le premier cercle des disciples, ainsi que le montre l’allusion à l’un des douze, à savoir Judas, " le fils de perdition " (v. 12) Puis, après notre texte, la perspective est élargie : " ce n’est pas pour eux seulement que je prie, mais encore pour ceux qui croiront en moi par leur parole " (v. 20). Par cet élargissement qui s’étend aux disciples à venir, et à travers eux à l’humanité entière appelée à suivre le maître, on peut dire que nous sommes, tous tant que nous sommes, inclus dans la prière du Christ, consignés dans son testament.

Au moment où Jésus va mourir, c’est-à-dire, en langage biblique, au moment où il va quitter le monde pour rejoindre le Père, c’est précisément des rapports du disciple au monde dont il est question. Trois traits caractérisent la situation du disciple dans le monde :

- D’abord le disciple est " dans le monde " et doit y rester. " Je ne te prie pas de les ôter du monde " (v. 15). Etre dans le monde, c’est au sens premier être en vie. Jésus va mourir mais ne demande pas à ses disciples de l’accompagner dans la mort. Il souhaite au contraire qu’ils demeurent vivants pour prolonger son œuvre.

- Ensuite tout en étant dans le monde, le disciple n’est pas du monde, il n’est pas, comme dit le texte dans son langage mythologique, soumis au Malin, au " prince de ce monde ". Et s’il n’est pas du monde, c’est qu’il est d’ailleurs. Il est de Dieu. Jésus prie pour que ses disciples soient gardés dans le nom de Dieu. Le nom, dans la pensée hébraïque, c’est la personne elle-même. Etre gardé dans le nom de Dieu, c’est être gardé en Dieu lui-même.

- Enfin ce disciple qui est dans le monde sans être du monde est haï du monde et ici il y a sans doute un écho aux persécutions endurées par les premiers chrétiens au moment de la rédaction de l’évangile.

Ce qui est particulièrement frappant ici c’est que ces trois traits – être dans le monde sans être du monde tout en subissant l’opposition du monde – sont très exactement ceux qui caractérisent, dans le prologue de l’évangile de Jean, Jésus lui-même : il y est en effet question d’une lumière qui n’est pas du monde mais de Dieu, lumière qui est venue dans le monde et que le monde a rejeté.

Cette identité de situation entre Jésus et ses disciples est du reste très fortement soulignée par Jésus lui même dans sa prière. Une parole revient comme un leitmotiv dans le texte, c’est " comme moi " : comme moi j’ai été, vous aussi vous serez. Nous voyons donc qu’au moment où Jésus va quitter le monde, il institue à la place qu’il va laisser vacante ses disciples présents et à venir. La prière sacerdotale est un testament qui nous fait héritiers de Jésus. Et cet héritage consiste à rien de moins qu’à reprendre la mission qui a été la sienne, celle d’être envoyés de Dieu dans le monde.

Jésus vu par Michel Lewis

Que signifie donc être envoyé de Dieu dans le monde, être dans le monde sans être du monde ?

Cette idée de double appartenance à la cité des hommes et à la cité de Dieu, pour parler comme saint Augustin, renvoie à la notion religieuse de " sainteté " et le verbe " sanctifier " apparaît du reste à trois reprises dans le texte. " Etre saint ", ce n’est pas, dans la Bible, " être parfait " mais c’est " être mis à part " pour Dieu, consacré à lui, être donc encore une fois dans le monde et " à part " du monde. Jésus nous appelle donc à la sanctification, à une marche vers la sainteté mais en quoi cela consiste-t-il ?

Le texte nous donne deux éléments de réponse. Une première indication figure au verset 17 : " sanctifie-les par la vérité : ta parole est la vérité ". Nous connaissons bien cette phrase que nous disons au culte avant de lire la Bible. La parole désigne dans cet usage l’Ecriture, tenue pour vérité. Et nous trouvons du reste, dans notre texte, une allusion à cette idée de la vérité de l’Ecriture à propos de l’accomplissement des prophéties concernant Judas (v. 12). Mais l’essentiel est ailleurs : dans notre texte, la parole de Dieu désigne moins l’Ecriture (la Bible) que la parole transmise par Jésus à ses disciples : " Je leur ai donné les paroles que tu m’as données " (v. 8). La parole qui doit nous sanctifier c’est l’enseignement de Jésus reconnu comme parole de Dieu.

Jean pousse très loin cette idée que Jésus apporte la parole de Dieu. Et c’est ici encore au prologue de l’évangile qu’il faut se reporter. Ce prologue contient deux affirmations très fortes sur la parole. D’abord, il dit : " Au commencement était la Parole, et la Parole était avec Dieu, et la Parole était Dieu " (1, v. 1).

Il y a là une conception de la parole qui est beaucoup plus grecque que juive. La parole ce ne sont pas les Ecritures mais, pourrait-on dire à la manière de Platon, le modèle intelligible, intemporel, anhistorique dont toute parole temporelle, historique transmise par Moïse, par les prophètes ou par Jésus n’est qu’une approximation. Non pas les paroles parlées, mais la parole parlante, vivante, le souffle, l’esprit lui-même indicible qui circule dans l’enseignement des hommes de Dieu et dans la lettre des Ecritures. Non pas les paroles avec un p minuscule mais la Parole avec un P majuscule. Non pas les paroles au pluriel mais la Parole au singulier.

Il nous dit aussi (v. 14) : " La Parole a été faite chair et elle a habité parmi nous, pleine de grâce et de vérité ". Jésus est l’incarnation de la Parole. Derrière ce verset se tient, dans la théologie traditionnelle, toute la doctrine de l’Incarnation, mais j’en proposerais une lecture plus humaine, moins métaphysique : Jésus est à ce point habité par la Parole que celle-ci informe, irradie toutes ses pensées, tous ses actes, toute sa vie. La Parole cesse d’être un principe abstrait pour devenir une vie concrète qui témoigne, dans tous ses aspects, de l’action intérieure de la Parole.

Etre sanctifié par la parole, c’est donc à l’image de Jésus devenir incarnation de la Parole, être habité par la Parole qui transcende toute parole particulière et transforme nos pensées, nos actes, notre vie tout entière.

Nous voyons donc que le prologue de Jean opère un double déplacement par rapport à une compréhension qui identifie la parole et les Ecritures. Premier déplacement des paroles particulières, historiquement situées vers le principe dont elles procèdent, la Parole avec un grand P ; deuxième déplacement, des paroles reçues de l’extérieur vers la Parole agissant du dedans

C’est ce double déplacement que la tradition philosophique d’inspiration chrétienne a cherché à penser sous le nom de " conscience ". Qu’est ce que la conscience sinon ce lieu intérieur de moi-même que la Bible appelle le " cœur ", ce lieu intérieur où se fait entendre la parole de Dieu, une parole qu’aucun discours religieux, qu’aucun système de morale ne peut épuiser ni exprimer de manière totalement adéquate ? Ce lieu où habite le " Dieu plus intérieur à moi-même que moi-même " dont parle saint Augustin.

Etre sanctifié par la parole, ce n’est donc pas se soumettre à des commandements déterminés venus du dehors, c’est être fidèle à soi-même dans les appels intimes de notre conscience. Et c’est justement cette parole intérieure de la conscience que Jésus éveille par les paroles extérieures de son enseignement.

La seconde indication qui nous est proposée est une exigence d’unité : " qu’ils soient un comme nous " (v. 11). Et un peu plus loin " comme toi, Père, tu es en moi et moi en toi, qu’eux aussi soient un en nous, afin que le monde croie que tu m’as envoyé " (v. 21). L’unité que Jésus vit avec Dieu qui l’habite, l’unité que nous devons rechercher de la même manière avec la Parole intérieure qui nous constitue dans notre intériorité humaine doit se manifester dans l’unité visible qui nous lie les uns aux autres, c’est-à-dire dans l’amour.

Plus nous serons attentifs à la parole intérieure du Père qui nous appelle du fonds de nous-même, plus nous nous sentirons frères les uns des autres. Plus nous nous mettrons à l’écoute du Dieu unique qui nous habite, plus nous serons unis les uns aux autres. Et nous retrouvons ce même thème dans l’épître de Jean dont nous avons lu un extrait. L’idée générale en est que l’amour de Dieu – au double sens de l’amour que Dieu a pour nous et de l’amour que nous avons pour Dieu – se rend visible dans l’amour que nous avons les uns pour les autres.

Et Jésus nous donne lui-même un exemple de cet amour dans la prière sacerdotale, en intercédant pour ses disciples présents et avenir, et au-delà pour l’humanité entière. L’intercession véritable ne consiste pas à prononcer des paroles auxquelles on attribuerait je ne sais quel pouvoir magique, mais à être intimement habités par le souci de l’autre. Et c’est de cette abondance du cœur que doit jaillir l’intercession véritable.

Etre dans le monde sans être du monde, c’est donc garder la parole de Dieu et rechercher l’unité entre les hommes.

Et nous reconnaissons dans ces deux exhortations les deux commandements fondamentaux qui, pour Jésus, résument toute la volonté de Dieu : " Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute âme, de toute ta pensée. Tu aimeras ton prochain comme toi-même ".

Nous mesurons aussi par là l’écart qu’il y a entre l’enseignement de Jésus et les conceptions traditionnelles de la religion. On peut dire que la distinction entre ce qui est du monde et ce qui est de Dieu, se trouve dans la plupart des religions, c’est la délimitation entre le domaine du profane et celui du sacré : il y a ainsi, dans nombre de religions, des lieux saints, des temps sacrés, des objets et des corps purs et impurs.

Nous le voyons dans le récit du premier livre de Samuel que nous avons lu, au sujet des pains qui sont, chaque sabbat, offerts à Dieu. Mais ce qui est important, dans ce récit, c’est la transgression à l’égard des lois rituelles opérée par David qui nourrit ses compagnons d’armes avec les pains consacrés. Cette attitude anticipe celle de Jésus qui va balayer toute distinction du sacré et du profane. Il n’y a pas de lieu saint : " l’heure vient où ce ne sera ni sur cette montagne [le mont Garizim où les Samaritains avaient construit un temple] ni à Jérusalem que vous adorerez le Père (…) mais l’heure vient ... et c’est maintenant – où les vrais adorateurs adoreront en esprit et en vérité " (Jn 4, 21, 23).

Il n’y a pas davantage de temps sacré : " le sabbat a été fait pour l’homme et non l’homme pour le sabbat " (Mc 2, 27). Il n’y a non plus d’objet pur ou impur car la pureté n’est pas dans la coupe et dans le plat mais dans l’intérieur de l’homme (cf. Lc 11, 39). Pour Jésus en somme, une seule réalité peut être pure, sacrée, sainte, c’est l’homme lui-même dans la mesure où il recherche la purification, la consécration, la sanctification de son cœur. Et aussi vil qu’il puisse devenir, l’homme demeure sacré et inviolable, car il est, en sa conscience, la demeure de Dieu.

Etre dans le monde sans être du monde ce n’est donc pas suivre les règles d’une religion qui délimite les frontières du sacré et du profane, c’est sanctifier son cœur par la fidélité à la parole et par la recherche de l’unité entre les hommes.

Tel est, mes frères, le testament de Jésus : la Parole en nous et l’unité entre nous. Telle est la lumière d’en haut qui illumine notre présence au monde. Amen.

 

Mercredi 27 mai 2009
- Par Didier Travier - Recommander

La foi d’une femme syro-phénicienne (Marc 7, 24-30 et Matthieu 15, 21-28) par Régis Pluchet (Le Mans). Version légèrement remaniée d'un texte écrit pour un numéro spécial du bulletin de Croyants en liberté Sarthe, mai 2003

" Partant de là, il s’en alla dans le territoire de Tyr. Etant entré dans une maison, il voulait que personne ne le sache, mais il ne put rester ignoré. Car aussitôt une femme, dont la petite fille avait un esprit impur, entendit parler de lui et vint se jeter à ses pieds. Cette femme était grecque, syro-phénicienne de naissance, et elle le priait d’expulser le démon hors de sa fille. Et il lui disait : " Laisse d’abord les enfants se rassasier, car il ne sied pas de prendre le pain des enfants et de le jeter aux petits chiens." Mais elle de répliquer et lui dire : " Oui, Seigneur ! et les petits chiens sous la table mangent les miettes des enfants ! " Alors, il lui dit : " A cause de cette parole, va, le démon est sorti de ta fille." Elle retourna dans sa maison et trouva l’enfant étendue sur son lit et le démon parti (Marc 7, 24-30, traduction de la Bible de Jérusalem).

C’est au groupe biblique de l’Eglise réformée du Mans que je dois la (re-)découverte de ce texte. A première lecture, il m’était apparu significatif d’entendre cette étrangère, une païenne, une femme qui plus est, qui ose répliquer à Jésus. Mais les paroles de celui-ci semblent bien mystérieuses. Bizarre : cette histoire d’enfants et de petits chiens. Là, on a besoin de l’exégèse pour comprendre : à l’époque de Jésus, ce sont des expressions habituelle pour désigner le peuple juif (les enfants) et les païens (les chiens, un terme quelque peu méprisant). Autrement dit Jésus rudoie cette femme. Mais la femme lui réplique aussitôt et Jésus se laisse toucher.

Si Jésus a des mots durs pour cette femme, c’est sans doute qu’il est las qu’on le sollicite, mais c’est peut-être aussi pour l’éprouver. Il vient de s’affronter aux Pharisiens, de remettre en question les notions de pur et d’impur, et même ses disciples avaient du mal à le comprendre. Sans doute a-t-il besoin de prendre un peu de recul vis-à-vis de la foule qui l’entoure. Il quitte la Galilée pour passer en terre étrangère (même s’il s’agit toujours d’une province romaine), en terre païenne. Mais voilà que même là on ne le laisse pas en paix. Même s’il a besoin de repos, la dureté des mots de Jésus me semble assez stupéfiante par rapport à l’image habituelle de compassion que l’on peut avoir de lui, lui que l’on présente sous un jour convivial, qui peut en découdre, certes, avec certaines autorités, mais qui respectent ceux qui viennent à lui, surtout s’ils souffrent.


la femme "Cananéenne", miniatures du Codex Egbert (vers 980), lien  

Mais en y réfléchissant, je crois que cette dureté montre bien son humanité. Contrairement à ce que l’on nous dit traditionnellement dans les Eglises, je pense que Jésus est un homme imparfait, qui fait des erreurs, qui a ses limites comme chacun(e) de nous. Ici, il se laisse aller à une expression peut-être compréhensible dans la bouche d’un autre homme, mais qui est presque méprisante et en tout cas digne d’un " macho " qui ne va pas s’en laisser conter par une femme. Mais celle-ci ne se démonte pas. Sa réponse, du tac au tac, en touchant Jésus, provoque chez lui une prise de conscience. Pour l’exégèse classique, cette histoire marque un tournant : désormais la prédication de Jésus ne s’adressera plus seulement aux Juifs, mais aura une portée universelle.

Je pense que l’on peut aussi l’envisager avec une autre perspective. Jésus comprend mieux sa mission. Autrement dit, il n’a pas su d’emblée quelle est sa mission. Il doute, il hésite, il se trompe sans doute parfois. Car il n’est qu’un homme et non pas un Dieu au sens où on nous l’a enseigné. Dans ce texte, il nous montre ses faiblesses d’homme, de rabbi un peu " macho ", mais aussi sa force intérieure quand il est pleinement homme, en accédant progressivement à une certaine intériorité qui révèle sa filiation divine. Peu après, ce sera d’ailleurs la Transfiguration, cette manifestation de sa divinité. Mais ce n’est pas, à mon avis, une divinité qui le met à part des hommes, mais la révélation de la divinité qui existe au fond de chacun(e) de nous. Rares sont les hommes et les femmes qui arrivent à vivre cette divinité dans une telle plénitude, au-delà des conditionnements, des émotions, des blessures. C’est d’ailleurs justement ce qu’il a enseigné auparavant (Marc 7, 14-23) : c’est tout ce qui emprisonne le cœur de l’homme qui est impur, et qui doit être dépassé.

Quant à cette histoire de démon qui a motivé la démarche de cette femme, je pense qu’on peut la comprendre à un niveau psychologique. Sa fille est en proie à un problème grave. Qui sait s’il ne s’agit pas d’un problème de relation avec sa mère ? En tout cas, je me demande si ce n’est pas la démarche de la mère qui a guéri la fille, plus qu’un pouvoir " magique " de Jésus (même s’il a aussi des capacités de guérisseur). Peut-être la fille est-elle guérie parce que la racine du problème venait de la mère et que la mère s’est elle-même guérie d’une blessure personnelle dont elle a su se libérer en osant s’adresser ainsi à Jésus et lui répliquer.

Régis Pluchet est membre de l'Assemblée fraternelle des chrétiens unitariens (AFCU) et représente cette association au sein du Conseil des unitariens et universalistes français (CUUF)

 

Jeudi 30 avril 2009
- Par Régis Pluchet - Recommander

La Pentecôte : et si le Souffle était en nous ?

par Charles Nicol
prédicateur laïc de l’Eglise réformée de Nantes et Loire-Atlantique, secteur Saint-Nazaire,
prédication du dimanche 18 mai 2008 au temple de Saint-Brévin l’Océan,
publié en article à la Une dans le bulletin n° 91, mai 2009, de la Correspondance unitarienne.

La Pentecôte ! […] quelle curieuse histoire que ce "Saint-Esprit" qui vient dont on ne sait où, sous forme de flammèche sur la tête des apôtres. Essayons d’y voir plus clair. Il faut bien reconnaître que chez les protestants, la Pentecôte ne fait pas vraiment recette. La tradition libérale réformée ne cache pas son scepticisme - moi le premier- à l’égard de ce passage raconté dans les Actes des apôtres et qui devient dogme au IIème siècle. Ce scepticisme a même divisé les protestants au XVIème siècle et envoyé certains d’entre eux au bûcher comme ce malheureux Michel Servet.

Pour commencer mon propos, il faut aussi admettre que beaucoup ne connaissent pas la réelle signification et l’origine de cette fête qui est juive avant tout. On venait de loin pour célébrer à Jérusalem la Pentecôte. Elle avait lieu au temps des premières moissons, cinquante jours après la pâque, d’où son nom grec qui signifie 50.


Ces 50 jours qui séparent Pâques de la moisson étaient aussi chez les juifs, un temps fort pour commémorer la promulgation de la loi, des dix commandements, donnée par Dieu à Moïse au Sinaï. Dans l’Ancien testament, la première partie de notre Bible, il s’agit alors de remercier Dieu, de se souvenir du long exode, de remercier la moisson fruit de l’alliance entre un Dieu créateur de toutes choses et les hommes. C’était un moment important durant lequel il était rappelé que l’alliance ne pouvait être rompue sinon le pire pouvait se produire : sécheresse, inondation, famine… La Pentecôte était aussi la fête du travail des hommes, une sorte de 1er mai de l’époque. Bref tout avait été donné par Dieu à Pâques, lorsque le peuple d’Israël se mit en marche pour fuir l’Egypte. La Pâque était la célébration de la libération du peuple hébreu. C'est la traversée de la mer Rouge qui sépare le pays de la servitude de la terre promise. C'est le passage de l'esclavage à la liberté. C'est la renaissance du peuple d'Israël, comme le printemps est la renaissance après l’hiver.

Pâques, c'est le triomphe de la liberté sur l'esclavage. Pâques, c'est la fête de la libération, la fête de la liberté. Maintenant à nous de faire un effort et de récolter la moisson qui nous est offerte.
 

Pour les premiers chrétiens, ce qui se passe est un peu différent même si la Pentecôte revêt cette même symbolique. A Pâques, Dieu a donné son fils Jésus. Mais sans lui, les apôtres et disciples sont perdus, isolés, déconcertés parfois. Ils ont peur de l’extérieur. Ils sont désarmés, sans la force de la parole de Jésus. Il n’est plus là ; que faire ? Repliés sur eux-mêmes, effrayés à l’idée de propager les paroles du Christ, ils étaient voués à une disparition quasi certaine. Et dans cet épisode de l’Acte des apôtres, Dieu intervient. Quoi en penser ?
 
Ascension et Pentecôte, peinture de Françoise Burtz

Ce qui a été appelé " le Saint-Esprit ", est avant tout le souffle de Dieu, ce souffle qui nous met en marche, qui nous donne du courage, que nous percevons parfois ou pas du tout la plupart du temps. Les Hébreux avaient le Livre. Les premiers chrétiens n’ont rien. Les évangiles ne sont pas encore écrits. Les Eglises ne sont pas organisées. Plus tard, les auteurs du Nouveau testament se sont inspirés du judaïsme : ils ont retrouvé une fête juive en lui donnant une nouvelle signification. Ce n'est pas le don de la Bible que le christianisme célèbre mais le don de l’Esprit. Le judaïsme est une religion du livre ; le christianisme est dorénavant une religion de l’Esprit.

N’oublions pas en effet que les autorités religieuses ont condamné Jésus parce qu'ils lui reprochaient que sa parole n’était pas fidèle à la loi de la Bible. Il ne s'agit pas de condamner l’Ancien testament, mais de comprendre que l’Esprit est plus important que le Livre. A cet instant, plutôt qu'une religion, le christianisme est avant tout une spiritualité.

Avec le christianisme, on change radicalement la façon de concevoir Dieu. Jésus est le dernier prophète, l'homme qui fait descendre Dieu sur Terre. Celui qui aime Dieu mais n'aime pas son prochain n'aime pas Dieu. L'amour de Dieu n'est rien sans l'amour du prochain. La Pentecôte, c'est avant tout l’Esprit de fraternité. Un être saint, c'est un être de grande bonté, un être qui aime son prochain plus que tout. C'est l’Esprit d'amour qui nous anime et nous fait aimer notre prochain comme nous-mêmes. Célébrer la Pentecôte, c'est rendre grâce à l’Esprit de fraternité, esprit d'amour fraternel, amour universel qui agit en nous comme une force extraordinaire. C'est cet amour qui fait transporter des montagnes !

Pour comprendre l’Esprit de Jésus, il suffit de lire la parabole du Bon Samaritain.
Jésus réprouve les prêtres, qui disent ce qu'il faut faire mais ne sont pas capables d'aimer leur prochain.

Dans l’épisode de la Pentecôte, les apôtres se mettent à parler dans toutes les langues. Ils nous rappellent ainsi par ce beau symbole, que le monde n’est pas uniforme et que certaines grandes puissances feraient bien de s’en inspirer. Ils nous rappellent aussi que pour aller vers autrui, il faut aimer le monde et chercher à comprendre, à connaître ce qui nous entoure et rencontrer l’étranger. Et il est vrai - c’est bien naturel - que nous avons peur de ce que nous ne connaissons pas. Ici c’est tout le contraire qui se produit. Non seulement les apôtres reprennent confiance en eux-mêmes mais Dieu leur manifeste sa confiance. De nos jours on appellerait cela un contrat de confiance.

Ce contrat nous rappelle aussi que notre destin est entre nos mains. Fini de compter tout le temps sur les autres ou sur Jésus. Fini de croire que Dieu détient tout entre ses mains. Il n’est pas là. Ce Dieu là autrement serait un Dieu liberticide, un Dieu de superstition. Fini d’invoquer Dieu quand ça ne va pas et de l’oublier quand tout va bien ou mieux.

Notre Dieu, est un Dieu optimiste, confiant dans les hommes. Il n’attend pas de nous que nous soyons des adorateurs d’idole ni des peureux, mais des femmes et des hommes veillant à conduire le mieux possible nos vies et nos familles.

Le souffle de Dieu est en nous ! C'est à nous d'aimer l'autre ! C'est à nous de faire le premier pas ! Cessons de réclamer un esprit qui nous vienne du ciel ! Aide-toi et le ciel t'aidera ! Aime et tu seras aimé ! Aime avant de chercher à être aimé !
  

Vendredi 24 avril 2009
- Par Charles Nicol - Recommander
Il fréquentait tout le monde disent les évangiles ...

"La Cène selon eux", vue sur le site "ailes d'ange"

Mardi 14 avril 2009
- Par reproduit dans les Actualités unitariennes - Recommander

Comment parler de "Lui" ?

de Gérard Bessière, paru dans Quelques nouvelles (bulletin de la mouvance Marcel Légaut),
n° 214, septembre 2008 ;
reproduit dans la Correspondance unitarienne n° 83, septembre 2008


Il est venu, léger, / mettre un étrange feu / au creux des cœurs / et dans la foule éteinte, / soleil toujours levant / aux Orients lointains ...

Était-il élancé / était-il fort et beau? / Il n'a laissé aux siècles / que l'incendie subtil, / si souvent oublié, / qui toujours se rallume ...

De Lui l'on peut parler / car Il est né, de nuit, / quand sa mère a crié / car Il est mort, un soir, / dans l'éclair / d'un grand cri ...

De Lui l'on peut parler / car Il fut fatigué, / sur les chemins poudreux, / à guérir, à sauver, / à rebâtir les hommes, / à libérer l'amour ...

De Lui l'on peut parler / car Il fut insulté / de vouloir éveiller / du sommeil millénaire / l'enfant de l'avenir, / plus vrai / que tous les rêves ...

De Lui l'on peut parler / car il fut arrêté / jugé et condamné, / le charpentier perdu / et cloué sur du bois / au large de la ville ...

De Lui l'on peut parler / car Il avait voulu / donner à Dieu visage / mains et parole vive, / dans les rues des villages, / dans l'humaine rencontre... Il s'appelait Jésus


Né en 1928, Gérard Bessière est prêtre, ancien aumônier national des Équipes enseignantes de la paroisse universitaire. Il a travaillé aux Éditions du Cerf de 1969 à 1988 et fut journaliste à l'hebdomadaire " La Vie " de 1975 à 1988. Retiré dans sa maison de Luzech, qui devient chaque été un haut lieu de réflexion sur les mouvements sociaux du monde, ce prêtre est resté un homme en marche, fidèle à l’enfant qui l’habite (site de Jonas)

Ecrivain généreux, il est entre autres l’auteur de " Jésus selon Proudhon, la " messianose " et la naissance du christianisme " paru aux éditions du Cerf en février 2007

Vendredi 29 août 2008
- Par Gérard Bessière - Recommander

Roger Parmentier, théologien protestant "non aligné" est un spécialiste reconnu des "actualisations de la Bible", c’est-à-dire de la méthode permettant des réécritures et des transpositions culturelles des textes fondateurs du judaïsme et du christianisme. Ces révélations sont particulièrement bienvenues dans nos sociétés sécularisées où les mythes d’autrefois ne sont plus reçus. "Actualiser" permet de parler vrai à nos contemporains dans le langage qui les touche, de retrouver les accents polémiques et parfois prophétiques des documents originels.

"Roger Parmentier nous enchante par les transcriptions qu’il fait des anciens textes bibliques en actualisations saisissantes. Il nous jette à la figure, une vision percutante et bouleversante de l’Évangile de Jésus. Loin de se laisser aller à des fantasmes discutables, c’est toute sa science biblique et théologique qui sous-tend ces pages ébouriffantes. Ceux de nos contemporains qui sentent leur foi se liquéfier et les abandonner, trouveront dans ces pages brûlantes toutes les raisons d’accroître encore cette désolation. Et sur ces ruines surgira alors la Réalité vivante et dynamique, fraternelle et souriante d’un monde heureux." Gilles Castelnau

Il est appelé à présenter cette méthode de travail dans la plupart des Facultés de théologie européennes. Il a actualisé et publié 15 "livres" de la Bible et de nombreux chapitres isolés. Il ose réécrire la Bible pour qu’elle soit davantage "parlante" dans les cultures modernes et sécularisées que sont les nôtres.

Ces ouvrages sont publiés aux éditions L’Harmattan ; ils peuvent être commandés dans les librairies ; o
u encore auprès de l’auteur : 
 Roger Parmentier, Raynaude, 09290 LE MAS D’AZIL, tél. 05 61 69 97 44, courriel : rogerparmentier@wanadoo.fr



Les prophètes Amos et Osée (8ème siècle avant l’ère chrétienne) actualisés, préface de Jean Cardonnel (11,00 €).
Comme Osée et Amos, à notre tour devenons "prophètes" (porte paroles lucides et surmontant leurs craintes et les oppositions). Par conviction de responsabilité et pour tenter de sauvegarder notre humanité que tant de cataclysmes menacent, et d’appeler nos Eglises à revenir à l’essentiel après les pires effondrements de leur Histoire, pour pouvoir retrouver l’authentique. Mais soyez prévenus : il y a peu de chances que vous soyez entendus !

Les prophètes Jonas et le Cantique des Cantiques actualisés
, préface de Jean Cardonnel (9,00 €)
JONAS : "Dieu" a un plan, une vocation pour chacun de nous : Il mettra de l’obstination à vaincre nos refus, nos incompréhensions...Le vrai miracle ce n’est pas la baleine mais que toutes les "Ninive" (et Jonas), (c’est-à-dire nous) changent radicalement de mentalité ...
LE CANTIQUE DES CANTIQUES : La religion, c’est peut-être bien beau... mais l’amour d’un homme et d’une femme, leur entente profonde., corps et "âme", c’est la merveille des merveilles (avec ou sans religion).



Le grand projet de Jésus exalté dans Les Béatitudes, 10,50 €
Les Béatitudes sont un résumé de l’enseignement utopique et magnifique de l’homme de Nazareth, son appel à des volontaires pour mettre fin à tout ce qui va mal, à inventer "le monde renversé", celui de la compassion sans limites et de la générosité débordante, coûte que coûte ...

Le combat politique de Jésus sera remplacé par la mythologie des " Hellénistes ", schémas, 17 €

Les Paroles de Jésus (appelées aussi " Logia ", source Q) actualisées (transposition en notre temps, réécritures) (10,00 €)



L’Évangile selon Marc actualisé
, préface imaginaire de " Marc " (11,00 €)
Le grand secret de "Dieu", mystérieux et caché est à l’œuvre, comme la bonne semence dans la bonne terre, préparant de merveilleuses moissons..."Dieu" ? La force qui inspire Jésus et les "prophètes", qui fait triompher la vie, malgré ses catastrophes et menaces ; qui met en mouvement auprès des vies blessées, "perdues"...

L’Évangile selon Matthieu actualisé et réécrit, l’évangile autrement, préface de Michel Bouttier, 14,00 €.
Les intégrismes ne l’emporteront pas, ni les fondamentalismes auto-satisfaits. Car le règne de "Dieu" le grand projet du monde heureux est proche, à la portée de la main ! "Malheur à vous quand tous diront du bien de nous car cela prouvera que nous sommes des faux prophètes qui n’annoncent aux hommes, que ce qu’ils ont envie d’entendre, de vaines redites, au lieu d’un message vraiment prophétique

L’Évangile selon Jean actualisé et démythisé, ou l’évangile de Jean à Montpellier (17,50 €)
Paroles tardives de disciples bien intentionnés, après des dizaines d’années de constructions théologiques par les communautés ; Paroles si peu semblables à celles de Jésus...Jésus n’aurait-il pas été scandalisé par cette "haute christologie" ? Et nous ? Pouvons-nous entendre le meilleur de "Jean"? "Sauvez" le quatrième évangile ?



L’épître de Jacques et la Première épître de Paul aux Thessalloniens, (8 euros)
Voici un art de vivre pour chacun et pour nos communautés, une sorte de circulaire syndicale : conduire notre vie intelligemment et nos relations avec tous, spécialement les gens peu aimables (comme nous !)

L’Apocalypse de Jean actualisée : urgent ! (11,00 €)
Ça va mal... et ça ira encore plus mal, mais les impérialismes seront vaincus et les fidèles comblés, car celui qui conduit l’Histoire la conduit bien : sa sagesse vaincra ! We shall overcome !

Voir aussi aux mêmes éditions L'Harmattan :
Herméneutique de la Bible. Prédication de la Bible. Actualisation de la Bible (février 2006, 120 pages, 12 €), par Paul Ricoeur, Henri Blocher, Roger Parmentier
Trois approches modernes de la bible ont été réunies dans ce recueil : l'herméneutique est la science des interprétations. Le grand philosophe Paul Ricoeur met en lumière tout ce que les lecteurs consciencieux de la Bible sont en droit d'attendre de cette science. Le pasteur et professeur Henri Blocher, est un représentant éminent du courant évangélique considéré par certains comme traditionnel. Enfin Roger Parmentier, pasteur et animateur biblique, est spécialiste des actualisations de la Bible.

Lundi 28 juillet 2008
- Par d'après les éditions L'Harmattan - Recommander

Apocalypse 2, 20

Le "Codex Sinaiticus", le plus ancien Nouveau Testament en grec, a été rédigé entre 330 et 350 sur des peaux de boeuf par les moines du monastère Sainte-Catherine, sur le Mont Sinaï en Egypte, puis laissé à l'abandon, soit 400 pages. Celles-ci ont été retrouvées au cours du 19ème siècle par le savant allemand Konstantin von Tischendorf, originaire de Leipzig, lors de trois voyages successifs, puis ventilées entre plusieurs bibliothèques comme autant de reliques ! soit 43 pages entreposées à la Bibliothèque universitaire de Leipzig depuis 1844, 5 pages à la ville de Saint-Pétersbourg, les 347 autres à la cité Londres (à laquelle Staline les avait revendues !) et 12 pages restées sur place au monastère Sainte-Catherine.

Grâce à un programme international,
www.codexsinaiticus.org, vous aurez, d’ici 2010, votre bible en grec du IVème siècle, avec en prime deux textes apostoliques : la Lettre de Barnabas et le Berger d'Hermas. Il existe d’autres antiquités très précieuses comme le Codex Vaticanus et le Codex Alexandrinus, mais c’est le plus ancien.

Que voulez-vous de plus ? En l'absence d'enregistrement direct (magnétophones, caméras vidéo, etc.), les autres religions du monde entier ne sont pas mieux loties.

E
n tout cas, pour ceux qui doutent des miracles de la foi, je dirais que cette transmission à nous du Codex Sinaiticus relève sinon du parcours du combattant du moins d’une formidable aventure basée sur la foi de croyants et la curiosité insatiable de savants ...

D’après des informations transmises aux Actualités unitariennes par Fabien Girard.

Lundi 21 juillet 2008
- Par Actualités unitariennes - Recommander

THERON Michel, 2008 - La Source intérieure, Villeurbanne (France), Golias, 147 p., préface d'André Gounelle

Il s'agit d'une édition nouvelle (la première publication date de 2005 et avait été faite à Paris par Le Publieur), revue et augmentée d'environ un tiers par rapport à la première.

le prix est de 16 euros à l’ordre de Golias, B.P. 3045, 69605 Villeurbanne cx).
Pour la Belgique, virement à l’ordre de Golias, compte n° 435-3400801-61 (banque KB).
Pour la Suisse, virement à l’ordre de Golias, code IBAN FR76 3005 6001 7701 7720 2864 484 – BIC : CCFRFRPP

La couverture est la reproduction d'une icône copte, représentant le Christ (à droite) et l'abbé Ménas (à gauche), qui figure au Louvre. Cette icône est commentée dans le livre même (page 94) : j'y vois la meilleure image qu'incarne Jésus à mes yeux, l'image d'un compagnon de route, qui ne nous domine pas du haut d'une haute stature mais nous tient d'une main par l'épaule, et qui joue auprès de nous le rôle d'un instituteur de la Parole (le livre dans l'autre main) " (message de l'auteur du 15 juin 08).

Dimanche 15 juin 2008
- Par Michel Théron - Recommander
J-sus-et-ses-h-ritiers.jpg Après " Dieu malgré lui ", publié en 2002, " Le secret du 13ème apôtre " en mars 2006, Michel Benoît poursuit son enquête et sa quête sur le Jésus historique avec " Jésus et ses héritiers, mensonges et vérités ". Le livre est paru ce 6 mars, aux éditions Albin Michel, comme les deux autres précédents. 

Alors que le livre précédent, à propos d’un éventuel 13ème apôtre, relevait du genre des thrillers religieux, le livre qui vient de sortir en reste à l’histoire toute simple mais celle-ci est déjà suffisamment compliquée ! 

En effet, la version " officielle " donnée par le Nouveau Testament nous fait gober, au nom de la foi et/ou de l’obéissance à l’Eglise, des évènements pour le moins insolites. Je ne parle pas ici des miracles, qui, eux relèvent du chapitre des guérisons (y compris la fameuse " résurrection de Lazare "), mais des évènements purement historiques qui concernaient la place publique.

Il y a d’abord ce personnage bien énigmatique de Judas. Si énigmatique que les analystes et les interprétateurs en tout sens s’y sont cassés les dents. A moins de faire entrer le Diable dans le jeu (mais sur ce site ce n’est pas notre genre !), on ne comprend toujours pas pourquoi cet homme aurait trahi. Pour quelques écus ? - c'est la version " officielle ", facile mais un peu un peu courte - pour aider Jésus à se délivrer de son enveloppe charnelle et s’élever ainsi plus aisément ? – c’est la version gnostique de l’Evangile selon Judas - Pour forcer Jésus à un procès publique où il aurait proclamé sa vérité ? - plus qu’hasardeux ! 

Les circonstances de sa mort sont également bien étranges et contradictoires. Matthieu (et lui seul Mt 27, 3-10) nous dit qu’il s’est pendu en regrettant son geste, mais les Actes des apôtres (Ac. 1, 18) décrivent un ventre ouvert d’où sortent les entrailles (d’une chute sur la tête, malheureuse ou après avoir été poussé, ou un coup de couteau ?). Y aurait-il eu règlement de compte entre disciples voulant succéder à Jésus. L’Evangile n’est pas sans évoquer leurs chamailleries pour le leadership.

Et puis ce tombeau vide, celui que Joseph d’Arimathie avait prêté à la famille et qui n’était que pour une étape temporaire, voici qu’il est vidé de son occupant plus vite que prévu ! La famille serait-elle venue chercher le corps avant que les femmes du groupe des disciples ne viennent à l’aube ? Matthieu nous dit qu’une rumeur courait dans la ville en ce sens *. Nous savons que la Résurrection trois jours après la mort de Jésus, sera un thème développé plus tard.

* voir notre rubrique " tombeau de Jésus "

Et comment ne pas imaginer une certaine tension entre les disciples et la famille de Jésus pour l’héritage spirituel et religieux. Soudain, la phratrie de Jésus occupe la scène à Jérusalem : ce seront successivement Jacques, Jude, puis Siméon. Les " apôtres " se dispersent, en Samarie, puis à Antioche, enfin à Rome, certes pour cause d’évangélisation. Paul est mal vu par les judéo-chrétiens qui l’accusent de prendre ses aises avec les pratiques juives ; il est non desiderata au Temple en dépit de la collecte qu’il organisa au sein des communautés de la diaspora. Il y est arrêté nonobstant les bonnes relations de Jacques avec les autorités juives.

Plusieurs siècles plus tard, la mort de Muhammad généra elle aussi une querelle de succession, entre sa famille (sa fille Fatima, son gendre Ali, etc.) et la première communauté des croyants. La guerre était déclarée pour des siècles entre chiites et sunnites.
  

Pour en savoir plus, voir le blog de Michel Benoît (en lien sur le site de l'AFCU).

Dimanche 16 mars 2008
- Par Jean-Claude Barbier - Recommander

Tabgah--la-multiplication-des-pains-et-des-poissons.JPG

 église de la Multiplication des pains et des poissons à Tabgah (Israël), mosaïque du Vème siècle au pied de l'autel

 

  La revue bimensuelle " Le Monde de la Bible "  (http://www.mondedelabible.com) vient de publier un hors série intitulé " Premiers chrétiens ; d’où viennent-ils ? " avec au sommaire : 

 

Pierre, Paul, Jacques, apôtres en mission, par Jean-Luc Pouthier (directeur de la rédaction du Monde de la Bible), pp. 12-15 ; Juifs et chrétiens, le moment de la séparation, par François Blanchetière (professeur émérite d’Histoire des religions de l’université Marc Bloch à Strasbourg), pp. 16-21 ; Les chrétiens après l’incendie du Temple, par Jean-Pierre Lémonon (Université catholique de Lyon), pp. 22-25 ; Marcion, la rupture radicale, par Michel Tardieu (professeur du Collège de France " Histoire des syncrétismes de la fin de l’Antiquité "), pp. 26-29 ; Premiers débats sur la divinité du Christ, par Bernard Pouderon (professeur à l’université François Rabelais Tours-CESR), pp. 30-33 ; La gnose, une doctrine pour des élus, par Madeleine Scopello (directeur de recherche au CNRS, Paris IV-Sorbonne, docteur ès lettres de l’université de Turin), pp. 34-39 ; Martyrs en terre d’Afrique, par François Decret (professeur honoraire des Universités et de l’Institut augustinianum, université du Latran, Rome), pp. 40-45 ; Des origines au V° siècle. Naissance de la Rome chrétienne, par Jean Guyon (directeur de recherche au CNRS, Centre Camille – Jullian, Aix), pp. 46-49 ; Jésus, vrai homme et vrai Dieu. Une théologie en images, par Jean-Baptiste Michel (écrivain), pp. 50-57 ; Moines de Palestine, la foi en conflit, par Pierre Maraval (professeur émérite de l’université Paris-IV-Sorbonne), pp. 58-61 ; Païens, chrétiens : drôle de IV° siècle, par Sophie Laurant (chef de rubrique au Monde de la Bible), pp. 62-67 ; Vers une Europe chrétienne, entretien avec Pierre Maraval et Jean-Luc Pouthier, pp. 68-73 ; Splendeurs et mystères de Constantin ; trois expositions en Allemagne et une en France, par Isabelle Duranton, pp. 6-9

 

Cet ouvrage contient des passages très intéressants sur les nazaréens et les ébionites ; judéo-chrétiens qui, n’ayant pas adhéré au processus de divinisation du rabbi Iéshoua de Nazareth, sont les chouchous des unitariens !

 

Quid des cours de catéchisme et des sermons dominicaux dans les paroisses qui font comme si les connaissances historiques sur le christianisme n’évoluaient pas ? Paraît-il que les clercs auraient peur d’effrayer leurs ouailles en leur disant la vérité … Et si la religion n’est plus un discours de vérité, quel est alors son avenir ? Ceux qui traitent les religieux de grands hypocrites auraient-ils donc raison ? Pourquoi ce grand écart entre ce que l’on sait grâce à nos éminents chercheurs et universitaires et ce qu’on raconte au brave peuple ?

L’unitarisme, quant à lui, prône la liberté de pensée et d’expression et ceci depuis sa naissance au XVIème siècle (voir par exemple la déclaration de Torda en Transylvanie en 1568 qui fut le premier manifeste en Europe en faveur de la liberté de pensée des ministres du culte). 

Mieux, il considère comme nulle et non avenue toute assertion religieuse (y compris tirée de la Bible) qui irait à l’encontre des connaissances scientifiques. Notre position est claire et nette : le christianisme unitarien est un humanisme (de croyants en Dieu) éloigné des rhétoriques religieuses qui prétendent parler au nom de Dieu et qui véhiculent en fait des anachronismes de toute sorte.
 

Parmi les ouvrages à lire ABSOLUMENT, le livre de James Tabor que nous avons présenté dans un message du 3 juillet 07.

Lundi 3 septembre 2007
- Par Jean-Claude Barbier - Recommander

Notre sympathie va à l’Union protestante libérale (ULP) de Strasbourg qui se montrent plus hardie que d'autres milieux protestants dans le traitement des sujets qui fâchent !

Eh oui ! les protestants libéraux ont, très légitimement, le soucis de garder le contact avec tous les autres fidèles de leur paroisse et, le libéralisme théologique aidant, ceux qui ont des convictions unitariennes ou proches, préfèrent une attitude plutôt modérée et prudente quant à la nature de Jésus et le dogme trinitaire. Il s’ensuit que les unitariens ont de nombreux amis dans les rangs des protestants libéraux, mais peu d’unitariens déclarés ! 

Or pour les unitariens, la nature de Jésus ne relève pas d’une réponse " normande " : " peut-être ben que oui, peut être ben que non " ; ni d’une réponse libérale " vous êtes libre de penser ce que vous voulez sur cette question " (merci pour l’autorisation de penser librement !), mais d’une recherche de la vérité : qui est Jésus ? that is the question.

En attirant l’attention sur l’humanité de Jésus, l’ULP de Strasbourg reste dans cette tradition libérale qui ne veut pas trancher sur ce sujet, mais elle avance néanmoins là où d’autres font du sur place. Déjà, Ernest Winstein s’était interrogé sur la famille de Jésus (voir l’article à la Une dans la Correspondance unitarienne " Jésus, fils de Joseph et de Marie ",n° 26, décembre 2003 ; qui était un extrait d’un " dossier biblique " préparé par l’auteur). Les Annales n° 4 de l’ULP ont également publié une contribution du même pasteur sur " le projet politique de Jésus " (thème central du livre de James Tabor (voir notre article du 3 juillet 07). 

Tombe-de-Talpiot.jpg Voilà que l’ULP propose maintenant une conférence sur le " tombeau de Jésus ". Or, les Actualités unitariennes ont été l’un des (très) rares sites à penser et à dire à haute voix que le sujet était tout à fait pertinent et à protester contre sa mise aux oubliettes (voir notre rubrique " le tombeau de Jésus à Talpiot ? "). Nous ne pouvons que nous féliciter de cette attitude hardie de nos amis protestants libéraux de Strasbourg.

vendredi 7 septembre 2007 - A propos du " tombeau de Jésus ". Soirée d’information et de débat. La rencontre est animée par Ernest Winstein. Synthèse du documentaire sur le tombeau de Talbiot de James Calmeron et Simche Jacobovici présentée par Nathalie Leroy-Mandart, à 20h30 au Foyer Lecocq (cour de l'église St-Guillaume), rue Ernest Munch, Strasbourg.


Et, dans la foulée, une rencontre les samedi 29 et dimanche 30 mars 2008 sur " l’humanité de Jésus " (voir notre agenda à l’usage des unitariens et de leurs sympathisants, rubrique agenda).

Lundi 13 août 2007
- Par Jean-Claude Barbier - Recommander
Juin 2007, La Véritable Histoire de Jésus  ; une enquête scientifique et historique sur l'homme et sa lignée", par James D. Tabor, aux éditions Robert Laffont (Paris), traduit de l’anglais (États-Unis) par Bernard Cohen, 352 p., 20 euros.

Le pasteur Simon Sire a attiré notre attention sur la sortie et l'intérêt de cet ouvrage.  Nous reproduisons ici le texte de présentation de l’éditeur :

La-v--ritable-histoire-de-J--sus.JPG Et si Jésus avait surtout été un révolutionnaire politique ? Et si l’Église chrétienne avait confisqué cette figure historique afin d’élaborer une nouvelle religion sans rapport avec le projet premier du Christ ?

Jésus se voyait avant tout comme le Messie, c’est-à-dire le descendant de la maison royale de David. En retraçant l’histoire de l’homme Jésus, James Tabor, spécialiste reconnu des religions archaïques, contredit sérieusement un certain nombre de dogmes du christianisme. Il montre comment un mouvement religieux considéré comme dissident à l’époque – le christianisme – a pu s’imposer au détriment du projet initial de Jésus. Et il dessine sous nos yeux l’image d’un Christ très humain, l’aîné d’une nombreuse fratrie, à la tête d’une véritable dynastie, rejoignant Jean-Baptiste autour d’un projet messianique, enrôlant dans son mouvement ses quatre frères dont trois reprendront le flambeau après sa mort. Leur objectif principal ? Conduire le peuple juif à sa rédemption politique, sociale et spirituelle. Alors pourquoi et comment cet aspect de l’histoire a-t-il été gommé ? 

James D. Tabor retrace dans cet ouvrage son audacieuse et fascinante enquête. Best-seller aux États-Unis, ce livre, fruit de vingt-cinq ans de recherches scientifiques, transforme radicalement notre vision d’un des moments les plus cruciaux de l’Histoire.

Biographie de l'auteur :

James D. Tabor dirige le département d’études religieuses à l’université de Caroline du Nord, dans la ville de Charlotte. Il y enseigne depuis 1989 après avoir occupé différents postes dans d’autres universités, dont la prestigieuse université catholique Notre-Dame. Ce professeur haut en couleur est un personnage de roman au sens propre puisque Kathy Reichs s’est inspirée de lui pour élaborer la figure de Jake Drum, l’archéologue spécialiste des religions, conseiller de Temperance Brennan dans son dernier roman, À Tombeau ouvert, qui paraît simultanément aux Éditions Robert Laffont.

Mardi 3 juillet 2007
- Par éditions Robert Laffont - Recommander
AGIER Eric, 2006 – " Interview de Jésus-Christ : les questions de Benoît ", Paris, l’Harmattan, 166 p. (Cheminements spirituels)

 

Jeune-ado--Over-blog.JPG
L’auteur s’adresse aux jeunes à travers un dialogue avec un adolescent de sa famille, Benoît, en 7 étapes : à la découverte de Ieshoua ; comment dégager la vraie doctrine ? comment prier aujourd’hui ? la relation de Jésus avec la politique et les élites ; les deux types de christianisme (les mythes et l’imagerie d’une part, la poésie, l’abstraction et la symbolique de l’autre, p. 86) ; vers un retour au christianisme originel ; essai de synthèse et ultimes questions.

E. Agier est Suisse. Il est sociologue, a travailler sur les questiions de management dans les grandes entreprises et a dirigé un groupe d'Ecoles-club pour adultes visant à vulgariser sous forme de loisirs, les sciences, les arts, le théâtre, la musique, les sports et le bricolage. Il a siégé à la Commission Unesco pour l'éducation des adultes. Il est membre de l' Assemblée fraternelle des chrétiens unitariens (AFCU)

Jeune ado vu sur la plateforme d'Over-blog

Mardi 19 juin 2007
- Par Jean-Claude Barbier - Recommander

WEBER-LEFEUVRE Marie-Claire, 2006, Etude des évangiles, suivi de "Les Evangiles et l'écologie", Paris, L'Harmattan, 162 p. ("Chrétiens Autrement"), sorti en septembre. Prix éditeur : 14,5 € / 95 FF. Existe aussi en version numérique (pdf texte) : 12 082 Ko.   http://www.editions-harmattan.fr/

Recension par Jacques Musset paru dans le bulletin de l'Association culturel des Amis de Marcel Légaut (association membre du Parvis), " QUELQUES NOUVELLES " (n° 197 - février 2007) http://legaut.phpnet.org),

 

Christ à Mazilles (photo du site du mouvement Jésus simplement http://jesussimplement.free.fr)

 

 

Professeur de lettres, depuis toujours vivement intéressée par le christianisme, l’auteur a éprouvé le besoin au moment de sa retraite de travailler de près les Evangiles en analysant les textes selon les méthodes de lecture valables pour n’importe quelle œuvre littéraire. A travers cette entreprise menée minutieusement, l’enjeu était vital pour elle, il s’agissait de se réapproprier Jésus de Nazareth autant qu’il est possible de le faire. Jésus est en effet une éminente source d’inspiration dans la conduite de sa vie.

Ce que j’ai apprécié, en lisant cet ouvrage, c’est d’abord la passion de son auteur à comprendre la signification des vieux textes évangéliques écrits il y a vingt siècles dans des contextes culturels, sociaux, économiques, religieux et politiques très différents des nôtres. Ce n’est pas courant qu’une laïque se consacre à ce travail. C’est dire sa forte motivation. C’est aussi la rigueur intellectuelle avec laquelle elle a conduit son enquête : cette exigence l’a accompagnée tout au long de son étude critique qui passe en revue, en les comparant, l’essentiel des textes évangéliques.

Le Jésus auquel elle parvient n’est pas, et de loin, celui des dogmes catholiques. Ce n’est pas un parti pris d’opposition mais le résultat de ses investigations, menées avec honnêteté, sans préjugés, avec comme équipement sa compétence dans l’approche des textes littéraires. On peut ne pas la suivre en tout point mais on doit lui reconnaître un réel souci d’écouter les textes évangéliques à partir des différents angles où elle se place pour entendre leur message. Sa recherche n’est pas close !

En publiant le résultat de sa recherche, l'auteur pense que ses commentaires rencontreront des échos chez certains de ses lecteurs. Le premier service qu’elle peut leur rendre est, à mon sens, de les stimuler à se mettre eux-mêmes au travail, avec la même ardeur et les mêmes exigences. Trop peu de gens y consentent, hélas. En même temps elle leur rappellera que, s’il s’agit de ne négliger aucune approche dans les textes évangéliques, au bout du compte l’essentiel est de vivre le texte de l’intérieur, c’est à dire de le personnaliser au détriment de tout ce que les siècles y ont ajouté… tout en laissant la place au Mystère et à l’Inconnaissable.

Jacques MUSSET - 12 rue du Ballon - 44680 - Sainte-Pazanne

Vendredi 2 mars 2007
- Par Jean-Claude Barbier - Recommander
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