Quantcast

Calendrier

Mai 2013
L M M J V S D
    1 2 3 4 5
6 7 8 9 10 11 12
13 14 15 16 17 18 19
20 21 22 23 24 25 26
27 28 29 30 31    
<< < > >>

à vos ami(e)s

Rechercher

la non-violence

Le problème étant très politique, les Actualités unitariennes ne sont pas le lieu adéquat où le débat peut être engagé. Mais nous versons volontiers cette carte au dossier car elle montre bien comment la colonisation de la Cisjordanie par Israël grignote de plus en plus les terres palestiniennes et rend la gestion politico-administrative du nouvel Etat extrêmement difficile. La "zone E1", dont la colonisation vient d'être décidée, prive la capitale Ramallah d'un accès direct aux territoires plus au sud. De nombreux gouvernements, dont la France, ont déjà réagi en condamnant à ce projet

 

cisjordanie_colonie_israelienne_E1.jpg

Vendredi 7 décembre 2012 5 07 /12 /Déc /2012 07:13
- Par Actualités unitariennes - Publié dans : la non-violence - Communauté : Religions en toute liberté

Gene-Sharp.jpg

Gene Sharp, chercheur américain spécialisé dans l'étude des conflits

et des mobilisations qui se veulent non-violentes

 

A partir de Gandhi et d’autres mobilisations historiques comme récemment les "printemps arabes", on parle de non violence, mais que recouvre exactement ce terme ? Jean Marichez, en traduisant en français les livres de l’Américain Gene Sharp, relance le débat. Voir l’article publié sur le site de l’Assemblée fraternelle des chrétiens unitariens (AFCU) sous le titre « Pacifisme, non-violence, et force de paix » (rubrique « le vocabulaire religieux ») (lien) http://afcu.over-blog.org/article-pacifisme-non-violence-et-force-de-paix-100249151.html

Lundi 27 février 2012 1 27 /02 /Fév /2012 17:11
- Par Actualités unitariennes - Publié dans : la non-violence - Communauté : Religions en toute liberté

Le trimestriel « Alternatives Non-Violentes » (lien) a été fondé en 1973, avec pour but de faire connaître dans les milieux intellectuels la pertinence de la non-violence et de ses modes d’actions qui se manifestent lors de luttes en Europe ou ailleurs dans le monde. C’est pourquoi cette revue traite chaque trimestre d'un thème précis, où sont analysés les mécanismes de la violence et approfondies les dimensions culturelles, psychologiques et politiques de la non-violence, toujours en relations avec des luttes de résistance. La revue fait collaborer des militants, des universitaires et des chercheurs : philosophes, théologiens, politologues, historiens, psychologues, économistes, journalistes, etc. Alternatives Non-Violentes est agréablement illustré.


Les numéros de la revue Alternatives Non-Violentes, n’étant pas liés à l’actualité immédiate, restent longtemps des outils précieux pour la réflexion et la formation. Alternatives Non-Violentes est une revue de référence dans le monde francophone. Les derniers numéros ont été consacrés aux thèmes suivants : « Tolstoï, précurseur de la non-violence », « L’autorité à l’école », « La domination masculine » (n° 155), « La non violence en marches … de Gandhi à demain » (n° 156), « Le désarmement nucléaire unilatéral de la France » (n° 157), « La colère, qu’en faire ? » (n° 158), « L’exercice du pouvoir : la tension du compromis » (n° 159), « Désobéir par éthique professionnelle » (n° 160). Chaque n° est vendu à 12,50 € ; l’abonnement annuel (4 numéros) est à 37 €. Chèque à l'ordre de la revue et à adresser à : ANV Centre 308, 82 rue Jeanne d’Arc, 76000 Rouen.


Les auteurs suivants ont écrit dans la revue : Olivier Abel, Michel Aucouturier, Marie-Christine Blandin, François Brune, Suzanne Citron, Marie-Agnès Combesques, André Comte-Sponville, Bernard Dréano, Isabelle Filliozat, Jean-Claude Filloux, Guillaume Gamblin, René Girard, Étienne Godinot, Christine Laouénan, Serge Latouche, Élisabeth Maheu, Christian Mellon, Fabienne Messica, Olivier Mongin, Florence Montreynaud, Jean-Marie Muller, Hervé Ott, Bernard Quelquejeu, Alain Refalo, Christian Robineau, Frédéric Rognon, Hans Schwab, Jacques Semelin, Michel Serres, Serge Tisseron, François Vaillant, Patrick Viveret, etc.


alternative_non_violente_158.JPG

 

Lire dans les Etudes unitariennes le texte de François Vaillant, rédacteur en chef de la revue, écrivain et théologien, sur le récit de Jésus (dans les 4 évangiles) chassant les vendeurs du Temple de Jérusalem, paru dans le n° 158 "La colère, qu'en faire ?" (lien)

Dimanche 18 décembre 2011 7 18 /12 /Déc /2011 19:01
- Par d'après un message de François Vaillant - Publié dans : la non-violence - Communauté : Religions en toute liberté

Un colloque au Sénat le 25 juin 2010

Alors que les media parlent essentiellement de violence lorsqu'il s'agit du conflit israélo-palestinien, on ne connaît guère le mouvement de résistance populaire non-violent en Palestine, pourtant en plein essor.  Un colloque a eu lieu sur ce sujet le 25 juin au Sénat à Paris, organisé par l’association France Palestine Solidarité. Le texte publié ci-dessous est extrait du document de présentation de ce colloque. Un texte à connaitre et à faire connaître, car il montre comment la résistance des Palestiniens est en train de prendre un tournant qui ouvre de nouvelles perspectives d’une paix dans la justice, dans le contexte dramatique du conflit israëlo-palestinien. Régis Pluchet (Le Mans)

« Apparu en 2003 à Mash'a puis à Budrus, localités située au nord-ouest et à l'ouest de Ramallah, il a été popularisé à partir de 2005 grâce au dynamisme créatif et à l'ampleur de vue du comité populaire de Bil'in, où le tracé initial du mur conduisait à 60 % l'annexion des terres commencée bien antérieurement. En 2010, 19 comités de résistance populaire se coordonnent (ils étaient 3 en 2008, 11 en 2009) et Moustapha Barghouti, dirigeant d'un parti politique palestinien, a parlé lors de la dernière conférence internationale de Bil'in, d'actions de résistance hebdomadaires dans 45 endroits différents. 1 000 à 2 000 personnes participent chaque semaine à ces actions (chiffres de 2009). Les manifestations à Jérusalem contre la colonisation du quartier de Cheikh Jarrah ont réuni jusqu'à 3000 personnes. Plus de 5 000 personnes ont participé à une manifestation dans la ville de Beit Ummar (entre Hébron et Béthléem) en mars 2010.

En quoi consiste cette résistance ?


Les manifestations pacifiques constituent son mode d'action central. Elles ont lieu chaque semaine, le vendredi (à Bil'in, Ni'lin, Al Ma'sara, Jérusalem...), le samedi (à Beit Ummar...) ou le dimanche (à Beit Jala par exemple). Elles réunissent des Palestiniens (du village et venus d'autres villages), des Israéliens et des internationaux en proportion variable selon les lieux, cette tripartition étant une caractéristique essentielle du mouvement. Elles ont pour but en se rendant sur des terres menacées ou confisquées par le mur, l'extension des colonies, les exactions des colons, les routes de contournement, d'affirmer les droits des Palestiniens et l'illégalité de la colonisation et de l'occupation. Elles visent fréquemment à empêcher les destructions opérées par les bulldozers (arrachage d'oliviers centenaires, démolition de maisons...)

Les participants sont formés à prendre ces initiatives selon les principes de la non-violence active, à ne pas réagir violemment aux violences exercées par l'armée ou les colons. Face à la violence de l'armée, il arrive que des pierres soient jetées, le propre de cette résistance étant de ne pas avoir recours à des armes. La résistance populaire palestinienne est  une résistance non-armée. En certains lieux, la référence à la non-violence de Gandhi, de Martin Luther King est très affirmée et mise en œuvre (…) ».

La seule voie possible pour les Palestiniens dans la conjoncture actuelle


« (…) Si la résistance populaire, sous-estimée par les stratèges israéliens, se développe, elle peut mettre en échec cette politique pense Michel Warschawski, anticolonialiste israélien lucide. (…) Tout en rappelant la légitimité du recours à la résistance armée contre l'occupation, les militants palestiniens insistent sur le nécessaire bilan qu'il faut en faire après la deuxième intifada, après la guerre contre Gaza, dans le contexte international ouvert par le 11 septembre 2001. Le prix en morts, destructions, image est accablant. Jusqu'au Hamas qui aujourd'hui fait la chasse aux lanceurs de roquettes dans la bande de Gaza. La situation locale (le déséquilibre des forces) et internationale (lutte contre le terrorisme) disqualifient le recours à la résistance armée en Palestine.

C'est sur le constat de ce double d'échec que le développement actuel de la résistance populaire non-violente doit être envisagé, ceci avec ses racines dans la culture et l'histoire des Palestiniens, qu'il s'agisse de la première intifada ou des luttes contre le sionisme et le mandataire anglais dans les années 1930.

(…) Pour le gouvernement, la résistance non-violente, qui fait partie de la culture palestinienne permet à un maximum de Palestiniens de participer à la lutte pour la libération de la Palestine. L'Autorité favorise la coordination des nombreux comités autonomes qui se créent. Elle les soutient financièrement, notamment pour le paiement des cautions exigées pour la libération des personnes arrêtées. Cette aide, ce soutien sont proclamés publiquement. Des membres du gouvernement participent aux manifestations, à la plantation d'arbres... Le poids, l'avenir de la résistance populaire s'en trouvent profondément modifiés. Le Fatah a adopté à son dernier congrès (à l'automne 2009) la lutte non-violente contre l'occupation comme ligne stratégique. Le Hamas reconnaît aujourd'hui que cette forme de résistance s'impose dans la conjoncture.


Des militants des divers mouvements politiques palestiniens oeuvrent ensemble dans les comités populaires, lesquels sont soutenus par les municipalités, quelle que soit leur couleur politique »


Extrait du texte de Erik Laloy,  publié par l’association France Palestine Solidarité (AFPS).
On trouvera le texte complet sur le site de l’AFPS (lien)

Mercredi 14 juillet 2010 3 14 /07 /Juil /2010 19:25
- Par Erik Laloy - Publié dans : la non-violence - Communauté : Religions en toute liberté

Jean-Marie MULLER, 2010 - Désarmer les dieux. Le christianisme et l'islam au regard de l'exigence de non-violence. Le Relié Poche, 720 pages, 15 euros. Philosophe et écrivain, Jean-Marie Muller a écrit de nombreux livres sur la non-violence considérés comme des ouvrages de référence en France comme à l’étranger

 

Avant-propos (extraits) -

 

jean pierre muller désarmer les dieuxLes hommes de foi sont des hommes de certitude. Ils ont la conviction de posséder la vérité ultime, et de la tenir directement de Dieu. De ce fait, ils se donnent volontiers la mission de la défendre contre les infidèles et les hérétiques. Alors, par un détournement de procédure, ils prétendent agir au nom de Dieu en jetant l’anathème tout alentour. Pour cela, ils cèdent facilement à la tentation de tuer, au risque de pervertir radicalement la vérité qu’ils veulent faire triompher.


Par l'enseignement rigide d'un discours dogmatique fermé, les religions historiques ont souvent disposé les hommes à l'intolérance, plutôt qu'à la bienveillance. Elles ont ainsi nourri les nationalismes communautaires qui professent la discrimination, l'exclusion, la violence et le meurtre.


La lutte du bien contre le mal se trouve au cœur de l'imaginaire religieux. Cette lutte est d'abord présentée comme un combat spirituel que le croyant doit mener contre lui-même. Mais ce même croyant est également invité à lutter contre le mal qui existe dans le monde. Le croyant qui se veut intègre, l’intégriste, commande le Bien et interdit le Mal. Et aux autres avec plus d’intransigeance qu’à lui-même.

Pour décrire l'intensité de cette lutte, il est souvent fait référence au symbolisme de la violence : le croyant est un soldat appelé à s'engager dans la guerre du bien contre le mal. Insidieusement, cette rhétorique guerrière utilisée pour décrire la lutte spirituelle contre les forces du mal censées être à l'origine du désordre du monde, appelle le croyant à faire réellement la guerre contre les mal-faiteurs. Le désir excessif et déréglé de pureté conduit à désirer l’épuration, qui est une abjection.

 

Souvent, trop souvent, des hommes religieux ont construit des représentations de la divinité à travers lesquelles Dieu fait peser sa malédiction sur ses ennemis et recourt lui-même à la violence pour les punir. Et dès lors que les hommes se représentent Dieu comme un être violent qui châtie les méchants, ils auront tout loisir de justifier leur propre violence à l'encontre de leurs ennemis, en croyant que Dieu cautionne et bénit leur comportement. Ils iront même jusqu'à imaginer que Dieu leur commande le meurtre des infidèles. C’est ainsi qu’en de nombreux versets, la Bible et le Coran privilégient les thèmes de la violence de Dieu et de la violence en Dieu. Ce sont ces textes que j’interrogerai et avec lesquels je dialoguerai tout au long de cette étude. Je me demanderai comment dérouter ces textes afin de désamorcer leur nuisance, afin qu’ils n’alimentent plus les désirs de violence qui veillent sans jamais prendre de repos dans le cœur et l’esprit des hommes.


Chacun peut douter de l’existence de Dieu, mais nul ne peut ignorer l’existence de nombreux dieux armés que les hommes violents ont imaginés pour justifier leur propre violence. Ce sont ces faux dieux qu’il faut désarmer pour pouvoir penser Dieu. Celui qui croit en de faux dieux ne rend pas un culte à Dieu, mais à des idoles. Les dieux jaloux, les dieux encolérés, les dieux justiciers, les dieux vengeurs, les dieux violents, les dieux meurtriers, les dieux guerriers, tous ces dieux armés sont des idoles que les hommes ont fabriquées en projetant sur elles leurs fantasmes.


Il importe d’abord de devenir athée de toutes ces divinités noires. Or, précisément, pour l’homme raisonnable qui reconnaît la violence comme l’autre absolu de l’esprit, les faux dieux sont tous ceux qui pactisent avec la violence en étant eux-mêmes violents et en commandant aux hommes de recourir à la violence pour défendre leur honneur. La violence ne peut jamais être un ordre, elle est toujours un désordre. En définitive, ce sont les religions qu’il faut désarmer, en désarmant les divinités qu’elles ont créées pour satisfaire les désirs meurtriers de leurs fidèles. Cela implique de désarmer les prophéties et les théologies, de désarmer les prophètes et les théologiens.


La question qui sous-tendra ma réflexion tout au long de ces pages, ce n’est pas comment croire en Dieu, mais comment penser Dieu ? J’explorerai l’idée de Dieu, non pas la foi en Dieu. L’idée, dans le sens de la forme intelligible par la pensée. Toute idée de Dieu n’est qu’une représentation humaine de Dieu. Mais toute foi en Dieu implique une idée de Dieu. Et, souvent, la théologie devient une idéologie. Je questionnerai les idées de Dieu transmises par les idéologies religieuses. Je m’efforcerai de débusquer les représentations d’un dieu armé qu’elles recèlent et tenterai de les déconstruire.


L’intuition essentielle autour de laquelle s'articulent les réflexions que je viens partager avec mon lecteur est que la violence ne peut pas être un attribut de Dieu. Dieu ne peut pas être violent. L’Être de Dieu ne peut être que pur de toute violence. Dieu ne peut être que pure non-violence. En disant non-violence, je reste sur le registre de la négativité. Cependant, il ne s'agit pas d'une simple, mais d'une double négativité. Et, en ce sens, celle-ci devient une affirmation positive. La limite extrême de mon hypothèse de travail pourrait se formuler ainsi : Dieu n’existe peut-être pas, mais, s’il existe, il ne peut être que pure non-violence.


Il m’a semblé essentiel de conduire conjointement l’approche critique du christianisme et celle de l’islam en procédant avec la même méthode d’investigation. Il importe d’éviter une fois pour toutes le piège qui consiste à absoudre les dérives d’une religion en accusant les autres des mêmes dévoiements. Ce défaut de méthode marque trop souvent la confrontation entre le christianisme et l’islam, jusqu’à la rendre stérile. Les violences perpétrées au nom du christianisme ne permettent pas d’occulter celles commises au nom de l’islam, et réciproquement. On ne peut soustraire les unes aux autres en sorte de parvenir à une sorte de bilan à somme nulle. Toutes ces violences s’additionnent dans un bilan largement négatif. Plus que cela : dramatique.


Pour conduire ce travail, je dialoguerai avec les textes de la Bible et ceux du Coran en m’efforçant d’être à la fois respectueux et rigoureux. Je dialoguerai encore avec les croyants dans le même esprit de respect et de rigueur.

 

 

Lundi 15 février 2010 1 15 /02 /Fév /2010 16:19
- Par Jean-Marie Muller - Publié dans : la non-violence - Communauté : Religions en toute liberté

gandhi_international.JPG Du 30 janvier au 3 février 2010, à l’invitation de l’association française Gandhi International et du mouvement indien Ekta Parishad, 120 personnes provenant de 20 pays se sont réunies à Bhopal (Inde) à un colloque international sur le thème «Vers une économie non-violente».


Constat


Alors que la moitié des habitants de notre monde sont agriculteurs, les trois quarts d’entre eux, dans les pays du Sud, travaillent encore uniquement à la main, en préservant l’environnement et sans contribuer au réchauffement climatique. Beaucoup n’ont pas de titre de propriété et leurs droits sont menacés par des projets menés par des Etats ou des entreprises minières, d’agriculture intensive, d’exploitation forestière, touristiques, etc.


Pourtant, lorsque des projets de ce type peuvent produire des effets négatifs, il existe en droit un principe de consentement libre, préalable et informé des communautés locales et des peuples indigènes, reconnu par divers textes de l’ONU, par l’Organisation Internationale du Travail (Convention n° 169) et par l’article 22 de la déclaration de Rio adoptée en juin 1992.


Par ailleurs, les marchés du Sud sont envahis par des denrées agricoles du Nord, produites avec d’énormes moyens mécaniques et subventionnés par les pouvoirs publics. De ce fait, l’agriculture vivrière et la production artisanale locales sont ruinées par cette concurrence et éliminées de l’économie.


Dans les pays occidentaux aussi, l’accès à la terre est devenu très problématique pour les paysans.


Engagements


- Nous avons une foi profonde dans la force des plus pauvres et nous voulons reconnaître les peuples dans leur dignité, leurs savoir-faire et leur culture.

- Nous nous engageons pour le droit d’accès des personnes aux ressources naturelles (terre, eau, forêts, semences, minerais, etc.) en vue d’un nouveau type de développement harmonieux, respectueux de l’homme et de la nature.

- Nous demandons qu’en droit international, le droit de souveraineté alimentaire soit reconnu comme supérieur aux droits du commerce.


Action


Les actions politiques que nous proposons s’appuient sur des réalisations concrètes qui sont les prémisses d’une économie et d’une société non-violentes.


Une marche nommée Jansatyagraha (« La marche non-violente du peuple ») de 100 000 personnes sera organisée en 2012 par Ekta Parishad pour faire respecter ces droits. Le point d’orgue de cette mobilisation aura lieu entre le 2 octobre (Journée internationale de la non-violence) et le 17 octobre 2012 (Journée internationale du refus de la misère).


Cette marche est en rapport avec des enjeux vitaux à l’échelle mondiale : l’accès aux ressources naturelles, la souveraineté alimentaire, le sort des plus démunis dans nos sociétés, la place des femmes, mais aussi la démocratie participative, le rôle des sociétés multinationales, le système économique international, le modèle de développement.


C’est pourquoi, nous voulons soutenir cette marche indienne, et affirmer ces droits d’accès aux ressources naturelles et à la souveraineté alimentaire en menant en 2012 sur plusieurs continents des actions non-violentes simultanées et concertées (marches, sit-in, chaînes humaines, heures de silence, manifestations sportives, etc.)


Les hommes n’ont pas seulement des droits, mais aussi des responsabilités, telles que définies par exemple dans la Charte des responsabilités humaines. Nous faisons appel à la responsabilité de toutes les personnes et de tous les groupes soucieux de justice à travers le monde pour que cette mobilisation de 2012 ait le plus grand impact possible.


A Bhopal, le 3 février 2010

Les délégués de : Algérie, Angleterre, Bangladesh, Birmanie, Brésil, Canada, Finlande, France, Inde, Japon, Malaisie, Maroc, Mexique, Népal, Paraguay, Sénégal, Soudan, Sri-Lanka, Suisse, Thaïlande.

 

texte envoyé à la Correspondance unitarienne par Etienne Godinot

Pour juin 2011, la section française de Gandhi International prépare une rencontre de 3 jours à Saint Antoine l'Abbaye (en Isère) pour la mobilisation 2012. Il y aura une journée inter-religieuse sur le thème : Une spiritualité de l'action.


Lundi 15 février 2010 1 15 /02 /Fév /2010 07:08
- Par Gandhi international - Publié dans : la non-violence - Communauté : Religions en toute liberté
Que ce soit au sein de la famille (parent/enfant ; couple ; relation avec la famille), sur le plan professionnel (cohésion d’une équipe, relation hiérarchique) ou encore dans la vie sociale (parents/professeurs, relation client/vendeurs, relation amicale ou de voisinage) nous devons faire face à des conflits. Comment réagir ? comment les gérer ? comment les solutionner ?

Quand quelqu’un nous blesse, comment communiquer sincèrement, sans nous-mêmes blesser à notre tour ? Comment faire mieux que d’éviter, se taire, bouder ? Comment gérer nos propres colères ? Quand l’autre devient agressif, quelle méthode pour l’écouter au bon endroit ? Quels outils pour passer de la culpabilité à la responsabilité ? Comment déployer une autorité véritable et légitime, à la fois efficace et respectueuse des personnes ? Comment déjouer les jeux de pouvoir ? Quelle méthode pour mettre hors-jeu une violence inacceptable ?

Communic-action.JPG Le programme mis au point par Communic Actions propose un parcours pour mieux comprendre son propre fonctionnement devant un conflit et d’être plus à l’écoute de soi et de l’autre ; il permet d’acquérir des outils afin de désamorcer toute réaction violente ou impulsive, de gérer de façon satisfaisante toute situation conflictuelle et si nécessaire de négocier efficacement.

La méthode, dénommée “CRITERE” par ses promoteurs, offre une synthèse originale et novatrice des techniques reconnues pour leur efficacité en articulant le meilleur des écoles de communication (« Cadres et dirigeants efficaces » de Thomas Gordon, CNV de Marshall Rosenberg) et des écoles de négociation (méthodes Win-Win, « négociation raisonnée » de Roger Fisher et William Ury). Ces deux univers, travaillés d’habitude séparément, sont peu à peu décloisonnés au moyen de nombreux exemples et exercices pratiques.

La méthode et le parcours ont été conçus par Etienne Chomé, chercheur à l’Université catholique de Louvain et consultant en entreprise. Communic Actions est une Ecole internationale qui se développe avec dynamisme sur trois continents et compte 60 animateurs en 2009 (lien).

Il n’y a pas à choisir entre autorité et compréhension. Le défi est de réussir en toutes circonstances à tenir ensemble le respect des règles et le respect des personnes” Etienne Chomé.

La formation se déroule en groupe de 15 personnes maximum sur une durée totale de 10 soirées de 2h (soit 20 heures de formation). Après chaque séance, elle nécessite un travail personnel de relecture et de mise en pratique des outils.

En Belgique, une formation est programmée du 22 février au 10 mai 2010 à la Fondation Wallonne – Verte Voie, 20 (Cortil du Coq Hardy)- 1348 Louvain-la-Neuve (à quelques 50 m de la gare). La participation financière est de 9 € par heure de cours, soit un total de 180 euros (des réductions peuvent être accordées). Contact : Coralie de Briey, courriel

Lundi 18 janvier 2010 1 18 /01 /Jan /2010 10:46
- Par Communic Actions - Publié dans : la non-violence - Communauté : Religions en toute liberté

Une mobilisation internationale à l’occasion de la marche Jansatyagraha de 100.000 pauvres en Inde, sur le thème du "droit d’accès aux ressources naturelles (terre, eau, forêts, semences) en vue d’un nouveau type de développement respectueux de l’homme et de la nature".


En ce XXIème siècle, un milliard d’individus sont sous-alimentés, un être humain meurt des conséquences de la faim toutes les 4 secondes, soit 25 000 par jour.
La moitié des habitants de notre monde sont agriculteurs, les 3/4 d’entre eux travaillent encore uniquement à la main. Assurer à ces paysans les conditions requises pour qu’ils puissent vivre de leur dur labeur est l’un des enjeux majeurs d’un développement durable. Au delà de l’Inde qui compte 70 % de paysans, c’est un défi planétaire pour un partage équitable des richesses, une cohabitation harmonieuse de tous les Terriens, des villes vivables, une agriculture respectueuse de l’environnement, une économie localisée et, finalement, pour que la violence ne soit pas la seule alternative de millions de pauvres, affamés, spoliés, déplacés et n’ayant plus rien à perdre.


Gandhi avait mobilisé l’immense force de la non-violence pour obtenir l'indépendance de l’Inde, le leader indien Rajagopal P.V. la canalise aujourd’hui pour promouvoir la justice sociale. En 1991, il a créé Ekta Parishad, mouvement qui compte actuellement plus d'un million de sympathisants. Ce syndicat fédère 380 organisations locales représentant les sans-voix de l'Inde et forme des animateurs sociaux "aux pieds nus" qui aident les plus pauvres à prendre leur destin en main. Rajagopal organise des padyatra, marches pacifiques pour défendre les droits des plus démunis.


L’objectif principal est que les paysans et les tribaux puissent vivre décemment de leurs activités agricoles et traditionnelles au lieu d’être contraints à émigrer vers les centres urbains - gonflant ainsi la population de bidonvilles gigantesques et insalubres - ou alors se suicident, irrémédiablement endettés par l’acquisition d’engrais, pesticides et semences OGM qui n’ont pas tenu leurs promesses de prospérité. 150 000 agriculteurs se sont suicidés en Inde ces dix dernières années.


Avec une discipline exemplaire, en octobre 2007, 25.000 personnes ont marché pendant un mois, parcourant les 350 km reliant Gwalior à Dehli, pour forcer le gouvernement à reconnaître leurs droits à la terre, à l’eau et à la forêt. Les résultats de cette grande marche appelée Janadesh (Verdict du Peuple) ont été nombreux : les plus significatifs sont l’adoption d’une loi forestière protégeant les populations indigènes, la création d’un comité national pour la réforme agraire et la distribution de terres à des dizaines de milliers de cultivateurs. Cette action a intensifié la formation de milliers de jeunes ruraux à l’action non-violente et l’émancipation des femmes. Beaucoup reste à faire pour que cette loi soit mise en œuvre effectivement par les autorités locales.


La prochaine marche non-violente, prévue par Ekta Parishad du 2 octobre 2011 au 2 octobre 2012, rassemblera 100 000 marcheurs. Son nom est Jansatyagraha, ou action non-violente du peuple pour la justice.

Un réseau international se constitue pour que des actions non-violentes simultanées et concertées (marches, sit-in, chaînes humaines, heures de silence, etc.) soient menées sur plusieurs continents en 2012 en lien avec la marche indienne, et particulièrement entre le 2 octobre (journée internationale de la non-violence) et le 17 octobre (journée internationale de lutte contre la misère).


Au-delà des revendications et propositions locales qui seront présentées lors des actions d’octobre 2012, l’objectif international des actions sera le droit d’accès aux ressources naturelles (terre, eau, forêts, semences) en vue d’un nouveau type de développement respectueux de l’homme et de la nature. S’y grefferont peut-être un ou quelques autres objectifs internationaux qui restent à définir, par exemple :

  • faire reconnaître par les organismes internationaux le droit de souveraineté alimentaire, prioritaire sur les droits du commerce,
  • imposer la transparence, puis la régulation des investissements et acquisitions dans le domaine foncier,
  • affirmer l’illégitimité et contester la représentativité des régimes minés par la corruption,
  • renforcer la lutte contre les paradis fiscaux, etc.

Tous les mouvements et associations soucieux de justice et de développement durable à travers le monde sont invités à se joindre à cette mobilisation internationale. Les croyants notamment sont invités à organiser ensemble une mobilisation interreligieuse.

 

Rajagopal portrait RAJAGOPAL P .V ., disciple de Gandhi, président du mouvement Ekta Parishad (Forum de l’Unité en hindi), porte parole des paysans, des tribaux et des sans caste  pour la défense de leurs droits fondamentaux à la terre, à l’eau, à la forêt et à une existence dans la dignité.

Originaire du Kerala et célèbre danseur de khatakali, Rajagopal quitte la scène à vingt ans pour devenir ingénieur agricole. Il découvre, aux hasards d'une tournée sur les pas de Gandhi, les ravages que peuvent faire la modernisation et l’industrialisation sauvage : «Toute une frange de la société est mise de côté, les paysans sont chassés de leurs terres sans aucune compensation par les multinationales, l’agriculture intensive et l’extension des zones bâties. Les tribaux, ces aborigènes premiers habitants de l'Inde, doivent quitter leurs forêts ancestrales, expulsés par un gouvernement qui préfère exploiter les ressources en bois et en minerais ou aménager des parcs nationaux pour les touristes ».


Pour tout contact : Gandhi International, (site en chantier)

 

Mardi 12 janvier 2010 2 12 /01 /Jan /2010 12:45
- Par Etienne Godinot - Publié dans : la non-violence - Communauté : Religions en toute liberté

La Bolivie (capitale La Paz) a connu des dictatures militaires de 1964 à 1982. Durant cette période, des personnes ayant un engagement syndical ou politique ont disparu. Aujourd’hui, des familles demandent à l’Armée des informations, les dépouilles des défunts et leurs effets personnels, ainsi que l’accès aux archives. Trois femmes mènent une grève de la faim depuis déjà un mois.

Eva Morales, l’actuel président, est au pouvoir depuis le 22 janvier 2006. Il est d’origine amérindienne et mène une politique qui se veut progressiste, mais il n'a pas encore donné suite à ces revendications.




Parmi ces femmes, Olga Flores Bedregal, unitarienne-universaliste et qui est bien connue de cette mouvance car participant régulièrement aux rencontres de l’International Councils of Unitarians and Universalists (ICUU), à droite sur les photos. Son frère Carlos Bedregal Flores a disparu en 1980.

Jusqu’à présent, la presse française n’a pas encore fait part de cette action alors que la vie de ces 3 femmes est très sérieusement en danger. Pour le suivi de cette grève de la faim, lien

Sur le site de l’International Convocation Unitarian Universalist Women (ICUUW), vous pourrez trouver des adresses utiles ainsi que des modèles de lettre en anglais et en espagnol à envoyer aux autorités boliviennes et inter-américaines.

Additif du 11 juin 09 :

En mon nom personnel, j'ai écrit à l'ambassade de France à La Paz. J'ai reçu un message d'Olga me disant qu'elles avaient cessé leur grève afin de ne pas mettre leur santé en danger. Elles ont du être hospitalisées  afin de pouvoir récupérer. Le président bolivien n'a pas bronché. Elles entendent bien entendu continuer leur action sous d'autres formes.

"Ya salí de la huelga, pero AGRADEZCO profundamente tu carta a la embajada de Francia porque es importante mantener la preocupación sobre el tema ya que el gobierno ha pretendido ignorarnos. No pude escribir antes porque estuve en el hospital recuperándome. Muchas gracias, sigamos adelante en nuestra caminata por la justicia". Olga (11 juin 09)


Mercredi 3 juin 2009 3 03 /06 /Juin /2009 20:33
- Par Actualités unitariennes - Publié dans : la non-violence - Communauté : Religions en toute liberté

"De la paix avec soi-même" par Jean-Marie Muller * (texte interne au MAN, reproduit par la Correspondance unitarienne avec l'autorisation de l'auteur, dans son bulletin n° 89, mars 2009).
* Philosophe et écrivain, porte parole national du Mouvement pour une Alternative Non-violente (MAN). Il est l’auteur de nombreux ouvrages, dont un Dictionnaire de la non-violence paru en 2005 (Le Relié Poche, collection Sagesses, 408 p.).

Souvent, les spiritualités ont privilégié la recherche de la "paix intérieure", sans trop se préoccuper de la nécessité d'agir pour la paix en s'engageant dans les luttes pour la justice. Comment agir pour la paix dans le monde, ont-elles dit, si on n'est pas d’abord "en paix avec soi-même" ? Cette chronologie semble avoir la simplicité de l’évidence. Elle est pourtant fallacieuse. Faut-il attendre d'avoir atteint la plénitude de la " paix intérieure " pour se décider à agir pour la paix dans le monde ? Ne risque-t-on pas d'attendre longtemps ? Trop longtemps, quand les victimes de l'injustice n'en peuvent plus d'attendre. Comment " être en paix avec soi-même ", si on n’est pas en paix avec l’autre homme ? Comment connaître la " paix intérieure ", si on n'agit pas pour la paix dans le monde ? La violence qui meurtrit les autres hommes peut-elle laisser en paix ? L’urgence de la vie n’oblige-t-elle pas à être d’abord " en paix avec l’autre " ?

Le monde s'est ouvert au regard de l'homme de façon illimitée. Il lui lance des défis inédits. La tentation est grande, à la vue de cette société qui se donne en spectacle avec ses turpitudes et ses lâchetés, ses reniements et ses violences, de la fuir, de se replier sur soi, de cultiver les fleurs exotiques d'une spiritualité évanescente. Pareille attitude conduit loin de l'épreuve du réel et de la vie. On prétend rechercher la paix, mais on risque de n’être en quête que de son bien-être personnel. C'est une faute contre l'esprit de prétexter l'échec, toujours possible, des actions humaines pour se résigner à la déchéance et à l'iniquité du monde, se replier sur soi et se tourner vers la pure intériorité. Cette voie mène dans une impasse. Elle conduit les hommes dans les marges de l'histoire, et leur fait renoncer à toute action.

En Orient comme en Occident, trop de faux gourous prétendent enseigner la spiritualité en dehors des conflits, loin des débats et des combats politiques, à l'abri des rumeurs et des fureurs du monde. Il ne s’agit pas d’une spiritualité de la paix, mais d’une spiritualité de la tranquillité. Les disciples sont invités à se libérer des besoins, des désirs et des passions de leur ego dans un exercice solitaire. Cependant, la meilleure manière de désapprendre à se " soucier de soi " est d’apprendre à se " soucier de l’autre ".

 

Trop d'hommes se réclamant d'une spiritualité désincarnée discréditent le conflit sous le prétexte qu'il divise les hommes au lieu de les unir. De même, au nom de l'harmonie, des spiritualités en sont venues à enseigner le refus de s'impliquer dans les conflits. Mais pareille conception de l'harmonie est illusoire. Elle fait en réalité le lit de l'injustice et du désordre établi. Face à l’injustice, le conflit ne rompt pas l'harmonie, il veut l'établir. Non, ce qui divise les hommes, ce n'est ni le conflit ni la lutte, mais l'injustice, l'indifférence, la résignation et la lâcheté. La fonction du conflit est de créer les conditions de la justice qui seule peut ré-unir les hommes.


En s'absentant des conflits, les "spirituels" ne pouvaient que méconnaître la non-violence. Certes, ils ne manquaient pas, à maintes occasions, de parler surabondamment d'amour, de célébrer sa toute-puissance, mais, désincarnés, leurs propos n'avaient aucune prise sur les événements. Pendant ce temps, les conflits ne cessaient de croître au risque que les pires violences ne s'y donnent libre cours. Et alors que les spirituels ignoraient les conflits, ces derniers ne les ignoraient pas. Rattrapés par les conflits, les spirituels, le plus souvent, ne savaient pas faire autrement que de recourir eux-mêmes à la violence. Ils s'en sont alors accommodés et, presque toujours, ils ont fini par la légitimer.

Ainsi, la spiritualité ne prend sa véritable signification que dans l’action pour la justice. Nous savons par expérience que l’action est la chose la plus difficile au monde, parce qu’elle bouscule notre tranquillité et notre confort. C’est pourquoi nous avons peur de l’action et que, trop souvent, nous n’avons pas le courage d’en prendre le risque. Le pire serait de justifier notre refus d’agir par une prétendue recherche spirituelle qui mobiliserait toutes nos énergies.

L'homme se connaît par la médiation de sa relation avec l'autre homme. L'être n'est pas une existence, mais une présence. Et la présence est une relation. Un lien. Il faut penser l'homme non pas dans son face à face narcissique de lui-même avec son moi, mais dans la relation dés-intéressée avec autrui. En définitive, la notion de " paix avec soi-même " ne peut avoir qu’un sens dérivé, largement impropre. Il ne s’agit que d’un langage allégorique, métaphorique. Trompeur. L’homme qui se retire du monde pour chercher la paix ne la trouvera pas. Aucune paix ne se construit dans la solitude. C’est par l’acte de bonté envers l’autre que j’accède à la paix. C’est en recevant la paix de l’autre, que je peux dire " je suis en paix ". La paix est une dynamique qui s’inscrit au cœur des relations de l’homme avec l’autre homme. La paix est ouverture à l’altérité. C’est pourquoi elle est une épreuve de l’être. Mais c’est à travers cette épreuve que l'homme accomplit son humanité.

Voir un autre texte de Jean-Marie Muller, " Eloge de la rupture ", dans nos Actualités unitariennes du vendredi 6 février 2009, à la rubrique " la non violence (message intitulé " non-violence : rupture et résistance ") ; en lien.
Samedi 7 mars 2009 6 07 /03 /Mars /2009 10:33
- Par Jean-Marie Muller - Publié dans : la non-violence - Communauté : Religions en toute liberté

"Eloge de la rupture", texte de Jean-Marie Muller, extraits.

[...] La pensée dominante est molle, souple, malléable, cotonneuse, flasque. Elle ne dicte pas sa loi à l’événement, mais se laisse conduire par lui. La pensée doit être dure, pour la simple raison que la dureté est la seule alternative à la mollesse. La marque de l’esprit est d’être dur. Seule la dureté permet à la pensée de n’être pas modelée par la pression de l’événement mais de lui résister. [...]

Seule une éthique politique de rupture peut permettre de faire face aux défis de l’histoire. La pensée juste est une dissidence. Souvent une désobéissance. Elle déconstruit les alibis offerts par les propagandes idéologiques qui servent à légitimer l’inhumain. Face à l’injustice, le choix est toujours entre la collaboration et la résistance. La facilité est de collaborer. La difficulté est de prendre le risque de résister. Et toute résistance est une rupture.

Le monde attend des intellectuels qui soient des hommes de rupture, qui disent " non " et appellent à dire " non ". Les hommes de conviction n’écrivent pas de traités savants, ils ne construisent pas de théories inintelligibles. Ils ne se contentent pas de protester et de dénoncer en rappelant des principes généraux. Ils interviennent directement en osant une parole subversive sur la place publique pour faire face à l’événement. Ils s’engagent personnellement, physiquement, corporellement. A leur propre risque. Ils accusent les puissants, au grand scandale des bien-pensants. Ils entrent en conflit. En résistance. Leur parole devient action, action directe, désobéissance civile. Ils ne prédisent pas l’avenir. Ils l’inaugurent.

Jean-Marie Muller, philosophe et écrivain, est le porte parole national du Mouvement pour une Alternative Non-violente (MAN). Il est l’auteur du Dictionnaire de la non-violence, paru en 2005 aux Éditions Le Relié Poche, coll. "Sagesses",  408 p.

En voir la présentation faite par Alain Refalo, président du Centre de ressources sur la non-violence de Midi-Pyrénées (et liste des 108 mots-clés du dictionnaire).

Voir sur le même site la bibliographie de l’auteur


Les Actualités unitariennes ont déjà publié plusieurs articles sur la non-violence. Nous les avons regroupés dans une même rubrique "la non violence". La liste de nos rubriques se trouvent dans la colonne latérale.

Vendredi 6 février 2009 5 06 /02 /Fév /2009 12:04
- Par Actualités unitariennes - Publié dans : la non-violence - Communauté : Religions en toute liberté
Manifestation unitarienne à Salt Spring Island's, au Canada, avec exhibition de la bannière arc-en-ciel (rainbow banner).  Cette bannière sera ainsi portée de ville en ville, là où se trouvent des communautés unitariennes.

Les Canadiens unitariens entendent ainsi inviter leurs compatriotes à accepter les diversités de nos sociétés modernes et à faire preuve de cohabitation pacifique, de tolérance, d'intercompréhension mutuelle, de partages réciproques, d'acceuil des autres.

Entre autres, les congrégations unitariennes en Amérique du Nord (mais aussi dans d'autres pays) sont très engagées dans la lutte contre les discriminations qui concernent les couples homosexuels. Dans de nombreux pays anglo-saxons et en Norvège, les Eglises unitariennes ont ouvert leur porte au mariage de ces couples.

Au delà de cet engagement qui concerne nombre de nos Eglises unitariennes, les "pride" avec bannière donnent l'exemple de manifestations dans le calme, non violentes, sans haine, sans vociférations, sans débordement latéral de casseurs, où la société civile peut se dire sans crainte de récupération politicienne. C'est là un bon exemple pour nos sociétés interconvictionnelles.

Oui, les unitariens sont des non violents et en même temps des gens qui savent s'affirmer en toute franchise.

Jeudi 5 février 2009 4 05 /02 /Fév /2009 10:52
- Par Actualités unitariennes - Publié dans : la non-violence - Communauté : Religions en toute liberté

Depuis octobre 2007, à l’initiative des franciscains de Toulouse, rejoints par de très nombreuses associations militantes (religieuses, humanitaires, politiques, etc.), des cercles de silence ont été organisés dans pas moins de 71 villes afin de dénoncer les conditions faites aux demandeurs d’asile et autres immigrés.

Voir le recensement qui en a été fait en date du 10octobre 2008 (soit au 10ème mois de fonctionnement) par Elie Michel ( CIMADE, Réseau Education Sans Frontières RESF 34 Montpellier)

 


Au-delà de ce que nous pouvons penser des politiques d’immigration mises en place dans notre pays, les pays voisins ou au niveau de l’Europe ou encore dans les pays de départ, ces cercles de silence interpellent nos consciences. Ils ont l’avantage d’ouvrir un moment de recueillement où les personnes sont invitées à faire silence en elles-mêmes afin d’apaiser leurs tensions et de reconsidérer avec plus de sérénité leur propre positionnement sur une question donnée et face aux drames vécus par des personnes. Ils témoignent de notre responsabilité sociale, de notre écoute aux autres, de notre présence à leur côté.

Aucune condition ni étiquette n’est remplie pour entrer dans un cercle de silence ; la manifestation est ouverte à tous et les passants sont invités à s’y joindre. Pour certains, ce sera un premier pas vers plus d’engagement.


L’action est non violente. Elle n’assène pas d’argumentaires, ni des slogans, mais invite à la réflexion. Elle ne bloque pas les rues et nul n’est pris en otage. Elle se déroule sur des places publiques fréquentées (ce qui est suffisant pour faire venir les journalistes) et dure une heure. Elle s’abstient de répondre aux provocations (cas à Bordeaux le 16 septembre où un groupe de sympathisants du Front national est venu troubler la manifestation).


Elle livre une documentation : pancartes portées par les manifestants (et pouvant être conçues par eux-mêmes), ou encore épinglées tout le long d’une corde qui dessine le lieu du rassemblement, grands panneaux explicatifs, tracts distribués aux passants, pétitions à signer sur une table, etc. , textes lus avant ou après le temps de silence.


Elle utilise des symboles et des rites chargés d’émotion : à la fin tout le monde se donne la main et lève les bras, puis tout le monde applaudit (à Metz), ou porte un masque blanc (Metz), ou arbore une écharpe blanche (Nancy), etc.


Les franciscains de Toulouse en font le bilan et invitent à poursuivre : la conversion des cœurs est œuvre de longue haleine !

Ils citent Gandhi – en pensant sans doute aussi à Jésus – "Rappelez-vous le visage de l'homme le plus pauvre et le plus faible que vous ayez rencontré, et demandez-vous si l'acte que vous envisagez lui sera utile. Va-t-il y gagner quelque chose ? Cela va-t-il lui rendre le contrôle sur sa propre vie et sur sa destinée ? Alors vous verrez vos doutes et votre moi se dissiper"


Villes cités dans le recensement des cercles de silence : Agen (47), Annecy (74), Annonay (07), Antony (92), Apt (84), Aubagne (13), Auxerre (89), Avignon (84), Bagnols-sur-Cèze (30), Bayonne (64), Béziers (34), Bordeaux (33), Cannes (06), Carcassonne (11), Carpentras (84), Castre (81), Chalon-sur-Saône (71), Charleville – Mézières (08), Cluny (71), Colmar (68), Dijon (21), Epernay (51), Epinal (88), Etampes (91), Grenoble (38), Guebwiller (68), Hazebrouck (59), Hendaye (64), La Rochelle (17), Le Havre (76), Le Puy-en-Velay (43), Le Vigan (30), Lille (59), Lyon (69), Mâcon (71), Marseille (13), Massy (91), Maubeuge (59), Melun (77), Metz (57), Montélimar (26), Montpellier (34), Mulhouse (68), Nancy (54), Nantes (44), Nice (06), Nîmes (30), Orléans (45), Paris (75), Pau 64), Privat (07), Reims (51), Rennes (35), Rodez (12), Roubaix (59), Rouen (76), Saint-Dié (88), Saint-Etienne (42), Saint-Gaudens (31), Salon-de-Provence (13), Sartrouville (78), Sète (34), Strasbourg (67), Tarbes (65), Toulouse (31), Tourcoing (59), Tournon-sur-Rhône (07), Tours (37), Valenciennes (59), Versailles (78), Villeneuve-sur-Lot (47).

 

Mardi 9 décembre 2008 2 09 /12 /Déc /2008 17:21
- Par Actualités unitariennes - Publié dans : la non-violence - Communauté : Religions en toute liberté

Les démocraties occidentales s’enorgueillissent à juste titre de leur système politique, mais il faut bien constater que le pouvoir de la rue court-circuite très fréquemment le système parlementaire pourtant mis sur place à la suite d’élections au suffrage universel, transparentes et non contestées par les partis en lice : manifestations pour dénoncer les mesures prises par les députés et sénateurs, grèves " syndicales " à tout bout de champs, émeutes de jeunes dans les quartiers périphériques, etc. Certains partis politiques s’en réjouissent et attisent le feu.

Manifestement, le politique n’arrive pas à gérer les opinions qui s'affrontent, à négocier les divergences corporatistes, communautaristes ou de classe, à faire prévaloir l’intérêt général, à maîtriser la violence dans des sociétés qui sont de plus en plus hétérogènes, fractionnées et en proie au chomage.


Le droit de manifester publiquement son désaccord ou ses revendications est accordé par les constitutions, mais les banderoles et les défilés avec slogans font place à des émeutes particulièrement violentes où même les pompiers, les secouristes et les journalistes sont caillassés. Mai 68 n’a été qu’un prélude ; ce sont maintenant tous les autres pays qui connaissent ce genre d’explosion. Les casseurs en profitent bien entendu et rappliquent immédiatement chaque fois qu’une manifestation est prévue.


Après la non-violence anti-colonialiste de Gandhi contre l’empire britannique, voilà que l’Asie – avec la Thaïlande – vient de nous donner une nouvelle leçon politique. Dénonçant un Gouvernement corrompu, des milliers de manifestants ont bloqué, du 25 novembre au 3 décembre, les aéroports de Bangkok et le siège du Gouvernement, ceci par un immense sitting sans violence ni dégradation des infrastructures. Certes 100 000 touristes se sont trouvés pris au piège, mais les manifestants ne les ont nullement pris à partie et les ont laissé partir. Les morts qui ont été déplorés sont le fait d’activistes pro-gouvernementaux qui ont lancé des grenades sur les manifestants pacifiques (par exemple 51 personnes blessées par une grenade).

photo de l'AP vue sur Yahoo Actualités : manifestants vêtus de jaunes, aux couleurs de la royauté thaïlandaise, et brandissant une photo du couple royal.


Comment de telles actions non-violentes, de cette ampleur, sont-elles possibles ? Cela renvoie, nous semble-t-il, au substrat culturel, entre autres à des religions (bouddhisme, etc.) vécues par un grand nombre d’une façon tolérante.

Or, en Europe chrétienne, les évangiles sont elles aussi porteuses de non-violence. Comment nos sociétés en sont-elles arrivées, en dépit de cet héritage, à une violence des plus sauvages chaque fois que des groupes veulent exprimer leur désaccord ?


Est-ce lié à la déchristianisation ? Mais les élites chrétiennes durant les siècles de chrétienté ont-elles donné le bon exemple ? la chasse aux hérétiques, l’extermination des cathares par l’Inquisition, les guerres de religion au XVI° siècle, les Dragonnades de Louis XIV contre les Huguenots, les pogroms antisémites, etc., pèsent lourds dans la mémoire collective.

Et puis vint une nouvelle page avec la violence révolutionnaire de la fin du XVIII°s et les impérialismes napoléonien puis coloniaux, enfin les totalitarismes politiques (fascistes, communistes, islamistes). Le travail d'explication, voire de démystification de toutes ces violences a-t-il été suffisamment faits par les historiens (et enseignants à leur suite) ? De mon temps, Robespierre et Saint-Just passaient pour des saints ; Lénine pour un génial et prophétique meneur d'hommes libres ...


A quand la non-violence dans nos mœurs ?

Mardi 9 décembre 2008 2 09 /12 /Déc /2008 05:40
- Par Jean-Claude Barbier - Publié dans : la non-violence - Communauté : Religions en toute liberté

La branche belge * du Mouvement international de la réconciliation (MIR) (* qui est une association belge - asbl - agréée par le ministère de la Communauté française de Belgique comme mouvement d’éducation permanente) et l’Internationale des résistant-e-s à la guerre (IRG) vous invite à leurs Rendez-vous d’été de la Non-violence 2008, du vendredi 29 au dimanche 31 août.

Avec la participation de Jean-Marie Muller, Laurien Ntezimana, Bachir Abdelhak, Samir Chaffik, Etienne Chomé, Pierre Debbaut, Paola Hidalgo, Jean Omasombo, Annick Stevens, etc.

Vendredi 29 août de 17h 30 à 22 h, avec à 20 h une conférence de Jean-Marie Muller
Samedi 30 août de 9h à 17h30, avec des ateliers sur la position des protestants et des anarchistes, une présentation de Martin Luther King, de Gandhi et de Patrice Lumumba, et à 20 h une conférence de Laurien Ntezimana
Dimanche 31 août de 10h à 13h30, avec des ateliers sur la position des catholiques, des musulmans, des laïcs

Martin Luther King, pasteur baptiste afro-américain

Cette manifestation aura lieu à La Maison de la Paix, dans les locaux du MIR-IRG, rue Van Elewyck, 35 B – 1050, Bruxelles/Ixelles, tél. 32.(0)26.48.52.20, fax : .32.(0)26.48.69.88, courriel :
mirirg@swing.be, C.B.ING : 310 / 1373658 / 30

La participation aux frais de 25 € comprend les Agapes du vendredi soir, le repas du samedi midi, le dossier pédagogique, la participation aux conférences ; mais un problème financier ne doit pas être un empêchement à votre participation ; Contacter Thierry de Lannoy.
Pour la participation aux seules conférences du vendredi et du samedi soir, une participation aux frais de 5€ sera demandée par conférence. Inscription souhaitée

Jeudi 28 août 2008 4 28 /08 /Août /2008 06:22
- Par MIR-IRG - Publié dans : la non-violence - Communauté : Religions en toute liberté
Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés