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en Afrique (Kenya)

Scott Kraft a accompagné le président de l’Unitarian Universalist Association (UUA) of Congrégations, le révérend William G. Sinkford, lors de sa visite aux communautés unitariennes du Kenya (dans le cadre d’une tournée de plusieurs pays d’Afrique noire : Afrique du Sud, Ouganda, Kenya et Nigeria), en novembre 2008.

La délégation américaine était composée aussi de Maria Sinkford (l’épouse du président de l’UUA), Eric Cherry et Paula Cole Jones. Photos et reportage de S. Kraft viennent d’être publiés dans la revue trimestrielle " UU World " dont la devise est " Liberal religion and life " / Religion et Vie (d’un point de vue) libéral ", ceci dans le numéro de l’été (Summer 2009, sorti le 15 mai 09), lien  Nous en proposons un survol en français (traduction libre et non intégrale).


En pays kisii

Après l’accueil à Nairobi par un comité national avec des représentants des diverses communautés, la visite a commencé par celle des petites communautés dans le pays kisii. Le pays est peuplé de deux millions d’habitants, vivant pour la plupart en habitat dispersé, loin des routes goudronnées, dans des collines aménagées en bocage et pratiquant entre autres la théiculture.

Le révérend Patrice Magara, aidé par sa femme Alice, est fondateur de l’Eglise unitarienne en pays kisii, qui compte quelques 78 paroisses.

l'auteur du reportage, Scott Kraft, avec Patrick et Alice Magara, devant l'orphelinat "Sarah" et l'école secondaire gérés par l'Eglise unitarienne.

Les marchés de brousse, les écoles, les réunions en général, se tiennent souvent à l’ombre des acacias durant la saison sèche. Le téléphone portable s’avère très pratique pour les rendez-vous. Dans l’un de ces lieux, à Kiabugesi, Esther Biyaki, 18 ans, attendait les visiteurs avec près d’une centaine d’enfants pour entonner un chant " l’unitarisme fait écho à travers le monde ...". Joseph Nyangau, 45 ans, pasteur depuis 4 ans de cette petite communauté, était également là. Il est lui-même paysan et cultive le maïs et les tomates.


"Nous sommes comme une famille d'amour, de paix, d'unité et de la justice. Nous prenons la Bible littéralement, mais nous ne croyons qu’en un Dieu unique. D'autres parlent de trois dieux, mais nous parlons d'un Dieu unique. L’unitarisme ne nous apprend que Dieu ". Dans ses sermons, J. Nyangau lit un passage de l'Écriture et en donne l’explication ligne par ligne, mais il tient à souligner sa différence d’avec les néo-évangéliques : " Nous ne voulons pas être charismatiques. Nous essayons de leur apprendre à penser par eux-mêmes, de ne pas être excités par quelqu'un d'autre. Nous honorons les écrits de l’Ancien Testament et nous nous imaginons Jésus comme notre frère, et nous sommes tous des fils de Dieu ".


Jane Okenyuri, 35 ans dirige un orphelinat de quatorze enfants. Deux vaches ont été achetées grâce à un emprunt de 500 $. La vente du lait paie les dépenses. Jane a appartenu à une autre Eglise. Elle estime l’unitarisme " parce que j'ai estimé qu'il s'agissait d'une Eglise avec la liberté, une Eglise qui n'était pas toujours à lutter contre les gens. Nous avons constaté que les femmes unitariennes prennent la défense des autres femmes. Nous avons un problème au Kenya et nous sommes déterminés à changer un système où une femme enceinte doit porter des fagots de bois sur la tête, pousser une brouette, tandis que les hommes s'assoient. L’unitarisme enseigne que nos maris et nous sommes égaux. Pour les autres Eglises, nous devons obéir ".

L’acceptation de la polygamie coutumière est un atout pour l’unitarisme par rapport aux Eglises missionnaires. En plus, les unitariens luttent contre la violence domestique, l’exploitation des femmes, l’excision des fillettes.

Par contre, l’homosexualité * et la pratique de l’avortement sont encore perçus négativement, et souvent liés aux influences occidentales.

* à noter que l’Eglise unitarienne d’Ouganda, récemment lancée par Mark Kiyimba à Kampala, est ouverte aux homosexuels, bisexuels et transsexuels bien que la loi du pays interdit l’homosexualité. Elle dirige un orphelinat et une école pour plus de 200 enfants qui sont atteintes du sida ou qui ont perdu un ou leurs deux parents par cette maladie.

Dimanche 28 juin 2009 7 28 /06 /2009 17:44
- Par d'après Scott Kraft - Publié dans : en Afrique (Kenya) - Communauté : Religions en toute liberté - Recommander

La famille Magara

Fils d’un chef local, Patrick Magara a été d’abord pasteur d’une Eglise adventiste du 7ème jour " le Pacte de Grâce ", avec deux douzaines de fidèles. Il a été aussi le secrétaire général de l’Alliance chrétienne pour l’Afrique de l’Est, institution qui regroupe des Eglises de diverses confessions pour la promotion de la Bible.

A ce titre, il a été envoyé en formation en 1999, pour deux ans, dans un séminaire non confessionnel de Philadelphie. Il découvre l’unitarisme grâce un ami unitarien-universaliste américain rencontré par hasard dans une épicerie. Il en apprécie la liberté de culte, le fait que les dirigeants ne traitent pas leurs fidèles comme des enfants ; " l'idée que Dieu est en chacun de nous est séduisante " ajoute-t-il.

De retour en Afrique, il a dit à ses collègues que " nous devons respecter toutes les religions ". Il y a maintenant soixante-dix-huit congrégations unitariennes dans cette région, avec plusieurs milliers de membres. En plus celles-ci mènent des activités pré-scolaires, scolaires, gèrent de petits orphelinats, un cabinet médical est en projet, etc.

L’habitat est dispersé et les congrégations sont de petites communautés. Les rencontres se font néanmoins assez facilement grâce au téléphone portable.


Patrick Magara à la rencontre de l'International Council of Unitarians and Universalists (ICUU) à Oberwesel, en Allemagne, en novembre 2007.

P. Magara, 63 ans aujourd’hui, vit toujours dans sa ville natale de Sengera, un village de 1 500 habitants à demi-heure de route
au sud de la ville de Kisii. Il y a l’électricité mais non la connexion à l’Internet. Il est souvent habillé dans un costume croisé avec col pastoral. On l’appelle familièrement " bishop " (évêque), mais sans qu’il ait eu pour cela une ordination spéciale.

Sa première épouse, Theresa Magara, 54 ans, vit avec 5 de leurs enfants ; parmi eux, Justine Magara, qui supervise un deuxième groupe de congrégations dans le district de Kisii. Il vit avec sa seconde épouse, Alice Magara, âgée de 45 ans, laquelle anime sa propre congrégation. C’est elle qui assure le courrier électronique de l'Eglise à partir des cyber-cafés de la ville de Kisii ; très dynamique, elle seconde efficacement son mari.

Dimanche 28 juin 2009 7 28 /06 /2009 17:29
- Par d'après Scott Kraft - Publié dans : en Afrique (Kenya) - Communauté : Religions en toute liberté - Recommander

Dans d’autres régions du Kenya


En dehors du pays kisii, une douzaine de congrégations existent dans la vallée du Rift, notamment chez des éleveurs masai et samburu ; et une douzaine d’autres sur les hauts plateaux du Nord du pays. L’unitarisme kenyan est devenu multi-ethnique.


John K. Mbugua, un Kikuyu, directeur de congrégations dans le centre du Kenya et exerçant la profession de conseiller psychologique, est un presbytérien qui s'est converti à l'unitarisme car séduit par son principe d’égalité et d'inclusivité. "Je n'avais jamais entendu parler de l'unitarisme-universalisme, mais quand il m'a dit qu'il était une foi dans laquelle tout le monde était égal aux yeux de Dieu, j'ai été emporté. Mon cœur a éclaté. Même les hindous, les bouddhistes, les pratiquants des cultes traditionnels. Tous sont égaux. Maintenant, nous sommes tous réunis par la foi". Eliza, sa femme, animatrice d’une congrégation de 70 membres au nord de Nairobi, insiste sur cet aspect intégrateur : "Ce que nous leur disons, c'est que si vous devenez un unitarien-universaliste il n'y a pas de différence entre un Kikuyu, un Masai, ou un Luo. Ils sont tous les mêmes aux yeux de Dieu. Ce message résonne vraiment pour les gens.". L’unitarisme est une foi sans frontière comme aime le dire le président de l'UUA, le révérend William G. Sinkford.



Après tout un périple en milieux ruraux, la tournée s’est achevée par la région de Nairobi, avec la visite, à Ruiru, d’un orphelinat d’enfants dont les parents ont été victimes du Sida -


L’Unitarian Universalist Council of Kenya (UUCK, présidé par Patrick Magara) et les autres groupes localisés à Nairobi et dans le centre du pays ont convenu d’une instance nationale, la Kenyan Unitarian Universalist Council (KUUC). Celle-ci est présidée par Ben Macharia, 44 ans, un ancien catholique. Ben Macharia n’hésite pas à évoquer une rébellion silencieuse contre les Eglises chrétiennes "Les gens aspiraient silencieusement à une religion libérale, à une ouverture d'esprit en matière de religion. Maintenant il y a un choix et ils se sentent les bienvenus … Telle est la force motrice de notre foi".

The Unitarian Community Children’s Center in Ruiru. Cette ville est une agglomération dortoir de Nairobi, en grande banlieue, au nord-est de la capitale, sur un axe important à la fois routier et ferroviaire. La zone se consacre à la caféiculture, mais l’agglomération croit très vite et était estimée à 220 000 habitants en 2005. Ce centre est dirigé par Eliza Nyambura (en tailleur rose sur la photo) et accueille 85 enfants, dont le quart sont atteints du Sida. Ils portent tous un chandail de couleur rouge en guise d’uniforme scolaire.

Les congrégations dans le centre du Kenya, à la différence de ceux du pays kisii et de la vallée du Rift, bénéficient de la participation de professionnels de la classe moyenne, y compris de médecins, d’infirmières, de travailleurs sociaux et de fonctionnaires. Mais les unitariens se rencontrent dans un café ou chez un membre et n’ont pas encore de lieu de culte. Le mouvement y est donc peu visible et, le peuplement étant très composite, il faudrait du matériel de propagande en langues locales.
Dimanche 28 juin 2009 7 28 /06 /2009 17:06
- Par d'après Scott Kraft - Publié dans : en Afrique (Kenya) - Communauté : Religions en toute liberté - Recommander

L’Eglise unitarienne universaliste du Kénya (Unitarian Universalist Church of Kenya, UUCK - en fait une Eglise chrétienne unitarienne) a mené, ce mois de juillet, une campagne d’évangélisation dans les ethnies voisines du pays kisii où elle s’était jusqu’alors développée.

Cette initiative a débouché sur de nouvelles implantations : en pays samburu, à Kodia, avec le révérend Jackson ; en pays kipsgis, à Kericho, avec le révérend Samwel Rotich ; et en pays massai avec le révérend Moses Mbatitu.

Ce faisant, cette Eglise déborde de son berceau d’origine et acquière une dimension pluriethnique. Elle se développe en milieu rural. Par ses activités sociales, elle aide les orphelins.

Pour plus ample information sur cette Eglise, voir nos articles sur le Kénya à la rubriqueen Afrique ".

le révérend Patrick Magara, appelé affectueusement "bishop", fondateur de l'UUCK (photo Jean-Claude Barbier, prise à Oberwesel lors de la rencontre de l'ICUU en novembre 2007).

 

 

Jeudi 14 août 2008 4 14 /08 /2008 07:39
- Par Actualités unitariennes - Publié dans : en Afrique (Kenya) - Recommander
Depuis l’annonce de la réélection du président sortant, plus de 1 000 personnes ont été tuées et 250 000 à 300 000 déplacées. Les violences touchent principalement la capitale, Nairobi, et le pays luo (ethnie du candidat outsider) et la Vallée du Rift (Ouest du Kenya). Mais, le danger est généralisé car les migrations internes font que les populations se sont très largement entremêlées.


Dans la nuit de jeudi à vendredi à Kisii, dans la province de Nyanza, quatre personnes ont été tuées (dont deux à la machette) lors des affrontements intercommunautaires.


Une Eglise unitarienne existe dans les milieux ruraux kisii. Nous avons parlé de cette Eglise qui nous est chère et de la civilisation des hauts-plateaux kisii dans des messages précédents, du 4 au 9 janvier (voir notre rubrique "en Afrique")


Source : Quotidien Le Soleil (Sénégal), édition multimedia du samedi 9 février,
http://www.lesoleil.sn/article.php3?id_article=33384

Samedi 9 février 2008 6 09 /02 /2008 11:10
- Par chrétiens unitariens - Publié dans : en Afrique (Kenya) - Communauté : Religions en toute liberté - Recommander

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Pour les séjours longs, les touristes préfèrent la ville de Kisumu (3ème ville du pays et capitale du pays luo) qui dispose d’hôtels de luxe avec vue sur le lac Victoria et offrant des séjours confortables. 


Toutefois, les curieux qui aiment découvrir le Kenya en dehors des principaux flux touristiques peuvent apprécier la belle ruralité du pays kisii dont les terres d’altitude offrent un climat très agréable.

 

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La petite ville de Kisii dispose d’un aéroport à partir duquel, les touristes peuvent découvrir les magnifiques paysages bocagers des Hautes terres de l’Ouest kenyan, puis le traverser vers l’est et plonger sur le Masai Mara,  l’une des plus importantes réserves de faune du pays, par Lolgorien (une arrivée bien plus belle que par Narok).



Les unitariens ont une Eglise en pays kisii. Pour contact
révérend Patrick Magara

Mercredi 9 janvier 2008 3 09 /01 /2008 10:59
- Par Actualités unitariennes - Publié dans : en Afrique (Kenya) - Recommander
statuettes-en-pays-kisii.jpg kisii-chess.jpg  à l'image d'un pays densément peuplé, laborieux, imaginatif et accueillant, malheureusement victime d'une politisation ethnique.
Mercredi 9 janvier 2008 3 09 /01 /2008 10:30
- Par Actualités unitariennes - Publié dans : en Afrique (Kenya) - Recommander
Un artisanat traditionnel de sculpture s’est développé en rapport avec le flux touristique dont bénéficie le Kénya grâche à sa richesse en faune. Les artisans mettent à profit le magnifique calcaire du pays kisii, facile à travailler, coloré, et se lissant comme du marbre pour en faire des silhouettes d'animaux, de personnes ou des objets utilitaires.  

Cette pierre calcaire est généralement blanche, mais peut prendre des teintes rosées, voir rouge, ou encore ocre et grise. 

La production d’objets en pierre de Kisii permet a un nombre important de personnes de vivre. En effet, tout est réalisé à la main de l’extraction des pierres (sur 20 km2) à la finition. 

L'Ong Au-delà des Frontières, qui importe ses objets en France, soutient trois groupes différents pour leur approche humaniste (soutien de séropositifs, intégration de personnes d’origines différentes y compris des handicapés, etc.) et pour l’excellente qualité de leur travail. En achetant les produits en pierre de kisii vous permettez à de nombreux artisans de vivre dignement de leur travail, de payer les frais de scolarité des enfants et de bénéficier d’ une couverture médicale. Des Ong anglo-saxonnes font également de même, comme par exemple Ten Thousand Villages (Dix mille villages).

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On peut ainsi se procurer une vache blanche et noire en pierre de Kisii (10 cm de longueur, au prix de 8 euros), d’autres animaux comme des chats également en blanc et noir, des objets utilitaires comme des pot à crayons en pierre noire (dimensions: Ø=6 x H=12 cm, 12,70 euros), des coupes, des plats carrés, ou bien des assiettes (par exemple une coupe de 15 cm de diamètre à 13,15 euros), des boîtes (dimensions: Ø=6 x H=12 cm, 24,50 euros), de jolies vases (20 cm de haut, 21,60 euros), etc.


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Les prix sont donnés avec envoi compris.


Au-delà des frontières
, 106 Rue Amelot 75011 Paris, Correspondance : 1 rue Oberkampf - 75011 Paris -
audeladesfrontieres@hotmail.com


Les mêmes produits sont également mis en vente sur d’autres sites du commerce équitable : ShopmaniaMarché équitableEco sapiens, Inakis, Comptoir éthique, etc. Au niveau du Kenya, voir aussi " Dix mille villages " (mais les prix sont donnés en dollars) qui présente des sculptures avec des personnages : couples mère-enfant et père-enfant, des personnes en train de danser en groupe, etc.

Les unitariens ont une Eglise en pays kisii (à Kisii-Etono).
Pour contact : révérend Patrick Magara

Mercredi 9 janvier 2008 3 09 /01 /2008 09:31
- Par Jean-Claude Barbier - Publié dans : en Afrique (Kenya) - Recommander
Le pays kisii, au Kenya, où existe une Eglise unitarienne qui a été victime elle aussi de la flambée des récentes violences post-électorales au Kenya, s’est organisé sur les hautes terres dans l’ouest du pays, à l’est du lac Victoria. Les Kisii sont des agriculteurs pratiquant une culture intensive avec habitat dispersé dans un système de bocage . C’est dire que les densités y sont particulièrement élevées.
 

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La principale ville, Kisii, du même nom que l’ethnie, avait 25 634 citadins au recensement de 1999, auxquels s’ajoutaient 33 614 ruraux habitant dans le périmètre de la " Municipality ". L’ensemble de ce périmètre est estimé aujourd’hui à 70 368 habitants, le taux de croissance annuel de la ville étant de 2,72%.


Mais la ville, qui est en fait un gros bourg rural, enfle considérablement les jours de marché (tous les lundi et jeudi) jusqu’à tripler ses effectifs. Les autres centres semi-urbains prennent aussi toute leur importance le jour de leur marché, lequel est fixé de façon à ce qu’il y ait complémentarité avec les autres marchés voisins.

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Les Kisii du Kenya étaient estimés à 1 582 000 en 1994 (I. Larsen BTL) et se trouvaient principalement dans le district de Kisii, mais aussi émigrés en dehors de leur zone d’implantation dans la province de Nyanza (dont fait partie le district de Kisii), le sud du golfe de Kavirondo et la région Sud-Ouest. Ils parlent le gusii (orthographié aussi guzii, ekegusii, ou appelé le kisii, le kosova). Il s’agit d’une langue bantou qu’on retrouve aussi en Afrique de l’Ouest (en Guinée, au Liberia et en Sierra Leone). Elle appartient à la famille Niger-Congo, au sous-groupe Benue-Congo et à la branche Bantu.


Ils sont entourés de populations non-bantou : les Luo (des populations nilotiques dont le territoire donne sur les rives du lac Victoria) et les éleveurs massai en frontière avec la Tanzanie (dont le groupe Kipsigis qui sont les voisins immédiats à l’est des Kisii). Les relations de voisinages tournent parfois / souvent au conflit, notamment entre éleveurs et agriculteurs, le bétail pouvant causer des dégâts. Les élections (où les Kisii sont solidaires avec les autres groupes bantu dont les Kikuyu) enveniment ces relations déjà conflictuelles .


Selon l’agence chinoise Xinhua des affrontements entre les Kisiis et les Kalenjins (dont font partie les Massaï Kipsigis), qui se déroulaient dans l'ouest du Kenya depuis novembre 1991, se sont intensifiés en mars 1992 dans la ville de Kisii, où ils ont causé la mort de cinq personnes. Le groupe d'opposition Forum for the Restoration of Democracy a affirmé qu'une armée " privée et personnelle " appelée Kalenjin Liberation Front, loyale au président, était responsable des affrontements qui ont forcé des milliers d'habitants de Molo appartenant aux tribus kikuyu, kisii et luo de quitter leur maison (Daily Telegraph 1er mai 1992).


Un article publié par l'Associated Press (AP) le 21 octobre 1997 mentionnait que cinq personnes ont été assassinées et que des maisons ont été incendiées à la suite de conflits fonciers entre des Kisiis et des Luos, dans l'ouest du Kenya. C’était à la veille d’élections. A la même période, plusieurs articles ont fait état d'actes de violence commis contre des membres de la tribu kisii par des membres de la tribu kalenjin, dont font partie les Kipsigis (AI 10 juin 1998), qui est associée au parti au pouvoir, soit l'Union nationale africaine du Kenya (Kenya African National Union - KANU) (Daily Telegraph 1er mai 1992), au cours des premiers mois de 1992 (ibid.; BBC 20 mars 1992; Xinhua 18 mars 1992).


Informations recueillies par la Commission de l'immigration et du statut de réfugié du Canada (dont le siège est à Ottawa).

La démocratie "occidentale", avec son mode électoral au suffrage universel et à chambre unique (une assemblée nationale seule souveraine), est-elle capable de gérer une mosaïque ethnique ? Les Kisii, après bien d'autres populations d'Afrique noire en font les frais. Combien de morts pour un principe dit démocratique mais appliqué bêtement et assurément inadapté aux réalités du terrain.

La tradition unitarienne a toujours dénoncé les dogmes abstraits ; elle a aujourd'hui à dénoncer aussi les principes également abstraits quii mènent sur le terrain au désastre. La démocratie OUI bien sûr, mais à la condition qu'elle soit intelligente dans ses applications et innovante en fonction des réalités qu'elle se doit de réguler.


Pour aider l'Eglise unitarienne en pays kisii ; contact : révérend Patrick Magara  

Mardi 8 janvier 2008 2 08 /01 /2008 16:27
- Par Jean-Claude Barbier - Publié dans : en Afrique (Kenya) - Communauté : Religions en toute liberté - Recommander
Oberwesel--ICUU--le-bishop-des-Kissi--K--nya---PB041200.JPG Le révérend Patrick Magara, fondateur et chef spirituel de l’UUCK lors de la rencontre de l’International Council of Unitarians and Universalists (ICUU) à Oberwesel, en Allemagne, du 1er au 6 novembre 07. Photo Jean-Claude Barbier

L’Unitarian Universalists Church of Kenya (UUCK), implantée en pays Kisii, a été victime des derniers évènements post-électoraux du pays, lesquels ont fait 360 morts *. Avec les Kikuyu, les Kamba et Meru, et d’autres groupes ethniques de langue " bantou ", tous les Kisii sont censés soutenir le président sortant du fait des solidarités tribales, qu'ils aient ou non effectivement voté pour lui. Leurs voisins Luo s’en sont donc pris à eux.
 

* ndlr : au 9 janvier, les estimations étaient de 600 morts et 25 500 déplacés

Au village de Kaplsabet, les maisons ont été brûlées, dont celles des unitariens et de leur pasteur (Jérémie Ontiri Ombati) ; et deux enfants du pasteur sont portés disparus. Dans de nombreux villages, les habitants sont contraints à rester barricadés dans leurs maisons, ou bien doivent fuir dans les marais ou les forêts afin de fuir les hordes vengeresses. Dans les centres urbains, à Kisumu, Eldoret et Nairobi, des unitariens sont parmi les massacrés.

L’UUCK gère des orphelinats. Elle lance un appel à aide. Pour contact (écrire en anglais) :
Sarahorphans@yahoo.com 

Samedi 5 janvier 2008 6 05 /01 /2008 10:26
- Par Jean-Claude Barbier - Publié dans : en Afrique (Kenya) - Communauté : Religions en toute liberté - Recommander
Chaque établissement humain valorise des appartenances lignagères et sociétales. Il s’avère que dans de nombreux pays les communautarismes ethniques ou religieux ont de l’importance. Les pays occidentaux ne sont pas exempts de ces identités, loin de là. L’explosion des Balkans est là pour nous le rappeler avec le drame du Kosovo, mais aussi les guérillas corse en France et basque en Espagne, les pressions islamistes, les communautarismes Nord-Américains, etc.


Dans de nombreux pays d’Afrique noire, les ethnies, si elles continuent encore à se distinguer par leurs dialectes et leurs coutumes, s’insèrent dans des ensembles linguistiques et culturels beaucoup plus larges – et ceci bien avant la colonisation. Elle est beaucoup moins morcelée qu’on ne le dit habituellement. Ceci dit, les politiques coloniales, par réalisme, ont pris soin de reconnaître le fait ethnique et d’adopter le maillage administratif en conséquence.


Mais l’actuelle politique de " démocratisation ", impulsée par les Occidentaux au nom d’un modèle électoral supposé universel organise d’emblée une représentation nationale sur la seule base des simples individus sans tenir compte des appartenances communautaires. Alors qu’en France et dans d’autres pays un sénat " tempère " l’Assemblée nationale en valorisant les collectivités locales, la " démocratie " que l’on veut introduire en Afrique se caractérise par des élections qui font la part belle aux groupes majoritaires, ethniques et/ou religieux, et où les groupes d’appartenance ne sont pas représentés en tant que tels.


C’est là une pauvreté institutionnelle, une inadéquation entre les formes d’organisation de la société civile et le politique, et un manque total d’imagination politique alors que les institutions traditionnelles faisaient preuve, quant à elles, d’une grande adaptabilité en fonction des groupes concernés.
 


kenya-ethnic-1974.jpg A son tour, le Kenya tombe dans la guerre civile à propos d’enjeux électoraux.


Le christianisme unitarien s’est développé depuis plusieurs années en pays kisii, dans l’Ouest du pays, en limite avec le grand lac Victoria, à l’initiative du révérend Patrick Magara ; également à Nairobi, la capitale, avec un groupe de jeunes Luo. Or, le pays kisii (d’origine "bantou" comme les Kikuyu, l'ethnie du président sortant et supposé "réélu") fait partie de la province Nyanza où se trouvent aussi les Luo (l’ethnie du candidat outsider au président sortant) et la 3ème grande ville du pays, Kisumu. 

C’est dire combien nos amis sont exposés dans la situation actuelle.


Un séminaire de formation organisé par l’International Council of Unitarians and Universalists (ICUU) pour les unitariens d’Afrique de l’Ouest et d’Afrique centrale était prévue à Nairobi pour le mois de février.

Vendredi 4 janvier 2008 5 04 /01 /2008 08:36
- Par Jean-Claude Barbier - Publié dans : en Afrique (Kenya) - Communauté : Religions en toute liberté - Recommander

Dans le cadre de sa visite en Afrique orientale et centrale (voir notre message du 13 avril 07 "le président de l'ICUU au Kenya et au Burundi"), le révérend Gordon Oliver, président de l’International Council of Unitarians and Universalists, a rencontrer deux groupes au Kenya.

 Le drapeau de Kenya

Un premier groupe réunit une cinquantaine d’étudiants et jeunes universitaires à Nairobi, la capitale, pour des discussions ; mais ils ne semble pas avoir commencé d’activité cultuelle proprement dite bien qu’ils s’intitulent déjà " Church " : Unitarian Universalist Church of Kenya (UUCK). Les membres sont membres de l’ethnie kikuyu, majoritaire dans le pays. Ils connaissent l’unitarisme par les livres.

 

Une seconde communauté, plus ancienne et beaucoup plus importante, s’est formée dans les milieux ruraux du pays kisii, à l’initiative d’un ancien pasteur protestant – maintenant âgé, mais secondé par sa femme – et sur la base d’une aide aux orphelins (600 jeunes vivants dans des familles d’accueil). Cette communauté de plus de 200 âmes pratique le culte chrétien dans un style tout à fait protestant.

Informations communiquées par Fulgence Ndagijimana, président de l’Assemblée des chrétiens unitariens du Burundi (courriels des 5 et 15 avril 07)

Vendredi 20 avril 2007 5 20 /04 /2007 14:37
- Par Jean-Claude Barbier - Publié dans : en Afrique (Kenya) - Recommander
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