Quantcast

Calendrier

Mai 2013
L M M J V S D
    1 2 3 4 5
6 7 8 9 10 11 12
13 14 15 16 17 18 19
20 21 22 23 24 25 26
27 28 29 30 31    
<< < > >>

à vos ami(e)s

Rechercher

l'islam en Europe

imam_hassen_chalghoumi_et_david_pujadas.jpg Hassen Chalghoumi, imam à Drancy persiste et signe, ici dans un entretien avec le journaliste David Pujadas dans un nouveau livre intitulé "Agissons avant qu'il ne soit trop tard ; le défi d'un imam". Nous saluons son courage et la franchise de ses paroles. En islam, le prophétisme s'arrête en principe sur Muhamad, sinon nous aurions pu dire que cet imam est prophète de l'islam en France.

 

Les Actualités unitariennes sont toujours à ses côtés pour son combat d'un islam qui accepte les valeurs qui fondent tout Etat moderne : la laïcité et  la démocratie. Notre site a déjà publié le concernant :


Hassen chalghoumi, un imam républicain à protéger (le 27 janvier 2010, lien).

Lettre ouverte à la communauté musulmane de Drancy (le 13 mars 2010, lien).

 

 

Mardi 19 février 2013 2 19 /02 /Fév /2013 11:16
- Par Actualités unitariennes - Publié dans : l'islam en Europe - Communauté : Religions en toute liberté

musulmans_en_france_par_la_vie.JPG Carte de l’islam en France paru dans l’hebdomadaire La Vie en 2007. Elle est basée sur un sondage comportant 91 enquêtes réalisées sur la période 2003/2006 auprès d’échantillons de 1.000 personnes représentatifs de la population française, selon la méthode des quotas.

 

musulmans_en_france_ifop_2009.JPG

L'islam en France en 2009, le 21 nov. 2009, carte vue sur le blog « Le blog atelier de l’ASJ Tours » ( lien)
d’après une enquête de l'Institut de sondage de l'opinion publique (IFOP), août 2009.
« Ils sont 5,8 % à se déclarer de confession musulmane en France. Majoritairement présents en région parisienne et  lyonnaise, ils vivent plutôt dans la moitié est du pays. Cette population est nettement plus jeune que la moyenne nationale : 35 % des musulmans ont entre 15-24 ans alors que cette catégorie d'âge ne représente que 16 % de la totalité de la population. »


Cette carte est très liée à l’immigration et donc à comparer avec celle des étrangers en France ( lien). Elle est tout à fait comparable avec le développement des Eglises évangéliques qui, elles aussi, s’alimentent de l’immigration. Voir les cartes comparatives des lieux de culte évangéliques (en 1970 et 2004) et musulmans en France (1985 et 2006) publiée le 26 octobre 2006 sur le site « blogdei.com » dans sa rubrique "Intercession" ( lien).
 

 

Pour le nombre des mosquées, nous avons trouvé sur Google Images les cartes suivantes :


mosquees-en-France-par-departement-1985-20061.jpg

 

france_mosquees99.jpg

 

mosquees_en_france_2011.JPGCarte pour 2011. La légende porte sur le nombre de mosquées par département (comme pour la carte précédente). Il serait mieux que ce nombre soit rapporté au nombre des habitants ou , encore, au nombre de musulmans.  Attention ! les chiffres portés sur la carte pour chaque département correspondent tout simplement au code administratif des départements.

Mercredi 25 avril 2012 3 25 /04 /Avr /2012 15:03
- Par Jean-Claude Barbier - Publié dans : l'islam en Europe - Communauté : Religions en toute liberté

Ce populisme s’appuie sur le rejet de l’immigration musulmane (celle-ci mettrait en péril l’identité européenne), plus largement de toutes les immigrations, de la mondialisation et de l’Union européenne (UE). Il dénonce les risques du multiculturalisme. Nous reproduisons les informations données par Marianne Meunier dans le journal La Croix du 24 avril 2012 dans son article « L’Extrême droite reste bien présente sur le Vieux Continent » et la carte qui y est jointe  ( lien)

 

extreme_dropite_en_europe.jpg

Ndlr - La Suisse ne faisant pas partie de l'UE se retrouve en blanc sur cette carte.

Le carré rouge concerne la France

 

en France - Marine Le Pen, candidate du Front national au premier tour des élections présidentielles le 22 avril 2012, a obtenu 17, 9% des suffrages exprimés.
en Suisse - l’Union démocratique du centre (UDC), l’initiateur d’un référendum contre la construction de minarets en Suisse, en 2009. Ayant remporté 26,6 % des voix aux législatives de décembre dernier, cette formation populiste volontiers xénophobe occupe plus du quart des sièges du Conseil national, le parlement
en Belgique - le parti flamand Vlaams Belang est en régression mais fait toujours le forcing.
au Pays-Bas - en vertu d’un accord, le Parti pour la liberté de Geert Wilders apportait son soutien au gouvernement sans y participer, jusqu’à ce qu’il refuse de cautionner sa politique d’austérité et entraîne sa démission, ce lundi 23 avril.
au Danemark - de 2001 à 2011, le Parti populaire danois a toujours été un partenaire de coalition pour les équipes ministérielles de droite.
en Norvège - Depuis le début des années 1970, l’Extrême droite est représentée de manière continue aux parlements, aujourd’hui par le Parti du progrès.
en Suède – l’Extrême droite y est représentée par les Démocrates de Suède, a dû attendre qui, aux législatives de septembre 2010, ont gagné 20 sièges (avec 5,7 % des voix).
en Finlande – les Vrais Finlandais (PS), ont remporté qui leur ont permis de remporter 39 sièges (avec 19,1 % des voix) aux élections d’avril 2011,
en Autriche - pays d’Europe où l’Extrême droite a réalisé le meilleur score ces dernières années, l’Autriche est aussi le premier pays du continent où fut formée une coalition gouvernementale comprenant un parti d’extrême droite. C’était en 1999, avec le Parti autrichien de la liberté (FPÖ), à l’époque dirigé par Jorg Haider, décédé en octobre 2008. Créé par d’anciens nazis, nationaliste et anti-européen, le FPÖ bénéficie aujourd’hui d’un vote ouvrier et profite des déboires de la droite conservatrice au pouvoir, en proie à des affaires de corruption. Après des années difficiles, il est donné au coude-à-coude avec les sociaux-démocrates aux prochaines législatives, à l’automne 2013. Au détriment de l’Alliance pour l’avenir de l’Autriche (BZÖ), créé par Jorg Haider après sa sécession du FPÖ.
en Hongrie - la montée du parti nationaliste Jobbik, qui a fait une première entrée au Parlement en avril 2010, relève autant de la tendance générale que de la particularité de la situation hongroise. Le parti profite d’un rejet grandissant de l’UE, accusée d’entamer la souveraineté nationale, sujet sensible dans un pays où l’amputation des deux tiers du territoire, au lendemain de la Première Guerre mondiale, a laissé une plaie encore ouverte.
en Grèce - s’opposant à des mesures d’austérité, les quatre ministres de l’Alerte populaire orthodoxe ont démissionné en février dernier du gouvernement d’union nationale.
en Espagne - malgré un terreau de crise économique, aucun parti d’Extrême droite ne s’est imposé lors des législatives de novembre dernier.

Mercredi 25 avril 2012 3 25 /04 /Avr /2012 04:44
- Par d'après Marianne Meunier - Publié dans : l'islam en Europe - Communauté : Religions en toute liberté

Avec 17,9 % des suffrages au premier tour des présidentielles françaises de 2012, Marine Le Pen, candidate du Front national a créé la surprise. Elle suscite aussi une vive inquiétude car son parti est connu pour sa xénophobie et son islamophobie.


Nous juxtaposons deux cartes par département, celle des étrangers en France d'après le recensement de l'INSEE en 2006 et celle des résultats que vient d'obtenir Marine Le Pen. Les causes de son succès sont multiples (crise économique, régions économiquement sinistrées, anti-sarkozysme, perte de vitesse des milieux ruraux qui perdent leurs équipements, régions où s'installent de nombreux retraités, milieux populaires tentés par les populismes, etc.), et ne sont donc pas forcément liés à une plus ou moins forte présence d'étrangers ou de musulmans, d'autant plus que beaucoup de gens réagissent aux informations transmises par les médias et pas uniquement aux situations locales. il n'en reste pas moins que les deux cartes présentent certains parallélismes à étudier d'une façon plus approfondie.

 

france_etrangers_2006.GIF

france_fn_presidentielle_2012.GIF

 

france etrangers 2006france fn presidentielle 2012

Mercredi 25 avril 2012 3 25 /04 /Avr /2012 03:27
- Par Jean-Claude Barbier - Publié dans : l'islam en Europe - Communauté : Religions en toute liberté

Suite aux évènements de Toulouse et de Montauban, qui ont vu un jeune musulman tuer de sang froid des militaires, puis des enseignants et des enfants d’une école juive, en se revendiquant d’Al Qaïda, le député communiste André Gerin a envoyé une adresse, en date du 28 mars, aux deux principaux candidats de Gauche à l’élection présidentielle 2012, François Hollande et Jean-Luc Mélanchon, afin que la Gauche française sorte de sa « frilosité » en face de la haine contre la France qui s’est malheureusement développée dans des milieux immigrés ou issus de l’immigration.

 

André Gerin est auteur en 2007 d’un livre toujours d’actualité « Les ghettos de la République, encore et toujours », aux éditions Le Publieur ( lien). Il a été aussi à l’origine d’une commission parlementaire en 2011 qui a abouti à l’interdiction du voile intégral dans les espaces publics.

 

Nous publions de larges extraits de cette adresse qui ont un intérêt pour tous les Français indépendamment de leurs options politiques, et, au-delà, pour tous ceux qui se doivent de respecter le pays d’accueil où ils sont en séjour, ou bien où ils ont immigré, ou bien encore où ils sont nés.


Après les crimes barbares de Montauban et de Toulouse, je souhaite m’adresser à vous deux, car il ne s’agit ni d’un fait divers, ni de l’acte isolé d’un fou qui aurait versé dans l’intégrisme religieux. Un devoir de lucidité s’impose à nous.


Ces événements, qui ont bouleversé les français, nous interpellent et nous invitent à réfléchir et à agir sur l’un des défis républicains qu’il nous faut relever dans l’urgence. Voilà plusieurs années que je tire la sonnette d’alarme : nous avons, dans les quartiers de nos villes, des jeunes en rupture de ban avec la société et avec la République, en position même de combat contre la France. Ils sont la proie de l’islamisme radical, lequel s’applique à conquérir des territoires sur notre sol, à y imposer les règles de la charia, à défier nos valeurs et notre culture.


Les cibles de Mohamed Merah sont – ô combien – et tragiquement symboliques : des soldats de l’armée française et une école, un enseignant et des enfants juifs.


Se manifeste ainsi très clairement une volonté de guerre à la France doublée d’un antisémitisme criminel. Cette haine de la France est un poison mortel. Les crimes de celui qui n’est plus le petit voyou multirécidiviste de Toulouse ont eu des précédents. Rappelons-nous la bombe artisanale qui a explosé, le 7 septembre 1995, à Villeurbanne, devant une école juive dix minutes avant la sortie des 600 enfants ; Khaled Kelkal, suspect de l’attentat raté sur la ligne TGV Paris/Lyon, tué par la police en 1995. En janvier 2002, deux gamins d’un même quartier de Vénissieux se retrouvent à Guantanamo. En avril 2004, l’imam Bouziane est expulsé de France pour propos revendiquant la lapidation des femmes et discours de combats contre la République et la France. J’ai en mémoire encore le témoignage de ces enseignants de collège à propos d’adolescents de 12, 13 et 14 ans qui viennent contester violemment des cours d’histoire, de géographie ou de sciences naturelles. Je n’oublie pas non plus les trois semaines d’émeutes de 2005 qui n’ont politiquement pas été analysées sérieusement, la place qu’y ont pris les trafiquants de drogue, les mafias et les petits groupes d’intégristes, l’incendie de bâtiments publics, symboles de la République (écoles,
bibliothèques, centres sociaux…). 800 communes ont été concernées dont Villiers-le-Bel, Grenoble, Marseille…


andre_gerin_les_ghettos.gif Comme je l’ai écrit dans un livre intitulé « Les ghettos de la République, encore et toujours », depuis plusieurs décennies, il y a un aveuglement sur la montée de l’islam radical. Son terreau, ce sont les ghettos sociaux et ethniques qui s’installent sur fond de paupérisation économique, sociale, morale et culturelle. Ainsi, des territoires se referment. S’y déploient l’endoctrinement, les conditionnements, voire le bourrage de crâne. Nombre de ces jeunes ont le sentiment que la société les méprise, qu’ils sont de trop. Dès lors, les prêches messianiques des gourous islamistes donnent un sens à leur vie. Au final, ils développent un racisme anti-juif, des jugements et comportements anti-France et anti-Blanc.


[...] Après la mission d’information parlementaire sur le port du voile intégral, je peux confirmer que l’étendue du communautarisme est une réalité qu’il serait dangereuse de nier notamment dans les régions de Lyon, Marseille, Lille, et Grand Paris. L’islam instrumentalisé met en avant une revendication ethnico-religieuse, portée par des jeunes devenus la proie des salafistes.


La France est à la croisée des chemins. Notre volonté de reconnaître la place de la 2ème religion en France, l’islam spirituel, son installation nécessaire dans des lieux dignes de ce nom doivent s’accompagner de notre refus catégorique d’un islam politique contraire aux principes de laïcité, à notre art de vivre, à notre mode de vie, à notre culture.


En France, la loi garantit le libre exercice de la foi, dès lors que la foi ne prétend pas faire la loi. En tendant la main à la majorité des français de confession musulmane, nous combattrons efficacement cette poignée de gourous intégristes car ce sont eux qui font l’amalgame et contribuent à stigmatiser l’islam. Ne pas le faire entretiendrait l’ambiguïté et laisserait les musulmans désarmés. En même temps, il revient aux musulmans eux-mêmes de se désolidariser des actes de rejet de la civilisation.


Par ailleurs, notre combat doit être sans faille afin de repérer et de surveiller les extrémistes islamistes, leurs manifestations de violence y compris symbolique destinées à tester et à défier la République. La tolérance zéro s’impose à l’encontre de la propagande des sites djihadistes. A propos de l’intervention du RAID et par-delà les polémiques :
- je crois indispensable la création d’une grande enquête nationale pour réaliser un état des lieux, tout cela dans une démarche républicaine, sous l’égide de l’Assemblée nationale.
- Il s’agit de dire toute la vérité sur la menace djihadiste en France, faire le bilan de tous ces jeunes qui sont passés par Al Qaïda, l’Afghanistan, le Pakistan. Comment croire que ces voyages ne seraient pas liés à des organisations et des têtes de réseaux ?
- Au centre, se trouve la question de l’école républicaine : doit-elle éviter de choquer les sensibilités ou doit elle soumettre les religions et l’islam en particulier, au feu des critiques rationnelles ? Comment contribuer à la formation de l’esprit critique et jusqu’où doit aller la société sans être en contradiction avec l’esprit des Lumières et les principes universels des droits de l’Homme et du citoyen ?


 Après avoir évoqué le contexte économique (chômage, crise du capitalisme, etc.), l'auteur avance une dernière proposition [...] Il me paraît indispensable d’établir une véritable cartographie des lieux où se développe le communautarisme et appréhender les conditions dans lesquelles des jeunes, enfants, adolescents, des jeunes mineurs, sont victimes de cette emprise. [...].
 

Jeudi 29 mars 2012 4 29 /03 /Mars /2012 19:30
- Par André Gerin - Publié dans : l'islam en Europe - Communauté : Religions en toute liberté

seric.jpg 11ème édition annuelle de  la Semaine de rencontres islamo-chrétiennes (SERIC) en France et en Europe du 17 au 27 novembre 2011


Comme pour les précédentes éditions, des dizaines de manifestations se préparent en France et dans neuf autres pays européens. Elles sont préparées par des acteurs locaux et nationaux qui travaillent en partenariat avec des associations cultuelles, culturelles ou autres, des instituts de formation, des médias, et avec le soutien de quelques élus locaux. En fait, le travail se fait avec tous les acteurs qui comptent pour le champ du dialogue islamo chrétien.
Le programme paraîtra sur le site internet : "www.semaineseric.eu" (lien), à compter de la fin de septembre, au fur et à mesure des finalisations de la préparation des évènements. Il comprendra des débats, des visites de lieux de culte, des temps culturels, artistiques, conviviaux ...


Pour illustration, nous pouvons déjà annoncer quelques évènements phares :


Une journée, le 19 novembre,  avec tables rondes et débats, à l'Institut catholique de Paris, organisée en partenariat entre l'ISTR de l'Institut catholique, le Groupe d'amitié islamo chrétienne (GAIC) et des responsables d'institutions islamiques, sur le thème : "Chrétiens et musulmans face aux  peurs véhiculées dans notre société".
Un évènement, articulé sur le "Vivre ensemble, hier en Andalus, aujourd'hui à Châtenay-Malabry" aura lieu du 13 au 27 novembre au Pôle Culturel. Tout au long de la quinzaine, l'exposition "Al Andalus, héritage oublié ?" est présentée. Un riche programme est proposé : spectacles, film, conférences-débats, contes, concerts... l'occasion de partager des moments forts de ce vivre ensemble.
Une rencontre, à Lyon, d'une cinquantaine d'acteurs nationaux du dialogue pour poser un cadre de réflexion de manière approfondie sur les sens, les bases et l'avenir du dialogue islamo chrétien en France, les 26 et 27 novembre.


Pour informations complémentaires, contacter :
Myriam Bouregba, vice-présidente du GAIC, coordonnatrice de la SERIC France, contact (lien)

Jeudi 7 juillet 2011 4 07 /07 /Juil /2011 07:00
- Par Actualités unitariennes - Publié dans : l'islam en Europe - Communauté : Religions en toute liberté

Le point de vue d’Abdennour Bidar, professeur de philosophie à Sophia Antipolis (Alpes-Maritimes) publié dans Le Monde du 21 décembre 2010 : « Il est urgent de mettre en œuvre une véritable pédagogie de la laïcité »


Pourquoi la laïcité républicaine éprouve-t-elle aujourd'hui tant de difficultés à se faire respecter dans les différents espaces publics ? Pourquoi notre République semble-t-elle désormais contrainte à garantir ce respect en multipliant les lois d'interdiction ? Pourquoi ce même respect de la laïcité doit-il être défendu par des décisions de justice, comme dans l'affaire récente de la crèche de Chanteloup-les-Vignes (Yvelines) ? La question de la laïcité ressemble de plus en plus à une nouvelle version de la "guerre des deux France". L'Etat républicain semble en effet entraîné malgré lui dans une logique d'affrontement avec une forme de guérilla fondamentaliste qui pratique la provocation, le harcèlement, la pression diffuse et multiforme, en testant sans relâche les défenses de la laïcité.


Ce n'est pas l'ensemble des musulmans de France qui est entré dans cette contestation ouverte de la laïcité, mais une minorité active d'entre eux pour laquelle cette laïcité n'est qu'une idéologie concurrente de la leur, et contre laquelle, à ce titre, il leur paraît légitime de faire valoir leur droit à la différence.


Or, c'est bien là que le bât blesse. Là que la responsabilité de la République doit être désignée. Comment se fait-il qu'elle laisse se développer autant sur son territoire cette conviction que la laïcité n'est qu'une idéologie parmi d'autres ? Comment donc ceux qui nous gouvernent n'ont-ils pas prévu que dans une société de plus en plus multiculturelle, où prévalent l'affirmation de soi et la revendication de sa différence, le principe laïque rencontrerait des contestations toujours plus importantes ? Il aurait fallu renforcer dans des proportions considérables le travail d'explication des fondements de cette laïcité, et expliquer aussi qu'elle seule permet justement à une société multiculturelle de ne pas se diviser en communautés séparées. Mais comment faire comprendre que la laïcité n'est pas une vieille lune idéologique française, mais un principe universel de cohésion sociale, qui permet à tous de vivre ensemble au lieu de demeurer dans une simple relation de coexistence ?


La réponse légale ne suffit pas. Il faut une pédagogie de la laïcité, parce qu'il faut former des consciences laïques. Il faut que la laïcité devienne une vertu citoyenne en plus d'un principe politique - une vertu pour que le principe ait des chances de se faire valoir autrement que par la loi. En quel sens, cependant, entendre cette vertu ou conscience laïque ?


Se souvenir de ce qu'on appelle aussi "être laïque" est l'occasion de rappeler qu'avant d'être un principe politique, la laïcité est une "position de conscience" : est laïque la conscience critique ou conscience libre, c'est-à-dire capable de prendre la distance du doute et de la remise en question vis-à-vis de toutes les convictions, vérités, visions du monde, qui la sollicitent. En ce sens, Socrate était laïque, parce qu'il disait "je ne sais qu'une seule chose, c'est que je ne sais rien". Descartes était laïque, parce que avant de dire "je pense, donc je suis", il disait "je doute, donc je suis". Averroès (philosophe musulman 1126-1198) était laïque, parce que, dans son Traité décisif, il disait que la loi religieuse devait être soumise à l'examen de la raison. Lao-tseu était laïque, parce que le tao commence par dire qu'une voie de sagesse n'est jamais la Voie par excellence. La laïcité politique ou neutralité de l'Etat est simplement l'objectivation de cette position critique de la conscience qui est valorisée dans toutes les cultures pour sa capacité à se "neutraliser" elle-même afin d'interroger librement les vérités qui circulent parmi les hommes.


Or la situation que nous avons évoquée au départ est née de ce que la République n'a pas investi assez de moyens dans la formation de telles consciences laïques, c'est-à-dire critiques et libres. C'est la raison profonde pour laquelle l'Etat en est réduit à imposer la laïcité par la force de la loi et du tribunal. Le principe de laïcité est resté trop extérieur pour un certain nombre de consciences : il est demeuré une exigence abstraite et étrangère à l'univers mental et éthique de l'individu. Par conséquent, c'est cette relation d'extériorité entre le principe laïque et les consciences que nous devons travailler maintenant à réduire. Il faut que la laïcité soit comprise et admise par les individus, au lieu de leur être seulement imposée d'en haut.


C'est la nouvelle période historique dans laquelle doit entrer notre laïcité française. La période où le principe politique ferait l'objet d'une véritable intériorisation par les citoyens. Nous devons passer de l'âge politique à l'âge éthique de la laïcité - ce qui doit s'entendre bien entendu dans une logique de complémentarité entre les deux ; il ne s'agit pas de substituer l'éthique au politique. Quel est, en effet, le privilège de cette conscience laïque ?


Elle seule peut adhérer pleinement et d'elle-même au principe politique de laïcité. Car le principe politique hors d'elle rencontre le principe éthique en elle. Une conscience laïque comprend par elle-même, grâce à ce qu'elle est elle-même, que ce principe politique est la condition nécessaire du vivre ensemble. Il y a pour elle correspondance et harmonie entre la pratique de soi - la capacité à relativiser ses propres convictions - et la pratique sociale - le vivre-ensemble fondé sur le dialogue, le compromis, la capacité de comprendre que pour être compris d'autrui on ne peut pas laisser simplement libre cours à l'expression de sa propre identité.


PB140808.JPG Si notre République ne fait pas cet effort de former des consciences laïques, elle s'expose à rencontrer encore et encore le même adversaire, auquel elle donnera sans arrêt de nouvelles forces : en l'occurrence ce fondamentalisme islamique qui précisément ne veut pas négocier ses propres convictions, et qui les revendiquera de façon toujours plus radicale dès lors qu'il ne trouvera en face de lui que la réponse répressive. Mais la loi du plus fort n'est la loi que tant qu'on reste le plus fort, disait Pascal ...

 

cathédrale Saint-Jean, à Lyon : gargouille représentant un musulman proclamant sa foi en Dieu - par la voix et sur le bandeau au pied de la sculpture  Un bel exemple de bonne intégration. Le maître sculpteur, d'origine maghrébine, s'est représenté lui-même, au grand plaisir des ouvriers du chantier et des commanditaires (photo Jean-Claude Barbier, novembre 2010).


Si en France un effort de pédagogie laïque n'est pas conduit à la hauteur qui est aujourd'hui nécessaire, que peut-il se passer ? La pente naturelle des sociétés multiculturelles est de voir se former des communautés distinctes qui s'éloignent les unes des autres, et des consciences qui n'ont bientôt plus d'autre souci que d'affirmer leur propre différence.


Dans une telle société, l'exigence politique de laïcité risque de se heurter de plus en plus à l'incompréhension et à l'hostilité. Des individus qui n'auraient comme conscience de soi que le "droit à la différence" ne comprendraient plus du tout la loi laïque qui impose des limites à l'expression de ce droit, la jugeant absolument contraire à leur liberté. Le divorce latent entre la société multiculturelle et l'Etat laïque serait alors consommé.


Voilà à quoi nous expose le retard que nous prenons à former des consciences laïques. Un face-à-face ou dialogue de sourds aggravé entre l'Etat et les consciences. Et si ces consciences non laïques se multiplient comme elles le font actuellement faute de pédagogie, combien de temps encore la loi et le principe de l'Etat laïque auront-ils la force de s'imposer ? Combien de consciences en nombre suffisant continueront de la défendre en comprenant sa légitimité ?

Jeudi 23 décembre 2010 4 23 /12 /Déc /2010 04:54
- Par Abdennour Bidar - Publié dans : l'islam en Europe - Communauté : Religions en toute liberté

Islam = comme toute religion, l’islam comprend en son sein des mouvements très divers, sinon contrastés, voire parfaitement contradictoires ( lien). Selon le contexte, il est donc souvent souhaitable de préciser par exemple islam sunnite, chiite, soufi, etc. Enfin, il convient d’éviter les amalgames en parlant de l’islam ou des musulmans en général alors qu’on parle des agissements d’un mouvement particulier, par exemple les salafistes ne représentent qu’eux mêmes. Cette religion ne disposant pas d’instance mondiale ou de chef spirituel suprême, nul n’est d’ailleurs habilité à parler au nom de l’islam en général.
Musulmans = les fidèles de l’islam ; on ne dit plus mahométans.
Islamique = est un adjectif qui désigne une chose ou une institution musulmane, par exemple un centre islamique. On peut y voir, par rapport à l’adjectif musulman, le soucis d’un certain prosélytisme tout à fait légitime et d’un désir de promouvoir la religion.
L’islam rigoriste = met en avant les lois et les règles que l’on doit suivre à la lettre et d’une façon scrupuleuse, quitte à en rajouter comme par exemple le salafisme et le mouvement tabligh. Ces deux derniers mouvements sont en outre porteurs d’un anti-occidentalisme virulent.
L’islam nationaliste = s’appuie sur l’islam pour résister à une occupation étrangère et acquérir l’indépendance politique ; ou bien encore pour mobiliser l’opinion publique d’un pays.
Islamiste = nom et adjectif ; désigne une personne ou une mouvance ou un lieu activiste de style intégriste, à savoir un islam dominant, imposant ses propres lois et règles à tous. On trouve son pendant au sein du christianisme avec les catholiques intégristes et certains chrétiens évangéliques. En Europe, les Frères musulmans espèrent arriver à leurs fins dans le respect de la légalité et du suffrage universel (par exemple en devenant démographiquement plus nombreux, plus prosélytes, plus influents) (lien)
Air-France_les-gros-prennent-l-avion.jpg L’islam djihadiste = utilisation de la violence politique et physique pour imposer la charia, la loi islamique ; des mouvances prônent ouvertement la révolution armée et gèrent des camps d’entraînement militaire, comme par exemple la nébuleuse d’Al-Qaïda.
Le terrorisme = par sabotages et actions meurtrières.
 Islamophobie = le rejet de l’islam en tant que tel, d’une façon globale, sans faire de détail ni exception de personnes ou de mouvements.
Islamophilie = amour pour l’islam ; peut sous-entendre aussi une admiration inconditionnelle, refusant toute critique même ponctuelle, fermant les yeux sur les excès, justifiant tout systématiquement (c’est ce second sens qui a été adopté pour notre dossier « L’Europe entre islamophobie et islamophilie » (lien).
Islamisant = érudit, chercheur, intellectuel travaillant sur l’islam ; n’est pas forcément musulman.

 

Pour en savoir plus sur le « vocabulaire religieux », voir notre rubrique à ce nom sur le site des chrétiens unitariens (pas moins de 44 articles à ce jour).

Dimanche 12 septembre 2010 7 12 /09 /Sep /2010 16:39
- Par Jean-Claude Barbier - Publié dans : l'islam en Europe - Communauté : Religions en toute liberté

Demander l’abrogation de la lapidation, considérer le ramadan comme optionnel non seulement selon les possibilités physiques de la personne (car la coutume musulmane dispense déjà certaines personnes trop faibles) mais aussi selon le désir et l’engagement du fidèle, laisser au même fidèle le choix du moment de la journée où il est disponible et disposé à la prière, voilà des propositions réformistes qui détonnent par rapport à l’orthodoxie musulmane. Abdennour Bidar, philosophe musulman, ose avancer de tels propos dans les colonnes du Monde du 30 août 2010 : « La lapidation, preuve extrême de la logique de violence de l'islam ».


Abdennour Bidar islam sans soumissionSerait-il donc comme Jésus qui, en son temps, disait que c’est l’homme que Dieu considère et non pas les rites en eux-mêmes, sabbat inclus ? Et l’Histoire donna raison au prophète contre les pharisiens et les scribes qui surveillaient âprement chacun de ses gestes et chacun de ses pas.


Certes les religions évoluent doucement, parfois (très) en retard sur la société civile. Peut-on accélérer cette adaptation par des réformes ? En faisant entrer l’attention à la personne, à son itinéraire, à son rythme, à sa conscience, A. Bidar préconise ni plus moins un islam libéral qui cesse avec l’absolutisme des préceptes humains et des rites obligés. Il en appelle à l’engagement personnel du croyant et non plus à son obéissance aveugle. Il reste bien entendu la transcendance de Dieu ; mais c’est alors la seule transcendance – non associée pour reprendre une expression chère à l'islam !


« Il ne s'agit pas de condamner ces pratiques rituelles - jeûne, prière, pèlerinage - en tant que telles. Elles peuvent offrir un support efficace au besoin éprouvé par tel individu de mener une vie spirituelle (étant bien entendu que celle-ci peut aussi se conduire hors de tout champ religieux).


Mais qu'est-ce que les musulmans attendent pour les déclarer libres ? Contrairement à l'objection courante, cela n'atomiserait pas la communauté, mais la ferait passer de l'état clos de l'uniformité à l'état ouvert de la diversité. Et contrairement à une autre objection, cela ne détruirait pas l'autorité de Dieu, mais obligerait chaque conscience à aller chercher cette voix divine dans sa propre intériorité. Enfin, cela permettrait à l'islam de sortir de sa logique générale de radicalité et de violence dont la sentence de lapidation contre laquelle nous nous insurgeons aujourd'hui n'est qu'un extrême.


Si cette culture religieuse de l'islam ne change pas, elle continuera de se déconsidérer aux yeux du monde.(…) ».


C’est toute une Réforme, loin du fondamentalisme. Mais qui la mènera ? L’islam n’a ni synode, ni concile, ni instance mondiale, ni chef spirituel au-dessus de la mêlée, et les communautés de base sont plutôt conservatrices. Il n’a pas été touché par la Renaissance, les philosophies du Siècle des lumières, ni les déclarations citoyennes de l’Indépendance américaine et de la Révolution française. A l’horizon, aucun mouvement connu qui puisse être porteur d’un tel programme. Il reste les prophètes, ce que font des intellectuels musulmans dits « laïques » comme A. Bidar, dont on peut apprécier sans réserve le courage.

Samedi 11 septembre 2010 6 11 /09 /Sep /2010 22:11
- Par Jean-Claude Barbier - Publié dans : l'islam en Europe - Communauté : Religions en toute liberté

Les religions véhiculent de nombreux interdits pour diverses raisons, ne serait-ce que pour protéger les lieux sacrés de comportements non respectueux. Par exemple, franchir la limite d’un sanctuaire sans autorisation ou sans satisfaire à des conditions, c’est contracter l’impureté rituelle. Il s’agit là de la notion de sacré, tout à fait compréhensible et légitime. De nombreuses mosquées s'appellent d'ailleurs Al-Haram (sous entendu, lieu interdit aux non musulmans car sacré).

le_pur_et_l-impur.gif Par contre l’alimentation chez les juifs et les musulmans, liée aux notions de pur (kascher pour les Juifs et hâlal pour les musulmans) ou d’impur (haram chez les musulmans) coupe la société civile en deux : sont impurs, sont sales, sont répugnants, ne sont pas fréquentables, sont exclus, etc., les incirconcis, les mangeurs de porcs, les buveurs d’alcool, les païens, les non-croyants, les non musulmans, les femmes mariées dont la tête n’est pas couverte, ou le visage entièrement dissimulé aux regards impurs des hommes, ceux qui pratiquent la fellation, les homosexuels, ceux qui vont à l’Ecole occidentale, sans parler bien sûr des lépreux, de ceux qui ont des écoulements sanguins (à commencer par les femmes qui ont leurs règles) ou de pus, etc. La liste peut s’allonger au gré des mouvances, des fanatismes, des fatwa des dévots zélés qui en rajoutent à qui mieux mieux.

Comme on ne doit pas toucher aux religions, selon le religieusement correct et le politiquement correct en cours dans les élites bienséantes, honni soit qui émet une critique de ce genre de pratique. Or, celle-ci inculque, dès l’enfance, toute une mentalité discriminatoire, séparatiste, quasi raciste. Les injures fusent en conséquence dans les cours de nos écoles, au nez et à la barbe de nos braves enseignants.

 

Même certains hommes politiques ne prennent pas la mesure de ce langage religieux, comme ce maire bien en vue, d’une ville moyenne, qui a offert un barbecue de viande hâlal sur un terrain de football pour faire plaisir aux musulmans qui y étaient présents parmi d’autres *
* ndlr - par apolitisme, les Actualités unitariennes s’abstiennent en général de donner les noms d’hommes politiques et leur appartenance

Que l’on se plie aux coutumes alimentaires d’un milieu traditionnel lorsqu’on est en visite – ou de retour chez soi – c’est là un signe de respect des gens. De là à étendre ces pratiques dans nos sociétés modernes et démocratiques, il y a là un pas que d’aucuns franchissent allègrement et en toute innocence et irresponsabilité.

Et si les dégâts n’étaient pas tant du côté des obscurantistes qui, malheureusement existeront encore longtemps dans les milieux confinés, mais du côté des démagogues de tout poil qui s’empressent de flatter les communautarismes ? Il est grand temps d’ouvrir dans nos établissements scolaires des cours sur les religions et de ne pas occulter les enjeux sociétaux sous prétexte de cohabitation inter-religieuse benoîte.

 

La démocratie, c’est aussi des règles du jeu social et une discipline éthique librement consentie et acceptée. On ne peut pas à la fois traiter les autres d’impurs et vivre avec eux.

 

Il en est de même des tribalismes ethniques qui prônent une morale interne au groupe, mais dénie cette même morale aux « étrangers », c'est à dire aux "hors groupe". La démocratie, ce sont des règles générales pour tout le monde.

Samedi 11 septembre 2010 6 11 /09 /Sep /2010 20:10
- Par Jean-Claude Barbier - Publié dans : l'islam en Europe - Communauté : Religions en toute liberté

La lapidation, du latin lapis (pierre), donnant le verbe lapidare, littéralement « tuer à coups de pierres » est une forme d'exécution, couramment utilisée à l'époque pré-chrétienne dans tout le bassin méditerranéen. On doit, précise l’actuel code juridique iranien, choisir des pierres de taille moyenne afin de ne pas tuer immédiatement le condamné : il doit souffrir au maximum !


Dans la Grèce antique, à l'époque homérique, elle est principalement liée aux crimes sexuels et aux blasphèmes. Hérodote la présente comme un acte spontané de la foule en colère, mais chez Lycurgue, un siècle plus tard, il résulte d'un décret pris formellement par les membres de l'Assemblée, qui, toutefois, retirent les couronnes symbolisant leur fonction avant d'y procéder. Les exemples de lapidation connus ont trait à la trahison : l'Athénien Lycidès lorsqu’il propose d'approuver la demande de reddition envoyée par le Perse Mardonios : un Alcibiade, qui s’enfuit vers Syracuse. Mais c’est à boire de la ciguë que Socrate et son compagnon Alcibiade (cousin du précédent) sont invités pour avoir profané les Mystères d'Éleusis.
 

 

Dans l’Ancien testament, plusieurs textes appellent à la lapidation pour plusieurs crimes : l'adultère (Deutéronome 22, 22-29), l'adoration d'autres dieux (Deutéronome 13, 6-10 ; Lévitique 20, 2), l'évocation d'esprits (Lévitique 20, 27), la désobéissance à ses parents (Deutéronome 21, 20-21) ; le blasphème (Lévitique 24, 14 et 16). Naboth est victime d'une fausse accusation de blasphème de Jézabel et meurt lapidé (1 Rois 21, 1-14).


lapidation_d_etienne.jpg Mais sous l’occupation romaine, les Romains (qui ont d’autres techniques de torture comme la flagellation et la crucifixion) s’arrogent le droit de vie et de mort. Il faudra effectivement l’autorisation de Pilate pour que Jésus soit condamné. Le sanhédrin semble bien avoir essayé de récupérer ce droit. Le judéo-chrétien hellénisé Etienne, nommé diacre « pour le service des tables » et qui fréquentait la synagogue des Affranchis (anciens esclaves libérés grâce à l’aide des Juifs de la Diaspora) sera lapidé par la foule de Jérusalem en présence de lettrés (Paul de Tarse assistait à la scène) et après un passage devant le sanhédrin ; cela se passa en hiver 36 ou 37 (selon la Bible de Jérusalem, mais avec un point d’interrogation). Plus tard, en été 58, Jacques, frère de Jésus et chef spirituel de la communauté nazôréenne (judéo-chrétienne) de Jérusalem est condamné par le grand prêtre Anan, qui met à profit une vacance de pouvoir local suite à la mort du proconsul romain Festus, à être précipité du haut des murs du Temple, puis lapidé. Mais ce sera une dernière historique car les plaintes fusent, adressées aux autorités romaines, et le roi Agrippa II (de la dynastie hérodienne) révoquera le grand prêtre en question. A noter que le Talmud, rédigé au IIème siècle, maintient la lapidation (Sanhédrin, 43a), mais on n’a pas connaissance de faits historiques de son application.


Jésus, sur plusieurs points réformateur juif (contre la répudiation et le remariage, contre un sabbat absolu), ne condamne pas une femme adultère qu’on lui présente sur le parvis du temple, pourtant ayant été prise en flagrant délit (Jn 7, 53 – 8, 11).


Contrairement à une idée reçue, le Coran ne parle pas du tout de lapidation (en arabe, رجم [rajm], littéralement « caillassage »). Ce sont les hadiths, lois islamiques, qui citent la lapidation comme peine d'adultère pour un homme marié ou une femme mariée ayant eu un rapport sexuel hors mariage avec pénétration. Or ces hadiths sont si exigeants dans les témoignages requis qu’on peut penser que les cas ne peuvent qu’être rarissimes si on applique le texte à la lettre. Il faut en effet que les 4 témoins disent qu’ils ont clairement vu la pénétration ! Celui ou celle qui accusera un homme ou une femme d'adultère sans 3 autres témoins, est peiné de 40 coups de fouets pour avoir voulu salir la réputation d'un homme ou d'une femme.


Même pour les fondamentalistes chrétiens, dont certains récupèrent pourtant les archaïsmes bibliques de l’Ancien testament, la lapidation n’est jamais évoquée. Seuls certains pays musulmans défraient la chronique avec des condamnations de ce genre, principalement en Iran et Afghanistan, mais il y eut aussi un cas (en 2007) au Kurdistan irakien. En Arabie saoudite, la lapidation est appliquée pour tout acte de sodomie commis par un non-musulman avec un musulman ; l’homosexualité étant ici explicitement visée.


Depuis août 2010, l’opinion mondiale s’émeut de la condamnation de Sakineh Mohammadi Ashtiani, d'origne azerbaïdjanaise, mère de famille de 43 ans, avec 2 enfants et veuve. Reconnue coupable en mai 2006, elle a déjà reçu la peine du fouet avec 99 coups. En 2007, la cour suprême a confirmé sa condamnation à mort par lapidation. Aux dernières nouvelles elle est de nouveau menacée d’une seconde séance de fouet.

 

sakineh_mobilisation-a-Paris.jpg

 

Dans les colonnes du Monde en date du 31 août, le philosophe musulman Abdennour Bidar condamne cette pratique barbare et ancestrale : « La lapidation, preuve extrême de la logique de violence de l'islam ».


« La monstrueuse condamnation d'une femme à la lapidation par la République islamique d'Iran donne encore une fois de l'islam une image catastrophique, celle d'une religion archaïque, violente et totalitaire. N'essayons pas en effet de dédouaner la religion islamique du meurtre programmé de Sakineh Mohammadi-Ashtiani en soutenant qu'il s'agit d'une décision politique. Le pouvoir de Mahmoud Ahmadinejad se fonde sur une idéologie reconnue comme celle d'un islam fondamentaliste. En tant qu'intellectuel musulman, je dois prendre la responsabilité de dire cela haut et fort, en m'insurgeant contre cette sentence de lapidation au nom de la dignité de la personne humaine. »


Au-delà, de cette pratique, l’auteur s’interroge sur la violence au cœur de l’islam : "Si en effet la pulsion totalitaire de la religion islamique trouve là l’une de ses expressions les plus inhumaines, il faut y voir simplement l’une des formes les plus radicales d’une logique générale qui a pris, au fil des siècles, le contrôle de la vie spirituelle des musulmans du monde. Hélas !, la religion islamique entière se nourrit de violence".


Dès lors, on ne peut qu’être perplexe vis-à-vis du rituel de la lapidation de Satan effectué par les pèlerins à La Mecque, car on peut craindre qu’il facilite le passage à l’acte réel dans le contexte d’une foule en colère et d’une diabolisation de la victime. Certes la grande masse des musulmans sont tolérants et pacifiques, mais les manipulations politiques utilisent ce levier et nombre de jeunes prennent cela pour argent comptant.

 

Il est grand temps que les autorités islamiques se positionnent clairement sur des questions éthiques aussi importantes et qui portent gravement tort à l’image de l’islam. Elles ne pourront pas faire l’impasse sur la culture des droits de l’homme, sous le prétexte que le Coran est au-dessus des lois et que cette culture est « occidentale », sans nuire gravement à l’avenir de leur religion dans les opinions publiques. Or, bien peu de musulmans remettent en cause la lecture fondamentaliste des textes * …
* côté chrétiens, l’Ecole exégétique protestante allemande des années 1830 a préconisé l’approche historico-critique de la Bible.


Source : nous avons utilisé l’article de l’encyclopédie Wikipedia ( lien)
 Illustrations :

- martyre de saint Étienne : panneau du retable dit de Jacob et Étienne, peint en 1506 par Marx de Reichlich (1460-1520) ; il provient d'un monastère au Tyrol, exposé à la pinacothèque de Munich.

- photo Paris-Match accompagnant l’article « Sakineh : la France se mobilise ».

Lundi 6 septembre 2010 1 06 /09 /Sep /2010 10:01
- Par Jean-Claude Barbier - Publié dans : l'islam en Europe - Communauté : Religions en toute liberté

thilo_sarrazin.jpg L’économiste allemand Thilo Sarrazin, membre du directoire de la Bundesbank avec un contrat courant jusqu’en 2014, membre du parti figure du Parti social-démocrate (SPD), ancien sénateur des finances du Land de Berlin et responsable des finances de cette ville de 2002 à 2009, vient de se lâcher : il ne veut pas que ses enfants vivent dans une Allemagne musulmane !

 

Tiens, la récente prédiction du président libyen Anouar Khadafi - comme quoi l’Europe sera bientôt musulmane - s’accomplirait-elle ?

 

Les démographes ne sont pas sans constater la forte immigration turque d'origine anatolienne (plateaux de l'intérieur, peu développés) pour les besoins du capitalisme allemand ainsi que la très forte natalité de cette population. Les sociologues notent leur ultra conservatisme quant aux moeurs familiaux et sexuels (mariage précoce des jeunes filles, crime d’honneur pour les jeunes filles qui "déshonorent" leur famille, machisme, islam rigoriste, etc.).

 

Pensant que ces populations immigrées musulmanes n’arriveront pas à s’intégrer (contrairement à d’autres étrangers qui, eux, y arrivent sans trop de difficultés), notre économiste prend peur et en fait part dans un livre « L'Allemagne court à sa perte », sorti le 30 août et devenu rapidement un betseller. Il s'y épanche notamment sur les immigrés musulmans qui, selon lui, coûtent plus cher en prestations sociales qu'ils n'ont rapporté à l'Allemagne, et sur la baisse du niveau de l’éducation ce qui entraîne une société « de plus en plus bête » - fichtre !


Il le fait avec des analyses sans nuance ni alternative, et en plus avec des propos racistes : par exemple il y aurait selon lui des gènes juifs, basques, etc. On aura vite compris que notre économiste n’est guère expert  en dehors de son domaine. Il va se faire exclure de son parti politique, dont la présidente, la chancelière allemande Merkel, est furieuse, et de sa banque (à l’unanimité de ses collègues du directoire !).

 

Mais voilà que l’opinion publique se reconnaît dans ce qu’il dit ! Il passe dans les émissions de télévision et une majorité de sondés l’approuvent ! Après une discussion sur plateau télé, très suivie lundi soir, 70 % des spectateurs se disaient plutôt d'accord avec ses thèses. Sur le site du quotidien Financial Times Deutschland (ftd), parmi plus de 17 000 votants (en date du 31.8.2010, 19h15), 54% pensent que l'analyse de Sarrazin est « bonne et correcte », et 30% estiment du moins qu'elle « fait réfléchir ». Des pourcentages pas forcément représentatifs, mais indiquant une tendance lourde dans la société allemande. Une tendance qui fait dire à Hilal Sezgin, auteur germano-turque, que les thèses de Sarrazin n'ajoutent qu'un peu de mousse raciste à la vague d'islamophobie qui traverse l'Allemagne depuis un certain temps.


Après l’assassinat par un musulman d’un cinéaste néerlandais, la votation suisse contre les minarets, la diffusion du voile intégral en France, on constate un net décalage entre les élites politiques, associatives, et religieuses qui en appellent – non sans raison vertueuse - aux bonnes relations inter religieuses et inter ethniques, et l’opinion publique, plus proche des faits divers et qui réagit à vif sans toujours prendre le recul nécessaire. A terme, cela peut conduire à la faillite de toute une génération de militants qui ont baigné dans la générosité chrétienne et / ou socialiste et qui voient leurs efforts vains. Face aux faits que vivent les gens ou dont ils sont informés par les médias, que valent les discours moralisants et volontaristes  ?


Les gens ne font pas de détail et parlent souvent très franchement de leurs sympathies ou de leurs rejets. On le constate sur Internet dans les commentaires aux articles de journaux, dans les forums, au sein de la blogosphère, etc. Le parler cru et impertinent est applaudi sur les ondes et à la télévision. Sondages d’opinion et autres enquêtes bousculent de plus en plus souvent le politiquement et religieusement correct. Une dureté des relations sociales est entrain de s’instaurer. On ose désormais dire tout haut des choses qu’on pensait naguère tout bas. Les élites politiques, elles-mêmes, s’empoignent et s’étripent, donnant l’exemple. Dès lors, les élections peuvent réserver d’énormes surprises.

Samedi 4 septembre 2010 6 04 /09 /Sep /2010 18:19
- Par Jean-Claude Barbier - Publié dans : l'islam en Europe - Communauté : Religions en toute liberté

quickhallal En plus des critiques de la part du Front national (FN), six députés de l’UMP sont immédiatement montés au créneau, dès le 1er septembre, pour dénoncer, au nom de la laïcité, l’initiative de Quick qui, en ne vendant que de la viande halal, instaure une discrimination de fait. La loi française est bien incapable d’empêcher une telle initiative commerciale « ciblée » ; c’est donc un baroud d’honneur, mais au moins ont-ils eu le courage de dénoncer ce glissement vers un communautarisme qui, en définitive, risque fort bien d’alimenter la stigmatisation de l’islam.


Ces députés font partie d’un collectif, « La Droite populaire », qui désire en revenir, disent-ils, aux fondamentaux de la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy en 2007. Une aile droite de l’UMP qui veut faire barrage à la montée du FN. Ces députés sont maintenant au nombre de 37. Dans la même perspective, Charles Aslangul, conseiller UMP de Bry-sur-Marne, avait lancé le mouvement « Ordre républicain » ; il est convoqué par la Justice après avoir collé des affiches sur la devanture d’un Quick Halal, lequel a porté plainte pour racisme.


Cette re-mobilisation d’une Droite conservatrice et nationaliste annonce des présidentielles en 2010 où la question de l’islamisation des pays européens sera très certainement l’un des enjeux majeurs. Foire d’empoigne promise entre islamophobes et islamophiles !


Quick Halal ou comment jeter de l’huile sur le feu !


Les Actualités unitariennes s’abstenant de faire des choix politiques, nous ne donnons ici que la référence de leur position contre Quick halal, sujet religieux dont nous estimons devoir traiter à partir de notre tradition et éthique ; voir l’article du Monde, du 1er septembre « Imposer le halal est contraire à la laïcité, affirment des députés UMP ». 

 

Pour le point de vue des Actualités unitariennes sur les Quick halal, voir notre article "Lorsque Quick halal égorge les animaux à échelle industrielle" et notre appel à boycott.

Samedi 4 septembre 2010 6 04 /09 /Sep /2010 15:38
- Par Jean-Claude Barbier - Publié dans : l'islam en Europe - Communauté : Religions en toute liberté

 L’islamophobie n’est pas l’apanage des seuls milieux d’Extrême Droite. Le communautarisme musulman est sérieusement dénoncé par une partie des populations locales qui y voient une volonté de non intégration, un déni de la démocratie et qui craignent un envahissement de leur pays par des pratiques rétrogrades. Ils dénoncent une islamisation rampante qui se fait avec l’aval des autorités publiques incapables d’endiguer le flot. Il est vrai que, dans certaines villes, des quartiers sont carrément ghettoïsés. Le lien avec une immigration massive est évidente.


En France, le site Bivouac-id ( lien) se présente comme "un blog d’information sur l’islam et ses dangers". Il appelle ses sympathisants pour des « apéros républicains contre la charia ! ». Pour le samedi 4 septembre dans les villes de Paris, Bordeaux, Lyon, Toulouse, Strasbourg et Toulon. Il arrive à mobiliser de multiples mouvances qui ressentent la laïcité en danger.


« Pour le 140e anniversaire de la troisième République, rassemblons-nous pour un apéritif républicain et laïque qui témoigne de notre volonté que la loi républicaine élaborée par tous demeure au-dessus de toute autre loi, religieuse ou coutumière.


L’ennemie de la République est la charia, l’ensemble des préceptes islamiques, car elle refuse la démocratie, l’égalité homme-femme, les libertés de penser, de croire ou de ne pas croire, le droit au blasphème… Bref, la charia, qui est l’application stricte pour tout musulman de la loi coranique, s’oppose totalement aux valeurs universelles que les Lumières et la révolution française ont apportées à la France et à de nombreuses nations du monde entier et qui ont abouti, entre autres, à la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen. »


 Il relaie l’initiative du mouvement Résistance républicaine (lien), organisation de “défense de la République et de ses fondamentaux hérités de l’histoire et des Lumières”, présidée par Christine Tasin laquelle ne manque pas d’arguments et qui a son propre blog ( lien)

 

Sont également co-organisateurs de ces manifestations :

 

apero republicainActions Sita (Sensibilisation à l’islam Tous Azimuts)
Cared (Comité Aubois pour le Respect de l’Etat de Droit)
Comité Lépante, observatoire de l’islamisation des sociétés européennes.
Drzz.info, laboratoire d’idées et le site politique
Free World Academy, “think tank”, de “diffusion d’études, d’essais et de concepts destinés aux décideurs et aux intellectuels du monde libre.”
Génération gaulliste, mouvement gaulliste.
Institut Européen de Socialisation et d’Education (I.E.S.E.), association d’éducation populaire ayant pour but de “promouvoir les attitudes, les comportements, les compétences et les pratiques pro-sociales”.
Laïcité et République sociale, cercle de réflexions et d’actions de la gauche républicaine laïque et sociale
La Poule déchaînée, journal neo-moderne ironique occidental.
Le Gaulois, site patriote d’information et de veille anti-islamique.
L’Elan Nouveau des Citoyens (ENC), association nationale d’environ 6000 membres qui a pour objectif de développer la participation des citoyens à la vie de la Cité.
Le Parti de l’Innocence, constitué autour des valeurs de civisme, de civilité, de civilisation, d’urbanité, de respect de la parole et d’innocence”, définie selon l’étymologie comme une absence (idéale) de nuisance.
Ligue du droit des femmes, association féministe présidée par Anne Zelensky.
Puteaux-libre.over-blog.com, blog de défense de la libre expression et de la laïcité de Puteaux.
Rassemblement pour l’Indépendance de la France, (RIF), présidé par Paul-Marie Coûteaux, ancien député au Parlement européen.
Rebelles.info, blog ayant pour objectif de rassembler lles principales contributions des penseurs impertinents qui luttent contre la pensée unique sur différents sujets
Résilience TV, site de l’observatoire international des Libertés.
Riposte Laïque, “journal des esprits libres, pour l’égalité hommes-femmes, pour la République sociale, dirigé par Pierre Cassen.
Union gaulliste, association ayant pour but de “redonner vie à la démocratie en réaffirmant que celle-ci n’a de sens que si elle s’incarne dans la souveraineté du peuple, dans la solidarité du peuple, dans la solidarité de la Nation, et dans les valeurs républicaines”.
Union des Jeunes pour le Progrès (UJP), mouvement gaulliste fondé en 1966 par Robert Grossmann et Georges Pompidou.
Vérité, valeurs et Démocratie, association de défense de la Démocratie, la Laïcité et les droits de l’Homme.

 

Les mobilisations militantes sont souvent en réaction dialectique : aux excès des uns répondent les excès des autres et vice et versa ; un cercle vicieux s’installe alors et chacun se proclame victime de l’autre partie et outré par ses gestes et discours. Ayant concilié la foi et la raison dans leurs convictions, les unitariens pensent que chacun doit balayer devant sa propre porte et savoir participer à la vie civique et politique de son pays sans ambiguïté, sans prosélytisme et sans impérialisme, en tenant le plus grand compte des minorités, des étrangers et des règles démocratiques de vie en commun. Celles-ci doivent être affirmées d’une façon claire et nette par les autorités publiques et aussi par les autorités morales et religieuses. La loi doit effectivement être au dessus des personnes et des communautés fussent-elles religieuses.

Samedi 4 septembre 2010 6 04 /09 /Sep /2010 06:28
- Par Jean-Claude Barbier - Publié dans : l'islam en Europe - Communauté : Religions en toute liberté

L’islamophobie n’est pas seulement l’apanage des partis politiques d’Extrême Droite, mais aussi de démocrates irrités à juste titre par de nombreux faits divers qui illustrent un islam réactionnaire, rétrograde, archaïque, patriarcal, anti-féministe, homophobe, porté au communautarisme si ce n’est à la pratique de la charia. Le mutisme presque quasi total des autorités islamiques sur ces faits divers donne à penser – à tort – que cet islam est conforme au Coran et que c’est l’islam en tant que tel qui est ici concerné.


cheikh_bentounes_soufisme_coeur_de_l_islam_bis.JPG Par ignorance, mais aussi parce que ces mouvements sont malheureusement minoritaires et pas toujours audibles, nombre d'Européens ont somme toute peu connaissance des mouvements soufis qui présentent un tout autre visage de l’islam, ainsi que des intellectuels musulmans dits « laïques » qui luttent pour un islam réformé, adapté au monde moderne, acquis à la démocratie et à la laïcité, ou encore à l’islam modéré représenté par les imams des grandes villes qui disposent d’une culture théologique, désirent la bonne cohabitation inter-religieuse et font preuve de modération.


La même globalisation de l’islam est pratiquée par les islamophiles qui défendent l’islam envers et contre tout, sous estiment systématiquement tous les faits divers, nient systématiquement les enjeux sociétaux que ceux-ci révèlent, n’exercent aucune critique vis-à-vis de certaines pratiques manifestement inadmissibles dans un Etat moderne, couvrent tout, justifient tout, hurlent à la discrimination à la moindre remarque : touche pas à mon pote s’il est musulman !


Pire, certains partis politiques et équipes municipales, en pleine démagogie non avouée, misent sur l’électorat musulman, savent ménager le milieu, établir des compromis aussi discrets que possibles (les « aménagements raisonnables » pour reprendre l’expression d’un débat qu’il y eut au Québec en 2008) accordant volontiers des avantages de type communautariste (carrés à part dans les cimetières, heures de piscines réservées aux femmes musulmanes,  plus de viande de porc mais par contre viandes halal servies à tous dans des cantines, cultes réguliers occupant la voie publique, pressions sur le personnel hospitalier, etc.).


Les Actualités unitariennes, quant à elles, invitent à une meilleure connaissance de l’islam, de son histoire, de la richesse du corpus religieux de l’islam qui ne se réduit nullement à la seule charia ni même au Coran, du développement d’une civilisation qui a eu ses pages brillantes, des difficultés de développement que connaissent les pays musulmans, de l’impérialisme occidental qu’ils ont subi, du drame palestinien, du foisonnement des mouvements les plus contradictoires en son sein, etc.


Elles rejettent toute approche globalisante qui prête à amalgame et confusion. Elles prennent acte du fait que de nombreux musulmans sont parfaitement intégrés à l’Etat moderne et jouent le jeu de la démocratie et de la laïcité.


Elles se réservent toutefois le droit de critique selon la tradition unitarienne qui a toujours fait rimer ensemble la foi et la raison. Cette tradition, née du courant anti-trinitaire du XVIème siècle à la suite de Michel Servet (1511-1553) et qui a donné naissance à l’une des Réformes protestantes avec la fondation d’Eglises en Pologne, Lituanie, Transylvanie et Ukraine (l’Eglise unitarienne de Transylvanie, fondée en 1568, est la seule survivante, avec aujourd’hui quelques 100 000 fidèles). Esprit critique et remise en cause des dogmes et des croyances, à commencer par le christianisme au sein duquel notre tradition a vu le jour.


En conséquence, nous renvoyons dos-à-dos islamophobes et islamophiles !

 

Illustrations :
Le Soufisme, coeur de l'Islam : Les Valeurs universelles de la mystique islamiste, par Cheikh Khaled Bentounès, Romana Solt, et Bruno Solt (Poche, novembre 1999)
 Cheikh Bentounès est chef spirituel de la confrérie soufie Alaouia et auteur ou collaborateur de nombreux ouvrages.


Suite à la votation suisse, en novembre 2009, nous avons lancé les « Amitiés islamo-unitariennes » dont le site est hébergé par nos Etudes unitariennes  ( lien). Un manifeste est proposé à signature.

Samedi 4 septembre 2010 6 04 /09 /Sep /2010 03:30
- Par Jean-Claude Barbier - Publié dans : l'islam en Europe

Alors que la communauté protestante de Hautepierre, en banlieue de Strasbourg, vient de recevoir les témoignages de réconfort des autres communautés religieuses en une cérémonie interreligieuse le 15 juin (pour des incidents passés les 20 et 28 mai) (lien), on apprend que les murs de l’église catholique du petit village de Rittershoffen (qui fait partie de la paroisse Saint-Pierre du Hattgau *) ont été taguées d’un « fuck Israël » [je baise Israël] de 2m de long, avant le dimanche 13 juin. Le lieu est historique car il fut le théâtre d’une importante offensive de chars américains en 1944 qui a percé le front allemand et contribué à la victoire finale.
* à l’extrême nord de l’Alsace, le Hattgau était un bailliage protestant du landgrave de Hesse ; les protestants y sont toujours majoritaires.

rittershoffen_eglise_catholique.JPGrittershoffen_eglise_catholique_tag.JPG

 

Plus de doute ; la réprobation générale qui a suivi l’arraisonnement sanglant de la flotille « humanitaire » contre le blocus de Gaza par les commandos de l’armée israélienne a créé l’opportunité pour un passage à l’acte de groupes anti-israéliens / anti-sionistes / anti-sémites (= anti-Juifs) / pro-palestiniens / pro-musulmans. Dans une même haine, sont englobés les suppôts d’Israël qui sont automatiquement les ennemis de Gaza et plus largement des Palestiniens et de l'islam.


Un chapelet de lieux vandalisés maculent de tâches la carte d’Alsace. Le 20 mai, le panneau d’affichage de l’église protestante d’Hautepierre est incendié sans doute parce qu'il y présentait un voyage en Israël ; le 28 du même mois, la bible posée sur la table est déchirée ; on s’en prend aussi au psautier. Le fait que cette Eglise s’enorgueillit en son sein d’une chorale gospel réputée, "High Rock Gospel Singers », n’est peut-être pas étranger à son ciblage. Avant le dimanche 13 juin, c’est au tour de l’église catholique de Rittershoffen. Puis le 14 juin, le cimetière américain de Sigolsheim (au nord-ouest de Colmar) est couvert pour la première fois d’une vingtaine de graffitis. Ceux-ci renvoient à des noms de quartiers populaires de Belfort, Mulhouse, Strasbourg … et à un héros comique du cinéma turc « Cilali Ibo ». Au passage, on « Niouf les Français » et on « Nique la Bac » (Brigade anti-criminalité), etc. Quant au drapeau américain, il y est retiré en moyenne une fois par mois ! (voir l’article  d’Alsace.fr « Vandalisme au monument aux morts américains », le 15/06/2010) .


La profanation d’une quinzaine de tombes de soldats britanniques du cimetière de Loos-en-Gohelle (Pas-de-Calais) le 10 juin, avec des inscriptions nazies, semble par contre être l’œuvre des nazillons de la nébuleuse d’Extrême droite.  


Et demain ? Le message est clair : on ne s’attaque plus seulement aux synagogues, mais aussi à tous ceux qui de près ou de loin sont supposés soutenir Israël. La logique est celle de la guerre : les libéraux et les modérés, tous ceux qui sont dans l’expectative, qui prodiguent des conseils de bonne volonté, sont bien malgré eux happés dans la tourmente. Il en fut ainsi du communisme et des fascismes du XXème siècle. Les intégrismes musulmans de ce début du siècle, très certainement en collusion avec des mouvances politiques françaises gauchistes qui leur assurent soutien et assurance psychologique (certains milieux anarchisants, trotskistes, etc. ), génèrent des nébuleuses glauques particulièrement activistes et empruntent le même chemin des Révolutions de haine.

Jeudi 17 juin 2010 4 17 /06 /Juin /2010 10:42
- Par Jean-Claude Barbier - Publié dans : l'islam en Europe - Communauté : Religions en toute liberté

On sait que les églises catholiques sont souvent vandalisées et profanées par les satanistes, mais qui donc peut s’en prendre à l'église protestante * de Hautepierre, en banlieue nord-est de Strasbourg ?

* Temple protestant luthérien de l'Eglise de la Confession d'Augsbourg d'Alsace et de Lorraine (ECAAL), aujourd'hui regroupée avec des Eglises réformées au sein de l'Union des Eglises Protestantes d'Alsace et de Lorraine (UEPAL)

 

Hautepierre.jpg

Bizarrement la presse protestante au niveau national (Réforme, hebdomadaire protestant) n’en dit mot par crainte de représailles ? par profil bas ? par manque de dire tout haut ce qu'on pense tout bas ? parce que ce n’est pas politiquement ni religieusement correcte de désigner une certaine piste ? Seule une paroissienne a fait circuler un courriel pour protester : une bible déchirée, un livre de cantiques jeté à terre …. Bon, ce n’est pas tout à fait le Coran descendu du ciel, mais quand même ! Les fidèles sont sous le choc. En plus, ils ont l’amertume de voir que, pour les médias, on fait du buzz pour les autres lieux de culte que le leur : deux poids, deux mesures.


Subrepticement, grâce à 20 minutes.fr du 15 juin 2010 (lien), on apprend qu'un panneau d’affichage avait été brûlé ; il présentait un projet de voyage en Israël. Tiens ! ben la voilà la pisteCe ne sont pas des Ovni qui sont venus par deux fois vandaliser le temple (le 20 mai pour le panneau d’affichage sous le porche, puis le 28 pour la bible), mais très probablement ce qu’on appelle les islamo-gauchistes (ceci dit en attendant l’enquête de police) : interdit de commercer avec Israël, interdit d’y organiser des voyages ; bref, le blocus de Gaza en sens inverse et sur le dos des Français, avec à la clef des représailles pour ceux qui ne comprennent pas le message (car il s’agit de diktat et non point de proposition démocratique).


Le Hamas (qui émarge aux Frères musulmans *) n’est pas une organisation d’enfant de chœurs et on peut supposer qu’il noyaute largement les mouvements pro-palestiniens … ce qui n’est pas pour simplifier les choses. Comment ces mouvements pourront-ils nous faire croire qu’ils font simplement de l’humanitaire ? Et pourtant, comment ne pas protester contre la politique israélienne qui brime le peuple palestinien en général et ceux de Gaza en particulier ? La situation est humainement douloureuse, politiquement inadmissible, et les mouvements de protestations malheureusement de plus en plus suspects …
* voir notre article « L’OPA des Frères musulmans sur l’islam de France » (lien)


Le temple protestant de Hautepierre après la mosquée de Drançy * et avant quel autre lieu de culte ?
* voir notre article : « Hassen Chalghoumi, un imam républicain à protéger » (lien)


Nous avons souvent dit ici que chaque mouvance devait balayer devant sa porte, faire le ménage dans ses rangs ; les mouvements pro-palestiniens devront le faire aussi pour garder toute leur crédibilité …


L’adjoint du maire nous dit que c’était seulement « un acte stupide qui comme un incendie d’école aurait pu se produire n’importe et où » et qu’il ne faut donc pas dramatiser. Bon ! on se calme ! Vous avez dit islamo-gauchisme ? Honni soit qui mal y pense …


Sauf que le philosophe français Alain Finkielkraut ne semble pas lui non plus dupe de ce qui se trame. Invité à la 7e conférence sur l'enseignement de la Shoah, organisée par le mémorial de Yad Vashem à Jérusalem, il a déploré que l'enseignement de la Shoah, notamment dans les écoles, " soit si difficile en France ". Selon lui, " la situation au Proche-Orient risque d'amplifier ce mouvement de rage contre la mémoire de la Shoah qui existe " dans le pays. Dans une interview à l'AFP, le philosophe a désigné ce mouvement comme " l'union de gens issus de l'immigration et d'intellectuels progressistes, une sorte d'arc islamo-gauchiste qui m'inquiète ". "Je crois que le moment où Auschwitz sera boycotté comme un produit israélien peut arriver ", a-t-il ajouté, en faisant allusion au mouvement international pro-palestinien qui appelle au boycottage économique et culturel d'Israël. (Le Monde, du 13 juin 2010) (lien)


Ce mardi 15 juin, une cérémonie interreligieuse de soutien aux paroissiens est organisée. Les unitariens français s’y joignent de tout cœur et témoignent de leur entière solidarité. Côté vigilance, une enquête de police s’avère elle aussi nécessaire.

Mardi 15 juin 2010 2 15 /06 /Juin /2010 19:40
- Par Jean-Claude Barbier - Publié dans : l'islam en Europe - Communauté : Religions en toute liberté
Jean-Claude-Barbier--vignette--mai-2008.JPGAlors que le collectif pro-palestinien et anti-juif "Cheikh Yassin", à l'heure des prières, continue ses manifestations devant la mosquée de Drancy en proférant des injures à l'encontre de l'imam Hassen Chalgouni et de la communauté juive de France, nous avons décidé de rendre publique des extraits d'une lettre que nous avions, à titre individuel, adressée à cet imam en date du 31 janvier 2010, peu de temps après que le même collectif ait fait irruption au sein du lieu de prière pour un soi disant débat. Jean-Claude Barbier, chrétien unitarien

Cher Imam et Bien Aimé Frère,

Suite aux évènements qui ont indignement perturbé la vie de votre communauté de prière, j’ai rédigé un article dans nos « Actualités unitariennes » (lien), ceci dès que nous avons eu connaissance des faits, puis avec actualisation à ce jour compte tenu des informations reçues depuis. Nous tenons à vous assurer de notre respect et de notre soutien pour votre engagement dans le dialogue inter-religieux, au sein d’une laïcité respectueuse de toutes les religions.

Je suis chrétien unitarien, ce qui signifie que, en tant que disciple de Jésus, je n’adhère pas au dogme de la Trinité qui a divinisé sa personne (au IIIème siècle, bien après les évangiles). Pour nous, Jésus est un simple homme, un prophète dans l’acceptation habituelle du terme, mais en aucune façon un dieu, encore moins Dieu qui se serait incarné en lui ; si bien que, théologiquement, nous sommes de plain pied avec les juifs et les musulmans.

[...] Notre courant s’est également ouvert à d’autres croyants libéraux d’autres religions, si bien que nous comptons dans nos rangs des personnes musulmanes ou sympathisantes, que ce soit de pratique, de croyance ou de culture. Nous encourageons chacun à suivre la voie qu’il a choisie et l’invitons à partager sa foi et ses fêtes avec les autres et en toute fraternité. Nous avons ainsi récemment lancé les Amitiés islamo-unitariennes (AIU) à partir d’un manifeste et d’un groupe d’une dizaine de membres (lien).

Nous sommes bien entendu très soucieux de valoriser une éthique du dialogue [...]. Apprendre à écouter l’autre, à le comprendre, avant de réagir d’une façon plus où moins intempestive ; s’abstenir de procès d’intention et de toute agressivité ; savoir communiquer, aimer les autres, les encourager dans leurs propres choix et engagements (qui sont de leur entière responsabilité) ; se réjouir avec eux ; partager aussi les difficultés et les souffrances ; être avec eux en patience et en charité comme Paul nous le demande dans ses épîtres et être en compassion comme Dieu l’est aussi avec nous, ainsi que nous le rappelle le Coran.

Les espaces de prière et de culte sont ainsi, par excellence, des lieux d’apprentissage à la démocratie, à une cohabitation des uns et des autres qui se fait dans la paix, dans une osmose mutuelle, dans la joie du partage fraternel, sous le regard de Dieu. Les violences, les imprécations, les accusations, les anathèmes, le dogmatisme, le sectarisme ne doivent en aucun cas y prendre place.

C’est dire que nous suivons avec beaucoup d’attention et de sympathie l’effort des musulmans français pour vivre un islam serein, éloigné de l’emprise et du prosélytisme des sectes politico-religieuses qui, dans leur vision fanatique, voudraient accaparer votre religion. Nous sommes de tout cœur avec vous et avec votre combat. Il y a bien d’autres espaces pour faire de la politique, pour confronter nos arguments, développer nos controverses, s’engager dans des programmes d’action, militer dans des partis [...].

Je vous salue au nom de ma communauté, au nom de Jésus notre maître spirituel. Nous savons que Dieu, le Créateur, le Miséricordieux, le Matriciel, nous bénit tous sans aucune distinction, ni exclusive. Je vous prie de transmettre à votre communauté nos vœux de paix et de pleine entente ; que vos cœurs s’apaisent et s’ouvrent dans la prière et la méditation afin que vous y receviez pleinement le Souffle de Dieu.


Samedi 13 mars 2010 6 13 /03 /Mars /2010 19:45
- Par Jean-Claude Barbier - Publié dans : l'islam en Europe - Communauté : Religions en toute liberté

institut_catholique_de_paris_fond_bleu.jpg institut_catholique_de_paris_fond_blanc.jpg Lundi 25 janvier 2010, une vingtaine d’étudiants, responsables d’associations, imams ou aumôniers musulmans ont reçu leur diplôme universitaire «interculturalité, laïcité et religions », à l’Institut catholique de Paris. C'était la première promotion d'une formation mise en place en 2007 par la Faculté des sciences sociales et économiques (Fasse) de cet institut, destinée aux cadres religieux, culturels et associatifs en priorité de confession musulmane.

Le programme a été mis au point par Olivier Bobineau, sociologue, directeur et maître d’œuvre du contenu pédagogique du diplôme ; ce dernier le qualifie volontiers de « véritable antichoc des civilisations ».

Lancée sur une idée de la République française, c’est donc finalement l’Institut catholique de Paris qui le réalise en raison du refus, au nom de la laïcité, des universités publiques de dispenser un programme de mise à niveau à des étudiants de confession musulmane. On reste bouche bée face à ce refus et on ne peut que s’inquiéter des rigidités et du manque d'imagination de certains milieux universitaires français sur bien de points. Paraît-il, dans ce cas, une question de définition de la laïcité qu'il ne faudrait pas toucher ... Eh oui ! ne pas toucher à la définition !

Cette année, une trentaine d’étudiants, dont quatre femmes et, pour la première fois, des Africains, se sont inscrits.

Voir l’article de Martine de Sauto dans La Croix du 27 janvier 2010

Jeudi 28 janvier 2010 4 28 /01 /Jan /2010 04:32
- Par Actualités unitariennes - Publié dans : l'islam en Europe - Communauté : Religions en toute liberté
hassen-chalghoumiL'habitation d'Hassen Chalghoumi, imam à Drancy, a été saccagée en mai 2006 au lendemain de sa déclaration sur la Shoah lors d'une cérémonie commémorative au camp de Drancy à laquelle il avait apporté sa solidarité. Il avait tout simplement osé rappeler qu’Isaac (ancêtre « généalogique » des Juifs) et Ismaël (censé être celui des Arabes) étaient frères. Depuis, il est, pour certains de ses coreligionnaires, « l’imam des Juifs » ! Ce que rappelle ce jour un article du Point.

Il est l’auteur d’un livre à paraître en février « Imam et républicain » aux éditions du Cherche-midi. Voir entre autres à la FNAC (lien)

Voici que, maintenant, ce lundi 25 janvier 2010, dans le cadre de sa mosquée, des musulmans inhabituels des lieux, venus de l'extérieur de Drancy, ont demandé, à la fin de la prière, à prendre la parole afin de répondre aux propos "anti-burqa" de l'imam en question. Celui-ci étant absent, Yassine Aouidet, qui avait dirigé la prière du soir, chercha à le joindre par téléphone. On peut imaginer que l'iman ainsi interpellé esquiva l'invitation à venir dans un tel débat aussi improvisé et qui ne pouvait qu'être houleux.

Il le fut effectivement, notamment lorsqu'un nommé Abdelhakim Sefrioui, du collectif Cheikh Yassine, venu dit-il lui même de 70 km et dont l'intervention a été filmée  dans une vidéo amateur, assura au micro que M. Chalgoumi est "esclave de Sarkozy", est acquis "à la cause de Sarkozy, c'est-à-dire des sionistes. (...) [à noter l'amalgame Sarkozy = sionistes] Cet homme est là contre les intérêts des musulmans, pour servir les ennemis de Dieu", bigre ! suivent des phrases en arabe qui ont tout l'air d'être aussi violentes. Pour certains journalistes, ce seraient là tout bonnement des "noms d'oiseaux" (= des injures qui volent bas).

Pour nous, ce sont bel et bien des propos anti-sionistes et politiques, indignes d'un intervenant à un débat au sein d'un lieu de culte, et qui, plus est, intervient ainsi intempestivement dans une communauté qui n'est pas la sienne
.

L'imam Hassen Chalghoumi étant absent, on peut supposer que des fidèles ont du lui rapporter la scène, peut-être en la dramatisant encore plus. Suite aux propos violents qui avait été effectivement tenus et en en connaissant toute la portée, l'imam a porté plainte pour menace de mort (soit, précisera-t-il, une "main courante" déposée au commissariat de Drancy).

Le président de l'UOIF, Fouad Alaoui lui a benoîtement recommandé la plus grande prudence face aux extrémistes si l'on en juge les propos rapportés par Le Monde : M. Alaoui "condamne l'agression contre l'imam de Drancy", tout en estimant que ce qui s'est passé "n'est pas très étonnant". "Nous l'avons mis en garde à plusieurs reprises pour qu'il équilibre ses paroles parce qu'il risquait d'attirer les réactions des extrémistes." (rapporté par Le Monde). Ah bon ! il ne faudrait plus dire de que dicte la conscience car ces messieurs extrémistes, eux, dictent leur loi ? En tout cas, cette déclaration de F. Alaoui, pourtant par ailleurs vice-président du Conseil français du culte musulman (CFCM), accorde bien hâtivement les circonstances atténuantes aux supposés agresseurs !

Aujourd'hui, la communauté musulmane de Drancy qu'on imagine sous le choc, apparemment unanime dans la langue de bois, jure aux journalistes qu'il ne s'est rien passé, qu'il y avait un simple débat (ah bon ! organisé, prévu à l'avance ou spontané, provoqué ? certes présidé séance tenante par le second imam), que le micro a été donné à des personnalités "religieuses" qui étaient invitées (ben voyons ! bonjour aux conférenciers) : pas même un éclat de voix ? Ce qui semble bien surprenant dans une situation aussi ... tendue. Les journalistes retiennent surtout que l'imam a "menti" puisqu'il a déposé sa plainte en laissant penser qu'il était présent et en mentionnant l'irruption avec violence dans la salle de prière d'un commando de 80 personnes ; mais les mêmes journalistes ne vont guère plus loin dans l'investigation, contents qu'ils sont de leur manchette toute trouvée.

L'imam de Drancy a dénoncé les agissements du groupe Cheikh Yassine, du nom du fondateur du Hamas, tué en 2004 dans un raid israélien. Non sans raison, puisque le nommé Abdelhakim Sefrioui, dont nous avons relaté les propos, appartient à ce collectif. Ce groupe organise entre autres le soutien financier au Hamas. Il est bien entendu soutenu par les Frères musulmans dont l’UOIF est l’émanation pour la France (voir notre rappel d’un livre bien informé qui a eu le mérite en son temps de signaler ce rôle de masque). On comprend dès lors les dénégations véhémentes de Fouad Alaoui qui ne trompent décidemment que ceux qui ne sont pas au courant des coulisses de l’islam en France et en Europe.

Il ne s’agit pas seulement de mouvements, de lobbies et autres groupes de pression, mais nous avons à faire à des groupes qui font effectivement peur. Les musulmans de France sont les premiers à les craindre ; certains le disent en prenant le risque d’en parler ... mais on met cela au compte de l’islamophobie qui serait « ambiante » alors que ce n’est pas du tout la question de l’islam mais, précisément, de sectes politico-religieuses.

L'UOIF entend rester dans les limites de la légalité, se contentant pour l’instant d’exercer son emprise sur le Conseil français du culte musulman  CFCM. Force électorale, elle a su établir des alliances locales et tous ses membres ne sont donc pas des Frères musulmans, mais ce sont ces derniers qui « tiennent » la fédération. Ceux-ci font penser dans leur stratégie aux trotskistes ou autres communistes «révolutionnaires» : le moment venu, ils lèveront le voile * et enverront la démocratie couillonnée aux orties.
* allusion, non pas à la burqa car ce sont les salafistes qui s’en sont emparés, mais au voile des wahabites qui laissent la face visible (entre salafistes et Frères musulmans c’est en effet la lutte féroce pour la direction du radicalisme musulman).

La démocratie "marche pied" : les fascistes et les communistes de notre XXème siècle en ont monté allègrement les escaliers ; l'islam djihadiste n'en a donc nullement l’innovation ; il a été simplement à la bonne école de tout mouvement révolutionnaire qui se respecte. D'ailleurs, toutes les élites de l’extrémisme islamique sortent de nos Ecoles occidentales et pas des moindres. Ce sont des modernistes, des militants parfaitement conscients (et pas du tout des paumés) et convaincus (et pas seulement endoctrinés).

Certains pensent qu’il faut « composer » avec eux (à ne plus en finir ?) afin de ne pas « stigmatiser » l’islam, mais l’islam de France est la toute première victime de ces groupes : aidons la et soutenons ces imams libéraux qui osent dire tout haut ce que la majorité de musulmans pensent tout bas. Oui, l’islam de France a peur des commandos islamiques.

En Amérique du Nord, aux Etats-Unis et au Canada, toute une génération de nouveaux imams, décomplexée, n’hésite plus à participer aux débats télévisés, à faire des déclarations condamnant les extrémistes, à monter au créneau avec sa compétence intellectuelle et théologique.

Les imams des grandes villes de France pourront-ils être protégés comme il se doit par l’Etat afin qu’ils puissent s’exprimer librement ?

ndlr. cet article a été complété le 31 janvier 2010 afin de tenir compte d'informations plus récentes (articles de journaux et vidéos amateurs)

Mercredi 27 janvier 2010 3 27 /01 /Jan /2010 13:11
- Par Jean-Claude Barbier - Publié dans : l'islam en Europe - Communauté : Religions en toute liberté
Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés