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paroles d'évêque

Mgr Albert Rouet, archevêque de Poitiers a choisi l’anniversaire de ses 75 ans pour prendre sa retraite. Durant son "règne", suite à un synode diocésain, pas moins de 300 communautés paroissiales ont été créées avec des équipes de laïcs désormais entièrement  responsables, accompagnés de prêtres qui ne sont plus en position de dirigeants. On ne peut que se réjouir de cette promotion du laïcat dont on parle tout le temps, mais qui, partout ailleurs, sont tenus en laisse par les pouvoirs cléricaux à tous les échelons.

 

Contrairement à la politique de regroupement paroissial, qui assèche les ressources humaines des paroisses-village/quartier au profit d’un échelon cantonal ou encore plus élevé, cette réforme vise une mobilisation sur place des fidèles. Elle se rapproche du modèle protestant des conseils presbytéraux, avec élection effective de l’équipe des responsables lors d’une assemblée.


albert_rouet_eveque_heureux.jpg Mais, il semble que tout le monde ne soit pas content. A commencer par le Vatican qui avait imposé un auxiliaire modéré à Mgr Rouet en la personne de Pascal Wintzer (depuis nommé auxiliaire à Rouen) et qui n’a pas demandé à l’intéressé de jouer les prolongations en attendant la nomination d’un nouvel évêque – et puis pas d’éméritat pour le partant ! Mais aussi des intégristes qui crient à la "soviétisation" des paroisses, dénoncent « l’égo » des responsables laïcs dont la promotion, selon eux, leur monterait à la tête, défendent les jeunes prêtres en soutane mis à l’écart par la réforme, et citent la paroisse conservatrice de Blanzay laquelle connaît un vif succès – preuve a contrario de l’orientation erronée de la nouvelle dynamique (elle « respire le Bon Dieu » - sic - dit l’auteur d’un commentaire !).


C’est ce que nous révèlent les commentaires à l’article de Golias paru le 28 février 2011 : « Les coulisses d’une démission : l’archevêque de Poitiers, Mgr Albert Rouet, a bien été « remercié » ! (voir le site de Golias, lien)


Mgr Pascal Wintzer est de retour pour assurer l’intérim. De son côté, Mgr A. Rouet s’est exprimé dans les colonnes du Monde et vient de sortir un livre ce mois de février aux éditions de l’Atelier où il dit son bonheur : « Vous avez fait de moi un évêque heureux ». Il restera aux équipes paroissiales, la tâche de résister à une éventuelle normalisation des réformes introduites par l’heureux évêque !


Comme fer de lance, les conservateurs réactionnaires ont les jeunes prêtres qui sortent des séminaires tenus par les intégristes ou les charismatiques et qui acceptent avec enthousiasme leur célibat (au risque de pédophilie future !) et qui se lancent dans une croisade contre ce qu’ils perçoivent être la sécularisation du christianisme et une perte de foi.

 

Il convient de ne pas sous estimer les atouts de cette réaction catholique par rapport aux acquis de Vatican II. Déjà, en 1995, lors de l'éviction de Mgr Jacques Gaillot de l'évéché d'Evreux, les voix sur place étaient nombreuses à déplorer les engagements politiques de l'intéressé - paradoxalement au sursaut d'indignation sucité dans la France entière en milieu catholique (comme quoi nul n'est prophète en son pays !).


golias_trombinoscope_.jpg La Conférence nationale des évêques de France, tiraillée comme toutes les autres conférences nationales entre conservateurs et libéraux, noyautée elle aussi par des partisans de la Restauration, manquant de solidarité interne, est bien loin de toute tentation de gallicanisme : avec patience et persévérance, sans faire de vague ni provoqué des « affaires », le Vatican surveille et rectifie. En face, les forces progressistes semblent bien faibles et n'ont guère accès aux grands médias. Elles pourront toutefois se faire l’écho des tensions et mieux utiliser l’Internet pour propager les informations autour d’elles en sachant que le Vatican craint les opinions publiques. Comme quoi la succession de Mgr A. Rouet a tout l’air d’une veillée d’armes, du moins en sourdine !

 

Paroisses catholiques du Poitou, engagées dans une réforme promouvant le laïcat, nous sommes avec vous ! Les unitariens, dans la tradition protestante qui est la leur, encouragent les initiatives locales, la pleine responsabilité des baptisés et des fidèles.


Les éditions Golias ont publié en janvier 2011 une nouvelle version du trombinoscope des évêques de France, soit plus de 400 pages. Une version numérique est disponible pour l’ensemble du document ou par région apostolique (15 régions) (lien).

Samedi 9 avril 2011 6 09 /04 /Avr /2011 15:49
- Par Jean-Claude Barbier - Publié dans : paroles d'évêque - Communauté : Religions en toute liberté

"Au retour d'un enterrement", témoignage paru dans Témoignage chrétien (TC) du 24 juin 2010, reproduit ici intégralement avec l'autorisation de cet hebdomadaire (le site de TC). Mgr. Jacques Noyer est évêque émérite d'Amiens.

jacques-noyer L'Église est pleine ce matin dans le bourg central d'une paroisse rurale de 34 communes. Un millier de personnes, recueillies, émues, inquiètes. Elles enterrent leur curé. La célébration évoque le rayonnement de ce prêtre, sa présence, ses conseils, son dévouement. Les groupes de catéchèse, les mouvements d'Action catholique, les maires, les animatrices, les jeunes, les personne âgées se succèdent pour témoigner de la richesse de son ministère. Au lendemain de la clôture de l'Année sacerdotale, cela pourrait chanter la grandeur et la beauté du ministère du prêtre Seulement il y a un hic. Et il est de taille Et tout le monde le sait. Ce prêtre de 63 ans s'est pendu.

Comme dans tout suicide, des difficultés personnelles de santé suffisent à expliquer ce geste d'un homme d'ordinaire si gai el nullement dépressif. Prions pour lui : Dieu saura bien reconnaître la vérité de cette vie et comprendre notre fragilité.

Demeurent pourtant des questions que nous ne pouvons pas demander à Dieu de résoudre. Plusieurs fois ce prêtre avait dénoncé l'impossibilité de continuer une politique pastorale sans vraie perspective. Il n'y a pas si longtemps on lui avait demandé de quitter une paroisse où il avait déjà montré toute sa mesure : il m'avait dit sa peur de voir tout s'effondrer derrière lui. Exprimant son appel au secours, il me mettait en garde : si rien n'est fait nous serons plusieurs à craquer. Je n'imaginais pas le contenu concret de cette menace.


Ce serait faire injure à ce cri que de le couvrir simplement de notre compassion fraternelle. Comme beaucoup d'évêques, je ressens la difficulté de trouver les réponses plus institutionnelles. Je sais que beaucoup d'évêques portent dans leur affection le drame de ces prêtres et en partagent la souffrance. J'en connais quelques uns qui cherchent à ouvrir des voies pour que le travail de tant de pasteurs admirables ne se perde dans les sables. La Conférence des Evêques de France étudie quelques points précis pour aider l'espérance de ces prêtres.

Je voudrais dire ici qu'on aimerait recevoir d'en haut autre chose que des invitations spirituelles, par ailleurs fort utiles. Y a-t-il quelqu'un pour donner une vraie orientation à cette Église qui s'essouffle ? Lorsque le Concile avait mobilisé l'Église pour partager avec le monde la Bonne Nouvelle de Jésus, l'enthousiasme s'était levé.


Rome affirme que rien ne changera, que la théologie a montré la perfection de l'Église d'hier, que nos difficultés viennent de nos propres innovations. On encourage tous les nostalgiques d'hier. Dans les diocèses, comment relever ce défi quand Rome paralyse toute réponse un peu audacieuse. Les évêques comme les curés savent que leurs initiatives auraient besoin d'être soutenues par la confiance de l'Église.

Le Concile a affirmé la responsabilité collégiale des évêques. Frères évêques, notre attachement légitime à la communion que préside le successeur de Pierre ne demande pas notre silence obéissant. Il ne nous retire pas cette responsabilité de conduire nos Eglises particulières mais aussi l'Église Universelle selon les exigences de la mission.

On ne peut se contenter de colmater les brèches en espérant un miracle. Il ne suffit pas de sombrer, capitaine courageux, dans l'obéissance et avec les félicitations de l'amirauté. Nous ne commandons pas le Titanic mais la barque du Christ. L'Esprit Saint ne nous a pas été donné pour que nous attendions des ordres qui ne viennent pas. Combien de suicides faudra-t-il pour que quelqu'un saisisse le gouvernail ?

 

Les Actualités unitariennes, conscientes de l'importance du niveau diocésain au sein de l'Eglise catholique, depuis le IIème siècle de l'ère chrétienne, ont ouvert une rubrique "Paroles d'évêques" (lien).  Nous sommes honorés d'y publier ce texte qui émane d'une personnalité connue pour son sens des responsabilités et son libre parler. Les unitariens français avaient déjà publié des extraits d'un texte du même évêque en article à la Une de la Correspondance unitarienne n° 27 de janvier 2004 (lien), article sur la laïcité au sein de l'Eglise qui était paru dans Témoignage chrétien n° 3075 en septembre 2003.

Jeudi 5 août 2010 4 05 /08 /Août /2010 16:41
- Par Mgr Jacques Noyer - Publié dans : paroles d'évêque - Communauté : Religions en toute liberté

hans_kung.jpg Le théologien catholique Hans Küng vient de publier dans le journal Le Monde du 17 avril 2010 une lettre ouverte "aux évêques du monde entier". Elle a été traduite de l'allemand par Nicolas Weill (lien).

 

C'est le constat d'un échec du premier quinquennat de Benoît XVI, de son début de règne, avec une énumération des "occasions râtées". Mais son intérêt réside aussi dans un appel direct aux évêques (et non plus au pape). En cela, Hans Küng fait jouer la collégialité apostolique et non plus l'organisation pyramidale actuelle où les évêques, lors de leur nomination, doivent jurer obéissance au pape comme s'ils n'étaient qu'un simple préfet - ce qui est un comble pour le "pasteur" d'un peuple !

 

Le niveau diocésain est très souvent oublié chez les catholiques, or le collège apostolique est formé de tous les évêques, le pape y compris en sa qualité d'évêque de Rome. C'est une dynamique horizontale qui a été transformée au Moyen Age par une verticalité au bénéfice d'un pape qui s'est fait en quelque sorte empereur. Or, si des évêques se font remarquer par les médias par des déclarations conformistes sinon réactionnaires, d'autres au contraire font preuve de bon sens, sinon d'innovations locales.

 

Ce niveau régional / local est donc important et nous avons, à plusieurs reprises, attiré l'attention de nos lecteurs sur cet échelon qui, en principe, devrait être le dernier avant les conciles oecuméniques. Pour en faciliter leur lecture, nous avons regroupé nos textes dans une rubrique  intitulée "paroles d'évêque".

 

Mais l'Eglise catholique peut-elle retrouver sa collégialié perdue après tant de siècles de centralisation à outrance ? En attendant, les évêques ne risquent-il pas de sombrer avec leur capitaine de bâteau dans une dévalorisation hâtivement généralisée par l'opinion publique ...



Mercredi 21 avril 2010 3 21 /04 /Avr /2010 07:11
- Par Actualités unitariennes - Publié dans : paroles d'évêque - Communauté : Religions en toute liberté

Jacques Gaillot atteindra 75 ans en septembre 2010, âge qui est, pour les évêques, celui de la retraite. Il remettra alors sa démission à l’Eglise-institution et continuera ses engagements en qualité d’évêque émérite, titre officiel de tout évêque hors charge. A cette occasion, les « Amis de Jacques Gaillot » se réuniront autour de lui, à Paris, pour une journée de fête et d'amitié, le samedi 18 septembre 2010.

Au sud de Sétif, dans l’Est algérien, Partenia fut un siège épiscopal sans limite territoriale précise. On ne connaît pas sa date de fondation. A l'époque de saint Augustin (IVe siècle), il figurait dans la «Mauritanie Sitifienne», autrement dit dans la région de Sétif, sur les hauts plateaux de l'actuelle Algérie, mais on ne connaît pas sa localisation exacte. Aujourd’hui toute trace a disparu sous les sables.

En 484, Hunéric, le roi des Vandales, chrétien arien (et non fidèle du pape) envahit le pays et convoque les évêques en son palais de Carthage. Rogatus, évêque de Partenia, sera persécuté et exilé.

jacques_gaillot_dix-ans-apres.jpg Ensuite ? Il fut accordé en évêché de référence à Jacques Gaillot qui, en janvier 1995, fut relevé de sa charge d’Evreux par les autorités vaticanes sous prétexte qu’il prenait des engagements considérés comme politiques et sans coordination avec les autres évêques de France. Comme Partenia n'existait plus, il devient le symbole de tous ceux qui dans la société comme dans l'Eglise ont le sentiment de ne pas être pris en considération. C'est un immense diocèse sans frontières où le soleil ne se couche jamais.

Pour l’instant, concrètement, ce diocèse c’est un homme et ses engagements internationaux en faveur des discriminés de toute sorte, les livres qu’il a écrits, un site (lien), un forum mais peu actif qui s’y trouve, une association d’« Amis » présidée par Gérard Warenghem, missionnaire spiritain. On imagine, tout autour de lui, une myriade de bénévoles et militants engagés dans le social et l’humanitaire.

Mais c’est aussi un diocèse sans budget, sans conseil ni équipe diocésaine, qui ne fait pas synode, qui n’organise pas de culte, qui ne diffuse pas de bulletin, sans homélies dominicales de son évêque, sans fidèles aussi venus tout simplement prier et faire culte.

L’aventure numérique de Partenia ne semble pas avoir été au-delà d’un effet de vitrine et d’une actualité centrée sur les activités temporelles de son évêque. Or, nous pensons que l’on peut aller beaucoup plus loin dans cette voie ainsi que les unitariens francophones l’on prouvé avec une Eglise qui fonctionne entièrement sur la Toile (lien), avec toutes les activités qu’on peut attendre d’une Eglise habituelle.

Il est probable que le Vatican ne nomme pas de successeur. Mais alors pourquoi ne pas appliquer l’ecclésiologie tant demandée à corps et à cris par les catholiques réformateurs : le retour à l’élection d’un évêque par les fidèles et la présentation de l’élu au peuple assemblé ? Autre scénario possible : la mise en place d’un conseil chargé de gérer le diocèse en attendant un nouvel évêque.

Dans un acte de dérision, Rome a accordé un diocèse qui n’existait pas concrètement, mais, ô miracle ! Dame Internet est capable de faire fonctionner une telle institution et de mettre ce diocèse au service du monde entier – ou bien, plus modestement, aux fidèles francophones qui ne sont pas reliés à un diocèse pour des raisons de distance géographique ou de désaccord.

Pourquoi ce diocèse n’a-t-il pas pris sur la Toile toute la place qu’il pouvait prendre ? Quelle sera l’avenir de ce diocèse ? de ce morceau d’Eglise finalement donné comme institution aux catholiques progressistes opposés à Rome … Pour une fois que Rome accorde quelque chose à cette mouvance revendicatrice !

Jeudi 4 février 2010 4 04 /02 /Fév /2010 18:49
- Par Jean-Claude Barbier - Publié dans : paroles d'évêque - Communauté : Religions en toute liberté

Pourquoi ne pas le dire ? J’ai du mal à fêter Noël parce que Noël fait mal à ceux qui arrivent d’Amérique du Sud, d’Afrique, d’Asie, de tous les pays où on manque de pain, de paix, de liberté. Parce que Noël fait mal à tous ceux qui n’ont pas de travail, à ceux qui sont seuls, à ceux qui sont démunis.

Noël fait mal, parce qu’on étale de la richesse, parce qu’on gaspille, parce qu’on confond la fête avec l’abondance. Etalage insolent de notre civilisation enfermée sur elle-même, qui ne veut pas regarder les autres hommes. Pas de place à l’hôtellerie. Attention de ne pas fêter Noël à l’envers : du côté de ceux qui ont refusé Dieu.

Noël, c’est un Dieu pauvre . Un Enfant des pauvres. C’est Dieu qui risque sa vie, un marginal, un traqué. C’est Dieu-avec-nous dans le dénuement. Ce Dieu est-il encore notre Dieu ? C’est notre vie qui répond. Sommes-nous solidaires de ceux qui n’ont pas ? Puisons-nous notre joie dans l’amour qui est toujours indigent et qui veut toujours donner ? Savons-nous toujours recevoir ce que nous offrent les pauvres ? Noël nous ramène à l’essentiel. Ce n’est pas d’être riche, ce n’est pas d’avoir tout ce qu’il faut. Ce n’est pas d’être bien considéré, garanti contre tout et bien calfeutré dans une petite vie bien tranquille. Noël c’est aimer : à la maison à l’école, dans le quartier, à l’atelier, au bureau, dans les activités qui tissent la vie, depuis l’association des parents d’élèves au syndicat, au parti politique.

Même si c’est difficile , même si on ne voit pas pour qui on lutte. Noël c’est aussi la nuit, l’isolement, le petit nombre, l’absence d’efficacité. Noël c’est aimer large, vers le Tiers monde, vers toute l’humanité si on pouvait !

Et Noël pour l’Eglise ? Elle est en crise, dit-on. Certains se plaisent à le souligner. Elle perd sa puissance d’autrefois. Elle cherche dans l’obscurité la route de Bethléem. Elle aussi connaîtra le dépouillement. Mais ce sera pour renaître, pauvre avec son Dieu pauvre, riche de l’essentiel, riche du seul Evangile.

Dans la foule des hommes et des femmes, qu’ils soient chrétiens ou qu’ils ne le soient pas, il y a des êtres qui cherchent, qui veulent une humanité plus humaine et qui se prête à Dieu. Puissions-nous tous être de ces hommes de l’Essentiel, des marcheurs de la nuit de Noël. Est-ce que Noël nous fait mal à nous aussi ? Peut-t-on alors dire que Dieu bouge en nous ? Le Dieu de Noël nous dérange. Il nous presse. C’est une joie qui brûle.

Ce texte nous a été envoyé par Philippe de Briey (Belgique), le 23 décembre 09

Pour communier ensemble tout simplement et partager l'esprit de Noël, écoutons le "Noël des enfants du monde" avec la chanson de Jean Maty-Boyer sur Dailymotion, illustré des toiles de Martine Tron, artiste peintre (lien). Nous remercions Nicolas Semaille (Mons, Belgique) de nous avoir signalé ce document dans le cadre de notre groupe Yahoo "Unitariens francophones". Nous vous en souhaitons, en ce jour de Noël, une bonne écoute. http://www.dailymotion.com/video/x3u7nc_noel-des-enfants-du-monde_creation

Vendredi 25 décembre 2009 5 25 /12 /Déc /2009 04:12
- Par Mgr Gaillot - Publié dans : paroles d'évêque - Communauté : Religions en toute liberté

Pietro Di Pauli (Pietro de Paoli en français) se présente comme un haut dignitaire de l'Eglise ... et écrit des récits fiction. Est-il Monseigneur ? en tout cas, il connaît bien son affaire. A lire absolument pour tout ceux qui pensent qu'il faut changer de pape !

Pietro de Paoli (Mgr), 2005 - Vatican 2035, Paris, éd. Plon, 558 p. , sorti en octobre


Extrait choisi par l'éditeur : " Il y a quelque temps, je m'agenouillai dans l'obscurité d'un confessionnal. Et je fis cet aveu à un prêtre : la fureur m'envahissait à la vue de mon Église, tellement impuissante, si peu crédible. Mon confesseur, ne sachant pas bien sûr à qui il s'adressait me prêcha l'humilité : " Faites ce que vous pouvez... " M'aurait-il parlé aussi librement s'il avait vu mon visage, s'il avait compris qui j'étais ? Certainement non. Ainsi en est-il, également, pour ce livre : que chacun le lise pour ce qu'il raconte sans être influencé par la personnalité de l'auteur. S'il s'était agi d'un traité, ou d'un essai, peut-être aurait-on trouvé ici des traces de mon amertume. Mais pour rêver un autre avenir, j'ai préféré à travers un roman créer des personnages de chair et de sang - Paddy, Paul, Leah, Jeanne-Marie, Kate... et Thomas Ier, un pape qui va enfin révolutionner l'Église. La parole que je porte est plus grande que moi ; la foi qui me fait vivre ne m'appartient pas. Permettez que mon identité s'estompe au profit de l'espérance dont j'ai voulu témoigner dans les pages qui suivent "


" Pietro di Pauli, un pseudonyme sous lequel se cacherait un prélat… peu orthodoxe : " Vatican 2035 " ; quelqu’un qui a mal à son Église, qui s’indigne de voir ce qu’en font les autorités, mais qui l’aime trop pour pouvoir la quitter " (lu sur le site de l’Association des lecteurs de l’hebdomadaire la Vie).

 

" Si ce roman est de la pure fiction, on peut affirmer cependant qu’il est beaucoup mieux documenté sur le fond des enjeux qui tournent autour du Vatican que bien d’autres fictions à la mode. On peut même dire que, sous forme de roman, il s’agit presque d’un manifeste ecclésiologique (et donc "théologique") exprimant les espérances d’évolution de l’Église catholique qu’un bon nombre de fidèles ont au cœur." (un commentaire signé Jean en date du 2 juin 2007, suite à l’article précédant).


A l’initiative d’un pape progressiste : des prêtres mariés, des femmes cardinales au Saint-Siège, l’Ordre des Jésuites dissout, etc.  !


2006 - 38 ans, célibataire et curé de campagne ; Paris, éditions Plon, coll. " Christianisme : essai religieux ", présenté comme un récit, 204 p., sorti en octobre.


extrait choisi par l'éditeur : " Il est à peine dix-neuf heures, j'ai trois heures devant moi avant la messe. Nous sommes le soir de noël, et je suis seul. aucun de mes paroissiens n'a songé à m'inviter, pour partager avec sa famille le dîner de noël. puis-je le leur reprocher ? cela ne leur est tout simplement pas venu à l'esprit. le soir de noël est un soir réservé à la famille, à l'intimité, et je ne suis pas de leur famille. je ne suis l'intime d'aucun. pour tous, je suis mis à part, séparé. ma famille est au loin, je la retrouverai demain - pour un goûter chez mes parents. en attendant, je suis un homme seul le soir de noël".


2008 - La confession de Castel Gandolfo, Paris, éd. Plon, 217 p. , sorti en juin


Présentation par l’éditeur : " Quel est ce secret qui empêche le pape de dormir et le conduit à inviter, en sa résidence d'été de Castel Gandolfo, un théologien célèbre mis au ban de la théologie officielle et dont certains écrits ont été condamnés à plusieurs reprises ? Certes, ils se sont connus il y a bien longtemps, du temps de leur jeunesse, du temps de Concile, mais après quarante ans de silence, est-il possible de renouer les fils de l'échange et de la conversation ? N'est-il pas trop tard ? Trop tard pour tout, pour l'amitié, pour la réconciliation et même pour les disputes ? Il faudrait un miracle. Mais croient-ils encore aux miracles ? Les lecteurs reconnaîtront sans doute des échos des personnalités de Joseph Ratzinger, actuel pape Benoît XVI, et du célèbre théologien Hans Küng, dont l'anecdote de la rencontre en septembre 2005 à Castel Gandolfo a en partie inspiré l'auteur "

 

Jeudi 28 mai 2009 4 28 /05 /Mai /2009 06:13
- Par Actualités unitariennes - Publié dans : paroles d'évêque - Communauté : Religions en toute liberté

Paroles d'évêque, c'est aussi le risque, dans une Eglise où les évêques ne sont pas élus * (autrefois ils l'étaient pourtant !), d'avoir des paroles qui ne correspondent pas à celle de l'Eglise locale, qui vont même à l'encontre. C'est en cela que les catholiques libéraux demandent qu'il y ait démocratie en leur Eglise et non plus des évêques "parachutés" par le Vatican.
* les évêques unitariens de nos Eglises historiques (en Transylvanie et en Hongrie) sont élus dans le cadre d'un synode. Voir

En cela, la réaction de "Nous sommes aussi l'Eglise" du Loiret est tout à fait exemplaire. Nous la reproduisons :

Lettre ouverte à Mgr André Fort

Évêque d’Orléans

 


La présence, sur la première page du quotidien régional du département, de votre portrait accompagnant votre affirmation intempestive et mensongère sur le préservatif a scandalisé énormément de monde, et pas seulement les catholiques. Outre l’opprobre que vous jetiez inconsidérément sur ceux qui luttent contre cette terrible maladie et donnent l’usage du préservatif comme l’un des moyens de prévention d’extension de l’infection, vous avez aussi participé à une entreprise de déconsidération de l’Église.

Ce n’est hélas pas la première fois que votre attitude pose question à bon nombre de catholiques du diocèse.

 


Un certain retour historique s’impose :


1) la messe en latin

Lorsque vous avez décidé en octobre 2006 d’autoriser la messe en latin à Cercottes, vous disiez avoir choisi ce village pour sa situation pas trop loin d’Orléans mais en même temps hors d’Orléans et que cela resterait exceptionnel. Mais vous avez recommencé à St Martin d’Abbat. Et maintenant, manquant une fois de plus à votre parole, sans concertation ni dialogue, et d’une façon fort peu élégante pour le responsable du lieu, vous avez installé les traditionnalistes à la Recouvrance, en plein centre d’Orléans.

À ce sujet nous remarquons que vous n’avez pas été très attentif à ces brebis égarées auxquelles vous auriez dû, en raison de votre responsabilité de pasteur, leur faire connaître (ou découvrir pour la plupart) et comprendre toutes les splendeurs et les raisons de faire progresser la vie chrétienne contenues dans la Constitution sur la Liturgie.


Nous avons toujours été très étonnés par ces décisions qui sont un refus pur et simple de " Sacrosanctum Concilium " (la Constitution sur la Liturgie), qui a été votée en premier, nous vous le rappelons, le 4 décembre 1963, par 2147 voix " pour " et 2 " non ". Elle déclare dans son préambule : Puisque le saint Concile se propose

    - de faire progresser la vie chrétienne de jour en jour chez les fidèles;

    - de mieux adapter aux nécessités de notre époque celles des institutions qui sont sujettes à des changements;

    - de favoriser tout ce qui peut contribuer à l'union de tous ceux qui croient au Christ,

     - et de fortifier tout ce qui concourt à appeler tous les hommes dans le sein de l'Église, il estime qu'il lui revient à un, titre particulier, de veiller aussi à la restauration et au progrès de la liturgie "

Vous ne donnez pas l’impression d’y adhérer fermement.

2) les ordinations de " repentis "

Faisant suite à la création de séminaires dans le cadre de l’Institut du Bon Pasteur et en particulier à Courtalain, un certain nombre d’ordinations ont été célébrées dès 2007 pour des séminaristes issus de ces séminaires. Étant donné que la création de l’Institut du Bon Pasteur date de septembre 2006 et l’ouverture de Courtalain d’octobre 2006, il est difficile de croire que ces " ordonnés " aient été instruits ailleurs que dans des séminaires intégristes. D’où il ressort qu’en matière d’enseignement des décisions conciliaires, ces gens ne peuvent prêcher autre chose que ce que la Fraternité Saint Pie X défend à tout prix, à savoir : l’opposition farouche et définitive à certains textes de Vatican II tels que la Constitution sur la Liturgie, la liberté de conscience, l’œcuménisme, les relations avec les religions non-chrétiennes. Cela nous semble incompatible avec vos responsabilités d’évêque, tant cela est contraire aux positions du Magistère que vous défendez cependant bec et ongles.

3°) La levée d’excommunications

Nous avions appris en son temps que vous étiez affilié, avec d’autres évêques français, à une espèce de commission, le " G.R.E.C. " (Groupe de Rencontres Entre Chrétiens) qui s’avérait avoir un lien très étroit avec la Commission Pontificale " Ecclesia Dei ", présidée par un prélat colombien, le Cardinal Castrillon Dario Hoyos. Quand on connaît maintenant le rôle que ce dernier a joué dans l’élucubration sans précaution du décret de levée de l’excommunication des évêques lefebvristes, on peut se risquer de parler de mauvaise fréquentation ! Et l’on peut se poser la question de savoir si vous, évêques français du G.R.E.C., n’aviez pas, aussi, des relations privilégiées avec La Fraternité St Pie X, tout comme le Cardinal Castrillon Hoyos ? Or, nous pouvons affirmer que les positions de cette Fraternité – et celle en particulier de Mgr Fellay ainsi que celles des " mousquetaires " de l’Institut du Bon Pasteur à Bordeaux –, pouvaient être parfaitement connues par de simples mortels (nous en avons fait l’expérience) ; ce qui implique que vous étiez en pleine dérive en recommandant un accueil plein de charité envers les tenants de la messe en latin, qui, pour la plupart camouflaient, par cette singularité, le fait qu’ils ont toujours adhéré aux positions anti Vatican II défendues même par les intégristes " repentis ".

4) l’affaire de Recife

À propos de la fillette violée votre message ne contenait guère que le rappel du " règlement " et, à part les simples mots de " compassion " et de " miséricorde " – noyés au milieu d’un fatras à propos de la " banalisation " de l’avortement qui n’avait rien à faire là – ne reflétait nullement (à l’encontre de bon nombre de vos collègues) une véritable disposition à la compréhension et à la charité. À la référence au Code de Droit Canonique, qui est hélas, trop souvent bien éloigné des Paroles de Jésus, nous préférons, et de loin, les appels à la générosité et à la priorité pour les pauvres. Encore heureux que votre Conseil Diocésain ait pris une position bien différente de la vôtre.

Sur tous ces points les chrétiens du Loiret ont du mal à repérer ce que signifie être fidèle à l’Évangile de Jésus-Christ dans le monde d’aujourd’hui. Notre conclusion est que toutes ces affaires nous font douter sérieusement douter de vos capacités à diriger un diocèse : l’évêché nous parait aujourd’hui vacant.

 

Croyez à notre indéfectible attachement à l’Église de Jésus-Christ

Liberté et Partage –

Nous Sommes Aussi l’Église (45)

Jeudi 2 avril 2009 4 02 /04 /Avr /2009 06:38
- Par Actualités unitariennes - Publié dans : paroles d'évêque - Communauté : Religions en toute liberté

 Fin février en réponse à l’émotion suscité par la levée de l’excommunication des évêques lefebristes. Document transmis par l’association Espérance 54 au groupe des correspondants de la Fédération des réseaux des Parvis (dont les chrétiens unitariens sont membres).

"Je comprends votre émotion et je la partage face à cette décision qui n’a été précédée, pour ce que nous en savons, d’aucune manifestation de claire acceptation de l’enseignement du concile Vatican II. Plus encore, des membres importants de la Fraternité Saint-Pie-X ont déclaré que la prochaine étape devait être l’effacement de ce concile. Si on ne peut reprocher au pape de lever une sanction dans l’espoir qu’elle facilitera le retour de ceux qui se sont éloignés, on ne pourra pas accepter de voir le concile Vatican II devenir une option facultative.

Ce concile oecuménique a été l’oeuvre de toute l’Église. Il est donc le bien de toute l’Église et doit être reçu par tous ses membres. Nous sommes tous responsables de sa réception et de sa mise en oeuvre. L’émotion s’est étendue bien au-delà des limites de l’Église du fait des déclarations négationnistes de Mgr Williamson. Ces déclarations sont inacceptables et blessent profondément non seulement nos frères aînés dans la foi mais toute conscience humaine.

Personnellement, je me sens étranger au monde de la Fraternité Saint-Pie-X, à ses schémas de pensée, à sa conception de l’Église, à son rapport au monde tels qu’ils s’expriment dans diverses publications. Le 23 janvier dernier, nous inaugurions le Domaine de l’Asnée restructuré. Dans mon intervention, j’indiquais un des objectifs donné à cet outil : " Signe d’une Église qui a confiance dans l’avenir, qui ne se replie pas sur elle-même, mais qui, riche de sa tradition bimillénaire, veut s’inscrire dans la société d’aujourd’hui et de demain pour y apporter sa contribution dans un esprit de dialogue ". Un journaliste de l’Est Républicain rendant compte de cette manifestation écrivait : "Alors qu’à Rome s’annonce le retour des intégristes qui refusent l’ouverture au monde, le diocèse de Nancy a choisi une voie opposée avec le ‘nouveau’ domaine de l’Asnée ". C’est assez bien vu !

Continuons résolument dans l’esprit de Vatican II dont Jean Paul II écrivait qu’il devait être notre "boussole " pour entrer dans le 3ème millénaire et au sujet duquel Benoît XVI déclarait au début de son ministère d’évêque de Rome : " Alors que je me prépare moi aussi au service qui est propre au successeur de Pierre, je veux affirmer avec force la ferme volonté de poursuivre l’engagement de mise en oeuvre du concile Vatican II dans le sillage de mes prédécesseurs et en fidèle continuité avec la tradition bimillénaire de l’Église ".

Jean-Louis Papin
, évêque de Nancy et de Toul

Lettre de l'Association Espérance 44 à Mgr Jean-Louis Papin

L'équipe de coordination d 'Espérance 54 réunie le vendredi 27 février après avoir pris connaissance de votre message aux personnes et groupes qui s'inquiétaient des décisions du pape Benoît XVI de lever l'excommunication des évêques lefebristes a décidé de vous remercier pour votre prise de position et a adopté à cette fin le texte suivant que j'ai le plaisir
de vous transmettre. Jean Riedinger, président d'Espérance 54.

Nous nous réjouissons de votre réaction après la levée d'excommunication des évêques intégristes. Elle est nette, claire et sans langue de bois. Nous ne pensons pas que l'excommunication fulminée de Rome ou d 'ailleurs soit une solution pour régler les problèmes dans l'Eglise catholique tant du point de vue de la doctrine que des pratiques et usages. Aussi souhaitons nous l'abandon dans tous les cas de ce genre de procédure. Mais nous nous inquiétons des actes successifs de Benoît XVI qui vont trop souvent dans le sens d'un encouragement à ce qui freine voire s'oppose à la voie d'ouverture au monde réel et d'aujourd'hui inaugurée par Vatican II.

Nous pensons que le Concile de Vatican II est une étape dans un processus de prise de conscience indispensable pour que l'évangile soit accessible aux hommes d' aujourd'hui. Les fruits de Vatican II sont déjà nombreux - bien que menacés par les intégristes ou les traditionalistes - mais beaucoup sont encore à venir grâce aux prises de conscience qui continuent. Il ne faudrait pas que Vatican II se transforme en un système de pensée figée.

De plus en plus l'Eglise repose sur des réseaux de communautés, de plus en plus elle doit être servante de l'humanité et non pas donneuse de leçons. Nous comprenons les objectifs que vous nous avez précisé: "une Église qui a confiance dans l’avenir, qui ne se replie pas sur elle-même, mais qui, riche de sa tradition bimillénaire, veut s’inscrire dans la société d’aujourd’hui et de demain pour y apporter sa contribution dans un esprit de dialogue " Aussi nous pensons que cette inscription dans le monde d'aujourd'hui suppose l'engagement des services, mouvements et communautés ecclésiales, mais aussi des groupes de chrétiens "sur le parvis" comme le nôtre, à connaître et entendre sans peur la pensée, les connaissances, les interrogations morales et éthiques, les pratiques contemporaines non pour tout approuver mais pour y discerner les signes d'une humanité qui grandit en nous et hors de nous, dans l'Eglise et hors de l'Eglise.

Nous accordons une priorité à l'insertion pleine et entière des femmes dans les structures de l'Eglise au même titre que les hommes et au développement de procédés démocratiques pour l'organisation et le fonctionnement des communautés et des services. Dans la société nous demandons le respect scrupuleux des règles de la laïcité ce qui implique entre autre l'abandon par le Saint Siège de ses prérogatives étatiques et diplomatiques.

Ainsi nous pourrons lire et vivre les évangiles en notre temps et non pour un passé révolu ou dans une tradition éternisée et confinée dans des Eglises-musées, aux structures peu conformes aux valeurs des droits humains.

 

Jeudi 26 mars 2009 4 26 /03 /Mars /2009 11:19
- Par Mgr Jean-Louis Papin - Publié dans : paroles d'évêque - Communauté : Religions en toute liberté

"J’aime mon Église parce qu’elle porte l’Évangile !"

Émotion, perplexité ! Tout le monde s’en est mêlé, personnalités politiques, leaders d’opinion et autres : l’on s’en prend à notre pape Benoît XVI, après la levée d’excommunication des 4 évêques de la Fraternité Saint Pie X, et désormais pour avoir parlé du préservatif. Autant de domaines où les nuances apportées par le pape n’ont pas été perçues, et où les simplifications se sont multipliées. Je ne ferai pas ici de nouveaux commentaires : ils ne manquent pas !

Je dirais seulement que la levée d’excommunication n’est que le début d’une réconciliation possible où tout un chemin reste à faire. L'Évangile nous invite à la réconciliation en vérité ! Il va de soi que les propos négationnistes ne sauraient à aucun moment être tolérés.

À propos du préservatif, la fidélité dans le couple est un idéal auquel invite l'Église ; ce n’est pas une valeur dépassée. Mais il vaut mieux utiliser le préservatif pour ne pas transmettre le Sida plutôt que de devenir criminel ou suicidaire.

L'Église est aussi engagée dans l’accueil, l’accompagnement et le soin des personnes touchées par le SIDA. Elle est la première organisation privée de soins aux malades (44% sont des institutions d'État, 26,70% sont des institutions catholiques, 18,30% sont des ONG et 11% d'autres religions. Source CEF).

L'Évangile appelle aussi à l’écoute. Dans ce contexte d’une médiatisation maladroite, je voudrais être à l’écoute de ceux qui ont quelque chose à dire à l’Église. Je crois utile de permettre à ceux qui sont émus et s’interrogent de s’exprimer. Ils peuvent m’écrire. Plusieurs m’ont déjà dit leur souffrance, voire leur colère. Je lirai tous les courriers, même si je sais que je ne pourrai répondre à tous. De ces lettres, j’espère pouvoir faire une synthèse utile, notamment auprès des jeunes que ces questions concernent au plus haut point.

Il me semble nécessaire, pour annoncer Jésus-Christ, d’être attentif aux préoccupations de tous ceux qui sont touchés par une mauvaise communication de la part de l’Église, mais aussi et de façon plus constante, de prêter l’oreille à tant de souffrants de notre société mondialisée, qui restent le plus souvent silencieux.

Epinal, le 20 mars 2009


Document transmis au groupe des correspondants de la Fédération des réseaux des parvis (dont font partie les chrétiens unitariens) par l’association Jonas-Vosges

Jeudi 26 mars 2009 4 26 /03 /Mars /2009 10:38
- Par Mgr Jean-Paul Mathieu - Publié dans : paroles d'évêque - Communauté : Religions en toute liberté

Mgr Claude Dagens, évêque d’Angoulême, et par ailleurs membre de l'Académie française *,  s'est exprimé dans un texte intitulé " Je souffre et j’espère pour l’Eglise " et paru dans " Le journal du dimanche " du 22 mars 2009 (lien).
* Il vient de publier "Méditation sur l'Eglise catholique en France " aux éditions Le Cerf

Ce texte a été repris sur le blog de la Pastorale Collège Saint-Paul d’Angoulême où nous l'avons trouvé.

Jeudi 26 mars 2009 4 26 /03 /Mars /2009 10:22
- Par Mgr Claude Dagens - Publié dans : paroles d'évêque - Communauté : Religions en toute liberté

Si le pape a tenu des propos tout à fait contestables tant dans leurs formes (abruptes et sans explication), que dans leur contexte (des paroles brutales avant de prendre contact avec les réalités africaines), et dans leur fond (le préservatif est nécessaire), il n'en reste pas moins que la distribution des préservatifs - s'il faut bien la faire - ne va pas sans une éducation sexuelle ... et morale. Des évêques le rappellent et disent que l'efficacité de ce moyen passe par là.

Mgr Maurice E. Piat, Evêque de Port-Louis, tient à souligner que le pape a tout à fait raison lorsqu'il dit que le problème du sida ne peut être réglé simplement en distribuant des préservatifs. 
Mgr Piat avait développé la raison pourquoi il en est ainsi dans son message de Noël 2005 où il avait dit notamment ceci : 

Des recherches ont été faites en Afrique du Sud par des organismes surpris de voir la maladie se répandre très vite malgré les tonnes de préservatifs déversés dans les lycées, les collèges, les universités, etc. Ces recherches ont révélé ceci : quand des gens bien intentionnés viennent dans des collèges faire des campagnes d’information et de prévention par rapport au SIDA et qu’ils proposent le préservatif comme seul moyen de prévention, ce qui se passe en fait c’est que des jeunes qui jusque là s’abstenaient de relations sexuelles par peur du SIDA, comprennent alors qu’ils peuvent avoir des relations sexuelles autant qu’ils en veulent, en toute sécurité, pourvu qu’ils se servent du préservatif. Alors ils commencent à avoir une vie sexuelle active et souvent dispersée en se protégeant avec le préservatif.

Après un temps, soit eux, soit leurs partenaires commencent à en avoir assez du préservatif « gêneur », ou bien ils négligent d’en avoir toujours sous la main, et de plus en plus ils prennent des risques en ayant des relations sexuelles non protégées. Et c’est souvent ainsi qu’ils attrapent le virus et deviennent des agents propagateurs de la maladie. Ce qui est grave ce n’est pas de se servir d’un préservatif si on ne peut s’empêcher d’avoir des relations sexuelles à risque et qu’on veut se protéger ou protéger sa partenaire. Mais ce qui est vraiment grave, c’est de laisser entendre aux jeunes qu’ils peuvent avoir la vie sexuelle la plus désordonnée qui soit avant le mariage et qu’ils seront toujours en sécurité pourvu seulement qu’ils se servent d’un préservatif
.  

Le Pape a fait appel à un certain sens de la dignité humaine dans la manière de vivre la sexualité. De fait, dans un pays comme l’Ouganda, c’est grâce à une campagne d’éducation en vue d’une abstinence avant le mariage et la fidélité dans le mariage que le taux de propagation de l’épidémie a sensiblement baissé ces dernières années. 

Ceci dit, il n'y a pas de contradiction entre ce qui a été dit plus haut et le devoir de quelqu'un qui serait infecté par le sida de protéger la vie de son conjoint en utilisant le préservatif pour ne pas l'infecter.
Pour prévenir l’expansion du sida d’une manière durable, il faut croire en la capacité des jeunes de vivre une sexualité épanouie et responsable dans les paramètres de la fidélité et de l’abstinence dont le slogan est « True love can wait » (le vrai amour sait attendre). Le changement de comportement auquel sont conviés les jeunes est un processus à promouvoir et par les adultes et par les jeunes eux-mêmes. Des campagnes de distribution tout azimut de préservatifs laissent entendre que l’épidémie peut être jugulée par des moyens purement mécaniques. Or, pour être durable, ce combat doit aussi faire appel à des ressources humaines plus profondes et plus solides sur le long terme. 

Evêché de Port-Louis

document transmis au réseau de la Correspondance unitarienne par Philippe de Briey (Belgique)

Mercredi 25 mars 2009 3 25 /03 /Mars /2009 18:30
- Par Mgr Maurice E. Piat - Publié dans : paroles d'évêque - Communauté : Religions en toute liberté

L'Eglise catholique, ce n'est pas seulement le pape et l'administration vaticane ; ce n'est pas seulement une hiérarchie administrative, mais c'est aussi et surtout un peuple de croyants se référant à l'enseignement de Jésus, et puis des évêques dont beaucoup sont des personnes de qualité et proches des gens et des réalités. Les derniers évènements ont été l'occasion pour certains - certes les plus courageux ! - de s'exprimer.

L'un d'entre eux, Mgr Albert Rouet, archevêque de Poitiers est déjà bien connu de nos milieux libéraux puisqu'il a entrepris une réforme des paroisses de son diocèse en donnant un vrai pouvoir de gestion et de décision aux conseils de laics. Il a été interviewé par une radio locale et le texte de l'entretien a été mis en circulation. Nous l'avons reçu par le biais du groupe des correspondants de la Fédération des réseaux des parvis, dont les chrétiens unitariens sont membres, sous l'intitulé "belle réflexion".




Extrait de l’émission "Parole à notre évêque"

20 mars 2009


A propos des évènements récents qui ont marqué l’Eglise : levée des excommunications de quatre évêques intégristes, de l’excommunication à Récife, des propos sur le Sida 


Sans revenir sur chaque évènement récent, je souhaiterais faire quatre remarques. En effet, ce ne sont pas des crises à cause d’un mot ou d’une mauvaise communication. Nous sommes devant des problèmes infiniment plus profonds, dont ces évènements en sont l’illustration. Ils sont les symptômes de malaises plus graves. Notre Eglise se trouve de par les circonstances, les évolutions, devant quatre problèmes fondamentaux, pour lesquels elle doit faire révision de vie.

1 - La première question qui se pose est la prise en compte de la complexité de ce qui est humain. On ne peut pas avoir une morale tellement claire, tellement évidente, tellement impérative qu’aucune exception ne serait jamais possible, qu’il n’y aurait qu’à appliquer des décisions prises par des instances morales. Déjà saint Thomas d’Aquin écrivait que " la première instance morale de l’homme est la conscience éclairée, c’est-à-dire un homme qui s’est informé ". Ce problème est tellement grave qu’une morale qui voudrait répondre à toutes les questions deviendrait immorale, parce qu’elle empêcherait les sujets libres de prendre leurs propres décisions. Cette question est évidemment à la source d’autres problèmes. 

Des gens qui critiquent le siècle des Lumières comme étant un siècle de sécularisation et d’éloignement de la religion agissent exactement dans la même logique que ce siècle qu’ils contestent. Ils en sont les enfants, puisque leur approche de l’homme est tellement claire, tellement rationnelle, qu’il n’y aura plus d’obscurité. Pour eux, l’homme déploie son existence dans une clarté dont l’homme est maître à chaque moment ou est capable de le devenir. Il y a là deux aspects. Le premier est la hantise de la rigueur. Rappelons-nous que sur les papyrus qu’on mettait sur la bouche du Pharaon défunt, il était écrit : " je suis pur " cinq fois. Cette protestation était liée à la mort, pour se présenter dans l’au-delà. Justement lorsqu’on est mort, cette complexité humaine s’est éteinte. En attendant, on est toujours dans une sorte " d’entre-deux ". L’autre exemple historique est très parlant. Partout où il y a eu en France des prêtres rigoristes, moralement jansénistes comme on disait à l’époque, dans ces endroits-là, l’athéisme s’est développé. C’est-à-dire qu’une très grande rigueur provoque l’inverse de ce qu’elle recherche. Une très grande rigueur est de soi inapplicable.

Le premier examen est de se rendre compte que l’homme est un être ambigu. Cela ne signifie pas qu’on renonce à la morale, mais cela signifie qu’on renonce à une morale réglementant tous les détails de la vie des hommes et ayant accès aux moindres décisions, comme si elle était un savoir portant sur tout.

Nous nous fondons sur une idée de la nature qui vient du stoïcisme, qui a été commune au Moyen-âge, mais ce que nous oublions c’est que la nature était donnée et qu’il fallait la suivre. Aujourd’hui, pour la science, la nature est ce que l’on a à creuser, à façonner parce que cette nature-là, on ne l’obtient que par l’approche d’une culture. Il faudrait là encore avoir une approche de l’homme qui soit autre. Une fausse clarté finalement naît de trop d’assurances sur des bases contingentes.

2 - Le second point est une question classique de théologie : c’est de distinguer les degrés d’engagement dans les paroles du Pape. Tout ce que dit le Saint-Père n’est pas sur le même plan et n’engage pas son infaillibilité. J’ai entendu sur une radio nationale " avec de telles déclarations, le pape met à mal son infaillibilité. " Mais là n’est pas le problème. Jamais une réponse à une question dans un avion n’entre dans le registre d’une parole officielle qui engage l’infaillibilité. Il faut savoir distinguer la parole ordinaire et habituelle du pape et de ce qui relève de son engagement public. Sans cette distinction et ce travail de discernement, on sort du christianisme pour entrer dans une relation du même type qu’un tibétain envers le Dalaï-Lama. Or, ce n’est pas ce que dit le Concile Vatican I. Il faut donc voir quelle est la portée des expressions, le contenu des mots utilisés, les références de base. Autrement dit, toute parole est sujette à interprétation. Sinon ce n’est plus une parole humaine. Dans notre histoire, il faut se mettre au clair sur le sens des mots. Prenons par exemple, le mot " unité ". Il va de la complaisance jusqu’à la communion. Quel sens retient-on ? Où place-t-on l’index ? L’incertitude des mots et la valeur des expressions sont pour beaucoup dans les crises que nous venons de vivre.

3 - Le troisième problème est sans doute le plus grave. Il nous faut revoir le positionnement de notre Eglise dans le monde. C’est-à-dire qu’il faut revoir le mode de présence au monde. On se rend compte que toute parole qui vient d’en-haut, qui n’est pas engagée dans un dialogue, après avoir écouté et entendu l’autre, ne peut plus être une parole crédible. Ce type de parole peut se rencontrer dans des décisions économiques de quelques grands décideurs qui annoncent la fermeture d’une usine dans notre pays. Mais on ne fait pas vivre l’Evangile sur le même mode que celui des décisions économiques. Sinon on sort de la morale chrétienne. " Et toi, qu’en penses-tu ? " dit le Christ. Tant que l’Eglise va se contre-distinguer de ce monde, tant qu’elle va vouloir vivre dans une nébuleuse ou en état d’apesanteur, elle perd toute crédibilité. C’est un problème pour nous tous, pour le pape bien sûr, mais aussi pour les évêques, pour toutes les communautés chrétiennes. Notre monde n’écoute que ce qui est prononcé à hauteur de visage d’homme. Tant qu’on n’aura pas compris cela, on ne pourra pas être entendu, ni même compris. Nous n’avons pas eu affaire à une erreur de communication, mais à une erreur de point de vue, une erreur de positionnement. La question à se poser est de se demander quelle est notre posture vraie pour être en capacité d’être entendu. On se rend compte que sans partage, il n’y a pas de posture vraie. Aujourd’hui, on ne peut plus annoncer des choses qui passent pour définitives dans une posture sans aucune relation avec la situation prise dans son contexte humain concret. Sinon, cette déconnexion produit du rejet. A trop répéter, on crée de la dévaluation.

4 - Une quatrième question se pose : on ne construit pas un avenir de l’homme uniquement en jouant sur le permis et le défendu, parce que la morale ne dépend pas seulement d’une technique. Il faut revenir à la signification humaine des problèmes qui sont posés. C’est très joli de donner un idéal. Le monde n’est quand même pas perpétuellement adolescent… heureusement ! L’idéal, comme l’horizon, est invivable. Car lorsqu’on pense l’approcher, il apparaît toujours plus loin. Le problème n’est donc pas la question de l’idéal, ni même des repères. Tous repères sont forcément dans un environnement donné. Ils ne peuvent être en suspension dans l’air, autour de rien du tout. Si on ne recherche pas un accord commun de sens, à ce moment-là on isole l’Eglise de sa participation à l’histoire humaine. Elle en sera réduite à se parler à elle-même. 

Dans toutes ces questions, il y va de la vie des hommes. Le véritable problème est " qu’est-ce qui fait vivre ? Qu’est-ce qui met debout ? Qu’est-ce qui rend responsable de son existence ? " Cela ne veut pas dire qu’il n’y a pas d’exigence à poser. Au contraire, je suis persuadé qu’il faut en poser, mais pas sous forme manichéenne du tout noir-tout blanc, du permis et du défendu. Regardons l’Evangile. Le Christ dit au paralysé : " Lève-toi et marche ! " Imaginons que l’homme lui réponde : " Je suis bien couché, je n’ai pas envie de me lever ". Le Christ ne va quand même détruire son grabat. Si cet homme ne se met pas debout, il ne pourra pas être guéri. Nos paroles mettent-elles les gens debout ? Sont-elles des paroles de vie ? Voilà pourquoi dans nos paroles, il faut toujours se repositionner par rapport à la vie des gens, par rapport à ce sursaut évangélique.

Y-a-t-il moyen de réduire l’écart entre l’Eglise et le monde actuel ?

La crédibilité ne se décrète pas. Par conséquent, la crédibilité ne se retrouvera que par l’humilité de partager la vie des hommes, en étant à leur écoute, que par le partage de leurs peines, que par le désir de partager avec eux notre espérance et de les aider à se mettre debout. Il n’y a pas d’autres moyens que Nazareth, que de cheminer comme le Christ sur les routes de Galilée. Il n’y a pas d’autres moyens que le partage de la fragilité humaine. C’est en devenant frères que les chrétiens deviennent crédibles. Cela fait vingt siècles qu’on le sait et cela fait vingt siècles, qu’après chaque moment difficile comme celui que nous vivons, il nous faut reprendre les mêmes pas. 

 τ Albert Rouet, a
rchevêque de Poitiers

Mercredi 25 mars 2009 3 25 /03 /Mars /2009 17:55
- Par Mgr Albert Rouet - Publié dans : paroles d'évêque - Communauté : Religions en toute liberté

Le livre d’Olivier Le Gendre, "Confession d'un cardinal", paru aux éditions J.- C. Lattès en octobre 2007, dans la collection " Essais et documents " (413 pages, prix public : 18,50€), sera discuté dans le cadre d’un " café-bouquin ", le mardi 20 mai de 18h 30 à 20h, dans les locaux de Temps Présent, 68 rue de Babylone 75007 Paris. Pour contact : Jean-Pierre Schmitz.

Les " cafés-bouquin " sont organisés conjointement par Droits et libertés dans les Eglises (DLE) et Femmes et hommes en Eglise (FHE)

L'auteur de l'ouvrage, un prêtre assomptionniste, sera présent.

Présentation du livre par l’éditeur : 

Au lendemain de l’élection de Benoît XVI, un cardinal de la curie contacte un journaliste français afin qu’il l’aide à rédiger ses mémoires. Très vite, l’auteur se rend compte que les intentions de son interlocuteur dépassent largement le style convenu des fausses confidences des dignitaires religieux à la retraite.

Ce haut responsable, proche de Jean-Paul II, s’interroge sur le sens de son action à la tête de l’un des ministères les plus importants du Vatican qu’il a quitté pour se consacrer aux enfants délaissés du Sud-Est asiatique. Il entremêle anecdotes significatives, révélations et considérations historiques.

Il révèle l’enjeu qui sépare deux grandes tendances de l’Église : l’une qui tente de restaurer les pratiques anciennes, tandis que l’autre prépare la relève pour le moment où l’affaiblissement de l’institution sera si criant que de nouveaux modes de fonctionnement deviendront obligatoires.

Information de Louis Piveteau :

Dans un livre antérieur, "Lettre aux successeurs de Jean-Paul 2 " (Desclée de Brouwer), l’auteur faisait le constat suivant :

l'Eglise ne peut plus se présenter en habits de puissance et de gloire

il y a des attitudes, des positions, des habitudes qui ne sont tout simplement plus possibles

que l'Eglise favorise les initiatives, les essais, les tentatives

que les chrétiens ne s'enferment pas dans leurs certitudes

que les chrétiens prennent le destin de leur Eglise dans leurs mains

En 2004, à Angers, l’association Evangile et Modernité 49 avait invité Olivier Le Gendre au cours d'une réunion publique (où virent une centaine de personnes) pour parler de son livre.

Toutes les associations citées dans ce message, ainsi que l'Assemblée fraternelle des chrétiens unitariens (AFCU),  sont membres de la Fédération des réseaux des parvis

Mardi 1 avril 2008 2 01 /04 /Avr /2008 16:59
- Par DLE et FHE - Publié dans : paroles d'évêque - Communauté : Religions en toute liberté
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