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eglise_reforme_de_france.jpg L’Eglise protestante unie de France (EPUdF) résulte d’une fusion entre l’Eglise réformée de France (ERF) et l’Eglise évangélique luthérienne de France (EELF). L’enjeu principal est bien sûr une déclaration de foi commune car il s’agit de deux Eglises confessantes ; mais cela a été prudemment reporté aux calendes grecques. On en comprend aisément le casse-tête chinois pour les futurs rédacteurs, mais en attendant c’est la porte grande ouverte à tous les entrismes, ce qui est peut-être voulu ... pour ratisser plus large ?

 

Et puis un enjeu pour la Com (Com pour communication) car cette nouveauté n’est pas encore très connue dans l’opinion publique (ni très bien connue par les protestants eux-mêmes concernés !) : entre autres comment concilier les logos des désormais « anciennes » Eglises ?

 

epudf_logo_campagne.jpg
Il y a eu la volonté de le faire. Une campagne a même été lancée dans l’enthousiasme, du 1er octobre au 24 décembre 2011, mais – du moins sur Google image - on n'en trouve qu’une réponse avec un projet présenté par Elisabeth Scherer le 20 décembre 2011, vu sur le site de l’ERF (lien) et commenté de la façon suivante par l’auteur :
EPUF_projet_logo_par_elisabeth_scherer.jpgChoix de trois éléments que l'on retrouve dans les logos réformé et luthérien.
Le cœur, la croix et la colombe.
Le Père et le Fils unis dans l’Esprit saint.
Le cœur > Dieu amour
La croix > Jésus
La colombe > l’Esprit saint
Mystère de la Trinité


Et voilà le résultat définitif ... annoncé sur le journal catholique La Croix du 31 octobre 2012. Merci aux catholiques de pallier ainsi à la Com plus que discrète des protestants « unis » ! Bon, on aura compris, nos amis protestants sont plus doués pour la fusion que pour la communication !

eglise_protestante_unie_de_france_logo.jpg Et puis voilà que les dirigeants se retrouvent bien embarrassés avec une dénomination trop longue. Lu sur leur site ( lien) (à la rubrique " Questions générales ") : Comment faut-il appeler l’Eglise protestante unie de France ?

 

Le nom complet, avec son titre et son sous-titre, est : Eglise protestante unie de France – Communion luthérienne et réformée. Son nom juridique, quant à lui, est : Union nationale des associations cultuelles de l’Eglise protestante unie de France. Deux appellations bien longues pour l’usage courant !
Dans la désignation habituelle, on dira : Eglise protestante unie. Probablement se contentera-t-on même assez souvent, si le contexte est clair, de : Eglise unie, car dans les pays où existent des Eglises luthéro-réformées, c’est l’appellation qui s’est le plus souvent progressivement imposée.
En tous cas, il vaut mieux éviter l’acronyme prononcé épufe, qui est assez laid ! C’est d’ailleurs la raison pour laquelle on prend l’habitude d’écrire en abrégé : EPUdF, assez imprononçable à la lecture et qui « oblige » donc à dire Eglise protestante unie ou Eglise unie. (De même les Eclaireuses et éclaireurs unionistes écrivent en abrégé : EEUdF).


Ouf ! Mais alors, sur la lancée de leur fusion, la nouvelle entité s’emballe et fait preuve tout de suite d’une belle hégémonie. En conseillant de lire son titre comme « Eglise protestante unie », la demoiselle a-t-elle demandé l’autorisation, du moins l'avis, des autres Eglises de la Fédération protestante de France (FPF) ? Et puis en se disant " Eglise unie ", elle est unie avec qui ? En tout cas, l’Assemblée fraternelle des chrétiens unitariens (AFCU) n’a reçu à ce jour aucun courrier appelant à l’unité. On se demande vraiment s’il y a un pilote dans l’avion pour se projeter ainsi précipitamment et imprudemment dans l'avenir en tout égocentrisme et en jouant sur les mots ! 


Finalement et concrètement, la fusion est limitée entre l’ERF, le gros morceaux, et quelques Eglises luthériennes à Paris et dans la région de Belfort et Montbéliard, puisque l’Alsace et la Lorraine, bénéficiant d’un régime de concordat, restent en dehors de cette aventure. C'est la France sans l'Alsace et la Lorraine, ce qui n'est pas dit clairement.


Revenons à cette histoire de logo : aucune présentation, aucune explication sur le site de l’EPUdF. Pire, on ne peux même pas le copier à partir du site ! On ne sait pas non plus quel en est l’auteur (sans doute un cabinet d’étude pour pallier au manque d’imagination des paroissiens !). Même l’hebdomadaire Réforme semble s’en désintéresser, du moins à ce jour, n'en parle pas sur son site !


Alors, à partir du logo que La Croix a pu se procurer, il a bien fallu nous débrouiller seuls comme des grands, je dis nous pour moi-même (qui ne suis pas protestant) et quelques amis protestants du groupe « Protestantisme libéral » sur Facebook (Biarn Gasconha, Sylvie Queval, Michel Jas et Patrick Duprez). Grâce aux contributions des uns et des autres, nous y avons vu :


- La superposition de deux croix : la croix luthérienne (en vert) avec en son cœur la rose rouge, et, par dessus, la croix huguenote (en bleue) avec ses pointes saillantes.

- Il en résulte une symbiose dynamique, sans doute propulsée par l’Esprit saint, qui pousse le dessin à sortir d’un cadre qu’on pouvait imaginer statiquement rendu par un carré jaune qui sert de substrat (pourquoi jaune ?). Le carré jaune se déforme et pointe vers le haut à droite, pendant que les pointes de la croix occitane débordent dans la même direction. Cela reproduit le logo de l’ERF qui se trouvait penché sous l’action d’un vent violent. La croix occitane en perd sa symétrie et même la rose luthérienne au coeur rouge s’en trouve elle aussi disloquée.
- La croix n’est plus statique, mais laisse échapper d’elle le Christ et la communauté inspirée qu’elle représente (et le pasteur Michel Jas de nous rappeler l’édito de Raphaël Picon « De grâce, décrochez cette croix ! », Evangile et liberté, n°183, novembre 2004, lien).
- Mais où donc est passée la colombe si chère aux Huguenots ? Aurait-elle été sacrifiée sur l'autel de la fusion ? Elle s’est faite vent d’orientation Nord-Nord-est ! Mais surtout elle ne tombe plus d’en haut, du ciel, comme, paraît-il, au jour où Jésus fut baptisé par Jean-le-baptiste, mais elle émane de la communauté de foi unie dans un même élan vers une transcendance. La colombe prend désormais son essor d’en bas.


Le mot de la fin avec Georges d’Humières (protestant ERF de Narbonne) : « E bé, moi je l'aime bien, ce logo. Couleurs gaies, justement pas trop figuratif, donc appelant à la réflexion. J'y vois l'Eglise du Christ : jeune, ouverte, joyeuse et plurielle. Logo symboliquement fort. ». Et Biarn Gasconha  d’ajouter : « Maintenant avec ce logo on va peut-être commencer à échapper à la réputation d'austérité qui nous colle à la peau... ».


Tous nos meilleurs vœux donc à cette nouvelle Eglise et à ses projets puisqu’elle sied à ses fidèles. Pour les chrétiens unitariens, il reste une question en suspens : alors que l’ERF était une Eglise latitudinaire, acceptant en son sein plusieurs théologies dont l’unitarienne, qu’en sera-t-il de l’EPUdf ? Pour l'instant - en l'absence d'une déclaration, d'un manifeste ou d'une confession, c'est le plus grand flou artistique ...

Jeudi 1 novembre 2012 4 01 /11 /Nov /2012 19:33
- Par Jean-Claude Barbier - Publié dans : les protestantismes - Communauté : Religions en toute liberté

Les samedi 13 et dimanche 14 octobre 2012, au club Belambra "Presqu'île du Ponant", rue Saint-Louis à La Grande Motte (34280), se tiendront les Journées 2012 de l'Association protestante libérale organisées par Evangile & Liberté, sur le thème "Subir ou construire l'avenir ?".


Présentation du thème par  James Woody  :


La terre semble gronder, le climat fluctue de manière assez peu prévisible. Le soleil de l'angoisse se lève aussi bien sur les croyants que sur les non-croyants. Un hymne se fait entendre de toutes parts : "Qu'est-ce qu'on peut y faire ?".

De fait, peut-on reprendre la main, au moins en partie, ou l'espérance, qui est réputée être le moteur de la foi chrétienne, n'est-elle qu'un leurre pour apaiser les tourments que provoque une vie incompréhensible pour beaucoup, incontrôlable pour la plupart ? Le politique est-il condamné à inaugurer les chrysanthèmes après une jolie célébration menée par des croyants qui ne croient plus en des lendemains qui chantent ? Le moment est-il venu de fermer les écoles, les églises et d'aller faire un dernier feu de joie avant que tout soit irrémédiablement fichu, ou avons-nous encore la possibilité de construire l'avenir, de le rendre plus vivable ? Avons-nous encore les moyens d'être acteur de notre vie ?

Pour en débattre, nous ferons appel à des expertises croisées de personnes aux prises avec différents aspects de notre monde.

 

yes-we-can.jpg


Intervenants :


Marc Boss, professeur à l'Institut protestant de théologie, Faculté libre de Montpellier - " Espérance ou consolation "

Alain Chapel, cadre territorial, ancien conseiller presbytéral, Montpellier - participation à la table-ronde " Quel avenir pour nos Eglises ? "

Philippe Fromont, pasteur ERF à Alès - présidera le culte

André Gounelle, professeur émérite de l'Institut protestant de théologie, Faculté libre de Montpellier - participation à la table-ronde.

Christine Lazerges, professeur de Droit à l'université de Paris I, ancienne vice-présidente de l'Assemblée nationale - " Quel avenir pour la politique ? "

Nadine Manson, docteur en théologie, pasteur à Bienne (Suisse) - " Des vies humaines dessinent un avenir à Dieu "

Sylvie Queval, philosophe, membre du conseil d'Administration de l'association "Evangile & Liberté" - fera l'envoi des Journées.

Nancy de Richemond, géographe, spécialiste des risques naturels, Montpellier - " Habiter la terre ".

Claude Tiévant, dominicaine, Couvent des Tourelles à à Saint-Matthieu de Tréviers - participation à la table-ronde.

James Woody, pasteur à Paris, président du Conseil d'administration de l'association "Evangile & Liberté" - fera l'ouverture

Sophie Zentz-Amedro, pasteur, présidente du conseil régional ERF " Cévennes-Languedoc-Roussillon" - participation à la table-ronde.


Soirée détente le samedi soir avec le film "ça ira mieux demain" de Jeanne Labrune (2000), avec Nathalie Baye et Jean-Pierre Daroussin

 

Renseignements et inscriptions (avant le 15 septembre), Lucette Marion ( courriel).

Mercredi 9 mai 2012 3 09 /05 /Mai /2012 17:45
- Par Evangile & Liberté - Publié dans : les protestantismes - Communauté : Religions en toute liberté

vaudois_devenus_protestants_au_XVI.jpgChaque année, l’Eglise évangélique vaudoise commémore la date du 17 février 1848 où le duc de Savoie, devenue roi d’Italie, accorda aux minorités religieuses la liberté civique et religieuse (voir notre dossier sur l’histoire vaudoise dans La Besace des unitariens à notre rubrique sur les Réformateurs, lien).

 

Cette fête est célébrée à Torre Pellice, dans l’une des hautes vallées piémontaises, celle du torrent Pellice, non loin de là où aboutit la célèbre « Glorieuse rentrée » de 1689 (Bobbio Pellice, plus en amont).


Carte de Michel Jas présentée sur Facebook : entourées en rouge, les localités vaudoises à la fin du Moyen Age (reconnues ainsi par l'immigration des populations en Luberon - d'après les travaux de Gabriel Audisio -) : Suze, Coazze, Chieri, Paesana, Savigliano, Frassino, Centallo, Cuneo, Vignolo, Bernezzo, etc. ; dans le rectangle vert : les régions vaudoises devenues protestantes au XVIe siècle.


Cette année, Giacomo Tessaro, chrétien unitarien italien, a participé à ce pèlerinage vaudois. il y eut une retraite aux flambeaux, le soir du 16, qui alla du Temple central de la ville à celui du quartier Coppieri, dans l'ancien ghetto des Vaudois d’avant 1848. On alluma un feu de bois non loin de ce dernier temple en chantant des hymnes traditionnels comme "Le serment de Sibaud" (lien). Un culte important eut lieu le lendemain.


vaudois_fete_des_libertes_2012_DSCN0096.JPGvaudois_fete_des_libertes_2012_DSCN0089.JPG

vaudois_fete_des_libertes_2012_DSCN0090.JPG

photos Giacomo Tessaro

Vendredi 9 mars 2012 5 09 /03 /Mars /2012 20:18
- Par Actualités unitariennes - Publié dans : les protestantismes

Colloque Théolib le samedi 3 mars 2012, de 14h 15 à 18h 30 : “Une religion sans credo, sans prêtre, sans autel”, à la Fédération nationale de la Libre-Pensée, 10-12 rue des Fossés Saint-Jacques, 75005 Paris


Présentation par les organisateurs :

 

ferdinand_buisson_souvenirs.jpg Cette formule, que nous devons à Ferdinand Buisson, a jadis suscité de vives interrogations. “Est-ce encore une religion ?” demandèrent d’aucuns, y compris dans les rangs du protestantisme libéral. Nous ne sommes plus choqués d’imaginer que des “athées” puissent participer à une Église du christianisme libéral, mais la question n’est pas entièrement fermée. Peut-être est-il toutefois préférable de la poser différemment. “Est-ce encore une religion ?” – aboutit inévitablement à une querelles de mots. La question serait plutôt : “Qu’est-ce donc que cette forme de religion ? En quoi réside-t-elle, par-delà les négations sous lesquelles elle s’affirme ? Comment la caractériser et la dire, sous une forme positive qui n’eût pas été pour déplaire à Buisson ? !


Afin d’explorer ces questions, en présentant des éclairages très différents, quatre personnes interviendront :
Marie-France David de Palacio, enseignante chercheuse à l’Université de Bretagne-Occidentale et présidente de Théolib ; Pierre Ruetsch, enseignant ; Pierre-Yves Ruff, directeur de Théolib. Christian Eyschen, secrétaire général de la Fédération nationale de la Libre-Pensée, nous offrira l’introduction à ce colloque par une communication : “La Franc-maçonnerie : religion naturelle et/ou naturaliste”.


Voir notre présentation de Ferdinand Buisson sur notre site documentaire La Besace des unitariens, à la rubrique "sur le protestantisme libéral" ( lien) : un article en trois pages "Le protestantisme libéral en Europe (2) - en Suisse avec Ferdinand Buisson". Nous y faisons le constat que les congrégations unitariennes américaines, en s'ouvrant à la fin du XIXème siècle aux agnostiques et aux athées, puis aux croyants d'autres spiritualités que la seule chrétienne, ont réalisé concrètement (et sans qu'il y ait eu connivence) ce qui était considéré en Europe comme une totale "utopie" : Ferdinand Buisson, déjà unitarien-universaliste ! et, assurément, bien en avance sur son temps ...

Samedi 18 février 2012 6 18 /02 /Fév /2012 19:47
- Par Actualités unitariennes - Publié dans : les protestantismes - Communauté : Religions en toute liberté

Les Cévennes et les Causses sont à l’honneur puisqu’elles viennent d’être inscrites (depuis juin dernier) au patrimoine de l’Unesco ; avec elles, la survie du protestantisme français après les Dragonnades dirigées par Louvois (à partir de 1680) et la révocation de l’Edit de Nantes en 1685 par Louis XIV.

La période dite du « Désert » couvre les années 1685-1787, date à, laquelle Louis XVI redonna la liberté de culte aux protestants. Durant toute cette période, les cultes se firent en pleine forêt, dans des endroits inhabités, à l’image des Hébreux errant dans le désert du Sinaï ; le désert en tant que lieu symbolique des périodes d’épreuve.

Les dragonnades furent féroces. Ici, le président français, Nicolas Sarkozy, lors de sa visite du musée du Désert au Mas Soubeyran, à Mialet dans le département du Gard (lien) le 4 octobre 2011, devant une roue portant une statuette représentant un supplicié. 

musee_du_desert_nicolas_sarkozy_couleurs_inversee.JPG musee_du_desert.jpg

« Le don des protestants à la France c’est la liberté de conscience », a déclaré le chef de l’État « C’est un lieu sacré pour les protestants » mais le message qu’il porte « va bien au-delà de la seule communauté protestante. C’est un lieu où on célèbre la liberté de conscience, un lieu qui montre les ravages que produit l’intolérance. Je viens ici pour les protestants, mais c’est pour toute la France ».


Le président Nicolas Sarkozy avait déjà eu l’occasion de parler de la contribution des protestants au patrimoine français, lors de sa visite à la Faculté protestante de Paris afin d’y inaugurer le Fonds Paul Ricoeur, où il avait évoqué la question de l’équivalence des diplômes entre l’enseignement public et l’enseignement confessionnel (voir notre article du dimanche 30 mai 2010 « L’éloge du protestantisme par le président de la République française »,  lien). Nicolas Sarkozy, avant son élection à la présidence en 2007, s’était déjà exprimé sur les rapports entre l’Etat et les religions dans un livre aux éditions Pocket : « La République, les religions, l’espérance ».

assemblee_du_desert.jpg

affiche appelant à l'Assemblée du Désert de cette année, pour le 4 octobre 2011, date du centenaire de la création du Musée du Désert 1911-2011

D’autres musées protestants existent dans la région, comme celui des Vallées cévénoles à Saint-Jean-du-Gard (lien), orienté sur l’écologie du milieu, et celui  - en projet – au Temple du Rouve, lieu de mémoire des premiers camisards, à Saint-André de Lancize, dans le département de la Lozère ; projet piloté par le pasteur Pierre-Jean Ruff sous l’intitulé « Lieu de mémoire sur la guerre des Camisards dans les Cévennes » (contact Correspondance unitarienne qui transmettra).

Mercredi 5 octobre 2011 3 05 /10 /Oct /2011 09:38
- Par Actualités unitariennes - Publié dans : les protestantismes - Communauté : Religions en toute liberté

Un-chemin-de-memoire-sur-les-pas-des-Huguenots.jpg « Sur les pas des Huguenots » ( lien) est un projet de coopération mené dans le cadre du programme européen « LEADER » par cinq Groupements de communes allemands et deux Groupes d’Action Locale français, le GAL des Calades et des senteurs et le GAL Pays Diois. Il consiste en la création d’un sentier international de grande randonnée suivant le tracé historique de l’exil des Huguenots dauphinois vers la Suisse et l’Allemagne après la révocation de l’édit de Nantes, le 18 octobre 1685. Le sentier part du Poët-Laval dans la Drôme pour atteindre Genève puis Francfort-sur-le-Main et se termine à Bad Karlshafen au nord de la Hesse en Allemagne. Il est long de 1400 km, ce qui en fait l’un des plus longs chemins de randonnée européens. Il est connu aussi sous l’appellation populaire et humoristique de « Chemin de Saint-Jacques de Compostelle des parpaillots » !


Entre le 20 et le 23 octobre 2011, dans la Drôme, des « Voix d’exils » résonneront dans les vallées de Vèbre, du Roubion et du Jabron. Trois vallées, qui après la révocation de l’Édit de Nantes, ont vu partir bon nombre de leurs habitants. Elles qui se situent au départ du sentier « Sur les pas des Huguenots ». Ces vallées sont accessibles par autocars à partir des gares SNCF de Montélimar ou Crest. Les offices de Tourisme de Saoû-Soyans-Francillon (tél. : 04 75 76 01 72), de Bourdeaux (tél : 04 75 53 35 90) et de Dieulefit (tél : 04 75 46 42 49) peuvent aider à trouver un hébergement. L’Agence Tzig’âne de Bourdeaux met à la disposition des pèlerins des ânes et des calèches entre Le Poët-Laval (Drôme) et Valleiry (Haute-Savoie). Voir le programme sur le site sus mentionné « Sur les pas des huguenots » ( lien)

sur-les-pas-des-huguenots.png Le terme huguenot est l'ancienne appellation donnée par leurs ennemis aux protestants français pendant les guerres de religion. À partir du XVIIe siècle, les huguenots seront appelés religionnaires, car les actes royaux employaient le terme de « Religion prétendue réformée » pour désigner le protestantisme. Environ 200 000 ou plus d'entre eux (le chiffre de 300 000 est également avancé) ont dû quitter le territoire après les dragonnades à partir de 1680 et la révocation de l’édit de Nantes le 18 octobre 1685 par Louis XIV. Cet édit de Nantes interdit sévèrement toute émigration des huguenots et punit toute aide à l'émigration, obligeant à une extrême discrétion et à la francisation des noms. Les biens des huguenots étant récupérés dans l'illégalité, cette discrétion concerne aussi bien les bourreaux que les victimes. Les nombreux entrepreneurs huguenots qui ont dû prendre la fuite ont perdu leurs biens mais emporté le plus précieux, leur savoir-faire, car la plupart d'entre eux étaient à l'origine des artisans, qui ont ensuite pris des risques pour se reconstituer un patrimoine.

 

Fuite des élites, mais aussi les paysans sont nombreux à fuir dans les régions des Alpes, des Charentes et du Midi, car leur abjuration est jugée suspecte et n'empêche pas les persécutions. Colbert critique cette mesure et Dans son Mémoire pour le rappel des Huguenots, édité en 1689, l'ingénieur Vauban détaille l'ensemble des dégâts qu'a causé sur l'économie française le départ des artisans, marins et soldats protestants. Les Huguenots qui choisissent l’exil se retrouvent aux Pays-Bas, en Angleterre et en Allemagne, mais aussi en Afrique du Sud et dans le Nouveau monde.


Huguenot.sentier.jpg
Sur ce chemin mémorial des Huguenots, s’est greffé la terrible marche de l’hiver 1687 ramenant les "Vaudois" à Genève. En 1686, sous la pression du roi de France Louis XIV, le duc de Savoie persécuta les vaudois des vallées alpines, qui se réfugièrent d'abord à Genève, comme des milliers de huguenots. Après la « Glorieuse Révolution » anglaise de 1688, menée par une armée anglo-hollandaise composée à 20% de huguenots, qui mit fin au règne du catholique Jacques II, les rapports de force militaire changent en Europe. Le duc de Savoie Victor Amédée II accorda alors au Vaudois un édit de tolérance et ceux-ci furent autorisés en 1689 à faire leur "glorieuse rentrée" jusqu'à leurs vallées par un périple de 200 kilomètres, plein sud, le long des crêtes montagneuses. En 2010, les partenaires italiens du Piémont intègreront officiellement le projet avec les tracés de l’Exil et de la “Glorieuse Rentrée”, tracés qui traversent, de Turin à Genève, la Savoie française.


A noter que des dragonnades féroces avait déjà eu lieu à l’encontre des Vaudois du Piémont, une génération auparavant lors des "Pâques vaudoises" de 1655, ce qui obligea plus de 300 femmes vaudoises à venir se réfugier de l'autre côté de la frontière, dans le Queyras français, à Molines.


AnnaCharboniereTortured.jpg
Gravure illustrant le massacre des vaudois qui eut lieu en 1655 dans le Piémont, lors des dragonnades appelées les Pâques vaudoises. Une jeune femme est ici empalée ; elle s’appelait Anna et était la fille de Giovanni Charboniere della Torre.

Lundi 3 octobre 2011 1 03 /10 /Oct /2011 02:35
- Par Actualités unitariennes - Publié dans : les protestantismes - Communauté : Religions en toute liberté

eglise_en_gr_ve__mouvement_le_cursillo_.jpg Dans le cadre de l’association Actualisation de la Bible (ACTUEL), une session d’études historiques et bibliques se tient au hameau de Raynaude, près du Mas d’Azil, en Ariège, du jeudi 17 au dimanche 21 août. Elle est animée par Roger Parmentier, pasteur de l’ERF à la retraite, sur un thème d’urgence dans les pays occidentaux où la déchristianisation est très forte « Les Eglises chrétiennes ont-elles un avenir ? ». Pour contact, lien 


1 - « Eglises » ou « Equipes de volontaires pour réaliser le Règne de Dieu » ? Alfred Loisy disait : Jésus a proclamé le Royaume de Dieu et c’est l’Eglise qui est venue. Le projet global de Jésus peut-il être retrouvé et réalisé ?
2 - La « survivance de Jésus » chez Dietrich Bonhoeffer : lucidité, résistance, responsabilité, courage, engagement … à hauts risques !
3 – Les Eglises d’outremer nées des missions protestantes : un exemple encourageant ou discutables ?
4 – Les projets du « christianisme social » nouveau. Les « Fraternités » de la Mission populaire… des raisons d’espérer ? Le christianisme libéral, une nécessité ? (Evangile et Liberté, Théolib, Correspondance unitarienne, etc.)
5 – Que faut-il inventer (et dans quelle fidélité) avant le total effondrement ? Priorité à la pratique et à la proclamation de l’Evangile de Jésus ? Vivre sans temples, sans personnel rétribué (*) ? Prière pour qu’il y ait des vocations de « réalisateurs-proclamateurs » ? Formation historique et théologique plus poussées ? Retrouver un Evangile compatible avec toutes les cultures, y compris sécularisées ? non religieuses ? Etre « Samaritain » aujourd’hui ? Etre prophète ? Des groupes prophétiques ?
 

 

* ndlr – voir l’exemple de notre Eglise unitarienne francophone ( lien) qui fonctionnement uniquement sur Internet, comme tout autre Eglise protestante (avec un ministre du culte, un conseil d’Eglise et des cultes réguliers), sans personnel rémunéré et sans budget .

Jeudi 18 août 2011 4 18 /08 /Août /2011 10:33
- Par Roger Parmentier - Publié dans : les protestantismes - Communauté : Religions en toute liberté

Trop souvent, l’Allemagne luthérienne et la Suisse calviniste ont monopolisé l’attention des protestants – et des historiens ! – au détriment d’autres foyers réformateurs tout aussi importants, comme par exemple le mouvement hussite en Bohème, puis en Moravie, et le mouvement anti-trinitaire en Pologne et en Transylvanie.


Notre dossier « sur les Réformateurs » (lien), sur notre site documentaire « La Besace des unitariens », essaie de rétablir une vision plus équilibrée de ces Réformes qui, en leur temps, renouvelèrent profondément le christianisme et le diversifièrent. Vous y trouverez des noms de théologiens malheureusement peu connus, mais qui méritent de l’être ; entre autres  :
 
Tomáš Štítný (1333 – mort en 1401 ou 1409)
Jean Huss ( 1370 - 1415)
Pierre Chelčický (1380 - vers 1460)
Grégoire (Gregor) de Prague (mort en 1470)
Matthias Červenka (premier évêque de l'Unité des frères, ordonné en 1467)
J. Rokycana (mort en 1474)
Luc de Prague / Lukas Prazsky (1458-1528)
Jan Kalenec (mort en 1524)
Jean Černy (éditeur des Acta Unitatis fratrum en 1551)
Jan Blahoslav (1523-1571)
le comte Nikolaus-Ludwig von Zinzendorf (1700-1760)


Les Eglises qui se réfèrent à Jean Huss :


l’Unité des Frères (Unitatis Fratrum) de la loi du Christ (1457-1620) (lien), connue aussi sous le nom des Frères moraves (depuis 1722) (lien) et depuis 1921 sous le nom de l’Eglise de l’Unité des Frères.

l’Eglise évangélique des Frères tchèques (Českobratrská církev evangelická), depuis 1918 (lien), qui est une Eglise protestante luthérienne et réformée

L’Eglise hussite tchécoslovaque (Cirkev ceskoslovenska husitska CCSH), depuis 1919 (lien) qui est une Eglise catholique indépendante et d’ecclésiologie de forme protestante


Lieux à visiter :


- En Bohème (République tchèque) :


kunvald.jpg

l'entrée de Kunvald, petit village de Bohème et berceau de l'Unité des Frères.

 

Prague : la statue de Jan Huss
Tabor ( lien), au sud - sud-est de Prague, à mi distance de Prague et de Brno, le fief des hussites radicaux, les Taborites.

Chelčice (au sud de Prague, puis au sud de Vodñany), village natal de Grégoire de Prague où un musée à son nom a été aménagé (lien).
Kunvald, à l’est de Prague, au nord - nord-est de Žamberk (lien), le fief de l’Unité des Frères (Unitatis Fratrum) de la loi du Christ

- En Saxe (Allemagne) :

 

Herrnhut (lien), à l’est de Dresden, puis au sud-est de Löbau, le berceau des Frères moraves,

Alors, profitez de vos vacances pour visiter ces lieux !

Vendredi 10 juin 2011 5 10 /06 /Juin /2011 01:45
- Par Jean-Claude Barbier - Publié dans : les protestantismes - Communauté : Religions en toute liberté

evangile_et_libert_.gif

 

Journées 2011 de l'Association protestante libérale Évangile & liberté, du samedi 8 octobre à 10 heures au dimanche 9 octobre à 16 heures, au Club Belambra « Presqu'île du Ponant » - rue Saint-Louis, 34280 La Grande Motte, sur le thème « Jésus au-delà des évangiles ».


 Samedi :


Ouverture par James WOODY, pasteur de l'ERF, président d'E&L
Rémi GOUNELLE, doyen de la faculté de Théologie protestante de Strasbourg. « Jésus et le judaïsme dans quelques textes apocryphes »
Thomas RÖMER, professeur au Collège de France, « Jésus et l'Ancien Testament selon les constructions des évangiles »
Soheib BENCHEIKH, théologien musulman et Pierre LOUIS, professeur des Universités, table ronde : « Jésus vu par les non chrétiens »
A 17h00 - Proclamation du lauréat du prix Évangile & liberté, puis AG de l’association Évangile & liberté et vie du journal. En soirée détente avec le groupe musical Tamatakia
 
Dimanche :


Katell BERTHELOT, chercheur au CNRS (Centre de recherche français à Jérusalem) : « Jésus à la lumière des manuscrits de la mer Morte »
Culte présidé par Florence COUPRIE, pasteur ERF à Saint-Maur-des-Fossés
Christian AMPHOUX, chercheur au Centre Paul-Albert Février de l'Université de Provence « Le Jésus de l'histoire est-il un Juif marginal ou un réformateur ? »
Envoi par Henri PERSOZ.

 

Hébergement et repas sur place ; s’inscrire avant le 15 septembre auprès de Lucette MARION, tél. 04 66 86 27 10,  courriel


Jésus au-delà des évangiles


Jésus de Nazareth n’est pas que ce qu’en disent les quatre évangiles qui se trouvent dans la Bible. Jésus n’a pas été que cela, loin de là. A contrario, il est probable qu’il n’ait pas été tout cela non plus. Toujours est-il que nous n’avons plus accès à lui que par les écritures qui en gardent le souvenir. C’est donc à la condition de nous plonger dans toutes ces archives qu’il nous est possible d’en savoir un peu plus, sans pour autant pouvoir espérer établir une biographie de Jésus. Albert SCHWEITZER nous a mis en garde depuis longtemps contre ce doux rêve.


Jésus déborde largement des quatre évangiles et des textes du Nouveau Testament, soit. Mais où peut-on retrouver sa trace ? dans les textes contemporains aux évangiles, mais qui n’ont pas été retenus dans la Bible (les textes apocryphes). Nous pouvons l’apercevoir également dans la culture de son époque et de sa tradition religieuse (l’Ancien Testament, les textes de Qumran, les écrits rabbiniques). En effet, Jésus, lui aussi, est le produit de son environnement et de ses racines.


C’est cela que nous vous invitons à explorer en compagnie de chercheurs qui se sont illustrés par leurs travaux scientifiques. Et, pour nous aider à quitter les lunettes chrétiennes qui déforment souvent notre regard sur Jésus, nous nous interrogerons aussi avec des non-chrétiens.

James WOODY

Dimanche 22 mai 2011 7 22 /05 /Mai /2011 09:12
- Par Evangile et Liberté - Publié dans : les protestantismes - Communauté : Religions en toute liberté

andre_gounelle_le_dynamisme.jpg André Gounelle, 2011 -  Le Dynamisme créateur de Dieu. Essai sur la théologie du Process ;  Paris, Van Dieden editeur, coll. « Références théologiques », 236 pages, 20 Euros. Il s'agit de la réédition d'un cahier spécial de la revue "Études théologiques et religieuses" paru en 1981, mais avec de nombreux remaniements et compléments. En vente en ligne à l'Arrêt aux pages (lien).

 

définition de la théologie du Process par l'auteur :

 

" La théologie du Process se caractérise par son insistance sur le dynamisme créateur de Dieu. Contre une forme de pensée statique (très forte en Occident), elle conçoit les réalités (personnelles ou impersonnelles) en termes de mouvement, de déplacement, de combinaisons multiples dans un flux incessant. Pour elle, l'événement l'emporte sur l'être, la révélation sur la substance, la marche sur la demeure, la temporalité sur la matérialité. Ce qui entraîne quantité de conséquences, que ce livre expose, sur la manière de comprendre Dieu, le Christ, l'homme et la vie chrétienne. La théologie du Process s'efforce en même temps de penser avec pertinence et profondeur la foi chrétienne, d'en actualiser les conceptions, et de susciter une prédication vivante et entraînante ".

 

Information transmise à la Correspondance unitarienne par Marie-Claire Lefeuvre

Lundi 18 avril 2011 1 18 /04 /Avr /2011 18:19
- Par d'après une présentation de l'éditeur - Publié dans : les protestantismes - Communauté : Religions en toute liberté

L'Union protestante libérale (UPL) tiendra samedi le 26 mars 2011 de 14h à 17h30 au CIARUS, 7 Rue Finkmatt à Strasbourg un colloque sur le thème : "Des tentatives universalistes à l'émergence d'une religion humaniste ?", avec la participation du professeur Ralph Stehly, de Jean-Paul Gros-Sorg, président de l'AFAAS, et Ernest Winstein, président de l'UPL.

 

Présentation du colloque :
 

Un regard critique sur les religions permet de mettre en lumière les valeurs fondamentales qui s'y rattachent et de s'interroger sur leur actualité. Une telle approche ne cherche pas à conclure à leur inutilité, ou les cibler comme obsolètes, mais encouragera ceux qui s'y rattachent à  s'interroger sur leurs positions lorsque celles-ci paraissent immuables et définitives, et à se rejoindre dans une même volonté de donner un avenir à l'humanité, d'oeuvrer à l'épanouissement de la vie, et d'en défendre la dignité. Les


Ralph STEHLY, professeur d'histoire des Religions à la Faculté de théologie protestante de Strasbourg, "
Tentatives universalistes des grandes religions (à l'exemple de l'hindouisme et de l'islam) ".

Il y a de nombreuses voies vers l'universalisme. Nous  voudrions présenter dans cette communication la stratégie de deux religions qu'a priori tout oppose : l'hindouisme, vieille religion ethnique indo-européenne, fortement encadrée par la classe sacerdotale des brahmanes, croyant en la réincarnation et en la médiation des représentations figurées, et l'islam, la plus jeune des grandes religions mondiales, sans sacerdoce, farouchement monothéiste , iconoclaste et croyant comme ses deux devancières sémitiques en la résurrection et au Jugement dernier.


Jean-Paul SORG, président de l'Association française des amis d'Albert Schweitzer : " La religion est-elle statique ou évolutive ? Albert Schweitzer et son approche critique de la religion ".
Étant une réalité humaine, donc historique, chaque religion se transforme, sans doute, mais évolue-t-elle vraiment et dans quel sens ? Le sens d'une « démythologisation » croissante, avec réduction du surnaturel ? A-t-elle pour fin, en se sécularisant, de devenir plus en plus clairement éthique et de tendre vers un humanisme ? Le pasteur Schweitzer disait prendre le droit d'être un hérétique. Est-ce par son action humanitaire, sortie du cadre missionnaire, et sa philosophie du respect de la vie qu'il a payé ce droit ?

 

Ernest WINSTEIN, président de l'Union protestante libérale : " Pour une religion humaniste".

Au-delà des phénomènes religieux à la mode aujourd'hui, une vision humaniste, dépouillée de dogmes et de rites inutiles, ouverte aux questionnements philosophiques, religieux socio-économiques, scientifiques et soucieuse de l¹avenir de l¹humanité est aujourd'hui, plus que jamais requise. Les religions monothéistes sont-elles capables d¹une telle évolution ou faut-il militer pour une nouvelle religion humaniste ?


Entrée libre. Pour faciliter l'organisation de la rencontre, les responsables prient les personnes intéressées de signaler leur participation - Renseignements : Ernest Winstein 31, rue des Foulons F 67200 Strasbourg, tél. 06 10 92 92 42, Mail : winstein@free.fr
Le site de l'UPL : http://unionprotlib.free.fr ; Le blog de l¹UPL : http://unionprotlib.over-blog.com/

Mercredi 23 mars 2011 3 23 /03 /Mars /2011 08:42
- Par Union protestante libérale - Publié dans : les protestantismes - Communauté : Religions en toute liberté

theodore_monod_.jpg"Un homme de foi", par Nicole Vray, publié aux éditions Olivetan, début 2011, 128 p.

 

Au cours de son existence de scientifique, de saharien, de penseur, Th. Monod a été marqué par de nombreuses rencontres : Albert Schweitzer, Vercors, le saint François d’Assise soudanais Tierno Bokar, Amadou Hampâté Bâ, l’islamologue Louis Massignon, André Gide, Henri Delforges

 

Ce petit livre les retrace et nous fait percevoir combien elles ont marqué, transformé et mis en route Théodore Monod. Qui sait par exemple qu’il a créé avec son père Wilfred, les Veilleurs, un tiers ordre laïc de prière ?

 

Tous ses combats – pour la protection de la nature, contre les essais nucléaires, pour l’objection de conscience, contre l’injustice, pour la liberté de conscience, pour la tolérance religieuse, pour le recul du fondamentalisme, pour le respect des différences… – sont des combats au nom d’une foi et de convictions profondément enracinées.

 

Ce livre est vendu notamment à la Librairie Arrêt aux Pages .Com ( lien).

 

Théodore Monod fut président d'honneur de la première association unitarienne francophone, l'Association unitarienne française (AUF) de 1987 à 1996, puis de l'Assemblée fraternelle des chrétiens unitariens (AFCU) de 1997 à sa mort en novembre 2000

Samedi 12 mars 2011 6 12 /03 /Mars /2011 19:15
- Par Librairie Arrêt aux Pages .com - Publié dans : les protestantismes - Communauté : Religions en toute liberté

Catholiques, orthodoxes et musulmans ont leurs pèlerinages. Des pèlerinages interreligieux ou islamo-chrétiens sont régulièrement organisés. Mais les protestants n’y sont guère partie prenante, car, pour eux, il n’y a pas de lieux sacrés, ni de dévotions aux saints. Encore que chez les évangéliques, cela soit quelque peu différent. Mais traditionnellement en France, il n’y a pas en principe pas de pèlerinage protestant. Pourtant, si on y regarde de plus près, il y a différentes initiatives qui même si elles n’en portent pas le nom, vont dans le sens de la réappropriation de la notion de pèlerinage chez les protestants, qui désigne un cheminement à la fois géographique, historique, culturel et social pour lequel la dévotion aux saints n’est pas nécessaire, mais la découverte de la nature et le cheminement spirituel sont utiles.

On notera d’abord que des pasteurs sont régulièrement intervenants lors des pèlerinages-voyages organisés sur les pas de saint Paul ou en Terre sainte. Mais il faut surtout signaler chez nous la réalisation de différents sentiers huguenots dans des lieux où la mémoire protestante est riche.

* Le sentier des Huguenots du Poitou-Saintonge, du temple de Beaussais au temple de la Couarde (Deux-Sèvres) : c’est le plus court, mais pas le moins intéressant ( lien).
* Le sentier des huguenots, sur les traces de Marie Dubois : 48 km entre Courcelles-Chaussy, dans la région de Metz, et Ludweiler, en Sarre (Allemagne) (lien) (second lien)
* Sur les pas des Huguenots : un immense itinéraire de 1400 km de sentiers de randonnée depuis la Drôme  jusqu’à Genève et Francfort sur le Main : en France, dans le Diois, le Vercors, l’Oisans, etc. (lien) (second lien)

Et même si elle n’en a pas le nom, l’Assemblée du Désert, le grand rassemblement protestant, est bien un pèlerinage organisé chaque année le 1er dimanche de septembre, en pays cévenol, au Musée du désert au Mas Soubeyran, maison du chef camisard Rolland (à Mialet dans le Gard) qui rappelle la mémoire des Camisards et surtout les cent ans de résistance spirituelle des protestants après la révocation de l’Edit de Nantes (lien)

On tiffray.png peut ajouter aussi la fête d’été du Musée protestant de l’Ouest, tous les mois de juin au château du Bois-Tiffray à Monsireigne au coeur du bocage vendéen, à environ 12 km de Pouzauges en direction de Chantonnay (lien).

 

Ancien logis du XVIII° siècle, transformé à la fin du XIX° siècle. Le corps du château présente une façade très harmonieuse composée de deux ailes ouvertes par deux fenêtres sur deux niveaux. Des mansardes aèrent la haute toiture ardoisée et procurent à l’ensemble l’aspect des gentilhommières de campagne.

Les propriétaires sont protestants depuis le XVI° siècle. Ce château a été donné à la Société d'histoire du protestantisme français (Paris) en 1945 et ouvert en musée deux ans après, en 1947.

 

Mais il y a bien d’autres lieux de mémoire protestants qui valent le détour ; je pense notamment à la Maison d’Albert Schweitzer à Gunsbach, en Alsace. On trouvera une liste de ces lieux sur le site du Musée virtuel du protestantisme français (lien)

Dans les autres branches du protestantismes, je signale un lieu de mémoire : la maison quaker de Congénies dans le Gard (lien). Et enfin, les grands rassemblements de la Mission évangélique tzigane Vie et lumière qui sont souvent présentés comme des pèlerinages (lien). Bien entendu, les chrétiens unitariens peuvent très bien aller en pèlerinage à Cluj-Napoca et à la forteresse de Deva en Roumanie, sur les traces de Ferenc David, et des premiers unitariens, mais aussi en Espagne, à Villavueva de Sijena, à la maison natale de Michel Servet (lien).

Documentation réunie par Régis Pluchet

Jeudi 28 octobre 2010 4 28 /10 /Oct /2010 02:57
- Par Régis Pluchet - Publié dans : les protestantismes - Communauté : Religions en toute liberté

Le dimanche 26 septembre, à l'Eglise protestante de Bruxelles (Chapelle royale, Coudenberg, 5 - 1000 Bruxelles), aura lieu une Journée organisée par Evangile et liberté, sur le thème "Protestantisme libéral - avenir des religions"

 

10 h 30 - Culte présidé par Laurent Gagnebin, directeur de la revue Evangile & Liberté

12 h - Repas (participation 10 € par personne)

13 h 30 - Conférence de Raphaël Picon, rédacteur d'Evangile & Liberté :  "Le protestantisme libéral : son identité, ses convictions, son avenir... "

14 h 30 table ronde avec Jean-Marie de Bourqueney, Farid El Asri, David Meyer :  "L'avenir des religions : fermeture ou ouverture ? Repli ou dialogue ? "

15 h 30 conclusions, perspectives et nouvelles du journal

 

evangile_et_libert_.gif

Le protestantisme libéral, c'est :

 

. la primauté de la foi sur les doctrines,

. la vocation de l'homme à la liberté,

. la constance nécessité d'une critique réformatrice,

. la valeur relative des institutions ecclésiastiques,

. notre désir de réaliser une fraternité active entre les hommes qui sont tous, sans distinction, enfants de Dieu.

 

Inscriptions & renseignements (lien)

Vendredi 27 août 2010 5 27 /08 /Août /2010 06:40
- Par Evangile et liberté - Publié dans : les protestantismes - Communauté : Religions en toute liberté

Les Journées 2010 du protestantisme libéral, organisées par Evangile et Liberté, auront lieu les samedi et dimanche 9-10 octobre à la Grande Motte (au club Belambra, "presqu'île du Ponant", rue Saint-Louis) sur le thème "Eduquer et transmettre"

 

evangile_et_libert_.gif

 

Le thème est introduit par James Woody, pasteur à l'Oratoire de Louvre et président de l'association Evangile et Liberté :

 

Crise de la transmission, perte des valeurs communes, éducation en panne ... les slogans ne manquent pas pour dire un sentiment général. De nombreux parents sont déçus de voir que leurs enfants ou leurs petits-enfants ne reprennent pas à leur compte des convictions et des pratiques ancrées dans la famille depuis des générations. Bien des enseigannts sont frustrés de devoir enseigner l'art de vivre aux jeunes qui leur sont confiés plutôt que de pouvoir les éveiller à leur discipline. L'Education nationale, qui était le fer de lance de la République, est déconsidérée et vidée de son autorité.

 

N'est pas que fatalité à laquelle il faut se soumettre bon gré mal gré ? Dans le meilleur des cas, faut-il courber le dos en attendant des jours meilleurs ? Nous pensons qu'il y a mieux à espérer et mieux à faire que de se résigner ou se réfugier dans l'attentisme. Comme toujours en temps de crise, il est précieux de jeter un regard sur l'histoire qui n'a pas pour seule vocation de nous donner des leçons : cela nous permet de relativiser notre situation, de l'éclairer d'un jour nouveau, souvent inattendu et d'y enraciner une espérance.

 

Ensuite, le partage des expériences, des expertises, des pratiques, nous permettra aussi de penser l'avenir proche aussi bien dans le champ de l'éducation que de la spiritualité et de proposer, si ce n'est des voies de salut, du moins des possibilités de dépasser ces constats d'échec. Il s'agira bien d'offrir de nouvelles possibilités d'être convenablement équipé pour s'engager dans la vie".

 

Sont prévues les communications suivantes :

 

" Les enjeux de la transmission dans le protestantisme au 21ème siècle" par Antoine Nouis, pasteur à l'ERF

" Comment enseigner aujourd'hui" par Edith Tartar-Goddet, Stéphane Lombardo et Armelle Nouis de la Fédération protestante de l'enseignement

"Je vous aime, au revoir", soirée théâtrale par Laurence Tartar-Foucher, pasteur de l'ERF et comédienne

"Evolution et enjeux de la catéchèse" par Maurice Baumann, professeur à la Faculté de théologie de l'université de Berne

"Quelle prédication pour aujourd'hui" par Bruno Gaudelet, pasteur de l'ERF

 

Le culte du dimanche matin sera présidé par Line Dépraz, pasteur, conseillère synodale de l'Eglise réformée du canton de Vaud.

 

S'inscrire avant le 15 septembre auprès de Lucette Marion (lien)

 

Sur le même thème de la transmission de la foi, voir notre introduction dans nos Etudes unitariennes (lien)

Jeudi 26 août 2010 4 26 /08 /Août /2010 15:00
- Par James Woody - Publié dans : les protestantismes - Communauté : Religions en toute liberté

Le pasteur Claude Baty, président de la Fédération protestante de France (FPF), lors de la visite du président Nicolas Sarkozy à la Faculté de théologie protestante de Paris et de l'inauguration du Fonds Paul Ricoeur (jeudi 27 mai 2010), a annoncé un prochain colloque, en novembre prochain, sur le néo-protestantisme – annonce sans doute inédite car les sites de la FPF et de l’hebdomadaire Réforme n’en disent mot !

claude_baty.jpg "Je viens d'employer le terme de néo-protestantisme. Il a toute sa signification aujourd'hui, puisque le protestantisme est clairement une famille recomposée, au point que la Fédération protestante de France organise un colloque sur le sujet en novembre. Le néo-protestantisme marqué par la mondialisation des idées et la communication sans frontière, profite largement de l'arrivée de nouveaux venus qui trouvent refuge dans la patrie de ceux qui leur ont annoncé l'Évangile. Le protestantisme se sent la responsabilité d'accueillir ces nouveaux membres, frères et sœurs dans la foi et en humanité. Aujourd'hui, le protestantisme français ne peut plus se définir seulement par son histoire mais, et certainement essentiellement, par sa foi, une foi qui se dit dans des cultures nouvelles. Au cœur des convictions du protestantisme, il y a la certitude que l'Évangile de Jésus-Christ est une belle espérance pour tous et que cette bonne nouvelle nous engage dans la cité au service de tous. Au-delà de leurs coreligionnaires, les protestants français sont préoccupés par la situation de tant de femmes, d'enfants et d'hommes qui ne trouvent nulle part où vivre, nul endroit pour être accueillis.".

A la suite du sociologue Ernst Troeltsch (1865-1923), tous les historiens ont, jusqu’à présent, utilisé le terme de néo-protestantisme pour souligner combien le protestantisme dans sa version libérale avait évolué, changé, s’était profondément modifié, voir avait carrément muté par rapport au calvinisme d’autrefois. D’une façon générale, il est rare de trouver encore des protestants qui se revendiquent théologiquement de Calvin ! Paraît-il quelques groupes attardés aux Etats Unis qui viennent en pèlerinage dévot au Musée de la Réforme à Genève.


L’ambiance dans les paroisses ERF entre autres est au rappel que nous sommes pêcheurs mais c’est pour ajouter aussitôt que la Grâce de Dieu est offerte à tous ! (c’est un alignement sur la théologie méthodiste) et on ne parle plus de l’enfer sinon pour signifier le refus jusqu’au boutisme de l'amour de Dieu (le théologie universaliste écarte toute punition car tout le monde est sauvé, y compris les méchants !). Les sermons catholiques, eux aussi, n’évoquent plus l’enfer ! Sinon dans les milieux traditionalistes. Le bons sens populaire a réussi à tordre le coup aux théologies restrictives du salut : pour les peuples chrétiens, Dieu est amour, basta !


Ce constat d’un protestantisme émancipé, humaniste, spirituel au meilleur sens du terme, héritier du Siècle des lumières et de l’exégèse historico critique de l’Ecole allemande des années 1830, puis ardent promoteur de l’Ecole publique au XIXème siècle et d’une laïcité radicale, est fait par tous les historiens.


En 1996, Pierre Gisel rappelle les analyses du sociologue allemand « Ernst Troeltsch : aboutissement ou dépassement du néo-protestantisme ? » dans la revue Laval théologique et philosophique, vol. 52, n° 3, p. 719-733.


En 1998, la Revue de théologie et de philosophie du 2ème trimestre (n° 2, vol. 130) porte sur les « Figures du néo-protestantisme : pourquoi relire le néo-protestantisme ? », avec la vision d'un âge éthique non ecclésial du christianisme de Richard Rothe (1799-1867), la théologie critique au service de l'émancipation bourgeoise : David Friedrich Strauss (1808 - 1874), Ernst Troeltsch (1865-1923), et quelques autres théologiens, tels Harnack et Ritschl. Toujours dans ce numéro, L. Kaennel, professeur à la faculté de théologie et l’université de Lausanne) présente une liste d'ouvrages et d'articles francophones sur le néo-protestantisme. La même année, l’historienne Elisabeth Labrousse dans la revue Théolib, n° 3, 3ème trimestre) (lien ).


En 2007, la Revue Réformée (n° 241, janvier) publie un dossier « Réforme et néo-protestantisme » : Incertitudes modernes et foi chrétienne. G. C. Berkouwer (1903-1996) - L'autorité des Saintes Ecritures - Réforme ou révolution ? - Incertitude moderne et foi chrétienne - La conception moderne du monde et les commandements de Dieu - Christ et son Eglise (lien ).

Mais Claude Baty parle-t-il de cela ? Que signifie l’abandon de toute référence historique à la fois des origines (si chères aux « orthodoxes ») mais aussi des progrès réalisés depuis que le néerlandais Jacob/Jacobus Herman/Arminius (vers 1560-1609) s’éleva contre la prédestination calviniste et la sous valorisation de la liberté et de la raison humaine ? La foi en Jésus-Christ, certes ! mais elle est l’affaire de tous les chrétiens et non des seuls protestants. Peut-on parler d’une confession chrétienne parmi d’autres, en l’occurrence la protestante, en faisant l’impasse sur l’histoire ? Bizarre !

 

à suivre ...

Mardi 1 juin 2010 2 01 /06 /Juin /2010 17:10
- Par Jean-Claude Barbier - Publié dans : les protestantismes - Communauté : Religions en toute liberté

suite et fin de l'article précédant

 

En fait, le néo-protestantisme désigne AUSSI, mais pour d’autres auteurs, les nouvelles Eglises apparues aux Etats Unis et qui ne se revendiquent pas comme issues des Réformes européennes du XVIème siècle.


Sont issues de la Réforme : les Eglises luthériennes, les Eglises calvinistes / congrégationalistes (aux Etats-Unis) / Réformées (en France et pays voisins), les Mennonites (ayant hérités des anabaptistes), sans oublier les Eglises unitariennes de langue hongroise (héritières d’une autre Réforme radicale : l’anti-trinitaire). S’y sont ajoutées des Eglises catholiques qui se sont ralliées à la Réforme : les vaudois (qui étaient sous le coup de l’Inquisition), les anglicans / épiscopaliens américains, avec le rejeton méthodiste, les hussites en Tchécoslovaquie, etc.


Mais, aux Etats-Unis au XIXème siècle, d’autres Eglises sont apparues sans aucune filiation avec les Réformes européennes du XVIème siècle et dont les liens avec le protestantisme sont à géométrie variable. Les adventistes se disent volontiers protestants et participent aux fédérations nationales mises en place, mais les quakers, les mormons, les témoins de Jéhovah ne fréquentent pas les autres protestants et font bande à part. Les unitariens anglo-saxons et les unitariens-universalistes, héritiers du protestantisme anti-trinitaire, sont carrément sortis du giron protestant. Qu’en est-il des Eglises pentecôtistes et des chrétiens évangéliques du début du XXème siècle ?

Le dimanche 19 février 1999, le pasteur Pierre Bailleux, de l’Eglise réformée de l’Alliance (située à Braine l’Alleux, en banlieue Sud-Est de Bruxelles), adressa une lettre ouverte à l’Eglise protestante unie de Belgique (EPUB) dont son Eglise est membre et qui s’apprêtait à intégrer les Eglises évangéliques fondamentalistes en son sein ; exactement ce que souhaite aujourd’hui, ardemment, la Fédération protestante française (FPF). Sont cosignataires les membres du Consistoire et du Conseil d'administration de l'Église réformée de l’Alliance. Il y conteste très vigoureusement un tel élargissement au nom de l'identité protestante (lien ).

 

Ses arguments : une lecture encore littéraliste et naïve de la Bible aux antipodes de l’exégèse scientifique, l’affirmation de détenir une Vérité absolue à partir de la même Bible, traînant avec eux le créationnisme comme un boulet depuis le récit de la Genèse, une théologie éculée faisant croire aux châtiments divins chaque fois qu’il y a une catastrophe (le sida, etc.), la discrimination de la femme dans la gestion des communautés chrétienne, la réprobation sans l’ombre d’un doute l’homosexualité, sans ouverture aux autres religions, etc. La liste des griefs est longue !

Que de différences d’avec le protestantisme d’aujourd’hui qui, depuis longtemps, a largué Calvin aux oubliettes. Olivier Abel a bien été le seul à parler d'une soi disante « modernité » de Calvin en cette année du 500ème anniversaire de sa naissance où les Réformés ont voulu faire un effort de mémoire (voir son livre paru à Paris aux éditions Pymalion, en 2009). Mal leur en a pris d’ailleurs, car la pieuse commémoration a viré à l’éloge de Michel Servet (brûlé martyr à Genève en 1553) et de Sébastien Castellion (qui dût s’exiler à Bâle en 1544) ! Merci à Calvin, sinistre dictateur théologique, qui sert manifestement de repoussoir, sinon d’épouvantail à tous les chrétiens libéraux d’aujourd’hui (nonobstant ses qualités d’organisateur efficace, sa grande aisance dans le maniement de la langue française, la clarté de ses argumentaires, et sa connaissance de l’hébreux et de l’Ancien testament dont il ressortit tous les préceptes !).

olivier-abel-yod-2009-s.jpg Certes, des communautés de la nouvelle mouvance pentecôtiste - évangéliques n’en sont plus là et ont su évoluer, se faire plus tolérantes, mais le gros du bataillon reste dogmatique et conservateur. Avec un tel grand écart, peut-il y avoir travail en commun, voir même osmose ? Le vœux d’Olivier Abel semble fort pieux :


« De ces vieilles souches [protestantes européennes] pourraient alors surgir de frais rameaux et une résistance inattendue - alors que certains néo-protestantismes sont parfois comme des fleurs coupées, à l’efflorescence impressionnante mais qui s’étiolent bien vite. Afin de réussir cette greffe, cependant, il faudrait trouver un bon rythme entre ce vétéro-protestantisme et ce néo-protestantisme. » (
"Les cultures et le différend, Un rythme protestant ?", Réforme, n°3196 du 26 octobre 2009)


Le vœux semble d’autant plus pieux, que ces « néo-protestants » surfent sur leur succès et s’ennuient fermes avec un protestantisme qu'ils jugent essoufflé, où ils ne sentent pas les fortes manifestations de l’Esprit-Saint auxquelles, eux, sont habitués (le parler en langue, l’ondoiement, les guérisons miraculeuses, les alléluias à tout bout de champs, etc.), d’où la création récente d’un Conseil national évangélique français (CNEF) où ils ont manifestement le plaisir d’être ensemble et qui met à mal le projet de la Fédération de les racoler. Aux derniers débats, certains voulaient quand même rester au sein de la Fédération, pendant que d’autres n’y étaient pas du tout intéressés.


Faut-il forcer les choses, vouloir élargir les Fédérations, en faire des attrape tout ? où bien se contenter de mouvances religieuses cohérentes où la gestion des diversités n’empêche pas le travail, les échanges, la fraternité (voir notre définition des mouvances religieuses, lien) ?


Et si Pierre Bailleux (1942-2008) * avait raison ?

* pour en savoir plus sur Pierre Bailleux, voir la rubrique à son nom dans La Besace des unitariens.

Mardi 1 juin 2010 2 01 /06 /Juin /2010 16:42
- Par Jean-Claude Barbier - Publié dans : les protestantismes - Communauté : Religions en toute liberté

Extraits du discours du président Nicolas Sarkozy lors de l'inauguration du Fonds Paul RICOEUR à l'Institut protestant de théologie de Paris, le jeudi 27 mai 2010.


Nous voici donc réunis dans ces locaux magnifiquement rénovés et modernisés de l’Institut Protestant de théologie pour inaugurer l’installation du fonds Ricœur. Nous ne célébrons pas seulement un legs de 15 000 volumes désormais accessibles à tous mais aussi la mémoire d’un penseur dont cette bibliothèque de travail et les archives personnelles témoignent de l’étendue de la réflexion et des connaissances, à la dimension de son œuvre qui le place parmi les plus grands philosophes français de la deuxième moitié du XXe siècle.


Après avoir évoqué la vie et l'oeuvre de Paul Ricoeur (1913-2005), N. Sarkozy embraie sur l'état du protestantisme français et son rôle dans notre société. Fidèle à sa conception d'une laïcité ouverte, il invite à des relations de franche collaboration et souhaite la reconnaissance par l'Etat français des diplômes de rang universitaire délivrés par les Facultés protestantes.


Évoquer la grande figure de Paul Ricœur c’est donc évoquer aussi les plus hautes vertus intellectuelles, morales et spirituelles du protestantisme français. Ce n’est pas faire injure au principe de laïcité dont les protestants, mieux que quiconque, connaissent la valeur, parce qu’ils se sont battus pour elle, parce qu’ils en sont parmi les principaux artisans. Ce n’est pas faire injure au principe de laïcité que de reconnaître dans le protestantisme une pensée de la liberté et de la responsabilité humaines.

 

nicolas_sarkozy_republique-religions-esperance.JPG Une éthique forte, rigoureuse, exigeante.
Un esprit d’indépendance.
Une volonté de résistance à toutes les oppressions.
Une fidélité sans faille à la Nation et à la République.


Voilà ce que le protestantisme a gravé dans l’esprit et le cœur de tous les enfants des morts de la Saint-Barthélémy, des Camisards traqués dans les Cévennes, des femmes protestantes enfermées dans la Tour de Constance à Aigues-Mortes qui écrivaient « Résister » sur le mur de leur prison, des Justes du Chambon-sur-Lignon qui cachaient les enfants juifs parmi leurs propres enfants ... Le protestantisme fait partie de notre histoire, de notre culture, et oserai-je le dire, il est partie intégrante de notre identité nationale.

Comment ne pas penser à ce que disait ici-même Jules Ferry lorsqu’il inaugura en 1877 les locaux que l’État venait d’offrir à la nouvelle Faculté de Théologie Protestante de Paris ? : « Le protestantisme a été, dans l’histoire moderne, la première forme de la liberté (…). La Révolution de 1789 (…) a été faite en partie pour vous : elle est pour vous la date de l’affranchissement définitif ».  Il ajoutait : « l’État est ici à sa place, il a ici sa part, non pour fixer le dogme, qui ne lui appartient pas, mais à un double titre qui lui est propre, celui de gardien de la cité terrestre et celui de gardien du savoir humain… »

C’était avant la séparation de l’Église et de l’État… Mais quelque chose de profondément vrai demeure dans ces paroles prononcées par le grand républicain qui inventa l’École laïque. Nous sommes ici dans un lieu d’étude et de réflexion non dans un lieu de culte. Ce qui est en jeu ici, dans cette Faculté de Théologie Protestante de Paris plus que séculaire, qui appartient à toutes les confessions protestantes et qui est ouverte à tout le monde, c’est la transmission d’une connaissance et d’un savoir qui représentent un véritable trésor d’humanité et qui fait partie de l’héritage d’une civilisation que nous voulons garder vivante. Croyants ou non croyants le legs de 2 000 ans de pensée et de civilisation chrétiennes nous concerne tous.

A une époque où l’on s’émeut à juste titre du risque de disparition de certaines espèces vivantes, de certaines langues et de certaines cultures, comment pourrions-nous rester indifférents au risque d’assèchement d’une tradition spirituelle à laquelle nous devons notre idée de l’Homme ?

Et ne voyons-nous pas aussi que la théologie telle qu’on l’enseigne ici nous préserve du charlatanisme, de l’esprit sectaire et rétrograde qui menacent de dénaturer le sentiment religieux et de l’engager sur des chemins peu compatibles avec les idéaux et les valeurs de notre civilisation ? Laissons tous ceux qui éprouvent le besoin de croire entre les mains de n’importe qui, n’ayant reçu aucune formation théologique sérieuse ancrée dans une longue tradition intellectuelle et c’est la société tout entière qui aura à en souffrir.

C’est vous dire combien je me réjouis de voir la vieille faculté de théologie protestante si vivante, si moderne.
C’est vous dire combien je me réjouis de constater l’esprit d’ouverture et l’esprit œcuménique qui règne ici.
C’est vous dire combien je trouve légitime votre demande de voir reconnaître les diplômes délivrés par l’enseignement supérieur protestant et fixer la liste de leurs équivalences comme cela a été fait pour l’enseignement supérieur catholique. Je souhaite qu’un groupe de travail soit rapidement constitué pour faire des propositions en ce sens au Gouvernement.


Mesdames et Messieurs,

Alors que l’économie et la société redécouvrent dans la crise sans précédent qui secoue le monde, un profond besoin d’éthique, alors que le progrès des sciences et des techniques met nos valeurs chaque jour à l’épreuve et que le capitalisme est en quête de morale, le silence des grandes religions serait incompréhensible tant elles sont dépositaires ensemble d’une partie essentielle de la sagesse humaine.

Elles n’apporteront rien en se dressant contre la science et contre l’économie. « La théologie que nous enseignons ici, disait en 1877 le doyen de votre faculté, accepte avec confiance les procédés et les méthodes auxquels est tenue de se soumettre la science moderne ».  C’est dans des lieux comme celui-ci que ce dialogue confiant entre la science et la religion peut s’organiser. C’est peut-être ce que nous avons de mieux à opposer à la mort lente d’une certaine idée de la civilisation et d’une certaine idée de l’Homme.

De Paul Ricœur, on a dit que cet homme si austère dans son travail, si plein de probité et de rigueur, aimait beaucoup rire. Peut-être tout simplement parce qu’il aimait la vie et que cet amour de la vie était plus fort que toutes les peines et toutes les souffrances. Peut-être ce rire fut-il la forme la plus irréfutable de sa sagesse. Peut-être était-ce pour cela que ses élèves l’aimaient tant. Peut-être que c’est ce qui manque le plus à notre époque.

Poser la question c’est dessiner déjà l’ampleur du défi que nous avons personnellement et collectivement à relever et la part qui peut être la vôtre à la croisée de tous les savoirs qui concernent l’homme le plus directement, oserai-je dire, le plus intimement. C’est une tâche redoutable.

Dans la stricte fidélité aux principes de la laïcité, vous pouvez compter sur le respect, la compréhension et le soutien de cette République qui vous doit tant. Et vous pouvez aussi compter sur moi.

Dimanche 30 mai 2010 7 30 /05 /Mai /2010 04:07
- Par Nicolas Sarkozy - Publié dans : les protestantismes - Communauté : Religions en toute liberté
Les conférences de l'Union protestante libérale (UPL), pour le 1er semestre 2010 : 

  

strasbourg_saint_guillaume.jpgVendredi 22 janvier, à 20h15 au foyer Lecocq, cour de l'église St-Guillaume, rue Munch, Strasbourg :

Le Dr Jean-Maurice SALEN, membre de l'UPL présente, une réflexion sur le thème : "Les minorités emboîtées. Comment vivons-nous notre situation religieuse minoritaire ?"

Une église en terre d’Islam qui ferme, faute de fidèles ; une église presque incongrue au milieu des « barres » d’un quartier périphérique ; des minarets de la discorde ; une ville en fête, foyer religieux multi séculaire, qui célèbre Noël sans référence explicite ; autant de marqueurs d’une intense sécularisation d’une part, de la permanence ‘’d’isolats’’ d’hommes, de femmes qui vivent en minoritaires une expression religieuse qui n’est pas ou n’est plus celle de leur propre histoire.


église Saint-Guillaume à Strasbourg, dessin de Laurent Kohler


L’auteur, ni sociologue, ni théologien, ni psychanalyste s’interroge à partir de son propre cheminement sur des situations, parfois dramatiques, que vivent, qu’ont vécu des millions de personnes que leur religion ‘’isole’’ sans parfois même en avoir conscience.

Le conférencier : Ancien praticien hospitalier, pneumologue, délégué régional de Médecins du Monde à Strasbourg depuis sa retraite. Militant de la Jeunesse étudiante chrétienne, très tôt engagé des les années 1955 pour la « reconnaissance du fait national algérien », à Lyon, pendant les années d’études. Coopérant civil volontaire en Algérie dans les années 1963-64-65 avec son épouse, deux très jeunes enfants (médecin chef dans un hôpital de l’Oranais). Plusieurs postes hospitaliers ou médico-administratifs en Rhône-Alpes et  Nord-Pas-de-Calais. Chef de service au centre hospitalier de Sarrebourg pendant 26 ans. Conseiller municipal de Sarrebourg de 1983 à 2008. Il habite Strasbourg depuis 10 ans.

 

Mercredi 24 février, à 20h au foyer Lecocq, Rue Munch à Strasbourg : "La question linguistique et les élections régionales", par Pierre KLEIN, président d'Initiative citoyenne alsacienne (ICA 2010)

 

Samedi 20 mars de 14h à 17h. Au foyer Lecocq / Cour de l’église St-Guillaume, rue Munch à Strasbourg.

Colloque sur : "Evolution ou Création. Vraie ou fausse alternative ? " Les poèmes bibliques de la Création confrontés aux sciences avec :

- André SCHAAF, professeur à l’Université de Strasbourg : L'évolution : des faits aux théories.

- Michel LEFEUVRE, philosophe des sciences : Une théorie scientifique de remplacement à celle de Darwin.

- Ernest WINSTEIN : Des mythes pour dire la foi. Une approche historico-critique des poèmes de la création (Genèse 2 et Genèse 1).

- débat et conclusion

 

Vendredi 28 mai à 20h15 (le lieu sera indiqué ultérieurement) : Vivre après la prison. Témoignage de Patrick DILS. Introduction par Gilbert GREINER.

 

Renseignements :


Union protestante libérale, Ernest Winstein, président, 31 rue des Foulons F 67200 Strasbourg, tél. 06 10 92 92 42, courriel, site, blog ; pour avoir les nouveautés, s’inscrire à la newsletter du blog.

 

Publications de l’UPL :

 

Vient de paraître : « L’humanité de Jésus ». L’ouvrage rassemble les textes des conférences du colloque sur le même thème qui s’est tenu les 29 et 30 mars 2008 à Strasbourg (Evangile et Liberté - Union protestante libérale de Strasbourg). Parution imminente. Coût 8€ + frais d’envoi. Contributions de :

Ernest WINSTEIN, « Jésus a-t-il promulgué une nouvelle loi ? Jésus et le Judaïsme de son époque »,

Jean-Paul SORG, «  Jésus vu par Albert Schweitzer »,

André GOUNELLE, « Le Christ, être nouveau », «  la résurrection », « la foi et la vie chrétienne »,

Frédéric ROGNON, « Jésus postmoderne ? ».

Les réflexions et recherches des chercheurs et penseurs contemporains nous permettent d’approcher, même si l’entreprise est difficile, la personne du Jésus historique, de mieux saisir l’engagement concret du maître de Nazareth auprès de son peuple et, donc, d’être interpellés par lui quant à notre engagement dans le monde d'aujourd'hui. Bénéfique retour aux sources pour qui ose déposer quelques a priori ou formules traditionnelles sur le « sauveur », le « rédempteur », le « fils de Dieu »,...).

 

Les « Annales n° 4 » :

Ce recueil de textes de conférences, de Philippe KAH (Giordano Bruno, tel Jésus, coupable de liberté), Claude CONEDERA (Tillich) et Ernest WINSTEIN (Le projet “politique” de Jésus) est communiqué au prix de 5€ (+ frais d'envoi 1.30€).

 

L'objectif de l'Union protestante libérale


"L'Union protestante libérale (U. P. L.) offre à tous ceux qui ont le souci d'un libre débat respectant les convictions, des occasions de rencontres et d'échange, tant sur les questions de société que sur des questions de foi, s'appuyant sur des recherches théologiques fondamentales systématiques."  (Article 2 des nouveaux statuts adoptés en assemblée générale le 7 avril 2003).


Lundi 18 janvier 2010 1 18 /01 /Jan /2010 14:21
- Par Ernest Winstein - Publié dans : les protestantismes - Communauté : Religions en toute liberté

Il ressort des recherches généalogiques effectuées par l’Eglise mormone que Barack Obama descend en droite ligne d'un Mareen Duvall, fils de huguenot français qui, arrivé d'Angleterre dans le Maryland à la fin 1650, épousa la petite-fille d'un Richard Cheney. Cela fait 8 générations depuis ...



Le président des Etats-Unis a reçu Thomas Monson, le président de L'Eglise de Jésus-Christ des saints des derniers jours, venu lui apporter un registre composé de cinq livres reliés de cuir. message Agence Presse du 21 juillet 09)

Il faut dire que les mormons, qui pratiquent le baptême post-mortem pour sauver les âmes, dépouillent les registres des paroisses et des Etats-civils du monde entier. Ce sont des généalogistes réputés et fiables. Ils ont constitué, dans la région de Salt Lake City, une base documentaire mondiale, dans un abri anti-atomique pour plus de précaution.

Mardi 21 juillet 2009 2 21 /07 /Juil /2009 12:05
- Par Actualités unitariennes - Publié dans : les protestantismes - Communauté : Religions en toute liberté
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