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Charles Rittmeyer (1918-2002), pasteur de l’Eglise évangélique réformée du canton de Vaud  (EERV), exclu de sa charge pastorale de la paroisse Sainte-Croix dans le Nord Vaudois, en 1955, pour innovation religieuse, ne s’est jamais rattaché à un courant.


Découvrant (en 1943) un Jésus très différent de celui enseigné par les Eglises chrétiennes, il ne s’inscrit pas pour autant dans le courant du protestantisme libéral qui pourtant est sensible aux avancées de l’exégèse scientifique et à la figure historique de Jésus et qui est bien présent à Genève par une Union protestante libérale et à l’université de Lausanne au sein du corps professoral (il cite d’ailleurs les travaux de Frédéric Amsler sur la source Quelle). On soupçonne que le doyen de la faculté de théologie de Genève, qui le soutiendra sans faillir, appartient à cette tradition, également les 16 pasteurs et théologiens qui s’engagent dans un avis aux lecteurs en entête de son opuscule de 1958 relatif à Jésus. Mais, lui n’en dit rien explicitement, même s’il cite Alexandre Vinet.


De même, nonobstant ses citations des logions de l’évangile de Thomas, il ne parle pas du christianisme gnostique.


Son rejet des dogmes, dont il rend Paul responsable de leur élaboration, ne l’invite pas pour autant à adhérer à la théologie unitarienne. Pourtant, pour lui, Jésus n’est nullement Dieu mais simplement un maître de sagesse.


Seule son adhésion à la franc-maçonnerie transparaît dans un fils d’Ariane qui va du pharaon Akhénaton (le supposé premier monothéiste connu), à Moïse (qui en serait l’héritier spirituel), aux Hébreux (qui auraient brouillé la piste avec un Dieu tribal et non plus universel, du nom de Yahvé), aux Esséniens (qui maintiennent la continuité avec Moïse), à Jésus (qui proclame que chacun peut trouver en lui le Dieu universel).


Charles Rittmeyer se voulait d’esprit scientifique – et il l’était effectivement en sa qualité d’ingénieur géomètre. Son biographe, Robert Nicole (2002), pense que cela a contribué au heurt avec le corps pastoral du canton de Vaud qui, lui, était de formation littéraire. Mais pourquoi cette non référence aux courants théologiques, comme si la chrétienté n’avait qu’une seule voix ?


Est-ce parce qu’une majorité de protestants, chemin faisant, auraient tout simplement oublié la liberté de pensée tant proclamée au XVIème siècle, et se retrouvent dans un conformisme religieux des plus anachroniques, au sein d’Eglises de chrétienté ni plus ni moins conservatrices que celles des catholiques ou des orthodoxes, d’où n’émergent plus aucun courant de pensée … bref, une Réforme qui aurait été faite en vain. Vanité des vanités pourrait dire le Qohelet !


Alors qu’on n’avait strictement rien à lui reprocher quant à sa charge pastorale, Charles Rittmeyer fut viré pour ses seules idées (et sans doute aussi pour son enthousiasme) ! Il faudra bien qu’un jour les autorités synodales de cette Eglise s’en expliquent, rouvrent le procès, car cela fait manifestement tâche à l’heure où les mentalités ont évolué plutôt en faveur de l’exclu.


Ou bien on est pour la liberté de conscience et de pensée, la liberté de comprendre les évangiles et la Bible, ou bien on déclare que la tradition protestante n’a été qu’une étape de la pensée humaine, limitée dans le temps et l’histoire, et qu’on s’assoie maintenant dessus. 


Braves Eglises, révolutionnaires en leur temps, mais qui, en définitive, n’ont guère fait mieux que les anciennes ... sans doute, patinées qu’elles furent à leur tour par les compromis. Déjà Michel Servet en avait fait les frais, dès 1553, à une époque où l’on n’hésitait pas à mettre les hérétiques sur le bûcher avec justification théologique à l’appui (J. Calvin s’en chargera avec éloquence).


Alors, Charles Rittmeyer fut-il un loup solitaire ? Un innovateur individuel de la trempe d’un Frédéric Nietzsche (Ainsi parlait Zarathoustra, est publié en 1969 par les éditions Aubier) ... et de Jésus qu’il admirait tous les deux pour leur force de caractère et leur vision positive des capacités de l’homme (non écrasé par le péché contrairement au postulat de départ calviniste).


C’est du côté des connaissances scientifiques qu’il continue résolument ses recherches : Freud (Moïse et le monothéisme), Teilhard de Chardin (le Phénomène humain est publié en 1955), Jacques Monod (Le hasard et la nécessité, 1970 – notamment l’ éthique de la connaissance), Jean Rostand, Hubert Reeves (Patience dans l’azur, éd. Du Seuil, 1981 ; L’heure de s’enivrer, Seuil, 1992), Albert Jacquard (Voici le temps du monde fini, Seuil 1991 ; La Légende de la vie, Flammarion 1992).


Un pasteur qui tient compte des connaissances scientifiques : la prodigieuse évolution des espèces dont les humains sont le fleuron, l’homme faisant partie d’un environnement, le destin de notre humanité lié à celui du cosmos.


Evangile--Saint-Esprit.jpgLe baptême de Jésus en constitue magnifiquement le langage symbolique (le pasteur ne croyait pas aux miracles) : les cieux s’ouvrent ; la colombe venue d’en haut relie Jésus à Dieu ... Pour Charles Rittmeyer ce sont là "les perspectives infinies offertes aux investigations de l’esprit libéré des croyances superstitieuses".


Il pourra dire à la fin de sa vie " j’ai perdu la foi ", à savoir les croyances religieuses qui nous encombrent. 


Alors, dans ces conditions, perdons tous la foi !

Mardi 18 décembre 2007
par Jean-Claude Barbier publié dans : les protestantismes communauté : Religions en toute liberté recommander

Que faut-il donc de plus aux protestants pour les décourager ? L’Eglise catholique leur dit et redit (dernièrement encore *) qu’elle est la seule Eglise valable et que les autres, étant " victimes de déficiences ", sont incomplètes. On ne peut pas ne pas être plus clair et net. Mais on veut sans doute " être œcuménique malgré tout " en misant sur une vague (future ?) venant du bas … on encore du Saint-Esprit par le haut ! Bref, nos amis protestants se sont retrouvés en grande pompe à Sibiu, en Transylvanie, du 4 au 9 septembre, sous la houlette du pasteur Jean-Arnold de Clermont, président de la Conférence des Églises européennes (KEK) **, co-organisatrice du rassemblement avec le (catholique) Conseil des conférences épiscopales d’Europe (CCEE).

* Le 10 juillet 2007, la Congrégation pour la doctrine de la foi (Vatican) réaffirme la déclaration de " Dominus Iesus " en 2000 dans un document " benoîtement " intitulé " Réponses à des questions concernant certains aspects de la doctrine de l’Eglise ". 

** la KEK rassemble des Eglises protestantes, vieille-catholiques, hussites et orthodoxes.

C’est le 3ème Rassemblement œcuménique européen (ROE), après Bâle (Suisse) en 1989, puis Graz (Autriche) en 1997. Sibiu (2007) a été préparé par la co-signature d’une Charte œcuménique européenne par la KEK et le CCEE en 2001 à Strasbourg ; puis par des rencontres en janvier 2006 à Rome puis en février 2007 à Wittenberg, ville de Luther

Le thème en a été " La lumière du Christ illumine tous les humains. Espoir de renouveau et d’unité en Europe ". Mais au delà de cette question de la contribution des Eglises à la construction européenne, des questions purement religieuses ont été abordées comme par exemple la reconnaissance mutuelle des baptêmes, le prosélytisme religieux, etc.

Les résultats de cet œcuménisme spectacle ne semblent guère évidents, du moins à l’aune du protestantisme. Les délégués de cette mouvance semblent avoir totalement bradé le courant du protestantisme libéral qui existe pourtant en leur sein. La déclaration finale commence en effet par une déclaration trinitaire renforcée, tout à fait dans la ligne de l’œcuménisme dogmatique pur et dur qu’affectionnent les autorités catholiques et orthodoxes : " C’est au nom du Dieu trinitaire*, Père, Fils et Saint Esprit, que nous nous sommes rassemblés dans la ville de Sibiu … " (dans les toutes premières lignes du message conclusif). C’est dire que les unitariens sont d’emblée exclus, sans tambour ni trompette, et ceci au nez et à la barbe de notre Eglise historique de Transylvanie qui a son siège épiscopale à Cluj-Napoca, non loin de Sibiu !

* l’invocation du " Père, du Fils et du Saint-Esprit " correspond au symbole des Apôtres, mais ici nous avons la formule " Père, Fils et Saint-Esprit " qui indique qu’il s’agit de la même personne ; et pour qu’il n’y ait pas d’ambiguïté, il est bien dit " au nom du Dieu trinitaire ". Comme on dit, on serre les boulons !

Et puis que dire de la Recommandation II ? " Nous recommandons que se poursuivent les discussions sur la reconnaissance mutuelle du baptême, prenant en considération les acquis importants à ce sujet dans plusieurs pays et sachant que cette question est profondément liée à la compréhension de l’eucharistie, du ministère et de l’ecclésiologie en général ". Avec ces interrelations tout azimut, nous ne pouvons que souhaiter bonne chance à la reconnaissance du baptême des autres. Comment des protestants peuvent-ils adhérer à un tel ligotage du baptême avec d’autres questions ?

Et puis la prière finale qui fait du Christ, non seulement la Lumière pour le Monde (et bien entendu ni plus ni moins le Sauveur non seulement de l’unité européenne mais Sauveur de ce Monde !), mais aussi, et c’est théologiquement nouveau, le créateur de ce même Monde … à la place de Dieu lui-même ! C’est de la christolâtrie la plus extrême …

" O Christ, Lumière véritable, qui illumine et sanctifie tout être humain en venant dans ce monde, fais luire sur nous la lumière de ta présence, afin qu’en elle, nous puissions capter la lumière inapprochable, et guide nos pas pour l’œuvre de tes commandements. Sauve-nous et conduis-nous vers ton royaume éternel. Car tu es notre Créateur qui pourvoit et qui nous donne tout ce qui est bon. Notre espoir est en toi et à toi nous donnons la gloire, maintenant et toujours. Amen. ".

Et Dieu là-dedans ?

Les pauvres unitariens que nous sommes ne peuvent être que bouche bée devant un tel lyrisme …

sibiu__photo_de_camilg.jpgpoteries en vitrine sur une place de Siniu, ville "saxonne" fondée par des immigrés allemands, photo Camilg


Rappelons que, dans les années 60, l’Eglise réformée de France (ERF) intervenait auprès du Conseil œcuménique des Eglises, sis à Genève, pour protester contre le renforcement du préambule trinitaire en arguant de l’existence en son sein d’un courant libéral peu enclin aux affirmations dogmatiques.


A défaut d’avancées théologiques ou pastorales, on se lance dans le social et le politique - comme si les Eglises étaient douées en ce domaine. Jean-François Collange, président des Églises protestantes d’Alsace, en interpellant les participants sur le thème de ce 3e ROE, " La lumière du Christ brille pour tous les hommes " : " Cela veut non seulement dire qu’elle illumine, mais aussi qu’elle transfigure, ce qui suppose une transformation du monde ", rappelle-t-il. Pour Antoine Arjakovsky, orthodoxe, directeur de l’Institut d’études œcuméniques de l’Université catholique de Lviv (Ukraine). on a vu à Sibiu " la volonté de voir émerger une doctrine sociale œcuménique " (expression reprise par Nicolas Seneze, correspondant au quotidien catholique La Croix : pêle-mêle, la question des réfugiés et des migrants, aider l’Afrique, redonner une âme à l’Europe (fichtre !), faire face aux conséquences négatives des changements climatiques, etc.

Plus précisément, l’œcuménisme retourne à ce qu’il est, à savoir un mouvement vertueux et piétiste qui donne bonne conscience aux braves chrétiens – ceux-ci n’ayant aucune prise sur les décisions qui sont l’affaire des seules hiérarques, il ne leur reste plus qu’à prier : " L’œcuménisme, a souligné le cardinal Cormac Murphy O’Connor, archevêque de Westminster, ce n’est pas seulement de grands événements, mais plutôt de petites choses dans vos maisons, vos paroisses, vos villages, vos villes". Comme en témoignait un participant à la clôture de l’assemblée : " Le mouvement œcuménique n’a pas besoin de nouvelles idées, mais de nouveaux témoignages. ".

Ben voyons, c’est certainement comme cela qu’on fait avancer l’Histoire ! L’œcuménisme à grand spectacle débouche sur de l’œcuménisme au ras des pâquerettes … 

 

Voir l’article d’André Gounelle " Œcuménisme ou secte ? " paru dans Evangile et Liberté n° 186, février 2005, p. 13, où le théologien rappelait les réserves déjà émises en 1961 par l’Eglise réformée de France (ERF) et mettant en garde le Conseil (dit) Œcuménique, basé à Genève, contre la tentation trinitaire : 

" Je souhaite que le Conseil œcuménique ouvre largement ses portes à tous ceux qui se réclament de l’Evangile, qu’ils acceptent ou qu’ils refusent la doctrine de Nicée-Constantinople. Les critères proposés, s’ils étaient adoptés, le transformeraient en une secte fermée et substitueraient à l’autorité des Ecritures un magistère ecclésial "
Mardi 11 septembre 2007
par Jean-Claude Barbier publié dans : les protestantismes communauté : Religions en toute liberté recommander

La montée du fascisme chrétien et sa menace pour la démocratie US " par Chris Hedges.


Original mis en ligne par Alternet.org (
Alternet.org, Chris Hedges, le 8 février 2007), reprise d’une première version parue dans l'Unitarian-Universalist World, traduit en français par Pétrus Lombard pour Alter Info, le vendredi 09 Février 2007, mis en ligne par "Profils de libertés",  mis en lien par Christian Collas sur son site " Les mémoires trouvées dans le placard ".

 

Chris Hedges a été journaliste au New-York Times et chef du bureau du Middle East pour ce journal. Il est l'auteur de " War is a force that gives us meaning " et de "American Fascists : The Christian Right and the War on America" (2005). Ce dernier livre est un appel à la résistance contre ce que Hedges voit comme les efforts de Jerry Falwell, Pat Robertson et les opérateurs de Trinity Broadcasting Network, parmi d’autres, de transformer les Etats Unis en une nation chrétienne. Voir un résumé de ce livre sur le site de C. Collas.

 

 

Nous devons nous occuper de la montée des injustices sociales et économiques afin d'arrêter le mouvement de masse le plus dangereux de l'histoire des USA -- ou faire face à un futur fasciste sous des dehors de valeurs chrétiennes.

Le Dr. James Luther Adams, mon professeur d'éthique à Harvard Divinity School, a dit à ses étudiants que quand nous aurons son âge -- il avait alors près de 80 ans -- nous devrons tous combattre les " fascistes chrétiens".

L'avertissement, donné il y a 25 ans, est arrivé au moment où Pat Robertson et d'autres évangélistes de la radio et de la télévision ont commencé à parler au sujet d'une nouvelle religion politique qui dirigerait ses efforts vers la prise de contrôle de toutes les institutions, dont les principaux cultes et le Gouvernement. Son but déclaré était d'utiliser les Etats-Unis pour créer un empire chrétien mondial. Cet appel aux fondamentalistes et aux évangélistes pour qu'ils prennent le pouvoir politique était une mutation radicale et de mauvaise augure du christianisme traditionnel. Il était difficile, à cette époque, de prendre au sérieux une rhétorique aussi énorme, surtout à cause de la bouffonnerie de ceux qui l'exposait. Mais Adams nous a avertis contre l'aveuglement provoqué par le snobisme intellectuel. Les nazis, disait-il, n'allaient pas revenir avec les svastikas et les chemises brunes. Leurs héritiers idéologiques ont trouvé dans les pages de la Bible un masque pour le fascisme.

Il n'était pas homme à utiliser le mot fasciste à la légère. Il se trouvait en Allemagne de 1935 à 1936, et il avait travaillé avec l'Eglise souterraine anti-nazie, connue sous le nom d'Église de la confession, guidée par Dietrich Bonhoeffer. Adams a été par la suite détenu et interrogé par la Gestapo, qui lui a suggéré de réfléchir à retourner aux USA. C'est une suggestion qu'il a suivie. Il est parti en train de nuit avec des portraits encadrés d'Adolf Hitler placés sur le contenu de ses valises pour cacher les rouleaux de films faits maison qu'il avait pris de la soi-disant Église chrétienne allemande pro-nazie, et des quelques individus qui bravaient les nazis, comme les théologiens Karl Barth et Albert Schweitzer. La ruse a marché quand la police des frontières a ouvert les valises, vu les portraits du Führer et les ont refermées. J'ai observé des heures durant les films en noir et blanc granuleux pendant qu'il racontait dans son appartement à Cambridge.

Adams avait compris que les mouvements totalitaires se construisent sur le profond désespoir personnel et économique. Il a averti que l'exode des emplois industriels, l'appauvrissement de la classe ouvrière étasunienne, l'effacement physique des communautés dans la très grande extension de l'urbanisation sans âme et la ceinture de rouille qui se délabre, étaient en train de déformer rapidement notre société. 

L'assaut actuel contre la classe moyenne, qui vit maintenant dans un monde dans lequel quelque chose pouvant être mis sur logiciel peut être externalisé, serait terrifié par lui. Les histoires que beaucoup dans ce mouvement m'ont racontées au cours des deux dernières années, pendant que je travaillais sur " Fascistes Étasuniens : La droite chrétienne et la guerre contre les USA ", étaient des histoires de ces échecs -- personnels, communaux et souvent économiques. Ce désespoir, disait Adams, donnera du pouvoir aux rêveurs dangereux -- à ceux qui aujourd'hui bombardent les ondes hertziennes avec un utopisme idéaliste et religieux qui promet, par la purification apocalyptique violente, d'extirper l'ancien monde scandaleux qui a mis en échec beaucoup d'Etasuniens.

Ces utopistes chrétiens promettent de remplacer ce vide interne et externe par un monde mythique où, le temps s'arrêtant, tous les problèmes seront résolus. Le désespoir montant en ondulant à travers les USA, celui dont j'ai été témoin à plusieurs reprises pendant que je voyageais dans le pays, reste ignoré par le parti Démocrate, qui a abandonné la classe ouvrière, comme ses homologues républicains, pour le financement massif d'entreprises.

La droite chrétienne a leurré des dizaines de millions d'Etasuniens, qui se sentent à juste titre abandonnés et trahis par le système politique, basé sur la magie au lieu de la réalité du monde -- aux visions fantastiques d'anges et de miracles, à une croyance enfantine que Dieu a un plan pour eux et que Jésus les guidera et les protégera. Cette vue mondiale mythologique, ne faisant aucun usage de la science ou de l'enquête intellectuelle impartiale et honnête, promettant que la perte du travail et de l'assurance maladie est sans importance, tant que vous êtes droit avec Jésus, présente un monde à la cohérence mensongère qui s'adresse aux désirs affectifs des disciples désespérés aux dépens de la réalité. Cela crée un monde où les faits deviennent interchangeables avec les opinions, où les mensonges deviennent vrais -- l'essence même de l'Etat totalitaire. Cela inclut un obscur permis de tuer, de détruire tout ceux qui ne se conforment pas à cette vision, depuis les musulmans du Moyen-Orient jusqu'à ceux dans notre pays qui refusent de se plier au mouvement. Et cela donne opportunément les pleins pouvoirs à une oligarchie rapace dont le dieu est le profit maximum aux dépens des citoyens.

Nous vivons maintenant dans une nation où les 1 pour 100 d'en haut contrôlent plus de richesse que les 90 pour cent d'en bas réunis, où nous avons légalisé la torture et pouvons enfermer les citoyens sans procès. Arthur Schlesinger, dans " Les cycles de l'histoire étasunienne" a écrit que " les grands âges religieux étaient remarquables pour leur indifférence envers les droits de l'homme au sens actuel -- non seulement pour leur assentiment à la pauvreté, à l'inégalité et à l'oppression, mais aussi pour leur justification enthousiaste de l'esclavage, de la persécution, de la torture et du génocide".

Longtemps avant nous, Adams a vu dans la droite chrétienne des similitudes dérangeantes avec l'Eglise chrétienne allemande et le parti nazi, des similitudes qui, dit-il, en cas d'instabilité sociale prolongée ou de crise nationale, verront les fascistes étasuniens se lever sous l'apparence de religion pour démanteler la société publique. Il se désespère des libéraux de son pays, qui, dit-il, comme en Allemagne nazie, disent du bout des lèvres des platitudes stupides au sujet du dialogue et de tout ce qui les ont rendus inefficaces et impuissants. Les libéraux, dit-il, n'ont pas compris le pouvoir et l'attrait du mal ou la réalité froide du fonctionnement du monde. Les Démocrates se tordant les mains actuellement, avec beaucoup d’autres, se demandant comment ils peuvent tendre la main à un mouvement dont les leaders les fustigent de "démoniaques" et de "sataniques" n'auraient pas étonné Adams. Comme Bonhoeffer, il ne croyait pas que ceux qui combattraient efficacement dans le temps de troubles à venir, un combat qui pour eux était partie intégrante du message biblique, viendraient de l'Eglise ou des libéraux de l'élite laïque.

Sa critique des éminentes universités de recherche et des médias n'était rien de moins que du mépris. Ces institutions, égocentriques, compromises par leur rapport étroit avec le Gouvernement et les sociétés, ayant donné assez de pâté en croûte (sic) pour être très satisfaites, étaient peu disposées à traiter des questions morales fondamentales et des injustices de l'époque. Elles n'avaient pas le cœur à une bataille qui pourrait leur coûter leur prestige et leur confort. Il m'a dit, en plaisantant à moitié je pense, que, si les nazis prenaient le pouvoir aux USA, " 60 pour cent du corps enseignant de Harvard commencerait ses conférences par le salut nazi. " Mais ce n'était pas non plus une abstraction. Il avait observé des professeurs à l'Université d'Heidelberg, dont le philosophe Martin Heidegger, levant le bras avec raideur devant les étudiants de la classe.

Deux décennies plus tard, même devant la montée de l'impact de la droite chrétienne, sa prévision paraît apocalyptique. Mais les personnages influents de la droite chrétienne se sont déplacés des franges de la société au plancher de la Chambre des Représentants et du Sénat. Avant les dernières élections, 45 sénateurs et 186 membres de la Chambre ont obtenu des taux d'approbation de 80 à 100 pour cent des trois groupes de défense de la droite chrétienne les plus influents -- Christian Coalition, Forum Eagle, et Family Resource Council. Le président Bush a remis des centaines de millions de dollars d'aide fédérale à ces groupes et il a démantelé des programmes fédéraux en science, [sur les] droits de reproduction et la recherche pour le SIDA afin de rendre hommage à la pseudo science et au charlatanisme de la droite chrétienne.

Je suspecte que Bush veuille alerter pour ne pas être plus qu'un médiocre personnage de transition, notre version de Otto von Bismarck -- qui a aussi usé de " valeurs " pour stimuler sa base à la fin du 19ème siècle et a lancé le " Kulturkampf, " mot que nous rendons par guerres de civilisation, contre les catholiques et les juifs. Les attaques de Bismarck, qui ont clivé l'Allemagne et ont fait le discrédit d'une partie recevable du discours civil de fractions entières de la société, ont préparé le terrain pour le racisme le plus virulent et la répression nazie.

La droite chrétienne radicale, qui réclame un " État chrétien " - où des fractions entières de la société étasunienne, des homosexuels et des lesbiennes, aux libéraux, aux immigrés, aux artistes, aux intellectuels, n'auront aucune légitimité et seront réduits, au mieux, à une citoyenneté de deuxième classe -, attend une crise, une désintégration économique, une autre frappe terroriste catastrophique, ou une série de désastres environnementaux. Une période d'instabilité leur permettra de faire passer leur ordre du jour radical, celui qui sera vendu au public étasunien effrayé comme le retour à la sécurité, à la loi, et à l'ordre, en plus de la pureté morale et de la prospérité. Ce mouvement - le mouvement de masse le plus dangereux de l'histoire étasunienne - ne sera pas émoussé tant que la croissance des injustices sociales et économiques qui anéantissent cette nation ne seront pas abordées, tant que des dizaines de millions d'Etasuniens, maintenant enfermés dans des systèmes hermétiques d'endoctrinement par la télévision et la radio chrétienne, en plus des écoles chrétiennes, ne seront pas réincorporées dans la société US avec un futur, celui avec de l'espoir, des salaires suffisants, la sécurité d'emploi et l'aide généreuse de la Fédération et de l'État.

La destruction effrénée des États-Unis, qui se poursuit avec la bénédiction des deux partis politiques, présage non seulement de la mise au pouvoir de cette oligarchie mais aussi de la mort certaine de l'État démocratique avec la naissance du fascisme US. 

Voir dans La Besace des unitariens une biographie de James Luther Adams (message du 17 avril 2007, rubrique " Le Roux Didier " site " unitariens ").

Dans son livre American Fascists, C. Hedges distingue soigneusement ce courant du protestantisme chrétien évangélique, connu comme " Dominionisme ", du fondamentalisme traditionnel lequel n’a jamais essayé de transformer le Gouvernement en une extension de l’Eglise.

Nous remercions Christian Collas de nous avoir signalé cet article.

Lundi 27 août 2007
par Chris Hedges publié dans : les protestantismes communauté : Religions en toute liberté recommander

Bruxelles--les-gueux--devise-gueux-des-flandres.jpgla fière devise des Gueux de Bruxelles qui, au XVIème siècle, défièrent le pouvoir catholique espagnol : deux mains se serrant et portant une besace.


L’Église réformée de l’Alliance (ERA), membre du synode de l’Eglise protestante unie de Belgique (EPUB) depuis 1888, cherche un pasteur (homme ou femme) pour assurer l’accompagnement théologique et pastoral de sa petite communauté située dans le Brabant Wallon (banlieue bruxelloise).

Le candidat doit être titulaire d’une maîtrise en théologie (5 ans).

Il sera de tradition libérale et pourra faire sienne la Déclaration de Principes suivante :

L’Église réformée de l’Alliance place à la base de son enseignement la Bible librement étudiée à la lumière de la conscience chrétienne et de la science. Elle fait un devoir à chacun de ses membres de se former des convictions personnelles et réfléchies. Elle ouvre ses portes à tous sans leur imposer aucune confession de foi.

Son but est de les grouper et de les unir dans un esprit de justice et de fraternité en vue de leur développement religieux et moral. Elle travaille à l’avancement du règne de Dieu sur la terre par l’Évangile, source de vie éternelle et de progrès individuel et social.

Dès lors, nous avons à cœur de vivre notre foi en dehors de tout argument d’autorité, de réaliser une réelle fraternité entre les hommes, de proclamer la vocation de l’homme à la liberté, de préconiser la nécessité d’un approfondissement spirituel de notre foi en vue d’une plus grande authenticité.

À Dieu seul la gloire !

 

Autrement dit, nous souscrivons à cette "Déclaration de principes" qui entend par libéralisme théologique l’attitude spirituelle et intellectuelle qui consiste à pratiquer la liberté de conscience comme un droit inaliénable et le libre examen comme exigence prioritaire. Nous considérons que la foi est vivante lorsqu’elle est pensée, réfléchie et confrontée au regard de la raison et de la science, quand elle accepte de ne pas pouvoir tout comprendre, incluant le doute comme étape positive de son questionnement spirituel, philosophique et humaniste.

 

En conséquence, nous demandons à notre pasteur, au consistoire et tous les membres de notre Eglise qu’ils pratiquent activement le dialogue entre croyants, agnostiques et athées. Nous attendons du pasteur et des membres des consistoires et des conseils d’administration de notre Église réformée qu’ils continuent à manifester clairement cette orientation théologique dans leur action, dans la prédication, dans leurs publications (quel que soit le support médiatique).

 

Nous soutenons toute initiative prise en vue du développement du protestantisme libéral afin de contribuer, par notre action pédagogique et sociale, au respect de la vie, à la paix et à l’harmonie entre les individus et les peuples. Nous apportons notre appui à toutes démarches visant à lutter contre le totalitarisme, le sectarisme, la xénophobie, le fondamentalisme et l'intégrisme de toute obédience.

 

A Dieu seul, avec joie et fierté, nous rendons honneur, gloire et magnificence, par Jésus notre Maître et Seigneur. (http://protestant.be/qui_nous_sommes.htm)

 

Il doit avoir un intérêt pour la communication via Internet (voir http://protestant.be / ou  http://prolib.net). Il sera responsable des conférences, colloques ou séminaires pluralistes.
 

Le salaire mensuel actuel est de 1 277,77 euros ; un complément se fait au travers de cours de religion dans les écoles de l’Etat ( 200 à 300 euros par mois). Des indemnités de logement sont octroyées par les communes au pasteur (± 5 400,00 par an). Pour plus de renseignements, s’adresser au pasteur consultant, Robert Hostetter, courriel : hostetter@swing.be, adresse : rue du Kriekenput, 37 à 1180 , Uccle, Bruxelles.

 

Mercredi 15 août 2007
par Pierre Bailleux publié dans : les protestantismes communauté : Religions en toute liberté recommander

Georges-Lecocq--r--duction-50-.JPG

Georges Lecocq (1890 – 1984) est né le 7 novembre 1890 à Torigni-sur-Vire, chef-lieu de canton du bocage normand. Son père était chef de la police municipale. Sa famille était catholique. 

C'est lors de son service militaire à Cherbourg qu'il se convertit au protestantisme. Il n'avait pas fait d'études avancées et disposait seulement d'un brevet élémentaire, mais, à cette époque, c'était suffisant pour savoir bien écrire - et c'était son cas. Il écrivait d’ailleurs mieux qu'il ne parlait ; il sera cependant bon prêcheur et il avait le sens des relations. Dès qu'il arrivait quelque part, il rendait visite à de multiples personnes des lieux. 

Il fut d'abord employé dans une quincaillerie. Après sa conversion et souhaitant devenir pasteur, il suivit une formation au sein de l’Ecole de la cause de l’Evangile laquelle avait été mise en place par l’Union des Eglises réformées.

 

G. Lecocq exerça une fonction pastorale durant 15 ans à Alençon, " Grâce à son acharnement, à son attachante personnalité, son enthousiasme communicatif, il réunit les fonds nécessaires à la construction de plusieurs lieux de culte, telles les chapelles de Granville, de Bagnoles-de-l'Orne " (Marcel Schnepp). Selon Philippe Vassaux, l'un des plus beaux édifices qu'il construisit est sûrement ce temple de Bagnole. Il laissa le souvenir d’un grand bâtisseur !

 

Peu avant 1950, il fut nommé, à Nancy, aumônier militaire de la 6ème région. Il restera 58 ans dans cette fonction. Il fit la guerre d'Algérie. Lors d'un office à Nancy, en 1962, il proclama qu'un soldat du contingent, l’aspirant Brun, chef de sa section était mort en héros car il avait sauvé au risque de sa propre vie un camarade touché d'une balle. Mais, dans les milieux protestants en particulier, l'opinion à Nancy était franchement opposée à cette guerre d'Algérie. A cette époque des pasteurs protestants étaient même inscrits au Parti communiste. A Nancy, l’un de ses collègues, le jeune pasteur Mathiot (fils du pasteur Charles Mathiot de l'Eglise évangélique luthérienne de Vésoul),  écopa même 9 mois de prison pour avoir aidé les militants FLN à venir en France. On lui reprocha vivement son discours patriotique. Ses opinions en faveur de l'Algérie française étaient par ailleurs connues. Son supérieur s'entremit et lui proposa une affectation à Bordeaux, mais G. Lecocq estima qu'il devait rester à Nancy pour continuer son œuvre et refusa. Il fut alors relevé de sa fonction d'aumônier. L’intéressé s'entêta et préféra sortir de l'ERF et fonder sa propre Eglise locale indépendante !

 

Les première réunions se firent au centre Charles Wagner (du nom du pasteur protestant libéral, décédé en 1918, qui fonda en 1907 le " Foyer de l’âme " à la Bastille, à Paris), puis G. Lecocq, avec l’aide de plusieurs familles, construisit une chapelle qu’il inaugura à la fin de 1963 *. Il retrouvait là sa vocation de bâtisseur. P. Vassaux assista à la dédicace du nouveau lieu de culte, non pas tant pour ses convictions personnelles mais parce que G. Lecocq était pour lui " l’oncle Georges " - en fait non apparenté, mais c’était un grand ami de son père.

  * chapelle lefebvriste du Sacré-Coeur, rue du maréchal Oudinot

Le nouveau lieu de culte était bien placé, puisque sur les boulevards extérieurs. Une quarantaine de fidèles l’avaient suivi, pour la plupart venant des milieux plutôt conservateurs.

 Puis, G. Lecocq disposant d’une maison importante en centre-ville, il préféra vendre le lieu de culte (vers 1980 aux intégristes catholiques de Mgr. Lefevre) et continuer le culte à domicile. Puis il partit à la retraite, en 1984, chez les diaconesses protestantes de Strasbourg. Il passa ainsi ses trois dernières années de sa vie chez elles. Les familles qui l’avaient suivi réintégrèrent l'ERF.

 

Ph. Vassaux se souvint qu'il lui rendit visite lorsque " son oncle " avait 94 ans. Il avait encore bon pied bon œil. Il était venu le chercher à la gare avec sa voiture - mais la conduite laissait à désirer ! Ph.Vassaux dit avoir eu très peur. Les gens connaissaient la façon de conduire du père Lecocq et s'en amusaient.

 

Avant de mourir, le 6 août 1987, il fit une donation d’une part à ces diaconesses, d’autre part à l'Union protestante libérale (UPL) de Strasbourg, partie qui fut remis ensuite à l'Eglise Saint-Guillaume. Celle-ci fit construire un foyer "Georges Lecocq". L’UPL a, par ailleurs, subventionné la construction grâce au fond provenant de la vente de l'ancienne maison et siège de l'UPL de la rue de l'Epine.

Un culte fut célébré à St. Guillaume, mais l'enterrement eut lieu à Nancy, où Georges Lecocq avait conservé de nombreux amis.

 

Le foyer paroissial de Saint-Guillaume " Georges Lecocq ", situé dans la cour de l'église Saint-Guillaume, rue Ernest Munch à Strasbourg, accueille les nombreuses conférences de l'Union protestante libérale (UPL).  


Sources
  :  Marcel Schnepp (ancien président de l'UPL, article du 6 septembre 2005, sur le site de l’Union protestante libérale), Ernest Winstein (président de l’ULP, même article), Philippe Vassaux (entretiens téléphoniques des 24 avril 2003 et 13 juillet 2004).

Lundi 13 août 2007
par Jean-Claude Barbier publié dans : les protestantismes communauté : Religions en toute liberté recommander
L’émission " Présence protestante " de France 2 nous a gratifié ce dimanche d’un excellent documentaire de Virginia Crespeau sur Marie Dentière (" Marie Dentière ou la Réforme au féminin "), contemporaine de l’instauration la Réforme à Genève, ancienne augustine qui se situa dans le sillage de Jean Calvin et de Guillaume Farel. La réhabilitation de cette figure historique est due en grande partie à Isabelle Graesslé, théologienne, ancienne modératrice de la Compagnie des pasteurs et des diacres genevois et directrice du Musée international de la Réforme.

Jean Calvin, de sa belle langue française, entretenait volontiers par correspondance les dames de la noblesse de son pays d’origine qui étaient prêtes à décrocher du catholicisme, mais une fois qu’elles étaient devenues protestantes, il leur rappelait qu’elles ne devaient pas parler de religion en public, ni entre elles ! Chasse gardée des pasteurs et limite sexiste au fameux " sacerdoce universel ".

Mais voilà, une femme enfreignit ses directives : elle s’appelait Marie Dentière (ou d’Ennetières, du nom de son père qui appartenait à la petite noblesse des Flandres), née en 1495 à Tournai, décédée en 1561 à Genève.

D'abord prieure du couvent des augustines de Prés-Porchins à Tournai (où elle avait reçu son éducation), elle se réfugie à Strasbourg en 1524 après s'être convertie au luthéranisme. Elle y épouse un pasteur (lui aussi ancien augustinien) et le couple rejoint Guillaume Farel (le bras droit de J. Calvin) à l’est du lac Léman dans la région d’Aigle ; son mari exercera à Bex. Elle se retrouve à Genève à partir de 1535 suite à un second mariage, avec un nommé Antoine Froment, lui aussi dans le ministère, compagnon de Guillaume Farel. Ce second mari défraiera la chronique locale en faisant le négoce du vin et en commettant quelques écarts de conduite qui le mèneront devant la Justice.

Quant à elle, femme lettrée et de conduite modèle, elle se fera connaître par sa défense des idées de la Réforme (elle participa à la tentative de convertir les Clarisses de la ville -– avant leur exclusion), par ses propos publics et par sa plume (bien qu'une partie de ses écrits furent anonymes). 

Elle écrivit en effet une chronique sur les évènements de son temps : La guerre et deslivrance de la ville de Genève fidèlement faicte et composée par ung marchand demourant en icelle (1536) (où elle s’interroge sur le fait que les Genevoix aient chassé les sieurs Calvin et Farel, qu’elle admire – mais elle n’est pas forcément l’auteur principal de ce document qui lui fut attribué à la fin du XIXème siècle), un pamphlet Contre les Turcz, Iuifz, Infideles, faulx chrestiens, Anabaptistes et Lutheriens, et, surtout, une Epistre tresutile faicte et composée pour une femme chrestienne de Tornay …, dédiée à sa protectrice, la reine Marguerite de Navarre (rédigé à partir de 1537, elle est imprimée à Genève en 1539, mais les exemplaires en sont saisis par le Conseil de la ville qui vient d’expulser J. Calvin et G. Farel).

Marguerite-de-Navarre.JPG Marguerite de Navarre (1492-1549), protectrice de Marie Dentière.

Cette épître prônait la participation active des femmes en matière de religion : se marier et procréer, éventuellement seconder les efforts d’un mari pasteur, avoir des enfants et leur lire la Bible, mais AUSSI le droit d’en parler, notamment entre elles. Sa fille lui emboîta le pas en rédigeant une grammaire hébraïque que sa mère publia avec son épître. La haute protection royale dont elle bénéficiait fit qu'elle n’eut le droit qu’à des remontrances " sévères " (qualificatif utilisé par J. Calvin qui mentionne son intervention).

Il faut dire que Guillaume Farel avait auparavant savonné la planche puisqu’il avait écrit à J. Calvin, encore exilé à Strasbourg, en date du 6 février 1540 : "notre Froment est le premier qui, à la suite de sa femme, ait dégénéré en ivraie. […] Cette femme orgueilleuse et vindicative fut, malgré tout son esprit, une mauvais conseillère à son nouvel époux, qu'elle dominait absolument".

Marie Dentière connaissait fort bien la Bible et elle avait déjà goûté, chez les catholiques, à la prise de la parole en public. Notre Réformateur masculin, déjà en son temps en retard de bien d’autres réformes (entre autres celles que souhaitaient les anabaptistes et les anti-trinitaires), l’était assurément de la réforme féministe à venir. Le calvinisme embraya dans le machisme de son fondateur et ce n’est qu’en novembre 2003 que Marie Dentière eut son nom gravé sur le mur de la Réformation à Genève.

Bibliographie en français

1878 - Correspondance des Réformateurs dans les pays de langue française, vol. 5, éd. A.-J. Herminjard. Georg, Genève, n°.785.

1991 - BACKUS Irena. "Marie Dentière: un cas de féminisme théologique à l'époque de la Réforme". Bull. de la Soc. d'Hist. du Protest. Franç., 137, pp.177-195.

1996 - TICCONI S., Marie Dentière.

1997 – SKENAZI Cynthia (Université de Californie, Santa Barbara), "Marie Dentière et la prédication des femmes (Marie Dentière and the Preaching of the Women)",  Renaissance and Reformation (Renaiss. Reform.), vol. 21, no1, pp. 5-18 (revue publiée par Toronto Renaissance and Reformation Colloquium, Toronto, Canada).

1998 - KEMP William, DESROSIERS-BONIN Diane, "Marie d'Ennetières et la Petite grammaire hébraïque de sa fille d'après la dédicace de l'Epistre à Marguerite de Navarre (1539) ", Bibl. d'Humanisme et Renaissance, 60, 117-134.

1999 - McKINLEY Mary B. " Les fortunes précaires de Marie Dentière au XVIe et au XIXe siècles ", dans Royaume de fémynie : pouvoirs, contraintes, espaces de liberté des femmes, de la Renaissance à la Fronde, Librairie Honoré Champion, 1999.

En préparation : Oeuvres de Marie d'Ennetières, éd. Diane Desrosiers-Bonin, William Kemp, Isabelle C. Denommé, et al., Genève, Droz.

 :
Lundi 23 juillet 2007
par Jean-Claude Barbier publié dans : les protestantismes communauté : Religions en toute liberté recommander

belfast-entre-catholiques-et-protestants-bis.jpg

Belfast, la ville "coloniale" d'Olivier Cromwell à l'époque des guerres de religion


La prochaine conférence de la section Europe et Moyen-Orient (Europe and Middle East) de l’International Association for Religious Freedom (IARF) aura lieu à Belfast du 25 au 27 juillet 2008 sur le thème " Religions et croyances dans l’espace public ". Les participants seront accueillis par la Non-subscribing Presbyterians of Ireland (NSPCI).

Dans le cadre de cette manifestation, les protestants libéraux et les chrétiens unitariens sont invités par l’European Liberal Protestant Network (ELPN) à une pré-conférence qui aura lieu le 24 juillet et qui traitera de l’évangélisation dans une société moderne où le respect de la liberté de conscience est mise en avant.

Nous vous communiquerons le programme et les modalités d’inscription dès qu’ils seront connus.

Vous trouverez des messages sur l'IARF, l'ELPN et la NSPCI sur ce site, dans la rubrique "les protestantismes", et sur celui de l'AFCU, dans la rubrique "ELPN".
 

Comment aller à Belfast ?

 En passant par Eurotunnel : http://www.eurotunnel.com ; puis en prenant un ferrie entre l’Angleterre / Ecosse et Belfast (par exemple Stranraer-Belfast avec la compagnie Stenaline)

Ou bien par bateau : voir les routes maritimes à partir des divers ports européens  http://www.directferries.co.uk/routes.htm ; 
et les compagnies maritimes
http://www.directferries.co.uk/operators.htm

Ou encore par avion http://www.belfastairport.com/en/ (voir les aéroports en relation directe avec Belfast : http://www.belfastairport.com/en/content.asp?area=2&id=210), compter environ 600 euros pour un Paris-Belfast AR

Samedi 21 juillet 2007
par Jean-Claude Barbier publié dans : les protestantismes communauté : Religions en toute liberté recommander
le-Temple-de-l-Etoile-en-1874.gifC'est l'appel lancé ce dimanche 1er juillet par le pasteur Louis Pernot de la paroisse ERF de l'Etoile lors d'une prédication radio retransmise sur France-Culture à 20h 30. 

le temple de l'Etoile en 1874, vu sur le site de la paroisse.

Il y a plusieurs demeures dans le Royaume, nous dit-il, ni plus ni moins chrétiennes les unes que les autres, et les unitariens peuvent fort bien cohabiter avec les autres étant entendu que les Evangiles sont beaucoup moins rigides dans leurs expressions théologiques que le dogme, bien tardif (IV° siècle), de la Trinité.  Rien à voir d'ailleurs entre les styles !

 Du moins est-ce que nous avons cru comprendre à la lecture de cette très belle et très sensible méditation que nous avons reproduite en son intégralité, avec l'autorisation de son auteur, sur notre site documentaire La besace des unitariens  
http://labesacedesunitariens.over-blog.com


ndlr
: Le titre est de notre composition.
Jeudi 5 juillet 2007
par Jean-Claude Barbier publié dans : les protestantismes communauté : Religions en toute liberté recommander

Amish-et-leur-ferme.JPGA propos des Amishs, voir notre article précédent du 18 avril 07 "Des quilts amish vendus en Suisse" (rubrique "sites à découvrir").



La chaîne française M6 a repassé hier soir (23 h) le thriller réalisé par Peter Weir en 1984 dans les milieux amishs de Pennsylvanie : "Witness" (= le témoin). Lors d'un déplacement en dehors de sa communauté, le petit David assiste à un meurtre. Il se retrouve, lui et sa mère, avec le policier qui est intervenu sur les lieux du crime. Pour protéger son jeune témoin, le policier sera contraint de se réfugier au sein de la communauté amish de David et de sa mère. Il sera "l'Anglais", expression par laquelle les Amishs - qui ont conservé leur dialecte néerlandais - désignent les autres Américains.

Un film tout en finesse et qui sympathise avec humour avec ce milieu traditionnel en le voyant fonctionner de l'intérieur. Un très beau film.

Mardi 26 juin 2007
par Jean-Claude Barbier publié dans : les protestantismes communauté : Religions en toute liberté recommander

Sophie Scholl, les derniers jours ", drame historique allemand, tourné en 2005, vu sur la chaîne ARTE ce jeudi 14 juin.

Sophie-Scholl-timbre.jpg


Alors que les soldats allemands commencent à se faire geler pieds et doigts dans le froid russe en face de Stalingrad, des étudiants pacifistes fondent à Munich un mouvement de résistance appelé la Rose Blanche. Ils distribuent des tracts. Ils se font prendre et trois d’entre eux sont immédiatement exécutés au terme d’un procès caricatural devant un "tribunal du peuple". 

Lors de l’offensive des Alliés sur les villes allemandes, leurs tracts seront de nouveau duplicatés et jetés par millier du haut des avions. 

Sophie Scholl et son frère témoignèrent de cette vive conscience de la vérité développée dans certaines familles protestantes luthériennes allemandes nonobstant le collaborationnisme éhontée de leur Eglise " officielle ".

Sophie Scholl (9 mai 1921 - 22 février 1943) avait 22 ans et faisait des études de puéricultrice. Voir l'article la concernant dans l'encyclopédie sur site Wikipedia.



Ce rappel historique de la jeunesse allemande résistante (communiste, juive, protestante, etc.), fait penser au pasteur Dietrich Bonhoeffer (1906-1945) qui fut pendu dans le camp de concentration de Flossenbürg. Le site " Quakers, communauté virtuelle francophone " (en lien réciproque avec l’AFCU) vient de lui consacrer un excellent article " 
Christianisme et résistance ".


Je retiens de ce beau film, sobre et poignant, l’adieu de la mère de Sophie à sa fille qui est déjà dans le couloir de la mort : " va en Jésus " ...

Vendredi 15 juin 2007
par Jean-Claude Barbier publié dans : les protestantismes communauté : Religions en toute liberté recommander

les-3-cages-en-fer-du-clocher-de-l---glise-Saint-Lambert----M--nster.jpgFaisons un peu d’histoire puisque nos amis unitariens-universalistes vont aller prochainement à Münster et ne vont pas manquer de visiter la ville. 


Celle-ci, sous la houlette de Bernard Rothmann, se rangea en 1533 du côté de la Réforme y excluant catholiques et Evêque-prince de la cité. Il en résulta un solde migratoire positif car les anabaptistes y affluèrent, alléchés par le radicalisme du prédicateur. Parmi les nouveaux venus, Jean Matthijs (ou Mathiesen), un boulanger de Haarlem en Hollande, se proclama ni plus ni moins prophète et annonça le second avènement (le définitif) du Christ pour le mois d’avril 1534. Pour lui, Münster était la Nouvelle Jérusalem.

Mais c’était sans compter sur la réaction du comte et prince évêque François de Waldeck qui mit le siège à la ville. A jour prévu, notre prophète, plus illuminé que jamais, sortit seul de la ville sur un cheval blanc, certain d’avoir le secours de Dieu. Il fut coupé en morceaux et sa tête brandie au bout d’une pique. 

Il fut remplacé par Jean Beukelszoon, lui aussi un hollandais, et promu pour l’occasion le roi Jean de Leyde (Jan van Leiden). Les anabaptistes renforcèrent les remparts, se firent pugnaces et le siège dura une bonne année (14 mois précisément). Mais catholiques et luthériens étaient bien d’accord entre eux pour en finir avec cette insurrection religieuse.

La ville tomba en juin 1535. Elle fut pillée (il fallait bien payer les mercenaires qui avaient tant patienté !) et le roi Jean, avec deux autres meneurs, furent torturés, tués et leurs corps hissés au sommet du clocher de Saint-Lambert en guise d’avertissement pour d’autres aventuriers. Bernard Rothmann réussit, quant à lui, à s’enfuir.

Plus tard, le roi Jean de Leyde fit le bonheur des historiens marxistes qui virent en lui l’instaurateur d’un communisme dit primitif : toutes les propriétés foncières appartenaient à la nouvelle communauté, la polygamie était autorisée afin de rétablir l’équilibre démographique entre les sexes (le roi donna l'exemple avec 16 épouses). A noter que la polygamie n’a rien à voir avec l’adultère et la fornication qui sont, comme chacun le sait, condamnés formellement par la Bible. 

Du communisme, il y avait même le totalitarisme le plus sauvage : obligation de re-baptême sinon exil et perte de la maison et des biens restants ; décapitation en place publique d’une épouse du roi Jean, Elisabeth Wandscherer, qui avait osé solliciter de quitter la ville ; destruction iconoclaste d’une magnifique horloge astronomique qui se trouvait dans le déambulatoire de la cathédrale, etc.

Précisons que tous les anabaptistes n’étaient pas des apprentis dictateurs, loin de là. David Jan Joris, autre hollandais anabaptiste, pourtant lui aussi attiré par les thèses eschatologiques et se pensant de la lignée de David, désavoua cette insurrection baptiste.

Nonobstant, avec la " Nouvelle Jérusalem de Münster ", les Hutterites en Moravie (puis exilés en Russie en 1622, et au Dakota du Sud aux Etats-Unis en 1874), les Amish de Pennsylvanie à partir de 1720, etc., les anabaptistes ont eu la bien fâcheuse tendance à constituer des communautés d’élus, si exigeantes au regard des Evangiles interprétés à leur façon qu’elles ont versées carrément dans l’intégrisme. 

L’aventure eschatologique de Münster montre que la théocratie dictatoriale fait partie des rêves politico-religieux de gens convaincus, bien militants d’une cause, avides par ailleurs de pouvoir personnel ; l’islamisme aujourd’hui en reprend résolument le relais.

La bien vertueuse Ong humanitaire américaine des Droits de l’homme (Human Rights Watch HRW) vient d’épingler la France pour avoir renvoyé chez eux (surtout en Algérie) des imams islamistes (une quinzaine depuis 2001, dont celui de Vénissieux qui défraya la chronique en son temps). Il aurait fallu, paraît-il, leur mettre une simple amende afin de leur faire comprendre qu’il ne faut pas dire tout haut en place publique ce qu’ils disent régulièrement et également tout haut en lieu de culte. Selon une dépêche de l'AFP Paris du mercredi 6 juin. 

Vive donc la liberté religieuse (qui a bon dos), même s’il s’agit d’endoctrinement fanatique. 

Une suggestion qui n’engage que moi : on pourrait tout aussi bien leur payer gracieusement un voyage à Saint-Lambert pour qu’ils y contemplent les cages !

Et puis, souvenons nous que c’est en cette église que l’évêque catholique Clément Auguste Graf von Galen prononça des discours courageux contre le racisme et le programme d’euthanasie des handicapés mentaux préconisés par les nazis, mettant en garde les fidèles contre l’adhésion au régime national-socialiste.

Samedi 9 juin 2007
par Jean-Claude Barbier publié dans : les protestantismes communauté : Religions en toute liberté recommander

croix-huguenote-en-m--tal.jpg croix huguenote en métal

Lors d’un synode commun, tenu à Sochaux ces 19-20 mai, l’Eglise réformée de France (ERF) et l’Eglise évangélique luthérienne de France (EELF) ont non seulement pris la (bonne) résolution de s’unir à l’horizon 2013, mais elles ont commencé à travailler ensemble ; la preuve en est d’un texte fort intéressant sur la famille. En voici quelques extraits :

1 - Au commencement est la parole

La parole est plus que des mots... elle parle. Elle structure l’être humain et ses relations à Dieu et aux autres. Elle distingue, différencie, sépare, nomme et relie. Les modèles familiaux et l’exercice de la parentalité diffèrent selon les temps et les cultures. La Bible elle-même est le témoin de cette diversité. Au-delà de leurs différences, toutes les familles sont appelées à la parole. Elle est au fondement des relations entre les hommes et les femmes, les parents et les enfants. Tout en restant le théâtre de l’intime où se jouent les tragédies et les bonheurs de l’humanité, la famille sous ses diverses formes, demeure pour chacun une référence. Grâce à la parole libérée et démultipliée, elle peut constituer un point d’appui à partir duquel la vie prend sens et vitalité.

2 - La famille évolue

La famille dans sa structure et son mode de fonctionnement change à l’image des mutations et des crises que connaissent les sociétés dans lesquelles nous vivons. Les familles se transforment et se diversifient révélant les capacités d’adaptation de leurs membres. Au nom de l’évangile de Jésus-Christ, nous voulons porter un regard favorable sur les personnes qui vivent ces transformations. Même si nous regrettons la fragilisation des liens qui accompagne ces changements et les souffrances qui peuvent en découler, nous nous réjouissons de la place accordée à la personne, de l’égalité entre les hommes et les femmes, de l’attention portée à l’enfance et à l’enfant.

3 - Vivre la famille, comme une grâce de Dieu

Plutôt que de regretter un âge d’or mythique de la famille et de nous plaindre de diverses dérives, nous voulons prononcer une parole de bénédiction sur les hommes, les femmes et les enfants qui vivent ensemble. Nous croyons que Dieu aime et respecte chacun de façon inconditionnelle et gratuite et qu’il nous appelle à la liberté. C’est pourquoi nous refusons de juger ou de culpabiliser ceux qui ne trouvent pas d’autre solution que de défaire une famille quand la circulation de la parole et de la vie ne semble plus possible. […]

4 - Les familles et les valeurs fondamentales

Si la Bible ne propose pas de modèle unique, elle appelle les familles à être attentives à un certain nombre de valeurs. Le respect inconditionnel de chacun. La famille est un des lieux privilégiés où chacun est considéré non en fonction de son utilité ou de ses performances mais de sa simple existence. […] L’attention au petit. […]. La responsabilité parentale […] La compréhension des différences. Quelles que soient les formes de vie familiale, certains éléments symboliques sont fondateurs : la différence des générations et la différence des sexes. Le respect des interdits […]. La nomination des rôles. Il est important pour les enfants de trouver leur place dans leur double lignée parentale, dans la chaîne des générations, d’identifier leurs parents et leurs grands-parents et de distinguer les liens de parenté (biologiques ou adoptifs) des liens para parentaux (relations entre l’enfant et le compagnon / conjoint de son parent).

5 - L’Église est attentive aux familles

L’Eglise témoigne d’une Bonne nouvelle ! Face à la diversité des fonctionnements familiaux, elle est amenée à développer et à inventer des nouveaux modes d’accompagnement et de soutien des familles. Aussi le synode engage les Églises à : Soutenir les fidèles dans les engagements pris lors des célébrations liées à la vie des familles. Rappeler qu’au delà de la famille biologique, chacun par l’Évangile est invité à découvrir en Jésus-Christ une autre famille de frères et de sœurs. Créer et développer, en leur sein, des lieux d’écoute et de parole pour aider les familles à entretenir des relations de qualité. Faire preuve de créativité afin d’imaginer des gestes, des paroles, des signes liturgiques pour accompagner les petits et les grands événements de la vie familiale. […].

 

Le synode conjoint a évité de parler directement des couples homosexuels et de l’homoparentalité qui sont pourtant bel et bien d’actualité dans les débats de nos sociétés civiles (voir notre message " Halte à l’homophobie dans nos Eglises " du 14 avril 07 ; et, à la même date, sur le site de l’AFCU : " Le mariage homosexuel "), mais le texte porte sur la famille et non précisément sur le couple. Recevons le comme une approche générale qui n’exclut pas par la suite des engagements plus précis – peut-être à faire plutôt au niveau des communautés locales.

Vous pouvez lire le texte intégral sur le site de l’Eglise réformée de France
Jeudi 24 mai 2007
par ERF et EELF publié dans : les protestantismes communauté : Religions en toute liberté recommander

Dame laïque, un brin rigide, met les observateurs de la vie religieuse en France dans le pétrin en interdisant que l'appartenance religieuse ne soit donnée lors des recensements de la population totale et de l'habitat. Ce faisant, elle confond la carte d'identité où, effectivement, les appartenances religieuse ou ethnique doivent (absolument) ne pas être inscrites afin d'éviter tout risque de discrimination, et le bordereau du recensement qui, lui, préserve l'anonymat et est voué à une connaissance de notre société.

Les analystes sont contraints aux contorsions. Mettant à profit les sondages de la période électorale, le sociologue Jean-Paul Willaime, directeur d’étude à l’Ecole pratique des hautes études (EPHE), s'y est essayé dans les colonnes de l'hebdomadaire "Réforme" du jeudi 5 avril ("Virage à droite des protestants ?", article que nous avons déjà signalé dans notre message du 10 avril "Les protestants entre Gauche et Droite").

 

 

croix-huguenote-en---mail-bis.jpg  croix huguenote en émail.

 

 

Le nombre de protestants en France, contrairement à celui des catholiques, ne diminue pas. Sur plusieurs vagues d’enquête menées fin 2006-début 2007 et constituant un échantillon représentatif de la population française de 15 000 personnes de plus de 18 ans, 395 se sont déclarées protestantes, soit 2,6 %. Sur 63 millions de Français, cela fait 1,6 million de protestants. C’est moins que les 4 % de " proches du protestantisme " du sondage La Croix-Réforme/CSA de 2005-2006, mais plus que le 1,1 million de protestants repérés par les différentes Eglises, membres ou non de la Fédération protestante de France.

Premier constat donc : si la proportion des Français s’identifiant au catholicisme a fortement baissé en France (en 2006, 65 % selon un sondage IFOP-La Croix et, à partir d’une autre question, 51 % selon le sondage CSA-Le Monde des Religions alors que cette proportion était encore de 76 % en 1978), cela n’est pas le cas des Français s’identifiant au protestantisme.

Non seulement la minorité protestante se maintient, mais elle a tendance à légèrement augmenter ces dernières années, plusieurs enquêtes le confirment, y compris cette enquête CSA-Le Monde des Religions précitée qui, tout en révélant une baisse spectaculaire de la proportion de Français catholiques, chiffre à 3 % la proportion des protestants en France.

Cette relative croissance est principalement due, comme de nombreux observateurs du monde protestant l’ont remarqué, au développement d’un protestantisme évangélique et pentecôtiste qui, s’il ne date pas d’aujourd’hui, est devenu numériquement plus important (400 000 en 2005, selon Sébastien Fath), y compris au sein de la Fédération protestante de France. 

Les chrétiens unitariens, qui font partie des protestantismes, saluent fraternellement les autres communautés de cette mouvance.

Mardi 15 mai 2007
par Jean-Claude Barbier publié dans : les protestantismes communauté : Religions en toute liberté recommander

Un réseau, c’est un peu comme une famille. Si les participants sont géographiquement éloignés les uns des autres et ne se connaissent pas tous, il n’en reste pas moins que nombre d’entre eux ont déjà eu le plaisir de se rencontrer à l’occasion de conférences internationales. Celles-ci, qui exigent du temps et aussi un effort financier de la part des uns et des autres, laissent des souvenirs de fraternité au cœur de chacun.

C’est le cas pour l’European Liberal Protestant Network (ELPN) dont la dernière rencontre fut celle de Cluj, en Transylvanie, au siège de l’Eglise unitarienne de Transylvanie, en juillet 2005. voir une présentation de l'ELPN sur le site de l'AFCU, message du 16 avril 2007, rubrique "relations extérieures".

Dès lors, l’annonce du décès de Péronne Boddaert, qui avait animée cette rencontre, nous a valu un courrier très émouvant de la part de ceux qui n’étaient pas déjà au courant de cette triste nouvelle. voir notre message du 16 avril 2007.

Like you I was very saddened to hear of the death of my good friend the Rev Peronne Boddaert. I worked with her for many years and participated in conferences with her in England, the Netherlands, Germany and Hungary over the years. I hope we can continue to maintain the witness of the ELPN and maintain the connection between the various liberal Christian groups in Europe. Please do keep in touch. Best wishes, David Steers. Rev Dr David Steers, Irlande, Non-Subscribing Presbyterian Churches.

Effrayant d’entendre que Péronne Boddaert est décédée. Je garde un excellent souvenir d’elle comme jeune femme enthousiaste, sage et pleine de charme. J’avais fait sa connaissance en 2005 à Cluj. Que sa mort nous oblige de continuer en son sens et son cher souvenir. Jean-Claude A. Cantieni, Suisse, Union Suisse pour le christianisme libéral (USCL)

Cela me fait de la peine que Péronne Boddaert soit morte. J'avais communiqué avec elle lors de la conference de l'IARF de Cluj. Que la terre lui soit légère. Fulgence Ndagijimana, Burundi, Assemblée des chrétiens unitariens du Burundi (ACUB)

I am devastated by this news. We had lunch together in Prague at the occasion of the 25th anniversary of the 1981 UN Declaration. Willy Fautré, Belgique, Human Rights Without Frontiers (HRWF).

C’est vraiment terrible de mourir si jeune. Révérend Roger Dewandeler, Pays-Bas, Eglises wallones.

I am shocked to read about Peronne's death! I think with deep sympathy to her family, and I can not express my sorrow for her early death. I, we are in mourning for her, and we will miss her for ever. Erika Orban, Roumanie, Eglise unitarienne de Roumanie

The sadness concerning the departure of Peronne will remain with us for some time, but we from the Dutch Chapter have reassembled our forces and are continuing our work for the Association that she loved. Wytske Dijkstra, Pays-Bas, Eglise remonstrante et IARF.

It is terrible. This news is incr