L’Eglise protestante unie de France (EPUdF) résulte d’une fusion entre l’Eglise réformée de France (ERF) et
l’Eglise évangélique luthérienne de France (EELF). L’enjeu principal est bien sûr une déclaration de foi commune car il s’agit de deux Eglises confessantes ; mais cela a été prudemment
reporté aux calendes grecques. On en comprend aisément le casse-tête chinois pour les futurs rédacteurs, mais en attendant c’est la porte grande ouverte à tous les entrismes, ce qui est peut-être
voulu ... pour ratisser plus large ?
Et puis un enjeu pour la Com (Com pour communication) car cette nouveauté n’est pas encore très connue dans l’opinion publique (ni très bien connue par les protestants eux-mêmes concernés !) : entre autres comment concilier les logos des désormais « anciennes » Eglises ?
Il y a eu la volonté de le faire. Une campagne a même été lancée dans l’enthousiasme, du 1er octobre au 24 décembre 2011,
mais – du moins sur Google image - on n'en trouve qu’une réponse avec un projet présenté par Elisabeth Scherer le 20 décembre 2011, vu sur le site de l’ERF (lien)
et commenté de la façon suivante par l’auteur :
Choix de trois éléments que l'on retrouve dans les logos réformé et luthérien.
Le cœur, la croix et la colombe.
Le Père et le Fils unis dans l’Esprit saint.
Le cœur > Dieu amour
La croix > Jésus
La colombe > l’Esprit saint
Mystère de la Trinité
Et voilà le résultat définitif ... annoncé sur le journal catholique La Croix du 31 octobre 2012. Merci aux
catholiques de pallier ainsi à la Com plus que discrète des protestants « unis » ! Bon, on aura compris, nos amis protestants sont plus doués pour la fusion que pour la communication !
Et puis voilà que les dirigeants se retrouvent bien embarrassés avec une dénomination trop longue. Lu sur leur site
( lien) (à la rubrique " Questions générales ") : Comment
faut-il appeler l’Eglise protestante unie de France ?
Le nom complet, avec son titre et son sous-titre, est : Eglise protestante unie de France – Communion
luthérienne et réformée. Son nom juridique, quant à lui, est : Union nationale des associations cultuelles de l’Eglise protestante unie de France. Deux appellations bien longues
pour l’usage courant !
Dans la désignation habituelle, on dira : Eglise protestante unie. Probablement se
contentera-t-on même assez souvent, si le contexte est clair, de : Eglise unie, car dans les pays où existent des Eglises luthéro-réformées, c’est l’appellation qui
s’est le plus souvent progressivement imposée.
En tous cas, il vaut mieux éviter l’acronyme prononcé épufe, qui est assez
laid ! C’est d’ailleurs la raison pour laquelle on prend l’habitude d’écrire en abrégé : EPUdF, assez imprononçable à la lecture et qui « oblige » donc à dire Eglise
protestante unie ou Eglise unie. (De même les Eclaireuses et éclaireurs unionistes écrivent en abrégé : EEUdF).
Ouf ! Mais alors, sur la lancée de leur fusion, la nouvelle entité s’emballe et fait preuve tout de suite d’une belle
hégémonie. En conseillant de lire son titre comme « Eglise protestante unie », la demoiselle a-t-elle demandé l’autorisation, du moins l'avis, des autres Eglises de la Fédération protestante
de France (FPF) ? Et puis en se disant " Eglise unie ", elle est unie avec qui ? En tout cas, l’Assemblée fraternelle des chrétiens unitariens (AFCU) n’a reçu à ce jour aucun
courrier appelant à l’unité. On se demande vraiment s’il y a un pilote dans l’avion pour se projeter ainsi précipitamment et imprudemment dans l'avenir en tout égocentrisme et en jouant sur les
mots !
Finalement et concrètement, la fusion est limitée entre l’ERF, le gros morceaux, et quelques Eglises
luthériennes à Paris et dans la région de Belfort et Montbéliard, puisque l’Alsace et la Lorraine, bénéficiant d’un régime de concordat, restent en dehors de cette aventure. C'est la
France sans l'Alsace et la Lorraine, ce qui n'est pas dit clairement.
Revenons à cette histoire de logo : aucune présentation, aucune explication sur le site de l’EPUdF. Pire, on ne peux même pas
le copier à partir du site ! On ne sait pas non plus quel en est l’auteur (sans doute un cabinet d’étude pour pallier au manque d’imagination des paroissiens !). Même l’hebdomadaire
Réforme semble s’en désintéresser, du moins à ce jour, n'en parle pas sur son site !
Alors, à partir du logo que La Croix a pu se procurer, il a bien fallu nous débrouiller seuls comme des grands, je
dis nous pour moi-même (qui ne suis pas protestant) et quelques amis protestants du groupe « Protestantisme libéral » sur Facebook (Biarn Gasconha, Sylvie
Queval, Michel Jas et Patrick Duprez). Grâce aux contributions des uns et des autres, nous y avons vu :
- La superposition de deux croix : la croix luthérienne (en vert) avec en son cœur la
rose rouge, et, par dessus, la croix huguenote (en bleue) avec ses pointes saillantes.
- Il en résulte une symbiose dynamique, sans doute propulsée par l’Esprit saint, qui pousse le dessin à sortir d’un cadre
qu’on pouvait imaginer statiquement rendu par un carré jaune qui sert de substrat (pourquoi jaune ?). Le carré jaune se déforme et pointe vers le haut à
droite, pendant que les pointes de la croix occitane débordent dans la même direction. Cela reproduit le logo de l’ERF qui se trouvait penché sous l’action d’un vent violent. La croix occitane en
perd sa symétrie et même la rose luthérienne au coeur rouge s’en trouve elle aussi disloquée.
- La croix n’est plus statique, mais laisse échapper d’elle le Christ et la communauté inspirée qu’elle représente
(et le pasteur Michel Jas de nous rappeler l’édito de Raphaël Picon « De grâce, décrochez cette croix ! », Evangile et
liberté, n°183, novembre 2004, lien).
- Mais où donc est passée la colombe si chère aux Huguenots ? Aurait-elle été sacrifiée sur l'autel de la fusion ? Elle s’est
faite vent d’orientation Nord-Nord-est ! Mais surtout elle ne tombe plus d’en haut, du ciel, comme, paraît-il, au jour où Jésus fut baptisé par Jean-le-baptiste, mais elle émane de la communauté
de foi unie dans un même élan vers une transcendance. La colombe prend désormais son essor d’en bas.
Le mot de la fin avec Georges d’Humières (protestant ERF de Narbonne) : « E
bé, moi je l'aime bien, ce logo. Couleurs gaies, justement pas trop figuratif, donc appelant à la réflexion. J'y vois l'Eglise du Christ : jeune, ouverte, joyeuse et plurielle. Logo
symboliquement fort. ». Et Biarn Gasconha d’ajouter : « Maintenant avec ce logo on va peut-être commencer à échapper à la réputation
d'austérité qui nous colle à la peau... ».
Tous nos meilleurs vœux donc à cette nouvelle Eglise et à ses projets puisqu’elle sied à ses fidèles. Pour les chrétiens
unitariens, il reste une question en suspens : alors que l’ERF était une Eglise latitudinaire, acceptant en son sein plusieurs théologies dont l’unitarienne, qu’en sera-t-il de l’EPUdf ? Pour
l'instant - en l'absence d'une déclaration, d'un manifeste ou d'une confession, c'est le plus grand flou artistique ...


Chaque année, l’Eglise évangélique vaudoise commémore la date du 17 février 1848 où le duc de Savoie, devenue roi d’Italie,
accorda aux minorités religieuses la liberté civique et religieuse (voir notre dossier sur l’histoire vaudoise dans La Besace des unitariens à notre rubrique sur les Réformateurs,
Cette formule, que nous devons à Ferdinand Buisson, a jadis suscité de vives interrogations. “Est-ce encore une
religion ?” demandèrent d’aucuns, y compris dans les rangs du protestantisme libéral. Nous ne sommes plus choqués d’imaginer que des “athées” puissent participer à une Église du christianisme
libéral, mais la question n’est pas entièrement fermée. Peut-être est-il toutefois préférable de la poser différemment. “Est-ce encore une religion ?” – aboutit inévitablement à une querelles de
mots. La question serait plutôt : “Qu’est-ce donc que cette forme de religion ? En quoi réside-t-elle, par-delà les négations sous lesquelles elle s’affirme ? Comment la caractériser et la dire,
sous une forme positive qui n’eût pas été pour déplaire à Buisson ? !

« Sur les pas des Huguenots » (

Dans le cadre de l’association Actualisation de la Bible (ACTUEL), une session d’études
historiques et bibliques se tient au hameau de Raynaude, près du Mas d’Azil, en Ariège, du jeudi 17 au dimanche 21 août. Elle est animée par Roger Parmentier, pasteur de l’ERF à la retraite, sur
un thème d’urgence dans les pays occidentaux où la déchristianisation est très forte «
"Un homme de foi", par
"
Certes, des communautés de la nouvelle mouvance pentecôtiste - évangéliques n’en sont plus là et ont su évoluer, se faire plus tolérantes, mais le gros du bataillon reste dogmatique et
conservateur. Avec un tel grand écart, peut-il y avoir travail en commun, voir même osmose ? Le vœux d’Olivier Abel semble fort pieux :