Le révérend A. Soyombo-Abowaba, chef spirituel de l’Unitarian Brotherhood Church, à Lagos, au Nigeria, est
décédé ce mois de juin
* information de Jaume de Marcos parue le mardi 17 juin sur le site UU Without Borders
(International issues in the Unitarian*Universalist world), http://uuwithoutborders.blogspot.com

L’Eglise est située au 25 A Bankole Street, à Lagos Island (qui correspond au vieux Lagos). Elle date de 1919 et fait partie des Eglises créées à l’initiative d’autochtones (et non plus de
missionnaires), dans le cas présent des Yoruba – si bien que l’Eglise se dénomme " Ijo Isokan Gbogbo Eda ". Liée à cette initiative indigène,
l’utilisation de tambours traditionnels alors que les Eglises missionnaires en restaient l’harmonium.
Cette Eglise fait partie d’un ensemble d’Eglises locales fondées à la suite de l’initiative des
" Neufs immortels " qui, le 14 août 1891, publièrent à Lagos (à Koseh Street), un manifeste selon
lequel l'évangélisation de l'Afrique devait être menée par des Africains eux-mêmes : les missionnaires mourraient en effet comme des mouches à cause du paludisme et autres méfaits. Et ceci
bien avant les premières revendications d’indépendance politique.
"That this meeting in humble dependence upon Almighty God is of the opinion that Africa is to be evangelised and the foreign agencies at work at the present moment
taking into consideration climatic and other influences cannot grasp the situation resolved that a purely Native African Church be founded for the evangelisation and amelioration of our race to
be governed by African".
"Cette rencontre, qui se fait sous l'humble dépendance de Dieu Tout-Puissant, est basée sur l'idée que l'Afrique doit être évangélisée ; et que,
compte tenu de considérations climatiques et autres, les agences étrangères, qui présentement sont à l'oeuvre, ne peuvent faire face à cet enjeu ; si bien qu'une pure Eglise africaine indigène
doit être fondée pour l'évangélisation et l’ amélioration de notre race, et être dirigée par des Africains" (traduction Jean-Claude Barbier).
Le groupe célèbre son premier office le 10 septembre 1891, dans une salle acquise par l'un des membres : Phoenix Hall (rue Phoenix Lane) rebaptisée en la circonstance "Jehovah Shalom". Une
première église sera construite sur les lieux , l’United Native African (UNA) Church Jehovah. D’autres Eglises séparées des girons missionnaires naissent, ainsi l’African
Church Inc., l’United African Methodist Church Eleja (dont une paroisse est installée à Porto-Novo, au Dahomey, en 1931), l’Episcopal Church.
A l’initiative de l’UNA, elles constituent en 1912 l’African Communion of Churches dont le programme porte principalement sur la polygamie : ces Eglises ne prêchent pas en faveur de
la polygamie, mais elle la tolère lorsqu'elle est la coutume du peuple, étant persuadées que le régime matrimonial n'est pas essentiel au salut. En 1938, la Christ Army Church Eastern
rejoint elle aussi cette communion. Plus tard, en septembre 1984 L’UNA prendra le nom de First African Church Mission (FACM), afin de rappeler son antériorité.
Revenons aux unitariens dont nous ne savons pas s'ils ont rejoint la Communion sus mentionnée. A la fin du XX° siècle, en 1994, une seconde Eglise est fondée à l’initiative du révérend
Olatunji Matimoju (décédé depuis), lui aussi un Yoruba. Nous ne savons pas les raisons de cette scission ou concurrence. Nous pouvons simplement nous demander pourquoi la nouvelle Eglise
s’arroge le titre de First Unitarian Church of Nigeria ... Quoiqu’il en soit, les deux Eglises sont membres de plein droit (full members) de l’International Council of
Unitarians and Universalists (ICUU).
Son logo met en avant la foi, la raison, les Ecritures et l’expérience
religieuse ; selon lui les " quatre piliers " de la vie du chrétien. Il reprend à son compte le credo de l’American Unitarian Conference (AUC) qui est, depuis 2001, une
petite dissidence chrétienne par rapport à l’importante Unitarian Universalist Unitarian (UUA) of Congregations.
Sur les
conseils de James Martineau (1805-1900), qui pensait que les convictions unitariennes restaient d’ordre individuelles et ne devaient pas conduire, au sein de la mouvance libérale,
à la formation de congrégations séparées, les unitariens britanniques s’allièrent avec les Eglises libres (Free Church) pour constituer, en 1926, la General
Assembly (GA) of Unitarian and Free Christian Churches. Mais en fouillant le site de la GA (
Roger Sauter, le dimanche 21 octobre 2001, devant la stèle
dédiée à Michel Servet, sur la colline de Champel (photo J.-C. Barbier).
Les unitariens s’expriment et écrivent ce qu’ils pensent en toute liberté. Ils ne sont pas à la remorque d'une hiérarchie ou d'un ministre du
culte ou encore d'experts en théologie. Pour ceux qui sont chrétiens, ils appliquent le sacerdoce universel prêché par Martin Luther ... mais bien vite confisqué par les
Eglises, à commencer par son promoteur !
Contrairement à la tradition calviniste qui se méfia des
symboles et des rituels, les unitariens ne sont pas iconoclastes et ne boudent pas les rituels. Bien au contraire, ils innovent en la matière, comme par exemple la cérémonie des
fleurs mise au point par le révérend tchèque Norbert Capek en 1923 et l’allumage du calice à la flamme dans les années 1980 et ce à partir du célèbre
dessin de Hans Deutsch en janvier 1941.

pratique religieuse, l'abondance des rites et sacrements détourne du véritable but. Dans la vie tout court, l'agitation, l'autorité, les médiations diverses nous éloignent de la vraie rencontre avec soi, avec l'autre, avec notre désir intérieur de Dieu. Comme le désert qui dépouille le moi et facilite la méditation, l'unitarisme purifie les ajouts divers qui font écran à la perception de notre destin. Le VIDE ne serait-il pas tout simplement réalisation de l'absence et du mystère qui entoure Dieu ? Chacun ressent ce manque s'il sait s'isoler. Vide doctrinal, vide intérieur, Dieu-vide ...

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Le bulletin de la Correspondance unitarienne du mois de mars (n° 65) vient d'être mis en ligne sur le site de Profils de libertés
L'Assemblée fraternelle des chrétiens unitariens (AFCU) est en débat pour décider de son logo. Ses statuts stipulent simplement, sans plus de précision, "L’association adopte pour insigne l’insigne unitarien international de la Coupe et de la flamme" (article 11). Un projet est actuellement présenté sur le blog de cette association (