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Paul-Yves Colle (30 novembre 1913 - 5 décembre 1987)

Amis très chers,
C’est à vous seuls que j’adresse ces lignes, à vous que j’ai connus et aimés en dehors et au-delà de mes fonctions officielles.

Quoique vous ressentiez de mon départ, quoiqu’en disent les autres, vous ne pourrez nier, je pense, que j’ai cherché à vous donner le meilleur de moi-même, que je vous ai aimés de toute mon âme et, personnellement, je sais combien je vous aime encore. Voilà pourquoi je vous dois cette franche explication. (…)

une forme archaïque et désormais invivable du christianisme

Si j’ai quitté le catholicisme, ne croyez pas que ce soit un égarement momentané ou par un coup de tête, mais parce que je suis arrivé à la certitude que l’Eglise, avec la rigidité de ses dogmes et sa prétention à l’infaillibilité, est une forme archaïque et désormais invivable du christianisme. Elle représente pour moi un stade définitivement dépassé de l’évolution religieuse de l’Humanité.

Ce n’est évidemment pas en une seule fois que je suis arrivé à ces conclusions. Dieu seul sait combien j’ai pu souffrir, chercher, prier, lutter. Cela remonte à des années, presque à mon enfance. J’avais en moi le paradoxe d’être à la fois un enfant rangé, soucieux de plaire et un esprit foncièrement indépendant cherchant d’instinct à sa frayer sa propre route. Par là, j’ai toujours dérouté et déçu les gens d’ordre à qui j’avais d’abord semblé donné tant de gages.

abbaye bénédictine Saint-André de Bruges, en Belgique

faire le maximum pour Dieu

Je me fis moine parce que je voulais faire le maximum pour Dieu et que cela me semblait la seule façon d’y arriver. Mais, dès mon entrée au monastère, à l’abbaye bénédictine de Bruges, je fus classé parmi les non-conformistes et je donnai incontestablement pas mal de soucis à mes supérieurs.

Pendant mon service militaire au CIBI*, je fis la connaissance de plusieurs pasteurs protestants et nous sympathisâmes tout de suite. Avec eux, j’organisai des réunions de prière quotidiennes et je fis une propagande intense pour la Bible et l’union des Eglises. Mais, dans l’ensemble, je trouvais que beaucoup des protestants étaient très sectaires, ce qui, de leur part, me semblait encore plus inadmissible que de la nôtre.
* c'est là en Belgique que les religieux, prêtres, pasteurs et autres faisaient leur service militaire

la mauvaise qualité et presque la mauvaise foi des arguments qu’on nous représentait

Tout au long de ma théologie, la lutte intérieure continua. Combien de fois je fus choqué par la mauvaise qualité et presque la mauvaise foi des arguments qu’on nous représentait : mais il fallait les accepter sous peine d’hérésie, de péché mortel et de damnation éternelle. Cela me révolta et j’en conçus un dégoût profond pour ce genre de théologie.

Malgré tout, je résolus de ne pas bouger avant la fin de mes études. Mais quand elles furent terminées, je fus pris par l’ivresse du sacerdoce et des premières responsabilités. Le temps n’était plus aux théories ; il fallait agir et on ne pouvait pas continuellement remettre tout en question.

On me nomma professeur au collège. J’étais chargé en outre de la paroisse et du service quotidien des pauvres. Cela suffisait à m’occuper. Néanmoins le problème allait bientôt se poser à nouveau et, cette fois, dans l’ordre pratique. (à suivre)

Mardi 10 juin 2008
par Paul-Yves Colle publié dans : catholiques libres en action communauté : Religions en toute liberté recommander

je découvris la vie réelle

Vint la Guerre et, en mai 40, la débâche et l’exode. Dans le Midi, je fus amené à prendre en charge une soixantaine de jeunes Belges échappés des CRAS [lesquels se trouvaient du côté d’Agde], sans moyens d’existence.

Quelle expérience ! Comme notre façon de parler, de penser, de vivre était loin de ces gens-là ! Pourtant c’étaient eux le peuple, les hommes … C’est parmi eux qu’avait vécu Jésus, il avait été l’un d’entre eux. Cette pensée ne devait plus me quitter et j’en conçu une aversion insurmontable pour le monachisme ; tout m’y paraissait faux, depuis l’ensemble jusqu’au moindre détail. A tout prix il fallait en sortir. Cela n’alla pas tout seul mais les circonstances m’y aidèrent.

En juillet 1942, après que les Allemands eurent occupé l’abbaye, j’obtins la permission de partir pour la France et, là, je peux dire que je découvris la vie réelle. Tout fut remis en question : le monachisme, le catholicisme, le sens même de la vie. Les solutions dont je m’étais contenté jusque là me paraissaient si étriquées et artificielles !

Mes dernières positions catholiques s’écroulaient les unes après les autres

L’arrivée de mon confrère et ami, le père Désiré, devait donner encore plus d’acuité à ces problèmes. Je ne peux entrer ici dans le détail de nos échanges de vue, mais ce qui est certain c’est qu’ils furent féconds et éclairants. Lui-même était plus évolué que moi. Il avait eu avec les protestants du Borinage des contacts profonds et prolongés. D’autre part, il croyait au monachisme, mais à un monachisme complètement rénové et purement évangélique. Par dessus tout, il avait un tel sens de Dieu que, dans cette lumière, toutes les contingences dogmatiques étaient réduites à néant.

Après sa mort, survenue accidentellement en décembre 1944, je dus continuer seul ma route mais l’élan était donné et tout le travail subconscient qui s’était fait depuis des années allait maintenant porter ses fruits. Pas à pas, j’étais acculé à l’évidence. Mes dernières positions catholiques s’écroulaient les unes après les autres mais non sans luttes, ni déchirements.

Enfin, ce fut la lumière. Ma conscience ne me permettait plus de réplique : le 18 avril 1945, après avoir longuement prié, je pris la résolution de rompre avec l’Eglise.

garder le masque

J’aurais voulu passer à l’acte le plus tôt possible, être logique avec moi-même et loyal avec les autres. Mais comment faire ? J’étais tellement lié de partout, à tant de gens que j’aimais et à tant de choses. J’avais une terreur du scandale. Je demandai donc conseil à deux prêtres éminents, unanimement estimés et aimés. J’eux la stupéfaction de constater qu’ils étaient l’un et l’autre encore plus avancés que moi. Ils me dire néanmoins qu’il fallait à tout prix rester dans l’Eglise, car celle-ci n’évoluerait que sous la pression des forces intérieures. J’étais perplexe. Une telle attitude me paraissait insoutenable.

Je dois dire en passant que j’ai, depuis, rencontré plusieurs prêtres dans le même cas, et des plus intelligents. Ils restent dans l’Eglise parce qu’ils n’ont pas le courage d’en sortir ou, qu’étant trop engagés, ils ne le peuvent pas. Loin de moi de leur jeter la pierre, car je comprends maintenant la somme atroce de souffrances qu’un geste pareil représente pour quelqu’un d’engagé. Peut-être ont-ils en effet leur rôle à jouer dans le sein de l’Eglise, même si, pour employer l’expression de l’un d’entre eux et non des moindres, ils sont obligés pour cela de " garder le masque " et de s’entourer de circonspection.

Mais il en est d’autres et j’en connais qui, à la manière de Turmel*, publient sous un pseudonyme des pamphlets haineux contre l’Eglise et sa doctrine. Il y a aussi ceux qui sombrent dans le scepticisme absolu, deviennent indifférents à tout et ont accepté une fois pour toutes de vivre une vie double sur le plan intellectuel et même moral. Ceux-là comment les approuver ?


* " Prêtre, historien des dogmes ", ainsi qu'il voulut qu'on le gravât sur sa tombe. Né et mort à Rennes (1859-1943), où s'écoula toute sa vie, formé à la critique par ses propres moyens et par l'abondance de ses lectures, l'abbé Joseph Turmel perdit très tôt la foi chrétienne. Pour des raisons complexes, il crut devoir tout faire pour rester dans le clergé catholique, publiant sous son nom ou sous divers pseudonymes (au nombre de quatorze) le résultat de ses travaux. Parmi ses nombreux ouvrages : Comment j’ai donné congé aux dogmes. - Herblay : Idée libre, 1935. - 155 p. - (La Bibliothèque du libre penseur ; 22). Il fait encore les délices de la Libre pensée !


Quant à moi, j’étais désespéré. Tellement qu’en mai 1945, je partis pour l’Allemagne avec la Mission vaticane auprès des camps de concentration. Mon espoir était d’y contracter une maladie contagieuse et de n’en plus revenir. Mais cet espoir fut déçu.

A mon retour, j’exposai crûment la situation au père prieur de Saint-André, mais celui-ci, quoique fin psychologue, ne soupçonna pas la profondeur de mon évolution. Il ne réfuta aucun de mes arguments mais me conseilla simplement de temporiser et de continuer mon travail en France. Je suivis son conseil la mort dans l’âme car je n’étais nullement apaisé. Au contraire mes convictions intimes s’affirmaient de jour en jour plus nettes. (à suivre)

Mardi 10 juin 2008
par Paul-Yves Colle publié dans : catholiques libres en action communauté : Religions en toute liberté recommander

à Reilly

C’est toujours dans les mêmes sentiments qu’en octobre 1945 je commençais Reilly *  Depuis lors, ce fut un calvaire quotidien à peine éclipsé de temps à autres par les soucis matériels et moraux du collège et de la communauté naissante.

* Reilly petit village au sud-ouest de Beauvais, non loin de Gisors, au sud-est de ce bourg. Son église (la nef et le clocher) sont des XI-XIIème siècles. Les bénédictins y ouvrirent un établissement scolaire au lendemain de la Guerre mais qui ne dura pas.



Le pire était qu’il fallait à longueur de journée dire et faire des choses auxquelles je ne croyais pas ou qui pour moi avaient un sens très différent de celui qu’on leur donnait habituellement. Essayer de vous représenter concrètement ce que cela peut signifier dans le ministère des sacrements et la direction spirituelle. Certes je n’étais pas un imposteur, car c’était avec le plus grand respect et une parfaite droiture d’intention que je célébrais la messe et entendais les confessions, que j’administrais les baptêmes et bénissais des mariages. Mais quel conflit perpétuel entre l’être et le paraître !

Ceux qui venaient me trouver repartaient apaisés, mais moi, j’étais déchiré. Surtout quand certains prêtres venaient m’exposer leurs doutes contre la foi. J’avais envie de leur crier : " Mais c’est encore dix fois plus fort que vous ne le dites ". Et pourtant je réussissais à les convaincre et à les ramener à l’orthodoxie de la foi catholique.

Celui qui n’a pas passé par là ne peut se faire aucune idée du supplice de conscience que cela représente. On y use sa substance et, ce qui est pire, à force de prouver les choses auxquelles on ne croit pas, on finit par ne plus savoir soi-même ce que l’on croit et à douter de tout. Non Dieu ne pouvait vouloir cela ! Il devait exister, même pour moi, un moyen de l'adorer librement, dans la vérité. Il fallait en sortir. Mais encore une fois comment ? J’étais dans le noir le plus absolu.

C’est à ce moment qu’eut lieu la débâcle de Reilly. C’était la réponse du Seigneur. L’un après l’autre tous les liens qui me retenaient tombèrent. Les postulants de Saint-André (Jean et Patrick) revinrent définitivement guéris du monachisme. Les familles de la communauté se dispersèrent ou trouvèrent du travail. Restait le collège.

A nouveau je demandai conseil à un jésuite et à un prêtre séculier en qui j’avais confiance. Même réponse : " Nous pensons comme vous ou à peu près, mais il faut à tout prix rester dans l’Eglise ; elle en a besoin ". C’est pourquoi j’eus la faiblesse de céder aux supplications des parents d’élèves et des professeurs. Il me semblait, à tort peut-être, que je ne pouvais les laisser choir, qu’ils ne pouvaient compter que sur moi. Par amour pour eux, je consenti à transférer le collège de Reilly au collège de Normandie [à Mont-Cauvaire par Monville, au nord de Rouen].

Je resterais avec eux deux ans encore ... Si vraiment Dieu le voulait il m’en donnerait la force. Sinon il s’arrangerait bien pour m’en sortir.

Sur ces entrefaits, j’exposai ma situation au père Théodore, sous-prieur de Saint-André . Sa réponse fut nette et loyale : " Il faut sortir. Rester plus longtemps serait contraire à votre conscience. Ce serait aussi vous déformer irrémédiablement et vous conduire au scepticisme absolu. A croire qu’on peut également démontrer le vrai et le faux on finit par ne plus croire à rien du tout ". Ce n’était que trop vrai et j’en avais déjà fait l’amère expérience. Il ne me restait plus qu’à attendre l’occasion favorable pour pouvoir mettre mon dessein à exécution sans fracas et avec le moins de scandale possible.

Voici comment cette occasion me fut fournie : les prix de pension imposés par notre nouvelle installation furent tels qu’à peine une petite minorité de nos élèves purent nous suivre. J’étais donc mis dans l’impossibilité de tenir mes engagement vis-à-vis des familles. D’autre part, les professeurs étaient casés. C’est ainsi que mes derniers liens tombèrent.

en parfait accord avec ma conscience

Pardonnez-moi, amis très chers, de vous avoir si longuement entretenus de moi-même. Tout ceci je l’ai écris en toute loyauté devant Dieu qui me jugera. Mais j’ai voulu que vous, à qui l’amitié ou le sang donnent des droits sacrés, sachiez que je ne vous ai pas trahis et que c’est en pleine maturité d’esprit et en parfait accord avec ma conscience que je vous quitte.

Vous quitter ? Oui, car, même si notre amitié demeure, et croyez que de mon côté c’est le cas, nous ferons désormais partie de deux mondes totalement différents et même, à cause de votre religion, hostiles. Sans doute n’avez-vous pas les mêmes raisons que moi de quitter le catholicisme car la question se pose de façon très différente pour un prêtre et pour un laïc.

Il faut une religion et même une religion organisée et hiérarchisée. Cette religion se trouve être dans vos régions le catholicisme : il est la structure de la société, même dans un Etat laïque comme la France. Mais quand un laïc se trouve gêné par une affirmation dogmatique qui lui paraît inadmissible, il peut passer à côté et se taire sans que cela gêne personne.

Voyez du reste avec quelle avidité l’Eglise recueille les moindres approbations des savants ou des philosophes laïcs, même quand, par ailleurs, ils disent des choses diamétralement opposées à ses dogmes ou ses principes fondamentaux. Je ne citerai en exemple que Lecomte du Noüy* qu’on trouve dans les librairies catholiques et jusque dans les boutiques de couvent ! Et mon espoir est que c’est cela même qui ouvrira les yeux de la hiérarchie et qui rendra à l’Eglise catholique sa véritable mission d’assemblée universelle.

* Pierre Lecomte du Noüy (1883-1947), mathématicien, biophysicien, écrivain et philosophe français ; a vécu une partie de sa vie aux Etats-Unis et est mort à New-York. Citations lues dasn l’article que lui consacre Wikipédia :
"[L'homme] existe moins par les actes qu'il exécute pendant sa vie que par le sillage qu'il laissera derrière lui, comme une étoile filante." ; "C'est dans ce qu'il y a de divin en l'homme, et non dans ce qu'il y a d'humain dans les doctrines qu'il faut chercher l'unité des religions." (La dignité humaine, 1942, p. 153) ; "La liberté n'est pas qu'un privilège : elle est une épreuve. Nulle institution humaine n'a le droit d'en exempter un homme." (idem, p. 132) ; "Il n'existe pas d'autre voie vers la solidarité humaine que la recherche et le respect de la dignité individuelle" (L'homme et sa destinée, 1947). Mary, sa femme, écrira en 1955 sa biographie : Lecomte du Noüy. De l'agnosticisme à la foi, aux éditions La Colombe (251 p.).

Mais pour un prêtre, c’est totalement différent. Il ne peut pas ne pas répondre aux objections, aux questions, qu’on lui pose. Il sait parfaitement ce qui est de foi et, pour lui, pas de demi-mesure ; c’est tout ou rien. S’il rejette quoique ce soit, l’Eglise elle-même et sa propre conscience l’obligent à se retirer.

Je partirai donc à l'étranger

Je partirai donc à l’étranger car je hais les bagarres et les discussions stériles. Elles n’ont jamais fait de bien à personne. Ce qu’il faut c’est non pas détruire mais construire. Construire dans l’amour de Dieu et du prochain. C’est ce que je vais tâcher de faire modestement selon mes moyens. Mais avant de parler, je vais, pendant quelques années, me recueillir, prier, et travailler comme un simple honnête homme. Il faut, comme Jésus, comme saint Paul, savoir gagner sa vie et connaître les vrais problèmes qui se posent aux hommes, avant de vouloir mes aider à les résoudre.

En attendant, priez pour moi comme je le ferai pour vous. Je ne vous demande pas de ne pas me juger. Un autre vous l’a demandé avant moi. Si mon geste vous fait de la peine pardonnez-moi, mais je veux aussi que vous sachiez combien est grande la joie d’une conscience enfin libérée par la vérité.


Cette lettre a été envoyée à des amis mais elle n’a jamais été publiée. Elle est mise en ligne aujourd’hui, vingt ans après la mort de son auteur, à l’initiative de sa femme, Noëlle Colle. Ils eurent 4 enfants et vécurent heureux.

Noëlle Colle est militante d’Amnesty international et membre de l’Assemblée fraternelle des chrétiens unitariens (AFCU). Elle représente l’AFCU au sein de l’Eglise unitarienne francophone. Lors d’un séjour de 7 ans aux Etats-Unis, où ils enseignèrent, elle et son mari fréquentèrent une congrégation unitarienne à Exeter, dans l’Etat du New-Hampshire.

Mardi 10 juin 2008
par Paul-Yves Colle publié dans : catholiques libres en action communauté : Religions en toute liberté recommander

Un militant, c’est une lumière dans la nuitMichel-Lewis-Les-yeux-de-J-sus.jpeg
Une lumière qui ne sert
Qu’à ceux qui cherchent leur chemin.


Un militant, c’est une musique
Qui donne le rythme 
Et qui entraîne.


Un militant, c’est un enfant
Qui pose la même question 
Mille fois s’il le faut


Un militant, c’est un rocher
Dans la tempête
Une bouée sur la mer.


Un militant, c’est comme le vent
Il caresse et il fouette
Et il empêche de dormir.


Un militant, c’est un homme qui lutte
Malgré la peur
Et malgré la solitude.


Un militant, c’est un écho
Qui empêche le cri
De mourir.


Un militant, c’est un homme 
Perdu dans un désert
Surpeuplé.


Un militant ? c’est un fleuve
Dont la puissance 
Vient de ses affluents.

René Lelièvre (prêtre-ouvrier du Nord)


René Lelièvre est un ami prêtre-ouvrier qui, comme beaucoup d'entre nous, sait de quoi il parle et ce que signifie "résister" ! En hommage à tous ceux qui, contre vents et marées ... Fraternellement Yves Grelet (Fédération des réseaux des parvis)

photo : peinture de Michel Lewis, Jésus

Vendredi 7 mars 2008
par René Lelièvre publié dans : catholiques libres en action communauté : Religions en toute liberté recommander

Lettre ouverte adressée aux évêques de France 
par l’association 
" Nous sommes aussi l’Eglise "
 


C’est avec joie que nous avons reçu le rapport des dominicains hollandais "Kerk en Ambt " (l’Eglise et le ministère). Les situations décrites et les questions soulevées sont en effet directement transposables à la France.

Le vieillissement des prêtres, sans renouvellement, constitue une crise grave. Comme vous, nous avons vu nos communautés privées progressivement des services d’un prêtre ordonné. Chrétiens " de la base ", nous sommes en droit de vous interpeller avec liberté et respect : malgré de nombreux cris d’alarme, n’avez-vous pas nié la crise et préféré garder le silence plutôt que de déplaire à Rome, laissant les communautés se débrouiller elles-mêmes, souvent sans eucharistie ? Avez-vous perçu le côté positif de la crise qui nous pousse à nous adapter à la situation nouvelle de l’Eglise dans un monde qui a changé ?

 

Nous ne sous-estimons pas les difficultés liées à la charge épiscopale. Mais il nous faut avancer. Le grand mérite des auteurs du rapport hollandais est d’avoir eu le courage de le rendre public. Les langues se délient. Les questions posées suscitent échanges et discussions : comment laisser les communautés choisir démocratiquement leurs responsables et celles ou ceux qui présideront l'eucharistie et les sacrements qu'elles célèbrent ? Est-il nécessaire de les recruter parmi des hommes célibataires engagés à vie ? Quel est le statut des femmes ? Faut-il donner priorité à la prêtrise dans sa forme actuelle contre le droit des communautés à l'eucharistie ? Ne faut-il pas revoir l'exercice du pouvoir dans l'Eglise ? etc.

 

Le chantier est immense. Il est ouvert à toutes et à tous. Comme le dit le dominicain français Hervé Legrand, pourtant très critique par rapport au texte de ses frères hollandais : " On doit donner acte aux autorités provinciales que leur cri d’alarme est justifié en tant que tel […] Maintenant que le débat est lancé autour de cette démarche et de sa réponse, il convient de le mener selon des règles claires et adéquates, comme tout débat méritant ce nom ".

 

La requête que nous vous adressons est simple : que vous mettiez en place une large confrontation à l’intérieur de la communauté et que vous en stimuliez les débats. Loin d’être une menace pour l’Eglise, il s’agit d’une véritable aubaine dont il faut savoir profiter.

 

" Quand il viendra, lui, l’Esprit de vérité, il vous conduira vers la vérité tout entière " (Jn 16 :13)

 

  

Note à l’intention des journalistes

Un cri d’alarme est lancé par des chrétiens catholiques. Face à la crise profonde de l’Eglise ils interpellent leurs évêques et leur demandent d’ouvrir un large débat sur l’Eglise dans le monde de ce temps à partir d’un rapport que les dominicains de la Province de Hollande ont largement diffusé dans les paroisses de leur pays. Ce texte, intitulé " Eglise et ministère " pose publiquement des questions brûlantes concernant le statut des prêtres ordonnés et le pouvoir clérical. 

Il propose, par exemple, que les futurs responsables des communautés soient choisis démocratiquement par la base, avant d’être présentés à l’évêque ; ils ne seraient plus obligatoirement de sexe masculin et célibataires. Loin d’être anodines, ces questions et beaucoup d’autres, touchent des points extrêmement sensibles et révélateurs de profonds changements des mentalités qui vont de pair avec l’évolution de nos sociétés. Il ne devrait plus être possible de dire " Eglise " en pensant " Institution " ou " Hiérarchie ".

Elle est bien plus que cela.

Vous trouverez ces différents textes sur le site www.nsae.fr.


Les 1er et 2 décembre 07, dans sa rubrique "catholiques libres en action", les Actualités unitariennes se sont déjà faites l'écho de l'initiative de dominicains néerlandais demandant que des laïcs président aux assemblées eucharistiques et consacrent les espèces dès lors qu'il n'y a pas de prêtre disponible :

" lorsque les dominicains néerlandais posent de bonnes questions"
" lorsque les catholiques votent avec leurs pieds aux Pays-Bas ou ailleurs"
" l'enjeu eucharistique aux Pays-Bas : un prêtre ou un laic pour présider l'assemblée ?"
" les dominicains persistent et signent"

 

Jeudi 31 janvier 2008
par Nous sommes aussi l'Eglise publié dans : catholiques libres en action communauté : Religions en toute liberté recommander

PERSPECTIVES POUR UN CATHOLICISME RENOUVELÉ

Inquiète du virage qui s’effectue dans l’Eglise catholique par les orientations et décisions prises par le Pape Benoît XVI en rupture avec l’esprit du Concile Vatican II, l’association Chrétiens sans Frontières 95, membre de la fédération Réseaux du Parvis, invite les chrétiens à entrer en résistance en utilisant les moyens les plus efficaces pour être entendus de l’ensemble des chrétiens et des autorités religieuses.

En dénonçant

Toutes formes d’intégrisme, de fanatisme. 
Toute atteinte à la liberté de penser, d’écrire, de prier, d’aimer. 
Toutes formes d’autoritarisme et tout abus de pouvoir de la part de ceux et celles qui exercent des responsabilités. 
Toute discrimination de caractère culturel ou sexuel. 

En proposant 

de vivre selon l’esprit du Concile Vatican II et de l’Evangile :

En accueillant 

avec intérêt, curiosité, sympathie et bienveillance la pensée et la vie des femmes et des hommes d’aujourd’hui sans jamais se départir d’un sain esprit critique à la lumière du message évangélique.

En invitant 

chacun/e à prendre ses responsabilités pour participer activement à la construction d’une civilisation de l’amour, basée sur la paix, la justice, la solidarité et la fraternité.
  


Theologie-de-la-lib--ration--hors-s--rie-du-Parvis.jpgEn soutenant 

toute initiative laïque au service de l’homme, en participant aux mouvements de libération.

En découvrant 

que le pluralisme dans la manière de vivre la relation à Dieu et aux autres peut être source d’enrichissement mutuel, ce qui suppose de renoncer à détenir une vérité 
définitive et absolue, en particulier sur tout ce qui concerne les redoutables questions du début et de la fin de vie.

En appelant 

à un fonctionnement plus démocratique et plus fraternel de l’Eglise, en accord avec la Déclaration des Droits de l’Homme, avec des espaces de débats, de prises de décisions collectives. Que les femmes y aient toute leur place : qu’elles puissent exercer toute fonction nécessaire au service des communautés chrétiennes.

En participant 

à l’existence de lieux d’Eglise où puissent se retrouver celles et ceux qui veulent travailler selon ces perspectives, célébrer autrement et se conforter dans ce combat de résistance, enraciné dans la foi en Jésus-Christ.

" L’Eglise s’invente également en marge ", " Il faut déjà rêver de ce qui pourra venir après, qui se prépare discrètement et qui nous surprendra peut-être ! " (Golias).
 

Contact : CsF95@orange.fr ou Jacqueline SEBBEN – 5, rue de Grenoble – 95100 ARGENTEUIL 


Les chrétiens sans frontières du Val d'Oise (CsF 95) sont membres de la Fédération du Parvis

Lundi 10 décembre 2007
par Chrétiens sans frontières 95 publié dans : catholiques libres en action communauté : Religions en toute liberté recommander

S'inspirant de la proposition de manifeste de Golias " Pour un Catholicisme moderne " (n° 114bis) et d'un article de la Revue Jonas " Un autre schisme " (n°133), des membres de Chrétiens sans Frontières du Val d'Oise (CsF 95) invitent à diffuser largement le texte suivant et plus particulièrement les perspectives qui en découlent. 

ANALYSE DE LA SITUATION ACTUELLE DU CATHOLICISME

Une suite de décisions et de documents romains viennent de mettre en lumière les orientations que Benoît XVI prétend mettre en oeuvre. Par leur contenu, celles-ci mettent fin aux orientations du Concile Vatican II et ouvrent une ère de restauration, au risque de provoquer un nouveau schisme ou le détournement d'un certain nombre de chrétiens de l'Eglise vers d'autres formes et lieux de spiritualité.

Aussi, dans un premier temps, il parait important de se demander " comment en est-on arrivé là ? "

Une première cause est une mutation globale de la société qui a échappé à l'attention de nos responsables religieux ou dont ils n'ont pas voulu tenir compte, car remettant en cause leur rôle et leur formation. Ainsi on a pu constater " un moindre engouement pour ce qui est collectif " et un phénomène d'individualisation. Cela a abouti à de nouvelles formes de regroupement : limité dans le temps et dans l'objectif à atteindre ou encore en réseaux.

La deuxième cause est " la pauvreté du langage chrétien actuel ". Ni la symbolique, ni l'émotion, ni l'imaginaire n'y retrouvent leur compte ! La créativité, quand elle arrive à s'exercer, est objet de suspicion voire de rejet non seulement de la part de certaines autorités religieuses mais aussi d'une partie des catholiques encore pratiquants. La liturgie est devenue souvent cérébrale, ennuyeuse, sans lien réel avec la vie des femmes et des hommes de notre temps !

La troisième cause est que, tout en se prétendant " ouverts ", des prêtres mais aussi des laïcs en responsabilité sont directifs voire autoritaires.

Des théologiens se sont autocensurés de peur d'être sanctionnés ou se sont contentés à être " la voix de son maître ". 

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militante catholique épuisée pour avoir dû monter trop d'étages ! 

De grands " rassemblements télévisuels " ont tenté de cacher la réalité : le peu de présence active
des 18-35 ans, ce qui hypothèque gravement l'avenir des communautés chrétiennes. Enfin, les évêques, sauf quelques rares personnalités, n'ont pas osé ouvrir une forme de ministère pastoral renouvelé. De ce fait, chrétiens en responsabilité et prêtres se sont épuisés à la tâche ou se sont découragés devant le peu de succès apostolique et le manque de relève.

Cette dévitalisation de forces vives a permis à une alternative de type conservateur voire intégriste d'occuper le terrain. La nostalgie d'un passé idéalisé a envahi certains esprits. " Un moralisme coincé, anachronique, inhumain et parfois hypocrite " en particulier dans le domaine de la sexualité s'est affiché. Joseph Ratzinger, par sa rigidité doctrinale et morale, a conforté cette évolution.

Or on ne peut enfermer le mystère chrétien dans des formules, des rites et des prescriptions qui ont été élaborés en fonction de la culture d’autres époques. Ils se révèlent bien souvent inadaptés pour la mission de l'Eglise : transmettre et faire vivre pour nos contemporains le message d'amour de Jésus-Christ.

Ce constat affligeant amène à formuler quelques perspectives de résistance et d'ouverture à notre monde contemporain. C'est l'objet de la deuxième partie de ce Manifeste. [à suivre]

Lundi 10 décembre 2007
par Chrétiens sans frontière 95 publié dans : catholiques libres en action communauté : Religions en toute liberté recommander
Le protestantisme multiplie sans fin les Eglises chaque fois qu’il y a une question théologique abordée d’une façon un peu différente ou chaque fois qu’il y a un nouveau style, un peu différent des autres, ou bien tout simplement lorsqu’un nouvel entrepreneur religieux se dit charismatique (" évangélique " selon le terme en usage chez les protestants). Pour lui, les Eglises institutionnelles, toutes humaines, visibles, sont plurielles, mais l'Eglise " spirituelle" du Christ  reste indemne, toute immaculée d’unité ... même si elle est parfaitement invisible !


un-trois-m--ts--r--duction-50-.JPGcabotons, cabotons le long des rivages (et dans ce cas a-t-on besoin du Saint-Esprit ?) où bien faut-il larguer les amarres sous le souffle de Dieu (selon l'expression des unitariens) ?

 

L’Eglise catholique, quant à elle, veut maintenir l’unité (toute fictive) d'une Eglise terrestre qui se veut à l’image de l’Eglise céleste (du moins le troupeau restant car les nombreuses branches hérétiques ont été auparavant élaguées !). 


Elle a ainsi un formidable savoir faire pour gérer la diversité en son sein. Que l’on voit la pléiade de congrégations religieuses dont beaucoup empruntent le même registre mais où, cependant, nombre d’entre elles font preuve d’originalité, de créativité, de spécificité et contribuent activement aux progrès de la pensée. Certes les styles et les domaines d’activités se heurtaient parfois ; ils étaient vite régulés par l’évêque du lieu ou au niveau papal. 


Ainsi en a-t-il été récemment de l’encadrement en douceur des mouvements charismatiques, de la mise sous boisseau de la théologie de la libération en Amérique latine avec l'aide de l'Opus Déi, de la récupération fort diplomatique des traditionalistes anti-Vatican II.


Mais qu’en sera-t-il demain avec les laïcs autonomes ? Les dominicains néerlandais nous le disent : nous assistons à une forte poussée par le bas des fidèles qui, à défaut de prêtres, souhaitent des services locaux. Le monopole des prêtres est battu en brèche tout simplement parce que la crise des vocations - en Europe occidentale et au Canada, et seulement dans ces pays là – met pratiquement en déroute l’organisation cléricale des Eglises – toujours pour ces mêmes pays.


Bien sûr que le Vatican va se crisper, mais qu’y pourra-t-il ? Le sol ne va-t-il pas se dérober sous ses pieds ? Ne va-t-il pas parler de plus en plus dans le vide ? 


Le relativisme théologique tant redouté par Benoît XVI prend le contour mou des nécessités pratiques : les catholiques sont habitués à une eucharistie dominicale. Or depuis que les laïcs sont habilités à aller porter la communion aux malades et aux handicapés à leur domicile, ils savent qu’ils ne sont pas manchots et peuvent retrousser leurs manches. Si le prêtre est absent, " on " fera quand même la communion avec des hosties préalablement consacrées, et ainsi de suite.


La corde va se tendre, mais le Vatican sera bien obligé d’obtempérer tout en multipliant les discours de précautions.


A défaut de débats ouverts et de synodes attentifs aux réalités et à l’expression des fidèles, c’est par les contraintes bassement matérielles que l’Eglise catholique avancera ... tout en prétendant, bien entendu, que l’Esprit-Saint souffle en ses voiles !

Dimanche 2 décembre 2007
par Jean-Claude Barbier publié dans : catholiques libres en action communauté : Religions en toute liberté recommander
Le synode des évêques de 2005 a travaillé sur les questions soulevées par les dominicains hollandais et en a tiré des indications radicalement différentes.


Dans l’exhortation apostolique post-synodale "Sacramentum caritatis", Benoît XVI a consacré le paragraphe 75 aux "assemblées dominicales en l’absence de prêtre". Le voici :


beno_t_xvi_dit_non_et_redit_non__dessin_de_ghertman_paru_dans_le_canard_encha_n__du_21_mars_07.jpg"Redécouvrant le sens de la célébration dominicale pour la vie des chrétiens, il est naturel de se poser le problème de ces communautés chrétiennes où manque le prêtre et où il n'est donc pas possible de célébrer la Messe le Jour du Seigneur. 


Il faut dire, à ce propos, que nous nous trouvons face à des situations très différentes les unes des autres. Le Synode a tout d'abord recommandé aux fidèles de se rendre dans une des églises du diocèse où est garantie la présence du prêtre, même quand cela demande un certain sacrifice. Là où, par contre, les grandes distances rendent pratiquement impossible la participation à l'Eucharistie dominicale, il est important que les communautés chrétiennes se rassemblent également pour louer le Seigneur et pour faire mémoire du jour qui lui est consacré. 


Cela devra cependant se réaliser dans le cadre d'une instruction appropriée sur la différence entre la Messe et les assemblées dominicales en absence de prêtre. Le soin pastoral de l'Église doit s'exprimer dans ce cas en veillant à ce que la liturgie de la Parole, organisée sous la présidence d'un diacre ou d'un responsable de la communauté à qui ce ministère a été régulièrement confié par l'autorité compétente, se déroule selon un rituel spécifique, élaboré par les Conférences épiscopales et approuvé par elles à cette fin. Je rappelle que concéder la faculté de distribuer la communion dans ces liturgies revient aux Ordinaires, qui évalueront attentivement l'opportunité des choix à effectuer. En outre, on doit faire en sorte que de telles assemblées n'entraînent pas de confusion sur le rôle central du prêtre et sur l'aspect sacramentel dans la vie de l'Église. 


L'importance du rôle des laïcs, que l'on doit justement remercier de leur générosité au service des communautés chrétiennes, ne peut jamais occulter le ministère irremplaçable des prêtres pour la vie de l'Église. On veillera donc avec attention à ce que les assemblées en absence de prêtre ne donnent pas prise à des visions ecclésiologiques qui ne seraient pas fidèles à la vérité de l'Évangile et à la tradition de l'Église. Elles devraient plutôt être des occasions privilégiées de prière adressée à Dieu pour qu'il envoie de saints prêtres selon son cœur. 


À ce sujet, ce qu'écrivait le Pape Jean-Paul II dans sa Lettre aux prêtres pour le Jeudi Saint 1979, est particulièrement émouvant, rappelant les lieux où les fidèles, privés de prêtre par un régime dictatorial, se réunissaient dans une église ou dans un sanctuaire, mettaient sur l’autel une étole qu'ils conservaient encore et récitaient les prières de la liturgie eucharistique, faisant silence 'au moment qui correspondrait à la transsubstantiation', témoignant qu'ils désiraient 'ardemment entendre les paroles que seules les lèvres d'un prêtre peuvent prononcer efficacement'. 


Dans cette perspective, étant donné le bien incomparable qui découle de la célébration du Sacrifice eucharistique, je demande à tous les prêtres une disponibilité effective et concrète pour visiter le plus souvent possible les communautés qui sont confiées à leur soin pastoral, pour qu'elles ne restent pas trop longtemps sans le Sacrement de la charité".



En se mettant en dehors de toute hiérarchie, en toute indépendance et créativité, la Fédération des réseaux du Parvis (mouvance catholique libérale en France), s'est mise fort judicieusement à l'abri des coups de crosse, qu'ils soient donnés par en dessus ou par en dessous. Elle peut donc continuer à célébrer en toute liberté !
Dimanche 2 décembre 2007
par Benoît XVI (sauf la caricature) publié dans : catholiques libres en action communauté : Religions en toute liberté recommander
Par Sandro Magister, à Rome, le 3 octobre 2007 – 


Lorsqu’il a redonné pleinement droit de cité à l’ancien rite de la messe, par le motu proprio "Summorum Pontificum", Benoît XVI a dit qu’il voulait aussi réagir à l’excès de "créativité" dans le rite moderne qui "a souvent porté à des déformations de la liturgie à la limite du supportable". Au vu de ce qui se passe dans certaines parties de l’Eglise, cette créativité influe non seulement sur la liturgie mais aussi sur les fondements mêmes de la doctrine catholique.


Kerk---Ambt.jpgNimègue, en Hollande : à l’église des pères augustins, la messe du dimanche est présidée à la fois par un protestant et par un catholique. A tour de rôle, l’un s’occupe de la liturgie de la Parole et du sermon, l’autre de la liturgie eucharistique. Le catholique est presque toujours un simple laïque et souvent une femme. Pour la prière eucharistique, les textes écrits par l’ex-jésuite Huub Oosterhuis sont préférés aux textes du missel. Tous partagent le pain et le vin.

Aucun évêque n’a jamais autorisé cette forme de célébration. Mais le père Lambert van Gelder, l’un des augustins qui s’en font les promoteurs, est certain d’avoir raison: "Dans l’Eglise, différentes formes de participation sont possibles, nous sommes membres de la communauté ecclésiale à part entière. Je ne me considère pas du tout comme schismatique".


En Hollande, toujours, les dominicains sont allés encore plus loin, avec le consentement des provinciaux de l’ordre. Deux semaines avant l’entrée en vigueur du motu proprio "Summorum Pontificium", les dominicains ont distribué dans chacune des 1 300 paroisses catholiques un livret de 38 pages intitulé "Kerk en Ambt", Eglise et ministère. Ils y proposent de transformer en règle générale ce qui se pratique de manière spontanée dans différents endroits.


Les pères dominicains proposent qu’en l’absence de prêtre, une personne choisie par la communauté préside la célébration de la messe: "Peu importe que ce soit un homme ou une femme, un homosexuel ou un hétérosexuel, une personne mariée ou un célibataire". La personne choisie et la communauté sont invitées à prononcer ensemble les paroles de l’institution de l’eucharistie: "Prononcer ces paroles n’est pas une prérogative réservée au prêtre. De telles paroles constituent l’expression consciente de la foi de la communauté toute entière".


Le livret s’ouvre sur l’approbation explicite des supérieurs de la province hollandaise des dominicains. Les premières pages sont consacrées à la description de ce qui se produit le dimanche dans les églises de Hollande.


Par manque de prêtres, la messe n’est pas célébrée dans toutes les églises. De 2002 à 2004, le nombre total des messes dominicales en Hollande est passé de 2 200 à 1 900. En revanche, au cours de la même période, le nombre de "services de Parole et de communion" est passé de 550 à 630. Il s’agit de liturgies de substitution, sans prêtre et donc sans célébration sacramentelle, où la communion se fait avec des hosties consacrées précédemment.


Dans certaines églises, la distinction entre la messe et le rite de substitution est clairement perçue par les fidèles. Mais ce n’est pas le cas dans d’autres églises, où les deux sont considérés comme étant de valeur égale et totalement interchangeables. Le fait que ce soit un groupe de fidèles qui désigne l’homme ou la femme qui conduira la liturgie de substitution renforce chez les fidèles eux-mêmes l’idée que leur choix "d’en bas" est plus important que l’envoi d’un prêtre de l’extérieur et "d’en haut".


Il en va de même pour la formulation des prières et pour l’organisation du rite. On préfère donner libre cours à la créativité. Au cours de la messe, les paroles de la consécration sont souvent remplacées par "des expressions plus faciles à comprendre et plus en accord avec l’expérience moderne de la foi". Dans le rite de substitution, il est fréquent que, pour la distribution de la communion, des hosties non consacrées soient ajoutées à celles consacrées.


Dans ces comportements, les dominicains distinguent trois attentes très répandues :

- que les hommes et les femmes auxquels est confiée la présidence de la célébration eucharistique soient choisis "d’en bas";

- que, de préférence, "ce choix soit suivi par une confirmation, une bénédiction, ou une ordination de la part des autorités de l’Eglise";

- que les paroles de la consécration "soient prononcées tant par ceux qui président l’eucharistie que par la communauté dont ils font partie".


De l’avis des dominicains hollandais, ces trois attentes s’appuient largement sur le Concile Vatican II. Selon eux, le geste décisif du Concile a été de placer, dans la constitution sur l’Eglise, le chapitre sur le "peuple de Dieu" avant celui sur "l’organisation hiérarchique constituée du haut vers le bas par le pape et les évêques". Cela implique de remplacer l’Eglise "pyramide" par une Eglise "corps", avec le laïcat comme figure centrale, ce qui implique aussi une vision différente de l’eucharistie.


L’idée que la messe soit un "sacrifice" – affirment les dominicains hollandais – est également liée à un modèle "vertical", hiérarchique, où seul le prêtre peut prononcer de manière valide les paroles de la consécration. Un prêtre qui doit être un homme et célibataire, comme le prescrit "une théorie archaïque de la sexualité".


En revanche, du modèle de l’Eglise "peuple de Dieu" dérive une vision plus libre et paritaire de l’eucharistie: comme un simple "partage du pain et du vin entre frères et sœurs au milieu desquels se trouve Jésus", comme une "table ouverte également à des personnes de traditions religieuses différentes".


L’opuscule des dominicains hollandais s’achève en exhortant les paroisses à choisir "par en bas" les personnes destinées à présider l’eucharistie. Dans le cas où, pour des raisons de discipline, l’évêque ne confirmerait pas ces personnes – parce qu’elles sont mariées ou parce que ce sont des femmes – les paroisses suivraient de toute façon leur route: "Que ces personnes sachent qu’elles sont, quoi qu’il arrive, habilitées à célébrer une eucharistie réelle et authentique à chaque fois qu’elles se réunissent en prière et partagent le pain et le vin".


Les auteurs du livret sont les pères Harrie Salemans, curé à Utrecht, Jan Nieuwenhuis, ancien directeur du centre œcuménique des dominicains d’Amsterdam, André Lascaris et Ad Willems, ancien professeur de théologie à l’université de Nimègue. Un autre théologien dominicain hollandais, plus célèbre, se distingue dans leur bibliographie de référence : Edward Schillebeeckx, 93 ans. Dans les années 80, il a été soumis à examen par la congrégation pour la doctrine de la foi pour des thèses proches de celles aujourd’hui réunies dans l’opuscule.


La conférence des évêques de Hollande se garde de donner une réponse officielle. Mais elle a déjà fait savoir que la proposition des dominicains apparaît "en opposition avec la doctrine de l’Eglise catholique".

A Rome, la curie généralice des dominicains a faiblement réagi. Dans un communiqué daté du 18 septembre – non publié sur le site de l’ordre – elle a défini le livret comme une "surprise" et a pris ses distances par rapport à la "solution" proposée. Mais elle a déclaré de partager "l’inquiétude" des confrères hollandais quant à la rareté des prêtres: "Il se peut qu’ils aient l’impression que les autorités de l’Eglise n’ont pas suffisamment travaillé la question et, par conséquent, qu’ils poussent à un dialogue plus ouvert. [...] Nous pensons qu’il faut répondre à cette inquiétude par une réflexion théologique et pastorale prudente entre l’Eglise toute entière et l’ordre dominicain".


En Hollande, les dominicains ont annoncé une réimpression prochaine du livret. Les 2 500 premiers exemplaires ont été très vite épuisés.

Dimanche 2 décembre 2007
par Sandro Magister publié dans : catholiques libres en action communauté : Religions en toute liberté recommander
" Aux Pays-Bas, le nombre de célébrations eucharistiques (au week-end) est tombé entre 2002 et 2004 environ de 2200 à 1900 ; le nombre de services de la Parole et de la Communion [présidés par un laïc en l’absence de prêtre] est monté pendant la même période de 550 à 630. Dans la plupart des diocèses néerlandais, le nombre de ces services est à peu près la moitié de celui des célébrations eucharistiques. 


communion-avec-le-pain-et-le-vin--eucharistie.jpgDans le diocèse d'Utrecht (165 célébrations chaque week-end en 2004) et dans celui de Breda (70) le nombre des services est plus élevé. C'est dans le diocèse de Bois-le-Duc que le glissement des célébrations eucharistiques vers les services de la Parole et de la Communion est le plus élevé en 2004 : il y a eu chaque week-end 95 célébrations eucharistiques de moins qu'en 2003 et 50 services de plus. Le diocèse de Groningen/Leeuwarden bat tous les autres : le nombre des services de la Parole et de la Communion est égal aux Eucharisties dans cette région à celui , soit 50 chaque week-end.


On trouve dans le diocèse de Roermond non seulement le nombre le plus élevé d'Eucharisties, soit 530 chaque week-end en 2004, mais aussi de très loin le plus faible nombre de services de la Parole et de la Communion. Selon le porte parole du diocèse, Bemelmans, une partie de l'explication tient au petit nombre d'agents pastoraux actifs dans le diocèse. " Mais c'est aussi dû à notre politique de découragement. Nous qualifions ces services d' 'Eucharisties à trou' ". La situation dans le diocèse de Roermond est relativement favorable, car il dispose d'assez de prêtres pour avoir une célébration eucharistique chaque week-end dans chaque paroisse. Bemelmans : " Mais nous avons dû
, nous aussi, fermer des églises, une vingtaine ces dix dernières années. Pendant des années, nous avons poussé les paroisses à réduire le nombre de célébrations : mieux vaut une seule Messe véritable chaque week-end. Et nous importons des prêtres de l'étranger, par exemple d'Inde ou d'Argentine ". Seuls les diocèses de Haarlem et d'Utrecht ont réussi à réduire le nombre de services alternatifs en 2004 et même à augmenter légèrement le nombre d'Eucharisties. " Nous sommes fermement décidés à réduire encore le nombre de services de la Parole et de la Communion", déclare Wim Peeters, porte-parole du diocèse de Haarlem.


On pourrait difficilement trouver mieux que ces chiffres pour formuler l'écart toujours plus grand entre l'église de base et la politique de l'autorité ecclésiale. La différence est frappante entre d'un côté la vue très stricte sur l'Eglise, les célébrations liturgiques et le ministère et, de l'autre côté, les vues divergentes et les pratiques fréquentes dans le champ pastoral. Les informations régulières sur ce sujet dans les journaux, les périodiques, à la télé et dans les sondages que ce comité a réalisés antérieurement ne laissent aucune place au doute sur ce point. "



D’après une enquête faite par les dominicains néerlandais en leur pays et traduite en français par " Nous sommes aussi l’Eglise ", voir nos messages précédents.

Samedi 1 décembre 2007
par les dominicains néerlandais publié dans : catholiques libres en action communauté : Religions en toute liberté recommander

Dordrecht--27-octobre-07----glise-transform--e-en-magasin--format-r--duit.JPGalternative à la fermeture des églises paroissiales : les vendre (ou les louer) aux commerçants ! Ici à Dordrecht, en Hollande, en plein centre ville. 

photo Jean-Claude Barbier (2007)



Les catholiques, c’est bien connu, n’osent pas contredire leur pape et leurs évêques, mais ronchonnent et râlent dans leur coin, par derrière, sinon quittent leur bateau sur la pointe des pieds. En France, ils n’ont pas moufté lorsqu’on leur a fermé leur lieux de culte le dimanche matin sous prétexte qu’il n’y avait pas assez de prêtres et qu’il fallait " regrouper les paroisses ".

Mieux, ou pire, les synodes diocésains, noyés sous le nombre de dévots et de bénis oui-oui, n’ont fait entendre aucune voix discordante, bien conduits qu’ils étaient sous la houlette des évêques et de leurs assistants. Assurément, les débats ouverts ne sont pas le fort des milieux catholiques par trop habitués à une longue obéissance de type cléricale. On explique doctement aux ouailles que l’Eglise du Christ n’est pas une démocratie ... Serait-ce alors une monarchie papale ? une théocratie ? çà, on n'ose le dire franchement ...
 

La Correspondance unitarienne * s’était étonnée en son temps de cette fermeture d’églises paroissiales allant à l’encontre des services de proximité, de la convivialité villageoise, des identités locales, et, au-delà des seuls fidèles, de la fierté d’un patrimoine architectural et d’une histoire particulière.

* "Urgent ! des communautés de base, bon Dieu ! pour ne pas laisser tomber nos lieux de culte", Jean-Claude Barbier, n° 21, juillet 2003.


Et voilà que les rares prêtres restant, comme des facteurs, se sont mis à circuler à vive allure entre des lieux de culte de plus en plus éloignés afin d’aller y donner les sacrements, car il paraît que, sans eux, ces dits sacrements ne seraient pas valables. Les laïcs seraient-ils donc trop nuls ? pas assez baptisés (malgré le sacrement de confirmation qui pourtant dit bien son nom) ? pas assez purs et saints (par rapport à un chaste clergé) ? pas assez formés (rien ne vaut de longues études de théologie pour ressasser les vieilleries !) ? ou tout simplement pas assez encadrés pour une obéissance à toute épreuve ? trop libres ?


Cette politique de regroupement des paroisses a-t-elle pensé aux braves prêtes desservants en leur fournissant des véhicules en bon état pour leurs tournées incessantes ? en prévoyant des primes de pénibilité ? le paiement des heures sup ? Il paraît que ces derniers se plaignent d’être débordés .. mais ils ne sont pas encore syndiqués !


Et voici que nos dominicains néerlandais soulèvent un lièvre : il paraît que çà ronchonne effectivement dans les chaumières et que, somme toute, nombre de fidèles préfèrent une distribution eucharistique faite par un laïc du coin, rencontrer leurs voisins dans le lieu de culte habituel, plutôt que d’aller se farcir des kilomètres (d’autant plus que les néerlandais pédalent à vélos !) et assister au sein d’une assemblée moins communautaire, sinon anonyme.


Et puis, comme se sont de gros nuls en théologie, ils ne verraient pas très bien, paraît-il, la différence entre une eucharistie déjà consacrée par un prêtre et distribuée par un laïc (en quelque sorte du play-back) et une eucharistie célébrée en direct. Bien entendu, la hiérarchie répète à qui veut l'entendre qu’on ne saurait confondre, que c’est un pis-aller, que rien ne vaut le direct, que " les services de la parole et la communion " constituent seulement un palliatif, en quelque sorte une sous-eucharistie, des trucs que l’on fait en cas d’urgence (comme par exemple le baptême par un laïc – eh oui, c’est dans le Droit canonique de l’Eglise !). Rien n’y fait, car les laïcs sont par ailleurs des têtus … et puis, ils votent avec leurs pieds.
 

Le texte intégrale de l'enquête qui fut menée par les dominicains néerlandais  auprès des paroissiens de leur pays à été traduit en français par "Nous sommes aussi l'Eglise" (NSAE). Il est disponible auprès de Lucienne Gouguenheim ou de la Correspondance unitarienne


En France, c’est depuis belle lurette que la mouvance catholique libérale, réunie au sein de la Fédération des réseaux du Parvis, pratique des célébration libres où le partage du pain et le vin fait signe tout simplement parce que l’assemblée est réunie au nom de Jésus. 

La dernière en date : le culte de clôture de la Rencontre annuelle du Parvis dans les montagnes vosgiennes, près de Saint-Dié, ce dimanche 25 novembre, avec plus de 80 participants (malgré les grèves et autres avatars). 

Moments particulièrement émouvants pour des chrétiens qui redécouvrent le sens de l’eucharistie qui nous réunit tous, par un lien profond, intensément fraternel.


Les chrétiens unitariens s’honorent de participer à la Fédération des réseaux du Parvis
Ils y contribuent à la réflexion théologique qui y est menée 
pour une pratique cultuelle mieux adaptée.

Samedi 1 décembre 2007
par Jean-Claude Barbier publié dans : catholiques libres en action communauté : Religions en toute liberté recommander
L’Eglise et le ministère, vers une Eglise du futur (version française de " Kerk en Ambt"), traduit par Lucienne Gouguenheim à partir de la version anglaise disponible sur le site  http://chiesa.espresso.repubblica.it , relecture par Edith Fèvre-Kuropatwa à partir de la version néerlandaise d'origine, et publié par Nous sommes aussi l'Eglise (NSAE).



Lors du Chapitre provincial des dominicains néerlandais, en juin 2005, des groupes de dominicains hollandais ont proposé la motion suivante : " Nous demandons au Chapitre de mettre en place le plus rapidement possible une commission ou un groupe de travail, auquel sera donné la tâche d'étudier les aspects théologiques de la question suivante : la célébration de l'Eucharistie dépend-elle du ministère d'hommes ordonnés ou est-il possible que des communautés ecclésiales ou les pasteurs qu'elle a désignés célèbrent eux-mêmes l'Eucharistie.


Cette étude devra donner lieu à un document indiquant une direction, proposé par les Dominicains Néerlandais à l'Eglise néerlandaise ".


Lors du Chapitre, la pétition a reçu un soutien tel que la discussion a conduit à une résolution formulée comme suit dans les Actes du chapitre, sous le titre : " Les paroisses à la lumière d'une nouvelle conception de l'Eglise ".


" Un centre de foi et de spiritualité peut être une nouvelle forme d'Eglise. Dans de tels centres, on rencontrera le désir de célébrer l'Eucharistie. Ce désir est déjà là dans les paroisses qui ne peuvent la célébrer parce qu'elles n'ont pas de pasteur ordonné

En conséquence, nous chargeons l'Administration [de la Province Dominicaine des Pays Bas] de mettre en place le plus rapidement possible une commission ou un groupe de travail, auquel sera donné la tâche d'étudier les aspects théologiques de la question suivante : la célébration de l'Eucharistie dépend-elle du ministère d'hommes ordonnés ou est-il possible que des communautés ecclésiales ou les pasteurs qu'elle a désignés célèbrent eux-mêmes l'Eucharistie

Cette étude devra donner lieu à un document indiquant une direction, présenté par les Dominicains néerlandais à l'Eglise néerlandaise, en particulier aux paroisses et aux centres de foi et de spiritualité, avec l'objectif principal d'ouvrir un dialogue auquel tous les intéressés puissent participer. La commission devrait aussi penser à la stratégie qui facilitera ce dialogue ouvert. "


Le texte intégrale de l'enquête qui fut menée par les dominicains néerlandais auprès des paroissiens de leur pays est disponible auprès de Lucienne Gouguenheim ou de la Correspondance unitarienne

Samedi 1 décembre 2007
par Lucienne Gouguenheim (traductrice) publié dans : catholiques libres en action communauté : Religions en toute liberté recommander

Libre pensée chrétienne

Fondateur : André Verheyen (1925-2007)

Pour un discours chrétien crédible

 Chers amis de LPC,

 Nous avons le vif plaisir de reprendre contact avec vous, impressionnés par l’appui enthousiaste que plus de soixante d’entre vous ont marqué quant à la poursuite de la parution de notre bulletin. Nous les remercions chaleureusement pour la sincérité et l’intensité de leurs témoignages.

 C’est donc avec le même enthousiasme que nous nous engageons à continuer notre action en respectant au mieux l’esprit dans lequel travaillait André Verheyen. Fidèle à notre cher fondateur, nous garderons toujours dans le cœur et dans la tête :

"  Que, par souci de fidélité à Jésus et à son message et par souci de crédibilité, La Libre Pensée Chrétienne continuera à proposer les orientations suivantes :

 1. la liberté de pensée qui est un acquis irréversible de l’humanité et une condition essentielle à la démarche de la foi ;

2. une relecture des textes bibliques à la lumière des acquis de l’exégèse contemporaine en refusant tout dogmatisme ;

3. une ouverture œcuménique qui accueille aussi ceux qui, sans se référer à une institution confessionnelle, adhèrent aux valeurs de Justice, d’Amour, de Liberté et de Vérité. "


Nous remercions ceux d’entre vous qui nous ont proposé de collaborer d’une façon ou d’une autre à l’élaboration de la revue, ce qui nous permettra de renforcer et d’élargir notre équipe de rédaction afin de pouvoir assurer la publication d’un bulletin trimestriel à partir de 2008.

 Auparavant, André Verheyen, considérant la revue comme son idéal, son œuvre, son" enfant", prenait en charge la majeure partie des frais d’édition du bulletin et celui-ci était distribué gratuitement. Afin de pouvoir continuer la publication de LPC, sous forme "papier",  nous nous voyons contraints d’instaurer un système de souscription.

Le bulletin (4 numéros par an) sera donc envoyé à tous ceux qui auront versé le montant de l’abonnement avant le 15 janvier 2008 en indiquant leurs nom et adresse en communication (pas de mandat s.v.p.) : Pour la Belgique : 10 €,  Pour l’étranger : 13 €

Tout don ou versement supérieur à ces montants " planchers" seront évidemment les bienvenus.

Le prix de l’abonnement ( frais de port compris)  est à verser sur le compte : Libre Pensée Chrétienne, Berkendallaan,78.B-1800 Vilvoorde, Compte 068-2487291-44, Banque Dexia, IBAN: BE55-0682-4872-9144, BIC : GKCCBEBB. Par ailleurs, ceux qui le souhaitent pourront recevoir la revue (gratuitement) par voie informatique. Si vous êtes dans ce cas, communiquez-nous, s’il vous plaît, votre adresse électronique. Merci.

 Nous voilà donc à nouveau embarqués dans l’aventure LPC, prêts à appareiller et à prendre le large…

L’équipe de LPC, le 30 novembre2007

Editeurs responsables : Christiane et Herman Van den Meersschaut. Rue C. Hoornaert,9 – 1090 Jette, e-mail :  christianehermanvdm@tele2allin.be


 

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des articles de LPC ont été mis en ligne sur le site de "Profils de libertés", 
ainsi que les activités du mouvement jusqu'en mai 2006.

Samedi 1 décembre 2007
par Libre pensée chrétienne publié dans : catholiques libres en action communauté : Religions en toute liberté recommander
Dans un texte intitulé " Le projet d’Aparecida " et qui se présente comme un bilan à la fois positif et critique de cette conférence épiscopale à l’échelle du continent latino-américain, le Père José Comblin, au Brésil, à la suite des évêques de son continent, en appelle à une Eglise missionnaire hors paroisse et animée par une théologie de la libération en direction des pauvres. 

croix-huguenote-en-m--tal.jpgUne Eglise où se remettrait à souffler le Saint-Esprit (à savoir, pour les unitariens qui ne font