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Pourquoi ne pas le dire ? J’ai du mal à fêter Noël parce que Noël fait mal à ceux qui arrivent d’Amérique du Sud, d’Afrique, d’Asie, de tous les pays où on manque de pain, de paix, de liberté. Parce que Noël fait mal à tous ceux qui n’ont pas de travail, à ceux qui sont seuls, à ceux qui sont démunis.

Noël fait mal, parce qu’on étale de la richesse, parce qu’on gaspille, parce qu’on confond la fête avec l’abondance. Etalage insolent de notre civilisation enfermée sur elle-même, qui ne veut pas regarder les autres hommes. Pas de place à l’hôtellerie. Attention de ne pas fêter Noël à l’envers : du côté de ceux qui ont refusé Dieu.

Noël, c’est un Dieu pauvre . Un Enfant des pauvres. C’est Dieu qui risque sa vie, un marginal, un traqué. C’est Dieu-avec-nous dans le dénuement. Ce Dieu est-il encore notre Dieu ? C’est notre vie qui répond. Sommes-nous solidaires de ceux qui n’ont pas ? Puisons-nous notre joie dans l’amour qui est toujours indigent et qui veut toujours donner ? Savons-nous toujours recevoir ce que nous offrent les pauvres ? Noël nous ramène à l’essentiel. Ce n’est pas d’être riche, ce n’est pas d’avoir tout ce qu’il faut. Ce n’est pas d’être bien considéré, garanti contre tout et bien calfeutré dans une petite vie bien tranquille. Noël c’est aimer : à la maison à l’école, dans le quartier, à l’atelier, au bureau, dans les activités qui tissent la vie, depuis l’association des parents d’élèves au syndicat, au parti politique.

Même si c’est difficile , même si on ne voit pas pour qui on lutte. Noël c’est aussi la nuit, l’isolement, le petit nombre, l’absence d’efficacité. Noël c’est aimer large, vers le Tiers monde, vers toute l’humanité si on pouvait !

Et Noël pour l’Eglise ? Elle est en crise, dit-on. Certains se plaisent à le souligner. Elle perd sa puissance d’autrefois. Elle cherche dans l’obscurité la route de Bethléem. Elle aussi connaîtra le dépouillement. Mais ce sera pour renaître, pauvre avec son Dieu pauvre, riche de l’essentiel, riche du seul Evangile.

Dans la foule des hommes et des femmes, qu’ils soient chrétiens ou qu’ils ne le soient pas, il y a des êtres qui cherchent, qui veulent une humanité plus humaine et qui se prête à Dieu. Puissions-nous tous être de ces hommes de l’Essentiel, des marcheurs de la nuit de Noël. Est-ce que Noël nous fait mal à nous aussi ? Peut-t-on alors dire que Dieu bouge en nous ? Le Dieu de Noël nous dérange. Il nous presse. C’est une joie qui brûle.

Ce texte nous a été envoyé par Philippe de Briey (Belgique), le 23 décembre 09

Pour communier ensemble tout simplement et partager l'esprit de Noël, écoutons le "Noël des enfants du monde" avec la chanson de Jean Maty-Boyer sur Dailymotion, illustré des toiles de Martine Tron, artiste peintre (lien). Nous remercions Nicolas Semaille (Mons, Belgique) de nous avoir signalé ce document dans le cadre de notre groupe Yahoo "Unitariens francophones". Nous vous en souhaitons, en ce jour de Noël, une bonne écoute. http://www.dailymotion.com/video/x3u7nc_noel-des-enfants-du-monde_creation

Vendredi 25 décembre 2009 5 25 /12 /2009 04:12
- Par Mgr Gaillot - Publié dans : catholiques libres en action - Communauté : Religions en toute liberté - Recommander

En anglais, le terme ''freak'' désigne les personnes au look extravagant ou marginal, tels que hippies, punks, rastas, goths, etc.  La vie nomade et artistique y est valorisée. On aime se distinguer, par son accoutrement et sa bohème, de la vie " bourgeoise ", de la routine d’une société bien huilée, mais trop sédentarisée. On est volontiers bruyants, dérangeants des habitudes admises, mais sans que cela aille toutefois à l’agressivité des autres et à la lutte de classe. En cela, cette mouvance est radicalement distincte de certains milieux anarchistes fortement politisés toujours prêts à en découdre.

Le mouvement se présente comme "alternatif" et regroupe des "passionnés" de Jésus. Il est de style charismatique, l’alternativité touchant les formes d’expression et non les croyances elle mêmes. C’est un Jésus Fils de Dieu et qui sauve, providentiel et rédempteur, qui nous est présenté, même s’il prends volontiers une allure à la Che Guevara (voir l’affiche du Tchaap dans nos Etudes unitariennes). 

" En tant que JESUS FREAKS, nous sommes sûrs que malgré les croisades, les bûchers et leurs sorcières, les cultes et messes ultra-chiants, les télé-évangélistes avides de fric et tous les chichis pseudo-religieux, il y a quelque chose de vrai et fantastique derrière le nom "Jésus" !

Pour être honnêtes nous croyons même qu'il n'y a rien de mieux sur terre que de vivre avec Jésus. Rien à voir avec la Religion ou de quelconques sagesses et règles de vie. Il s'agit d'une relation personnelle avec Le Créateur de l'Univers. Dieu a envoyé Son Fils Jésus sur terre. Il est mort crucifié à cause de notre merde, puis est ressuscité. Il est Le Seul à pouvoir aujourd'hui faire sauter les murs érigés entre nous et Dieu.
Jésus est l'accès à Dieu.

Nous savons que la Bible contient des mots d'une puissance révolutionnaire, et que ce qu'elle nous apprend sur la vie et sur Dieu est authentique. Dieu Lui-même se présente dans ce livre et dévoile les plans fabuleux qu'Il a pour l'Humanité et pour chaque individu.

Nous croyons qu'Il est particulièrement proche de ceux qui souffrent, de ceux qui ont faim, qui ont touché le fond, des paumé-e-s, des exclu-e-s et des personnes vivant en dehors des normes de la société. Nous voulons vivre comme Jésus a vécu. Que chacun-e vienne à Lui comme il/elle est, sans tenir compte de quelle classe sociale il/elle est issu-e.
Nous voulons faire connaître la puissance qu'il y a dans la Résurrection de Jésus ! "


Le mouvement ''Jesus Freaks'' débuta en Allemagne à Hambourg en 1991. En 1994, le mouvement comptait déjà plus de deux cents personnes et les groupes se multiplièrent en Allemagne, puis le mouvement s'internationalisa en se répandant en Suisse (où il est représenté par le forum "Cactus", le site suisse du mouvement et, pour les manifestations musicales, celui de "Eternel.ch") et en France où il est représenté par la Tribu chrétienne hétéroclite alternative autogérée de prière (Tchaap) - voir son site.

Un festival chrétien d'arts alternatifs se déroule chaque été au centre de l'Allemagne (à Gotha, à l'ouest d'Erfurt) " le Freakstock ". Une soixantaine de groupes musicaux y participent et ce festival a déjà accueilli plus de 8 000 personnes. Voir le site allemand du mouvement ou son site international. 


" A l'exemple de Jésus et de ses disciples nous voulons être un collectifs de " Jesus freaks " (alternatif-ves passionné-es de Jesus) qui vivent leur foi aux marges de notre société. Pour cela, nous renonçons à une vie conforme à notre société de consommation pour vivre dans la simplicité d'une vie de nomades. En effet, nous choisissons, comme mode d'habitation, des camions, des caravanes et des bus aménagés. Nous voulons être là où les gens sont : festivals, squats, éco-villages, espaces publics, petits travaux saisonniers… Comme Jésus, nous voulons être solidaires et à l'écoute des exclu-es, des exploité-es, des anonymes, des étranger-es et leur partager l'Evangile de libération. Nous voulons rejeter tout esprit sectaire et nous relier à l'ensemble des spiritualités chrétiennes en reconnaissant comme frères et sœurs tout catholique, protestant, évangélique, orthodoxe, " sans église ", en recherche de vérité ... qui aime Jésus et son Evangile."


affiche du Tchaap, dessinée par Alexandre Sokolovitch. Jésus en tenue de freak et les disciples marqués du signe de la Pentecôte ?

Le geste est joint au discours : vous êtes très cordialement invités à prendre un verre avec Marie et Alexandre Sokolovitch à la Ferme de la Chaux, à La Bussière sur Ouche, dans le département de la Côte d’Or, à l’ouest de Dijon (21360) ; contact.


Au delà du caractère sympathique de ce mouvement, c’est son aspect éminemment énergétique qu’il nous faut retenir.

Vendredi 21 août 2009 5 21 /08 /2009 11:59
- Par d'après le site du Tchaap - Publié dans : catholiques libres en action - Communauté : Religions en toute liberté - Recommander

Les diacres catholiques sont encore peu nombreux, mais c’est une élite assurément montante : 11 848 diacres européens (dont 2 169 Français), 23 256 Américains (dont 16 578 en Amérique du Nord), mais seulement 163 en Asie et 403 en Afrique ; soit un total de 35 942 diacres permanents du monde.

Tout comme les prêtres diocésains, ils sont ordonnés par l’évêque du lieu. Ils ont en charge le ministère de la parole, à savoir qu’ils peuvent lire l’Evangile et le commenter dans le cadre d’un sermon en bonne et dû forme, même en présence d'un prêtre officiant, et bien entendu lors des assemblées dominicales en l’absence de prêtres (adap). S’y ajoute un " ministère des pauvres " qui fait écho aux services des tables dont parlent les Actes des apôtres (6, 1-6) où le diaconat fut institué.

Mais au-delà des belles paroles généreusement fournies par la hiérarchie *, c’est le flou artistique  : s’agit-il des activités seulement internes à l’Eglise (catéchuménat, liturgie de la Parole, œuvres caritatives) ou bien d’un engagement " dans le monde ". Dans le second cas, c’est certainement fort généreux, mais la tâche devient alors immense ! Elle est en principe celle des laïcs envoyés en mission dans le monde à la fin de chaque messe.

* le cardinal Cláudio Hummes, préfet de la Congrégation pour le clergé et par ailleurs archevêque émérite de São Paulo, vient d’adresser ce 10 août une lettre " aux diacres permanents " ; mieux, il a écrit aussi aux familles ! – voir l’article dans La Croix de Frédéric Mounier, envoyé spécial permanent de ce quotidien à Rome. 

Quant au pape, il a déjà pris ses précautions en avertissant les diacres qu’ils ne devaient pas remplacer les prêtres dans leur rôle spécifique, à savoir la consécration des espèces. Sur ce point, les adap risquent de renforcer ce côté "distribution des hosties" que l’on peut reprocher à la messe catholique *

* du moins par ceux qui sont habitués au partage du pain et du vin dans le cadre de célébrations libres où l’eucharistie retrouve son véritable sens de repas ; voir notre article paru en novembre 2004 dans le n° 1 des Cahiers Michel Servet ", célébrer en liberté ".

Clinique protestante des diaconesses de Strasbourg

Choisis par leur évêques, les diacres et les autres agents pastoraux au service des paroisses ne sont pas des révolutionnaires, ni même des réformateurs, mais, du fait de la crise des vocations à la prêtrise (en grande partie à cause du célibat qui est imposé), ils seront amenés à plus de responsabilité. Assisterons-nous, avec cette promotion des laïcs au sein de l’Eglise catholique, à des changements significatifs ? ou bien, comme (parfois) au sein des conseils presbytéraux chez les protestants à une certaine tendance à devenir des notables locaux se contenant de leur statut ?

message du 21 août reçu de Xavier Martin-Prével

le diaconat permanent a été rétabli à cause de la crise des vocations (il y a plus de 40 ans déjà, au concile Vatican II), mais avec une très grande peur d'une partie du clergé qu'il ne devienne une prêtrise bis mais mariée ! Tout le flou vient de là.  La motion a été acceptée par plus de 90 % des membres du concile, mais parce qu'elle ne spécifiait pas expressément que les diacres pourraient être mariés ; elle laissait cette question pour une décision ultérieure personnelle du pape ! Sinon, les intentions de 'vote' auraient été trop partagées à 50/50.

Paul VI n'a pas traîné ensuite pour prendre cette décision ; peu avant sa mort d'ailleurs, il avouait que selon lui le prochain chantier urgent à ouvrir par son successeur était l'accès à la prêtrise pour les hommes mariés, mais qu'il n'avait pas eu le courage de s'y attaquer devant les montagnes qu'il aurait dû affronter.
Depuis, il semblerait que nous ayons eu des papes qui ne pensaient pas comme lui ... ou qui étaient encore moins courageux !

 

Jeudi 20 août 2009 4 20 /08 /2009 10:00
- Par Actualités unitariennes - Publié dans : catholiques libres en action - Communauté : Religions en toute liberté - Recommander

Le Centre Ephata de Cornouaille, à Quimper, est une association loi 1901 qui organise, depuis plusieurs années, des stages-rencontres spirituels. Ephata signifie "Ouvre-toi !". Cette invitation à l'ouverture se fait avec l'aide des sciences humaines et à partir des traditions spirituelles qui font partie du patrimoine de notre Humanité.

Du mercredi 9 (19h) au jeudi 17 septembre (13h), Ephata organise un stage rencontre à Mirmande (entre Valence et Montélimar), village classé dans la Drôme provençale, dans le cadre des  "Rencontres de la Magnanerie" organisés par l'Association culturelle Marcel Légaut (
lien), et sur le thème " Devenir soi… pour s’ouvrir à l’autre. Les étapes du changement : passer du subir au devenir. Petit homme infi(r)me en chemin vers l’immense ".

Pour information et contact, voir
le site du Centre Ephata de Cornouaille

Ce centre est animé par Françoise et Jacques Richard. Il fait appel aussi à des intervenants extérieurs comme Bernard Feuillet, Bernard Ginisty, Jean-Yves Leloup, Jacques Musset,  André Comte- Sponville, etc.

L'itinéraire spirituel et professionnel de Jacques Richard

"Au sortir d’une enfance maladive, Jacques rencontre, étudie et pratique le yoga, le bouddhisme, la psychologie des profondeurs, trans-personnelle, tout en exerçant le métier de berger. Il suit plusieurs années les enseignements tibétains, tout en se nourrissant de philosophie orientale et occidentale. Son chemin le conduit vers des rencontres humaines essentielles, signifiantes pour sa " guérison " personnelle, son devenir professionnel.

A 30 ans, il suit une formation de psychothérapeute, puis de sophrologue, et crée en 1991 le " Centre de sophrologie de Cornouaille ". Animateur yoga durant 8 années, il poursuit son chemin par une formation d’éducateur, puis de formateur d’adultes à l’université, entre sciences humaines et sociales. Il conclut par une Licence en sciences de l’éducation, et une formation universitaire " Management / Gestion des organisations ".

Ces dix dernières années, il a exercé plusieurs métiers au cœur de la relation d’aide, de l’accompagnement, du service, de l’encadrement : conseiller en insertion professionnelle, directeur d’association, assistant funéraire, animateur.

Nourri de lecture, écriture, musique, il se définit comme un " chercheur en action ", un témoin réconcilié avec sa tradition ; un " apprenant perpétuel ", à la croisée du physique, du psychologique et du spirituel, où corps… âme… esprit sont intimement liés. Ni dogmatisme, ni vérité, ni moralisme : seuls, l’expérience, le vécu sont formateurs, trans-formateurs. C’est ce à quoi il vous invite lors de ces ateliers." (lu sur le site du Centre Ephata Cornouaille)

La présence de Jacques pour " EPHATA " est bénévole. Il est signataire de la Charte " Accompagner par l’éthique ",
lien

Samedi 18 juillet 2009 6 18 /07 /2009 18:46
- Par Actualités unitariennes - Publié dans : catholiques libres en action - Communauté : Religions en toute liberté - Recommander

Le frère Jean Cardonnel est décédé le samedi 4 juillet, à l'âge de 88 ans. Une célébration festive réunira ses amis le jeudi 9 juillet à 10 heures en l’église Ste Bernadette à Montpellier. Toutes celles et tous ceux qui peuvent nous rejoindre sont cordialement invités (message de ses amis de Montpellier, diffusé par le réseau des correspondants de la Fédération des réseaux des parvis).

Voir une présentation biographique sur le Journal
La Croix du 5 juillet 09 :

"Militant soixante-huitard à la Mutualité, féministe convaincu, le défenseur des prêtres-ouvriers, porte-parole des pauvres au Brésil et pourfendeur de la torture en Algérie [...].
Pendant 44 ans, de 1958 à 2002, Jean Cardonnel, électron libre de son ordre, avait fait du couvent des Dominicains de Montpellier son quartier général, militant contre les "hypocrisies" de l'Eglise et prônant sa "dé-romanisation" au profit d'une "évangélisation de Dieu".

En 2002, Jean Cardonnel était parti se reposer à la Réunion, une habitude prise dans cette île où il avait fait scandale en célébrant une messe dans l'ancien cimetière des esclaves. A son retour, le couvent avait vidé sa chambre en l'envoyant demander asile chez les religieuses de l'Ange gardien à Quillan (Aude), où sont accueillis des enfants maltraités.
Le prêtre estimait alors avoir payé le prix de sa "libre parole" tandis que le couvent niait l'avoir mis à la porte, évoquant un départ volontaire.

Il a publié de nombreux essais, comme par exemple "Le Nègre de Dieu" en 2000 aux éditions Domens.

Trois ans plus tard, Jean Cardonnel avait stigmatisé une "homosexualisation croissante" de l'Eglise en lui reprochant d'avoir fait de la femme "l'incarnation du démon", dans un livre brûlot intitulé "Verbe incarné contre sexe tout puissant". Le couvent de Montpellier avait déploré "délire" et "mensonges".

Les chrétiens unitariens saluent la parole libre de celui qui fut appelé "le frère rouge" et renié par son Ordre. Pourtant, frère prêcheur il l'était partout où il animait des soirées, comme par exemple en novembre 2004 lors du rassemblement annuel de la Fédération des réseaux des parvis à Aix-en-Provence où il avait été invité. 

Mardi 7 juillet 2009 2 07 /07 /2009 16:34
- Par Actualités unitariennes - Publié dans : catholiques libres en action - Communauté : Religions en toute liberté - Recommander

Depuis le 12 mars 2009, Témoignage chrétien (TC), qui se présente désormais comme promouvant la "résistance spirituelle", a considérablement élargi son réseau commercial. Vous le trouverez désormais dans de nombreux bureaux de tabac et librairies. En voir la liste sur son site, lien.

Témoignage chrétien a été fondé en 1941 par des chrétiens engagés dans la résistance au nazisme.

Dimanche 14 juin 2009 7 14 /06 /2009 09:52
- Par Actualités unitariennes - Publié dans : catholiques libres en action - Recommander

Pietro Di Pauli (Pietro de Paoli en français) se présente comme un haut dignitaire de l'Eglise ... et écrit des récits fiction. Est-il Monseigneur ? en tout cas, il connaît bien son affaire. A lire absolument pour tout ceux qui pensent qu'il faut changer de pape !

Pietro de Paoli (Mgr), 2005 - Vatican 2035, Paris, éd. Plon, 558 p. , sorti en octobre


Extrait choisi par l'éditeur : " Il y a quelque temps, je m'agenouillai dans l'obscurité d'un confessionnal. Et je fis cet aveu à un prêtre : la fureur m'envahissait à la vue de mon Église, tellement impuissante, si peu crédible. Mon confesseur, ne sachant pas bien sûr à qui il s'adressait me prêcha l'humilité : " Faites ce que vous pouvez... " M'aurait-il parlé aussi librement s'il avait vu mon visage, s'il avait compris qui j'étais ? Certainement non. Ainsi en est-il, également, pour ce livre : que chacun le lise pour ce qu'il raconte sans être influencé par la personnalité de l'auteur. S'il s'était agi d'un traité, ou d'un essai, peut-être aurait-on trouvé ici des traces de mon amertume. Mais pour rêver un autre avenir, j'ai préféré à travers un roman créer des personnages de chair et de sang - Paddy, Paul, Leah, Jeanne-Marie, Kate... et Thomas Ier, un pape qui va enfin révolutionner l'Église. La parole que je porte est plus grande que moi ; la foi qui me fait vivre ne m'appartient pas. Permettez que mon identité s'estompe au profit de l'espérance dont j'ai voulu témoigner dans les pages qui suivent "


" Pietro di Pauli, un pseudonyme sous lequel se cacherait un prélat… peu orthodoxe : " Vatican 2035 " ; quelqu’un qui a mal à son Église, qui s’indigne de voir ce qu’en font les autorités, mais qui l’aime trop pour pouvoir la quitter " (lu sur le site de l’Association des lecteurs de l’hebdomadaire la Vie).

 

" Si ce roman est de la pure fiction, on peut affirmer cependant qu’il est beaucoup mieux documenté sur le fond des enjeux qui tournent autour du Vatican que bien d’autres fictions à la mode. On peut même dire que, sous forme de roman, il s’agit presque d’un manifeste ecclésiologique (et donc "théologique") exprimant les espérances d’évolution de l’Église catholique qu’un bon nombre de fidèles ont au cœur. " (un commentaire signé Jean en date du 2 juin 2007, suite à l’article précédant).


A l’initiative d’un pape progressiste : des prêtres mariés, des femmes cardinales au Saint-Siège, l’Ordre des Jésuites dissout, etc.  !


2006 - 38 ans, célibataire et curé de campagne ; Paris, éditions Plon, coll. " Christianisme : essai religieux ", présenté comme un récit, 204 p., sorti en octobre.


extrait choisi par l'éditeur : " Il est à peine dix-neuf heures, j'ai trois heures devant moi avant la messe. Nous sommes le soir de noël, et je suis seul. aucun de mes paroissiens n'a songé à m'inviter, pour partager avec sa famille le dîner de noël. puis-je le leur reprocher ? cela ne leur est tout simplement pas venu à l'esprit. le soir de noël est un soir réservé à la famille, à l'intimité, et je ne suis pas de leur famille. je ne suis l'intime d'aucun. pour tous, je suis mis à part, séparé. ma famille est au loin, je la retrouverai demain - pour un goûter chez mes parents. en attendant, je suis un homme seul le soir de noël".


2008 - La confession de Castel Gandolfo, Paris, éd. Plon, 217 p. , sorti en juin


Présentation par l’éditeur : " Quel est ce secret qui empêche le pape de dormir et le conduit à inviter, en sa résidence d'été de Castel Gandolfo, un théologien célèbre mis au ban de la théologie officielle et dont certains écrits ont été condamnés à plusieurs reprises ? Certes, ils se sont connus il y a bien longtemps, du temps de leur jeunesse, du temps de Concile, mais après quarante ans de silence, est-il possible de renouer les fils de l'échange et de la conversation ? N'est-il pas trop tard ? Trop tard pour tout, pour l'amitié, pour la réconciliation et même pour les disputes ? Il faudrait un miracle. Mais croient-ils encore aux miracles ? Les lecteurs reconnaîtront sans doute des échos des personnalités de Joseph Ratzinger, actuel pape Benoît XVI, et du célèbre théologien Hans Küng, dont l'anecdote de la rencontre en septembre 2005 à Castel Gandolfo a en partie inspiré l'auteur "

 

Jeudi 28 mai 2009 4 28 /05 /2009 06:13
- Par Actualités unitariennes - Publié dans : catholiques libres en action - Communauté : Religions en toute liberté - Recommander
Paroles d'évêque, c'est aussi le risque, dans une Eglise où les évêques ne sont pas élus * (autrefois ils l'étaient pourtant !), d'avoir des paroles qui ne correspondent pas à celle de l'Eglise locale, qui vont même à l'encontre. C'est en cela que les catholiques libéraux demandent qu'il y ait démocratie en leur Eglise et non plus des évêques "parachutés" par le Vatican.
* les évêques unitariens de nos Eglises historiques (en Transylvanie et en Hongrie) sont élus dans le cadre d'un synode. Voir

En cela, la réaction de "Nous sommes aussi l'Eglise" du Loiret est tout à fait exemplaire. Nous la reproduisons :

Lettre ouverte à Mgr André Fort

Évêque d’Orléans


La présence, sur la première page du quotidien régional du département, de votre portrait accompagnant votre affirmation intempestive et mensongère sur le préservatif a scandalisé énormément de monde, et pas seulement les catholiques. Outre l’opprobre que vous jetiez inconsidérément sur ceux qui luttent contre cette terrible maladie et donnent l’usage du préservatif comme l’un des moyens de prévention d’extension de l’infection, vous avez aussi participé à une entreprise de déconsidération de l’Église.

Ce n’est hélas pas la première fois que votre attitude pose question à bon nombre de catholiques du diocèse.


Un certain retour historique s’impose :


1) la messe en latin

Lorsque vous avez décidé en octobre 2006 d’autoriser la messe en latin à Cercottes, vous disiez avoir choisi ce village pour sa situation pas trop loin d’Orléans mais en même temps hors d’Orléans et que cela resterait exceptionnel. Mais vous avez recommencé à St Martin d’Abbat. Et maintenant, manquant une fois de plus à votre parole, sans concertation ni dialogue, et d’une façon fort peu élégante pour le responsable du lieu, vous avez installé les traditionnalistes à la Recouvrance, en plein centre d’Orléans.

À ce sujet nous remarquons que vous n’avez pas été très attentif à ces brebis égarées auxquelles vous auriez dû, en raison de votre responsabilité de pasteur, leur faire connaître (ou découvrir pour la plupart) et comprendre toutes les splendeurs et les raisons de faire progresser la vie chrétienne contenues dans la Constitution sur la Liturgie.


Nous avons toujours été très étonnés par ces décisions qui sont un refus pur et simple de " Sacrosanctum Concilium " (la Constitution sur la Liturgie), qui a été votée en premier, nous vous le rappelons, le 4 décembre 1963, par 2147 voix " pour " et 2 " non ". Elle déclare dans son préambule : Puisque le saint Concile se propose

    - de faire progresser la vie chrétienne de jour en jour chez les fidèles;

    - de mieux adapter aux nécessités de notre époque celles des institutions qui sont sujettes à des changements;

    - de favoriser tout ce qui peut contribuer à l'union de tous ceux qui croient au Christ,

     - et de fortifier tout ce qui concourt à appeler tous les hommes dans le sein de l'Église, il estime qu'il lui revient à un, titre particulier, de veiller aussi à la restauration et au progrès de la liturgie "

Vous ne donnez pas l’impression d’y adhérer fermement.

2) les ordinations de " repentis "

Faisant suite à la création de séminaires dans le cadre de l’Institut du Bon Pasteur et en particulier à Courtalain, un certain nombre d’ordinations ont été célébrées dès 2007 pour des séminaristes issus de ces séminaires. Étant donné que la création de l’Institut du Bon Pasteur date de septembre 2006 et l’ouverture de Courtalain d’octobre 2006, il est difficile de croire que ces " ordonnés " aient été instruits ailleurs que dans des séminaires intégristes. D’où il ressort qu’en matière d’enseignement des décisions conciliaires, ces gens ne peuvent prêcher autre chose que ce que la Fraternité Saint Pie X défend à tout prix, à savoir : l’opposition farouche et définitive à certains textes de Vatican II tels que la Constitution sur la Liturgie, la liberté de conscience, l’œcuménisme, les relations avec les religions non-chrétiennes. Cela nous semble incompatible avec vos responsabilités d’évêque, tant cela est contraire aux positions du Magistère que vous défendez cependant bec et ongles.

3°) La levée d’excommunications

Nous avions appris en son temps que vous étiez affilié, avec d’autres évêques français, à une espèce de commission, le " G.R.E.C. " (Groupe de Rencontres Entre Chrétiens) qui s’avérait avoir un lien très étroit avec la Commission Pontificale " Ecclesia Dei ", présidée par un prélat colombien, le Cardinal Castrillon Dario Hoyos. Quand on connaît maintenant le rôle que ce dernier a joué dans l’élucubration sans précaution du décret de levée de l’excommunication des évêques lefebvristes, on peut se risquer de parler de mauvaise fréquentation ! Et l’on peut se poser la question de savoir si vous, évêques français du G.R.E.C., n’aviez pas, aussi, des relations privilégiées avec La Fraternité St Pie X, tout comme le Cardinal Castrillon Hoyos ? Or, nous pouvons affirmer que les positions de cette Fraternité – et celle en particulier de Mgr Fellay ainsi que celles des " mousquetaires " de l’Institut du Bon Pasteur à Bordeaux –, pouvaient être parfaitement connues par de simples mortels (nous en avons fait l’expérience) ; ce qui implique que vous étiez en pleine dérive en recommandant un accueil plein de charité envers les tenants de la messe en latin, qui, pour la plupart camouflaient, par cette singularité, le fait qu’ils ont toujours adhéré aux positions anti Vatican II défendues même par les intégristes " repentis ".

4) l’affaire de Recife

À propos de la fillette violée votre message ne contenait guère que le rappel du " règlement " et, à part les simples mots de " compassion " et de " miséricorde " – noyés au milieu d’un fatras à propos de la " banalisation " de l’avortement qui n’avait rien à faire là – ne reflétait nullement (à l’encontre de bon nombre de vos collègues) une véritable disposition à la compréhension et à la charité. À la référence au Code de Droit Canonique, qui est hélas, trop souvent bien éloigné des Paroles de Jésus, nous préférons, et de loin, les appels à la générosité et à la priorité pour les pauvres. Encore heureux que votre Conseil Diocésain ait pris une position bien différente de la vôtre.

Sur tous ces points les chrétiens du Loiret ont du mal à repérer ce que signifie être fidèle à l’Évangile de Jésus-Christ dans le monde d’aujourd’hui. Notre conclusion est que toutes ces affaires nous font douter sérieusement douter de vos capacités à diriger un diocèse : l’évêché nous parait aujourd’hui vacant.

Croyez à notre indéfectible attachement à l’Église de Jésus-Christ

Liberté et Partage –

Nous Sommes Aussi l’Église (45)

Jeudi 2 avril 2009 4 02 /04 /2009 06:38
- Par Actualités unitariennes - Publié dans : catholiques libres en action - Communauté : Religions en toute liberté - Recommander

 Fin février en réponse à l’émotion suscité par la levée de l’excommunication des évêques lefebristes. Document transmis par l’association Espérance 54 au groupe des correspondants de la Fédération des réseaux des Parvis (dont les chrétiens unitariens sont membres).

"Je comprends votre émotion et je la partage face à cette décision qui n’a été précédée, pour ce que nous en savons, d’aucune manifestation de claire acceptation de l’enseignement du concile Vatican II. Plus encore, des membres importants de la Fraternité Saint-Pie-X ont déclaré que la prochaine étape devait être l’effacement de ce concile. Si on ne peut reprocher au pape de lever une sanction dans l’espoir qu’elle facilitera le retour de ceux qui se sont éloignés, on ne pourra pas accepter de voir le concile Vatican II devenir une option facultative.

Ce concile oecuménique a été l’oeuvre de toute l’Église. Il est donc le bien de toute l’Église et doit être reçu par tous ses membres. Nous sommes tous responsables de sa réception et de sa mise en oeuvre. L’émotion s’est étendue bien au-delà des limites de l’Église du fait des déclarations négationnistes de Mgr Williamson. Ces déclarations sont inacceptables et blessent profondément non seulement nos frères aînés dans la foi mais toute conscience humaine.

Personnellement, je me sens étranger au monde de la Fraternité Saint-Pie-X, à ses schémas de pensée, à sa conception de l’Église, à son rapport au monde tels qu’ils s’expriment dans diverses publications. Le 23 janvier dernier, nous inaugurions le Domaine de l’Asnée restructuré. Dans mon intervention, j’indiquais un des objectifs donné à cet outil : " Signe d’une Église qui a confiance dans l’avenir, qui ne se replie pas sur elle-même, mais qui, riche de sa tradition bimillénaire, veut s’inscrire dans la société d’aujourd’hui et de demain pour y apporter sa contribution dans un esprit de dialogue ". Un journaliste de l’Est Républicain rendant compte de cette manifestation écrivait : "Alors qu’à Rome s’annonce le retour des intégristes qui refusent l’ouverture au monde, le diocèse de Nancy a choisi une voie opposée avec le ‘nouveau’ domaine de l’Asnée ". C’est assez bien vu !

Continuons résolument dans l’esprit de Vatican II dont Jean Paul II écrivait qu’il devait être notre "boussole " pour entrer dans le 3ème millénaire et au sujet duquel Benoît XVI déclarait au début de son ministère d’évêque de Rome : " Alors que je me prépare moi aussi au service qui est propre au successeur de Pierre, je veux affirmer avec force la ferme volonté de poursuivre l’engagement de mise en oeuvre du concile Vatican II dans le sillage de mes prédécesseurs et en fidèle continuité avec la tradition bimillénaire de l’Église ".

Jean-Louis Papin
, évêque de Nancy et de Toul

Lettre de l'Association Espérance 44 à Mgr Jean-Louis Papin

L'équipe de coordination d 'Espérance 54 réunie le vendredi 27 février après avoir pris connaissance de votre message aux personnes et groupes qui s'inquiétaient des décisions du pape Benoît XVI de lever l'excommunication des évêques lefebristes a décidé de vous remercier pour votre prise de position et a adopté à cette fin le texte suivant que j'ai le plaisir
de vous transmettre. Jean Riedinger, président d'Espérance 54.

Nous nous réjouissons de votre réaction après la levée d'excommunication des évêques intégristes. Elle est nette, claire et sans langue de bois. Nous ne pensons pas que l'excommunication fulminée de Rome ou d 'ailleurs soit une solution pour régler les problèmes dans l'Eglise catholique tant du point de vue de la doctrine que des pratiques et usages. Aussi souhaitons nous l'abandon dans tous les cas de ce genre de procédure. Mais nous nous inquiétons des actes successifs de Benoît XVI qui vont trop souvent dans le sens d'un encouragement à ce qui freine voire s'oppose à la voie d'ouverture au monde réel et d'aujourd'hui inaugurée par Vatican II.

Nous pensons que le Concile de Vatican II est une étape dans un processus de prise de conscience indispensable pour que l'évangile soit accessible aux hommes d' aujourd'hui. Les fruits de Vatican II sont déjà nombreux - bien que menacés par les intégristes ou les traditionalistes - mais beaucoup sont encore à venir grâce aux prises de conscience qui continuent. Il ne faudrait pas que Vatican II se transforme en un système de pensée figée.

De plus en plus l'Eglise repose sur des réseaux de communautés, de plus en plus elle doit être servante de l'humanité et non pas donneuse de leçons. Nous comprenons les objectifs que vous nous avez précisé: "une Église qui a confiance dans l’avenir, qui ne se replie pas sur elle-même, mais qui, riche de sa tradition bimillénaire, veut s’inscrire dans la société d’aujourd’hui et de demain pour y apporter sa contribution dans un esprit de dialogue " Aussi nous pensons que cette inscription dans le monde d'aujourd'hui suppose l'engagement des services, mouvements et communautés ecclésiales, mais aussi des groupes de chrétiens "sur le parvis" comme le nôtre, à connaître et entendre sans peur la pensée, les connaissances, les interrogations morales et éthiques, les pratiques contemporaines non pour tout approuver mais pour y discerner les signes d'une humanité qui grandit en nous et hors de nous, dans l'Eglise et hors de l'Eglise.

Nous accordons une priorité à l'insertion pleine et entière des femmes dans les structures de l'Eglise au même titre que les hommes et au développement de procédés démocratiques pour l'organisation et le fonctionnement des communautés et des services. Dans la société nous demandons le respect scrupuleux des règles de la laïcité ce qui implique entre autre l'abandon par le Saint Siège de ses prérogatives étatiques et diplomatiques.

Ainsi nous pourrons lire et vivre les évangiles en notre temps et non pour un passé révolu ou dans une tradition éternisée et confinée dans des Eglises-musées, aux structures peu conformes aux valeurs des droits humains.

 

Jeudi 26 mars 2009 4 26 /03 /2009 11:19
- Par Mgr Jean-Louis Papin - Publié dans : catholiques libres en action - Communauté : Religions en toute liberté - Recommander

"J’aime mon Église parce qu’elle porte l’Évangile !"

Émotion, perplexité ! Tout le monde s’en est mêlé, personnalités politiques, leaders d’opinion et autres : l’on s’en prend à notre pape Benoît XVI, après la levée d’excommunication des 4 évêques de la Fraternité Saint Pie X, et désormais pour avoir parlé du préservatif. Autant de domaines où les nuances apportées par le pape n’ont pas été perçues, et où les simplifications se sont multipliées. Je ne ferai pas ici de nouveaux commentaires : ils ne manquent pas !

Je dirais seulement que la levée d’excommunication n’est que le début d’une réconciliation possible où tout un chemin reste à faire. L'Évangile nous invite à la réconciliation en vérité ! Il va de soi que les propos négationnistes ne sauraient à aucun moment être tolérés.

À propos du préservatif, la fidélité dans le couple est un idéal auquel invite l'Église ; ce n’est pas une valeur dépassée. Mais il vaut mieux utiliser le préservatif pour ne pas transmettre le Sida plutôt que de devenir criminel ou suicidaire.

L'Église est aussi engagée dans l’accueil, l’accompagnement et le soin des personnes touchées par le SIDA. Elle est la première organisation privée de soins aux malades (44% sont des institutions d'État, 26,70% sont des institutions catholiques, 18,30% sont des ONG et 11% d'autres religions. Source CEF).

L'Évangile appelle aussi à l’écoute. Dans ce contexte d’une médiatisation maladroite, je voudrais être à l’écoute de ceux qui ont quelque chose à dire à l’Église. Je crois utile de permettre à ceux qui sont émus et s’interrogent de s’exprimer. Ils peuvent m’écrire. Plusieurs m’ont déjà dit leur souffrance, voire leur colère. Je lirai tous les courriers, même si je sais que je ne pourrai répondre à tous. De ces lettres, j’espère pouvoir faire une synthèse utile, notamment auprès des jeunes que ces questions concernent au plus haut point.

Il me semble nécessaire, pour annoncer Jésus-Christ, d’être attentif aux préoccupations de tous ceux qui sont touchés par une mauvaise communication de la part de l’Église, mais aussi et de façon plus constante, de prêter l’oreille à tant de souffrants de notre société mondialisée, qui restent le plus souvent silencieux.

Epinal, le 20 mars 2009


Document transmis au groupe des correspondants de la Fédération des réseaux des parvis (dont font partie les chrétiens unitariens) par l’association Jonas-Vosges

Jeudi 26 mars 2009 4 26 /03 /2009 10:38
- Par Mgr Jean-Paul Mathieu - Publié dans : catholiques libres en action - Communauté : Religions en toute liberté - Recommander

Mgr Claude Dagens, évêque d’Angoulême, et par ailleurs membre de l'Académie française *,  s'est exprimé dans un texte intitulé " Je souffre et j’espère pour l’Eglise " et paru dans " Le journal du dimanche " du 22 mars 2009 (lien).
* Il vient de publier "Méditation sur l'Eglise catholique en France " aux éditions Le Cerf

Ce texte a été repris sur le blog de la Pastorale Collège Saint-Paul d’Angoulême où nous l'avons trouvé.

Jeudi 26 mars 2009 4 26 /03 /2009 10:22
- Par Mgr Claude Dagens - Publié dans : catholiques libres en action - Communauté : Religions en toute liberté - Recommander

Si le pape a tenu des propos tout à fait contestables tant dans leurs formes (abruptes et sans explication), que dans leur contexte (des paroles brutales avant de prendre contact avec les réalités africaines), et dans leur fond (le préservatif est nécessaire), il n'en reste pas moins que la distribution des préservatifs - s'il faut bien la faire - ne va pas sans une éducation sexuelle ... et morale. Des évêques le rappellent et disent que l'efficacité de ce moyen passe par là.

Mgr Maurice E. Piat, Evêque de Port-Louis, tient à souligner que le pape a tout à fait raison lorsqu'il dit que le problème du sida ne peut être réglé simplement en distribuant des préservatifs. 
Mgr Piat avait développé la raison pourquoi il en est ainsi dans son message de Noël 2005 où il avait dit notamment ceci : 

Des recherches ont été faites en Afrique du Sud par des organismes surpris de voir la maladie se répandre très vite malgré les tonnes de préservatifs déversés dans les lycées, les collèges, les universités, etc. Ces recherches ont révélé ceci : quand des gens bien intentionnés viennent dans des collèges faire des campagnes d’information et de prévention par rapport au SIDA et qu’ils proposent le préservatif comme seul moyen de prévention, ce qui se passe en fait c’est que des jeunes qui jusque là s’abstenaient de relations sexuelles par peur du SIDA, comprennent alors qu’ils peuvent avoir des relations sexuelles autant qu’ils en veulent, en toute sécurité, pourvu qu’ils se servent du préservatif. Alors ils commencent à avoir une vie sexuelle active et souvent dispersée en se protégeant avec le préservatif.

Après un temps, soit eux, soit leurs partenaires commencent à en avoir assez du préservatif « gêneur », ou bien ils négligent d’en avoir toujours sous la main, et de plus en plus ils prennent des risques en ayant des relations sexuelles non protégées. Et c’est souvent ainsi qu’ils attrapent le virus et deviennent des agents propagateurs de la maladie. Ce qui est grave ce n’est pas de se servir d’un préservatif si on ne peut s’empêcher d’avoir des relations sexuelles à risque et qu’on veut se protéger ou protéger sa partenaire. Mais ce qui est vraiment grave, c’est de laisser entendre aux jeunes qu’ils peuvent avoir la vie sexuelle la plus désordonnée qui soit avant le mariage et qu’ils seront toujours en sécurité pourvu seulement qu’ils se servent d’un préservatif
.  

Le Pape a fait appel à un certain sens de la dignité humaine dans la manière de vivre la sexualité. De fait, dans un pays comme l’Ouganda, c’est grâce à une campagne d’éducation en vue d’une abstinence avant le mariage et la fidélité dans le mariage que le taux de propagation de l’épidémie a sensiblement baissé ces dernières années. 

Ceci dit, il n'y a pas de contradiction entre ce qui a été dit plus haut et le devoir de quelqu'un qui serait infecté par le sida de protéger la vie de son conjoint en utilisant le préservatif pour ne pas l'infecter.
Pour prévenir l’expansion du sida d’une manière durable, il faut croire en la capacité des jeunes de vivre une sexualité épanouie et responsable dans les paramètres de la fidélité et de l’abstinence dont le slogan est « True love can wait » (le vrai amour sait attendre). Le changement de comportement auquel sont conviés les jeunes est un processus à promouvoir et par les adultes et par les jeunes eux-mêmes. Des campagnes de distribution tout azimut de préservatifs laissent entendre que l’épidémie peut être jugulée par des moyens purement mécaniques. Or, pour être durable, ce combat doit aussi faire appel à des ressources humaines plus profondes et plus solides sur le long terme. 

Evêché de Port-Louis

document transmis au réseau de la Correspondance unitarienne par Philippe de Briey (Belgique)

Mercredi 25 mars 2009 3 25 /03 /2009 18:30
- Par Mgr Maurice E. Piat - Publié dans : catholiques libres en action - Communauté : Religions en toute liberté - Recommander
L'Eglise catholique, ce n'est pas seulement le pape et l'administration vaticane ; ce n'est pas seulement une hiérarchie administrative, mais c'est aussi et surtout un peuple de croyants se référant à l'enseignement de Jésus, et puis des évêques dont beaucoup sont des personnes de qualité et proches des gens et des réalités. Les derniers évènements ont été l'occasion pour certains - certes les plus courageux ! - de s'exprimer.

L'un d'entre eux, Mgr Albert Rouet, archevêque de Poitiers est déjà bien connu de nos milieux libéraux puisqu'il a entrepris une réforme des paroisses de son diocèse en donnant un vrai pouvoir de gestion et de décision aux conseils de laics. Il a été interviewé par une radio locale et le texte de l'entretien a été mis en circulation. Nous l'avons reçu par le biais du groupe des correspondants de la Fédération des réseaux des parvis, dont les chrétiens unitariens sont membres, sous l'intitulé "belle réflexion".




Extrait de l’émission "Parole à notre évêque"

20 mars 2009


A propos des évènements récents qui ont marqué l’Eglise : levée des excommunications de quatre évêques intégristes, de l’excommunication à Récife, des propos sur le Sida 


Sans revenir sur chaque évènement récent, je souhaiterais faire quatre remarques. En effet, ce ne sont pas des crises à cause d’un mot ou d’une mauvaise communication. Nous sommes devant des problèmes infiniment plus profonds, dont ces évènements en sont l’illustration. Ils sont les symptômes de malaises plus graves. Notre Eglise se trouve de par les circonstances, les évolutions, devant quatre problèmes fondamentaux, pour lesquels elle doit faire révision de vie.

1 - La première question qui se pose est la prise en compte de la complexité de ce qui est humain. On ne peut pas avoir une morale tellement claire, tellement évidente, tellement impérative qu’aucune exception ne serait jamais possible, qu’il n’y aurait qu’à appliquer des décisions prises par des instances morales. Déjà saint Thomas d’Aquin écrivait que " la première instance morale de l’homme est la conscience éclairée, c’est-à-dire un homme qui s’est informé ". Ce problème est tellement grave qu’une morale qui voudrait répondre à toutes les questions deviendrait immorale, parce qu’elle empêcherait les sujets libres de prendre leurs propres décisions. Cette question est évidemment à la source d’autres problèmes. 

Des gens qui critiquent le siècle des Lumières comme étant un siècle de sécularisation et d’éloignement de la religion agissent exactement dans la même logique que ce siècle qu’ils contestent. Ils en sont les enfants, puisque leur approche de l’homme est tellement claire, tellement rationnelle, qu’il n’y aura plus d’obscurité. Pour eux, l’homme déploie son existence dans une clarté dont l’homme est maître à chaque moment ou est capable de le devenir. Il y a là deux aspects. Le premier est la hantise de la rigueur. Rappelons-nous que sur les papyrus qu’on mettait sur la bouche du Pharaon défunt, il était écrit : " je suis pur " cinq fois. Cette protestation était liée à la mort, pour se présenter dans l’au-delà. Justement lorsqu’on est mort, cette complexité humaine s’est éteinte. En attendant, on est toujours dans une sorte " d’entre-deux ". L’autre exemple historique est très parlant. Partout où il y a eu en France des prêtres rigoristes, moralement jansénistes comme on disait à l’époque, dans ces endroits-là, l’athéisme s’est développé. C’est-à-dire qu’une très grande rigueur provoque l’inverse de ce qu’elle recherche. Une très grande rigueur est de soi inapplicable.

Le premier examen est de se rendre compte que l’homme est un être ambigu. Cela ne signifie pas qu’on renonce à la morale, mais cela signifie qu’on renonce à une morale réglementant tous les détails de la vie des hommes et ayant accès aux moindres décisions, comme si elle était un savoir portant sur tout.

Nous nous fondons sur une idée de la nature qui vient du stoïcisme, qui a été commune au Moyen-âge, mais ce que nous oublions c’est que la nature était donnée et qu’il fallait la suivre. Aujourd’hui, pour la science, la nature est ce que l’on a à creuser, à façonner parce que cette nature-là, on ne l’obtient que par l’approche d’une culture. Il faudrait là encore avoir une approche de l’homme qui soit autre. Une fausse clarté finalement naît de trop d’assurances sur des bases contingentes.

2 - Le second point est une question classique de théologie : c’est de distinguer les degrés d’engagement dans les paroles du Pape. Tout ce que dit le Saint-Père n’est pas sur le même plan et n’engage pas son infaillibilité. J’ai entendu sur une radio nationale " avec de telles déclarations, le pape met à mal son infaillibilité. " Mais là n’est pas le problème. Jamais une réponse à une question dans un avion n’entre dans le registre d’une parole officielle qui engage l’infaillibilité. Il faut savoir distinguer la parole ordinaire et habituelle du pape et de ce qui relève de son engagement public. Sans cette distinction et ce travail de discernement, on sort du christianisme pour entrer dans une relation du même type qu’un tibétain envers le Dalaï-Lama. Or, ce n’est pas ce que dit le Concile Vatican I. Il faut donc voir quelle est la portée des expressions, le contenu des mots utilisés, les références de base. Autrement dit, toute parole est sujette à interprétation. Sinon ce n’est plus une parole humaine. Dans notre histoire, il faut se mettre au clair sur le sens des mots. Prenons par exemple, le mot " unité ". Il va de la complaisance jusqu’à la communion. Quel sens retient-on ? Où place-t-on l’index ? L’incertitude des mots et la valeur des expressions sont pour beaucoup dans les crises que nous venons de vivre.

3 - Le troisième problème est sans doute le plus grave. Il nous faut revoir le positionnement de notre Eglise dans le monde. C’est-à-dire qu’il faut revoir le mode de présence au monde. On se rend compte que toute parole qui vient d’en-haut, qui n’est pas engagée dans un dialogue, après avoir écouté et entendu l’autre, ne peut plus être une parole crédible. Ce type de parole peut se rencontrer dans des décisions économiques de quelques grands décideurs qui annoncent la fermeture d’une usine dans notre pays. Mais on ne fait pas vivre l’Evangile sur le même mode que celui des décisions économiques. Sinon on sort de la morale chrétienne. " Et toi, qu’en penses-tu ? " dit le Christ. Tant que l’Eglise va se contre-distinguer de ce monde, tant qu’elle va vouloir vivre dans une nébuleuse ou en état d’apesanteur, elle perd toute crédibilité. C’est un problème pour nous tous, pour le pape bien sûr, mais aussi pour les évêques, pour toutes les communautés chrétiennes. Notre monde n’écoute que ce qui est prononcé à hauteur de visage d’homme. Tant qu’on n’aura pas compris cela, on ne pourra pas être entendu, ni même compris. Nous n’avons pas eu affaire à une erreur de communication, mais à une erreur de point de vue, une erreur de positionnement. La question à se poser est de se demander quelle est notre posture vraie pour être en capacité d’être entendu. On se rend compte que sans partage, il n’y a pas de posture vraie. Aujourd’hui, on ne peut plus annoncer des choses qui passent pour définitives dans une posture sans aucune relation avec la situation prise dans son contexte humain concret. Sinon, cette déconnexion produit du rejet. A trop répéter, on crée de la dévaluation.

4 - Une quatrième question se pose : on ne construit pas un avenir de l’homme uniquement en jouant sur le permis et le défendu, parce que la morale ne dépend pas seulement d’une technique. Il faut revenir à la signification humaine des problèmes qui sont posés. C’est très joli de donner un idéal. Le monde n’est quand même pas perpétuellement adolescent… heureusement ! L’idéal, comme l’horizon, est invivable. Car lorsqu’on pense l’approcher, il apparaît toujours plus loin. Le problème n’est donc pas la question de l’idéal, ni même des repères. Tous repères sont forcément dans un environnement donné. Ils ne peuvent être en suspension dans l’air, autour de rien du tout. Si on ne recherche pas un accord commun de sens, à ce moment-là on isole l’Eglise de sa participation à l’histoire humaine. Elle en sera réduite à se parler à elle-même. 

Dans toutes ces questions, il y va de la vie des hommes. Le véritable problème est " qu’est-ce qui fait vivre ? Qu’est-ce qui met debout ? Qu’est-ce qui rend responsable de son existence ? " Cela ne veut pas dire qu’il n’y a pas d’exigence à poser. Au contraire, je suis persuadé qu’il faut en poser, mais pas sous forme manichéenne du tout noir-tout blanc, du permis et du défendu. Regardons l’Evangile. Le Christ dit au paralysé : " Lève-toi et marche ! " Imaginons que l’homme lui réponde : " Je suis bien couché, je n’ai pas envie de me lever ". Le Christ ne va quand même détruire son grabat. Si cet homme ne se met pas debout, il ne pourra pas être guéri. Nos paroles mettent-elles les gens debout ? Sont-elles des paroles de vie ? Voilà pourquoi dans nos paroles, il faut toujours se repositionner par rapport à la vie des gens, par rapport à ce sursaut évangélique.

Y-a-t-il moyen de réduire l’écart entre l’Eglise et le monde actuel ?

La crédibilité ne se décrète pas. Par conséquent, la crédibilité ne se retrouvera que par l’humilité de partager la vie des hommes, en étant à leur écoute, que par le partage de leurs peines, que par le désir de partager avec eux notre espérance et de les aider à se mettre debout. Il n’y a pas d’autres moyens que Nazareth, que de cheminer comme le Christ sur les routes de Galilée. Il n’y a pas d’autres moyens que le partage de la fragilité humaine. C’est en devenant frères que les chrétiens deviennent crédibles. Cela fait vingt siècles qu’on le sait et cela fait vingt siècles, qu’après chaque moment difficile comme celui que nous vivons, il nous faut reprendre les mêmes pas. 

 τ Albert Rouet, a
rchevêque de Poitiers
Mercredi 25 mars 2009 3 25 /03 /2009 17:55
- Par Mgr Albert Rouet - Publié dans : catholiques libres en action - Communauté : Religions en toute liberté - Recommander

Nous avons tous été impressionnés par le succès de nos amis Franciscains avec leur initiative des Cercles du silence lien qui ont été fortement fédérateurs localement. Il faudrait y ajouter - moins anecdotique qu'on pourrait le penser - les rencontres occasionnelles suscitées ici et là et, quant à elles d’une façon purement festives ou relationnelles, par des membres du vaste réseau Facebook. Ceci montre que des moyens modernes de mobilisation existent et qu'elle sont à exploiter.

Or les positions vaticanes par rapport aux acquis de Vatican II touchent profondément l’opinion publique et suscitent un très net changement du paysage catholique français, ce dont témoignent les sondages d’opinion, voir notre article précédent. Ne serait-il pas temps de témoigner publiquement des propositions alternatives de nos mouvances chrétiennes libérales ?

"Faire Eglise autrement " est un thème partagé et débattu par plusieurs mouvements, notamment au sein de la Fédération des réseaux des parvis, laquelle réunit une cinquantaine de mouvements pour la plupart catholiques mais qui est ouverte à d’autres chrétiens (les unitariens en font partie, ainsi qu’un mouvement d’inspiration protestante).
Une application concrète sur " les parvis " d’églises pourrait avoir du succès.

En effet, si nos mouvances libérales ont des points faibles (effectifs insuffisamment nombreux, jusqu’à présent faible capacité de mobilisation, manque de renouvellement de leurs élites et donc vieillissement, disparition de mouvements locaux et nationaux qui s’essoufflent, etc.), elles disposent par contre de réseaux d’information multiples et bien pourvus d’adresses, également de sites et de blogs.

Elles ont aussi et surtout des choses à proposer avec la riche et originale expérience qu’elles ont de célébrations libres : la lecture des évangiles (une relation directe à Jésus sans langue de bois ou discours confessionnel), le partage de la parole où chacun peut prendre le micro et dire aux autres ce qu’il pense, ce qu’il croit, ce qu’il ressent (sur un parvis d’église, cela peut se faire AUSSI avec des passants qui s'arrêtent un temps), le partage du pain et du vin (jus de raisin pour certains) au nom de Jésus, là aussi sans exclusive avec invitation à tous, lectures de textes interpellant relatifs à l’actualité des Eglises, à l’avenir du christianisme, à la croyance en Dieu, etc.

En Belgique, des célébrations libres ont déjà eu lieu sur des places publiques, à l'initiative du réseau des Pavés (la Fédération "Pour une autre vie d'Eglise et de société"). Aux Etats-Unis, des congrégations unitariennes-universalistes ont invité le public à participer à la cérémonie des fleurs, lien.

Pour les mouvements catholiques contestataires, prendre ainsi l’initiative vaudrait mieux que de devoir sans cesse réagir à posteriori (et donc nécessairement avec un temps de retard) par rapport aux faits et gestes de la hiérarchie vaticane.

Rendez-vous donc sur les parvis d’église ! Je précise qu’il ne s’agit pas de faire cela à la sortie des lieux de culte, ce qui serait perçu comme de la provocation et diviserait l’opinion des croyants. Bien entendu, l’ambiance devra y être attractive, accueillante, positive, voir festive (eh oui, le culte est une fête en louage à Dieu !), et non point ronchonne et vindicative.

Evidemment une telle opération devrait se préparer longtemps à l’avance, avec acquisition de matériel sono, confection de banderoles, relations avec les journalistes locaux. Elle devrait aussi utiliser les ressources relationnelles des réseaux d’amis, entre autres Facebook - certains commentateurs ne nous prédisent-ils pas déjà que nos prochaines élections présidentielles se joueront sur ce réseau – ainsi que ceux de la blogosphère.

En tout cas, dans un monde de plus en plus sur-médiatisé, l’avenir est aux témoignages publics, aux actes symboliques partagés, aux rassemblements temporaires mais forts comme des points d’orgue, aux convictions dans le respect de la démocratie.

Ceci est un appel pour action afin de témoigner d'un christianisme moderne, ouvert, transconfessionnel et d'avenir. Contact pour tous ceux qui sont intéressés par cette perspective : pour l’instant le réseau de la Correspondance unitarienne en attendant qu’un collectif en prenne le relais.

Mardi 24 mars 2009 2 24 /03 /2009 11:36
- Par Jean-Claude Barbier - Publié dans : catholiques libres en action - Communauté : Religions en toute liberté - Recommander

POUR LE CONCILE, CONTRE L’INTEGRISME


[...] nous entendons résister à cette entreprise de reprise en main, intransigeante et réactionnaire à l’oeuvre au sein du catholicisme depuis près de 30 ans maintenant. Nous entendons également ouvrir des portes pour que s’invente un nouveau christianisme *, en référence dynamique au patrimoine reçu de la tradition évangélique. [...]
* ndlr - la mise en gras des caractères est le fait des Actualités unitariennes

Face à cette crise d’une gravité extrême, GoIias entend se situer dans une perspective critique certes mais dynamique et inventive. Nous aimons ce mot de Balzac : "J’appartiens à la résistance perpétuelle qui s’appelle la vie
". Golias entend donc résister et appelle à la résistance, contre toutes les formes d’intégrisme, de négationnisme et de fanatisme, contre la censure de la liberté de penser, de prier et d’aimer, contre la castration imposée aux clercs au nom d’une vision anachronique qui relève de l’Ancien régime et qui permet à toutes les perversités de s’y dissimuler de façon impunie, contre une vision cléricale de I’Eglise gangrenée par une soif de pouvoir qui n’a pas l’honnêteté de se reconnaître telle et qu’entretiennent de nombreuses frustrations.

A tous les niveaux, nous devons entrer en résistance spirituelle refuser par exemple que soit exclue de la communion eucharistique une personne qui refait légitimement sa vie dans une nouvelle union d’amour, appuyer un prêtre rejeté par sa hiérarchie parce qu’il vit avec une femme, ou un homme, diffuser les oeuvres de théologiens censurés et maltraités, dénoncer les mesures répressives, aborder sans prétention de détenir une vérité définitive les redoutables questions de la bioéthique qui touchent le début et la fin de l’existence, travailler pour exiger des réformes importantes dans le fonctionnement interne de l’Eglise où les droits de l’Homme sont piétinés, exiger de revoir la place sulbaterne réservée aux femmes pour des raisons théologiques non fondées, de même concernant la structure sacrale et cléricale de I’Eglise, avec en Pape roi à vie.

Ce combat s’enracine dans la foi en Jésus et en son Evangile, dont nous sommes persuadés qu’il a peu à voir avec la vision figée de la Tradition chrétienne. C’est précisément par attachement au Christ, à son Eglise (que nous sommes tous), à cette vie de grâce et d’amour, qui libère et rend plus audacieux, pour l’honneur d’un Dieu défiguré et blasphémé par ceux qui, en son nom, se montrent intolérants, sectaires et inhumains que nous engageons ce combat.

Golias - BP 3045 - 69605 Villeurbanne cedex, http://www.golias.fr

Les Actualités unitariennes vous invitent à signer ce manifeste sur le site de Golias

Mercredi 11 février 2009 3 11 /02 /2009 07:29
- Par Golias - Publié dans : catholiques libres en action - Communauté : Religions en toute liberté - Recommander




02100 Saint-Quentin
: Librairie Siloë Cognet, 21 rue Victor Basch (03 23 62 72 89)
03000 Moulins : Librairie St Joseph, 5 rue Diderot (04 70 44 02 69)
05000 Gap : Librairie Alpine Siloé, 13 rue Carnot (04 92 51 15 05)
06000 Nice : La Procure Terre et Ciel, 10 rue de Suisse (04 93 88 30 93)
08000 Charleville-Mézières : La Procure A livre ouvert, 14 rue Irénée Carré( 03 24 56 19 30)
10000 Troyes : Librairie Chemin de Vie, 32 rue G. Clemenceau (03 25 73 23 77)
11000 Carcassonne : Librairie Siloë, 31 rue du 4 septembre (04 68 25 20 48)
13006 Marseille : Librairie Saint-Paul Siloë, 47 bd Paul-Peytral (04 91 15 77 77)
13100 Aix-en-Provence : Librairie Siloë Le Baptistère, 13 rue Portalis (04 42 38 01 97)
14000 Caen : Librairie Publica, 44 rue St-Jean (02 31 86 03 00)
17000 La Rochelle : Librairie Puits de Jacob, 14 rue Dupaty (05 46 41 05 35)
18000 Bourges : La Procure Bibliou, 91 rue Bourbonnoux (02 48 24 83 95)
21000 Dijon : La Procure, 9 rue Vauban (03 80 50 14 42)
22000 Saint-Brieuc : Librairie Siloë, 13 rue St-François (02 96 61 32 05)
25000 Besançon : Librairie Siloë, 119 Grande Rue (03 81 82 12 01)
27000 Evreux : La Procure Le Nouveau Monde, 21 rue Charles Corbeau (02 32 33 26 52)
29000 Quimper : Librairie la Procure, 9 rue du Frout (02 98 95 88 71)
30000 Nimes : Librairie Siloë Biblica, 23 bd Amiral Courbet (04 66 67 88 01)
33000 Bordeaux : Librairie Chante l'Univers, 177 rue Fondaudège (05 56 81 22 58)
34967 Montpellier : Librairie Sauramps, Le Triangle CS 19026 (04 67 06 78 78)
35000 Rennes : La Procure, 16 rue des Fossés (02 99 38 74 93)
37000 Tours : La Procure Le Sacré Cœur, 35 rue de la Scellerie (02 47 05 34 92)
38000 Grenoble : Librairie Notre-Dame, 2 rue Lafayette (04 76 42 38 3)
43000 Le Puy-en-Velay : Librairie Siloë Jeanne d'Arc, 18 rue Chaussade (04 71 04 07 19)
44000 Nantes : Librairie Siloë LIS Clemenceau, 2 bis rue Clemenceau (02 40 74 39 05)
45000 Orléans : La Procure Saint Paterne, 109 rue Bannier (02 38 53 97 03)
47000 Agen : Librairie La Sainte Famille, 2 bis rue Héros de Résistance (05 53 66 13 99)
49000 Angers : Librairie Siloë Richer, 6 rue Chaperonnière (02 41 25 50 00)
51074 Reims : La Procure Largeron, 13 rue Carnot BP 2106 (03 26 77 58 40)
53000 Laval : Librairie Livres et Compagnie – Siloe, 5 rue du Gal de Gaulle (02 43 59 11 53)
54000 Nancy : Librairie L. A. R., 42 bis cours Léopold (03 83 17 41 51)
56000 Vannes : La Procure St-Vincent, 17 place de Valencia (02 97 47 86 64)
58000 Nevers : Librairie Siloë La Source, 17 av. Gal de Gaulle (03 86 57 25 03)
59000 Lille : Librairie Tirloy, 62 rue Esquermoise (03 20 55 37 09)
59100 Roubaix : Librairie le Cep, 5 avenue Lebas (03 20 73 91 56)
60000 Beauvais : La Procure Visage,s 101 rue de la Madeleine (03 44 45 66 11)
62200 Boulogne-sur-Mer : Librairie du dernier sou, 1 avenue Général de Gaulle (03 21 31 88 33)
63000 Clermont-Ferrand : La Procure La Treille, 1 place de la Treille (04 73 91 64 63)
64000 Pau : Librairie Saint-Joseph, 2 place de la Libération (05 59 11 03 08)
66000 Perpignan : Librairie Siloë L'Ermitage, 11 rue Bastion St-François (04 68 34 79 33)
67000 Strasbourg : Librairie Oberlin, 22 rue Division Leclerc (03 88 32 45 83)
68000 Colmar :Librairie Hartmann, 20 Grand Rue (03 89 41 17 53)
69002 Lyon : La Procure LEO, 9 avenue Henri IV (04 78 37 63 19)
71100 Chalon-sur-Saône : Librairie Siloë-Chatelet, 23 rue du Chatelet (03 85 48 07 19)
72000 Le Mans : Librairie Siloë Saint-Julie,n 38 bis place Comtes du Maine (02 43 87 53 16)
74000 Annecy : La Procure le Vieil Annecy, 3 rue Jean-Jacques Rousseau (04 50 45 25 95)
75006 Paris : La Procure, 3 rue de Mézières (01 45 48 20 25)
76000 Rouen : La Procure Le Nouveau Monde, 54 rue Grand Pont (02 35 70 65 93)
78000 Versailles : Librairie Siloë CLR, 16 rue Mgr Gibier (01 30 97 67 90)
80004 Amiens : Librairie Siloë Evrard, 6 rue Albert-Dauphin (03 22 91 61 80)
81000 Albi :Librairie Siloë Les Trois Sources, 33 rue Hôtel de Ville (05 63 49 74 71)
82000 Montauban : Librairie Siloë, 15 place Roosevelt (05 63 20 66 14)
85004 La Roche-sur-Yon : Librairie Siloë, 58 rue Mal Joffre (02 51 37 38 81)
86000 Poitiers : La Procure Saint-Hilaire, 64 rue de la Cathédrale (05 49 01 71 74)
88000 Épinal : Librairie Siloë Panorama, 88 4 place de la Gare (03 29 82 54 96)
91000 Évry : La Procure, 4 place de l'Yerres( 01 60 77 66 22)
92100 Boulogne : La Procure, 263 bd Jean-Jaurés (01 46 20 04 20)

 


http://www.temoignagechretien.fr/journal.php?ref=kiosque
Lundi 8 décembre 2008 1 08 /12 /2008 13:04
- Par Actualités unitariennes - Publié dans : catholiques libres en action - Recommander

Sous le titre "Peut-on encore changer l’Eglise catholique ? S’adapter ou se désagréger", Paul Abela * a publié cet analyse dans le Témoignage chrétien, du 30 octobre 2008.

 

* l'auteur a publié en 2002, aux éditions L'Harmattan, Je crois, mais parfois autrement, dans la collection "Chrétiens autrement".

 

Après des siècles d’inertie, notre Eglise a commencé à se réformer avec le Concile Vatican II, mais elle est encore trop archaïque dans son organisation et dans son langage. En 50 ans, le pourcentage des pratiquants est passé de 25% à 5%. Si elle ne se réforme pas radicalement, elle sera de moins en moins crédible et se désagrègera . 

 

Son organisation

 

L’Eglise a hérité d’une organisation monarchique, autoritaire et peu fraternelle. En excluant des ministères les hommes mariés et les femmes, elle est sexiste, alors que la société est de plus en plus démocratique et égalitaire. La structure de la répartition entre clercs et laïcs n’est pas adaptée à notre monde culturel. En 50 ans, la population de la France a augmenté de 50%, tandis que le nombre des prêtres n’est plus que le quart de ce qu’il était et celui des ordinations annuelles est tombé de 1 000 à 100. Des prêtres âgés sont chargés de 10 à 20 paroisses. Il est urgent de reconnaître qu’il y a là un signe des temps qui appelle à repenser ces structures . 

 

Son langage

 

Maurice Zundel disait : " Parler de Dieu aujourd’hui dans le langage des premiers siècles, c’est se condamner à n’être pas compris et faire courir à Dieu le risque d’apparaître comme un mythe à reléguer au musée des antiquités ".

Le dogme de l’infaillibilité est contredit par les événements et l’on se rend compte qu’il apparait comme incompatible avec la condition humaine. Plusieurs dogmes mineurs, liés à un autre monde culturel, doivent être repensés, y compris le vénérable Credo de Nicée, qui est abstrait et n’engage à rien.

 

La Bible

 

Pendant des siècles, la référence à la Bible était prise à la lettre, de façon fondamentaliste, quasiment dictée par le ciel (comme les musulmans pour le Coran). Il a fallu attendre 1943 pour qu’une encyclique de Pie XII (Divino afflente spiritu) admette que certains récits de la Bible n’étaient pas historiques, mais symboliques ou légendaires. C’est le cas de la création en 7 jours, le péché originel, le Déluge, la Tour de Babel, et l’ensemble des 11 premiers chapitres de la Genèse. Des archéologues israélites se demandent si ce n’est pas le cas aussi de l’Exode et de la traversée de la mer Rouge et toutes les guerres racontées par Josué, qui aurait arrêté le soleil (Israël Finkelstein, La Bible dévoilée, Ed. Bayard, 2001).

Le style de certains passages du Nouveau Testament est également de ce genre. Ainsi la virginité de Marie (ante partum, in partu, et post partem), la transfiguration, l’ascension, etc … sont symboliques. Les prendre au sens historique finira par préparer à un reniement général. Les catéchisés se rendront compte un jour, que cela ne peut pas être historique, et ne croiront plus rien.

 

La liturgie

 

Grâce à Vatican II, notre liturgie, longtemps en latin, a été enfin traduite dans les langues parlées. Célébrant la joie et la fraternité enseignées par Jésus, la liturgie devrait être conviviale et joyeuse. Hélas, à part quelques très beaux chants, elle est loin de l’être, elle est plutôt austère. C’est pourquoi des milliers de gens lui préfèrent le spectacle des match de football ou de rugby.

Le partage du pain et du vin, en mémoire de Jésus, longtemps désigné comme " la fraction du pain " est le symbole d’une vie de partage, mais les termes retenus d’ "Eucharistie " et ce qu’on dit comme les paroles de Jésus à la dernière Cène ( " ceci est mon corps ") rendent obscure cette mémoire et n’engagent à rien.

Selon la Bible de Bayard en 2001, ces paroles peuvent être traduites autrement : " Ceci c’est moi ". Il pourrait s’agir du geste de partage ou la fraction du pain. De même les pèlerins d’Emmaüs ne le reconnurent qu’à la fraction du pain. Cette fraction du pain est le symbole d’une vie de partage. Le sacrement est ainsi un appel à une vie exemplaire.

 

Une vaste réforme

 

Revoir l’organisation de l’Eglise, son langage, sa lecture de la Bible, sa liturgie, c’est dans tous les domaines que l’Eglise doit s’adapter à son siècle. Seul un Concile Vatican III pourrait entreprendre cette vaste réforme. Si elle ne se réforme pas radicalement, l’Eglise catholique sera de moins en moins crédible et se désagrègera.

 

Dimanche 30 novembre 2008 7 30 /11 /2008 11:29
- Par Paul Abela - Publié dans : catholiques libres en action - Communauté : Religions en toute liberté - Recommander


La Fédération des réseaux des Parvis regroupe une cinquantaine de mouvements et communautés de base, pour la plupart des catholiques qui agissent indépendamment de leur hiérarchie - certains espérant réformer leur Eglise de l'intérieur selon l'élan de Vatican II et d'autres allant de l'avant sans plus s'en soucier - , mais aussi d'autres chrétiens : des protestants libéraux (l'association Théolib) et des chrétiens unitariens (l'Assemblée fraternelle des chrétiens unitariens).

Cette fédération fonctionne comme un réseau et respecte la particularité et les engagements de chacun de ses membres. Elle met en relation et invite au partage des valeurs communes. Elle admet le pluralisme et la diversité au sein d'une spiritualité de type libérale.

Son conseil d'administration de ce samedi 20 septembre 2008 vient de décider la création au sein de la Fédération d'un groupe de recherche qui a pour objet "la théodiversité". La proposition en avait été faite par Maurice Elain (de l'association orléanaise Chrétiens autrement) par une note du 26 août. Ceux qui sont intéressés par cette recherche peuvent prendre contact avec lui afin d'être mis au courant de l'avancement des travaux, étant entendu qu'il s'agit d'un groupe interne au Parvis et que seuls les membres de cette fédération peuvent participer aux réunions.
Contact :
annie-maurice.elain@wanadoo.fr



Argumentaire

Dans les Réseaux du Parvis nous avons des expressions diversifiées de nos convictions, de nos croyances, … Nous sommes en recherche de sens. Différentes approches existent dans l’expression et l’élaboration qui concernent le domaine de la foi. Nous souhaitons privilégier des recherches de sens dans le contexte d’aujourd’hui pour réinventer la Parole de Dieu en passant par l’homme. Nous disons Dieu de façon plurielle. Ce texte a pour but d’ouvrir quelques portes pour débattre, apporter des expériences personnelles, des témoignages, des analyses, …

A - Des constats

1 - Nous sommes paroles

Il n’y a que les personnes qui parlent, qui font parler les réalités, qui nomment les êtres et les choses, les évènements, qui donnent des significations à partir du vécu, de l’histoire personnelle. " Il n’y a pas de réalité en dehors d’une théorie qui la nomme " Einstein. La parole passe par la personne, le sujet parlant.

2 - Nous construisons des représentations plurielles, diverses
Nous construisons constamment des représentations pour dire les évènements, les êtres et les choses. Ces représentations sont construites à partir de notre histoire, de nos expériences.

" La représentation est un processus d’élaboration perceptive et mentale de la réalité qui transforme les personnes, les contextes, les situations en catégories symboliques… Les significations passent par des images et ces images produisent des significations " Moscovici. La représentation a un contenu symbolique. Nos représentations sont plurielles, diverses. Dans ces représentations, il y a des implications affectives, émotionnelles, dans un rapport de symbolisation.

3 - Nous sommes actions, personnelles, en lien avec d’autres. Nous participons à des réflexions, des engagements.


4 - Nous avons des convictions qui nous font vivre et qui nous animent.
Nous disons nos convictions, nos croyances, notre foi, nos doutes, nos incertitudes. Il n’y a pas d’hommes sans croyances. Nous avons des croyances diverses : religieuses, économiques, scientifiques… La croyance n’est jamais totale, la croyance et le doute sont liés. Deux dangers :

- avoir des croyances trop fortes : verrouillage, fanatisme…

- le doute permanent, " la fatigue d’être soi " Ehrenberg.

La métaphore du pont : toute croyance est un pont jeté sur l’abîme du monde, un pont sur l’inconnaissable, l’infini du précipice. On peut s’engager sur le pont avec un char d’assaut ou affronter les yeux bandés le vertige ou bien affronter le vertige en affrontant le sentiment du vide …

Il y a deux types de religiosités :

- Ceux qui acceptent l’incertitude, la pluralité des vérités et des systèmes de sens, à chacun d’élaborer ses réponses pour son propre compte. Il y a un coût psychologique : l’inquiétude pour l’avenir, le manque de certitudes, la solitude existentielle, une insécurité…

- Ceux qui ont des certitudes, des repères stables, des validations communautaires, institutionnelles…

5 - Nous sommes construits par l’histoire
une histoire familiale, affective, identitaire, en lien avec l’histoire des autres. Nous avons des références en lien avec les grands récits : la Bible, les Evangiles, la vie de Jésus de Nazareth exprimée dans les textes des témoins, la réflexion des philosophes au cours des siècles, les traditions…

6 - La spiritualité c’est la vie de l’esprit.
" La spiritualité, c’est la vie de l’esprit dans son rapport à l’absolu, l’infini, l’éternité " André Comte-Sponville. Les athées n’ont pas moins d’esprit que les autres.

7- Le phénomène religieux est une expérience subjective et affective
" La religion navigue entre la tradition, l’histoire et l’intimité de l’expérience personnelle " Frédéric Lenoir. 
" Le phénomène religieux est une expérience subjective et affective intense de l’individu qui prend conscience d’être relié à des forces qui le dépassent " Frédéric Lenoir. " J’ai dû inventer Dieu vers 9 ans, Dieu est invisible, mais il se perçoit et cette sensorialité symbolise sa présence, une présence sans forme religieuse, je l’éprouvais comme une rencontre parentale qui jouait le rôle sécurisant d’une mère et dynamisant d’un père " Boris Cyrulnick.

8- Nous sommes en quête de sens

- Nous recherchons du sens : une direction, du ressenti, à partir de nos 5 sens et une signification. En partant du réel, du vécu, de nos expériences personnelles et collectives, nous réfléchissons en passant par l’imaginaire et le symbolique. Chacun construit son itinéraire de croyant à partir d’une quête d’identité. Nous partageons cette recherche avec d’autres. Nous rencontrons des témoins.

- Nous sommes dans le cadre du " bricolage " au sens de " l’éloge du bricolage " selon Claude Levi-Strauss (Les sociétés bricolent leurs mythes) : " le bricolage est une science du concret : le bricoleur tente, jour après jour, de faire face aux réalités avec les moyens du bord, le bricoleur interroge un ensemble hétéroclite d’outils et de matériaux qu’il a accumulés en vertu du principe " ça peut toujours servir ", bricoler, c’est inventer, créer…

B - Le Contexte

Les mots ont un sens dans un temps, un contexte. Nous réfléchissons, nous élaborons dans l’aujourd’hui de l’histoire. Quelques thèmes du contexte d’aujourd’hui

1 - La sortie des systèmes idéologiques et religieux, la privatisation de la foi.

2 - L’effondrement des institutions, la dislocation du collectif.

3 - L’hyper-individualisme, le morcellement de la société, la précarité, les inégalités, les superprofits, les Etrangers, les quartiers, la marchandisation : l’homme devient une marchandise… Les catastrophes écologiques qui se multiplient, des continents entiers sont pillés par l’économie néo-libérale, les terrorismes, les multiples menaces, l’incertitude dans l’avenir… Et aussi les multiples engagements humanitaires et militants.

4 - Deux conceptions de l’homme

- L’homme est représenté comme un montage de gènes et de neurones, amené à des conduites sociales par le conditionnement. C’est la représentation scientiste de l’homme neuronal, génétique et comportemental. Cette représentation entraîne un contrôle social, un dépistage généralisé, une rééducation avec des visées de surveillance et de répression. Le néolibéralisme s’appuie sur cette conception de l’humain qui conduit à son instrumentalisation, à sa chosification comme une marchandise.

- L’homme est représenté comme un être complexe et inachevé dépendant d’un environnement social. Il est capable d’évolution, de créativité. Il a des capacités éthiques, il peut se mobiliser pour des valeurs avec aussi des penchants asociaux et destructeurs. Un être en partie obscur à lui-même et aux autres avec un fonctionnement de l’inconscient, mais aussi un sujet désirant capable de choix et d’évolution, capable de changer son environnement, un homme créatif ...

C - Etre créatif

1 - La foi est un cheminement personnel et collectif ...

2 - Valoriser les regroupements ouverts et changeants, les réseaux, les vécus, les témoignages…

3 - Etre en communion dans le partage d’un même Esprit, se rassembler pour partager…

4 - Construire des chemins d’humanisation,
être à l’écoute dans ce qui se vit dans l’humain : la diversité des
engagements, des écrits, des actions pour " devenir plus humain " Yves Burdelot. Soutenir des lieux de rencontre et de créativité.


Méthodologie

1 - Recherche documentaire : rassembler les textes diversifiés qui nous semblent intéressants dans cette recherche, des expressions d’aujourd’hui, des textes créatifs, des célébrations…

2 - A partir de nos expériences humaines, de nos histoires et de nos références, dire, écrire, élaborer une réflexion, des concepts qui disent, expriment nos convictions, nos croyances. Rechercher et exprimer le sens pour notre vie dans le contexte sociétal actuel en lien avec l’histoire et l’Esprit de l’Evangile.

Mardi 23 septembre 2008 2 23 /09 /2008 11:19
- Par Maurice Elain - Publié dans : catholiques libres en action - Communauté : Religions en toute liberté - Recommander

La Libre pensée chrétienne fut fondée en 1991 par le père André Verhayen (1925-2007) lorsque celui-ci prit sa retraite. Il obtint alors l’autorisation de la part de l’archevêque de Bruxelles d’animer un groupe de ses anciens paroissiens. Les réunions se firent et se font toujours le premier samedi du mois à 15 heures (sauf en juillet et en août), au 115 de l’avenue Wannecouter, 1020 Laeken- Bruxelles (trams 19, 23 et 4, arrêt à De Wand, bus 53, arrêt à Pagodes).


L’année 2007 voit la disparition successive du fondateur de ce mouvement (le 23 mai 2007) et l’un de ses plus fidèles collaborateurs, André Hannert (1929 – 4 décembre 2007). La relève est prise par Christiane et Herman Van den Meersschaut-Janssens, qui étaient déjà dans le comité de rédaction du bulletin. Depuis, un comité de gestion et un nouveau comité de rédaction ont été mis sur place, deux numéros sont sortis et un site a été ouvert
http://librepenseechretienne.over-blog.com.

Christiane et Herman Van den Meersschaut lors des obsèques de Pierre Bailleux au crématorium d'Uccle, à Bruxelles, le mercredi 6 février 2008. Photo Jean-Claude Barbier

Ce qui était un bulletin (depuis Pentecôte 1991) est devenu une véritable revue trimestrielle que l’on peut obtenir sur abonnement par voie postale (10 euros pour la Belgique, 13 pour l’étranger - à verser au compte Libre Pensée Chrétienne, Compte 068-2487291-44, IBAN : BE55-0682-4872-9144, BIC : GKCCBEBB, Banque Dexia), ou bien gratuitement par courrier électronique sur simple demande. Contact : librepc@tele2allin.be 

Le sommaire des deux premiers numéros

n° 1, mars 2008 : Editorial par Christiane Van den Meersschaut-Janssens, Le mot d’André Verheyen, Hommage et reconnaissance à André Hannaert par Christiane Van den Meersschaut, Bernadette et Isidore Cordemans, Pas de vraie foi chrétienne sans liberté ! par Philippe de Briey, Sur l’avenir du christianisme ... et le nôtre par Edouard Mairlot, Alliance et Liberté par Christian Bassine, La conversion ... de Jésus (Matthieu 15, 21 à 28) par Herman Van den Meersschaut, Une " Pensée Libre " en "Christianisme" ? par Alain Dupuis, Quelques livres (Jacques Giri, aux éditions Karthala, 2007 : "Les nouvelles hypothèses sur les origines du christianisme, Enquête sur les recherches récentes" ; "Jésus parlait en araméen" de Eric Edelmann, Edition Pocket n°11672 ; "Le Christ philosophe" de Frédéric Lenoir, Plon 2007) ; courrier des lecteurs ; échos des rencontres du premier samedi (5 janvier et 2 février 2008) par Christiane Van den Meersschaut.

n° 2, juin 2008 : Editorial par Christiane et Herman Van den Meersschaut, Le mot d’André Verheyen, Parole de Dieu ? Ou "tradition" des hommes ? par Alain Dupuis, Miracles ? Mythes et réalité par Herman van den Meersschaut ; Reconstituer la scène - pour comprendre la Cène par Odette Mainville, Pourquoi chercher parmi les morts celui qui est vivant ? par Christiane Janssens-VdM, Jésus est vivant : une approche par Edouard Mairlot, Renaître pour être par Christian Bassine ; Cheminer avec Eugen Drewermann par Francis Van Dam, Quelques livres (Méditations d’un chrétien du 20e siècle de Marcel Légaut aux éditions Aubier Montaigne, A la recherche de la source de Jean-Marc Babut, collection "Initiation biblique", au Cerf) ; Un Best-seller : "Le Christ Philosophe" par Christian Bassine, Echos des rencontres du premier samedi (1er mars, 5 avril et 3 mai 2008) par Christiane Van den Meersschaut, Notre Père par Marcel Brouwer, courrier des lecteurs, Dix raisons pour rejoindre la Libre Pensée Chrétienne par André Verheyen

Les chrétiens unitariens sont en compagnonnage spirituel et fraternel avec la Libre pensée chrétienne. Voir dans les informations de la Correspondance unitarienne n° 29, mars 2004
et n° postérieurs, et dans les Actualités unitariennes :
La Libre pensée chrétienne vient de perdre son fondateur ", vendredi 25 mai 07,
La Libre pensée chrétienne continue ses activités ", samedi 1er décembre 07

Lundi 25 août 2008 1 25 /08 /2008 09:08
- Par Actualités unitariennes - Publié dans : catholiques libres en action - Communauté : Religions en toute liberté - Recommander

Ce sera le thème particulièrement audacieux qui sera traité par l’association " Prêtres mariés France-Nord / Chemins nouveaux ", membre de la Fédération des réseaux des parvis, lors de sa rencontre le dimanche 5 octobre prochain à Paris, de 9h15 à 16h30, à la Maison de la Salle 78A, rue de Sèvres (au fond de la cour), dans le 6ème (métro DUROC).

Mis hors cadre par leur propre Eglise, déboutés de leur ministère, mis au chômage sans ménagement, meurtris dans leur vocation, les prêtres mariés ont le choix entre ne plus être prêtre, tourner la page définitivement comme on dit, ou bien maintenir leur vocation, être en quelque sorte de nouveaux prêtres, avec un autre ministère. Ceux-ci ne restent pas isolés, mais se coordonnent au sein de réseaux, dont cette association est la plus active.

"Son but est de favoriser - très librement - les contacts et la rencontre entre personnes et couples intéressés et/ou concernés par la diversité des engagements et des cheminements humains et spirituels, après la "rupture/continuité autre" d'un précédent engagement ministériel ... "

"France-Nord" pour la partie septentrionale de la France (une autre association existe, basée à Marseille). " Chemins nouveaux " est le titre de leur bulletin.

En quelque sorte un second souffle pour les prêtres mariés de l’Eglise catholique

Le thème sera abordé de 11h à 14h30, avec (formule originale) un débat incluant un repas.
Pour contact et inscription (avant le 25 septembre) : Bernard et Marie-Josèphe Corbineau, 62 avenue Henri Barbusse, 93220 Gagny, tél : 01 43 02 67 34, corbineau.ber@wanadoo.fr


Les chrétiens unitariens encouragent les prêtres mariés dans leur vocation. Par leur compétence théologique, mais aussi par leur expérience pastorale, nous savons qu'ils peuvent apporter un très précieux concours sur le chantier de reconstruction d'un christianisme plus ouvert et plus moderne. Entre autres, les Actualités unitariennes, se sont faites volontiers l'écho du limogeage du père Laclau, curé d'une paroisse du Béarn. Voir notre rubrique "affaire Léon Laclau".

Dimanche 10 août 2008 7 10 /08 /2008 10:43
- Par d'après une information reçue de Prêtres mariés France-Nord - Publié dans : catholiques libres en action - Communauté : Religions en toute liberté - Recommander
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