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11 novembre 2012 7 11 /11 /novembre /2012 14:46

Ce jour, l'Américain Eric Cheryll * a rendu visite à plusieurs communautés unitariennes de Nairobi, à commencer par la plus importante en effectifs, celle de la commune de Kayole, en banlieue Est de Nairobi. Cette communauté se dénomme "Unitarian Universalist Church of Kayole" ; en fait il s'agit d'une communauté à 100% chrétienne, la religion majoritaire au Kenya (alors que les chrétiens sont devenus minoritaires à 10% au sein des congrégations unitariennes-universalistes aux Etats-Unis).

* Eric Cheryll habite à Mansfield dans l'Etat du Massachusetts, aux Etats-Unis. Il dirige le Service international de l'Unitarian Universalist Association of Congregations (UUA) à Boston.

 

nigeria_uu_kayole-church_2.jpg

kenya_kayole_uu_church.jpg

 

Il a ensuite continué sa visite à Kitengela (quartier dans la banlieue nord de la ville), où il a rencontré quelques membres de cette jeune communauté, pour finir à Ruiru, petite agglomération sur la route du Nord-Est, à quelques 30 kilomètres, où d'autres unitariens gèrent un centre d'accueil pour enfants.

 

kenya_kitengela_groupe_unitarien.jpg

kenya_ruiru_centre_pour_enfants.jpg

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Published by photos d'Eric Cheryll - dans U au Kenya
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2 novembre 2012 5 02 /11 /novembre /2012 12:12

L’évangile de Luc (et lui seul) attribue à l’ange Gabriel une annonce faite au prêtre du Temple Zacharie (Luc 1, 5-25), puis à la jeune femme du nom de Marie (Luc 1, 26-38) qui sera la mère de Jésus. Avec le Coran, ce sera son heure de gloire sous le nom de Djibril puisque c’est lui qui révéla le Coran entier à l’oreille du Prophète (bigre !). Et depuis ces hauts faits, où donc est-il passé ? Et si aujourd’hui, Gabriel l’annonciateur était en chômage technique ? Remplacé par les speakrines et la téléphonie mobile ? Voyez plutôt !


ModernHebrew_13.jpg

 

sextos_2.jpgsextos.jpg

 

Ndlr - Attention ! les photos ont été détournées de leur première fonction (en fait il s'agissait de la réception de sextos !).


C’était une page PUB gratuite pour la diffusion de la culture Internet

 

Ceci dit, sur le plan littéraire, l'ange Gabriel reste bien entendu irremplaçable puisqu'il s'agit de très beaux textes porteurs de sens. A lire sans modération !

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Published by Jean-Claude Barbier - dans la culture Internet
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1 novembre 2012 4 01 /11 /novembre /2012 19:33

eglise evangélique lutherienne de france

eglise_reforme_de_france.jpgL’Eglise protestante unie de France (EPUdF) résulte d’une fusion entre l’Eglise réformée de France (ERF) et l’Eglise évangélique luthérienne de France (EELF). L’enjeu principal est bien sûr une déclaration de foi commune car il s’agit de deux Eglises confessantes ; mais cela a été prudemment reporté aux calendes grecques. On en comprend aisément le casse-tête chinois pour les futurs rédacteurs, mais en attendant c’est la porte grande ouverte à tous les entrismes, ce qui est peut-être voulu ... pour ratisser plus large ?

 

Et puis un enjeu pour la Com (Com pour communication) car cette nouveauté n’est pas encore très connue dans l’opinion publique (ni très bien connue par les protestants eux-mêmes concernés !) : entre autres comment concilier les logos des désormais « anciennes » Eglises ?

 

epudf_logo_campagne.jpg
Il y a eu la volonté de le faire. Une campagne a même été lancée dans l’enthousiasme, du 1er octobre au 24 décembre 2011, mais – du moins sur Google image - on n'en trouve qu’une réponse avec un projet présenté par Elisabeth Scherer le 20 décembre 2011, vu sur le site de l’ERF (lien) et commenté de la façon suivante par l’auteur :
EPUF_projet_logo_par_elisabeth_scherer.jpgChoix de trois éléments que l'on retrouve dans les logos réformé et luthérien.
Le cœur, la croix et la colombe.
Le Père et le Fils unis dans l’Esprit saint.
Le cœur > Dieu amour
La croix > Jésus
La colombe > l’Esprit saint
Mystère de la Trinité


Et voilà le résultat définitif ... annoncé sur le journal catholique La Croix du 31 octobre 2012. Merci aux catholiques de pallier ainsi à la Com plus que discrète des protestants « unis » ! Bon, on aura compris, nos amis protestants sont plus doués pour la fusion que pour la communication !

eglise_protestante_unie_de_france_logo.jpgEt puis voilà que les dirigeants se retrouvent bien embarrassés avec une dénomination trop longue. Lu sur leur site ( lien) (à la rubrique " Questions générales ") : Comment faut-il appeler l’Eglise protestante unie de France ?

 

Le nom complet, avec son titre et son sous-titre, est : Eglise protestante unie de France – Communion luthérienne et réformée. Son nom juridique, quant à lui, est : Union nationale des associations cultuelles de l’Eglise protestante unie de France. Deux appellations bien longues pour l’usage courant !
Dans la désignation habituelle, on dira : Eglise protestante unie. Probablement se contentera-t-on même assez souvent, si le contexte est clair, de : Eglise unie, car dans les pays où existent des Eglises luthéro-réformées, c’est l’appellation qui s’est le plus souvent progressivement imposée.
En tous cas, il vaut mieux éviter l’acronyme prononcé épufe, qui est assez laid ! C’est d’ailleurs la raison pour laquelle on prend l’habitude d’écrire en abrégé : EPUdF, assez imprononçable à la lecture et qui « oblige » donc à dire Eglise protestante unie ou Eglise unie. (De même les Eclaireuses et éclaireurs unionistes écrivent en abrégé : EEUdF).


Ouf ! Mais alors, sur la lancée de leur fusion, la nouvelle entité s’emballe et fait preuve tout de suite d’une belle hégémonie. En conseillant de lire son titre comme « Eglise protestante unie », la demoiselle a-t-elle demandé l’autorisation, du moins l'avis, des autres Eglises de la Fédération protestante de France (FPF) ? Et puis en se disant " Eglise unie ", elle est unie avec qui ? En tout cas, l’Assemblée fraternelle des chrétiens unitariens (AFCU) n’a reçu à ce jour aucun courrier appelant à l’unité. On se demande vraiment s’il y a un pilote dans l’avion pour se projeter ainsi précipitamment et imprudemment dans l'avenir en tout égocentrisme et en jouant sur les mots ! 


Finalement et concrètement, la fusion est limitée entre l’ERF, le gros morceaux, et quelques Eglises luthériennes à Paris et dans la région de Belfort et Montbéliard, puisque l’Alsace et la Lorraine, bénéficiant d’un régime de concordat, restent en dehors de cette aventure. C'est la France sans l'Alsace et la Lorraine, ce qui n'est pas dit clairement.


Revenons à cette histoire de logo : aucune présentation, aucune explication sur le site de l’EPUdF. Pire, on ne peux même pas le copier à partir du site ! On ne sait pas non plus quel en est l’auteur (sans doute un cabinet d’étude pour pallier au manque d’imagination des paroissiens !). Même l’hebdomadaire Réforme semble s’en désintéresser, du moins à ce jour, n'en parle pas sur son site !


Alors, à partir du logo que La Croix a pu se procurer, il a bien fallu nous débrouiller seuls comme des grands, je dis nous pour moi-même (qui ne suis pas protestant) et quelques amis protestants du groupe « Protestantisme libéral » sur Facebook (Biarn Gasconha, Sylvie Queval, Michel Jas et Patrick Duprez). Grâce aux contributions des uns et des autres, nous y avons vu :


- La superposition de deux croix : la croix luthérienne (en vert) avec en son cœur la rose rouge, et, par dessus, la croix huguenote (en bleue) avec ses pointes saillantes.

- Il en résulte une symbiose dynamique, sans doute propulsée par l’Esprit saint, qui pousse le dessin à sortir d’un cadre qu’on pouvait imaginer statiquement rendu par un carré jaune qui sert de substrat (pourquoi jaune ?). Le carré jaune se déforme et pointe vers le haut à droite, pendant que les pointes de la croix occitane débordent dans la même direction. Cela reproduit le logo de l’ERF qui se trouvait penché sous l’action d’un vent violent. La croix occitane en perd sa symétrie et même la rose luthérienne au coeur rouge s’en trouve elle aussi disloquée.
- La croix n’est plus statique, mais laisse échapper d’elle le Christ et la communauté inspirée qu’elle représente (et le pasteur Michel Jas de nous rappeler l’édito de Raphaël Picon « De grâce, décrochez cette croix ! », Evangile et liberté, n°183, novembre 2004, lien).
- Mais où donc est passée la colombe si chère aux Huguenots ? Aurait-elle été sacrifiée sur l'autel de la fusion ? Elle s’est faite vent d’orientation Nord-Nord-est ! Mais surtout elle ne tombe plus d’en haut, du ciel, comme, paraît-il, au jour où Jésus fut baptisé par Jean-le-baptiste, mais elle émane de la communauté de foi unie dans un même élan vers une transcendance. La colombe prend désormais son essor d’en bas.


Le mot de la fin avec Georges d’Humières (protestant ERF de Narbonne) : « E bé, moi je l'aime bien, ce logo. Couleurs gaies, justement pas trop figuratif, donc appelant à la réflexion. J'y vois l'Eglise du Christ : jeune, ouverte, joyeuse et plurielle. Logo symboliquement fort. ». Et Biarn Gasconha  d’ajouter : « Maintenant avec ce logo on va peut-être commencer à échapper à la réputation d'austérité qui nous colle à la peau... ».


Tous nos meilleurs vœux donc à cette nouvelle Eglise et à ses projets puisqu’elle sied à ses fidèles. Pour les chrétiens unitariens, il reste une question en suspens : alors que l’ERF était une Eglise latitudinaire, acceptant en son sein plusieurs théologies dont l’unitarienne, qu’en sera-t-il de l’EPUdf ? Pour l'instant - en l'absence d'une déclaration, d'un manifeste ou d'une confession, c'est le plus grand flou artistique ...

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Published by Jean-Claude Barbier - dans les protestantismes
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30 octobre 2012 2 30 /10 /octobre /2012 02:13

Observatoire chrétien de la laïcité (OCL) : ENSEIGNER LA MORALE LAÏQUE A L’ÉCOLE ? lettre adressée à Vincent Peillon, ministre français de l'Education nationale le 24 octobre 2012. L'OCL réunit des associations qui sont membres de la Fédération des réseaux du Parvis (lien).


1°) Il n'y a pas à proprement parler de morale laïque. La laïcité consiste précisément à respecter la diversité des consciences, des croyances et des convictions et non à imposer un système de valeurs unique et imposé par le pouvoir politique. Elle se réalise par l'ensemble des dispositions juridiques qui ont pour fonction la séparation de l'Etat démocratique et des institutions de conviction (notamment religieuse), la liberté de conscience et d'expression individuelle et collective, l'exercice libre des cultes dans le respect de l'ordre public. Ne reconnaissant officiellement aucun culte l'Etat n'en subventionne aucun. Tels en sont les principes de base.

morale_laique_interfaith.jpg

2°) En tant qu'il est responsable de l’Éducation nationale, l’État est amené à se préoccuper de l'éducation du citoyen. De ce point de vue, la famille sans être ignorée de l'institution scolaire est seconde . L'école est un des lieux où l'enfant poursuit pour ainsi dire la rupture du lien ombilical, apprend à vivre sa liberté dans un cadre social plus vaste que sa famille et trouve les instruments de sa pensée personnelle et de ses choix de vie. Elle doit permettre l'accouchement d'une conscience citoyenne.

a) L'éducation nationale comporte des données d'ordre disciplinaire (scientifiques, linguistiques, artistiques, sportives, etc.) pour lesquelles l’État définit des programmes, des cursus, etc. Les établissements publics et privés ( y compris hors contrat) sont soumis au respect de ces programmes.

b) L'éducation du citoyen inclut également l'apprentissage de principes et de règles dont la finalité consiste à favoriser le vivre ensemble humainement des élèves entre eux mais aussi établit la pratique des rapports entre élèves et enseignants et réciproquement, dans le cadre d'une société inter-culturelle et inter-convictionnelle. Cet enseignement à la citoyenneté, ou éveil de la conscience, ne doit pas être qualifié de laïque mais de républicain ou de citoyen.


L'OCL propose que cet enseignement à la citoyenneté et cet apprentissage ne soient pas dispensés de façon théorique et abstraite (maxime à apprendre par cœur, leçon-sermon de « morale »...) et ne se réduisent pas à une éducation civique - utile par ailleurs - concernant la connaissance des « institutions » et de leur fonctionnement mais se fasse à partir des faits de vie et principalement des rapports humains vécus dans l'école (la cour,la salle de classe, la cantine, le gymnase... etc) ou rapportés par les élèves à partir de leur expérience concrète de vie en famille ou dans la rue,.etc. Ces expérience vécues concernent tantôt des actes destructeurs d'humanité dans les échanges physiques, verbaux, les comportements, les attitudes, tantôt des actes créateurs de liens humains positifs et épanouissants. Elle implique aussi l'apprentissage de la démocratie dans le cadre même de l'institution scolaire. Ces expériences sont la matière de l'échange éducatif. Bien entendu les enseignants doivent être formés et aidés, notamment sur le plan méthodologique, pour exercer ce rôle éducatif que beaucoup d'entre eux pratiquent dés à présent à l'occasion des problèmes humains qu'ils rencontrent dans leur vie professionnelle.


3°) Pour que cette éducation puisse se justifier de façon universelle il lui faut sur le plan national un référent universel. Celui ci dans l'état actuel des choses nous semble être-pragmatiquement et historiquement - la déclaration universelle des droits de l'homme (1), déclaration dont on connaît l'origine historique, à l'ONU, en 1948, et le caractère nécessairement évolutif en fonction de développement même des civilisations démocratiques.


Cette démarche éducative est donc difficile et complexe dans la pratique. Mais elle est absolument indispensable. Elle engage un effort tant de la part des enfants que des enseignants car elle va souvent à l'encontre des modèles sociaux dominants. Sont à dénoncer alors les idéologies égocentriques, les pratiques inhumaines du système économique, le rôle localement puissant des mafias, la pression en d'autres lieux des religions intégristes, etc., qui s'opposent fortement à cette éducation du respect des droits de l'homme. Elle doit faire prendre conscience par exemple que tout droit implique des devoirs et que par exemple le respect qui m'est dû, je le dois également aux autres.


4°) L'école (les enseignants et les personnels d'éducation en général) n'ont pas de réponse dogmatique à apporter aux questions des enfants concernant les fondements religieux ou philosophiques du sens de la vie. Mais elle doit aider les enfants à les connaître dans leur diversité socio-historique et actuelle pour éviter d'enfermer leur liberté dans un seul paradigme et les aider à vivre collectivement cette diversité dans le respect de l'Humanité, l'égalité et l'éducation de la liberté de choix de chacune et chacun. Cette éducation vise à créer les conditions qui permettent effectivement de vivre ensemble en êtres humains égaux et divers sans former de clans, de groupes identitaires, etc., et finalement de façon non violente .


C'est pourquoi cette morale s'impose également et avec les mêmes exigences humanistes dans tous les établissements scolaires publics ou privés. Des établissements confessionnels (catholiques, mais désormais aussi de plus en plus musulmans, etc.) ne sauraient se dispenser de cette démarche républicaine, citoyenne et humaniste sous prétexte d'un caractère propre qui impliquerait des approches morales religieuses exclusives et particulières suscitant ainsi les germes du communautarisme identitaire.


Jean Riedinger, secrétaire de l'Observatoire Chrétien de la Laïcité


(1) La Déclaration universelle des droits de l'Homme - Adoptée le 10 décembre 1948 à Paris par l’Assemblée Générale des Nations Unies, la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme, bien qu’elle ne présente pas a-priori de caractère contraignant, est considérée comme une référence internationale fondamentale dans le domaine des droits de l’Homme. Sa force normative tient notamment au fait qu’en 1966 l’Assemblée nationale a adopté deux traités qui en reprennent le contenu : le Pacte des droits civils et politiques et le Pacte des droits économiques, sociaux et culturels. Ces Pactes, assortis de mécanismes de contrôle de leur respect, ont été très largement ratifiés par les Etats-membres des Nations Unies : respectivement 154 et 151 ratifications ; la France y ayant procédé en 1980. La Conférence internationale des droits de l’Homme tenue à Téhéran a proclamé, le 13 mai 1968, « la Déclaration universelle exprime la conception commune qu’ont les peuples du monde entier des droits inaliénables et inviolables inhérents à tous les membres de la famille humaine et constitue une obligation pour les membres de la communauté internationale. » D’autre part, certains pays, comme la France, lui ont reconnu une valeur de référence pour les juridictions suprêmes.

 

Ajout du 2 novembre 2012 : proposition d'Hélène Koehl (faite le 1er novembre au sein du groupe "Protestantisme libéral" de Facebook) - discuter du règlement intérieur des établissements scolaires durant les cours de morale.

 

Il me semble que cette histoire de morale à l'école procède pour l'instant du serpent de mer. Pas grand-chose de concret, difficile de s'accorder sur un contenu, sur ces fameuses "valeurs communes", "valeurs républicaines" (la peur d'avoir à en dire quelque chose a même fait avorter un certain débat il y a quelques années), etc. Bref, de quoi partir ?

Proposition : chaque établissement scolaire a un règlement intérieur que les élèves et les familles doivent signer au début de l'année, avec des règles du vivre ensemble, des conduites récusées, des limites à ne pas dépasser. Certes, c'est "intérieur", mais ça pourrait avantageusement servir de base à cette fameuse morale et ça a l'avantage d'exister.

Ainsi plutôt que de se contenter de faire signer un "règlement" au début et de faire comme si c'était acquis, et ensuite de fermer les yeux et/ou de sanctionner, pourquoi ne pas reprendre les items et discuter au cours de l'année d'un règlement intérieur/extérieur amélioré et en tout cas construit à partir de cette/ces base(s) qui, au moins, a/ont le mérite d'exister ?

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24 octobre 2012 3 24 /10 /octobre /2012 10:39

La Fédération de Haute Savoie de la Libre Pensée organise, avec le soutien et la participation de la municipalité d’Annemasse, une commémoration de Michel Servet au pied de sa statue le samedi 27 octobre 2012 à 18h 30, place de l’Hôtel de Ville, le jour anniversaire de son supplice (27 octobre 1553), lien.


Annemasse--Michel-Servet--statue.jpg« MICHEL SERVET fut un humaniste et un homme de science victime de l’intolérance des religions. D’abord condamné à mort par l’Eglise catholique et l’Inquisition et brûlé en effigie à Vienne (France), il fut mis au cachot et brûlé vif par CALVIN et les Protestants à Genève le 27 octobre 1553.
Michel SERVET a pu être brûlé pour ses idées par les religions parce que la société de son époque ne connaissait pas la Séparation des Eglises et de l’Etat et les institutions n’étaient pas laïques.
La LIBRE PENSÉE rappellera à cette occasion son attachement à la République laïque, garante de la liberté de conscience et de la paix civile. C’est la loi du 9 décembre 1905 qui établira cette séparation et libérera la République du joug clérical. […]. ».

 

Photo, Jean-Claude Barbier (2001), statue de Michel Servet à Annemasse sur la place de l'Hôtel de Ville.


Les unitariens français et francophones des pays voisins s’étaient réunis à Annemasse les 30-31 octobre 1993 pour y célébrer le 440ème anniversaire de l’exécution de Michel Servet. Ils sont de tout cœur avec cette manifestation de la Libre Pensée.

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Published by Actualités unitariennes - dans à propos de Michel Servet
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8 octobre 2012 1 08 /10 /octobre /2012 12:02

En Europe occidentale, les églises et les temples se vident. Elles ne se remplissent  qu'occasionnellement lors des cérémonies familiales avec des mariages et des décès, ou encore lors desgrandes fêtes liturgiques qui coïncident à des fêtes familiales, surtout la Noël. Dans la paroisse catholique d'où j'habite, à Gradignan en banlieue bordelaise, la messe de Noël se fait dans une grande salle des fêtes de la commune car l'église est alors trop exigüe ! Par ailleurs, le curé, est âgé et nous vient de Madagascar ... Crise de la pratique, des vocations - également chez les protestants qui admettent pourtant hommes et femmes mariés au ministère pastoral.

 

Et puis, de plus en plus de pratiquants n'apprécient pas ceci ou cela dans leur Eglise, dans leur religion, dans les personnes qui les représentent, etc. Ils ne pensent plus leur foi selon les canons convenus, ne s'expriment plus avec les prières communautaires qui leur semblent désuettes, ne correspondent pas à ce qu'ils pensent ...

 

Pire, les mouvements chrétiens peinent à durer et à se reproduire. Ils n'ont plus guère de militants, n'ont pas de relève chez les jeunes. Une génération, les cheveux blanchis, s'éteint doucement, emportant avec elle ses convictions, son militantisme, ses attentes, ses espérances, ses regrets, sa solitude.

 

Pourquoi ce désastre ? C'est d'abord le passage d'un christianisme sociologique à une pratique désormais libre, sans pression familiale ou sociale, dans un contexte de sécularisation des sociétés et d'individuation des personnes. Pourtant, surnagent plutôt bien, des mouvances combattives, réactionnaires, qui rejettent cette évolution : traditionnalistes et intégristes, sans doute parce qu'elles servent de refuge. Mais aussi les communautés fusionnelles animées d'une foi d'extra-terrestres, exaltée et mystique : I love Jesus ! charismatiques et prosélytes à souhait, prenant à la lettre les promesses évangéliques, ou parfois basées sur un biblicisme fanatique.

 

Dans le futur, il est à craindre que les lieux de culte se raréfient d'une façon drastique, que les communautés de proximité se trouvent de plus en plus loin, que les rencontres concrètes se fassent de plus en plus espacées - avec le constat que les gens trouvent de nombreuses excuses pour ne pas être disponibles (la préférence familiale : aller chez des enfants et petits enfants désormais aux quatre coins de l'hexagone, si ce n'est pas du monde !  les week-end déjà occupés par des loisirs prioritaires, le partenaire conjugal qui ne partage pas forcément de même conviction, etc.).

 

Alors ? Les réseaux sociaux pourront-ils pallier ? Ils le font déjà en ce qui concerne le besoin de relation, offrant des espaces d'information (d'un clic on y transmet ses lectures, des photos artistiques, de famille, bref tout ce qui nous intéresse et qu'on veut partager) et des espaces de discussion avec des groupes thématiques ; on peut y donner son avis - ne serait-ce d'un clic pour dire qu'on "aime", ou bien répondre en développant son point de vue, etc. Voir par exemple notre grooupe "Unitariens francophones" sur Facebook ( lien).  Les bisounours conviviaux à souhait s'y expriment à coeur joie : bonjour, bonne journée, bon travail, bon soir, bonne nuit, dodo ! Certain(e)s règnent au milieu d'une cour d'ami(e)s comme le roi Soleil à Versailles ; le moindre de leurs messages, pourtant parfaitement anodin, déclanche des applausissements ... Les militants aussi nous font part de leurs convictions, parfois jusqu'au prosélytisme pour certains ( lien).

 

Alors ? Peut-on y imaginer des espaces cultuels ? Pourquoi pas ?

 

La Poste a permis la correspondance à distance et les progrès de nos moyens de communication (le train, l'avion) ont raccourci considérablement les délais d'acheminement. Avec Internet, les relations sont devenues immédiates, permettant une grande spontanéité et réactivité. Le système Skype permet même des réunions à distance ( lien) ; la vidéo-conférence se banalise. Nous sommes désormais en relation, d'un clic de souris, avec le monde entier.

 

facebook_eglise.jpg

 

Nul doute que la culture Internet saura trouver le moyen de "faire Eglise autrement" (sur Facebook ou ailleurs) ... Il y a eu déjà, au début de 2007, l'apparition de communautés religieuses virtuelles avec la Seconde life ( lien). Mais cela est réservé aux internautes chevronnés et l'expérience ne fait plus parler d'elle.

 

Pour l'instant et à notre connaissance, l'Eglise unitarienne francophone (EUfr), fondée en juin 2008, est la seule à organiser directement sur la Toile un culte mensuel ( lien). Lorsqu'il y aura de moins en moins de communautés de proximité, de "paroisses", on verra peut-être fleurir sur la Toile, d'autres lieux de culte ...

 

Des sites commerciaux proposant de gérer des cahiers de doléances à l'occasion de décès pourront peut-être voir le jour. Il y aura là de l'argent à gagner pour les commerciaux. Nous venons d'en émettre l'hypothèse dans la rubrique de notre Eglise consacrée au travail de deuil ( lien).

 

Nous ne sommes que dans les toutes premières phases de la révolution informatique, et déjà que d'étapes parcourues, que de nouveautés !

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Published by Jean-Claude Barbier - dans la culture Internet
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8 octobre 2012 1 08 /10 /octobre /2012 06:19

jec_france.pngLa démocratie commence dès le collège et le lycée !

 

Les délégués des élèves dans les collèges et lycées doivent être élus avant la semaine du 8 octobre prochain. A raison de deux délégués par classe, ils seront plus de 133 000 délégués collégiens et 89 000 délégués lycéens en France métropolitaine et outre-mer à être élus cette année.

 

La Jeunesse étudiante chrétienne (JEC) affirme que pour que la démocratie représentative soit valorisée dès l’école, il faut que les élections de délégués des élèves soient prisent au sérieux. Certains établissements ont bien compris combien il est important de faire de ce moment un réel évènement démocratique local. D’autres au contraire ont encore peur ou négligent ce moment clef pouvant permettre un meilleur vivre ensemble à l’échelle de chaque établissement.

 

On pourrait croire que tout a été dit ou fait autour des élections de délégués, mais il faut à nouveau convaincre les élèves et leurs professeurs du bien fondé du rôle du délégué.Pourquoi valoriserait-on le rôle de nos représentants politiques si à l’échelle d’un établissement scolaire on nie le pouvoir et la formation nécessaire aux représentants collégiens ou lycéens ?

 

La JEC en tant que mouvement de jeunes collégiens et lycéens a une longue histoire de mobilisation au sein même des établissements. Il ne s’agit pas d’y faire du prosélytisme religieux, mais de porter une humble pierre à un édifice qui a besoin qu’on le renforce : l’éducation à la citoyenneté.

 

Pour cela restent disponibles auprès de la JEC des dépliants, des livrets, des questionnaires, des affiches et une exposition sur les droits et devoirs des délégués. Et puisque l’élection des délégués n’est qu’une première phase, des pistes d’accompagnement tout au long de l’année et des éléments de formation et d’auto-formation pour les élèves et leurs délégués sont mis à la disposition des établissements scolaires.

 

Rappelons-nous que d’après les textes en vigueur, chaque délégué à :

Le droit de consulter et d’informer ses camarades.

Le droit de siéger, d’intervenir au conseil de classe.

Le droit de siéger, d’intervenir au conseil d’Administration (s’il y est élu).

Le droit à l’information relative à la vie de l’établissement.

Le droit de réunion, en dehors des cours.

Le droit d’animation de la classe en donnant vie et en favorisant la cohésion.

Le droit de réponse au nom de la classe.

 

Formons et responsabilisons les délégués pour une démocratie active !

 

Contact presse : Catherine Dorgnach au 01.43.31.10.62

Jeunesse Etudiante Chrétienne, 27 Rue Linné, 75005 Paris

 

Ce communiqué de presse nous a été transmis par le groupe des correspondants de la Fédération des réseaux des Parvis

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Published by Jeunesse étudiante chrétienne - dans catholiques libres en action
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3 octobre 2012 3 03 /10 /octobre /2012 13:15

Vous avez pu constater depuis longtemps, dans vos messageries personnelles, la réception de propagandes qu’on appelle techniquement des « spam ». Alors que vous ne vous êtes jamais inscrits aux sites expéditeurs, vous y êtes abonnés d’office, et c’est à vous – en cliquant une touche minuscule en bas de page – de solliciter que vous voulez vous « désabonner ». Parfois même , un questionnaire apparaît pour vous demander ingénuement les motifs de votre geste. C’est vraiment le monde à l’envers !


facebook-group-icon.jpgEh bien, sur Facebook, c’est la même chose ! N’importe quel « ami », certes bien intentionné, peut vous enrôler dans un groupe thématique sans vous demander votre avis : vous être invités d’office. A vous de trouver ensuite le clic où vous pourrez sortir d’une appartenance qu’on vous impose sans vous demander votre avis et que vous n’agréez pas forcément. Pour ceux qui voudraient sortir de ce guet-apens, je vous donne le truc : le bouton en question, sur la page du groupe, est en haut à droite, à droite de « Notifications », sous la forme d’une grosse astérisque. Bon, faut savoir.


Sinon, vous êtes affichés dans la liste des membres du groupe, avec votre photo à l'appui, cautionnant ainsi le groupe en question, pour certains pris en otage contre leurs opinions personnelles ! A vous de décider si vous restez dans le piège ou non. Si vous voulez en sortir, alors c’est à vous d’agir ! C’est ainsi … La liste des membres du groupe assortie de leurs photos est obtenu en cliquant sur "à propos" dans la barre du haut.


A ce sport, certains fondateurs de groupe se frottent les mains car ils vont embaucher leurs propres amis et aller piller aussi dans les listes d’amis de leurs amis et ainsi de suite ! Leur groupe enfle rapidement et qu’importe s’il n’y a que quelques actifs qui concrètement animent le groupe en question, celui-ci apparaît aux yeux de tous comme important. Et puis, aussi, avouons-le, certains aiment bien figurer dans de très nombreux groupes, sans doute comme « notables sur la Toile ».


Je rédige ce message car je n’ai pas encore vu d’internaute protester contre cet usage (et donner le truc pour sortir de l’imbroglio) … mais peut-être que d’autres l’ont fait avant moi ? Dans ce cas, je les rejoins volontiers. Et si ensemble nous pouvions faire entendre notre voix ?

 

Vérifions nos appartenances sur Facebook ! La liste se trouve en colonne latérale gauche lorsque vous êtes sur votre page en mode "accueil".  Soyons vigilants ! Méfions nous de certains "amis" par trop prosélytes !

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1 octobre 2012 1 01 /10 /octobre /2012 19:45

C’était un rendez-vous donné à tous ses amis pour le dimanche 14 octobre. Il est mort le vendredi 22 septembre avant d'avoir pu réaliser ce geste rassembleur au soir de sa vie ...

Ndlr - nous remercions Roger Gau, l'un des destinataires de cette lettre circulaire, de nous en avoir fait copie.

 

roger_parmentier_derniere_lettre.JPGChers Amis.


Enfant des Bordes sur Arize, né pendant la guerre de 14-18 (çà ne nous rajeunit pas !), j’ai des choses importantes à vous dire, de vive voix. C’est pourquoi je vous invite le dimanche 14 octobre à 11 heures au temple des Bordes (lieu commode pour sa position). Ceux qui le souhaitent pourront déjeuner sur place en apportant leur repas (stationnement sur la grande place, avant la passerelle). La rencontre se poursuivra dans l’après-midi, à partir de 14h 30 avec ceux qui n’auront pas pu venir avant.

Une coutume africaine est très intelligente : quand un grand vieillard est à la fin de ses jours, on réunit autour de lui, famille, amis, connaissances, tout le village, pour qu’il fasse connaître ce qu’il pense de sa vie et de l’existence. C’est formidable. Je voudrais faire la même chose, même si, comme tout le monde, je ne sais ni le jour ni l’heure (si je suis consulté, je demeure disposé à continuer !). Mais il vaut mieux prendre ses précautions.

Je suis né le 25 juillet 1918. Mon père, Alphonse Parmentier, né près de Lille, mutilé de guerre, « gueule cassée », était sorti trois jours de l’enfer des tranchées pour se marier à Paris en 1917 et, si j’ai bien compris, « me mettre en route ». Blessé à plusieurs reprises, il était venu en convalescence aux Bordes, chez son ami Camille Delord et avait trouvé à son goût, lui catholique, élevé chez les Jésuites, la fille du pasteur des Bordes, Laure (1891-1932), dont le seul frère, Roger Peloux, avait été tué à 20 ans au début de la guerre. On m’a donné son prénom.


A mon tour, je suis devenu pasteur après avoir été élève officier d’infanterie à Cherchelle, puis d’aviation à l’école de l’Air de Versailles, puis de Rabat) et ayant fait mes études de théologie à Paris sous l’Occupation et participé à un réseau de renseignement de la Résistance. J’ai commence par être pasteur volontaire à Sétif, en Algérie, où venaient d’avoir lieu les terribles évènements du jour de la victoire, le 8 mai 1945. Le reste, je vous le raconterai peut-être le dimanche 14 octobre.


Mais ce n’est pas surtout de ma vie que j’aimerais vous parler, mais d’une découverte extraordinaire dont j’ai été informé, il y a une dizaine d’années. Je n’aimerais pas disparaître en emportant ce secret, car il devrait enchanter aussi bien chrétiens que non chrétiens, croyants aussi bien que non religieux. C’est pourquoi, je suis heureux de vous inviter chaleureusement le dimanche 14 octobre.


Soyez assurés de mes sentiments chaleureux à votre égard. Roger Parmentier
P.S. Pouvez-vous me rendre le service d’inviter vos amis ? Merci.

Pasteur à Sétif, Philippeville, Rodez, Montreuil, Créteil (pasteur « au travail » comme les prêtres-ouvriers), chargé d’enseignement à l’université Paris 12 et à l’ENAP


Secrétaire national adjoint au Secours populaire
Co-animateur de la Commission Proche-Orient du Mouvement de la paix
Président de consistoire et Secrétaire du Conseil régional de l’ERF, Région parisienne
Secrétaire national de la Conférence chrétienne pour la paix (relations avec l’Est européen)
Militant syndical et politique (FEN et PSU)
Spécialisé dans les " actualisations " des évangiles
Auteur de 23 ouvrages, dont 18 édités à l’Harmattan, 3 autres sont en chantier.


J’ai épousé Annette Monod (décédée) qui m’a donné 6 fils, puis Agnès de Saint-Blanquat (également décédée), qui m’a donné une fille.

 

Avant ce qu'il voulait être un rassemblement autour de lui, il devait faire une conférence le lundi 1er octobre à Toulouse sur la source "Q", l'un de ses thèmes favoris. Il en avait entre autres averti Roger Gau qui nous a communiqué en copie le mot que Roger Parmentier avait ajouté, à son intention, à la circulaire d'information. Roger Parmentier avait envoyer ces deux lettres circulaires (celle-ci pour le 1er octobre et celle ci-dessus pour le 14 octobre) peu de temps avant sa mort puisque Roger Gau les a reçues le vendredi 22 septembre, le jour même du décès de leur auteur.

roger_parmentier_conference_a_toulouse.jpg

à Roger Gau - cher ami, je vais faire un exposé sur la source Q des paroles de Jésus, lundi 1er octobre, à 17h 30 au Vieux Temple de Toulouse, 70 rue Pargaminière. Si vous pouvez participer, j'en serais très heureux. A bientôt, peut-être ... Sentiments très cordiaux. R.P.

 

Roger Gau - À tout ce qui a été dit après le décès de Roger Parmentier (lien), je voudrais ajouter ce qui suit. Dans un courrier du 22 septembre courant, j'ai reçu son invitation qui est donnée ci-dessus. C’était pour moi et mon épouse une grande joie de le rencontrer, mais le destin en a décidé autrement. Aujourd'hui, ces mots, écrits de sa main, je veux vous les faire partager.

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22 septembre 2012 6 22 /09 /septembre /2012 23:26

roger_parmentier_portrait.jpgOn le croyait éternel depuis si longtemps qu’il vitupérait contre nos engagements trop insuffisants à son goût, lui le prophète saisi par l’esprit de Jésus. A 94 ans, il avait atteint l’âge des cheveux blancs qui ne changent plus de couleur ; un peu voûté mais toujours droit, inflexible dans ses exigences ; toujours persuadé qu’il nous montrait le vrai chemin, qu’il fallait nous mobiliser en toute hâte. Il avait eu la douleur d’enterrer sa compagne et plusieurs de ses enfants. Et puis voilà que son ami et coreligionnaire, le pasteur Simon Sire, vient de m’annoncer, ce soir, qu’il n’était pas de l’éternité, mais bien humain comme tout un chacun.


Une voix s’est éteinte, et quelle voix ! Peu importe que l’on soit d’accord ou non avec ses analyses, avec ses textes, avec ses interventions ; c’était une voix ! Nous l’aimions y compris pour ce que l’on pouvait penser être parfois des excès. Nous l’aimions car la religion chrétienne s’éteint doucement avec nos prudences, nos contorsions d’intellectuels, nos lâches fuyances aussi et que l'on a besoin de prophètes comme lui.

 

Il ne fréquentait plus sa paroisse ne pouvant plus supporter le langage bigot et les proclamations dogmatiques et naïves, d’un autre temps, le rabâchage de vérités toute faites soit disant venues de Dieu lui-même alors qu’elles ne sont que des propos de clercs exerçant leur influence, leur pouvoir institutionnel ; ou encore – il me les avait montrées dans un petit temple le plus près de chez lui, celui de Rieubach, au sud du Mas d'Azil  - les inscriptions murales peintes nous rappelant les versets fondamentaux dans la pure tradition fondamentaliste.


On l’aimait, bien qu'il se soit fait quelques ennemis avec sa façon de tout bousculer, aussi avec ses engagements courageux en faveur des musulmans d’Algérie réclamant leur indépendance, en faveur de l’islam trop souvent méconnu et diffamé, et d’une façon générale en faveur des exploités et des pauvres.


Il avait entrepris de sauver l’héritage chrétien en réécrivant les évangiles, en réactualisant la Bible comme il le proclamait. Il réunissait ses amis et sympathisants lors de stages annuels à son domicile, dans une maison bourgeoise à la campagne, au hameau de La Raynaude. Il voulait nous faire comprendre que le vrai message de Jésus avait été occulté depuis des siècles et des siècles et qu’il nous fallait désormais le redécouvrir dans toute sa brillance, de toute urgence car il s’agissait d’un trésor pouvant sauver notre avenir. Rude impatience, mais c’était pour nous qu’il se levait avec sa voix de prophète, comme un Jean Baptiste des temps modernes.

 

Il avait essayé un come back dans la commune ouvrière de Montreuil où il avait été pasteur et où de nombreux fidèles se souviennent encore de lui et lui témoignent leur affection. Il les avait réunis dans une chapelle catholique mis à sa disposition ... à l'écart du temple où les ouailles sont majoritairement de milieux bourgeois.


Récemment, il avait proposé de venir à Bordeaux, à l’occasion d’une réunion de synode régional et il avait proposé de faire une conférence en marge de cette rencontre, mais il ne donna pas suite à ce projet n’ayant pas reçu l’assurance d'un auditoire. Eh oui, surtout pas de vagues ... et Roger Parmentier, avec sa franchise habituelle, en faisait !

 

Il devait se rendre à Toulouse, au Vieux Temple, pour une conférence sur la source "Quelle", l'une de ses références favorites pour dénoncer la déviation du message de Jésus depuis. Il en avait averti notre ami unitarien Roger Gau, l'un de ses admirateurs qui se réjouissait de faire ainsi sa connaissance


Ce soir, je suis triste, d’une part parce que je l’avais plusieurs fois rencontré et apprécié, mais aussi parce qu’il nous faut des prophètes ; oui des prophètes qui, par définition, dérangent la tranquillité de leurs coreligionnaires et leurs compatriotes en s'adressant sans cesse à nos consciences ! Demain matin, je téléphonerai à son ami Emile Mihière, lui aussi pasteur ERF à la retraite, et nous partagerons notre tristesse. Et puis nous prendrons la route ensemble depuis Bordeaux pour aller à l'enterrement de Roger ...


Il s’était rapproché de notre mouvance unitarienne, d’une part parce qu’il pensait que Jésus n’était pas Dieu incarné, que le Jésus métaphysique était une pure invention des évangélistes et de Paul, mais aussi, je pense, parce que nous avions publié plusieurs de ses textes sans hésitation, au nom de cette liberté de penser que nous honorons car faisant partie du meilleur de l’humain. Au nom même de cette valeur nous lui avons ouvert nos colonnes sans que nous ayons à dire si nous étions ou non d’accord car, chez nous, chacun a le droit de s’exprimer dès lors que ce soit un cri sincère qui sorte des tripes, même si ce cri rompe le consensus car – pour nous – l’expression est individuelle et non communautaire. Mieux, ses textes étaient les bienvenus car toujours toniques ! Il restait malgré tout protestant d’abord, motivé à réformer son Eglise et la mentalité des siens, mais de plus en plus il s'adressait plus largement à tous ceux qui ont reçu le message de Jésus afin qu'ils le fassent fructifier et en appelait à la conscience de tout le monde.


Il aura bien entendu le droit aux sobres entrefilets des bulletins protestants, comme il est de coutume, mais, ici, chez les unitariens, c’est de l’expression de notre chagrin et d'un hommage dont il a pleinement le droit. Il a écrit de nombreux livres, nous continuerons à les lire et, j’en suis sûr, son souvenir restera longtemps parmi nous.

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