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1 novembre 2011 2 01 /11 /novembre /2011 13:58

EUfr-1a.gifFondée en juin 2008, l'Eglise unitarienne francophone (EUfr, lien) met à votre disposition sa "bibliothèque" (lien), à savoir une présentation de livres très divers qui se revèlent être plus ou moins proches de la tradition unitarienne. La sélection n'est pas systématique, mais dépend des messages reçus de la part des auteurs ou encore des recensions faites par les fidèles ou sympathisants. Elle est donc loin d'être exhaustive !


Cette recension d'ouvrages est complémentaires à la rubrique des Actualités unitariennes portant sur les ouvrages récents " Vient de sortir " (lien).


Vous trouverez les articles suivants, du plus ancien au plus récent :


Jean_Marichez.JPG- une présentation de l'oeuvre de Wilfred Cantwell Smith (1916-2000)

- une présentation de l'oeuvre de Rudolph Karl Bultmann (1884-1976)

- Dieu en procès par Raphaël Picon

- Amoureux de l'islam, croyant en Jésus, par Paolo Dall'Oglio

- Comment fut inventé le peuple juif, par Shlomo Sand

- La faim du tigre par René Barjavel

- Notre existence a-t-elle un sens par Jean Staune

- L'islam sans soumission, par Abdennour Bidar

- présentation des livres de Gertude Giroux

- Le rabbi qui aimait les femmes, par Didier Long

- Manuel de survie spirituelle dans la globalisation, par Didier Long

- Des hommes et des dieux, film de Xavier Beauvois

- Les sabbataires de Transylvanie, par Géza Szavai

- Jésus de Nazareth par Didier Long

- présentation de l'oeuvre d'Olivier Rabut (1911-1991)

Croyances meurtrières par Jean Marichez

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Published by Actualités unitariennes - dans U en Europe francophone
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29 octobre 2011 6 29 /10 /octobre /2011 19:34

Les unitariens italiens se sont réunis à Bologne et ont baptisé l’un des leurs (message du 29 octobre 2011 de Giacomo Tessaro).


Battesimo_Bologna_1.JPG

au premier plan, le révérend Roberto Rosso,

puis de gauche à droite, Pierluigi, Ian McCarthy, Giacomo Tessaro et Alessandro Falasca

 

Les unitariens italiens se sont rencontrés à Bologne le week-end samedi 22 et dimanche 23 octobre, pour discuter d'unitarisme, de la situation religieuse et politique italienne, de la congrégation, et pour préparer la célébration dominicale et mon baptême. Etaient présents le révérend Roberto Rosso, Alessandro Falasca (candidat au pastorat), Gianluca Milo, Pierluigi Servida, Claudio Bianucci (animateur d'un groupe chrétien libéral se référent à Giordano Bruno), et moi même (Giacomo Tessaro). Le dimanche matin, Ian McCarthy, fondateur des UU italiens, s’est joint à notre groupe.

 

Battesimo_Bologna_2.JPG

Battesimo_Bologna_3.JPG


Notre célébration dominicale a commencé à 10 heures. Après l'allumage du calice, Roberto Rosso et Alessandro Falasca m’ont présenté comme candidat au baptême. Alessandro a chanté un hymne et j’ai lu le psaume 40, qui est une action de grâce : « J’espérais Yahvé d’un grand espoir, il s’est penché vers moi, il écouta mon cri. Il me tira de la fosse fatale, de la vase du bourbier ; il dressa mes pieds sur le roc, affermissant mes pas » (v. 1-3) et le chapitre 6 du livre de Samuel qui raconte la translation de l'Arche par le roi David. Ensuite Alessandro prononça un bref sermon évoquant le symbolisme de l'eau baptismal pour se transformer et suivre Maître Jésus, ainsi que les chapitres 78 et 8 du Dao De Jing, le Livre de la Voie et de la Vertu (l'eau comme symbole d'une attitude disponible et patiente pour agir sur les réalités). Puis Roberto m’a donné la bienvenue au sein de notre congrégation en décrivant l'unitarisme non pas comme un lieu d'abordage mais comme un sentier à parcourir tous les jours, Dieu non pas comme une destination mais comme un compagnon de voyage. Après l'aspersion de l’eau baptismal sur ma tête, nous avons célébrée la Cène. Puis, j’ai lu le psaume 16 (Yahvé, ma part d’héritage) et Pierluigi le psaume 148 (louange cosmique). Alessandro a terminé notre célébration avec un hymne composé par lui-même. Un moment de vraie spiritualité, un baptême d'engagement à la suite du Christ, une étape fortement marquée sur la voie qui mène au Père.

 

Battesimo_Bologna_4.JPG

Pour connaître l’unitarisme italien, voir sur ce site notre dossier « unitarisme (Italie) » (lien)

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Published by Giacomo Tessaro - dans U en Italie
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27 octobre 2011 4 27 /10 /octobre /2011 08:42

Partout où une ethnie ou bien une religion est nettement majoritaire dans un pays, la démocratie s’avère être un leurre car les votes électoraux ne résultent pas de choix politiques individuels mais reflète tout simplement l’appartenance sociologique des citoyens. Les partis islamistes l’ont bien compris qui parlent de religion, de la référence à la charia, et non point de programmes politiques proprement dit. Leur réseau caritatif laisse croire au peuple qu’ils ont la fibre sociale. Ils s’abstiennent prudemment de parler des sujets brûlants : les droits de la femme, la législation de la famille, le sort des minorités, le respect des homosexuels, etc. Ils arrivent au pouvoir par les urnes auréolés de bonnes intentions, ce qui s’appelle avancer masqué. Les média parlent d’un islamisme modéré, comme si la charia n’était pas une référence des plus réactionnaires ! Imaginons que les catholiques intégristes prennent le pouvoir en France par le biais, par exemple, du Front national : les mêmes médias se déchaîneraient immédiatement et crieraient au loup !

islamistes tunisie libyeCertes, les Frères musulmans se trouvent débordés sur leur flanc radical par les salafistes qui, eux, sont pour des méthodes d’action musclée avec attentat contre les lieux de culte des coptes et autres chrétiens, saccage des lieux culturels qui osent – disent-il – profaner leur religion, voire des actes terroristes. Ce que firent aussi, en leur temps, les Frères musulmans, maintenant convertis apparemment au légalisme afin de mieux passer aux élections ! Voir notre article du 5 décembre 2009 "L'OPA des intégristes sur l'islam de France" (lien).


islamistes_entre_femmes.jpgL’islam ne prône pas la séparation du politique et du religieux, bien au contraire. La laïcité, dans les pays très majoritairement musulman, n’a pu se manifester que grâce à des régimes politiques autoritaires s’appuyant sur l’armée : Mustafa Kemal Atatürk (1881-1938) en Turquie, le Baas en Irak et en Syrie, Nasser en Egypte, le FLN en Algérie, Bourguiba puis Ben Ali en Tunisie (le pays arabe le plus avancé dans les droits aux femmes), même Mouammar Khadafi en Libye (eh oui ! qui a accordé aux femmes le droit au divorce et interdit la polygamie). Les votes électoraux ouvrent automatiquement les vannes à l’islamisme et réduisent les partis démocrates à la portion congrue. Le résultat est bien entendu amère pour tout ceux qui écrivirent avec leur sang les printemps arabes. Le coucou est arrivé, qui récolte les fruits. Au printemps va succéder l’automne, sinon l’hiver.

 

islamistes_printemps-arabe.jpgFaudrait-il interdire les partis politiques qui font référence à une religion – mais les libéraux diront eux-mêmes que ce n’est pas démocratique que d’interdire ! Faut-il obliger les partis d’avoir dans leur rang et au niveau de leurs responsables des quotas ethniques et religieux, du moins une composition effectivement composite reflétant celle du pays ? Faut-il prévoir une instance où toutes les minorités ethniques ou religieuses seraient automatiquement représentées et puissent faire entendre leur voix et défendre leur intérêt, parfois leur survie ?

 

Mais voilà que désormais les Frères musulmans vont être les principaux rédacteurs des nouvelles constitutions ; ce qui nous interdit de rêver à toute évolution en ce sens.

 

Jusqu’à quand les démocrates pourront-ils faire marche commune avec eux ? Faudra-t-il attendre que les religieux lassent les peuples (comme en Iran) par leurs exigences, leur réglementation des mœurs, leur islamisation forcée, leur xénophobie, leur vécu d’un islam fondamentaliste ultra conservateur …


L’armée en Turquie reste forte et est la garante ultime de la constitution, ce qui fait que le gouvernement islamiste de ce pays est contraint de mener une politique modérée (d’autant plus qu’il aspire à une entrée dans l’Europe communautaire), mais dans les régimes issus des printemps arabes quel sera le rôle de l’armée ? des partis historiques issus des Indépendances ? Où seront les garde-fous face aux raz de marée islamistes ?


Pauvres démocraties sans laïcité aisément emportées par les tempêtes … En France, les Radicaux de la IIIème République comprirent très vite qu’il leur fallait lutter contre l’Eglise catholique et instaurer la laïcité.

islamistes_poubelles.jpg
Inversement, la laïcité sans la démocratie, ce que firent les régimes « laïcs » dans les pays arabes, aboutit à la dictature, au népotisme, à la corruption, à la répression. Assurément l’Etat moderne se doit être à la fois démocratique ET laïc.


En France, le Gouvernement vient de sortir le recueil des textes sur la laïcité qu’il avait promis : "Laïcité et liberté religieuse, recueil textes et de jurisprudence", aux éditions des Journaux Officiels. Pour nombre de Français, il n’y aurait pas de problème de laïcité en leur pays. Dieu merci au royaume des autruches !

 

Les Actualités unitariennes, quant à elles, sont parmi les médias qui se battent contre le communautarisme et les emprises religieuses à commencer par la France et ailleurs. La démocratie doit être vigilante, sinon elle est vite marginalisée dans les rapports de force entre les partis politiques (dont certains flattent les communautarismes pour avoir des voix) et par les lobbies (pro ou anti) de toute sorte !

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Published by Jean-Claude Barbier - dans l'islam
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27 octobre 2011 4 27 /10 /octobre /2011 00:39

suite des articles précédents ( lien)

 

A partir de 2001, des congrégations unitariennes se multiplient en pays kisii à l’initiative de Patrick Magara, ancien pasteur adventiste autoproclamé « bishop », et de sa femme Alice Kemunto. Elles sont de petite taille car l’habitat est dispersé, et selon les statistiques déclarées elles étaient au nombre de 93 congrégations en décembre 2008, réunissant quelques 3 641 membres (soit une moyenne de 31 personnes par congrégation). Elles font partie d’une Eglise intitulée Unitarian Universalist Church of Kenya (UUCK).


Ultérieurement d’autres groupes se sont constitués à Nairobi et en pays kisii nord, lesquels, du fait de l’éloignement du siège de l’UUCK et sans doute aussi pour échapper à l’autorité du « bishop » ont, en octobre 2007, prévenu l’International Council of Unitarians and Universalists (ICUU) qu’ils n’étaient pas sous sa coupe. Ils ont fondé alors, en novembre de la même année, et fait enregistré auprès des autorités, le Kenyan Unitarian Universalist Council (KUUC) censé être un organe de coordination ouvert à toutes les communautés unitariennes du pays. Justine Magara (leader du groupe Kissi Nord) en assura le secrétariat intérimaire. Cela n’a pas été du goût de Patrick Magara qui aurait souhaité que ces nouveaux groupes fassent partie de son Eglise ; toutefois, lors du stage de formation organisé par l’ICUU à Nairobi en février 2008, il accepta d’en faire partie. Une photo ci-jointe entérina l’heureuse issue. Le KUUC avait alors les  « administrateurs » suivants : Ben Macharia, Kevin Abuga Ragira, Sem Omwoyo, Justine Magara, Patrick Magara, Alice Kemunto, Lewis Ongori, Nancy Njeri Kamau, Henry Kumuvu, Dansteve Kiyieka et John Mbonka

 

kuuc_2008.jpg

 

Malheureusement, l’entente ne dura pas et Patrick Magara et son épouse Alice ne participèrent plus à cette organe de coordination. De guerre lasse, l’ICUU, en juin 2011, reconnut le KUUC, l'instance de coordination nationale, comme groupe émergent afin de représenter tous les unitariens kenyan auprès de lui ; ce qui entraîna immédiatement une rupture des relations entre l’UUCK et l’ICUU, à l’initiative du premier. Deux candidats présentés par le KUUC, l’un d’ethnie kisii, l’autre d’ethnie kikuyu, participeront à la rencontre internationale de l’ICUU aux Philippines en février 2012.


Nous avons donc, pour l’instant, les communautés suivantes :


1 - l’Unitarian Universalist Church of Kenya (UUCK), fondé par le Bishop Patrick Magara et animé principalement par lui et son épouse ( contact).
2 - un groupe en pays kisii Nord, animé par Justine Magara Nyakwara (contact)
3 - des unitariens à Nairobi représentés par Josphat Gesimba Mainye (contact), et fonctionnant en plusieurs sous groupes ethniques (kikuyu, kisii, luo). Lorsque le révérend Gordon Oliver, alors président de l’ICUU, visita le Kenya en avril 2007, il y avait, à Nairobi, une cinquantaine d’étudiants et jeunes universitaires qui avaient découvert l’unitarisme par les médias et qui étaient en majorité d’ethnie kikuyu.
4 - auxquels s’ajoute depuis septembre 2011, la Jahwar Amber unitarian universalist fellowship (JAUUF) fondée et animée par Boaz Adhengo qui dit avoir 14 membres à Nairobi même (site, contact).


Ajout du 8 novembre 2011 : la JAUUF et son fondateur, Boaz Adhengo, ont été agréés par l'Unitarian Ministries International (UMI) en date du 7 novembre 2011 et l'intéressé reconnu comme étant habilité pour être ministre du culte d'une congrégation.
5 - Par ailleurs, Alice Kemunto a été reconnue en juin 2011 comme révérende par l’Unitarian Ministries International (UMI) et représente cette instance au Kenya (lien). 


Il nous reste à souhaiter que le KUUC, dont c’est la vocation d’être ouvert à tous, réussira à dépasser les querelles de personnes et les difficiles ajustements structurels. S’il veut être une instance au-dessus des autres, captant à son seul profit les aides internationales de l’ICUU, il est sûr que les tensions persisteront. En cela, la notion de structure « ombrelle », utilisée par l’ICUU, est ambiguë car elle situe ce type de structure comme étant hiérarchiquement au dessus des communautés, ce qui contrevient à la tradition congrégationaliste des unitariens où chaque communauté est indépendante et souveraine. Il convient d’être précis : ce type d’instance de coordination est un organe technique, à côté des communautés existantes et à leur service. C’est ce qui a été fait en France avec le Conseil des unitariens et universalistes français (CUUF, lien). 


We can only hope that the KUUC, which is the vocation to be open to all, manage to exceed the quarrels of people and the difficult structural adjustments. If it wants to be an instance over the other, capturing his sole benefit of the international aid ICUU, it is certain that tensions persist. In this, the notion of structure "umbrella", used by the ICUU, is ambiguous because it is on this type of structure as hierarchically above the community, contrary to the Unitarian tradition of the congregationalism which each community is independent and sovereign. It should be clear : this kind of coordinating body is a technical body, next to the existing communities and at their service. This has been done in France with  French Unitarians and Universalists Council (CUUF, link). 

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Published by Jean-Claude Barbier - dans U au Kenya
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26 octobre 2011 3 26 /10 /octobre /2011 11:11

Les groupes Jonas Alsace, réunis à Sélestat le 16 octobre 2011, communiquent ce texte intitulé " JUSQU’À DÉSOBÉIR ?"


Éclairés les uns par les autres et par la lecture de l’Évangile, nous obéissons à notre conscience :
Nous sommes heureux quand des frères et sœurs divorcés remariés ou chrétiens d’autres confessions partagent avec nous le repas eucharistique.
Nous sommes heureux quand des laïcs formés, hommes et femmes, s’adressent à l’assemblée au cours de la liturgie pour nous aider à mieux comprendre et à mieux vivre la Parole.
Nous sommes heureux quand des communautés savent vivre et célébrer en l’absence d’un prêtre et maintenir la présence de l’Évangile sur leurs lieux de vie.
Nous serons heureux quand notre Église confiera les communautés locales à celles et ceux qui y seront appelés, selon leurs compétences et quel que soit leur état de vie.
Nous remercions et nous soutenons tous les prêtres et diacres qui, à la suite de l’appel des théologiens allemands, des prêtres autrichiens, irlandais et du diocèse de Rouen, choisissent et choisiront de « désobéir » pour mieux manifester la tendresse de Dieu.
Nous savons que, à l’instar de 71% des Autrichiens, les chrétiens que nous rencontrons soutiennent le mouvement qui est en train de naître.

 

jonas_alsace.jpg

 

Les groupes Jonas sont composites, avec des prêtres en exercice, des prêtres mariés, des laïcs, etc. Pour plus d’informations sur ces groupes ( lien). Ils invitent à une réunion à Strasbourg, le samedi  5 novembre 2011, à 10 heures, au Foyer de l'Etudiant Catholique (FEC), 17, place Saint-Etienne, Strasbourg " Pour partager fraternellement nos préoccupations sur la mission de notre Eglise. Pour témoigner de notre espérance en son renouveau. Afin que la Parole de Dieu soit entendue comme révélation de sa tendresse pour les hommes et qu'elle soit source d'engagements pour un monde plus juste."

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26 octobre 2011 3 26 /10 /octobre /2011 10:16

Gérard Bessière, 18 octobre 2011, La Grave 46140 Luzech


dernier-des-mohicans.jpgLes derniers des Mohicans vont-ils mourir en silence ? *

* ndlr : nous avions nous mêmes utilisé cette expression à propos d'un article paru dans un journal belge : "Les derniers catholiques de Belgique", le 21 février 2010 (lien).

 

Le climat de restauration  s’appesantit  dans l’Eglise. Le « peuple de Dieu » a beau poser des questions dans les synodes : Rome ne veut pas les entendre et les nonces font savoir aux évêques  qu’ils ne doivent pas les transmettre. Pareille censure fait penser aux pratiques des régimes totalitaires. La suprématie pontificale contrôle la vie des Eglises, elle nomme souvent des évêques à sa botte, elle fait fi de la collégialité épiscopale et de la sensibilité des fidèles.


Des milliers de chrétiens  « s’en vont sur la pointe des pieds » sans être écoutés pendant qu’on recherche longuement un accord avec les intégristes. Le souci prévalent de continuité avec le passé commande. N’assistons-nous pas à l’enterrement discret du concile Vatican II ?


Quatre cents théologiens universitaires en Allemagne, des centaines de prêtres et de diacres en Autriche, ont élevé la voix. En France, si l’on excepte un petit groupe de prêtres à Rouen, et le communiqué – non signé (*) – de l’équipe nationale du groupe « Jonas » (lien),  le silence est compact. En conversation privée, beaucoup de personnes, y compris des responsables d’Eglise, disent leur inquiétude, leur déception. Mais les mêmes ne s’expriment jamais publiquement.  Rome peut penser que ses orientations sont acceptées. L’absence de protestation cautionne, négativement, le pouvoir et les décisions de la monarchie romaine.

* ndlr : ce communiqué résulte d'une rencontre des groupes Jonas Alsace et engage collectivement tous les membres de ces groupes. Il n'a donc pas à être signé individuellement.


Pourquoi le silence de tant de prêtres qui ont joué leur vie sur le renouveau du Concile ? Ils ont pris de l’âge, leur capacité de résistance s’est usée devant l’inertie et la suffisance de l’appareil, une lassitude croissante pèse sur eux. « A quoi bon ? » Un sentiment d’impuissance les paralyse. Ils continuent à vivre proches de leurs concitoyens et de témoigner de l’évangile « à la base », comme l’on dit, sans plus vouloir influer aux échelons supérieurs. Enfin ils vieillissent. On leur fait sentir parfois qu’ils ne portent pas l’avenir.


Dans cette foule silencieuse de laïcs et de prêtres, que font les théologiens, les hommes de la pensée, ceux qui doivent aider les responsables hiérarchiques  par leurs études et leur réflexion ? En France, à l’exception de Joseph Moingt et de Jean Rigal (*), ils se taisent, eux aussi. Alors qu’ils devraient exprimer et analyser le « sensus fidei », ce que dit l’Esprit dans le peuple, ils demeurent muets. Est-ce le souci de préserver leur chaire, de ne pas compromettre  leur accès à des échelons supérieurs ? On est étonné de constater qu’ils ne forment pas une instance collective de réflexion et d’expression publique. Eux aussi, sans doute, si on les interrogeait, se réfugieraient derrière l’«A quoi bon ? ». Ils attendent que le vent tourne. Ils disent parfois à tel ami qui parle haut : « Toi, tu peux le dire, moi, je ne peux pas ».

* ndlr : voir ci-dessous la remarque de M.T. sur le site de la Conférence catholique des baptisés de France qui atténue quelque peu la sévérité des propos de l'auteur.


Hélas, on recueille parfois pareille réflexion  sur la bouche de laïcs qui ont des rôles dans l’Eglise où ils sont parfois  permanents, employés et salariés. On parle « mission », « évangélisation », « peuple de Dieu », sans trop savoir ce que ces mots incantatoires engagent dans la pratique. On demeure soumis, souvent dans une étonnante  papolâtrie, qui s’est établie jusque dans les esprits. On accepte, comme si elle était de droit divin, la centralisation romaine qui s’est accrue progressivement au cours des siècles. Comme on est loin des commencements, comme on est loin de la démarche libre de Jésus !
Concluons sereinement. L’Evangile est un volcan. On ne l’éteindra pas. Il rentrera à nouveau en éruption féconde. A l’intérieur des Eglises et en dehors d’elles.


Habités par cette conviction paisible, les derniers des Mohicans vont-ils mourir en silence ?

 

Ce texte a été déjà reproduit sur plusieurs sites et dans plusieurs bulletins de la mouvance catholique réformatrice, par exemple dans le bulletin des Amis de Marcel Légaut « Quelques nouvelles », n° 249, novembre 2011, p. 6. Mis en commentaire sur le site de la Conférence catholique des baptisés de France (CCBF) le 20 octobre 11, ce texte à été suivi d'un autre commentaire de M.F. « D’accord avec cette analyse, avec une réserve sur le travail des théologiens et des hommes de la pensée. Il me semble que beaucoup s’expriment, articles, livres, conférences, blogs, mais que la manière qu’à la hiérarchie de contrôler, d’isoler ou de déplacer les gêneurs est peut être surtout efficace ? ».

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Published by Gérard Bessière - dans la Contre-Réforme
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26 octobre 2011 3 26 /10 /octobre /2011 06:22

Lors de leur visite ad limina à Rome, du 10 au 22 octobre dernier, les évêques australiens ont été reçus par les cardinaux Marc Ouellet, préfet de la Congrégation pour les évêques, et William J. Levada, préfet de la Congrégation pour la doctrine de la Foi. D’après leur déclaration à l’issue de cette visite, les braves évêques disent avoir compris la position de Rome vis-à-vis de leur collègue, lequel aurait ni plus ni moins mis en cause la soi disant communion au sein de l’Eglise – tout cela pour avoir simplement évoqué l’éventualité d’un élargissement des critères pour les vocations sacerdotales ! Bref, ces évêques, que le pape Benoît XVI a culpabilisés en leur rappelant les cas de pédophilie de leur pays à rembourser aux familles victimes, mènent profil plus que bas. Çà rampe devant le « Saint Père » !


Dans sa réponse, ce 24 octobre, Mgr William Morris réfute les accusations portées contre lui et évoque cette peur des évêques devenus de simples pions aux mains du Vatican : « Cela a été mon expérience et l’expérience d’autres que Rome contrôle les évêques par la peur et si vous posez des questions ou parlez ouvertement de sujets que Rome déclare clos ou ne souhaite pas qu’ils soient discutés, vous êtes censurés très rapidement, on vous dit que votre leadership ne va pas, que vous n’êtes pas fidèles au magistère, que vous avez brisé la communion et que vous êtes menacés d’être démis ».


Sur place, au sein du diocèse de Toowoomba, Mgr William M Morris a désormais le titre d’évêque émérite et il a accès au site puisque sa réponse y a été publiée ( lien). Le site Kipa-Apic s’est fait l’écho de cette lettre dans un article en français du 24 octobre ( lien)

 

toowoomba_site.jpg

bandeau d'entête du site du diocèse catholique de Toowoomba

 

Vue la façon dont l’Eglise catholique traite ses évêques, de plus en plus de prêtres pressentis pour un poste épiscopal préfèrent se défiler. L’évêque pasteur de son peuple est une rhétorique des plus hypocrites puisque les évêques quittent "leur" troupeau sur un simple ordre d’en haut, … et que le troupeau n’a même pas le droit de bêler !

 

Quant aux Conférences nationales épiscopales, elles semblent se contenter de leur actuel statut. La communion entre évêques, fondatrice de l'Eglise, est devenue simple allégeance individuelle au pape, si bien que les dites conférences nationales ne sont guère des lieux de fraternité et de communion ! L'Australie en apporte la preuve. Le "fauteur de trouble" est condamné par le pape et par ses propres pairs.

 

Pour les articles antérieurs sur cette affaire Mgr William Morris, voir notre rubrique "La Contre-Réforme" (lien)

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Published by Jean-Claude Barbier - dans la Contre-Réforme
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12 octobre 2011 3 12 /10 /octobre /2011 01:11

L'unitarisme-universalisme est-il possible en Afrique noire ? - une approche sociologique par Jean-Claude Barbier

 

Issu des missions chrétiennes, puis de prophétismes locaux (comme les Chérubins et Séraphins, les Chrétiens célestes, etc.), enfin de la vague évangélico-pentecôtiste, le christianisme africain apparaît très identitaire, avec des confessions de foi et des rituels qui caractérisent chaque Eglise. On note cependant une bonne volonté œcuménique qui se manifeste chaque année au mois de janvier par une semaine de l’Unité, durant laquelle même l’Eglise catholique accepte de prier non seulement avec les autres Eglises du protestantisme historique, mais aussi avec d'autres Eglises … même si c’est du bout des lèvres ! Parmi les Eglises historiques du protestantisme, c’est le méthodisme qui apparaît théologiquement le plus libéral, initiateur de dialogue inter-religieux (mais en n’incluant pas toutefois les cultes coutumiers !) et aussi - avec des femmes pasteurs – le plus progressiste. Notons la belle exception dont témoigne, à Cotonou, le mouvement Chrétien pour changer le Monde qui prône un dialogue inter-religieux inclusif, sincère et dynamique (lien).
* les Eglises de réveil ne sont pas toutes à ce rendez-vous, estimant que les Eglises historiques sont « tièdes », manquent de foi et ont failli à leur mission ! C'est le cas par exemple des Assemblées de Dieu.


Dans un tel contexte, les petites communautés unitariennes ajoutent, bien modestement et pour l’instant dans quelques pays seulement, au Burundi, Congo Brazzaville, Congo Kinshasa, Togo, un peu plus d’ouverture (voir leurs sites hébergés par le site des chrétiens unitariens, lien). Elles sont théologiquement libérales et n’obligent pas à un credo ; elles peuvent accepter en leur sein d’autres chrétiens (par exemple des Kimbanguistes au Congo Kinshasa), voire même des musulmans (Togo) ; elles peuvent frayer sans état d’âme avec les pratiquants coutumiers (Congo Brazzaville). Il ne s’agit pas du tout d’un quelconque syncrétisme ou confusionnisme, mais tout simplement de l’application de la théologie unitarienne pour laquelle Jésus est simplement un homme et non un dieu, ni Dieu qui se serait incarné en lui, ni un avatar (au sens hindhouiste du terme) de Dieu le Père ou Dieu le Créateur. Dès lors, toute personne qui se réfère à son enseignement et à sa personne (juif, musulman ou autres) peut, par définition, partager le pain et du vin qui, précisons le, se fait au nom de Jésus (voir sur ce point le manifeste d’Avignon publié en août 2007 co-signé par les assemblées chrétienns unitariennes d’Europe occidentale et d’Afrique noire, lien).


Nous sommes toutefois encore loin de l’unitarisme-universalisme nord-américain qui, après une ouverture à des non croyants (agnostics, non théistes, humanistes) au nom de la morale évangélique (à la fin du XIXème siècle une majorité croissante de congrégations unitariennes aux Etats-Unis estimèrent que la vertu était finalement aussi importante sinon plus que la seule foi), a placé à égalité toutes les religions et spiritualités, au même niveau et indistinctement, sans priorité (pas même le christianisme unitarien qui pourtant fut la matrice de ce mouvement), les appartenances antérieures devenant secondes par rapport à une nouvelle religion qui, elle, se veut d'emblée universelle, au-delà des confessions particulières *.
* pour une explication de cette approche, voir le récapitulatif des articles en français sur le site des Unitariens français : "L'unitarisme-universalisme au terme d'un christianisme d'ouverture" (lien)


Jusqu’à présent, en Afrique noire, les esprits libres et indépendants, ne se rattachant pas aux monothéismes chrétien ou musulman pour diverses raisons, frayent avec les ordres maçonniques, les mouvements rosi-cruciens, ou encore avec divers ésotérismes et de nouvelles spiritualités comme Eckankar (ECK). Or, ces esprits libres et indépendants, ces électrons libres, sont entrain de se multiplier en Afrique noire dans ce qu’il faut bien reconnaître comme un nouveau contexte sociologique que nous pouvons présenter ainsi :


1 - Les grandes villes deviennent de plus en plus cosmopolites et – en conséquence – affichent un éventail religieux plus large. Aux monothéismes chrétiens et musulmans, s’ajoutent souvent le bouddhisme, la Foi bahaï, etc. En plus, par l’Internet, des urbains peuvent se brancher sur de nouveaux mouvements religieux et/ou spirituels jusqu’à présent inconnus chez eux.
2 - Ces mêmes grandes villes préservent mieux de l’anonymat, ce qui libère de l’oppression sociale des personnes dont l’orientation sexuelle atypique a jusqu’à présent été soigneusement cachée. Homosexuels des deux sexes, transsexuels, bisexuels, etc., peuvent désormais se montrer et s’exprimer, même s’il leur est recommandé d’être prudents et discrets à cause de la forte intolérance qui sévit encore à leur égard. L’explication qui voulait que ces personnes étaient influencées par les Occidentaux (touristes ou en séjour) n’est désormais plus suffisante.
3 - Il en est de même pour les non-croyants : des élites intellectuelles osent faire part de leur doute et scepticisme religieux, d’autant plus que les fanatismes religieux offrent un bien triste spectacle au niveau des actualités. La critique des religions et des croyances devient désormais possible.
4 - Toujours au niveau des grandes villes, et en liaison avec le tourisme dont elles sont les plaques tournantes avec leurs aéroports, les milieux artistiques peuvent mieux se faire connaître et trouver où écouler leur production. Or les artistes ont souvent fait preuve d’une grande indépendance d’esprit, celle-ci étant nécessaire à la création d’œuvres originales. Ils revendiquent volontiers le respect des traditions africaines, s’inspirent d’elles et accusent les colonialismes et les missions d’avoir bradé leur Histoire ; ils sont à la fois « modernes » car branchés sur les mouvements esthétiques contemporains. Leur influence locale, relayée par les Centres culturels des diverses coopérations et aujourd’hui par une presse indépendante, commence à être non négligeable. Il sont désormais capables de créer des évènements (expositions, festivals, etc.), du moins lorsque les autorités publiques les y encouragent.
balozi democratization of faith5 - La forte natalité et la baisse de la mortalité infantile (due à la médecine moderne), dans un contexte de non développement économique ou en tout cas de faible industrialisation, ont amené dans les grandes villes une jeunesse en chômage, contestataire et revendicatrice, échappant de plus en plus aux autorités familiales. La mondialisation via Internet leur a  fait prendre conscience de leur poids social et de leurs droits. Dès lors, les « printemps » dans les pays arabes riquent bien d’être suivis à plus ou longue échéance par des explosions similaires dans certaines grandes villes d’Afrique noire. Cette jeunesse ne se retrouvent plus dans les normes de la génération précédente. Mieux, elle se montre nettement plus exigeante quant au respect des droits et revendique une démocratie plus transparente, plus réelle. Elle remets plus facilement en cause les autorités de toute sorte. Un vent libertaire est en train de souffler sur elle, l’individualisant rapidement …

 

le récent n° de la revue Balozi (vol. 5, n° 2, septembre 2011), publiée au Kenya, est intitulé "Democratization of faith" (démocratisation de la foi religieuse).


Dans un tel contexte, où les minorités peuvent désormais se faire entendre, l’unitarisme-universalisme trouverait-il place ?

A suivre

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12 octobre 2011 3 12 /10 /octobre /2011 00:34

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En Ouganda


Une communauté unitarienne a commencé à se former en Ouganda en 2004, sous l’impulsion de Mark Yusuf Kiyimba (jeune adulte auto proclamé « révérend » dans le vocabulaire honorifique ecclésial des anglophones) et avec des étudiants de l’université de Makarere de Kampala (la capitale de l’Ouganda). Peuplée principalement de chrétiens, elle a affiché d’emblée son ouverture aux musulmans et aux libres penseurs (Free thinkers). Elle a aussi courageusement milité pour les droits des homosexuels. Les Actualités unitariennes s’en sont fait l’écho dans un message du 27 août 2007 (rubrique « en Afrique »), intitulé " Chrétiens, musulmans et libres penseurs ensemble au sein d’une association unitarienne-universaliste en Ouganda " ( lien). Lorsque les ministres du culte américaines, les révérendes Jill McAllister de la congrégation unitarienne-universaliste de Kalamazoo (Church of San Jose People’s Church) dans le Michigan, et Rosemary Bray McNatt de la Fourth Universalist Society in the City, à New-York, de retour du séminaire de formation qui avaient été organisé en février 2008 par l’International Council of Unitarians and Universalists (ICUU) à Nairobi, sont passées à Kampala, le culte a réuni quelques 75 personnes ( lien). En plus, l’Association unitarienne universaliste gère un ophelinat de 400 enfants dans le district de Masaka, au sud-ouest de la capitale.


Mais ces débuts prometteurs ont malheureusement été emportés par la vague d’homophobie acharnée qui s’est abattue sur le pays en 2010 et qui a été jusqu’à mettre en émoi les Etats-Unis au nom des droits de l’homme les plus élémentaires (voir notre article du 1er décembre 2010,  lien). Depuis, nous n’avons plus eu de nouvelles de cette jeune communauté.


Au Kenya


Jusqu’à présent, plusieurs communautés se dénomment « unitariennes-universalistes ». L’une, la plus importante, l’Unitarian Universalist Church of Kenya (UUCK) implantée en pays kisii et débordant depuis sur des ethnies voisines, a été lancée en 2001 par un ancien pasteur adventiste, Patrick Magara qui, à la suite d’une visite aux Etats-Unis, a adopté cette dénomination (voir notre abondante documentation sur cette Eglise rurale, dans notre rubrique « Unitarisme en Afrique, Kenya », lien). D'autres communautés existent dans le Kisii Nord et à Nairobi.

 

Les visiteurs américains qui les ont visitées ont insisté sur leurs œuvres sociales (orphelinats dans le contexte d’un pays gravement atteint par le Sida, écoles, centres de santé, etc.), mais – curieusement - ne disent rien sur leurs orientations théologiques et le contenu des cultes ; faut dire que l’unitarisme-universalisme américain fait preuve d’un grand pragmatisme dans le style anglo-saxon. Or ces Eglises étant intéressées par une aide extérieure pour leurs œuvres sociales et par les relations que procurent le réseau mondial des unitariens qu’est l’International Council of Unitarians and Universalist (ICUU), on peut s’interroger sur la sincérité de la dénomination en attente d’un constat plus précis à ce sujet : degré d’ouverture religieuse et théologie affirmée, mais aussi composition réelle des assemblées ; place de la Bible et contenu des sermons ; en dehors de l’allumage du calice, propre aux unitariens (lien), les rituels pratiqués restent -ils chrétiens ? Y a-t-il invocation de Dieu lors des cultes ? Quelle est la place de Jésus ? etc.


Pour l’instant, toutes les autres Eglises unitariennes d’Afrique noire anglophone (donc en plus des pays francophones déjà cité) sont chrétiennes, soit deux Eglises au Nigeria, à Lagos. Il existe aussi une Eglise unitarienne en Afrique du Sud (Unitarian Church of South Africa), mais par son histoire et sa composition (fidèles Blancs), elle est à rattacher à l’histoire unitarienne anglo-saxonne.


Du rationalisme à l’unitarisme-universalisme


Depuis 2007, de jeunes Kenyans publient une revue de bonne tenue qui porte en sous-titre : « A Journey Magazine into Science, Reason & Rationality » ; elle paraît deux fois par an, en janvier et en septembre (elle est donc bisannuelle) ; son n° de janvier 2011 indique le volume 5, soit la 5ème année de son existence. Elle émane d’une association au Kenya : la Jahwar Amber Center. Celle-ci est en contact avec une nébuleuse de mouvements idéologiques très minoritaires, souvent des cellules locales de mouvements internationaux, de sensibilité rationaliste, et qui semblent se réunir afin de mieux exister en regroupant leurs voix : Humanist and Ethical Union of Kenya, Secular Students Alliance, Kenya Association of Humanists in Aid of Women Atheist, Artist for Recognition and Acceptance, Gay and Lesbian Coalition of Kenya, Skepchick (un mouvement féministe activiste, lien).

jesus_mo_masthead2.pngjesus_and_mo.png

dialogue au bar entre marginaux : un chrétien hippie et un notable musulman qui boit ! Vu sur le site de Skepchick.

 

kenya_balozi_journal_2011.JPGLa revue s’intéresse à la découverte de la Nature et, dans son n° de janvier 2011, propose un camp de jeunes. Elle se fait aussi l’écho, dans le même n°, des rapports de la Kenya Human Rights Commission.

 

illustration : la couverture du numéro de Balozi en septembre 2010 (vol. 4, n° 2) intitulé "Sex, Atheism and Hunger" (hunger = la faim, mais aussi le désir ardent)


Afin de financer l’organisation de festivals proposant des conférences débats et des manifestations artistiques, le Centre a mis sur pied une fondation pouvant collecter des fonds : la Jahwar Amber Fellowship Fund (JAFF). Or celle-ci, lors de sa manifestation de 2011, s’est montrée intéressée par l’unitarisme-universalisme comme étant un cadre pouvant unir idéologiquement à la fois des croyants et des non croyants. Souvent, le rationalisme et l’humanisme en Afrique noire ne va pas jusqu’à la rupture avec la croyance en Dieu et la négation de toute transcendance ; si bien qu’il y a cohabitation au sein de ces nouvelles mouvances de radicaux en rupture avec toute référence religieuse et d’autres qui maintiennent une spiritualité. L’UUIsme apparaît donc comme un cadre souple où chacun peut se sentir à l’aise. La revue lui consacre son n° de janvier 2011 et, au début du mois de septembre, une association unitarienne-universaliste s’est fait connaître sur la page facebook de l’International Council of Unitarians and Universalists (ICUU) : la Jahwar Amber Unitarian Universalist Fellowship Center  (JAUUFC)

à suivre

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12 octobre 2011 3 12 /10 /octobre /2011 00:08

suite des articles précédents

 

boaz_adhengo_dessin.jpgUn artiste kenyan de la nouvelle génération, Boaz Adhengo ( contact), a su mettre les minorités progressistes de son pays en symbiose en organisant des festivals artistiques. L’art est en effet un moyen de toucher beaucoup de gens, bien au-delà des appartenances identitaires des uns et des autres. L’art, par la communion esthétique qu’il propose, invite à ce dépassement, à une tolérance assurément élargie, plus universelle. Il mobilise d’abord les jeunes, plus avides de nouveautés, de révoltes aussi.

 

dessin de l'artiste pour sa page facebook

 

A partir d’un Centre, la Jahwar Amber Center qu’il a fondé il y a plusieurs années, Boaz Adhengo avec ses amis a lancé une fondation en 2010, la Jahwar Amber Fellowship Fund, qui est chargée de l’organisation de ces festivals dénommés “Art et croyances” (Arts and Belief) dont le but est de jeter des ponts entre les diverses croyances au Kenya au moyen des arts visuels, de la littérature, du cinéma et de la musique (The goal of the festival for the Arts and Belief is to build bridges across the diverse belief systems in Kenya, through the visual arts, literature, film and music). Le prochain festival aura le lundi 7 mai, au Nyayo Stadium (Basketball Auditorium) de Nairobi sur le thème de la liberté religieuse. Une marche pour la liberté religieuse est prévue au parc Uhuru. Le Festival espère ainsi toucher quelques 1 000 jeunes et leaders religieux. Les organisateurs ont contacté à cet effet l’International Association for Religious Freedom (IARF), mais sans que nous sachions si cette instance en a accepté le parrainage.


kenya_boaz_adhengo_portrait.JPGDepuis 5 ans (donc depuis 2007), Boaz Adhengo et ses mêmes amis, éditent la revue Balozi – « A Journey Magazine into Science, Reason & Rationality » - laquelle mobilise pas moins de 26 personnes dans son équipe éditoriale, à raison de deux livraisons par an, en janvier et en septembre. S’il y a quelques reproductions d’articles, l’ensemble reflète bien la pensée de ce courant progressiste qui multiplie les initiatives sous la bannière de ses multiples mouvements : conférences débat, camps de jeune, voyages organisés, festivals, etc.

 

photo : Boaz Adhengo

 

La même volonté de se faire connaître et de s’exprimer a présidé au lancement d’un blog sur Wordpress.com en septembre 2008 (lien). Il est de très bonne tenue et bien documenté. Il témoigne de l’adhésion de Boaz Adhengo et d’un groupe d’amis à l’unitarisme-universalisme dans le cadre d’une association, la Jahwar Amber unitarian universalist fellowship center (JAUUFC), et ceci dès le lancement de ce blog. Nous y voyons aussi que le blog connaît la situation qui prévaut au Kenya quant à l’unitarisme-universalisme ; il a eu l’occasion notamment de visiter des congrégations locales de l’Unitarian Universalist Church of Kenya (UUCK) en pays kisii.


kenya balozi journalLe numéro de la revue Balozi de janvier 2011 (vol. 5, n°1) est, sous le titre “Range of Religious Freedom” (se mettre en rang, se mobiliser pour la liberté religieuse), consacré en fait à l’unitarisme-universalisme, avec notamment un article de Joaz Ahengo intitulé “Religious tolerance : Enjoying the fruits of Unitarian Universalism” et un article reproduit du révérend William G. Sinkford, ancien président de l’Unitarian Universalist Association (UUA) of Congregations (Etats-Unis) « Worshiping in Chains : A Journey into the Past » (sur la façon dont les esclaves continuaient à pratiquer le culte) – mention est faite de sa visite du Kenya et dans d’autres pays africains en 2008 (voir dans les Actualités unitariennes, lien).


Signalons que Boaz Adhengo est auteur d’un livre : ‘Ethnostatic: African Humanism’, Pronacal Press, 2010.


En projet : l’implantation d’un église à Bondo, dans l’ouest du Kenya, au-delà du pays kisii, en voisinage avec l’Ouganda, avec route pour Kampala. La région, sur la rive NE du lac Victoria, autour de Nyanza, est peuplée par l’ethnie Luo (des Nilotiques, alors que les Kisii sont des Bantous). Cette localisation répond au geste d’un professeur de l’université de Bondo, le professeur Otieno, qui a mis un terrain à la disposition de ce jeune mouvement.

à suivre ...

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