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13 septembre 2011 2 13 /09 /septembre /2011 07:47

Hommage à Genève à Michel Servet pour le 500ème anniversaire de sa naissance (1511-2011) : "Le procès de Michel Servet", opéra en 3 actes de Shauna Beesley et de Jean-Claude Humbert - que nous avons déjà présenté (lien).

 

Il y aura plusieurs représentations à la Salle centrale Madeleine (10, rue de la Madeleine, CH - 1204 Genève) : vendredi 28 octobre 2011, 19h 30 ; dimanche 30 octobre, 17h 00 ; jeudi 3 novembre 2011, 19h 30 ; samedi 5 novembre 2011, 19h 30. Les billets sont en vente au Service culturel Migros Genève, 7, rue du Prince, sur le site www.genevox.net ou sur place, une heure avant la représentation.

 

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Published by Actualités unitariennes - dans à propos de Michel Servet
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27 août 2011 6 27 /08 /août /2011 09:01

Maintenant que les moyens d’expression sont multiples et en plein développement, les anti-ceci ou cela, ou encore les anti-tout, se multiplient, se font missionnaires et envahissent le devant de la scène médiatique, toujours à la recherche de nouvelles polémiques. Dans nos sociétés contemporaines fortement segmentés, ils sont rois de la parole.


De la rhétorique, ils n’ont retenu que l’anti-thèse, caricaturant à outrance la thèse afin d’en triompher aisément, et … oubliant la synthèse.
Les anti sont des rationalistes ; ils étayent leurs opinions de longs argumentaires et de références. Ils ont toujours raison et savent convaincre. Ce sont des militants.
Ils sont courageux. Lorsqu’ils prennent une tête de turc, il ne lâchent pas prise, jusqu’au lynchage médiatique. Avec eux, c’est un engagement à la vie à la mort, comme s’ils luttaient contre Satan en personne.
Ce sont des généralistes ; le particulier n’existe pas : une seule loi pour tous les citoyens quels qu’ils soient, d’où qu’ils viennent. Ils sont, disent-ils, au niveau des règlements et non des personnes. Qu’on se le dise, ils sont objectifs et non partisans (même s’ils sont encartés jusqu’au cou et sont les perroquets de leur parti).
Ils n’ont rien à envier aux policiers et aux juges. Rien n’échappe à leur vigilance. Ils scrutent les gestes et les paroles des autres, comme des inquisiteurs qui instruisent un procès uniquement à charge.
Ils sont sportifs, sautant sur les occasions, réagissant immédiatement à l’actualité ; pas même le temps d’aller vérifier sur le terrain.
Nonobstant, ce sont aussi de gros sensibles, capables de piquer de saintes colères (eux qui sont au-dessus de tout soupçon), de s’indigner jusqu’à s’étrangler de beaux sentiments, la main sur le cœur (alors que les autres sont des salauds), parfois / souvent d’entrer en transe au seul nom de leurs ennemis.
Ils sont réactifs, ayant besoin que les autres fassent ou disent quelque chose pour que cela libère le fonctionnement de leur cerveau ; leur expression vient toujours après, jamais avant ! Sans programme, ils ont besoin de ceux des autres pour en parler.
Ce faisant, ils n’ont aucune proposition à nous faire, mais passent leur temps à dénigrer celles des autres. Même l’opposition constructive, ils n’y arrivent pas ! Ils parlent (ou rêvent) sans cesse d’alternative, mais n’avancent pas dans les réalisations, même pas une quelconque pierre d’attente prophétique. Ils disent ce qu’il faut faire ou faudrait faire, mais ne font pas eux-mêmes. Ils attendent que les responsables le fassent, se plient finalement à leurs injonctions, à leurs motions comminatoires.
Ils sont ainsi dépendants des pouvoirs établis et des hiérarchies, pour que, eux, puissent manifester et faire pression. Car ils se veulent avant tout revendicatifs, contestataires, bref, anti !
Ne sont-ils pas comme le berger et frondeur David contre le puissant Goliath ? Les iconoclastes d’aujourd’hui, destructeurs d’idoles et d’images, toujours prêts à abattre les statues comme un bûcheron laborieux abat ses arbres avec la cognée ? Ils pourfendent l’adversaire idéologique comme naguère saint Michel terrassait le Démon.
grincheux.jpggrincheux_nains.jpgCertes, ils le font par dévouement altruiste, pour délivrer les braves gens de leur ignorance, de leurs aveuglément, de leurs entraves, des griffes des puissants. Ce sont des apôtres de la liberté, les détenteurs des révolutions déjà faites dont ils rappellent sans cesse, non point les vicissitudes et les meurtres, mais les grandes déclarations de principes.
Car, eux sont bien entendu dans le vrai et les autres dans le faux ; eux sont dans l’honnêteté et les autres dans les magouilles ; eux sont propres et les autres ont les mains sales. Au nom de la vérité dont ils sont les gardiens du Temple, ils diabolisent les autres.
 

Les plus dangereux sont des autoritaires qui veulent tout régenter, tout décider. Ce sont nos pharisiens d’aujourd’hui. Au secours Jésus *. Mais il y a aussi les pauvres grincheux que nous sommes, atteints de sinistrose comme d'autres d'arthrose, les grognons qui râlent sans cesse. Au secours Blanche Neige !
 

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Dans le conte d'origine, les sept nains n'ont pas de noms, c'est Disney qui a nommé les nains : Simplet, Grincheux, Joyeux, etc.

 

* Jésus selon Luc (7, 31-35) et Matthieu (11, 16-19) : « A qui donc comparerai-je les hommes de cette génération et à qui sont-ils semblables ? Ils sont semblables à des enfants qui (sont) assis sur une place publique et s’interpellent les uns les autres, disant : ’Nous vous avons joué de la flûte, et vous n’avez pas dansé ; nous nous sommes lamentés, et vous n’avez pas pleuré.’
Car est venu Jean le Baptiste, ne mangeant pas de pain ni ne buvant de vin, et vous dites : ‘il a un démon.’ Est venu le Fils de l’homme [expression par laquelle Jésus se désigne souvent], mangeant et buvant, et vous dites : ‘Voici un homme glouton et ivrogne, ami des publicains et des pêcheurs.’ Et la sagesse a été justifiée par tous ses enfants. » (Luc).

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Published by Jean-Claude Barbier - dans vive l'inter-convictionnel !
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24 août 2011 3 24 /08 /août /2011 01:58

"Deux poids deux mesures : l'avortement pardonné à Madrid", par Ivone Gebara écrivain, philosophe et théologienne, article paru dans Adital du 22 août 2011, et traduit en français


C'est avec beaucoup d'angoisse que beaucoup de femmes catholiques liront l'information publiée dans différents journaux cette fin de semaine, information selon laquelle l'archidiocèse de Madrid avec l'approbation papale a donné le pouvoir de pardonner avec indulgence plénière aux femmes qui, à l'occasion de la visite du pape, confesseront avoir avorté. L'impression que nous avons éprouvée est que le pape, le Vatican et certains évêques s'amusent à des jeux de mauvais goût avec les femmes. Nous ne savons pas dans quel monde ces hommes vivent, qui ils pensent être et qui ils pensent que nous sommes !

 

benoit_xxvi_jmc_madrid_2011.JPG

 

Premièrement, ils accordent le pardon à qui peut voyager pour assister à la Messe du pape et passer par le « confessionodrome » ou par l'ensemble des deux cents confessionnaux blancs installés sur la grande place publique de Madrid appelée « Parc de la retraite ». Le pardon de ce « péché » a un lieu, un jour et une heure fixés. Il en coûte seulement un voyage à Madrid pour se trouver face au pape ! Qui reculerait devant cet effort pour un si grand privilège ? Il suffit d'avoir l'argent pour le voyage et pour payer le séjour dans un hôtel de Madrid et le pardon sera obtenu. C'est pourquoi nous demandons : quelles alliances la pratique du pardon dans l'Eglise a-t-elle avec le capitalisme actuel ? Comment peut-on vivre un tel réductionnisme théologique et existentiel ? Qui retire un bénéfice de ce comportement ?


Deuxièmement, il est étrange d'affirmer que le pardon de ce « crime abominable » comme ils l'appellent est accordé seulement à l'occasion de la visite du pape afin qu'en cette même occasion, les fidèles pécheresses obtiennent « les fruits de la grâce divine » en confessant leur péché. Comment peut-on comprendre qu'une faute est pardonnée seulement quand l'autorité suprême est présente ? N'est-on pas en train de renforcer l' antique et décadent modèle impérial de la papauté ? Quant l'imperator est présent, tout est possible y compris l'expression de la contradiction à l'intérieur de son propre système pénal.


Je ne veux pas rappeler dans une réflexion brève comme celle-ci les arguments que beaucoup d'entre nous, femmes sensibles à nos propres douleurs avons répétés au long de beaucoup d'années. Mais cet événement papal madrilène montre malheureusement une fois de plus un aspect encore bien vivant au Vatican, à savoir l'aspect des querelles médiévales dans lesquelles des questions absolument sans intérêt pour la vie humaine étaient discutées. Plus encore, il fait la preuve de sa méconnaissance des souffrances des femmes, de sa méconnaissance des drames que les situations de violence provoquent dans nos corps et nos coeurs. En concédant le pardon au « crime » d'avortement comme ils l'appellent toujours, ils montrent, à leur manière élitiste, le visage ambigu d'une institution religieuse capable de céder à l'appareil triomphaliste quand sa crédibilité est en jeu.  Ils peuvent bénir des troupes qui vont tuer des innocents, envoyer des prêtres comme aumôniers militaires dans des guerres toujours sales, faire des déclarations publiques en faveur de l'institution en condamnant les femmes pauvres et opprimées, ouvrir des exceptions à la règle de leurs comportements pour attirer des jeunes (qui sont) étrangers aux grands problèmes de monde dans le troupeau du pape La liste des us et coutumes « transgresseurs » de leurs propres lois est énorme...


Pourquoi réduire la vie chrétienne au pain et au cirque ?  Pourquoi donner un spectacle de magnanimité au milieu de la corruption des coutumes ? Pourquoi créer l'illusion du pardon alors que le quotidien des femmes est plein de persécutions et  d'interdictions de leurs choix et capacités ?


Nous sommes invité/e/s à réfléchir à l'aspect néfaste de la position du pape et des évêques qui le soutiennent. Le pape n'a pas accordé pardon et indulgence totale et entière « urbi et orbi » c'à-d. À toutes les femmes qui on avorté mais seulement à celles qui se sont confessées à ce moment précis et à l'occasion de la visite du pape en Espagne. N'est-ce pas une fois de plus utiliser les consciences, en particulier celles des femmes à des fins d'expansionnisme de leur modèle pervers de bonté ? N'est-ce pas une fois de plus ouvrir des concessions en obéissant à une logique autoritaire qui veut restaurer les antiques privilèges de l'Eglise dans quelques pays européens ? N'est-ce pas une façon d'acheter les femmes en les humiliant devant la soi-disant magnanimité des hiérarques ?


Les autorités constituées dans l'Eglise catholique et dans d'autres Eglises sont-elles encore chrétiennes ? Suivent-elles encore les valeurs éthiques humanistes qui exigent le respect de toutes les vies et spécialement de la vie des femmes ?


Je crois qu'une fois de plus, nous sommes convoqué/e/s à exprimer publiquement notre sentiment de rejet devant l'utilisation de la vie de tant de femmes comme prétexte de la magnanimité du coeur du paps. Nous sommes convoqué/e/s à être le corps visible de nos croyances et de nos choix.


En faisant cela, nous ne sommes meilleurs que personne. Nous sommes tous/tes pécheurs et pécheresses capables de nous frapper mutuellement, capables d'hypocrisie et de mensonge, de cruauté et de cruauté raffinée. Mais nous sommes aussi capables de partager notre pain, d'accueillir celle qui est abandonnée, de vêtir celui qui est nu, de visiter le prisonnier,  de traiter Hérode de renard. Nous sommes ce mélange, expression de notre moi, de nos dieux, des épines dans notre chair qui nous invitent et nous convoquent à vivre au-delà des façades derrière lesquelles nous aimons nous cacher.

 

Ndlr - Nous remercions Philippe de Briey (Belgique) de nous avoir transmis la traduction en français de cet article

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Published by Yvone Gebara - dans la Contre-Réforme
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18 août 2011 4 18 /08 /août /2011 16:01

kenya_girage_mara_game_park.JPGL’Unitarian Universalist Church of Keynia (UUCK) est une Eglise théiste, croyante en Dieu, de culture chrétienne (le fondateur était auparavant un pasteur adventiste) et ouverte à toutes les grandes sagesses de l’Humanité (d’où son adhésion à l’unitarisme-universalisme américain).

 

Elle a été fondée en 2001 par Patrick Magara, qui est appelé “bishop” (= évêque) par ses fidèles. Non seulement, elle s’est développée en milieu rural, mais dans un milieu de fermes dispersées sur les collines verdoyantes du pays kisii, et elle s’est étendue au-delà auprès de populations d’éleveurs, donc toujours dans des régions où le peuplement est de densité très faible. Les communautés sont donc multiples et les effectifs chaque fois très faibles.

 

On imagine le travail pastoral que cela suppose : Patrick Magara le fait avec toute son énergie, secondé efficacement par sa femme Alice, d’autres membres de sa famille, et le Comité de l'Eglise et les Anciens. 

 

girafe du Mara Game Park


Compte tenu de cette situation, les photos que vous allez voir sont émouvantes. Ce sont de multiples rencontres au niveau de fermes et de hameaux qui ont permis à cette Eglise de devenir véritablement une communauté digne de ce nom. Elle recherche des partenaires internationaux pour poursuivre son développement et notamment soutenir ses activités sociales (orphelinats, écoles, centres de santé). Pour contact, lien.


Au niveau de la capitale Naïrobi et région, les communautés unitariennes essentiellement citadines qui s’y trouvent sont réunies au sein de la Kenyan Unitarian Universalist Church (KUUC). Distance géographique et différences ethniques font que les deux Eglises ne coordonnent pas pour l’instant leurs activités en dépit des efforts de l’International Council of Unitarians and Universalists (ICUU) qui souhaite que, pour chaque pays, il y ait un organe de coordination afin de représenter le pays lorsqu’on se trouve en présence de plusieurs communautés unitariennes. 

 

kenya uuck UUCK ANGATA CONGREGATION 
La communauté d’Angata réunie pour le culte.


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Les femmes y sont importantes et ont, entre elles, une association « women fellowship »,


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la chorale locale.

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L'UUCK mène des activités sociales ; ici un projet de centre de santé : pour l’instant sur plan, mais le terrain a déjà été donné par le village.

 

kenya uuck transmara luck church cultekenya_uuck_bishop_magara_prechant.JPG

La communauté de Transmara Luck réunie sous les arbres pour faire le culte. Bishop Magara est entrain de prêcher

 

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durant le culte, les enfants sont réunis à part pour faire "l'école du dimanche" (ce qui correspond au catéchisme).

 

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Dans ce village, à Tranmara Luck, l'UUCK gère une école primaire


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Le "bishop" au milieu des éleveurs.

 

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Ici avec des anciens d'un village,

 

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là devant la case d’hébergement du village.
 

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La prière se fait en plein champs, comme au temps de l'angélus paysan peint en France par de Millet au XIXème siècle !

 

kenya_uuck_culte_du_dimanche.JPGkenya_uuck_PRAYER.JPG

séance de culte dans un autre village ;les gens prient avec ferveur.

 

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Les réunions, ici le comité de l'UUCK avec le "bishop" Patrick Magara (ici en blanc et vu de dos), se font à l'intérieur de simples cases.

 

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en tournée dans un village, le "bishop" est au centre de l'image avec une chemise brodée couleur ocre et or ; on reconnaît devant les enfants de l'école de Transmara Luck que l'Eglise gère.

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Published by avec photos de l'UUCK - dans U au Kenya
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18 août 2011 4 18 /08 /août /2011 10:33

eglise_en_gr_ve__mouvement_le_cursillo_.jpgDans le cadre de l’association Actualisation de la Bible (ACTUEL), une session d’études historiques et bibliques se tient au hameau de Raynaude, près du Mas d’Azil, en Ariège, du jeudi 17 au dimanche 21 août. Elle est animée par Roger Parmentier, pasteur de l’ERF à la retraite, sur un thème d’urgence dans les pays occidentaux où la déchristianisation est très forte « Les Eglises chrétiennes ont-elles un avenir ? ». Pour contact, lien 


1 - « Eglises » ou « Equipes de volontaires pour réaliser le Règne de Dieu » ? Alfred Loisy disait : Jésus a proclamé le Royaume de Dieu et c’est l’Eglise qui est venue. Le projet global de Jésus peut-il être retrouvé et réalisé ?
2 - La « survivance de Jésus » chez Dietrich Bonhoeffer : lucidité, résistance, responsabilité, courage, engagement … à hauts risques !
3 – Les Eglises d’outremer nées des missions protestantes : un exemple encourageant ou discutables ?
4 – Les projets du « christianisme social » nouveau. Les « Fraternités » de la Mission populaire… des raisons d’espérer ? Le christianisme libéral, une nécessité ? (Evangile et Liberté, Théolib, Correspondance unitarienne, etc.)
5 – Que faut-il inventer (et dans quelle fidélité) avant le total effondrement ? Priorité à la pratique et à la proclamation de l’Evangile de Jésus ? Vivre sans temples, sans personnel rétribué (*) ? Prière pour qu’il y ait des vocations de « réalisateurs-proclamateurs » ? Formation historique et théologique plus poussées ? Retrouver un Evangile compatible avec toutes les cultures, y compris sécularisées ? non religieuses ? Etre « Samaritain » aujourd’hui ? Etre prophète ? Des groupes prophétiques ?
 

 

* ndlr – voir l’exemple de notre Eglise unitarienne francophone ( lien) qui fonctionnement uniquement sur Internet, comme tout autre Eglise protestante (avec un ministre du culte, un conseil d’Eglise et des cultes réguliers), sans personnel rémunéré et sans budget .

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Published by Roger Parmentier - dans les protestantismes
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8 août 2011 1 08 /08 /août /2011 14:14

EUfr 1bFondée en juin 2008, en tant qu’Eglise linguistique (concernant tous les pays francophones où se trouvent des unitariens) et Eglise « on line », fonctionnant exclusivement sur la Toile, l’Eglise unitarienne francophone (EUfr) s’est rapidement dotée, comme toute Eglise protestante historique *, d’un conseil d’Eglise qui en assure la direction (lien) et d’une chaire attribuée à un pasteur ordonné, en l’occurrence, la révérende Maria Pap, ministre du culte de l’Eglise unitarienne de Transylvanie (lien).

* L’unitarisme est issu de la Réforme anti-trinitaire du XVIème siècle. L’Eglise unitarienne de Transylvanie date de 1568 ; elle est restée protestante et utilise la langue hongroise.


Pour l’accompagnement spirituel de ses ouailles, cette Eglise présente un espace de méditations et de prières où les internautes peuvent trouver des prières qui vont dans le sens de la tradition unitarienne mais qui proviennent également d’autres sources dès los qu'elles ont une valeur universelle (lien) ; une rubrique récapitulant les prières mensuelles qui sont envoyées chaque mois aux congrégations unitariennes du monde entier par l’International Council of Unitarians and Universalists (ICUU) (lien) ; une « bibliothèque » présentant des ouvrages récents (lien) ; elle organise aussi un culte mensuel, le premier dimanche de chaque mois (lien). Par ailleurs, elle invite à une activité humanitaire concrète : une aide aux populations Pygmées du Congo RDC (lien).


Un après sa fondation, à partir de juin 2009, à la demande de plusieurs participants du forum « Unitariens francophones », l’EUfr s’est lancée dans l’organisation d’un culte mensuel.  C’était de l’inédit et nul ne savait alors si cela allait durer ! Ce qui existe déjà dans d’autres Eglises, unitariennes et autres, ce sont des enregistrements audio ou vidéo de cultes, mais ceux-ci restent des spectacles où les fidèles demeurent passifs, consommateurs.


Dans l’esprit d’une tradition unitarienne mettant l’accent sur la liberté de conscience (il n’y a pas imposition de credo communautaire) et sur l’expression individuelle des participants, l’EUfr a mis au point un culte tout à fait inédit qui s’inspire à la fois des célébrations libres pratiquées par les communautés catholiques de base (CCB) et au sein de la mouvance catholique libérale réunie dans le cadre de la Fédération des réseaux du Parvis (lien), et à la fois de l’expérience des congrégations unitariennes-universalistes anglophones. Le culte ne comporte pas de discours théologique ni de sermon nous dictant ce qu’il fait croire ou faire, mais seulement des expressions individuelles sous forme de partage de foi, de méditations et d’expériences vécues, ainsi que de prières pour accompagner les souffrances des autres, sans oublier des actions de grâce pour les heureux évènements individuels ou collectifs. Le culte commence bien entendu par des louanges au Dieu créateur, donneur de la Vie, ou, pour ceux qui ont décroché par rapport au théisme ou au déisme, la référence est faite au mystère de la Vie sans plus de précision.


La communion s’établit donc non plus sur des croyances communes mais sur l’écoute des autres et leur compréhension, sur une ouverture altruiste et universelle, sur une communion fraternelle. Celle-ci peut se concrétiser par des rituels – pour les unitariens, l’allumage de leur calice (lien) ; pour d’autres par l’allumage d’une simple bougie, ou tout autre geste à valeur universelle.


L’ordre du culte qui s'est imposé d'une façon pragmatique (depuis janvier 2011), après une période de tâtonnement, est le suivant : 

 

calice_unitarien_allumage.jpg1 – louons Dieu et accueillons la vie qu’il nous a donnée ; rendons lui grâce ; louons le mystère de la Vie
2 – allumons notre calice et que sa lumière brille
3 – partageons ce qui est important à nos yeux, à nos cœurs, ce qui est essentiel à notre intelligence des choses et à notre conscience, que ce soit un texte ou autre chose, et trouvons les mots ou les gestes pour le dire.
4 partageons aussi nos souffrances et nos peines
5 – partageons nos gestes de fraternité et nos rites de communion qui ont valeur universelle
6 – partageons nos autres gestes de solidarité et de fraternité
7 – proclamons un envoi vers les autres, « prochains » ou « lointains »


Le culte se prépare une semaine à l’avance et reçoit les messages de ceux qui veulent y participer. Des messages qui sont donnés au sein des groupes et forums d’information, d’échanges et de discussion que la mouvance unitarienne anime (Unitariens francophones lien et Croissance spirituelle lien) peuvent être répercutés dans le cadre de cette préparation.


Le jour même, le dimanche matin à une heure à la convenance de chacun, chacun est invité à faire un culte de maison, soit seul, en famille, ou avec en plus des voisins ou des amis, ou encore au sein d’une communauté de prière ; puis à faire part aux autres de son expérience en envoyant un message au webmestre du site de l’EUfr (contact). La séance du 7 février 2010 s’est même déroulée presque en direct, en utilisant d'une part les messageries habituelles et d'autre part les commentaires en bas de l’article présentant le culte, avec une mise en ligne très rapide de la part du webmestre ; il faut alors convenir d’une heure précise pour le début du culte et s'organiser en conséquence. On pourrait aussi utiliser Facebook de cette façon en étant "amis" ; les amis des amis bénéficieraient alors des échanges.


Depuis l’organisation de ces cultes (soit 25 séances), pas moins de 35 personnes y ont participé et les messages d’une dizaine d’autres ont été répercutés. C’est bien entendu très peu car cela s’appuie sur une culture relationnelle sur Internet que bien peu de personnes ont déjà intériorisée ; mais les forums, les blogs, et les réseaux sociaux comme Facebook ou autres vont dans ce sens : on peut penser que cette culture se développera dans l’avenir.


C’est également très peu car beaucoup de gens restent très attachés à la chaleur des groupes réunis physiquement, en relation de face à face. Pour compenser un peu, les interventions lors des cultes de l’EUfr sont accompagnées par les photos portrait ou à défaut les avatars des participants (dans le style de Facebook), ainsi que l’indication de leur choix religieux, et la ville ou la région où ils habitent ; et puis chacun peut faire part d’évènements familiaux en envoyant des photos. Il faut dire aussi que la plupart des intervenants se connaissent déjà lors des nombreux échanges au sein du forum « Unitariens francophones » (ces derniers mois, un flux mensuel de plus de 250 messages).


On note un noyau de quelques personnes dont la participation est plus fréquente (de 8 à 19 participations sur les 25 séances). Cela équivaut en fait, pour les célébrations au sein d’autres Eglises, à une équipe d’animation liturgique. La moyenne du nombre de participants s’établit pour l’instant à 5,6 par culte (selon les séances cela a été de 2 à 11 participants) . Mais au-delà, il faut compter tous les visiteurs qui consultent la rubrique en question en simples curieux ou qui peuvent s’en inspirer - pour le culte du mois d’août, ce fut près de 70 personnes qui ont directement ouvert l'article en question ou la rubrique consacrée au culte, sans compter ceux qui arrivent à l'article en ouvrant le site par sa page d'accueil. La semaine, précédant la dernière séance, celle du mois d'août 2011, ils furent ainsi 84 visiteurs à ouvrir le site de cette façon. A noter aussi que le site a 36 abonnés à sa newsletter, lesquels reçoivent automatiquement dans leur messagerie toutes les nouvelles publications. 


Quand on pense aux vacances d’été qui vident temporairement les lieux de culte, ou plus encore à la déchristianisation en cours dans les pays d’Europe occidentale et au Québec, on ne peut que relativiser ces faibles effectifs. Au rythme actuel de la baisse drastique de la pratique religieuse, que deviendront en effet les paroisses actuelles ? N’est-il pas temps d’explorer d’autres modes de relations plus souples, plus modernes, moins coûteuses en frais de fonctionnement (aucun frais en ce qui concerne l'EUfr), etc. ? Les Eglises « on line », dont l’EUfr constitue en quelque sorte un prototype, sont assurément en avance sur leur temps et, ne réunissant pour l’instant que quelques pionniers, elles font partie des pistes à explorer d’urgence.

 

Ajout du 6 octobre : "Il est toujours difficile de savoir combien nous avons de visiteurs à notre culte. Pour ce premier dimanche du mois d'octobre, nous avons eu 78 visiteurs durant les 7 derniers jours qui ont ouvert le site sur la première page (donc sur notre culte) en faisant "eglise unitarienne francophone", 25 autres en cliquant sur la rubrique "nos cultes mensuels" et 14 autres en utilisant la référence de l'article, soit un total de 117 visiteurs. C'est pas trop mal pour un culte par les temps qui courent. Disons en toute modestie que les participations de suns et des autres sont lus par des visiteurs. Nous ne nous exprimons pas dans le vide ! Bien à vous toutes et tous."  (message de Jean-Claude Barbier, le mardi 4 octobre au groupe Yahoo "Unitariens francophones").


Pour information complémentaire et contact (lien)

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Published by Jean-Claude Barbier - dans la culture Internet
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6 août 2011 6 06 /08 /août /2011 01:47

ICUUWF

 

Une première rencontre de femmes unitariennes de l'International Convocation of Unitarian * Universalist Women (ICUUF) avait eu lieu à Houston, au Texas, du 26 février au 1er mars 2009 (voir photo, lien). La seconde rencontre aura lieu en Transylvanie, en automne 2012.

 

Elles seront accueillies par l’Eglise unitarienne de Transylvanie, notre Eglise historique qui date de 1568, née de la Réforme protestante anti-trinitaire. Pour contact (lien).

Information reçue de la révérende Maria Pap, ministre de l'Eglise unitarienne de Transylvanie et membre du comité d'organisation.

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Published by Actualités unitariennes - dans unitarisme international
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5 août 2011 5 05 /08 /août /2011 11:34

uoc tibidabo actIl s’agit d’une université internationale en ligne (lien ) qui a été fondée en octobre 1994 à l’initiative du gouvernement catalan et approuvée l’année suivante, en avril 1995, par le parlement de cette région. Le siège est à l’institut Information and Communication Technologies (ICT). Gabriel Ferraté en fut le premier président. Elle propose des cours en catalan, espagnol, anglais et français. Ceux-ci sont payants, mais les étudiants internationaux peuvent solliciter une aide financière ( contact)

 

Un département « Etudes arabes et islamiques », avec enseignement en français propose :


1 – un 3e cycle d’un an « Interprétation des fondements de l'Islam » (au prix de 2 395 euros) : Le Coran -  Histoire des sciences dans le monde musulman : héritage et créativité - Le droit islamique : méthodologie - La pensée islamique classique : raison et révélation - Le Prophète - Soufisme et spiritualité
2 – un Master de 2 ans « Civilisation musulmane » (avec début des cours le 19 octobre 2011, au prix de 3. 000 euros) ( lien)
1ère année : même programme que le 3ème cycle, et pour la seconde année : Éthique économique et finances islamiques - Islam et progrès - Sociologie des musulmans en Europe - Les libertés en islam - Histoire de la civilisation islamique - Information, communication et dialogue - Géopolitique des relations euro-arabes
Mutations du monde arabe –
3 – et des « spécialisations » qui reprennent des modules d’enseignement du programme de la 2ème année du Master : « Le monde musulman contemporain » (1 255 euros), « Droit, spiritualité et morale dans l'Islam » (1.075 euros).

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Published by Actualités unitariennes - dans l'islam
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4 août 2011 4 04 /08 /août /2011 09:34

FEMMES ARABES … DES CITOYENNETES DISCRIMINATOIRES, par Sana Ben Achour, juriste, féministe, professeur d’université (FSJPS), Tunis, le 6 juillet 2011

 

sana-ben-achour.jpgPrésentation de l'auteur sur le site "Au féminin.com" à l'occasion du vote pour "la femme en or 2011" ( lien) :

Maître de Conférences agrégée en droit public, elle assure la présidence et milite au sein de l'Association Tunisienne des Femmes Démocrates. Elle est titulaire d'un DEA urbanisme et aménagement et est Docteur agrégée en droit d'Etat. Ses contributions à la vie universitaire couvrent le droit du patrimoine culturel immobilier, la condition juridique des femmes en pays d'islam, les libertés publiques dans l'aire maghrébine,


Quelle place occuperont les femmes dans des pays qu’ont soulevés des révolutions populaires, massives, imprévisibles, jeunes, mixtes et ouvertes sur le monde ? Du Maghreb au Machrek, les femmes, prenant leur destin en main, ont marché sur les capitales, protesté sur la toile, occupé durant des jours et des nuits les places publiques, réussi à mettre à bas les dictatures ou à nu leur système de gouvernement absolutiste. Du Maghreb au Machrek, d’une seule voix, les manifestantes et manifestants ont réclamé « justice sociale », « liberté », « dignité » et « réformes démocratiques ». Qu’advient-il aujourd’hui, en cette phase post révolutionnaire, de ces «émotions » populaires ?


En Tunisie, les femmes, portées par l’élan de solidarité révolutionnaire se sont très vite mobilisées pour réclamer dans une marche unitaire entre ONG féministes (ATFD-AFTURD, CME95) et de défense des droits humains (LTDH) et des travailleurs (UGTT) « égalité, citoyenneté et dignité ». Certains provocateurs n’ont pas manqué de leur rétorquer de retourner à leurs cuisines.

En Egypte, les femmes, présentes quotidiennement sur la place Tahrir se sont battues 18 jours durant pour vaincre un régime corrompu dont, à l’égal des hommes, elles ne voulaient plus. Les militaires n’ont pas manqué d’en « ramasser » quelques unes pour leur faire subir des tests de virginité.

En Lybie les femmes sont descendues dans la rue pour dénoncer les abus de Khaddafi. Elles se sont heurtées au crime sexuel.

Au Bahrein, sur la place Lu’lu’a, ou ailleurs à Manama, des milliers de femmes ont participé à la contestation mais ont été « reléguées en marge, contraintes de rejoindre un coin spécifique ou de se regrouper à l’arrière ».

Au Yémen, les femmes sont descendues, par milliers aux cotés des hommes, dans les rues de Sanaa, Aden et Taez pour combattre un régime exercé sans partage depuis trente ans et qui n’a pas hésité à les « disqualifier », sous prétexte que la "mixité est illégale entre les sexes".

En Syrie, au «vendredi saint», à celui «de la colère», puis à celui «du défi», succède la journée du 16 avril 2011, baptisée le «vendredi des femmes libres». Le 13 mai, les femmes reconduisent leur action. Mais la répression faisant 1000 morts et 9000 blessés, les contraint aujourd’hui à l’exil.


Sanaa_Benachour_portrait.jpgQue de figures de femmes révèlent en réalité les révolutions arabes ! Femmes anonymes ou emblématiques, mère courage ou jeunes bloggeuses sur la toile, opposantes de longue date ou fraîchement venues à la politique, toutes réclament leurs droits à exister, à être là et à s’exprimer. Qui aujourd’hui parle de leurs combats pour la dignité humaine, les droits, la citoyenneté et la démocratie ?

 

Saana Benachour / Sana Ben Achour


Il est évident que ces révolutions en marche bousculent les certitudes et les lectures formatées. Le déferlement des revendications démocratiques invite à revisiter le paradigme de «l’exceptionnalité arabe » et la peur des «classes dangereuses ». Sur les femmes en particulier, les régimes autoritaires, issus des mouvements de libération nationale, ont maintenu une action tutélaire. Si des avancées constitutionnelles ou législatives ont été réalisées, si des « féminismes d’Etat » se sont installées, si des codes de la famille ont fleuri aboutissant un peu partout au réaménagement du droit traditionnel du statut personnel musulman, l’enjeu a été pour les gouvernants en place de rester maître de l’arbitrage entre d’une part les principes d’organisation identitaire de la société et de la famille patriarcale (le nom patronymique, l’autorité du chef de famille, les interdits au mariage libre, les empêchements à succession) et d’autre part les revendications d’émancipation et d’égalité de sociétés en mouvement. C’est justement ce qui explique l’ambivalence de tout le dispositif constitutionnel et législatif des pays arabes et son oscillation entre esprit de conservation et esprit d’innovation.

 

En réalité, derrière ces politiques législatives, ce qui est en jeu, c’est moins le pouvoir de réformer le droit traditionnel, voire de le transgresser par de multiples ruses et subterfuges que de conserver l’initiative des lois entre les mains de gouvernants où la remise en cause de l’asymétrie et de l’inégalité traditionnelle entre droits des femmes et droits des hommes est une menace à l’ordre public établi. C’est justement cette asymétrie que les pouvoirs en place arbitrent et réactualisent en permanence en accordant certes, des droits voire des garanties judiciaires aux femmes sans jamais perdre de vue la prééminence des hommes sur elles.


On comprend dans ces conditions l’importance accordée aux réformes constitutionnelles et institutionnelles en cours. Sauront-elles aller au bout des promesses démocratiques et rompre avec cette citoyenneté discriminatoire qui prescrit aux femmes arabes d’être des citoyennes de 2ème classe. Sauront-elles par exemple, donner valeur constitutionnelle au principe de non discrimination entre les sexes et en faire le socle de valeur intangible et supérieur sur lequel sera édifié l’Etat de droit démocratique et pour lequel les femmes comme les hommes, en se battant contre l’humiliation de la dictature, ont donné leur vie. Sauront-elles rendre hommage à l’identité culturelle maghrébine, arabe et musulmane du pays tout en assurant qu’il ne sera tiré de ces références aucune mesure discriminatoire en raison du sexe, de la naissance, de la couleur, des convictions, etc.


Aujourd’hui comme hier, les accusations sont nombreuses contre ceux et celles qui revendiquent la laïcité, entendue par appropriation comme la séparation du politique et du religieux. Ce discours s’est réactivé, il y a des décennies, à la faveur de la révolution islamique iranienne (1979) et des mouvements identitaires ravivés dans la région par la guerre du Golfe. Il s’alimente depuis des diverses frustrations collectives tant en raison de la longévité de régimes .autoritaires, de la faillite de la société internationale dans le règlement de la question palestinienne et de l’occupation américaine de l’Irak que des politiques communautaires européennes sur l’immigration, le voile, les jeunes des banlieues, les minarets, etc. Dans ce contexte de tensions, marqué au niveau des relations internationales par la mondialisation économique sauvage mais aussi par la fermeture des frontières à la circulation des personnes, et au plan interne par le désenchantement national et la crise de l’Etat nation post-colonial, les critiques de la laïcité en pays d’islam se sont axées sur sa « vision exogène », voire « son mimétisme du modèle occidental ».


En réalité, la revendication de laïcité n’est rien moins que la contestation de la sanctification religieuse de l’ordre légal discriminatoire de la famille patriarcale. Elle porte sur le statut inférieur que les lois positives du statut personnel (les codes de la famille) et les constitutions politiques modernes des ordres étatiques réservent aux femmes, au nom de « l’islam religion d’Etat » ou de la chariâ ou du fiqh comme source exclusive, principale ou subsidiaire de législation. Dans les pays arabes et musulmans, s’est construit autour des femmes et d’elles principalement, un système de normativité et d’interprétation où la loi de l’Etat (la loi positive) semble n’avoir toujours qu’une existence subordonnée et menacée tant qu’elle n’est pas conforme au bloc religieux ( fiqh et shariâ). Au delà des variantes constitutionnelles et des avancées sociales entre les pays (la scolarisation, l’accès au travail salarié, la baisse de la fécondité, l’accès à la santé), la constante est que les lois positives ont légalisé l’islam en identité politique, le commandement politique en lois charaïques, le mariage en endogamie religieuse et la famille en citadelle de la domination masculine. Les lois de la famille scellent en effet le lien entre ces trois ordres du patriarcat : le religieux, le politique et la famille. Toutes ont fini par poser les femmes en matrice et gardienne de l’identité politique nationale arabo-musulmane et la famille patriarcale en sa cellule de base.

 

ndlr - nous remercions Michel Roussel, militant chrétien de l'association David et Jonathan, de nous avoir transmis ce texte

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Published by Actualités unitariennes - dans l'islam
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23 juillet 2011 6 23 /07 /juillet /2011 04:50

Nous reproduisons ci-dessous un appel du mouvement humanitaire Avaaz en faveur de la reconnaissance par l'ONU de l' Etat palestinien. Après l'indépendance du Sud-Soudan, qui fort heureusement a fait consensus, le droit des nations à être reconnues comme Etat est de nouveau d'actualité. N'oublions pas non plus le Tbet, le Xinjiang où vivent des Ouzbeks (populations turcophones et musulmanes), et la Mongolie intérieure dont les souveraineté ont été confisqués par la Chine communiste, coloniale et impérialiste (voir notre rubrique sur le génocide des peuples, lien).

 

Il est du devoir des religions * de rappeler cette dignité des peuples dès lors que ceux-ci disposent des ressources économiques et humaines pour se constituer en Etat viable, effectivement indépendant ; dès lors aussi qu'ils veulent agir en concertation avec tous les Etats voisins afin de promouvoir un développement régional ; dès lors aussi qu'ils participent activement à la résolution des confits à l'échelle mondiale dans le cadre de l'ONU. * En général, il revient aux mouvements militants de ces milieux religieux, et non aux communautés cultuelles elles-mêmes, de se prononcer en face des cas concrets qui se présentent, ceci afin de respecter la liberté de conscience qui sied à ces communautés de prière.


palestine_onu.png

 

Dans quatre jours, le Conseil de Sécurité de l'ONU se réunira, offrant au monde une chance de soutenir une nouvelle proposition qui pourrait mettre fin à des décennies d'échec des pourparlers de paix israélo-palestiniens: la reconnaissance de l'Etat palestinien par l'ONU.

Plus de 120 nations du Moyen-Orient, d'Afrique, d'Asie et d'Amérique latine ont déjà approuvé cette initiative, mais le gouvernement de droite d'Israël et les Etats-Unis y sont férocement opposés. La France et d'autres pays clés de l'UE sont encore indécis, mais une pression publique massive pourrait les pousser à saisir cette occasion unique de mettre fin à 40 ans d'occupation militaire.

Cela fait des décennies que les initiatives de paix menées par les Etats-Unis échouent, tandis qu'Israël a confiné la population palestinienne dans des enclaves, confisqué ses terres et empêché la Palestine de devenir une entité politique souveraine. Cette initiative audacieuse pourrait donner un nouveau point de départ pour résoudre le conflit, mais l'Europe doit prendre les devants. Lançons un immense appel mondial pour que la France et les principaux pays européens approuvent dès maintenant cette demande de reconnaissance de l'Etat palestinien, et pour montrer clairement que les citoyens du monde entier soutiennent cette proposition diplomatique légitime et non-violente. Signez la pétition et envoyez ce message à tous vos amis : http://www.avaaz.org/fr/independence_for_palestine_fr/?vl ( lien)

Si les racines du conflit israélo-palestinien sont complexes, la plupart des gens de tout bord s'accordent à dire que la meilleure voie vers la paix est la création de deux Etats. Mais les nombreux processus de paix ont tous été mis en échec par la violence des deux côtés, par la construction de vastes colonies en Cisjordanie et par le blocus humanitaire de Gaza. L'occupation israélienne a réduit et fragmenté le territoire sur lequel un Etat palestinien pourrait se fonder et a fait de la vie quotidienne des Palestinien une épreuve écrasante. L'ONU, la Banque Mondiale et le FMI ont tous trois récemment déclaré que les Palestiniens sont prêts à diriger un Etat indépendant, mais le plus grand frein à cette réussite est l'occupation israélienne. Même le Président des Etats-Unis a appelé à mettre fin à l'expansion des colonies et à un retour aux frontières de 1967 avec des échanges de territoires négociés, mais le Premier ministre israélien Netanyahu a réagi avec fureur: le refus de coopérer ne pouvait s'exprimer plus clairement.

Il est temps de changer radicalement d'approche, en passant d'un processus de paix inefficace à une voie nouvelle vers le succès. Alors que les gouvernements israélien et américain qualifient l'initiative palestinienne d' "unilatérale" et de dangereuse, les nations du monde entier soutiennent massivement cette démarche diplomatique éloignée de toute violence. La reconnaissance mondiale de la Palestine pourrait étouffer l'extrémisme et encourager l'expansion d'un mouvement non-violent israélo-palestinien en phase avec l'élan démocratique dans la région. Plus important encore, elle relancera la possibilité d'une résolution négociée du conflit, permettra aux Palestiniens d'accéder à de nombreuses institutions internationales pouvant promouvoir la liberté des Palestiniens. Cela enverra un signal fort au gouvernement israélien pro-colons indiquant que le monde ne tolèrera plus leur impunité et leur intransigeance.

Depuis trop longtemps, Israël sape les espoirs d'un Etat palestinien. Depuis trop longtemps, les Etats-Unis ménagent Israël, et depuis trop longtemps l'Europe se cache derrière les Etats-Unis. En ce moment, la France, l'Espagne, l'Allemagne, le Royaume-Uni et la Haute Représentante de l'UE hésitent sur la question d'un Etat palestinien. Appelons-les à être du bon côté de l'histoire et à soutenir la déclaration palestinienne de liberté et d'indépendance, par un soutien franc et massif et une aide financière. Signez maintenant la pétition urgente appelant l'Europe à appuyer cette requête et à soutenir cette initiative pour une paix à long terme en Israël et en Palestine

La création d'un Etat palestinien n'apportera pas de solution à ce conflit inextricable du jour au lendemain, mais sa reconnaissance par l'ONU va changer la dynamique et ouvrira la voie vers la liberté et à la paix. A travers la Palestine, la population se prépare avec espoir à réclamer la liberté que sa génération n'a jamais connue. Soutenons-les et poussons les pays européens à soutenir l'autodétermination des Palestiniens, de la même manière qu'ils ont été aux côtés des peuples égyptien, syrien et libyen.


Avec espoir et détermination, Alice, Ricken, Stéphanie, Morgan, Pascal, Rewan et toute l'équipe d'Avaaz (Avaaz est un réseau citoyen mondial de 9 millions de membres qui mène des campagnes visant à ce que les opinions et les valeurs des peuples influent sur les décisions mondiales).

 

Nous remercions Jean Landry (ancien prêtre ouvrier, Gradignan, Gironde) d'avoir informé le réseau de la Correspondance unitarienne de cette pétition.

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