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14 juin 2011 2 14 /06 /juin /2011 10:55

Le catharisme n'est plus seulement la réouverture d'une page dramatique de l'histoire de France qui fut trop longtemps occultée par une France catholique, ni non plus des musées bien documentées grâce aux recherches contemporaines sur la question, mais il est aussi une résurgence. En effet, des gens s'approprient cette foi ancienne et se mettent à la pratiquer ; ils se mettent en réseau et organisent des rencontres. Grâce aux recherches historiques, il ne s'agit pas simplement d'un néo-catharisme, mais bel et bien du catharisme lui-même, certes vévu d'une façon adaptée à nos temps.Il ne s'agit pas non plus de ressusciter une culture et un folklore historique, mais de revivre une foi.


Une troisième Rencontre de la diversité cathare a eu lieu ce week-end de la Pentecôte (en clin d'oeil : les cathares accordent une grande importance à l'Esprit saint), samedi 11 et dimanche 12 juin, à Notre-Dame de l'Abbaye, à l'ombre des hauts murs de la cité médiévale de Carcassonne.


Une quinzaine de participants, des exposés * suivis de débats, une couverture médiatique par la presse locale.


* La question du libre arbitre dans la théologie cathare, cette notion est-elle valide aujourd'hui ? par Ruben de Montauban. Les Deux principes immuables : la bonté est le don du Très-Haut offert à l'Humanité pour s'opposer au Mal, par Gilles-Henri d'Athènes. Les bons chrétiens : pratiques mystiques et filiations apostoliques. Les pratiques mystiques des Paerfaits à travers les manuscrits cathares ; l'indispensable "transmission de l'enseignement spirituel" : éradication et permanence, par Bertrand de la Farge. L'amour absolu (agapê) et sa concrétisation dans notre vie mondaine quotidienne, forum animé par Jessie de Montpellier

 

En plus, cette rencontre a été l'occasion de présenter la toute nouvelle association (loi 1901) "Culture et études cathares", déclarée dans le département de l'Aude dont le chef-lieu est Carcassonne (l'assemblée constituante a eu lieu les 9 avril et 5 juin 2011 par messagerie électronique) ; également d'envisager dans les 10 ans à venir l'ouverture d'une "Maison cathare".

 

catharisme_d_aujourdhui_.pngle logo du site d'Eric de Carcassonne, "Catharisme d'aujourdhui" (lien), lequel se présente comme un "réseau de partage et d'information des croyants et sympathisants chrétiens cathares".


Jean-Claude Barbier, de passage à Carcassonne lors d'un déplacement familial, a tenu à apporter le témoignage de l'amitié des chrétiens unitariens à cette résurgence qui, reprenant la tradition du gnosticisme chrétien des premiers siècles, contribue à maintenir la richesse plurielle chrétienne. Par sa rubrique "les cathares" (lien) les Actualités unitariennes suivent attentivement et encouragent cette résurgence.

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Published by Jean-Claude Barbier - dans les cathares
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10 juin 2011 5 10 /06 /juin /2011 01:45

Trop souvent, l’Allemagne luthérienne et la Suisse calviniste ont monopolisé l’attention des protestants – et des historiens ! – au détriment d’autres foyers réformateurs tout aussi importants, comme par exemple le mouvement hussite en Bohème, puis en Moravie, et le mouvement anti-trinitaire en Pologne et en Transylvanie.


Notre dossier « sur les Réformateurs » (lien), sur notre site documentaire « La Besace des unitariens », essaie de rétablir une vision plus équilibrée de ces Réformes qui, en leur temps, renouvelèrent profondément le christianisme et le diversifièrent. Vous y trouverez des noms de théologiens malheureusement peu connus, mais qui méritent de l’être ; entre autres  :
 
Tomáš Štítný (1333 – mort en 1401 ou 1409)
Jean Huss ( 1370 - 1415)
Pierre Chelčický (1380 - vers 1460)
Grégoire (Gregor) de Prague (mort en 1470)
Matthias Červenka (premier évêque de l'Unité des frères, ordonné en 1467)
J. Rokycana (mort en 1474)
Luc de Prague / Lukas Prazsky (1458-1528)
Jan Kalenec (mort en 1524)
Jean Černy (éditeur des Acta Unitatis fratrum en 1551)
Jan Blahoslav (1523-1571)
le comte Nikolaus-Ludwig von Zinzendorf (1700-1760)


Les Eglises qui se réfèrent à Jean Huss :


l’Unité des Frères (Unitatis Fratrum) de la loi du Christ (1457-1620) (lien), connue aussi sous le nom des Frères moraves (depuis 1722) (lien) et depuis 1921 sous le nom de l’Eglise de l’Unité des Frères.

l’Eglise évangélique des Frères tchèques (Českobratrská církev evangelická), depuis 1918 (lien), qui est une Eglise protestante luthérienne et réformée

L’Eglise hussite tchécoslovaque (Cirkev ceskoslovenska husitska CCSH), depuis 1919 (lien) qui est une Eglise catholique indépendante et d’ecclésiologie de forme protestante


Lieux à visiter :


- En Bohème (République tchèque) :


kunvald.jpg

l'entrée de Kunvald, petit village de Bohème et berceau de l'Unité des Frères.

 

Prague : la statue de Jan Huss
Tabor ( lien), au sud - sud-est de Prague, à mi distance de Prague et de Brno, le fief des hussites radicaux, les Taborites.

Chelčice (au sud de Prague, puis au sud de Vodñany), village natal de Grégoire de Prague où un musée à son nom a été aménagé (lien).
Kunvald, à l’est de Prague, au nord - nord-est de Žamberk (lien), le fief de l’Unité des Frères (Unitatis Fratrum) de la loi du Christ

- En Saxe (Allemagne) :

 

Herrnhut (lien), à l’est de Dresden, puis au sud-est de Löbau, le berceau des Frères moraves,

Alors, profitez de vos vacances pour visiter ces lieux !

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Published by Jean-Claude Barbier - dans les protestantismes
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5 juin 2011 7 05 /06 /juin /2011 14:43

Les aumôneries scolaires et universitaires sont à l’extérieur des établissements scolaires de l’Enseignement public, par contre les aumôniers pour les Armées, les hôpitaux et les prisons sont agréés par les établissements pour intervenir au sein d'eux. Ils sont rémunérés en conséquence. Cette prise en charge se justifie par leur rôle d’intérêt public puisque, au delà des services religieux proprement dit qu’ils peuvent apporter à leurs fidèles, ils contribuent à un accompagnement moral et humain dans des situations difficiles, et à une rééducation aux valeurs sociétales dans le cas des condamnés.


Nous ne pouvons qu’être reconnaissants aux aumôniers « habituels », que sont les aumôniers catholiques, protestants et israélites, lesquels ont largement fait preuve de leur utilité. Mais le paysage religieux se diversifiant, d’autres mouvances religieuses sont demandeuses d’un accès aux établissements énumérés, à égalité de droit. La Justice ne peut que leur donner raison et vient, par exemple, d’obtempérer aux revendications tout à fait légitimes des témoins de Jéhovah.

 

logo_thumb.jpgaumonerie_catholique_francophone_des_prisons_de_belgique1.j.gif

aider les hommes à se relever pour continuer leur route

 

Il faut d'ailleurs reconnaître le succès des « nouveaux venus » que sont les musulmans, les témoins de Jéhovah, la mouvance évangélique et pentecôtiste auprès des prisonniers. Ils leur apportent en effet une discipline sans complexe, un encadrement serré et rigoureux, une exhortation à « changer de vie » avec à la clef une conversion, une dogmatique qui leur apporte des points de repère et remplace la vacuité et le laxisme des pensées vagabondes. Le problème, c’est que cet encadrement s’accompagne PARFOIS d’un prosélytisme excessif et d’un exclusivisme vis-à-vis des autres religions, chaque intervenant s’arrogeant pour lui seul la Vérité ! Ce qui est carrément du bourrage de crâne.


Jusqu’à présent, l’agrément par les administrations et le versement d’une rémunération permet un certain contrôle, en veillant par exemple à ce que les aumôniers musulmans ne soient pas issus des mouvances islamistes. Mais la porte ouverte à tous les acteurs religieux au nom de la liberté religieuse n’est-elle pas sans risque ? A quand par exemple des aumôniers salafistes, raëliens, satanistes, etc. ? Mouvances dont on connaît parfaitement l’agressivité vis-à-vis des autres ; ou encore des scientologues réputés pour leur rapacité financière auprès de leurs ouailles. Nonosbtant, en régime laïque, il n'est plus possible de refuser aux uns ce que l'on a accorder aux autres !


Il serait urgent qu’une charte éthique des aumôniers soit établie fixant les conditions d’intervention, afin que les établissements puissent accorder leur agrément en conséquence et virer séance tenante ceux qui ne s’y conformeraient pas. Il en va de la notion d’utilité publique accordée aux acteurs religieux ; il en va aussi de notre laïcité « à la française ». Oui aux relations contractuels avec les acteurs religieux, mais dans le cadre d’une société démocratique qui comporte des droits et des devoirs !

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Published by Jean-Claude Barbier - dans vive l'inter-convictionnel !
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4 juin 2011 6 04 /06 /juin /2011 22:29

michel_theron_des_mots_pour_le_dire.jpgChez Golias : "Des mots pour le dire – L'actualité au fil des jours", mai 2011, 224 pages.


Plus d’une centaine de chroniques données par l'auteur, au gré de l’actualité ou de l’inspiration du jour, au journal Golias Hebdo, entre fin décembre 2008 et fin janvier 2011, sous le titre humoristique du "blog du sacristain".


Agnostique de culture chrétienne, préférant la spiritualité à toute forme de religion, se situant volontiers dans le sillage du gnosticisme chrétien de l'Evangile de Jean et des apocryphes, par ailleurs poète, philosophe et littéraire, Michel Théron, à chacun de ses livres, nous fait bénéficier de la palette de ses talents.

 

A chaque début de texte, une définition rigoureuse de la part de quelqu'un qui connaît les langues antiques et l'étymologie précise des mots. Esprit indépendant, perspicace, pertinent, concis, Michel Théron ne se laisse aucunement duper par les modes. S'il fréquente, en ami, la mouvance unitarienne, c'est précisément parce qu'il y trouve cette liberté de pensée qui sauve du grégarisme et des militantismes souvent populistes et démagogiques de partis politiques ou d'Eglises.

 

Auteur agréable à lire, d'un style limpide et éclairant, il nous surprend à chaque texte par son regard toujours neuf et sa pensée originale, parfois / souvent à contre courant. De l'inédit assuré, loin des dogmatismes de tout bord et des révolutions bavardes et sectaires, avec en prime la modestie ! J'aime !

 

Pour en savoir plus, voir son blog personnel ( lien).

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Published by Jean-Claude Barbier
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1 juin 2011 3 01 /06 /juin /2011 09:21

D’après « Les synodes romains sont des mini-conciles », par Frédéric Mounier, à Rome, publié dans le quotidien La Croix, le 31 mai 2011 ( lien)

vatican-armoiries.jpgAlors que les synodes diocésains ont une vocation purement locale, ce sont les synodes romains qui, eux, peuvent traiter de questions générales concernant l'ensemble de l'Eglise ou une région ou continent. Ils sont convoqués par le pape et réunissent des évêques. Ils ont été créés par Paul VI, le 15 septembre 1965, à la suite du concile Vatican II. Son motu proprio Apostolica sollicitudo voulait « maintenir vivant l’esprit de collégialité engendré par l’expérience conciliaire ». Cette nouvelle institution centrale est organisme permanent à part de la Curie, ne dépendant pas d’elle, mais directement du pape.

 

Les armoiries du Vatican : la tiare, qui est une mître d'évêque additionnée d'une couronne, et les clefs de saint Pierre, symboles du pouvoir que Jésus lui a conféré selon les évangiles en tant que chef de son Eglise.


Les évêques peuvent ainsi, « réunis autour du Saint-Père, dialoguer entre eux, partager informations et expériences dans la recherche commune de solutions pastorales universelles valables et applicables dans l’Église. » Les thèmes traités, depuis l’origine, ont été nombreux : continentaux ou régionaux (Asie, Afrique, Amérique, Océanie, Europe, Liban, Moyen-Orient), thématiques (Parole de Dieu, Eucharistie, Évêques, Vie consacrée, formation des prêtres, famille, vocation et mission des laïcs), etc. Les échanges se déroulent, souvent en présence du pape, dans une atmosphère de grande liberté, même si les interventions en séance plénière sont limitées à huit minutes.


Les travaux sont préparés par d’amples consultations en amont : les lineamenta (« grandes lignes ») ont été envoyées à tous les épiscopats, mouvements et services d’Église dans le monde, puis synthétisées dans l’Instrumentum laboris (« instrument de travail »). Aux séances plénières succèdent les circuli minores (groupes de travail), puis une liste de propositions est élaborée, qui deviendra un « rapport final ». Deux ou trois ans plus tard, le pape, à sa discrétion, publiera enfin une « exhortation apostolique post-synodale » ... c’est dire combien ces synodes sont purement consultatifs …

 

ndlr : contrairement au titre de l'article de Frédéric Mounier, ces synodes au sommet n’en sont pas pour autant des « mini-conciles » car les délibérations n’aboutissent pas forcément à des décisions, celles-ci restant entre les mains du pape !


Chez les protestants, les synodes (régionaux et nationaux) comportent d’avantage d’enjeux puisqu’ils débattent directement de décisions à prendre pour l’ensemble de leur Eglise et qu'ils sont souverains. Chez les Réformés, les questions locales, sont gérées par un Conseil presbytéral au niveau de chaque paroisse.

 

Chez les unitariens de Transylvanie et de Hongrie : un seul évêque pour l’ensemble des paroisses et un fonctionnement synodal de type protestant. Chez les unitariens anglophones, une gestion locale de chaque « Eglise » ou congrégation, et des Assemblées générales (Grande-Bretagne, Etats-Unis) ou de simples rencontres annuelles (Canada). Et pour l’ensemble des unitariens, un réseau mondial, l’International Council of Unitarians and Universalists (ICUU), lequel organise des rencontres tous les 2 ans, sans décision à prendre hormis la gestion du réseau car chaque communauté est pleinement indépendante.

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Published by d'après Emmanuel Mounier - dans communautés religieuses en débat
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1 juin 2011 3 01 /06 /juin /2011 03:40

un bilan par Marc Favreau


 « Une dynamique synodale s’est installée en France », entretien de Marc Favreau * recueilli par Céline Hoyeau, publié le 15 juin 2010 par le quotidien La Croix (lien )
http://www.la-croix.com/-Une-dynamique-synodale-s-est-installee-en-France-/article/2429205/4078#
* Marc Favreau, ancien responsable de la communication du diocèse d’Orléans, aujourd’hui observateur attentif sur Internet de la réalité ecclésiale, et auteur du blog Niobium ( lien) a recueilli les actes synodaux de tous les diocèses et constitué une carte de la France des synodes.


Jusqu’en 1983, les synodes diocésains ne réunissaient que des ministres ordonnés ; le Code de droit canonique les ouvre désormais aux laïcs. Rappelons que, dans un synode, tous les membres, prêtres et laïcs, ont les mêmes droits et les mêmes devoirs. Chacun possède une voix pour le vote.


Au total, une cinquantaine de synodes se sont tenus en France selon cette nouvelle version. Il a fallu un certain temps pour que la nouvelle ecclésiologie de communion apportée par Vatican II prenne peu à peu sa place : les premiers synodes eurent lieu à partir de 1985, mais surtout dans les années 1990 et on reste encore très loin de leur généralisation. Un tiers des diocèses n’a jamais organisé de synode, au moins depuis trente ans ; ce qui ne signifie pas une absence totale de consultation car, à côté des synodes, on trouve en effet, pêle-mêle, des assemblées, démarches, réflexions, forums et même des pèlerinages synodaux.


Les premiers synodes n’ont pas été sans causer des frustrations : le foisonnement des thèmes abordés n’a pas toujours permis d’aboutir à des recommandations précises * ; les résultats sont parfois bien minces (à Orléans, en 1994, le texte final a paru bien court au vu de l’investissement engag ; à Châlons, 2002-2003, ou à Digne, 1992-1994, les Actes ne contenaient aucun décret) ; des actes synodaux sont restés bien vagues, se contentant d’orientations très générales ; les évêques peuvent refuser d’entériner les Actes (comme à Bordeaux en 1993) car les synodes ne sont que consultatifs ; ils sont limités à une réflexion locale et ne doivent pas aborder des questions dogmatiques et de disciplines que le Vatican s’est réservé d’une façon arbitraire (l’accès des divorcés et des remariés à la communion, le célibat des prêtres, l’accès des femmes aux ministères ordonnés, etc.) – dès lors on comprend que la plupart des militants catholiques progressistes et réformateurs n’y participent pas et râlent dans leur coin !
* « À Lyon, par exemple, en 1993, les chantiers du synode avaient trait aussi bien à la solidarité, aux sacrements, à la famille, qu’au partage des responsabilités, un chapitre trop vague où on parle à la fois de réorganisation, de formation, d’œcuménisme, de priorité donnée aux pauvres, de vocations… » (Dominique Barnerias, voir ci-dessous).


A noter que certains évêques peuvent souhaiter une démarche plus légère, en raison du peu de forces vives de leur diocèse ; et aussi plus discrète, les actes synodaux remontant au Vatican, même si cela n’est pas une obligation – ors, ce regard de Rome peut limiter la liberté pastorale. Cela étant, canoniquement parlant, un synode engage l’ensemble du peuple de Dieu, bien au-delà des questions de personnes. Un changement d’évêque ne remettra donc pas en cause les orientations prises.


Dans les années 1980 et 1990, les synodes se concentrent surtout sur des aspects organisationnels : restructuration des paroisses et des doyennés, mise en place des conseils diocésains de pastorale et des équipes d’animation pastorale (EAP)… Certains vont plus loin, avec des lignes directrices très fortes sur la solidarité. Des débats récurrents ont lieu sur l’ordination des hommes mariés et des femmes, la reconnaissance de l’ensemble des ministères, l’accueil des divorcés remariés, mais l’instruction romaine de 1997 sur les synodes diocésains limita les débats aux questions purement locales.


Depuis 2000, les questions portent davantage sur l’annonce de la foi. On voit apparaître les prémices de la grande réforme de la catéchèse. Comment accueillir l’ensemble des familles ? Comment accompagner les catéchumènes ? Comment évangéliser ? Dans les plus récents, l’accent est mis aussi sur l’importance pour les équipes pastorales de se ressourcer spirituellement, de prendre du temps pour soi afin de pouvoir accueillir les autres.


Les Actes sont-ils suivis d’effets ? De nombreux diocèses assurent un suivi très consciencieux de leur mise en œuvre. Sur son site Internet, le diocèse d’Angers permet de suivre l’évolution des différentes étapes post-synodales. À Poitiers, le diocèse accompagne le travail des équipes par des évaluations régulières. Quelques-uns vont beaucoup plus loin, dans la mise en œuvre d’une véritable culture synodale. Avec un rythme soutenu (1990, 1997 et 2005), le diocèse d’Évry a totalement intégré dans sa culture pastorale cette nouvelle manière de porter la responsabilité commune de l’annonce de l’Évangile.


un bilan par Dominique Barnerias


«Une tout autre figure de l’Eglise que celle à laquelle nous étions habitués», entretien de Dominique Barnerias * recueilli par Isabelle de Gaulmyn, publié dans le quaotidien La Croix du 31 mai 2011 (lien) 
* docteur en théologie et curé à Sartrouville, auteur d’une thèse sur l’apport des synodes diocésains à l’évolution actuelle des paroisses qui sera publiée dans les prochains jours (« La Paroisse en mouvement » chez DDB)


Y a-t-il eu des résultats concrets ?


« Oui, à Nice par exemple, le synode achevé en 2009 a permis de mettre en place un certain nombre d’outils pour mieux lire, travailler, partager la lecture de la Bible. Il donne des indications très concrètes. Le diocèse de Séez a permis une nouvelle compréhension de la paroisse : on est passé d’une vie paroissiale centrée sur la messe du dimanche et le clocher, à la triple mission : annoncer, célébrer, servir. Plus généralement, de nombreux synodes accompagnent les remodelages paroissiaux et créent de nouvelles structures diocésaines. Ce qui est voté par un synode et promulgué par l’évêque a, dans un diocèse, une forte légitimité, car il est le fruit d’une large consultation, par rapport à une décision qui serait prise par l’évêque seul. De plus, l’événement synodal lui-même donne de l’élan à un diocèse. »


Un élan nouveau ?


« Les synodes ont fait évoluer les mentalités. D’abord en obligeant à voir la mission de l’Église au-delà des paroisses et en forgeant une conscience diocésaine. Plus largement, on a sollicité les chrétiens en leur demandant leur avis. C’est vraiment un processus de discernement diocésain où le plus grand nombre est associé. Même si les résultats ne sont pas toujours mesurables, cela met les catholiques dans une dynamique de projet : il faut sortir de ce que l’on a toujours fait… Il ne s’agit pas d’un parlement, mais d’une démarche commune de prière et de discussion, visant à aboutir à un consensus, avec la règle des 2/3, nécessaire pour qu’une décision soit votée. Cette articulation débat-spiritualité est rare dans l’Église, où généralement les deux temps sont séparés."


un bilan par Arnaud Join Lambert


Arnaud Join-Lambert, théologien de l’université de Louvain, a fait le calcul : environ un million de catholiques français auraient participé à une consultation synodale depuis 1983 ! Et 12 000 personnes auraient été déléguées, pour voter propositions et décrets synodaux… Bref, une « révolution synodale », directement issue du concile, qui pourrait bien se révéler à terme aussi importante pour l’Église catholique que le changement liturgique.

 

l’exemple du diocèse de Versaille


« Les synodes ouvrent l’Eglise au débat démocratique », par Isabelle de Gaulmyn, publié dans le quotidien La Croix du 31 mai 2011 (lien)
 
 Les-synodes-ouvrent-l-Eglise-au-debat-democratique_article_.jpg

 

Le diocèse de Versailles ouvre jeudi 2 juin son assemblée synodale : 317 délégués laïcs vont se prononcer sur l’avenir de leur diocèse. La consultation préalable a rencontré un succès inattendu, avec 24 000 participants et 3 141 propositions concrètes *. Les délégués vont délibérer durant 3 jours. Quatre mois de débats préalables ont été résumés dans un « cahier synodal », d’une quarantaine de pages, sur lequel les délégués devront se prononcer. Des textes du Magistère sont proposés en annexe. Les thèmes retenus sont débattus en commission. Le synode visant à dégager un consensus, les votes se font avec la règle des deux tiers, et non une majorité.
* forte demande de solidarité, de proximité, d’attention aux diverses souffrances, et notamment celles vécues au travail. Tout comme une attention à la situation des divorcés remariés et à la place des femmes. Exigence, aussi, d’un langage plus accessible, de liturgies plus accueillantes, en revanche, la question de la messe dans forme ancienne (dite « extraordinaire ») occupe moins de 1 % des propositions…


Photo : La cathédrale Saint-Louis aux couleurs du synode du diocèse de Versailles au moment de son ouverture, le 12 septembre 2010.


« Certes, le diocèse des Yvelines, avec Versailles et Saint-Germain-en-Laye, est l’une des zones françaises où la pratique est la plus élevée. Mais c’est précisément en raison de cette « richesse » en prêtres et en fidèles que l’on aurait pu s’attendre à une attitude « consommatrice » des fidèles. Or, les catholiques des Yvelines ont massivement manifesté qu’ils souhaitaient prendre en main l’avenir de leur Église.


Ils sont à l’image de l’Église de France, qui, depuis vingt ans, s’est emparée de l’outil synodal, avec une vigueur sans équivalent dans d’autres pays. Un appétit pour cet outil de démocratie participative, que l’on ne retrouve – dans une moindre mesure – qu’en Italie et aux États-Unis. Certaines Églises, en Irlande ou en Belgique, n’en ont même jamais organisé ".

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28 mai 2011 6 28 /05 /mai /2011 04:49

jose_comblin.jpgExtrait de l’exposé « Église : crise et espérance » fait par José Comblin, théologien âgé alors de 87 ans et résidant au Paraíba (Brésil), dans le cadre du congrès de théologie organisé à l’occasion du 30  anniversaire de l’assassinat de Monseigneur Romero *. C’était le 18 mars 2010 à l’Université centroaméricaine José Simeón Cañas (UCA), dans la capitale de la République d’El Salvador, San Salvador. 

* voir notre article du 29 avril 2011 « Le Pape blanc (Jean-Paul II) et le Saint rouge (Mgr Oscar Romero) » ( lien).


L’enregistrement audio de cet exposé a été transcrit par Enrique A. Orellana F. et diffusé d’abord dans les « Cuadernos Opción por los pobres », du mouvement chilien Théologies de la libération. Le texte a été mis en ligne le 7 octobre 2010 par la revue Dial - Diffusion de l’information sur l’Amérique latine. Fondée en 1971 par une équipe réunie autour de Charles Antoine, cette revue met à la disposition d’un public francophone des articles sur l’Amérique latine écrits par des Latino-Américains. Elle paraît en ligne depuis novembre 2006 ( lien)
  
Biographie :

 

Joseph Comblin, plus connu sous le nom de Padre José Comblin est né en 1923 à Bruxelles et est mort le 27 mars 2011 à Simões Filho, dans la région de Bahia au Brésil). Ordonné prêtre en 1947, il est diplômé en théologie à l'Université catholique de Louvain et est envoyé comme missionnaire au Brésil en 1958. Il commence à enseigner la chimie et la physique, puis il devient assistant à la JOC. De 1962 à 1965, il est au Chili, puis il retourne ensuite au Brésil, à l’Institut de théologie de Recife, à l'invitation de Dom Helder Camara. Missionnaire naturalisé brésilien, il fut l’une des grandes figures du christianisme d’Amérique latine (voir sa biographie dans l’encyclopédie Wikipedia,  lien).

Ses derniers livres traduits en français  :
 

« Vatican en panne d'Evangile : l'Eglise des pauvres, est-ce pour demain ? », traduit du portugais par Hervé Camier, éd. L'Harmattan , Paris, collection "Questions contemporaines", paru en février 2004.
« Où en est la théologie de la libération ? L’Eglise catholique et les mirages du néolibéralisme », aux éditions l’Harmattan, en juin 2003.

 

Un nouveau franciscanisme latino-américain


" En Amérique latine quelque chose est apparu : nous avons connu un nouveau franciscanisme, c’est-à-dire une nouvelle étape, mais radicale, de vie évangélique. Quand situer sa naissance ? J’ai parlé des évêques qui y ont participé, qui ont animé Medellín et de l’option pour les pauvres : ce sont les Saints Pères de l’Amérique latine. S’il faut dater l’origine du nouvel évangélisme de l’Église latino-américaine, je dirais – n’oubliez pas – le 16 novembre 1965. Ce jour là, dans une catacombe de Rome, 40 évêques, en majorité latino-américains, sous l’impulsion de Helder Camara, se sont réunis et ont signé ce qui s’est appelé le « Pacte des catacombes ». Ils s’y engageaient à vivre dans la pauvreté qu’il s’agisse de nourriture, de transport, de logement. Ils s’engagent ; ils ne disent pas ce qu’il faut faire, ils s’engagent et effectivement par la suite, ils l’ont fait, une fois de retour dans leurs diocèses. Et aussi : à donner la priorité à ce qui concerne les pauvres dans toutes leurs activités, ce qui revenait à laisser beaucoup de choses de côté pour se consacrer en priorité aux pauvres, soit tout un ensemble d’éléments qui vont dans ce sens. Voici ceux qui furent les animateurs de la Conférence de Medellín. Là est née la nouvelle étape.


Ils bénéficièrent d’un contexte favorable : à cette époque l’Esprit Saint avait inspiré nombre de personnalités évangéliques. Les communautés ecclésiales de base avaient déjà fait leur apparition. Il y avait déjà des religieuses intégrées aux communautés populaires. Mais peu nombreuses et qui donc se sentaient marginalisées au milieu des autres. Medellín leur a donné une sorte de légitimité et en même temps un plus grand dynamisme et les communautés se sont multipliées. Est-ce que cela a atteint toute l’Église latino-américaine ? Non, bien évidemment. Il s’agit toujours d’une minorité. Un jour, je me souviens, on a demandé au cardinal Paolo Arns – un saint, nous avons eu d’excellentes relations d’amitié –, un journaliste lui avait demandé : « Vous, monsieur le cardinal, ici à São Paulo vous avez bien de la chance, toute l’Église est devenue l’Église des pauvres, les religieuses sont toutes au service des pauvres : quelle merveille ! ». Et là Dom Paolo a répondu : « Eh oui, ici à São Paulo 20% des religieuses sont allées dans les communautés de pauvres ; 80% sont restées chez les riches ». C’était beaucoup. Aujourd’hui il n’y en a pas 20%.


Ce fut une époque de création, une de ces époques comme il s’en produit parfois dans l’histoire marquée par une empathie très grande avec l’Esprit. Il nous revient de vivre cet héritage : c’est un héritage qu’il faut maintenir, conserver précieusement car rien de semblable ne va ressurgir. Parfois on m’interroge : « Pourquoi les évêques ne sont-ils pas comme à cette époque ? ». Parce que cette époque est exceptionnelle ; dans l’histoire de l’Église, c’est une exception : de temps en temps il arrive que l’Esprit Saint envoie des exceptions."

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27 mai 2011 5 27 /05 /mai /2011 05:37

Le film du cinéaste allemand Olivier Eckert sur "La vie de Michel Servet (1511-1553)" a été publié sur Youtube en trois épisodes, à la date du 24 décembre 2010. Ci-dessous, le premier épisode (lequel introduira aux deux autres).

 


 
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Published by Olivier Eckert - dans à propos de Michel Servet
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26 mai 2011 4 26 /05 /mai /2011 11:19

L’Eglise catholique romaine chasse les homosexuels de son clergé. Pas de prêtre en concubinage et encore moins marié, pas de femme (depuis les origines !), et maintenant plus de prêtre homosexuel. Qu’on se le dise, l’Eglise veille à la pureté de son clergé et des séminaristes qu’elle forme … ce qui ne l’a pas empêché d’avoir de très grosses affaires de pédophilie, au niveau même de ses évêques. En matière de management, c’est se priver de compétences et de charismes dans le sens où l’entendait Paul de Tarse.


david_berger.JPGCe 5 mai, le théologien allemand David Berger (voir photo), âgé de 42 ans, spécialiste de saint Thomas d’Aquin et responsable de la revue théologique en langue allemande Theologisches, vient d’être exclu de ses fonctions auprès de l’Académie pontificale de Saint Thomas d’Aquin, pour avoir, contraint par la rumeur Internet, révélé son homosexualité en avril 2010. Il faut avouer aussi que l’intéressé remettait en cause l’approche de son Eglise vis-à-vis de l’homosexualité et dénonçait la progression de l’homophobie en son sein.


Le père Timothy Radcliffe, qui a dirigé par le passé l'ordre dominicain, pense aussi que l’Eglise devrait être accueillante à leur encontre. "Pour avoir travaillé avec des évêques et des prêtres (...) du monde entier, je ne doute pas un instant que Dieu appelle les homosexuels à la prêtrise, et qu'ils font les prêtres les plus dévoués et les plus impressionnants qu'il m'ait été donné de voir. Et nous pouvons penser que Dieu continuera à appeler à la fois des hétérosexuels et des homosexuels à la prêtrise parce que l'Eglise a besoin de leurs talents. Un meilleur accueil est pour moi nécessaire à leur encontre. » (hebdomadaire catholique britannique The Tablet).

Le 4 février 2011, 143 théologiens catholiques germanophones ont publié un mémorandum proposant un certain nombre de réformes pour l'Eglise catholique; leur déclaration a été aussi signée par 71 théologiens de pays non-germanophones. Le paragraphe sur la "Liberté de conscience", tout en reconnaissant la légitimité de l'attachement traditionnel au mariage et au célibat consacré, propose une vision positive de l'homosexualité, en invitant à ne pas exclure ceux qui «vivent de manière responsable l'amour, la fidélité et l’attention réciproque au sein d’un couple de même sexe [...]»

Il faut dire que le Président de l’Académie, Lluis Clavell, est par ailleurs cadre dirigeant de l’Opus Dei ! L’archevêque de Cologne, Joachim Meisner, quant à lui, explique avoir procédé au retrait de la "mission canonique" parce que David Berger par ses publications et ses déclarations dans les médias s’est mis lui-même, par son enseignement et son mode de vie, dans une situation qui ne correspond pas aux normes morales et canoniques de l’Eglise.

A ce rythme, l’Eglise catholique romaine n’aura plus dans ses rangs que des moutons de Panurge …

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24 mai 2011 2 24 /05 /mai /2011 02:53

"Le Procès de Michel Servet", un nouvel opéra de Shauna Beesley, compositrice, et Jean-Claude Humbert, librettiste, à partir de l'affrontement entre Michel Servet (1511-1553) et Jean Calvin (1509-1564). Il respecte scrupuleusement les textes d'origine, notamment la correspondance polémiste échangée entre eux et les lettres de prison de l'hérétique. Le thème en est bien entendu le heurt entre la liberté de conscience et d'expression et l'intolérance et l'obscurantisme. Ainsi, Michel Servet, par son martyre à Genève, continue-t-il à pourrir la mémoire du despote religieux que fut Calvin l'Inquisiteur ! Une présentation de cet opéra en vidéo en a été faite par GenevoxOpera sur Youtube, le 29 avril 2011.

 

 


ajout du 30 juin 2011 : Cinq représentations en première mondiale sont prévues à Genève, à la Salle Centrale Madeleine, du 28 octobre au 5 novembre 2011. Mais cela reste encore conditionné par l'aide financière de sponsors : appel donc aux mécènes !
Voir aussi l'article sur le site "Liberté de croyance", lequel se présente comme un "blog consacré à la liberté de croyance et l'anti-trinitarisme autour de Michel Servet et Sébastien Castellion" (lien).
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